22-Armée de terre : armement et matériel (71) ordre de bataille (5)

1ère Armée

Cette première armée est déployée entre la British Expeditionnary Force et la 9ème armée couvre la région située entre Condé sur l’Escaut et Fourmies, la 1ère Armée ayant pour mission de couvrir la trouée de Gembloux, au sud-sud est de Bruxelles dans la région de Namur sur la Dyle.

Cette armée dispose de trois corps d’armées à deux divisions d’infanterie avec une division d’infanterie motorisée et une division d’infanterie (active, série A ou série B) et peut bénéficier du soutien du 2ème Corps de Cavalerie (3ème et 7ème DLM) placé en temps normal sous l’autorité du Groupe d’Armée.

-Comme pour la 7ème armée, on trouve des unités rattachées directement à la 1ère armée :

-401ème, 411ème et 421ème régiments de pionniers

-1ère et 11ème compagnie de garde de quartier général

-Parc de réparation d’infanterie n°1

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

-Groupement de bataillons de chars 501  avec le 1er BCC (45 Renault R-40), le 11ème BCC (45 Renault R-35 mod.), le 24ème BCC (45 FCM-42) et le 34ème BCC, un bataillon de mobilisation équipé de 45 FCM-42 associé au parc d’engins blindés n°1.

Ce dernier bataillon ne dispose que de dix-huit chars en septembre 1948 et est conservé en réserve pour la sécurité à l’arrière du front, ne devant être engagé que si le conflit ne permet pas de faire autrement. Son rééquipement complet est prévu pour la fin de l’année.

On trouve également une unité de DCA en l’occurence le 1er Groupe Anti-Aérien de Campagne (1er GAAC) disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

-Des unités de soutien dépendant de l’artillerie en l’occurence le parc de réparation d’artillerie n°1 associé à la 501ème compagnie d’ouvriers, le parc de réparation des équipages et ferrures n°1 associé à la 511ème compagnie d’ouvriers, le parc de réparation auto n°1 associées à la 521ème compagnie de triage et 531ème compagnie de parc, le parc d’essence et d’ingrédients d’armée n°1 avec quatre compagnies de dépôts (561ème compagnie de dépôt principal, 571ème 581ème et 591ème compagnies de dépôt secondaire) et enfin le parc de munitions d’armée n°1 avec mes 601ème, 611ème et 621ème compagnie de munitions.

-On trouve également plusieurs unités du génie avec le 268/1ère chefferie du génie d’armée, le 269/1ère chefferie d’étapes d’armée, les 151ème et 351ème bataillons de génie d’armée, un bataillon spécial du 3ème régiment du génie, le 251ème parc du génie d’armée (251ème compagnie de parc, 251/1ère et 2ème compagnies auxiliaires du génie), 399/1ère compagnie de sapeurs forestiers, 326/2ème et 12ème compagnies de ponts lourds, 531ème compagnie de construction et la régulatrice routière n°11.

-Les transmissions déploient sous l’autorité de la 1ère armée le 801ème bataillon de sapeurs télégraphistes d’armée, le 816ème parc de transmissions d’armée, la 952/1ère section technique de télégraphistes militaires et le 953/1er détachement d’ouvriers de lignes télégraphiques.

-Le train fournit de nombreuses unités de transport avec le 11ème groupement régional (quatre compagnies numérotés 5 à 8), sept compagnies hippomobiles, cinq compagnies automobiles six compagnies automobiles sanitaires et deux compagnies de camion citerne.

-L’intendance et le service de santé fournissent fournissent des unités de soutien en compagnie du service vétérinaire, du service des remontes.

-La gendarmerie dispose de la 4ème légion de la gendarmerie républicaine mobile.

-Comme pour la 7ème armée, l’armée de l’air détache au profit de la 1ère armée de puissants moyens aériens destinés à la reconnaissance, l’observation, la couverture aérienne et l’appui tactique.

On trouve d’abord le Groupement d’Aviation de la 1ère Armée (GRAVIA-IA) qui dispose de deux escadres de chasse, de deux groupes de bombardement d’assaut, de deux groupes de bombardement en piqué, d’un groupe de bombardement moyen, d’un groupe de reconnaissance sans oublier le renfort éventuel d’escadrilles de transport et la mise sous le commandement du GRAVIA IA des GAO-502, GAO-519 et GAO-520.

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

-La 2ème Escadre de Chasse est stationnée à Cambrai avec trois groupes de trente-six appareils répartis entre vingt-sept Arsenal VG-33 et neuf Lockeed H-322 Eclair.

-La 3ème Escadre de Chasse est stationnée à Beauvais qui dispose de trois de troupes de trente-six appareils répartis entre vingt-sept Dewoitine D-520 et neuf Bréguet Br700C2.

Ce sont donc un total de 216 chasseurs qui sont chargés de couvrir les forces terrestres de la 1ère Armée.

-Deux groupes de bombardement d’assaut, le GBA II/35 équipé de Bréguet Br695 stationné sur la base aérienne de Denain en compagnie du GBA II/51 équipé lui de Bréguet Br693.

-Deux groupes de bombardement en piqué stationnés sur la base aérienne du Quesnoy, les GB I/42 et GB II/42 équipés de Bréguet Br698.

-Un groupe de bombardement moyen stationné en temps de paix sur la base aérienne de Persan-Beaumont et qui rallie la base du Quesnoy à la mobilisation. Il est équipé de Lioré et Olivier Léo 451.

-Un groupe de reconnaissance tactique, le GB II/35 équipé de Bloch MB-176, stationné sur la base aérienne de Clastres en compagnie du GAO-520.

Outre les 216 chasseurs (162 monomoteurs _81 Arsenal VG-33 et 81 Dewoitine D-520_et 54 bimoteurs _27 Bréguet Br700C2 et 27 Lockeed H-322_), le GRAVIA IA dispose de 54 avions d’assaut (27 Bréguet 693 et 27 Bréguet 695), 54 bombardiers en piqué Bréguet 698, 27 bombardiers moyens Lioré et Olivier Léo 451 et 36 Bloch MB-176 soit un total de 387 avions.

Outre cette force importante, le Groupement d’Aviation de la 1ère Armée peut bénéficier du concours des trois Groupes Aériens d’Observation (GAO).

-Groupe Aérien d’Observation 502 stationné à Valenciennes avec  huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123.

-Groupe Aérien d’Observation 519 stationné à Denain avec huit Bloch MB-175, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123

-Groupe Aérien d’Observation 520 stationné à Clastres dispose de huit Bloch MB-176, douze Dewoitine D-720 et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123.

Cela porte le nombre total d’avions disponibles pour le GRAVIA IA à 492 chasseurs, avions d’attaque, bombardiers et avions de reconnaissance.

-Le cœur de force de la 1ère armée ce sont trois corps d’armée, le 2ème Corps d’Armée, le 19ème Corps d’Armée tous deux mis sur pied par la 2ème région militaire de Lille accompagné du 20ème Corps d’Armée mis sur pied par la 3ème région militaire de Rouen.

Ces trois corps d’armée disposent chacun de deux divisions d’infanterie avec une division d’infanterie motorisée et une division d’infanterie type Nord-Est, toutes des unités d’active à l’exception de la 5ème DINA qui est une division de mobilisation.

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22-Armée de terre : armement et matériel (68) Ordre de bataille (2)

Les centres mobilisateurs

La mobilisation des unités et le complément d’unités d’active est assurée par les Centres Mobilisateurs répartis sur tout le territoire. Ces centres mobilisateurs sont répartis dans plusieurs villes essentiellement pour des raisons de place.

Leur organisation à été définit par la loi sur l’organisation générale de l’armée du 13 juillet 1927, loi qui était encore en vigueur vingt et un an plus tard.

Ces centres sont entièrement autonomes et leurs commandant sont placés sous les ordres du commandant territorial en l’occurence le gouverneur militaire (Art.28). Ils sont composés d’officiers, de sous-officiers et de soldats, d’agents militaires et de civils et sont chargés de rassembler les hommes, d’en assurer le suivit administratif et de pourvoir à leur équipement sauf si il s’agissait de matériels et d’équipements nécessitant un lieu de stockage approprié.

Ces centres participent également (Art.37) au complément des unités d’active en hommes et en matériel, absorbant à l’occasion les dépôts des corps de troupe du temps de paix.

La liste des centres mobilisateurs de septembre 1939 est totalement bouleversé puisque comme nous l’avons vu, les limites des régions militaires coincident désormais avec celles des provinces.

Un effort de rationalisation est mené, le nombre de CM en septembre 1948 sera nettement plus réduit que neuf ans plus tôt ce qui explique en partie la rapidité de la mobilisation. Là où il fallut plus de trois semaines en septembre 1939 pour mettre l’armée sur le pied de guerre, neuf ans plus tard, une dizaine de jours suffira pour permettre à l’armée de terre de se mettre en ordre de guerre.

Comme pour les Corps d’Armée, les Centres Mobilisateurs portent le numéro de leur région militaire soit de 1 à 17 puis de 18 à 34 et parfois de 35 à 51.

Chaque arme à son ou ses centre(s) mobilisateur(s) par région militaire selon une liste actualisée en 1944 et toujours en vigueur en août/septembre 1948.

Une fois la mobilisation terminée, ces centres ne ferment pas puisqu’ils assurent l’entrainement initial des recrues avant qu’elles ne soient envoyées en unités si possible à l’arrière mais parfois directement sur le front.

Infanterie :

-1ère région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°1 de Paris, n°18 de Vincennes et n°35 de Fontainebleau

-2ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°2 de Lille, n°19 de Douai, n°36 d’Hazebrouck et n°53 de Dunkerque
-3ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°3 de Rouen, n°20 du Havre et n°37 de Caen

-4ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°4 de Nantes, n°21 de Rennes et n°38 de Quimper

-5ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°5 de Poitiers, n°22 de La Roche sur Yon et n°39 de La Rochelle

-6ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°6 de Bordeaux, n°23 de Perigueux et n°40 de  Mont de Marsan.

-7ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°7 de Toulouse, n°24 d’Agen et n°41 de Cahors

-8ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°8 de Montpelier, n°25 de Mende et n°42 de Nimes

-9ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°9 de Marseille,n°26 de Nice, n°43 d’Avignon et n°60 d’Ajaccio

-10ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°10 de Grenoble, n°27 de Chambery et n°44 de Bourg en Bresse

-11ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°11 de Lyon, n°28 de Saint Etienne et n°45 de Valence

-12ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°12 de Dijon, n°29 d’Auxerre et n°46 de Besançon

-13ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°13 de Clermont-Ferrand et n°30 de Tulle

-14ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°14 de Tours, n°31 d’Angers et n°48 du Mans

-15ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°15 de Chalons en Champagne, n°32 de Sedan et n°49 de Troyes

-16ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°16 de Strasbourg et n°33 de Colmar

-17ème région militaire : Centre Mobilisateur de l’Infanterie n°17 de Metz et n°34 de Nancy

On trouve donc au total à la mobilisation, cinquante CMI qui vont mettre sur pied des régiments d’infanterie au sein d’unités de mobilisation de série A ou de série B avant que ces régiments ne rejoignent leur division puis pour la plupart d’entre-elles la frontière du Nord-Est.

A noter que pour rationaliser la mobilisation, les CMI mettent sur pied tout type d’unité d’infanterie sans distinction entre la ligne, les chasseurs à pied, les chasseurs alpins, les tirailleurs et l’infanterie coloniale.

On trouve également des CMI dans l’Empire avec trois au Maroc (Casablanca, Rabat et Meknès), quatre en Algérie (Alger, Constantine, Oran et Philippeville), trois en Tunisie (Tunis, Sfax et Bizerte), deux au Liban (Tripoli et Beyrouth) et un en Syrie à Damas.

Les modalités de recrutement sont différents en AOF, AEF et en Indochine où sont les régiments qui y compris après mobilisation assurent le recrutement, l’entrainement et la formation des recrues.

Arme Blindée-Cavalerie

Chaque région militaire dispose de deux centres mobilisateurs de cavalerie ou CMC, un destiné à la mise en place des Bataillons de Chars de Combat (B.C.C) ou au complément des bataillons d’active (groupements de bataillons de chars et DC) et un autre destiné à mettre sur pied des GRDI et des GRCA.

-La 1ère région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°1 de Versailles et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°18 d’Asnières, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 2ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°2 de Valenciennes et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°19 de Saint Omer, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 3ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°3 d’Evreux et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°20 d’Alençon, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 4ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°4 de Vannes et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°21 de Pontivy, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 5ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°5 de Fontenay-le-Comte et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°22 de Rochefort, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 6ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°6 de Libourne et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°23 de Bayonne, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 7ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°7 de Montauban et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°24 de Auch, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-Le 8ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°8 de Carcassone et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°25 de Perpignan, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 9ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°9 de Tarascon et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°26 d’Orange, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 10ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°10 de Grenoble et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°27 d’Annecy, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 11ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°11 de Valence et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°28 de Vienne, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 12ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°12 de Besançon et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°29 de Beaune,le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 13ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°13 de Riom et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°30 d’Issoire, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 14ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°14 de Tours et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°31 de Saumur,le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 15ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°15 de Chalons en Champagne et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°32 de Reims, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 16ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°16 de Saverne et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°33 de Mulhouse, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

-La 17ème région militaire dispose du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°17 d’Epinal et du Centre Mobilisateur de Cavalerie n°33 de Verdun, le premier servant pour les BCC et le second pour le duo GRDI/GRCA.

A ces trente-quatre CMC métropolitains s »ajoutent des CMC dans l’Empire avec un au Maroc (Agadir), deux en Algérie (Anaba et Sidi-bel-Abbès), un en Tunisie (Gabès), un au Liban (Tyr) et un en Syrie à Homs.

Les modalités de recrutement sont différents en AOF, AEF et en Indochine où sont les régiments qui y compris après mobilisation assurent le recrutement, l’entrainement et la formation des recrues.

Artillerie

Pour ce qui est de l’armée savante, elle dispose dans chaque région militaire de trois ou quatre centres mobilisateurs spécialisés, un pour l’artillerie de campagne et l’artillerie lourde, un pour l’artillerie antichar et un troisième pour l’artillerie lourde, les 7ème et 10ème régions militaires disposant d’un quatrième CM pour l’artillerie de montagne.

Comme pour les autres armes, ils portent des numéros successifs de 1 à 17 pour l’artillerie de campagne/lourde, de 18 à 34 pour l’artillerie antichar, de 35 à 51 pour l’artillerie antiaérienne, les CMA-Montagne portant les numéros 57 et 61.

Les CMA se trouvant souvent en plein centre-ville et le stockage de pièces d’artillerie encombrantes difficile, celles-ci sont le plus souvent stockées en périphérie dans des parc d’Artillerie où ils sont pris en charge par les personnels regroupés, enregistrés et habillés au CMA.

Ensuite les régiments constitués (dans le cas d’unités mobilisées) rejoignent la division à laquelle ils sont rattachés ou leur garnison s’ils appartiennent à l’artillerie de corps d’armée ou de Réserve Générale soit par route ou par chemin de fer.

-La 1ère région militaire correspond qui correspond à la Province d’Ile de France (Paris) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°1 de Rambouillet (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°18 de Saint-Cloud (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°35 (artillerie antiaérienne) de Fontainebleau.

-La 2ème région militaire qui correspond à la Province de Flandre-Picardie (Lille) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°2 de Douai (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°19 de Boulogne (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°36 de Lens (artillerie antiaérienne).

-La 3ème région militaire qui correspond à la Province de Normandie (Rouen) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°3 de Rouen (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°20 de Bayeux (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°37 de Cherbourg (artillerie antiaérienne)

-La 4ème région militaire qui  correspond à la Province de Bretagne (Nantes) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°4 de Lorient (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°21 de Vannes (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°38 d’Ancenis (artillerie antiaérienne).

-La 5ème région militaire qui correspond à la Province du Poitou (Poitiers) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°5 de Limoges (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°22 de Niort (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°39 de Poitiers (artillerie antiaérienne).

-La 6ème région militaire qui correspond à la Province d’Aquitaine (Bordeaux) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°6 de Mont de Marsan (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°23 d’Anglet (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°40 de Cahors (artillerie antiaérienne)

-La 7ème région militaire qui correspond à la Province d’Occitanie (Toulouse) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°7 de Toulouse (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°24 de Rodez (artillerie antichar), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°41 de Tarbes (artillerie antiaérienne) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°57 de Pamiers (artillerie antichar).

-La 8ème région militaire qui correspond à la Province du Languedoc (Montpelier) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°8 de Montpelier (artillerie de campagne), le Centre Mobilisateur d’Artillerie n°25 de Mende (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°42 de Carcassone (artillerie antiaérienne)

-La 9ème région militaire qui correspond à la Province de Provence (Marseille) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°9 d’Avignon (artillerie de campagne) avec une antenne à Bastia, du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°26 de Toulon (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°43 de Nice (artillerie antiaérienne)
-La 10ème région militaire qui correspond à la Province Alpine (Grenoble) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°10 de Grenoble (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°27 de Bourg en Bresse (artillerie antichar), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°44 de Chambery (artillerie antiaérienne) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°60 d’Annecy (artillerie de montagne pour toute la région Alpine).

-La 11ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Rhône (Lyon) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°11 de Valence (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°28 de Privas (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°45 d’Andrezieux (artillerie antiaérienne)

-La 12ème région militaire qui correspond à la  Province de Bourgogne (Dijon) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°12 de Dijon (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°29 de Montbeliard (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°46 de Maçon (artillerie antiaérienne).

-La 13ème région militaire qui correspond à la Province d’Auvergne (Clermont-Ferrand) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°13 de Moulins (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°30 d’Aurillac (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°47 de Guéret (artillerie antiaérienne).

-La 14ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Loire (Tours) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°14 de Laval (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°31 de La Flèche (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°48 de Blois (artillerie antiaérienne).

-La 15ème région militaire qui correspond à la Province de Champagne (Chalons en Champagne) dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°15 d’Epernay (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°32 de Chaumont (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°49 de Troyes (artillerie antiaérienne)

-La 16ème région militaire qui correspond à la Province d’Alsace dispose du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°16 de Belfort (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°33 de Saverne (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°50 d’Haguenau (artillerie antiaérienne)

-La 17ème région militaire correspond à la Province de Lorraine (Metz) du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°17 de Commercy (artillerie de campagne), du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°34 de Metz (artillerie antichar) et du Centre Mobilisateur d’Artillerie n°51 de Bar-le-Duc (artillerie antiaérienne).

Dans l’Empire, on trouve un centre mobilisateur à Rabat (Maroc), un centre mobilisateur à Alger (Algérie) et un centre mobilisateur à Tunis pour la Tunisie. Au Levant, on trouve un centre mobilisateur à Homs. En Indochine, le centre mobilisateur de l’artillerie est installé à Hué dans l’ancienne capitale impériale.

Génie et Transmissions

-La 1ère région militaire qui correspond à la Province d’Ile de France dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°1 installé à Paris.

-La 2ème région militaire qui correspond à la Province de Flandre-Picardie dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°2 installé à Lille.

-La 3ème région militaire qui correspond à la Province de Normandie dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°3 installé à Rouen.

-La 4ème région militaire qui correspond à la Province de Bretagne dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°4 installé à Châteaubriant près de Nantes.

-La 5ème région militaire qui correspond à la Province du Poitou dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°5 installé près de Poitiers.

-La 6ème région militaire qui correspond à la Province d’Aquitaine dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°6 installé à Bègles près de Bordeaux.

-La 7ème région militaire qui correspond à la Province d’Occitanie dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°7 installé à Coulommiers près de Toulouse.

-La 8ème région militaire qui correspond à la Province du Languedoc dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°8 installé à Béziers.

-La 9ème région militaire qui correspond à la Province de Provence dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°9 installé à Marseille.

-La 10ème région militaire qui correspond à la Province Alpine dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°10 installé à Grenoble.

-La 11ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Rhône  dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°11 installé à Lyon.

-La 12ème région militaire qui correspond à la  Province de Bourgogne dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°12 installé à Dijon.

-La 13ème région militaire qui correspond à la Province d’Auvergne dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°13 installé à Riom.

-La 14ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Loire dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°14 installé à Joué-les-Tours.

-La 15ème région militaire qui correspond à la Province de Champagne dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°15 installé à Chalons en Champagne;

-La 16ème région militaire qui correspond à la Province d’Alsace dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°16  installé à Strasbourg.

-La 17ème région militaire qui correspond à la Province de Lorraine dispose du Centre Mobilisateur du Génie n°17 installé à Bar-le-Duc.
Train

-La 1ère région militaire qui correspond à la Province d’Ile de France dispose du Centre Mobilisateur du Train n°1 installé à Etampes.

-La 2ème région militaire qui correspond à la Province de Flandre-Picardie dispose du Centre Mobilisateur du Train n°2 installé à Roubaix.

-La 3ème région militaire qui correspond à la Province de Normandie dispose du Centre Mobilisateur du Train n°3 installé au Grand-Quevilly près de Rouen.

-La 4ème région militaire qui correspond à la Province de Bretagne dispose du Centre Mobilisateur du Train n°4 installé à Rennes.

-La 5ème région militaire qui correspond à la Province du Poitou dispose du Centre Mobilisateur du Train n°5 installé à Poitiers.

-La 6ème région militaire qui correspond à la Province d’Aquitaine dispose du Centre Mobilisateur du Train n°6 installé à Talence près de Bordeaux.

-La 7ème région militaire qui correspond à la Province d’Occitanie dispose du Centre Mobilisateur du Train n°7 installé à Blagnac près de Toulouse.

-La 8ème région militaire qui correspond à la Province du Languedoc dispose du Centre Mobilisateur du Train n°8 installé à Montpelier.

-La 9ème région militaire qui correspond à la Province de Provence dispose du Centre Mobilisateur du Train n°9 installé à Aix en Provence.

-La 10ème région militaire qui correspond à la Province Alpine dispose du Centre Mobilisateur du Train n°10 installé à Grenoble.

-La 11ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Rhône dispose du  dispose du Centre Mobilisateur du Train n°11 installé à Villefranche sur Saône.

-La 12ème région militaire qui correspond à la  Province de Bourgogne dispose du Centre Mobilisateur du Train n°12 installé à Auxerre.

-La 13ème région militaire qui correspond à la Province d’Auvergne dispose du Centre Mobilisateur du Train n°13 installé à Aurillac.

-La 14ème région militaire qui correspond à la Province du Val de Loire dispose du Centre Mobilisateur du Train n°14 installé à Amboise.

-La 15ème région militaire qui correspond à la Province de Champagne dispose du Centre Mobilisateur du Train n°15 installé à Charlevilles-Mézières.

-La 16ème région militaire qui correspond à la Province d’Alsace  dispose du Centre Mobilisateur du Train n°17 installé à Ilkirtch près de Strasbourg.

-La 17ème région militaire qui correspond à la Province de Lorraine dispose du Centre Mobilisateur du Train n°17 installé à Toul

22-Armée de terre : armement et matériel (67) Ordre de bataille (1)

Q-Ordre de bataille de l’armée de terre après la mobilisation générale de septembre 1948.

Préambule

L’armée de terre mobilisée en septembre 1939 aligne 2.7 millions d’hommes, un chiffre considérable qui aspire une bonne partie des forces vives de la nation.

Bien que la guerre de Pologne se soit officiellement terminée le 15 décembre 1939, l’armée reste sur le pied de guerre pendant trois longs mois.

On craint en effet un «coup de Jarnac» des allemands, une attaque surprise et brusque en passant par les plaines belges.

Cette menace s’estompant et les fortifications frontalières jugées suffisament solides pour se protéger d’une attaque surprise, la décision est prise en mars 1940 de commencer à démobiliser notamment les réservistes les plus anciens.

Général Aimé Doumenc

Général Aimé Doumenc

Un comité de la démobilisation est mis en place sous la direction du général Doumenc le 21 mars 1940 pour planifier la libération des hommes, le stockage ou la destruction du matériel, la remise en état des bâtiments réquisitionnés, des champs, la dé-réquisition du matériel etc…….. .

La démobilisation entre officiellement en action le 1er juin et va s’entendre jusqu’au 1er octobre 1940 date où un décret cosigné par le général Villeneuve _chef d’état-major général_ et par le ministre de la Guerre, Paul Perret.

Ce n’est cependant pas un retour stricto sensu à la situation antérieure en septembre 1939 car l’armée à connu un début de modernisation qui va être accentuée durant les huit années de paix armée sous l’impulsion du général Villeneuve.

Les unités de cavalerie voit leur nombre s’accroitre, passant de trois à huit DLM et de trois à six DC, réduisant le nombre d’unités montés à la portion congrue.

Il ne faut pas oublier la création d’unités  motomécaniques en Tunisie (1ère Division Légère de Cavalerie) et en Indochine avec le Groupement Mécanisé Colonial (GMC) devenu en septembre 1948 la 2ème Division Légère de Cavalerie et éviter ainsi une confusion avec le Groupement Motorisé de Corse.

L’infanterie modernise ses moyens, les huit DIM disponibles en septembre 1948 sont des divisions totalement motorisées, totalement autonomes pour leurs déplacements stratégiques.
Ces divisions doivent en offensive accompagner la percée obtenue par les DC et les DLM. Si on ne parle pas encore de vastes et foudroyantes opérations dans la profondeur (l’art opératif soviétique nous est encore inconnu), on envisage de confier à ces divisions automobiles la tache de réduire les poches de résistances délaissées par les DLM/DC avec le soutien des BCC.

L’artillerie à connu une nette modernisation de ses moyens même si des canons anciens sont encore en service (notamment au sein des Régiments d’Artillerie Mobile de Forteresse et des Régiments d’Artillerie de Position).

Outre de nouvelles pièces tractées, elle met désormais en œuvre des canons d’assaut, des pièces automotrices et multiplie les projets pour augmenter sa puissance de feu et sa mobilité. La lutte antichar et la lutte antiaérienne voit leurs moyens nettement accrus tant en qualité qu’en quantité.

Dès le mois de juillet, le comité de démobilisation est réactivé sous la direction du général Doumenc, devenant le comité de préparation de la mobilisation (CPM).

Ce comité est secret et tous les documents le mentionne sous le nom de comité X. Le général Doumenc lui même est connu sous le nom de code d’Oscar. Tous les documents concernant le CPM n’ont ainsi été déclassifiés qu’en 2005.

Installé au château de Vincennes, il va faire passer ses consignes auprès des gouverneurs militaires des dix-sept régions militaires qui correspondent au tracé des provinces françaises.

Des réservistes sont discrètement rappelés dès le 15 juillet notamment des spécialistes de la logistique, des transmissions et du train pour mettre sur pied l’infrastructure de la mobilisation.

On fait également le point sur les parcs des véhicules, en préparant la réquisition du matériel de la SNCF.

Dans les usines, la production des véhicules militaires et de soutien qui continuaient à cadence réduite pour constituer des stocks (l’équipement des unités ayant été privilégié) s’accélère pour réduire au maximum le nombre d’unités mobilisées équipées de matériel ancien ou ayant un déficit de matériel moderne.

La mobilisation entre dans sa phase active le 23 août quand les réservistes des classes 1940 à 1944 (conscrits ayant réalisé leur service militaire entre 1940 et 1942 pour la classe 1940, 1941 à 1943 pour la classe 1941, 1942 à 1944 pour la classe 1942, 1943 à 1945 pour la classe 1943 et 1944 à 1946 pour la classe 1944) sont rappelés.

Le 5 septembre 1948 suite à l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark, les réservistes de la classe 1945 sont rappelés (service militaire effectué de 1945 à 1947) tandis que les conscrits de la classe 1946 qui devaient être libérés sont maintenus sous les drapeaux tout comme la classe 1947 qui libérable durant  l’année 1949 voit son service prolongé jusqu’à la fin de la guerre sauf exemptions strictement limités.

« Sus aux planqués ! » aurait ainsi dit le général Villeneuve au cours d’une de ses colères légendaires.

Cela n’empêche de nombreux volontaires de 18 et 19 ans appelables seulement en 1950 et 1951 de devancer l’appel et de s’engager.

Il faut rappeler qu’à cette époque, la France est baignée _au grand dam des pacifistes et des internationalistes_ dans une ambiance de patriotisme échevelé rappelant 1914 et le départ pour une guerre qu’on imagine fraiche et joyeuse.

Néanmoins, les jeunes soldats partant au front sont conscients des risques. Comme l’écrit un jeune soldat du 65ème RI de Nantes «Père, Mère, ne vous en faites pas de soucis pour moi. Je connais les risques que nous allons courir, je sais que comme l’oncle Fernand et l’oncle Achille tombés à Verdun et dans les Dardanelles je risque d’y rester mais cela me stimule plus qu’autre chose. Cette fois pas question de s’arrêter sur le Rhin comme en 1918 c’est Berlin ou rien……..».

Alors que depuis le 1er septembre, les Divisions Cuirassées et les Divisions Légères Mécaniques ont rejoint leurs zones de rassemblement pour faire face à une attaque brusquée de l’Allemagne, les divisions d’infanterie d’active rejoignent la frontière pendant qu’à l’arrière les Centres Mobilisateurs mettent sur pied des unités de réserve de type A (réservistes de 35 à 42 ans) puis des unités de réserve de type B (42 à 48 ans).

Les réservistes âgés de plus de 48 ans servent au sein des régiments territoriaux pour garder les points sensibles, les installations stratégiques en compagnie de jeunes recrues à l’instruction, le début de la guerre ayant entrainé l’appel anticipé de la classe 1949 (conscrits nés en 1929).

L’expérience acquise de 1939, l’ambiance de patriotisme échevelé et un trio Villeneuve-Doumenc-Ganelon huilé fait qu’en à peine plus de quinze jours, on peut considérer que l’armée de terre à été mise sur le pied de guerre et capable de contrer une offensive allemande et surtout de pouvoir si nécessaire passer à l’offensive bien plus rapidement que neuf ans plus tôt.

La mobilisation : les structures

Le général Villeneuve en tant que chef d’état-major général de l’armée et généralissime des forces alliées (prenant sous son commandement les forces britanniques déployées en France et en cas d’invasion allemande, les forces belges et néerlandaises) est le principal responsable de la mobilisation.

Le cœur de cette gigantesque entreprise c’est donc le CPM dirigé par le général Doumenc, un spécialiste des problèmes logistiques qui entre 1940 à 1948 à pu planifier la future mobilisation tout en conseillant le général Villeneuve pour moderniser les structures de l’armée pour faciliter cette montée en puissance.

Le CPM s’appuie sur les régions militaires. Au nombre de vingt en 1929, elles sont réduites à dix sept suite à la loi du 15 novembre 1940 qui regroupe les départements métropolitains en dix-sept provinces.

Ce choix du général Villeneuve de calquer les régions militaires sur les provinces est destiné à faciliter une guerre longue en réduisant les échelons et en facilitant la coordination entre le pouvoir militaire et le pouvoir politique.

départements et provinces de France

départements et provinces de France

Un décret du 8 janvier 1941 nous donne la situation suivante :

-La 1ère région militaire correspond à la Province d’Ile de France (Paris)

-La 2ème région militaire correspond à la Province de Flandre-Picardie (Lille)

-La 3ème région militaire correspond à la Province de Normandie (Rouen)
-La 4ème région militaire correspond à la Province de Bretagne (Nantes)

-La 5ème région militaire correspond à la Province du Poitou (Poitiers)

-La 6ème région militaire correspond à la Province d’Aquitaine (Bordeaux)

-La 7ème région militaire correspond à la Province d’Occitanie (Toulouse)

-La 8ème région militaire correspond à la Province du Languedoc (Montpelier)

-La 9ème région militaire correspond à la Province de Provence (Marseille)

-La 10ème région militaire correspond à la Province Alpine (Grenoble)

-La 11ème région militaire correspond à la Province du Val de Rhône (Lyon) : Loire, Rhône, Ardèche et Drôme

-La 12ème région militaire correspond à la  Province de Bourgogne (Dijon)

-La 13ème région militaire correspond à la Province d’Auvergne (Clermont-Ferrand)

-La 14ème région militaire correspond à la Province du Val de Loire (Tours)

-La 15ème région militaire correspond à la Province de Champagne (Chalons en Champagne)

-La 16ème région militaire correspond à la Province d’Alsace

-La 17ème région militaire correspond à la Province de Lorraine (Metz)

A la mobilisation générale de septembre 1948, chaque région militaire met sur pied deux état-major de corps d’armée, le premier portant le numéro de la Région Militaire et le second étant compris entre les numéros 18 et 34 :

-La 1ère région militaire met sur pied le 1er et le 18ème Corps d’Armée affectés à la 7ème armée

-La 2ème région militaire met sur pied les 2ème et 19ème Corps d’Armée affectés à la 1ère armée

-La 3ème région militaire met sur pied les 3ème et 20ème Corps d’Armée affectés respectivement à la 9ème armée (3ème CA) et à la 1ère armée (20ème CA).

-La 4ème région militaire met sur pied les 4ème et 21ème Corps d’Armée affecté à la 9ème armée en compagnie du 3ème Corps d’Armée.

-La 5ème région militaire met sur pied les 5ème et 22ème Corps d’Armée affectés à la 2ème armée en compagnie du 6ème CA.

-La 6ème région militaire met sur pied les 6ème et 23ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 2ème armée et le second à la 3ème armée.

-La 7ème région militaire met sur pied les 7ème et 24ème Corps d’Armée affectés à la 3ème armée au sein du groupe d’armées n°2

-La 8ème région militaire met sur pied les 8ème et 25ème Corps d’Armée affectés à la 4ème armée au sein du groupe d’armées n°2 en compagnie du 26ème CA.

-La 9ème région militaire met sur pied les 9ème et 26ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 6ème armée et le second à la 4ème armée en compagnie des 8ème et 26ème CA.

-La 10ème région militaire met sur pied les 10ème et 27ème Corps d’Armée affectés ensemble à la 8ème armée.

-La 11ème région militaire met sur pied les 11ème et 28ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 8ème armée et le second à la 6ème armée.

-La 12ème région militaire met sur pied les 12ème et 29ème Corps d’Armée, le premier étant affecté à la 6ème armée et le second à la 5ème armée appelée également Armée des Alpes.

-La 13ème région militaire met sur pied les 13ème et 30ème Corps d’Armée affectés ensemble à la 5ème armée appelée également Armée des Alpes.

-La 14ème région militaire met sur pied les 14ème et 31ème Corps d’Armée entrant au sein de la Réserve Stratégique.

-La 15ème région militaire met sur pied les 15ème et 32ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique

-La 16ème région militaire met sur pied les 16ème et 33ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique

-La 17ème région militaire  met sur pied les 17ème et 34ème Corps d’Armée qui engerbent des divisions de la Réserve Stratégique.

Il est prévu que chaque corps d’armée dispose de deux à quatre divisions d’infanterie sans oublier des unités de support et de soutien (artillerie de la réserve générale et du corps d’armée, génie, train, transmissions……..) et qu’un CA s’étant illustré voit son numéro «retiré» pour préserver sa mémoire comme jadis les légions romaines.
Ces Corps d’Armée vont ensuite rejoindre les armées aux frontières, armées réparties en trois groupes d’armées :

-Le Groupe d’Armées n°1 dont la zone de responsabilité s’étend de la mer du Nord aux Ardennes incluses aura sous sa responsabilité la 1ère, la 7ème, la 2ème et la 9ème armée ainsi qu’un corps expéditionnaire britannique et deux corps de cavalerie.

En cas d’entrée en Belgique, il pourrait prendre sous son aile une partie de l’armée belge (6 à 10 divisions répartis en deux ou trois corps d’armée) voir quelques unités néerlandaises au cas où la manoeuvre Dyle-Breda imaginée par le général Gamelin serait exécutée.

-Le Groupe d’Armées n°2 dont la zone de responsabilité s’étend des Ardennes au lac Léman aura sous sa responsabilité les 3ème, 4ème, 6ème et 8ème armées auxquelles s’ajoute le 3ème Corps de Cavalerie disposant des 2ème, 4ème et 8ème DLM. Il bénéficie également de l’apport considérable de la «Muraille de France», la ligne Maginot.

-Le Groupe d’Armées n°3 couvre les Alpes avec l’unique 5ème Armée ou Armée des Alpes. Cette armée bénéficie du soutien de la 6ème DLM et pourrait avoir à conduire une offensive contre l’Italie avec le renfort d’une ou de deux armées du GA n°2 voir la création d’une 10ème Armée par exemple avec des unités stationnées en Afrique du Nord.

En effet la mobilisation concerne aussi l’Empire et l’Afrique du Nord va voir la réactivation de deux divisions d’infanterie, l’une d’elle renforçant la défense de la Corse et la deuxième devant renforcer le dispositif en Tunisie.