22-Armée de terre : armement et matériel (81) ordre de bataille (15)

-8ème Corps d’Armée

Ce corps d’armée couvre la partie occidentale du secteur attribué à la 4ème armée, appuyant son dispositif défensif sur le Secteur Fortifié de Rorbach, l’un des premiers secteurs «costaud» de la Ligne Maginot avec notamment plusieurs ouvrages d’artillerie.

-Comme les autres corps d’armée, le 8ème CA dispose d’unités qui lui sont directement rattachés :

-608ème régiment de pionniers

-8ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (8ème GRCA) équipé de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-108ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (108ème RALT) avec deux groupes de 105mm équipés de Schneider 105L modèle 1936S et de deux groupes de 155mm équipés de GPF-T.

-Des unités du génie, de l’intendance, des transmissions et du train

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

-L’armée de l’air détache pour emploi auprès du 8ème CA du Groupe Aérien d’Observation n°508 équipé de Bloch MB-175, de Dewoitine D-720 et d’ANF-Les Mureaux ANF-123.

-La 45ème Division d’Infanterie est une division de mobilisation, de série A composée donc réservistes jeunes. Elle dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (31ème, 85ème et 113ème RI), de deux régiments d’artillerie (55ème RAD et 255ème RAD), de la 645ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 645ème bataillon de défense antiaérienne, du 80ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 33ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (33ème GRDI) qui aligne des chars légers AMX-42 et des automitrailleuses de découverte en attendant la disponibilité des automitrailleuses puissantes.

-La 2ème Division d’Infanterie Polonaise (2ème DIP) à été formée comme la première levée avec une majorité de polonais vivant en France, les cadres et les soldats expérimentés venant néanmoins de soldats polonais réfugiés en Roumanie et parvenus en France via le Levant où une partie d’entre-eux ont formé une brigade de montagne des Carpathes destinés à défendre les mandats français en attendant une éventuelle intervention dans les Balkans.

La 2ème DIP dispose de trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème RIP connus également sous le nom de 1er, 2ème et 3ème régiments de chasseurs), deux régiments d’artillerie (2ème régiment d’artillerie polonais et 202ème régiment d’artillerie polonais), de la 2ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 2ème bataillon de défense antiaérienne polonais, du 81ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

AMD Laffly 80 AM "Laffly-Vincennes"

AMD Laffly 80 AM « Laffly-Vincennes »

Elle bénéficie également du soutien du 2ème GRDI polonais (le 1er étant assimilé au 8ème régiment de uhlan) qui lui est une unité motorisée avec des chars légers Hotchkiss H-39 et des automitrailleuses Laffly-Vincennes AM-80 en attendant la disponibilité de véhicules plus modernes.

-5th British Corps

Ce corps d’armée britannique placé sous le commandement de la 4ème Armée est affecté à la défense du Secteur Fortifié des Vosges.

Il dispose pour cela d’une division d’active, la 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42th  East Lancashire Division.

-25ème Corps d’Armée

Le 25ème Corps d’Armée mis sur pied par la 8ème région militaire de Montpelier assure la défense du Secteur Fortifié d’Haguenau.

-Comme les autres corps d’armée, le 25ème CA dispose d’unités qui lui sont directement rattachés :

-625ème régiment de pionniers

-25ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (8ème GRCA) équipé de chars légers AMX-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-181ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (181ème RALT) avec trois groupes de 155mm équipés de GPF-T.

-Des unités du génie, de l’intendance, des transmissions et du train

-L’armée de l’air détache pour emploi auprès du 25ème CA du Groupe Aérien d’Observation n°525 équipé de Bloch MB-175, de Dewoitine D-720 et d’ANF-Les Mureaux ANF-123.

-La 11ème Division d’Infanterie Motorisée est une division d’Infanterie Motorisé dont l’état-major est installé en temps de paix à Nancy. Division type Nord-Est jusqu’en 1947, elle est ensuite totalement motorisée.

Elle dispose de deux régiments d’infanterie (26ème et 170ème RI), d’une demi-brigade de chasseurs à pied (1ère demi-brigade de chasseurs à pied); de deux régiments d’artillerie (8ème RAD et 208ème RALD); de la 611ème Batterie Divisionnaire Antichar, du 611ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 16ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (16ème GRDI) équipé de chars légers FCM-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-La 47ème Division d’Infanterie est une division de mobilisation, de série A qui dispose de deux régiments d’infanterie de ligne (44ème et 109ème RI), de la 2ème demi-brigade de chasseurs à pied (41ème, 45ème et 49ème BCP); de deux régiments d’artillerie (5ème RAD et 205ème RALD), de la 647ème batterie divisionnaire Antichar, du 647ème bataillon de défense antiaérienne, du 81ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 35ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (35ème GRDI) qui en attendant de disposer de chars légers FCM-42 et d’automitrailleuses puissantes, dispose d’automitrailleuses de découverte et de chars légers Hotchkiss H-39

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21-Armée de terre (17)

Bataillons de chasseurs à pied

Bien que leur existence puisse être inscrite dès le 18ème siècle avec plusieurs unités de francs-tireurs, combattant en «enfants perdus» et non en ligne, les chasseurs à pieds ne voient réellement le jour que sous la Révolution Française, notamment en 1793 avec la création des demi-brigades d’infanterie légère, le nombre de demi-brigades atteignant le chiffre respectable de trente et une.

Ces demi-brigades deviennent des régiments d’infanterie légère avec quatorze puis douze compagnies de chasseurs appuyées par des voltigeurs et des carabiniers. Au moment de la Restauration, chaque légion départementale est censée comporter un bataillon à huit compagnies de chasseurs à pied. Par la suite en 1820, de nouveaux régiments d’infanterie légère sont créés, la tenue bleue de la ligne étant de nouveau abandonnée pour une tenue verte.

En 1838 est créé le bataillon de chasseurs d’essai, considéré comme le premier bataillon moderne de chasseurs à pied qui après quelques atermoiements adopte la tenue bleue avec le liseré jonquille.

L’essai est transformé le 28 septembre 1940 avec la création de dix bataillons de chasseurs à pieds non enregimentés, le 1er bataillon est à Metz, le 2e à Vincennes, le 4e à Besançon, le 7e à Strasbourg et le 9e à Toulouse. Les 3e, 5e, 6e, 8e et 10e bataillons partent eux pour l’Algérie.

Ils s’illustrent en Algérie avec notamment les batailles de l’Isly et de Sidi-Brahim, l’équivalent de la bataille de Camerone pour la Légion Etrangère. Suite à la mort du duc d’Orléans le 13 juillet 1842, ils deviennent des bataillons de chasseurs d’Orléans, retrouvant leur appélation de chasseurs à pied en 1848 lors de l’avénement de la Deuxième République.

En 1853, Napoléon III créé dix bataillons supplémentaires portant leur nombre à vingt dont douze bataillons seront engagés dans la guerre de Crimée, nombre qui sera porté à vingt et un bataillons qui combattirent durant la guerre franco-allemande de 1870. Ces vingt et un bataillons sont rejoints au cours du combat par trente-quatre bataillons de marche, formés par les compagnis de dépôt.

La loi du 24 juillet 1873 fixe à trente le nombre de bataillons de chasseurs à pied, l’ancien bataillon de chasseurs à pied de la garde impériale recevant le n°24. Ces bataillons sont d’abord intégrés par corps d’armée qu’ils quittent progressivement entre 1881 et 1887 pour retrouver leur indépendance.
A la fin du 19ème siècle, des expérimentations diverses prouvent la possibilité à des unités spécialisées de combattre en milieu alpin.

Le 24 décembre 1888, douze bataillons de chasseurs à pied deviennent alpins. Ces bataillons sont ceux stationnés au sein des 14ème (Lyon) et 15ème (Nice) régions militaires soit pour la 14ème RM, les 11ème, 12ème, 13ème, 14ème, 22ème, 28ème et 30ème bataillons alors que pour la 15ème RM, on trouve les 6ème, 7ème, 23ème, 24ème et 27ème bataillons.

C’est cependant durant le premier conflit mondial que les chasseurs à pied vont écrire leur légende avec une telle tenacité et une telle hargne (cinq fourragères de la légion d’honneur, vingt-quatre aux couleurs de la médaille militaire et quarante et une aux couleurs de la croix de guerre) qu’ils reçoivent le surnom de schwarze teufel les «diables noirs» traduit en français par les «Diables bleus» en référence à la couleur de leur uniforme.

En 1913, un 31ème BCP avait été créé à Saint-Dié portant le nombre de bataillons de chasseurs (à pied ou alpins) à trente et un (dix-neuf à pied et douze alpins). Quand le premier conflit mondial éclate, chaque bataillon forme un bataillon de réserve qui reçoit pour numéro celui du corps d’origine augmenté de quarante, les nouveaux BCP et BCA recevant donc les numéros 41 à 71.

Sept bataillons de chasseurs alpins territoriaux sont également créés tout comme neuf bataillons de marche soit un total de de soixante-dix huit bataillons de chasseurs et dix groupes de chasseurs cyclistes. Trois divisions furent ainsi entièrement formées par des unités de chasseurs, les 46e, 47e et 66e divisions d’infanterie.

Le bataillon de chasseurs à pied, en 1914, a un effectif théorique de 30 officiers et 1700 hommes, répartis en six compagnies, une section hors rang et une section de mitrailleuses. Le bataillon de chasseurs alpins a un effectif un peu moindre avec 32 officiers et 1500 hommes.
L’effectif total des corps de chasseurs, d’environ 72 000 hommes, est constamment renouvelé car les pertes totales dans ces unités au cours de la guerre sont de 82 000 morts soit un taux de perte supérieur à 100% !

A la fin de la guerre, les bataillons de réserve, territoriaux et de marche sont dissous, les bataillons de chasseurs retombant à trente et un, bataillons qui participent aussi bien à la guerre russo-polonaise en soutien de Varsovie (huit bataillons), qu’à la pacification du Rif (cinq bataillons de chasseurs alpins) où au renforcement de la position française en Tunisie (7ème et 13ème BCA).
En 1929, le nombre de bataillons tombe à vingt et un mais pour peu de temps car en 1937, deux nouveaux bataillons sont recréés mais comme bataillons de chasseurs portés pour les futures DCr.

Quand la guerre de Pologne éclate, le panorama des chasseurs à pied est le suivant :

-Le 1er BCP est stationné à Strasbourg

-Le 2ème BCP est caserné à Mulhouse

-Le 4ème BCP est stationné à Colmar

-Le 8ème BCP est caserné à Toul

-Le 10ème BCP est stationné à Saverne et à Monswiller

-Le 16ème BCP est à Toul

-Le 29ème BCP est à Gerardmer

-Le 30ème BCP est à Saint Nicolas du Port

-Le 31ème BCP est à Mulhouse
Ces neuf bataillons d’active ne sont pas indépendants, ils forment trois demi-brigades à trois bataillons chacun, intégrées au sein de trois divisions d’infanterie type Nord-Est :

-La 1ère demi-brigade de chasseurs à pied de Sarrebourg regroupe les 8ème, 16ème et 30ème BCP et constitue l’infanterie de la 11ème division d’infanterie de Nancy en compagnie des 26ème et 170ème RI.

-La 3ème demi-brigade de chasseurs à pied de Belfort regroupe les 2ème, 4ème et 31ème BCP et constitue l’infanterie de la 14ème division d’infanterie de Colmar en compagnie des 35ème et 152ème RI.

-La 4ème demi-brigade de chasseurs à pied d’Obernai regroupe les 1er, 10ème et 29ème BCP et constitue l’infanterie de la 43ème division d’infanterie de Strasbourg en compagnie du 158ème régiment d’infanterie (de ligne) et du 3ème régiment de tirailleurs marocains.

A la mobilisation, huit nouveaux bataillons de chasseurs à pied sont formés ainsi que quinze bataillons de réserve A numérotés 41 à 71 portant le nombre total à tente-deux BCP.
La démobilisation de l’été 1940 voit les chasseurs à pied réduire sérieusement la voilure avec la dissolution des bataillons de réserve A tandis que six des huit bataillons formés à la mobilisation sont transformés en bataillons de chasseurs portés pour fournir l’infanterie nécessaire aux Divisions Cuirassés de réserve, chaque DCr disposant d’un puis deux bataillons (un par brigade cuirassée) dont les 5ème et 17ème BCP. Quatre autres bataillons sont créés ultérieurement pour les 5ème et 6ème DC qui reprennent les numéros de BCP dissous comme leurs ainés.
Chaque bataillon de chasseurs à pieds est organisé de la même façon qu’un bataillon d’infanterie de ligne avec un état-major et une compagnie de commandement, une compagnie hors-rang, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

A la mobilisation d’août 1948, quinze nouveaux bataillons de chasseurs à pied sont créés numérotés de 41 à 55, ces BCP formant quatre demi-brigades de chasseurs à pied, les 2ème, 5ème, 6ème et 7ème DBCP, prévus d’abord pour être indépendantes avant de finalement intégrer des divisions de mobilisation :

-2ème demi-brigade de chasseurs à pied : 41ème, 45ème et 49ème BCP

-5ème demi-brigade de chasseurs à pied : 42ème, 46ème et 50ème BCP

-6ème demi-brigade de chasseurs à pied : 43ème, 47ème et 51ème BCP

-7ème demi-brigade de chasseurs à pied : 44ème, 48ème et 52ème BCP

-8ème demi-brigade de chasseurs à pied : 53ème, 54ème et 55ème BCP

C’est ainsi que la 2ème Demi-brigade de chasseurs à pied  intègre la 47ème DI, la 5ème Demi-Brigade de chasseurs à pied intègre la 52ème DI alors que les 6ème, 7ème et 8ème DBCP forment l’infanterie de la 40ème DI.

21-Armée de terre (9)

Organisation d’un régiment d’infanterie

Régiment d’infanterie type Nord-Est

Généralités

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Trois bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses MAC-36 et une section d’engins avec deux canons de 25 puis de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un puis deux mortiers de 60mm et quatre sections de combat à trois groupes de combat.

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm puis 120mm ainsi que de 6 canons de 25mm puis 47mm

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

Dans le détail

Le groupe de combat

Le groupe de combat est l’unité élémentaire de l’infanterie. Au plan tactique, le groupe de combat de se subidivse en deux demi-groupes, le demi-groupes de fusiliers et le demi-groupe de voltigeurs, le premier étant l’élément feu et le second étant l’élément mouvement.

Le demi-groupe de fusiliers comprend le sergent chef de groupe armé d’un fusil, le caporal _adjoint au chef de groupe_ lui aussi armé d’un fusil, le tireur FM qui outre son fusil-mitrailleur dispose d’un pistolet retiré en 1940 et remplacé par un pistolet mitrailleur, un chargeur FM lui aussi armé d’un pistolet mitrailleur et trois pourvoyeurs armés d’un fusil.

Le demi-groupe de voltigeurs comprend un premier voltigeur armé d’un fusil. Meilleur tireur du groupe, il dispose généralement d’un fusil à lunette. Il est accompagné de trois autres voltigeurs armés d’un fusil qui peuvent utiliser des grenades à fusil antichars et antipersonnelles.

Le groupe de combat dispose donc de onze hommes. Sur le plan de l’armement, tous les hommes possèdent un pistolet automatique, leur arme de base auxquels s’ajoutent neuf fusils, un fusil-mitrailleur et deux pistolets mitrailleurs.

Chaque groupe de combat est désigné par les lettres A,B  ou C.

La section de combat

Chaque section se compose de trois groupes de combat et d’un «groupe» de commandement avec l’officier commandant, d’un sous-officier adjoint, d’un agent de transmissions, d’un observateur et d’une équipe lance-grenades avec trois binômes de lance-grenades de 50mm soit dix hommes.

La compagnie de combat

L’effectif de la compagnie de combat est d’environ quatre officiers et cent quatre-vingt hommes et celle-ci s’organise en une section de commandement et quatre sections de combat.

La section de commandement dispose d’un groupe de commandement avec treize hommes, d’un groupe de ravitaillement avec douze hommes et deux véhicules, un véhicule d’allègement qui remorque la cuisine roulante.

La section de commandement dispose également d’un groupe de mortiers de 60mm avec deux pièces servies par huit hommes.

Tous les hommes de la section de commandement disposent d’un pistolet automatique, d’un pistolet mitrailleur pour les servants de mortier et les chauffeurs, d’un fusil pour les autres soit un total de 34 hommes, 34 pistolets automatiques, 10 pistolets mitrailleurs et 24 fusils.

La section de combat dispose donc d’un groupe de commandement et de trois groupes de combat tel que nous venons de le voir.

La compagnie d’accompagnement

Comme son nom l’indique cette unité accompagne les unités de combat en lui fournissant l’appui-feu nécessaire pour ses missions qu’il s’agisse de mortiers, de mitrailleuses ou de canons antichars.

Elle est organisée en une section de commandement, quatre sections de mitrailleuses et une section d’engins.

Section de commandement

Elle se compose d’un  groupe de commandement avec un groupe du capitaine (huit soldats et un sergent chef de groupe) et un groupe de ravitaillement avec quatre véhicules et quinze hommes.

Section de mitrailleuses

La compagnie d’engins dispose de quatre sections de ce type toutes organisées de la même façon à savoir deux groupes de deux pièces.

Le groupe est commandé par un sergent-chef armé d’un mousqueton puis d’un fusil, d’un mitrailleur-mécanicien et de deux équipes de pièces avec un caporal-chef de pièce armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un chargeur, un tireur et deux pourvoyeurs tous armés d’un mousqueton puis d’un PM. On trouve également deux conducteurs par voiturette, chaque voiturette transportant deux armes (à cel s’ajoute une voiturette porte-munitions par groupe).

Section d’engins

La section d’engins est placée sous le commandement d’un aspirant (voir d’un adjudant-chef ou d’un adjudant) dispose de deux agents de transmission et de deux groupes pour un effectif de cinq sous-officiers, quatre caporaux et trente-deux hommes avec sept voiturettes.

Le groupe mortiers dispose de deux mortiers de 81mm servies par vingt-deux hommes dont un sergent chef de groupe armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un télémétreur adjoint au chef de groupe armé d’un pistolet automatique puis d’un pistolet-mitrailleur et deux équipes dee dix hommes pour le service des mortiers (un caporal-chef de pièce, un pointeur et un chargeur _armés d’un fusil_, un artificier, quatre pourvoyeurs et deux conducteurs armés d’un pistolet mitrailleur).

La mise en service du mortier de 120mm entraine la mise en place permanente à l’échelle du groupe de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et d’une partie des servants.

Le groupe antichar est équipé de deux canons de 25mm, chaque pièce mise en oeuvre par cinq hommes avec un sergent-chef de pièce, un caporal tireur, un chargeur, deux pourvoyeurs et un conducteur tous armés d’un mousqueton puis d’un fusil.

Conformément à la décision de motoriser toutes les unités antichars, le groupe antichar disposera à partir de la fin 1940 de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et des servants.

Ultérieurement, dans les unités métropolitaines, le canon de 25mm est remplacé par un canon de 47mm plus apte à contrer les chars allemands.

Au niveau des munitions, la compagnie d’accompagnement dispose de 5362 cartouches par mitrailleuses, 150 coups par mortier de 81mm réduit ensuite à 120 par mortier de 120mm et 156 obus de 25mm par canon, nombre réduit à 140 obus de 47mm.

Bataillon d’infanterie

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une section de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

L’état-major comprend onze hommes avec le chef du bataillon, le capitaine adjudant-major, un officier de renseignement, un médecin-lieutenant ou sous-lieutenant, un sergent secrétaire, un secrétaire, trois cyclistes, un mototyclistes et un chauffeur automobile.

La section de commandement dispose d’un groupe de transmission (un adjudant et vingt hommes), d’un groupe de ravitaillement avec un adjudant-chef, un adjudant et une dizaine de conducteurs, un groupe sanitaire avec un médecin auxiliaire, quatre infirmiers et seize brancardiers.

Le transport d’un bataillon nécessite un train (cinquante wagons) et soixante camions soit un convoi de trois kilomètres.

La compagnie régimentaire d’engins

La CRE est aux bataillons ce que la compagnie d’accompagnement est aux compagnies de combat, une réserve d’appui-feu pour la manoeuvre.
La section de commandement dispose d’un adjudant, de quatre sous-officiers  et de vingt hommes (un sous-officier chargé du renseignement, un sous-officier des équipages, trois agents de transmissions, deux observateurs, deux télémétreurs, un motocycliste et un cycliste).

-La CRE dispose également de trois sections antichars équipées de canons de 25mm. Chaque section est organisée de la même façon avec un groupe de commandement (un lieutenant ou un adjudant-chef commandant la section, un sous-officier adjoint, trois agents de transmissions et un conducteur) et trois pièces de 25mm servies par sept hommes.

Ultérieurement, les canons de 25mm sont motorisés avec un tracteur léger d’artillerie Latil M71 ou une chenillette Renault UE. Comme au sein de la compagnie d’accompagnement, les canons de 25mm de la CRE sont progressivement remplacés par des canons de 47mm modèle 1937 ou modèle 1939.

-Le groupe de mortiers de 81mm dispose d’un sous-officier et d’un télémétreur et surtout de deux pièces servies par un caporal et sept servants auxquels s’ajoutent deux conducteurs.

La compagnie de commandement

Cette compagnie dispose de douze officiers et deux cents hommes. Elle est organisée en une section de services, une section d’état-major, une section de transmissions, une section de pionniers et une section d’éclaireurs motocyclistes.

La section d’éclaireurs motocyclistes _seul réel élément de combat de la compagnie_ est placée sous le commandement direct du chef de corps. Elle dispose d’un officier, de trois sous-officiers, quatre caporaux et dix-huit éclaireurs.

La section est divisée en deux groupes de deux escouades de quatre éclaireurs avec un fusil-mitrailleur et trois mousquetons remplacés ensuite par un fusil (quand l’unité à laquelle elle était rattachée recevait le tant attendu MAS 36).

Dans les régiments d’infanterie type NE, tout le personnel de la section est sur moto solo sauf le chef de section en side-car (dans les régiments motorisés, toute la section est sur side-car).

Et pour finir le régiment……… .

Le RI type Nord-Est commandé par un colonel dispose de trois bataillons d’infanterie, d’une compagnie de commandement, d’une compagnie régimentaire d’engins et d’une compagnie hors-rang (six officiers et deux cent hommes).

Le parc de véhicules est conséquent avec en 1939 cinquante voitures hippomobiles, six chenilettes pour le ravitaillement et le remorquage des canons (ce parc augmenta avec la décision de motoriser toutes les unités antichars quelque soit l’échelon).

Le régiment d’infanterie dispose au final de 80 officiers et environ 3000 hommes, deux cents voiturettes ou voitures hippomobiles, une cinquantaine d’automobiles et neuf chenilettes.

Quand à l’armement collectif, il se compose de cent-douze fusils mitrailleurs, quarante huit mitrailleuses, trente-si lance grenades de 50mm, de neuf puis dix-huit mortiers de 60mm, huit mortiers de 81mm et douze canons de 25mm puis de 47mm.

Liste des unités d’active

Avant la mobilisation d’août 1939 qui multiplia les régiments d’infanterie de ce type, on trouvait les régiments d’active suivant :

-La 10ème division d’infanterie (Paris) dispose ainsi du 5ème R.I de Courbevoie, du 24ème R.I et du 46ème R.I tous les deux encasernés à Paris

-La 11ème division d’infanterie (Nancy) dispose du 26ème régiment d’infanterie de Jarville la Malgrange et du 170ème R.I installé à Epinal

-La 13ème division d’infanterie (Besançon) dispose du 21ème régiment d’infanterie de Chaumont et du 60ème régiment d’infanterie de Lons le Saunier.

-La 14ème division d’infanterie (Colmar) dispose du 35ème régiment d’infanterie de Belfort et du 152ème R.I qui lui est installé à Chaumont.

-Le 19ème divisions d’infanterie (Rennes) dispose de trois régiments d’infanterie avec le 41ème R.I de Rennes, le 71ème R.I de Mamers et le 117ème R.I du Mans.

-La 21ème division d’infanterie (Nantes) dispose du 48ème régiment d’infanterie de Fontenay le Comte, le 65ème régiment d’infanterie de Nantes et le 137ème régiment d’infanterie de Lorient

-La 23ème division d’infanterie (Tours) dispose des 32ème R.I d’Angers, du 107ème R.I d’Angoulème et du 126ème R.I de Brive.

-La 36ème divisions d’infanterie (Bayonne) dispose du 14ème régiment d’infanterie de Toulouse, du 18ème régiment d’infanterie de Bayonne et du 57ème régiment d’infanterie de Bordeaux

-La 42ème division d’infanterie (Metz) dispose de deux régiments d’infanterie, le 94ème RI de Bar le Duc et le 151ème RI de Commercy.

-La 43ème division d’infanterie (Strasbourg) dispose d’un seul régiment d’infanterie type Nord-Est en l’occurence le 158ème R.I d’Obernai.

On trouve donc 24 régiments d’infanterie type Nord-Est, chiffre qui tombera à 22 après la transformation de la 11ème DI de Nancy en Division d’Infanterie Motorisée.