21-Armée de terre (46)

Les chasseurs portés

Genèse

Dépendant à l’origine de l’infanterie, les chasseurs portés vont finir par rejoindre en 1943 l’arme blindée-cavalerie. Paradoxalement, ils ont la même origine que les dragons portés, comme eux ils sont issus des «Diables bleus», les chasseurs à pied.

En 1937, le 5ème bataillon de chasseurs à pied dissous en 1929 est reconstitué en même temps que le 17ème BCP _dissous la même année_ , ces deux bataillons devenant les premiers exemplaires d’un nouveau type d’unités, les chasseurs portés, ces derniers conservant les traditions des chasseurs à pied y compris le cor de chasse qui reçoit néanmoins des ailes.

Leurs missions sont similaires à ceux des dragons portés à savoir de coller aux chars, de les protéger de l’infanterie ennemie, d’occuper le terrain conquis par ces «monstres mécaniques» et en mission défensive, de créer des points d’appui, des herissons sur lesquels se briseront les chars et l’infanterie ennemie.

Lorraine 39L

Lorraine 39L

A la différence des héritiers des chasseurs cyclistes, les chasseurs portés utilisent des véhicules entièrement chenillés, des Lorraine 38L à deux sous-ensembles puis rapidement des Lorraine 39L et des Renault DAJ1, ce dernier connu sous le nom de VBCP (Voiture Blindée de Chasseurs Portés) modèle 1940 disposant d’une tourelle avec une mitrailleuse de 7.5mm, les premières équipant les 1ère, 3ème et 5ème DC, le véhicule de chez Renault équipant les 2ème, 4ème et 6ème DC.

Comme les dragons portés, leur nombre va augmenter de manière significative, passant de deux à douze BCP, chaque Division Cuirassée disposant de deux BCP, un par brigade cuirassée.

Evolution et organisation d’un BCP

-Le 5ème BCP est à l’origine le seul bataillon de chasseurs portés de la 1ère Division Cuirassée. Il est ultérieurement rejoint par le 3ème Bataillon de Chasseurs Portés.

-Le 17ème BCP est à l’origine le seul bataillon de chasseurs portés de la 2ème Division Cuirassée. Il est ultérieurement rejoint par le 6ème Bataillon de Chasseurs Portés

-Les 7ème et 9ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 3ème Division Cuirassée

-Les 11ème et 12ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la «Division de fer», la 4ème DC

-Les 13ème et 15ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 5ème DC

-Les 14ème et 18ème BCP sont les deux unités d’infanterie de la 6ème DC

-Un état-major et une section de commandement

-Une section hors rang chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

-Trois compagnies de chasseurs portés organisée chacune avec un état-major, une section de commandement et quatre sections de combat

-Une compagnie d’engins d’accompagnement  avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses équipées de mitrailleuses MAC 36 de 7.5mm et une section d’engins avec quatre canons de 25 puis de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

L’organisation du BCP évolue ultérieurement, une quatrième compagnie est ajoutée au printemps 1945 ce qui permet sur le papier de fournir deux compagnies à chaque bataillon de chars de combat.
On le voit l’organisation des BCP est plus proche d’une unité d’infanterie que d’une unité de dragons portés, étant moins autonome sur le plan de la puissance de feu et de la puissance de combat, ne disposant pas de chars légers comme les dragons portés.

21-Armée de terre (32)

Les Divisions Cuirassées

Une gestation longue et douloureuse

C’est le général Estienne qui le premier préconisa la création d’une unité blindée autonome de l’infanterie sous la forme d’un corps cuirassé autonome, une unité de 20000 hommes, 8000 camions et tracteurs et 4000 chars mais le père des chars ne fût pas entendu du moins dans l’immédiat, sa vision des troupes de choc sous entendait une vision offensive qui n’était plus en odeur de sainteté après les ravages du premier conflit mondial.

Cette conception offensive est rejetée au profit d’une conception défensive où le char est «tenue en laisse» par l’infanterie, le char devant se déplacer au pas, être bien protégé et bien armé pour éliminer les obstacles rencontrés par le fantassin.

Il faut attendre septembre 1932 pour que l’infanterie (arme de laquelle dépend les chars depuis 1920) relance l’expérimentation d’un groupement tactique interarmes sous la forme du détachement mécanique de combat expérimenté aux manoeuvres de septembre 1932.

Char D1

Char D1

Ce détachement alignait pour sa composante blindée, 45 chars D1 et les trois chars B existants. Les manoeuvres montrent que les chars ont pu s’emparer de la position mais que faute d’une infanterie suffisamment proche, ils ont été abandonnés à eux même.

Le 5 mai 1934, le lieutenant-colonel Charles de Gaulle publie «Vers l’armée de métier» où il préconise la création d’un corps spécialisé motorisé, chenillé et cuirassé, composé uniquement d’engagés ce qui lui permettrait d’être engagé dès le déclenchement d’une crise internationale sans mobiliser ce qui prend (beaucoup) trop de temps.

Il serait injuste et faire trop d’honneur à ce grand général que de faire de lui l’unique apôtre de ce type de division. D’autres officiers moins connus ou oubliés aujourd’hui comme le général Flavigny, le général Buat et le général Doumenc ont participé à cette réflexion théorique.

Dans un ouvrage complémentaire publié fin 1934 et intitulé «Comment faire une armée de métier», il décrit comment obtenir cette armée de choc qui alignerait 98000 hommes, 432 chars lourds, 1296 chars moyens,, 540 chars légers et 7000 voitures de transport tout-terrain répartis entre six divisions de ligne et une DLM (les chars de celle-ci ne sont pas compris dans les chiffres avancés plus haut).

Chaque division de ligne doit disposer d’un groupe de reconnaissance composé de «chars réduits» et d’éléments portés, d’une forte brigade de chars avec un régiment lourd (un bataillon lourd et un bataillon moyen), un régiment moyen à deux bataillons moyens et un bataillon soit un total de 252 chars en ligne (48 lourds, 144 moyens et 60 légers) plus 126 de remplacement (24 lourds, 72 moyens et 30 légers),

une brigade d’infanterie sur véhicules tous terrains à deux régiments et un bataillon de chasseurs, une forte brigade d’artillerie à tracteurs tous terrains avec un régiment d’artillerie lourde, un régiment d’artillerie légère et un groupe de DCA, un bataillon du génie, un bataillon de transmission et d’observation ainsi qu’un bataillon de camouflage.

Ce magnifique projet qui aurait donné un formidable outil à l’armée de terre est immédiatement critiqué et rejeté en tant que tel pour des raisons aussi bien militaires (le char doit soutenir l’infanterie et ne peut être le cœur d’un système) que politiques (crainte qu’un corps de métier devienne une véritable garde prétorienne menaçant les institutions de la république) et idéologiques (appétence pour la conscription et le peuple en armes).

Néanmoins, les graines sont semées et le principe de divisions cuirassés est adopté en septembre 1936 dans le cadre du programme des 14 milliards du 7 septembre 1936, première étape d’un réarmement massif.

Il est prévu deux «divisions à base de chars» comptant chacune six bataillons de chars B ! Ces divisions assez proches des divisions de ligne proposées par Charles de Gaulle sont rapidement jugées trop lourdes et dès 1937 ont s’oriente vers trois divisions à quatre bataillons.

La mise en place de ces divisions ne s’est cependant toujours pas concrétisée quand éclate la guerre de Pologne moins semble-t-il à cause d’un manque de véhicules qu’à cause d’un manque de volonté de l’arme des chars de l’infanterie qui n’ont pas suivit l’exemple du général Flavigny qui n’hésita pas à expérimenter le concept de la division motomécanique avec un matériel pas forcément adapté.

Le succès foudroyant des panzerdivisionen en Pologne décille les derniers hésitants ou les derniers opposants. Dès 1938 néanmoins, un groupement tactique d’experience avait été mis sur pied avec quatre bataillons de chars équipés de B1 et de B1bis, deux bataillons de chasseurs portés et un régiment d’artillerie.

C’est à partir de ce groupement que le général Gamelin ordonne la mise sur pied des 1ère et 2ème Divisions Cuirassés de réserve sur un mode sensiblement allégé par rapport aux idées de Charles de Gaulle.

Les divisions cuirassées telles que mises en place durant la guerre de Pologne disposent donc d’une demi-brigade de chars lourds type B1bis (deux bataillons), d’une demi-brigade de chars légers type Hotchkiss H-39 (deux bataillons), d’un bataillon de chasseurs portés, d’un régiment d’artillerie tracée motorisée, d’une batterie antichar (rattachée au RA) et d’unités de soutien.
C’est sur ce modèle que sont mis sur pied les quatre premières Divisions Cuirassées de réserve. Ce modèle loin des théories du lieutenant-colonel De Gaulle avec un manque en matière notamment de moyens de reconnaissance.

Les deux premières BCr puis DCr sont regroupés dans un groupement cuirassé qui doit à la fois d’organe de commandement mais également d’outil d’aguerrissement pour les nouvelles Divisions Cuirassés de réserve mises sur pied.

La 3ème DCr est mise sur pied au printemps 1940 et la 4ème DCr en septembre 1940, le commandement étant confié fin 1941 au général de brigade Charles de Gaulle permettant au théoricien de mettre en pratique ses idées.

Au moment de la mise sur pied de la 4ème DCr, un deuxième bataillon de chasseurs portés est intégré à chaque division, ces bataillons de chasseurs portés étant issus de la transformation de bataillons de chasseurs à pied de mobilisation qui échappent ainsi à la dissolution.

En décembre 1941, le groupement cuirassé est remplacé par un Corps d’Armée Cuirassé qui aligne ainsi quatre divisions même si les 3ème et 4ème DCr sont loin d’être au point matériellement et opérationnellement parlant.

L’arrivée à la tête de l’armée du général Villeneuve donne un coup de fouet bienvenue aux Divisions Cuirassés de réserve qui passent la surmultipliée.

En mars 1943, les DCr perdent le r de réserve, devenant des Divisions Cuirassées. Désormais leur rôle n’est plus de colmater la brèche dans un front et rétablir sa continuité mais d’être un outil de percée et de manoeuvre.

Elles sont également réorganisés selon un schéma comparable aux D.L.M tel qu’il est initié par la 6ème D.L.M. La Division Cuirassée type 1944 est ainsi organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Un régiment de découverte équipé de chars légers, de fusiliers motocyclistes et de chasseurs portés

-Deux brigades cuirassées avec un état-major, un bataillon de chars lourds, un bataillon de chars moyens, un bataillon de chasseurs portés, un groupe de canons d’assaut, un groupe d’automoteurs antichars, un groupe d’automoteurs antiaériens et un groupe de reconnaissance sur chars légers.

-Un régiment d’artillerie tractée tout terrain transformée à partir de 1946 en un régiment d’artillerie automotrice (pièces de 105mm automoteurs)

-Un bataillon du génie à quatre compagnie

-Deux compagnies de transmission

-Un bataillon de réparations divisionnaires à deux escadrons

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport
En septembre 1947, deux nouvelles DC sont créées, les 5ème et 6ème Divisions Cuirassées ce qui entraine la division du CAC en deux. Le 1er CAC va aligner  les 1ère, 3ème et 5ème DC alors que le 2ème CAC dispose des 2ème, 4ème et 6ème DC.

Ces deux Corps d’Armées Cuirassés sont stationnés l’un au nord de Paris et le second à l’est de la capitale, donnant un axe potentiel à leur intervention, la Belgique pour le 1er CAC, le Rhin et l’Allemagne pour le 2ème CAC.

La 1ère DC est ainsi stationnée au camp de Suippes, la 2ème DC à Chalons sur Marne, la 3ème DC à Compiègne, la 4ème DC dite «Division de Fer» dans la région de Nancy, la 5ème DC à Amiens et la 6ème DC à Toul

Sur le plan de l’armement, les DC n’ont rien à envier aux panzerdivisionen, elles font même la course en tête avec le redoutable B1bis bientôt remplacés par des ARL-44, un char lourd à canon de 90mm en tourelle ! Le Hotchkiss H-39 bon char léger est remplacé par le Renault G1R à canon de 75mm en tourelle.

Lorraine 39L

Lorraine 39L

L’infanterie de ces divisions _les chasseurs portés_ sont transportées d’abord dans des véhicules à roues mais bientôt dans des véhicules chenillés type Lorraine 39L et Renault DAJ-1.

L’artillerie n’est pas en reste, allant même plus loin que dans les D.L.M car outre les canons d’assaut compris dans les brigades cuirassées (des ARL V-39), elle remplace les pièces tractées du régiment d’artillerie par des canons automoteurs de 105mm qui combinent un châssis de Renault R-40 avec un obusier de 105C modèle 1935B en superstructure (Renault R-40 Au 105).

Bref ce sont de véritables outils de percée, capable d’opérer en profondeur dans le dispositif ennemi pour les désarticuler, le démanteler et ainsi favoriser l’effondrement du front.

Signe de l’importance des deux CAC, ces derniers bénéficient (tout comme les CC) de groupes de reconnaissance tactique équipés de Bréguet Br694, chacun des deux CAC pouvant bénéficier de l’éclairage de quatre escadrilles de 9 appareils soit un total de 36 appareils sans oublier des unités d’assaut, d’appui rapproché et de chasse.

Ne pas oublier que les DC et les D.L.M doivent disposer également de Groupes Aériens d’Observation (GAO) chargés de l’éclairage de la division et du guidage des avions d’appui.

21-Armée de terre (23)

La situation générale en septembre 1939

Quand éclate la guerre de Pologne, la cavalerie dispose d’unités entièrement mécaniques (les DLM), d’unités «pétrole-picotin» (les Divisions de Cavalerie) et d’unités montées dans l’Empire mais également en métropole, à la différence que désormais les cavaliers combattent démontés, n’utilisant leur noble destrier que pour se déplacer notamment dans des endroits difficiles d’accès pour les engins motorisés.

Métropole

-Trois Divisions de Cavalerie modèle 1932  

La 1ère division de cavalerie stationnée à Orléans dispose d’une 1ère brigade de cavalerie avec le 1er régiment de hussards et le 8ème régiment de chasseurs, d’une 2ème brigade de cavalerie avec le 1er régiment de chasseurs et le 19ème régiment de dragons, du 1er groupe d’automitrailleuses, du 5ème bataillon de dragons portés et du 75ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 2ème division de cavalerie stationnée à Luneville dispose d’une 3ème brigade de cavalerie (18ème régiment de chasseurs et 5ème régiment de cuirassiers), d’une 4ème brigade de cavalerie (8ème et 31ème régiments de dragons), du 2ème groupe d’automitrailleuses, du 3ème bataillon de dragons portés et du 73ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 3ème division de cavalerie stationnée à Paris dispose d’une 5ème brigade de cavalerie (4ème régiment de hussards et 6ème régiment de dragons), d’une 6ème brigade de cavalerie (11ème régiment de cuirassiers et 12ème régiment de chasseurs), du 3ème groupe d’automitrailleuses, du 2ème bataillon de dragons portés et du 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

Ces trois divisions de cavalerie vont être transformées en Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DC devenant la 3ème DLM en février 1940, la 2ème DC devient la 4ème DLM en septembre 1940 et enfin la 3ème DC devient la 5ème DLM en juin 1941.

-Trois groupements de cavalerie

Ces groupements de cavalerie sont des organisations temporaires, ces régiments devant disparaître à la mobilisation après la mise sur pied des GRDI et des GRCA.

A l’issue de la démobilisation, les GRCA sont dissous (les Corps d’Armées n’existant plus en temps de paix) mais vingt-huit GRDI sont maintenus en métropole et d’autres en AFN et au Levant, tous étant motorisés.

-Le 1er groupement de cavalerie (Metz) regroupe le 3ème régiment de hussards, le 9ème régiment de dragons et le 11ème régiment de chasseurs.

-Le 2ème groupement de cavalerie (Marseille) regroupe le 2ème régiment de hussards, le 9ème régiment de cuirassiers et le 10ème régiment de dragons

-Le 3ème groupement de cavalerie (Amiens) regroupe le 2ème régiment de chasseurs, le 6ème groupe d’automitrailleuses et le 7ème groupe d’automitrailleuses.

Certains de ces régiments sont ultérieurement recréés au sein des DLM mais également des Divisions Cuirassées.

En l’occurence, le 11ème Régiment de chasseurs à cheval est recréé au sein de la 12ème BLM (6ème DLM), le 3ème Régiment de hussards intègre la 13ème BLM (7ème DLM), le 2ème Régiment de hussards intègre la 15ème BLM (8ème DLM) et le 9ème Régiment de cuirassiers est recréé comme régiment de découverte de la 2ème DC nouvelle formule.

GRDI et GRCA

Comme nous venons de le voir, sept régiment de cavaleries indépendants et deux groupes d’automitrailleuses sont dissous à la mobilisation pour former des Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI) et des Groupements de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA).

Selon la note d’état-major du 6 août 1923, outre la «substance» des sept RC et des groupes de mitrailleuses, les centres mobilisateurs de la cavalerie mettent sur pied ces groupements tactiques chargés d’éclairer les grandes unités et si nécessaire de mener des combats retardateurs.

Plus précisement, ces unités doivent rechercher le renseignement, prendre contact avec l’ennemi et assurer la sîreté des lignes de surveillance.

Au moment de la guerre de Pologne pas moins de quatre-vingt dix groupements de ce type vont être mis sur pied, majoritairement de type monté (quatre-vingt-deux d’entre-eux), le reliquat étant composé de groupes motorisés avec ou sans mitrailleuses, deux sans automitrailleuses et cinq avec.

A l’issue de la démobilisation, seuls sont maintenus les GRDI type motorisé qui reçoivent tous des automitrailleuses soit sept GRDI affectés aux Divisions d’Infanterie Motorisées ou D.I.M. Les autres DI reçoivent elle aussi un GRDI, les GRDI montés préservés étant motorisés, permettant aux vingt-huit divisions d’infanterie stationnées en métropole (neuf DI type Nord-Est, huit D.I.M, trois DIAlp, quatre DIC et quatre DINA) de disposer d’un groupement tactique de reconnaissance et de combat. Les DIA et les DM préservées vont également disposer d’un GRDI.

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M.)

-La 1ère Division Légère Mécanique (1ère D.L.M.)  dispose d’une 1ère brigade légère mécanique (4ème régiment de cuirassiers, 18ème régiment de dragons), d’une 2ème brigade légère mécanique (6ème régiment de cuirassiers, 4ème régiment de dragons portés) et le 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

-La 2ème Division Légère Mécanique (2ème D.L.M.) dispose d’une 3ème brigade légère mécanique (13ème régiment de dragons, 29ème régiment de dragons), d’une 4ème brigade légère mécanique (8ème régiment de cuirassiers 1er régiment de dragons portés) et du 71ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

Ils’agit ici des unités principales, ces divisions disposent bien entendu d’unités de soutien et d’appui en complément des régiments.

-Deux brigades de spahis

-La 1ère brigade de spahis stationnée à Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains et le 6ème régiment de spahis algériens.

-La 2ème brigade de spahis stationnée à Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens et du 8ème régiment de spahis algériens.

Ces unités montées restent en l’état en dépit de projets de motorisations, ces deux brigades auraient pu former une nouvelle DLM. Maintenues comme gage aux partisans de la cavalerie, le général Villeneuve décide à l’été 1948 de les transformer en unités mécaniques sous une forme non définie mais le déclenchement de la guerre reporte ce projet sine die.

21-Armée de terre (1)

21°) ARMÉE DE TERRE

A-Une brève histoire de l’armée de terre

Avant-propos

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Défilé de la victoire le 14 juillet 1919 ouvert par Foch et Joffre

Le 14 juillet 1919, l’armée française défile sur les Champs Élysées, un défilé de la victoire digne de la première armée du monde, la plus puissante, la plus moderne, armée qui porta sur ses épaules l’essentiel du conflit, étant présente sur le front occidental, en Orient mais également sur le front italien où son intervention fût précieuse pour requinquer une armée italienne laminée à Caporetto.

Bien que l’armistice eut été signé le 11 novembre 1918, la première guerre mondiale ne s’achève vraiment pour l’armée française qu’en octobre 1919 et plus précisément entre le 14 et le 16 octobre quand une série de décrets acte la démobilisation générale, une loi proclamant la fin du conflit le 23 octobre 1919.

Bien que la paix soit de retour sur le continent européen, l’armée de terre ne croise pas les bras et reste mobilisée dans une phase de fermeté qui la voit occuper la Rhur (avec des unités belges) pour contraindre l’Allemagne à payer, intervenir en Europe centrale ou orientale au nom de la SDN sans oublier les interventions dans les colonies notamment dans le Rif soulevé par Abd-el-Kader. La fin des années vingt marque la fin de cette période active.

Le pacifisme de l’opinion, la crise économique et des budgets réduits empêche l’armée de terre de poursuivre sa modernisation ou de maintenir au niveau d’excellence qu’elle avait atteint au printemps 1918 quand une succession d’offensives (où certains on pu voir les prémices de l’art opératif brillamment théorisé par les soviétiques) avaient acculé l’Allemagne à l’armistice ce qui abrégea le conflit mais permit à l’armée allemande de nier sa défaite et de lancer la légende du «coup de poignard dans le dos» (Dolchstoßlegende).

Suite à la démobilisation, l’armée de terre aligne encore des effectifs importants avec 600000 hommes disposant de 2600 chars, 2500 avions et plus de 12000 hommes mais cet état de fait dure peu, le nombre de divisions ne cesse de diminuer passant de 55 en 1919 à seulement 20, ces unités disposant d’effectifs fort réduits, nécessitant une mobilisation partielle pour conduire des opérations de guerre.

Voilà pourquoi la France n’à pu s’opposer à l’expansionnisme hitlérien jusqu’en septembre 1939, donnant à penser au dictateur nazi qu’il avait tous les droits et un sentiment d’invincibilité. Même la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 ne l’inquiéta pas et on peu se mettre à frémir en imaginant ce qui se serait passé si Adolf Hitler n’était pas mort dans l’attentat du 9 novembre 1939 qui mit en  pratique fin à la guerre de Pologne.

Cette première alerte aurait pu passer pour pertes et profits et ne rien changer à la situation politique et militaire de la France.

Fort heureusement, ce court conflit servit de véritable électrochoc au sein de la classe politique et de l’opinion qui mit de côté le pacifisme intégral des années vingt et trente pour une politique ferme contre l’Allemagne qui n’avait pas abandonné ces funestes projets d’annexion.

Bien entendu et comme nous l’avons pour ce qui concerne le PSF, les française ne sont pas passés du pacifisme intégral d’août 1939 à un bellicisme agressif. Ils se sont résignés à un nouveau conflit européen vingt-ans après la «der des ders» et veulent tout faire pour la gagner quitte à rayer l’Allemagne de la carte.
Comme le dira le colonel de La Rocque à l’un de ses adjoints «Si les allemands déclarent à nouveau la guerre, cette fois nous irons jusqu’à Berlin».

L’évolution générale de l’armée de terre

Comme nous l’avons vu plus haut, la stratégie offensive destinée à prendre l’Allemagne à la gorge dès qu’elle violerait le traité de Versailles devient caduque à partir de 1926. Ce changement de posture s’explique à la fois par une opinion publique frileuse, le vieillissement du corps des officiers généraux et le manque de moyens.

La France adopte une stratégie clairement défensive symbolisée par la «muraille de France» ou ligne Maginot qui couvre la frontière de Nice à Sedan, négligeant la frontière belge en raison de l’alliance franco-belge et de la nécessite de se conserver un espace de manoeuvre où affronter l’armée allemande sans risquer de provoquer de nouveaux dégâts au territoire national.

Si les crédits accordés à la ligne Maginot n’ont pas été vraiment au détriment des unités de manoeuvre, la construction de cette ligne fortifiée devient le prétexte commode pour réduire les crédits sous le fallacieux prétexte que l’on investira quand la menace extérieure nous y poussera.

La mécanisation (combattre avec des engins blindés) et la motorisation (la faculté de se déplacer en engins mécaniques) _la première concernant plus la cavalerie et la seconde l’infanterie_ n’est donc que partielle et la cavalerie dispose encore en septembre 1939 d’unités à cheval.

Avant la mobilisation consécutive à l’agression allemande contre la Pologne, l’armée de terre aligne les divisions suivantes :

-Dix Divisions d’Infanterie de type Nord-Est : 10ème DI (Paris) 11ème DI (Nancy) 13ème DI (Besançon), 14ème DI (Colmar), 19ème DI (Rennes), 21ème DI (Nantes), 23ème DI (Tours), 36ème DI (Bayonne), 42ème DI (Metz) et 43ème DI (Strasbourg)

-Sept Divisions d’Infanterie Motorisée : 1ère DIM (Lille), 3ème DIM (Amiens), 5ème DIM (Caen), 9ème DIM (Bourges), 12ème DIM (Châlons sur Saône), 15ème DIM (Dijon), 25ème DIM (Clermont-Ferrand)

-Deux Division d’Infanterie Alpine : 27ème DIA (Grenoble)  et 31ème DIA (Montpelier)

-Quatre Divisions d’Infanterie Coloniale : 1ère DIC à Bordeaux, 2ème DIC à Toulon, 3ème DIC à Paris et 4ème DIC à Toulouse.

-Quatre divisions d’infanterie nord-africaine :1ère DINA à Lyon 2ème DINA à Toulon, 3ème DINA à Poitiers et 4ème DINA à Épinal

-Trois divisions de cavalerie : la 1ère DC d’Orléans, la 2ème DC de Lunéville et la 3ème DC de Paris auxquelles s’ajoutent la 1ère brigade de spahis (Compiègne) et la 2ème brigade de spahis (Orange).

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M), les unités s’approchant le plus des Panzerdivisionen allemandes puisque unités entièrement mécanisées et motorisées.
-Les sept régiments indépendants de cavalerie forment en temps de paix  trois groupements de cavalerie  qui doivent à la mobilisation servir de base à la mise sur pied des GRDI (Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie) et des GRCA (Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée). Ces régiments ne sont pas reconstitués, les GRDI étant préservés après la démobilisation.

On trouve également douze régiments de chars de combat qui vont disparaître à la mobilisation pour donner naissance à des Bataillons de Chars de Combat (BCC).

L’artillerie est également présente avec différents types de régiments allant du régiment d’artillerie de campagne au régiment d’artillerie sur voie ferrée en passant par les régiments d’artillerie lourde de corps d’armée, les régiments d’artillerie mobile fortifiée ou d’artillerie de position, ces deux types d’unités assurant l’appui des ouvrages de la ligne Maginot.

Dès la fin du mois d’août 1939, les premiers réservistes sont rappelés pour compléter les unités pendant que les structures de mobilisation sont mises en place notamment les état-majors de groupe d’armée, d’armées et de corps d’armée.

La guerre déclarée, la mobilisation bat son plein, orchestrée par les régions militaires qui complètent d’abord les effectifs des divisions de première échelon qui montent aussitôt à la frontière avant de mettre sur pied des unités de réserve à partir des réservistes les plus âgés, unités assez mal équipées ce qui n’aura aucune conséquence puisque mis à part quelques escarmouches entre patrouilles, il n’y eut aucun combat sur le front occidental.

En quelques semaines, l’armée de terre se métamorphose approchant la centaine d’unités de combat réparties en trois groupes d’armées + une armée des Alpes, huit armées (plus une en réserve face à la Suisse), vingt-six corps d’armée et 94 divisions.

Sur ces quatre-vingt quatorze divisions, on compte une grande majorité de divisions d’infanterie, les GU n’appartenant pas cette arme étant les trois divisions de cavalerie et les deux D.L.M  en  attendant la mise sur pied de deux autres divisions légères mécaniques (par transformation des unités de cavalerie) et surtout des DCr ou Divisions Cuirassés de Réserve que l’on pourrait résumer par des D.L.M avec des chars lourds.

La montée en puissance de l’armée de terre ne cesse pas avec la fin de la guerre de Pologne le 15 décembre 1939. A cette situation paradoxale deux raisons : une méfiance vis à vis de l’Allemagne et l’inertie propre à une armée qui atteint les cinq millions d’hommes.

A partir du printemps 1940 règne une paix armée en Europe. La question n’est pas de savoir si la guerre éclatera en Europe mais quant.

La prudence voudrait que l’armée reste sur le pied de guerre mais c’est économiquement impossible de maintenir autant d’hommes sous les drapeaux sans parler du facteur moral, les trois mois d’inaction ayant provoqué leur lot de dépressions et de mutilations volontaires.

La démobilisation va donc être engagée à partir de mars 1940 mais hors de question de faire ça à la hussarde. Il faut préserver les compétences et rester cohérent dans le schéma organisationnel sans parler du simple côte pratique de démobiliser plusieurs millions d’hommes, de garder une trace de leur engagement, de les avertir de leur rôle de réserviste sans parler du matériel à stocker et/ou à détruire ainsi que de la remise en état de terrains et de battisses.

Cette démobilisation achevée à l’automne 1940 ne s’accompagne pas d’un retour à la situation antérieure au conflit.

En effet, le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Villeneuve qui succède à Gamelin en juin 1940 est bien décidé à moderniser l’armée pour que quand un nouveau conflit éclatera en Europe, elle soit capable de faire face à des menaces limitées sans mobiliser et si la menace se révèle immédiatement mortelle de tenir le choc le temps que la mobilisation mette sur pied les divisions nécessaires au combat.

Pour cela, le général Pierre Harcourt de Villeneuve va renouer avec les mannes du général Estienne en adoptant un ton résolument offensif. À l’armée à dominante d’infanterie, succède l’armée villeneuvienne où les unités mécanisées et blindées forment le fer de lance d’une armée sur la voie d’une motorisation complète ou peu s’en faut.

8-Croiseurs lourds (6)

Le Dupleix

Le croiseur lourd Dupleix

Le croiseur lourd Dupleix

-Le Dupleix est mis sur cale à l’Arsenal de Brest en juillet 1928 lancé le 9 octobre 1930 et admis au service actif en 1932.

Comme une part non négligeable des navires de cette belle marine, le quatrième et dernier croiseur de classe Suffren est affecté en Méditerranée, endivisionné au sein de la 1ère DL qui va compter jusqu’à cinq unités en 1932 même si généralement quatre sont disponibles avec une en travaux.

Le 1er novembre 1934, cette division est scindée en deux avec une nouvelle 1ère DL formée par l’Algérie, le Colbert et le Dupleix alors que le Foch, le Tourville et le Duquesne forment une 3ème DL et que le Suffren est en travaux.

La mise en service des premiers croiseurs légers de 7600 tonnes (classe La Galissonnière) entraine une nouvelle organisation à partir de novembre 1937. Les Duquesne, Tourville et Suffrent forment la 2ème DC alors que l’Algérie, le Foch, le Colbert et le Dupleix forment la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

La nouvelle 1ère division de croiseurs va depuis Toulon mener une intense activité opérationnelle avec exercices, missions de surveillance et présence diplomatique.

Alors que son compère est en petit carénage après son déploiement indochinois, le Dupleix lui partage son été en missions de surveillance et exercices.

Il quitte Toulon le 21 juin 1940 pour une mission de surveillance de la Sardaigne jusqu’au 12 juillet, le croiseur effectuant différentes repérages d’installations militaires italiennes _assez modestes dans cette grande île_ mais surtout les lieux d’un possible mouillage en cas de raids amphibies bien que cette mission soit jugée impossible voir trop risquée, le souvenir de l’échec cuisant des Dardanelles étant encore dans tous les esprits.

Rentré à Toulon le 13 juillet, il participe à une revue navale pour le 14 juillet 1940 avant de sortir pour des exercices de défense aérienne à la mer du 17 au 24 juillet et du 27 au 31 juillet, l’intermède entre ces deux exercices étant occupé par un mouillage aux Salins d’Hyères. Il est de retour à son port d’attache le 1er août 1940.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 15 août, le croiseur lourd reprend la mer pour une mission de surveillance en Méditerranée occidentale, le croiseur interrogeant plusieurs dizaines de cargos et autres navires marchands ce qui suscite un certain malaise dans le corps diplomatique étranger en France et pousse le Quai d’Orsay à demander à la marine un peu moins de zèle dans ce domaine.

Après cette mission de surveillance effectuée du 17 au 30 août _mission entrecoupée d’escales de ravitaillement à Ajaccio ou à Oran_, le croiseur effectue des exercices au large des côtes de Provence, exercices entrecoupés de mouillages aux Salins d’Hyères ou à Villefranche.

Du 20 septembre au 14 octobre 1940, il participe à la remise en condition de son sister-ship Suffren dont la disponibilité permet à la 1ère DC d’avoir une véritable existence. Les deux compères rentrés à Toulon le 22 octobre après une escale à Nice du 15 au 21 octobre participent ainsi à un exercice de défense aérienne à la mer du 27 octobre au 7 novembre puis à un exercice de combat antisurface du 12 au 24 novembre, rentrant à Toulon le 30 novembre après une escale à la Ciotat du 25 au 29 novembre 1940.

Le Dupleix sort encore deux fois pour entrainement de base soit du 2 au 12 décembre et du 19 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 31 décembre après une escale à Marseille les 28 et 29 décembre.

Après une période d’entretien à flot du 1er au 15 janvier, le croiseur lourd sort pour essais du 16 au 22 janvier avant remise en condition du 25 janvier au 8 février, rentrant à Toulon le 12 février après une escale à Ajaccio du 9 au 11 février 1941.

Le Dupleix sort pour entrainement aviation du 15 au 21 février puis pour un entrainement au combat de nuit du 24 février au 2 mars, rentrant à Toulon le 9 mars après un mouillage aux salins d’Hyères du 3 au 8 mars.

Le Dupleix et le Suffren sortent de nouveau ensemble pour exercices du 12 mars au 14 avril, effectuant un exercice de défense aérienne à la mer, de bombardement littoral, de raids amphibies (avec leurs compagnies de débarquement), d’escorte de convois. Après une escale à Nice du 15 au 21 avril, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 23 avril 1941.

Après une période d’indisponibilité du 24 avril au 15 mai, le Dupleix repart seul pour une mission de surveillance au large de la Sardaigne, mission qui le voit quitter Toulon entre le 18 mai et le 24 juin 1941, le croiseur passant au total 28 jours en mer, ne gagnant un port français que pour se ravitailler.

Il ressort de Toulon le 2 juillet pour aller mouiller aux Salins d’Hyères jusqu’au 12 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 13 juillet pour participer le 14 juillet 1941 à la revue navale en rade des Vignettes.

Le Dupleix ressort seul du 21 juillet au 2 août pour exercices au large des Baléares puis du 12 au 21 août dans le Golfe de Gênes pour une mission de surveillance avant de ressortir à nouveau du 27 août au 8 septembre pour des exercices entre Corse et continent.

Victime d’une avarie mécanique, le croiseur lourd est indisponible du 12 au 24 septembre avant de reprendre la mer pour essais du 25 au 28 septembre suivit d’un stage de remise en condition du 30 septembre au 4 octobre 1941.

Le 9 octobre 1941, le Dupleix quitte Toulon en compagnie de l’Algérie, le plus moderne des croiseurs lourds français (en attendant les Saint Louis alors en construction) pour une mission de représentation en mer Noire.

Les deux navires font une brève escale à Bizerte pour se ravitailler les 12 et 13 octobre avant de traverser à bonne vitesse la Méditerranée orientale, faisant escale à Istanbul du 16 au 19 octobre avant de franchir le Bosphore le 20 octobre et de pénétrer en mer Noire.

Les deux navires font escale à Varna (Bulgarie) du 22 au 29 octobre, à Constanza du 31 octobre au 2 novembre, à Sébastopol du 4 au 9 novembre, à Novorossisk du 12 au 17 novembre, à Trabzon du 19 au 24 novembre, à Istanbul à nouveau du 28 novembre au 2 décembre avant de rentrer à Toulon le 7 décembre 1941 et de ne plus ressortir jusqu’à la fin de l’année.

Le Dupleix appareille pour la croisière d’hiver de la flotte le 12 janvier 1942, faisant escale à Palma de Majorque le 16 janvier 1942, Carthagène du 18 au 22 janvier, Gibraltar du 25 au 27 janvier, Cadix du 30 janvier au 3 février, Lisbonne du 6 au 9 février, Casablanca du 13 au 16 février, Ajaccio du 18 au 21 février avant de rentrer à Toulon avec une grande partie de la flotte le 23 février 1942 dans la matinée.

Le Suffren étant entré en grand carénage, le Dupleix se retrouve donc seul pour assurer les missions qui lui sont confiés notamment la surveillance des mouvements navals italiens. Le Dupleix effectue ainsi trois missions de surveillance, la première du 4 au 21 mars dans le Golfe de Gênes avec des escales de ravitaillement à Bastia, la seconde du 28 mars au 21 avril entre la Sardaigne, la Sicile et la péninsule italienne et la troisième entre la Sicile et la Tunisie du 30 avril au 12 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 12 au 29 mai 1942, le croiseur lourd appareille pour une série d’exercices qui vont l’occuper une bonne partie de l’été qu’il s’agisse de défense aérienne à la mer (1er au 8 juin, 12 au 16 juillet), de protection de convois (10 au 19 juin et 18 au 24 juillet), de bombardement littoral (22 au 27 juin) et de raid amphibie avec sa compagnie de débarquement et des unités de l’armée de terre (30 juin au 4 juillet, 7 au 10 juillet). De retour à Toulon le 25 juillet 1942, il effectue deux petites sorties du 27 au 30 juillet et du 2 au 8 août est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 9 août au 5 septembre 1942.

Le Dupleix ressort pour essais du 7 au 12 septembre avant un stage de remise en condition du 13 au 27 septembre, suivit par une école à feu à Rufisque, le croiseur lourd quittant Toulon le 28 septembre, arrivant à Dakar le 5 octobre pour quinze jours d’entrainement au tir du 7 au 22 octobre 1942 avant de retrouver Toulon le 31 octobre 1942.

Il effectue une mission de transport rapide entre Toulon et Oran du 4 au 9 novembre avant de manœuvrer avec des navires de la 4ème escadre du 10 au 23 novembre 1942.

Rentré à Toulon le 24 novembre 1942, il repart pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes le 27 novembre et reste à la mer jusqu’au 12 décembre, rentrant à Toulon seulement le 17 décembre après quatre jours d’escale à Nice. Sa dernière sortie de l’année à lieu pour un exercice d’attaque de convois du 20 au 24 décembre 1942.

Le Dupleix commence l’année 1943 par une sortie d’entrainement du 2 au 7 janvier avant un entrainement aviation du 10 au 17 janvier.

Le 19 janvier 1943, le Suffren achève son grand carénage marqué notamment par une substantielle modernisation de sa DCA. Il subit une campagne d’essais à la mer du 20 au 31 janvier avant un stage de remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 1er au 12 février.

Rentré à Toulon, le Dupleix vidange ses soutes et débarque ses munitions avant d’être échoué dans la bassin Vauban n°8 pour un grand carénage plus que nécessaire le 20 mars 1943. Remis à flot le 4 février 1944, le croiseur lourd subit des travaux à quai avant d’être armé pour essais le 12 février.

Les essais officiels ont lieu du 13 au 27 février avant une nouvelle phase de travaux jusqu’au 4 mars. Il est ensuite en stage de remise en condition du 5 au 17 mars 1944 en compagnie de son sister-ship Suffren.
Les deux croiseurs ressortant ensemble du 25 avril au 8 mai 1944, manœuvrant avec le groupement des contre-torpilleurs de la flotte de la Méditerranée, plus précisément les 2ème (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut).

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

Après une période d’indisponibilité du 19 mai au 26 juin 1944, le Dupleix reprend la mer pour une mission de surveillance des côtes d’Afrique du Nord, quittant Toulon le 28 juin pour rester en mer jusqu’au 5 août, faisant tout de même escale à Oran du 9 au 14 juillet et du 20 au 27 juillet puis la mission terminée, à Bone du 6 au 10 août et à Bizerte du 11 au 18 août avant de rentrer à Toulon le 23 août.

Le Dupleix reprend la mer pour exercices du 12 au 28 septembre 1944, un exercice à dominante antisurface (attaque et protection de convois) en compagnie des croiseurs lourds Algérie et Henri IV sans oublier l’intervention de l’aviation et de sous-marins, quatre de la 4ème Escadre et deux de la 6ème Escadre Légère.

Rentré à Toulon le 5 octobre après une escale à Alger, le croiseur est immobilisé jusqu’au 4 novembre en raison d’une avarie de propulsion. Après des essais à la mer du 5 au 9 novembre, le croiseur reprend l’entrainement par un stage intensif du 12 au 20 novembre, rentrant à Toulon le 21 novembre 1944.

Il effectue une mission de surveillance dans le détroit de Bonifaccio du 2 au 12 décembre avant de faire escale dans le magnifique port naturel de Bonifaccio du 13 au 18 décembre puis de rentrer à Toulon le 20 décembre 1944 et de rester au port jusqu’à la fin de l’année 1944.

Le 1er janvier 1945, le Dupleix quitte Toulon pour retrouver à Brest le cuirassé Jean Bart afin de mener une croisière dans le Golfe de Gascogne.

Les deux navires se retrouvent au large de Douarnenez le 5 janvier 1945 et vont faire escale à Quiberon le 9 janvier, à Saint-Nazaire du 12 au 14 janvier, à La Pallice du 16 au 18 janvier, au Verdon du 21 au 23 janvier et enfin à Biarritz du 25 au 28 janvier (le plus souvent le cuirassé et le croiseur lourd restent au mouillage, seuls les torpilleurs d’escadre accostant). La division rentre à Brest le 5 février, Le Dupleix repartant le lendemain pour Toulon où il arrive le 12 février 1945.

Le Dupleix ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Suffren et du Saint Louis. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de  présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un !

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’ Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au
31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la Division Navale Adriatique franchit le canal d’Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce.

Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La division navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’Egypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis.

La division quitte l’ Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945. Le Dupleix est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 17 juillet 1945.

Le Dupleix reprend la mer seul le 20 juillet pour une semaine d’essais à la mer jusqu’au 27 juillet avant un stage de remise en condition du 30 juillet au 12 août 1945 avant de rentrer à Toulon le 17 août 1945 après un mouillage aux salins d’Hyères.

Le croiseur lourd Dupleix sort en compagnie du Suffren pour un exercice du 10 au 21 novembre, faisant escale à Port-Vendres du 22 au 27 novembre avant un exercice de défense aérienne à la mer du 28 novembre au 7 décembre, rentrant à Toulon le 8 décembre 1945. Les deux croiseurs lourds de la 1ère DC sortent à nouveau pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion du 13 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 28 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 30 décembre 1945 au 12 janvier 1946, le Dupleix sort pour essais du 13 au 18 janvier avant un stage de remise en condition du 19 au 30 janvier 1946.

Le 2 février 1946, il appareille de Toulon pour se rendre au Levant en compagnie de son sister-ship Suffren, faisant escale à Ajaccio du 3 au 6 février, à Malte du 8 au 11 février, à Patras (Grèce) du 13 au 17 février, au Pirée du 19 au 25 février, à Antalya du 27 février au 1er mars, à Beyrouth du 3 au 7 mars, à Haïfa du 9 au 12 mars, à Alexandrie du 14 au 18 mars, à Bizerte du 21 au 25 mars avant de rentrer à Toulon le 28 mars

Le Dupleix et le Suffren sortent à nouveau pour entrainement du 24 juin au 2 juillet, entrainement suivi d’une escale à Ajaccio du 3 au 7 juillet. Les deux croiseurs effectuent ensuite un entrainement aviation du 8 au 13 juillet avant de relâcher à Bastia du 14 au 17 juillet puis à Nice du 18 au 21 juillet, rentrant à Toulon le 22 juillet 1946.

Le Dupleix quitte Toulon le 27 juillet 1946 avec 400 fantassins à bord pour un exercice de transport destiné à renforcer rapidement nos forces en Afrique du Nord. Il arrive le surlendemain à Tunis et débarque ses hommes qui vont manœuvrer jusqu’au 12 août avec les Forces Armées en Tunisie (FAT).

Pendant ce temps, le Dupleix effectue un entrainement de défense aérienne à la mer (30 juillet au 7 août) avant une escale à Tunis du 8 au 12 août, date à laquelle il rembarques les 400 fantassins pour les ramener en métropole ce qui est chose faite le 14 août quand le croiseur lourd rentre à Toulon.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage et entretien courant) du 15 août au 2 septembre, le croiseur lourd sort pour essais du 3 au 7 septembre puis pour entrainement de base du 8 au 15 septembre.

Le Dupleix ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 18 au 27 septembre 1946 avant une simulation de bombardement sur Toulon pour entrainer la défense côtière du secteur de Toulon du 30 septembre au 5 octobre 1946.

Après un long mouillage aux salins d’Hyères (6 au 12 octobre), le croiseur effectue une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes du 17 au 25 octobre 1946 qui se termine par un mouillage en rade Villefranche du 26 au 31 octobre avant de rentrer à Toulon le 3 novembre 1946.

Le Dupleix ressort du 12 au 18 novembre pour une mission d’entrainement au large de la Corse à destination d’officiers de marine de réserve avant un nouvel exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 27 novembre suivit d’un exercice d’attaque et de défense de convois du 30 novembre au 5 décembre 1946. Il termine l’année par un entrainement combiné avec l’armée de l’air du 15 au 24 décembre 1946 avant de passer les fêtes de fin d’année à quai à Toulon.

Il ressort pour la première fois le 12 janvier, quittant Toulon pour une mission de transport de troupes rapide en direction d’Oran où il arrive le 18 janvier. Il débarque 400 hommes avant de repartir pour Bizerte où il reste au mouillage du 23 au 30 janvier.  Il est de retour à Toulon le 5 février 1947 après une escale à Ajaccio du 1er au 4 février.

Le Dupleix aurait du être en grand carénage début mars mais le Suffren est sérieusement endommagé lors d’une collision avec le paquebot Sampiero Corso le 15 mars 1947 et doit être réparé dans le bassin prévu pour le grand carénage du quatrième et dernier croiseur de classe Suffren.

Fort heureusement, le Dupleix lors d’une inspection technique le 19 février 1947 est encore dans un bon état matériel même si l’Amirauté décide par précaution de le ménager pour éviter une immobilisation malvenue.

Le croiseur lourd ne sort ainsi que du 20 au 31 mars (exercice combiné) et du 10 au 19 avril (exercice de défense aérienne à la mer) avant une période d’entretien à flot en rade de Toulon du 23 avril au 15 mai, reprenant la mer pour essais du 18 au 27 mai puis pour un stage de remise en condition du 28 mai au 14 juin avant de passer plus d’un mois à quai à Toulon jusqu’au 17 juillet 1947, une partie de l’équipage étant en permissions même si officiellement le croiseur n’est pas en indisponibilité.

Il sort pour exercices entre les côtes provençales et la Corse du 18 au 27 juillet avant un mouillage à Villefranche du 28 juillet au 2 août avant un nouvel exercice au large de Bastia du 3 au 13 août puis une escale dans le port du nord de la Corse du 14 au 21 août avant de rentrer à Toulon le 23 août et d’être indisponible du 25 août au 12 septembre pour entretien à flot et permissions de l’équipage.
Il ressort pour une mission de transport entre Toulon et la Corse, quittant le Var le 20 septembre pour Bastia où il arrive le lendemain 21 septembre, débarquant des hommes du génie et du matériel pour moderniser et réaménager des fortifications défendant ce port.

Il repart le 24 septembre pour Ajaccio où il mouille en rade d’ Aspretto du 25 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 1er octobre 1947 à l’aube.

Le 5 octobre 1947, la commune de Landrécies (Nord Pas de Calais) devient ville marraine du croiseur lourd, Landrécies étant la ville natale de Joseph François Dupleix.

Le 12 octobre 1947, le croiseur lourd quitte Toulon direction Dakar pour une école à feu au polygone de Rufisque. Arrivé dans la capitale sénégalaise le 22 octobre, il effectue son stage de tir du 24 octobre au 6 novembre 1947 avant de passer au bassin à Dakar du 7 au 21 novembre pour quelques travaux destinés à lui permettre de tenir jusqu’au grand carénage prévu au printemps 1948.

Il quitte le Sénégal le 23 novembre, fait escale à Port Etienne du 25 au 28 novembre, à Casablanca du 1er au 5 décembre, à Oran du 8 au 12 décembre avant de rentrer à Toulon le 13 décembre. Il sort encore au large du port varois du 18 au 22 décembre et du 26 au 30 décembre 1947.

Le Dupleix effectue deux sorties d’entrainement au mois de janvier 1948, la première entre la Provence et le cap Corse du 5 au 12 janvier et la seconde entre Toulon et Marseille du 15 au 19 janvier.

Le lendemain 20 janvier 1948, le Dupleix appareille en compagnie du Suffren pour effectuer ses essais à la mer et sa remise en condition. Les essais à la mer ont lieu du 20 au 31 janvier puis du 10 au 17 février après une période de démontage pendant laquelle le Dupleix prépare son grand carénage. Le stage de remise en condition à lieu du 21 février au 5 mars, date de la disponibilité du Suffren.

Le lendemain 6 mars 1948, le Dupleix vidange ses soutes et débarque ses munitions avant d’être échoué le 10 mars dans le bassin n°1 du Missiessy pour un grand carénage plus que nécessaire tant le navire était usé et courbaturé.

Il va ainsi être immobilisé jusqu’au 7 septembre 1948 soit après le début de la conflagration mondiale qui précipiteront les travaux à quai (deux semaines au lieu de trois soit du 8 au 22 septembre 1948), les essais à la mer (du 23 au 30 septembre) et la remise en condition (1er au 8 octobre), le Dupleix étant officiellement disponible le 9 octobre 1948.

Schéma du croiseur lourd Suffren

Schéma du croiseur lourd Suffren

Caractéristiques Techniques de la classe Suffren

Déplacement : standard 9938 tonnes pleine charge 12780 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 196m largeur 19.40m tirant d’eau 7.30m

Propulsion : trois turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par neuf chaudières Guyot du Temple à chauffe mixte dévellopant 101000ch et entrainant trois hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : (Suffren et Colbert) ceinture de 50mm pont blindé de 25mm et un bourrage de 640 tonnes de charbon pour la protection contre les torpilles (Foch) bordé de 20mm, un renforcement à 54mm de cloisons longitudinales et un pont blindé de 18mm au dessus des machines et 20mm au dessus des soutes à munitions (Dupleix) détails inconnus

Armement d’origine : (Suffren) 8 canons de 203mm modèle 1924 en 4 tourelles doubles (deux en chasse deux en retraite), 8 canons de 75mm modèle 1922-24 en affûts simples, 8 canons de 37mm CAS modèle 1925 et 12 mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts quadruples; deux affûts lance-torpilles triples de 550mm (Colbert et Foch) les canons de 75mm sont remplacés par huit canons de 90mm en affûts simples (Dupleix) Les huit canons de 90mm sont montés en quatre affûts doubles

Aviation :  (Suffren) une catapulte et deux hydravions (Colbert Foch Dupleix) deux catapultes et deux hydravions

Equipage : 605 officiers et marins

8-Croiseurs lourds (4)

B-Croiseurs lourds classe Suffren

Le croiseur lourd Suffren avec deux Gourdou-Lesseure sur catapultes

Le croiseur lourd Suffren avec deux Gourdou-Lesseure sur catapultes

Avant-propos

Dans la marine nationale de l’entre-deux-guerre, la vitesse est sanctifiée ce qui explique l’absence de protection sur les Duquesne qui méritent plus que tout le surnom donné aux croiseurs type Washington «Thinclad Battleship» ou cuirassés en papier d’étain.

La rivalité franco-italienne voit les deux pays se marquer à la culotte, la réalisation des Duquesne suscitant une riposte italienne avec les Trento et Trieste.

Le croiseur lourd Trento en 1936

Le croiseur lourd Trento en 1936

Les français avaient déjà prévu de construire de nouveaux croiseurs lourds. Ils financent ainsi la construction à la tranche 1925 du Suffren.

La marine nationale prend de l’avance avec le financement à la tranche 1926 du Colbert suivi à la tranche 1927 du Foch puis à la tranche 1929 du Dupleix souvent considéré comme le meilleur 10000 tonnes de la marine nationale hors de l’Algérie qui est un croiseur lourd avec une vraie protection.

Les italiens financent la construction au budget 1929 des Zara et Fiume, deux croiseurs d’un nouveau modèle puis au budget 1930 finance à la fois la construction du Bolzano, un croiseur lourd de type Trento amélioré et le troisième Zara baptisé Gorizia avant le Pola au budget 1931.

Bien que souvent regroupés en une seule classe, les croiseurs lourds Suffren Colbert Foch et Dupleix affichent un certain nombre de différences. Par rapport aux Duquesne, ces croiseurs lourds sont mieux protégés et propulsés par seulement trois hélices. Leurs chaudières peuvent fonctionner au mazout et au charbon.

Le Suffren dispose ainsi d’une protection améliorée avec une ceinture de 50mm, un pont blindé de 25mm et un bourrage de 640 tonnes de charbon pour la protection contre les torpilles. Sur le plan de l’armement, il conserve les canons de 75mm des Duquesne.

Il dispose d’une catapulte installée au même emplacement que pour les Duquesne. Il est reconnaissable à l’abri navigation installé au milieu du mât tripode.

Le Colbert à une protection semblable au Suffren mais son mat tripode est dépourvu de l’abri de navigation installé sur le Suffren. L’armement évolue, les canons de 75mm sont remplacés par huit canons de 90mm en affûts simples.

Le Foch à une protection améliorée avec un bordé de 20mm, un renforcement à 54mm de cloisons longitudinales et un pont blindé de 18mm au dessus des machines et 20mm au dessus des soutes à munitions. Le mat tripode à les jambes plus écartées (ce qui permet de l’identifier facilement) mais l’armement secondaire reste le même avec huit canons de 90mm en affûts simples.

Le Dupleix, dernier croiseur de type Suffren est considéré jusqu’à l’apparition de l’Algérie comme le meilleur croiseur lourd français notamment la protection qui représente près de 1500 tonnes. L’armement secondaire est toujours composé de huit canons de 90mm mais regroupés en quatre affûts doubles installés à l’avant de part et d’autre du bloc-passerelle pour les deux premiers et de part et d’autre du mat arrière pour les deux derniers.

Le Suffren

Le croiseur lourd Suffren en 1936

Le croiseur lourd Suffren en 1936

-Le Suffren est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 17 avril 1926, lancé le 3 mai 1927 et est admis au service actif le 8 mars 1930.

Comme la majorité des navires de la marine nationale construits à cette époque, le Suffren est affecté en Méditerranée au sein de la 1ère DL. Cette division va regrouper jusqu’à cinq croiseurs de 10000 tonnes au fur et à mesure de leur admission au service actif.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Suffren va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Il transporte des élèves officiers avec le Tourville et le Duquesne aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Suffren effectue une mission aux Etats Unis avec le Duquesne avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’à la fin de 1934.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie Foch Colbert et Dupleix formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le Suffren lui rentrait d’un long déploiement en Indochine (juillet 1939-avril 1940), ce déploiement réussi d’un croiseur lourd réussit à convaincre les hautes autorités de la marine française à la faisabilité du déploiement d’un navire aussi important dans cette colonie.

Certains «Indochino-enthousiastes» réclament même le déploiement d’un cuirassé mais à l’époque, ce déploiement est utopique en l’absence d’une base bien outillée sans parler que le cuirassé était une ressource rare dans la Royale de l’époque.

Après un petit carénage dans le bassin Vauban n°8 jusqu’à la fin du mois d’août, le croiseur est en essais à la mer du 4 au 17 septembre puis en remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 20 septembre au 14 octobre avant de rentrer à Toulon le 16 octobre 1940.

Le Suffren ressort le 2 novembre pour un exercice de défense aérienne à la mer au large de Toulon qui montre l’urgence de moderniser sa DCA, les travaux étant prévus au cours du prochain grand carénage en 1941/42.

Il fait ensuite escale à Port Vendres du 8 au 12 novembre 1940, participant aux commémorations du 11 novembre 1940, la compagnie de débarquement du croiseur (24 hommes), défilant dans la ville en compagnie d’une compagnie de tirailleurs sénégalais et d’un groupement de reconnaissance motorisé composé de motos avec side-car et d’autos blindés Panhard AMD178.

Il rentre à Toulon le 14 novembre puis est indisponible jusqu’au 2 décembre 1940 (problème de chaudières), sortant pour essais du 3 au 10 décembre avant de sortir d’entrainement du 12 au 23 décembre et du 26 au 31 décembre 1940.

Le Suffren participe aux manœuvres d’hiver de la flotte du 15 janvier au 5 mars 1941 avec des escales à Marseille du 27 janvier au 2 février et à Nice du 17 au 24 février notamment en compagnie du croiseur de bataille Dunkerque avec lequel le croiseur faillit entrer en collision. Il est de retour à Toulon le 7 mars 1941.

Le Suffren sort à nouveau avec le Dupleix du 12 mars au 14 avril pour différents exercices (défense aérienne à la mer, bombardement littoral, protection de convois) puis seul du 22 avril au 2 mai pour une évaluation de ses capacités militaires par le Centre d’Entrainement de la Flotte (CEF) qui note des «capacités militaires intéressantes mais qui ne pourraient qu’être améliorées après une véritable modernisation». Le Suffren sort pour entrainement au combat de nuit du 9 au 20 mai 1941.

Après une période d’indisponibilité du 23 mai au 16 juin 1941, le croiseur appareille de Toulon le 18 juin pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes jusqu’au 5 août, mission entrecoupées d’escale de ravitaillement à Bastia tous les 4 ou 5 jours environ et d’une participation à la revue navale du 14 juillet 1941 en rade des vignettes. Il rentre à Toulon le 8 août 1941.

Il ressort du 22 août au 4 septembre 1941 pour un exercice de défense aérienne à la mer puis effectue deux transports rapides entre Toulon et Ajaccio, le premier du 8 au 15 septembre et le second du 20 au 30 septembre, transports de matériels spéciaux pour la construction de la base navale d’ Aspretto.

Il termine l’année par plusieurs exercices au large de la Provence, un premier du 5 au 15 octobre consacré au bombardement littoral (tirs simulés), un second de défense aérienne à la mer du 21 au 31 octobre et un troisième d’escorte de convois du 8 au 20 novembre avant une escale d’une semaine à Nice du 21 au 28 novembre, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 29 novembre dans la soirée.

Le croiseur lourd sort encore deux fois pour entrainement, la première fois du 2 au 12 décembre et la seconde du 18 au 26 décembre, les deux sorties étant entrecoupées par une escale à Nice du 13 au 17 décembre.

Le Suffren appareille pour la croisière d’hiver de la flotte le 12 janvier 1942, faisant escale à Palma de Majorque le 16 janvier 1942, Carthagène du 18 au 22 janvier, Gibraltar du 25 au 27 janvier, Cadix du 30 janvier au 3 février, Lisbonne du 6 au 9 février, Casablanca du 13 au 16 février, Ajaccio du 18 au 21 février avant de rentrer à Toulon avec une grande partie de la flotte le 23 février 1942 dans la matinée.

Le croiseur lourd débarque ses munitions le 27 février 1942 et est échoué au bassin n°8. Il est au bassin jusqu’au 20 décembre 1943, perdant ses huit canons de 75mm remplacés par six canons de 90mm en affûts simples, recevant une DCA légère moderne avec douze canons de 37mm Schneider en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss en quatre affûts doubles. Son appareil propulsif est remis en état, ses hélices sont changées, sa catapulte est remplacée alors qu’un temps elle était menacée.

Le croiseur remis à l’eau, subit une période de travaux à quai jusqu’au 19 janvier 1943. Il subit une campagne d’essais à la mer du 20 au 31 janvier avant un stage de remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 1er au 12 février.

Le Suffren sort pour entrainement aviation du 15 au 21 février avant une escale à Saint-Tropez du 22 au 27 février pour la signature de la charte de parrainage. Reprenant la mer le 28 février, le croiseur lourd subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 5 mars quand il arrive à Sète pour une escale qui s’achève jusqu’au 10 mars avant de rentrer à Toulon le 11 mars 1943.

Le Suffren reprend la mer pour un entrainement au combat antisurface du 15 au 23 mars avant de rentrer à Toulon le 27 mars 1943.

Après une période d’entretien à flot du 28 mars au 12 avril, le croiseur lourd sort pour essais du 13 au 18 avril avant de reprendre l’entrainement par un stage de remise en condition du 20 avril au 2 mai 1943.

Après un ravitaillement à Toulon le 3 mai, le croiseur lourd quitte le Var le 4 mai, relâche à Casablanca du 8 au 11 mai avant de gagner Dakar le 15 mai 1943 pour un important cycle d’entrainement.

Il commence par une école à feux au polygone de Rufisque du 16 au 30 mai avant une période d’entretien à Dakar du 31 mai au 2 juin avant un exercice de défense aérienne à la mer du 3 au 10 juin puis après un ravitaillement à Dakar le 11 juin, une deuxième école à feux au polygone de Rufisque du 12 au 30 juin avant de faire escale à Dakar du 1er au 5 juillet.

Il reprend la mer le 6 juillet, fait escale à Casablanca du 10 au 13 juillet avant de rentrer à Toulon le 16 juillet 1943. Il sort pour un entrainement aviation du 19 au 28 juillet 1943.

Durant l’été, le Suffren effectue plusieurs petits sorties au large de Toulon, allant aux Salins d’Hyères du 2 au 7 août, du 12 au 18 août et du 21 au 22 août. Orphelin du Dupleix alors en grand carénage, le Suffren effectue un exercice de défense aérienne à la mer au large de Port-Vendres du 25 août au 4 septembre avant de rentrer à Toulon le 7 septembre 1943.

Il ressort encore du 8 au 15 septembre pour un exercice de défense contre les sous-marins et des avions. Après une escale à Mers-El-Kebir jusqu’au 20 septembre, il fait escale à Bizerte du 21 au 27 septembre puis à Ajaccio du 28 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 4 octobre après un mouillage aux Salins d’Hyères les 2 et 3 octobre 1943.

Indisponible du 4 au 20 octobre 1943, le Suffren ressort pour une sortie d’essais du 21 au 24 octobre avant de manœuvrer au large du Cap Corse avec d’autres navires de l’Escadre du 25 octobre au 10 novembre, faisant escale à Bastia du 11 au 15 novembre, sa compagnie de débarquement rendant les hommages aux morts du premier conflit mondial. Il fait ensuite escale à Nice du 16 au 21 novembre puis à Villefranche du 22 au 25 novembre avant de rentrer à Toulon le 26 novembre.

Mis à part une petite sortie du 6 au 9 décembre jusqu’aux Salins d’Hyères, le croiseur lourd reste à quai ou au mouillage à Toulon jusqu’à la fin de l’année, permettant aux marins et officiers de prendre leurs permissions.

Le Suffren ressort seul du 4 au 10 janvier, du 13 au 18 janvier et du 22 janvier au 3 février, mouillant aux Salins d’Hyères du 4 au 9 février 1944. Il participe ensuite à la remise en condition du Dupleix, sortant de grand carénage du 5 mars au 17 avril 1944.

Les deux croiseurs ressortant ensemble du 25 avril au 8 mai 1944, manœuvrant avec le groupement des contre-torpilleurs de la flotte de la Méditerranée, les 2ème (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut).

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 19 au 31 mai, le Suffren quitte Toulon pour une mission de transport rapide à destination de la Tunisie. Il embarque deux compagnies d’infanterie qui sont mises à terre le 2 juin à Tunis et transportés ensuite en camions sur la ligne Mareth pour renforcer la présence française face à des mouvements de troupes en Libye italienne.

Ces mouvements en réalité ne concernaient qu’une relève. Les deux compagnies de renfort vont cependant rester en Tunisie pour s’entrainer au combat en milieu désertique jusqu’au 7 juillet. Le croiseur qui entre-temps avait effectué des exercices au large du Cap Bon les rembarque à Bizerte le 9 juillet pour les ramener en France le 11 juillet quand elles sont débarquées à Toulon.

Le croiseur lourd sort au large de Toulon du 15 au 20 juillet, mouille aux Salins d’Hyères  du 20 au 27 juillet puis ressort du 28 juillet au 4 août avant de rentrer à Toulon le 5 août. Il est indisponible pour entretien et permissions d’été du 7 au 27 août 1944.

Après un exercice de défense aérienne à la mer du 4 au 14 septembre et un exercice de protection de convois du 17 au 27 septembre, le Suffren subit un petit carénage. Il est échoué dans le bassin N°1 du Missiessy du 4 octobre 1944 au 20 janvier 1945. Après des travaux complémentaires à flot jusqu’au 2 février, le croiseur lourd effectue ses essais à la mer du 3 au 12 février avant un stage de remise en condition du 13 au 27 février 1945.

Il ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Dupleix et du Saint Louis. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un !

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’ Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au 31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la Division Navale Adriatique franchit le canal d’ Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce. Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La Division Navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’ Egypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis.

La division quitte l’ Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945.

Le Suffren est indisponible du 14 juin au 12 août 1945, passant au bassin n°1 du Missiessy du 20 juin au 8 juillet avant de terminer ses travaux à flot le 4 août. Il effectue ses essais à la mer du 5 au 8 août avant remise en condition du 12 au 25 août.

Le Suffren sort pour entrainement aviation du 30 août au 5 septembre, faisant escale à Sète du 6 au 10 septembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 septembre.

Le croiseur lourd effectue quelques petites sorties à la mer du 17 au 21 et du 24 au 28 septembre, sorties qui le mène aux Salins d’Hyères. De retour à Toulon le 29 septembre, il reste au mouillage à l’entrée du port jusqu’au 3 octobre avant d’appareiller pour Mers-El-Kebir où le Suffren arrive le 5 octobre. Il participe à un exercice avec la 4ème escadre du 7 au 28 octobre avant de rentrer à Toulon le  31 octobre 1945.

Le Suffren sort entrainement aviation du 2 au 12 octobre, faisant escale à Saint Tropez du 13 au 19 octobre avant d’enchainer par un entrainement de combat de nuit du 20 au 28 octobre avant de rentrer à Toulon le 4 novembre après une escale à Bastia du 29 octobre au 3 novembre 1945.

Le croiseur lourd Suffren sort en compagnie du Dupleix pour un exercice du 10 au 21 novembre, faisant escale à Port-Vendres du 22 au 27 novembre avant un exercice de défense aérienne à la mer du 28 novembre au 7 décembre, rentrant à Toulon le 8 décembre 1945.

Les deux croiseurs lourds de la 1ère DC sortent à nouveau pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion du 13 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 28 décembre 1945.

Il sort pour la première fois en 1946 du 9 au 12 janvier pour un entrainement à la mer (défense aérienne) puis du 18 au 25 janvier pour amariner les nouveaux appelés qui vont représenter jusqu’à 15% de l’effectif du croiseur.

Le 2 février 1946, il appareille de Toulon pour se rendre au Levant en compagnie de son sister-ship Dupleix, faisant escale à Ajaccio du 3 au 6 février, à Malte du 8 au 11 février, à Patras (Grèce) du 13 au 17 février, au Pirée du 19 au 25 février, à Antalya du 27 février au 1er mars, à Beyrouth du 3 au 7 mars, à Haïfa du 9 au 12 mars, à Alexandrie du 14 au 18 mars, à Bizerte du 21 au 25 mars avant de rentrer à Toulon le 28 mars et d’être en entretien à flot du 29 mars au 15 avril 1946.

Il sort pour essais du 15 au 20 avril avant remise en condition du 21 avril au 3 mai 1946. Il quitte Toulon le 5 mai, relâche à Casablanca du 8 au 10 mai avant d’arriver à Dakar le 14 mai. Il réalise une école à feux à du 15 mai au 5 juin, relâchant à Dakar du 6 au 10 juin avant de rentrer à Toulon le 17 juin après une escale de ravitaillement à Casablanca.

Le Suffren et le Dupleix sortent à nouveau pour entrainement du 24 juin au 2 juillet, entrainement suivi d’une escale à Ajaccio du 3 au 7 juillet. Les deux croiseurs effectuent ensuite un entrainement aviation du 8 au 13 juillet avant de relâcher à Bastia du 14 au 17 juillet puis à Nice du 18 au 21 juillet avant de rentrer à Toulon le 22 juillet 1946.

Après des travaux destinés à préparer une mission de représentation du 23 au 30 juillet, le Suffren effectue une sortie pour essais du 1er au 5 août. Il quitte Toulon le 17 août 1946 au matin en compagnie du croiseur léger Chateaurenault pour retrouver le Strasbourg, ses deux torpilleurs d’escadre et le pétrolier-ravitailleur La Baïse pour une mission de représentation dans les Caraïbes.

La jonction se fait le 19 août au large de l’Espagne, la petite escadre manœuvrant ensemble avant de faire une première escale à Casablanca le 24 août avant de traverser d’une traite l’Atlantique, arrivant à Fort de France le 2 septembre 1946.

Ils font escale à Pointe à Pitre du 7 au 12 septembre, Kingston (Jamaïque) du 14 au 17 septembre, Veracruz (Mexique) du 19 au 22 septembre, La Nouvelle Orléans du 25 au 28 septembre, Miami du 30 septembre au 3 octobre 1946 avant de traverser l’Atlantique faisant escale à Dakar le 7 octobre 1946 où ils se séparent, le croiseur de bataille et ses torpilleurs d’escadre rentrant directement à Mers-El-Kebir.

Le Suffren et le Chateaurenault appuyés par la Baïse vont prolonger cette croisière par un déploiement dans le Golfe de Guinée. Il quitte Dakar le 11 octobre, fait escale à Abidjan du 13 au 17 octobre, à Bioko (île de la Guinée Equatoriale alors colonie espagnole) du 19 au 21 octobre, à Libreville du 22 au 25 octobre, Abidjan à nouveau du 28 octobre au 2 novembre, Dakar du 4 au 8 novembre, à Casablanca du 11 au 14 novembre avant de rentrer à Toulon le 18 novembre après plus de trois mois loin de son port d’attache, Le PRE La Baïse rentrant lui à Mers-El-Kébir.

Après une période d’entretien à flot du 19 novembre au 12 décembre, le croiseur lourd sort pour essais du 13 au 19 décembre avant remise en condition du 20 au 30 décembre 1946.

Il sort à nouveau du 2 au 7 janvier et du 10 au 17 janvier pour entrainement de base au profit de ces nouveaux marins. Le croiseur lourd fait escale à Sète du 18 au 21 janvier avant de rentrer à Toulon le 22 janvier 1947.

Il reprend la mer le 27 janvier pour entrainement à la protection d’un convoi et ce jusqu’au 9 février, faisant ensuite escale à Nice du 10 au 15 février puis à Villefranche du 16 au 19 février avant de rentrer à Toulon le 21 février 1947.

Il effectue un entrainement aviation du 23 février au 3 mars 1947 puis pour un entrainement à la défense antiaérienne du 6 au 12 mars, rentrant à Toulon le 13 mars.

Il reprend la mer le 15 mars 1947 pour un exercice de combat de nuit entre Toulon et Marseille. Les conditions météo sont exécrables et l’exercice est annulé moins de deux heures après son déclenchement.

Cela est insuffisant pour empêcher la collision du croiseur lourd Suffren avec le paquebot Sampiero Corso. Naviguant tous feux éteints, le croiseur ne voit que trop tard le paquebot arrivant à bâbord et l’étrave du croiseur s’enfonce profondément dans la coque du paquebot.

L’accident qui à lieu près de la côte laisse craindre le pire mais fort heureusement, à l’aube les deux navires sont encore à flot, lié l’un à l’autre. Plusieurs navires arrivent rapidement sur zone et permettent l’évacuation des passagers du paquebot ce qui permet au croiseur de se dégager puis de prendre en remorque le paquebot pour le ramener à Marseille où il sera réparé.

Le croiseur assez sérieusement endommagé à bâbord rentre à 7 nœuds à Toulon, escorté par plusieurs torpilleurs et remorqueurs. Il est mis au bassin (bassin n°1 du Missiessy) le 18 mars 1947 pour des réparations doublé d’un grand carénage avancé de six mois.

Il est remis à flot le 20 décembre 1947 et la fin des travaux à lieu à flot jusqu’au 20 janvier 1948 quand il est de nouveau déclaré disponible bien qu’il ne soit jugé pleinement opérationnel que le 5 mars après les essais à la mer et la remise en condition en compagnie du Dupleix qui du attendre la disponibilité de son sister-ship pour subir un grand carénage.

Après un exercice de défense aérienne à la mer du 10 au 18 mars 1948 , le Suffren quitte Toulon le 20 mars, se ravitaille à Casablanca du 25 au 27 mars avant d’arriver à Dakar le 31 mars. Il effectue une Ecole à feux à Rufisque du 2 au 15 avril, quittant Dakar le 17 avril pour rentrer à Toulon le 25 avril 1948.

Après une indisponibilité accidentelle du 27 avril au 2 mai, il reprend la mer le 5 mai pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes jusqu’au 12 juin, le croiseur effectuant de rapides ravitaillement à Bastia, quelques heures pour ravitailler les soutes et la cambuse avant de reprendre la mer. Il opère entre Vintimille, l’ile d’Elbe et Gênes en compagnie d’avions basés en Corse.

De retour à Toulon le 16 juin, il reste à Toulon, à quai ou au mouillage jusqu’au 12 juillet, reprenant brièvement la mer du 17 au 21 juillet et du 28 juillet au 5 août. Une partie de l’équipage prend ses permissions le 7 août mais dès le 20, l’équipage est rappelé , rappel qui se double de la mobilisation des réservistes. Il sort alors pour entrainement du 21 au 28 août et du 30 au 3 septembre.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre 1948, le Suffren appareille en urgence pour Nice pour contrer une possible action italienne. Il arrive à destination le lendemain 6 septembre.