22-Armée de terre : armement et matériel (101) ordre de bataille (35)

Forces de Souveraineté

Carte de l'Afrique et des différents empires coloniaux

Carte de l’Afrique et des différents empires coloniaux

Dans cette rubrique, je vais aborder la question des unités stationnées dans l’Empire dans des contrées où les menaces extérieures étant existantes, la mission de ces unités est d’assurer la sécurité extérieure et de se préparer à un hypothétique envoi sur un front que ce soit en métropole ou en Afrique du Nord.

-Situation en septembre 1939

-Afrique Equatoriale Française (AEF)

Au Congo et au Gabon, nous trouvons le bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Afrique Equatoriale Française

Au Tchad, est déployé le régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, le bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari, la Compagnie portée du Largeau et la section portée du Largeau.

-Au Cameroun, on trouve le régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun

-Afrique Occidentale Française (AOF)

-Au Sénégal, se trouvent deux régiments d’infanterie, les 1er et 7ème régiments mobiles de tirailleurs sénégalais, le bataillon d’infanterie coloniale de l’Afrique Occidentale Française et le 7ème bataillon de tirailleurs sénégalais.

-Au Soudan français, on trouve le 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais ainsi que le 2ème bataillon de tirailleurs sénégalais qui est dissous le 30 septembre 1939.

-En Mauritanie est déployé le 1er bataillon de tirailleurs sénégalais

-Au Niger, le 3ème bataillon de tirailleurs sénégalais qui est cependant dissous dès le 30 septembre 1939

-En Guinée, le 4ème bataillon de tirailleurs sénégalais

-En Côte d’Ivoire, le 5ème bataillon de tirailleurs sénégalais

-En Haute Volta, on trouve le 6ème bataillon de tirailleurs sénégalais

-Au Dahomey, les 8ème et 9ème bataillons de tirailleurs sénégalais

-Océan Indien

-Sur la Côte Française des Somalis (CFS), on trouve le bataillon de tirailleurs sénégalais de la côte française des Somalis

-A Madagascar, les 1er et 2ème régiments de tirailleurs malgaches ainsi qu’un bataillon de mitrailleurs malgaches.

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm

La «Grande Ile» dispose également d’une section de chars FT et pour l’artillerie de deux groupes autonomes en l’occurence le Groupe autonome d’artillerie coloniale de Diego-Suarez et le Groupe autonome d’artillerie coloniale de l’Emyrne.
-Antilles, Indes Françaises et Pacifique

-Quatre compagnies mixtes d’infanterie coloniale : une à Fort de France, une à Camp Jacob à la Guadeloupe, une à Cayenne et une Papeete.

-Une compagnie de cipayes à Pondichery

-En ce qui concerne l’artillerie, nous trouvons à Fort de France une batterie mixte d’artillerie coloniale

-Evolution et situation en septembre 1948

-Afrique Equatoriale Française (AEF)

Au Congo et au Gabon, le bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Afrique Equatoriale Française reste en place en septembre 1948

Au Tchad, le régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, le bataillon de tirailleurs sénégalais de l’Oubangui-Chari, la Compagnie portée de Largeau et la section portée du Largeau restent en place sans autres changements qu’une amélioration de l’armement et de l’entrainement.

-Au Cameroun, on trouve le régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun qui comme les unités basées au Tchad bénéficie d’une amélioration de son armement et de sa mobilité en recevant des camions et des véhicules légers tout terrains à roues pour lui permettre d’opérer comme une véritable colonne mobile.

-Afrique Occidentale Française (AOF)

-Au Sénégal, les deux régiments mobiles de tirailleurs sénégalais (1er et 7ème sont maintenus) mais les autres unités sont dissoutes.

-Au Soudan français, on trouve toujours le 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais.

-En Mauritanie est toujours déployé le 1er bataillon de tirailleurs sénégalais

-Au Niger, le 2ème bataillon de tirailleurs sénégalais dissous au Sénégal en septembre 1939 est reconstitué en juin 1945 pour une fournir une force armée à cette région. Elle s’inspire du régiment de tirailleurs sénégalais du Cameroun et peut opérer comme une véritable colonne mobile

-En Guinée, est toujours déployé le 4ème bataillon de tirailleurs sénégalais

-En Côte d’Ivoire, le 5ème bataillon de tirailleurs sénégalais est toujours là

-En Haute Volta, on trouve le 6ème bataillon de tirailleurs sénégalais est toujours là

-Au Dahomey, les 8ème et 9ème bataillons de tirailleurs sénégalaissont amalgamés en un 2ème régiment mobile de tirailleurs sénégalais.

-Océan Indien

-Sur la Côte Française des Somalis (CFS), on trouve en septembre 1939 le bataillon de tirailleurs sénégalais de la côte française des Somalis qui devient courant 1944 le régiment de tirailleurs sénégalais à quatre bataillons

Les deux régiments de tirailleurs stationnés à Madgascar sont toujours là, leur armement est amélioré alors que Le bataillon de mitrailleurs devient un bataillon mixte d’infanterie malgache (BMIM) avec des mitrailleurs et des tirailleurs et rallie la Réunion.

Canon de 75mm modèle 1897 montés sur pneumatiques

Canon de 75mm modèle 1897 montés sur pneumatiques

La section de chars FT remplace en 1947 ses vénérables chars par des Renault R-35 nettement plus modernes. Quand à l’artillerie, les deux groupes autonomes sont toujours là avec des canons de 75mm modèle 1897 pour équipement.

-Antilles

-En Martinique, l’unique compagnie mixte d’infanterie coloniale devient un véritable régiment d’infanterie coloniale à deux bataillons de combat plus un troisième activé à la mobilisation, le 12ème régiment d’infanterie coloniale. Ce dernier est supporté par une batterie mixte d’artillerie coloniale équipée de canons de 75mm modèle 1897.

-En Guadeloupe, la compagnie mixte d’infanterie coloniale devient un bataillon d’infanterie coloniale toujours stationné à Camp Jacob et connu sous le nom de bataillon d’infanterie coloniale des Antilles (BICA).

-A Cayenne, se trouve d’abord une simple compagnie d’infanterie coloniale puis le bataillon de tirailleurs sénégalais de Guyane (BTSG) arrivé sur place en 1945.

Indes Françaises et Pacifique

-Une compagnie de cipayes à Pondichery

-Un bataillon d’infanterie coloniale du Pacifique à Papeete

-Un régiment d’infanterie coloniale du Pacifique, le 1er RICP à Nouméa

21-Armée de terre (12)

Régiments d’infanterie coloniale (R.I.C)

Les troupes dites coloniale regroupent plusieurs réalités. Nous venons de voir les régiments de tirailleurs qui appartiennent à la Coloniale. A part leur encadrement, ils sont formés d’indigènes qu’ils soient sénégalais (en réalité de toute l’Afrique Noire), algériens, marocains, tunisiens, malgaches ou indochinois.

L’autre versant de la Coloniale se sont les régiments coloniaux qui sont eux formés d’engagés métropolitains qui ne doivent eux pas être confondus avec les troupes de l’Armée d’Afrique comme les zouaves ou les chasseurs d’Afrique.

Les troupes coloniales ont pour origine les compagnies ordinaires de la mer créées par le cardinal de Richelieu pour fournir de l’infanterie aux navires de la marine royale et ainsi participer à l’arbordage des navires ennemis.

Surnomés marsouins (et bigors pour les artilleurs), les fantassins de la marine participe à la guerre franco-allemande de 1870 au sein de la Division Bleue. Ce conflit terminé, l’infanterie de marine participa aux conquêtes coloniales en Afrique et en Asie.

En 1872, on trouvait quatre régiments d’infanterie de marine en métropole, des régiments logiquement basés dans les bases de la Royale, le 1er étant stationné à Cherbourg, le 2ème à Brest, le 3ème à Rochefort et le 4ème à Toulon.

En 1890, les régiments de métropole se dédoublent, le 5ème et le 6ème RIM étant basés à Lyon, le 7ème à Bordeaux et le 8ème à Toulon. On trouve également quatre régiments en Indochine (9ème à Hanoï, le 10ème à Haïphong, le 11ème et le 12ème à Saïgon). De nouveaux régiments sont régulièrement créés pour faire face aux besoins de la conquête coloniale

Le 7 juillet 1900, une loi est promulguée faisant passer ces troupes dans le giron du Ministère de la Guerre, les Troupes de Marine prennent le nom de Troupes coloniales.

Placé sous l’autorité de la 8ème direction du ministère de la guerre (7 janvier 1901), les troupes coloniales sont cependant placées sous l’autorité du ministère des Colonies quand elles sont déployées dans l’Empire.

En 1902, le nombre de régiments d’infanterie coloniale passe à 24 régiments avant de bientôt retomber à vingt et un suite à des dissolutions.

Si les régiments dans l’Empire restent indépendants, les douze régiments d’infanterie coloniale stationnés en métropole forment trois divisons d’infanterie coloniale à deux brigades de deux régiments d’infanterie coloniale chacune, ses trois divisions formant un corps d’armée colonial.

Durant le premier conflit mondial, les troupes coloniales écrivent avec leur sang les plages les plus glorieuses notamment dans la boue des tranchées.

Avec le deuxième empire du monde derrière l’Empire britannique, les troupes coloniales sont plus que jamais nécessaires et comme avant le premier conflit mondial, elles sont à la fois stationnées en métropole et dans l’Empire. Ainsi en septembre 1939, la Coloniale affiche pour ces régiments d’infanterie le visage suivant :

-Le 1er régiment d’infanterie coloniale (1er RIC) stationné à Paris est intégré à la 3ème DIC

-Le 2ème régiment d’infanterie coloniale (2ème RIC) stationné à Brest est intégré à la 4ème DIC

-Le 3ème régiment d’infanterie coloniale (3ème RIC) stationné à Bordeaux est intégré à la 1ère DIC

-Le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc (R.I.C.M) stationné à Aix appartient lui à la 2ème DIC

-Le 9ème régiment d’infanterie coloniale est déployé en Indochine

-Le 11ème régiment d’infanterie coloniale est déployé en Indochine

-Le 16ème régiment d’infanterie coloniale est déployé en Chine

-Le 21ème régiment d’infanterie coloniale (21ème RIC) stationné à Paris appartient à la 3ème DIC

-Le 23ème régiment d’infanterie coloniale (23ème RIC) stationné à Paris appartient à la 3ème DIC.

-le bataillon autonome d’infanterie coloniale est stationné à Ouezzan au Maroc

-Le bataillon de marche d’infanterie coloniale stationné au Levant devient peu après la mobilisation le 24ème régiment de marche d’infanterie coloniale puis en 1944, le 24ème régiment d’infanterie coloniale. Il intégre ensuire la 191ème DIA qu’il forme avec le 12ème RTT (le 16ème RTT qui appartenait à la division à été dissous quand les DIA ont été reformés sur le mode DLI à deux RI.)

-Le bataillon d’infanterie coloniale de l’AOF est déployé au Sénégal

-103ème bataillon de marche d’infanterie coloniale stationné en Chine

-104ème bataillon de marche d’infanterie coloniale stationné en Chine

-108ème bataillon de marche d’infanterie coloniale stationné en Chine

-Le 10ème régiment mixte d’infanterie coloniale est stationné en Indochine

-Le19ème régiment mixte d’infanterie coloniale est stationné en Indochine

-Quatre compagnies mixtes d’infanterie coloniale basée à Fort de France, à Camp Jacob (Guadeloupe), à Cayenne et à Papeete.

La situation évolue entre septembre 1939 et septembre 1948. La compagnie mixte d’infanterie coloniale stationnée à Fort de France devient le 12ème régiment d’infanterie coloniale qui dispose de deux bataillons plus un troisième activé à la mobilisation.

La compagnie mixte stationnée à Camp Jacob en Guadeloupe devient un bataillon mixte d’infanterie coloniale.

La compagnie mixte stationnée à Cayenne en Guyane est complétée en 1945 par un bataillon de tirailleurs sénégalais de Guyane.

La compagnie mixte stationnée à Papeete devient un bataillon appelé le 1er bataillon d’infanterie coloniale du Pacifique.

-Un régiment d’infanterie coloniale du Pacifique est créé en septembre 1945 avec un recrutement chez les caldoches alors qu’un temps il fût prévu que le régiment soit mixte. Ce régiment reçoit en juin 1948 le n°1 pour prévoir la création éventuelle d’autres régiments de ce type.

A la mobilisation générale d’août 1948, trois nouvelles divisions d’infanterie coloniale sont mises sur pied, les 5ème, 6ème et 7ème DIC.

Trois nouveaux régiments d’infanterie coloniale sont ainsi créés, le 1er régiment d’infanterie coloniale donne naissance au 4ème RIC qui intègre la 5ème DIC en compagnie des 11ème et 21ème RTS, le 2ème RIC donne naissance au 5ème RIC qui intègre la 6ème DIC en compagnie des 19ème et 22ème RTS alors que le 3ème RIC donne naissance au 7ème RIC qui intègre la 7ème DIC en compagnie des 20ème et 25ème RTS.