22-Armée de terre : armement et matériel (88) ordre de bataille (22)

6ème Division Légère Mécanique

La création à Orange le 7 mars 1943 de la 6ème Division Légère Mécanique (6ème DLM) est marquée par deux premières.

La première nouveauté c’est que c’est la première DLM créée ex-nihilo sans partir d’une Division de Cavalerie existante.

La seconde nouveauté c’est qu’elle marque l’introduction d’une nouvelle organisation à deux brigades légères mécaniques autonomes, organisation sur laquelle les cinq premières DLM vont être réorganisées et que deux autres seront ultérieurement créées.

Enfin, on pourrait ajouter une troisième différence c’est que cette 6ème DLM sera la seule déployée dans le Sud du pays, en enfant perdu sous la direction du commandant de l’Armée des Alpes qui dispose là ainsi d’une capacité chars.

Sa mission peut être défensive notamment en cas d’attaque amphibie italienne (pour tourner les puissants ouvrages de la Ligne Maginot alpine) mais également offensive.

La 6ème Division Légère Mécanique est organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 2ème régiment de cuirassiers

Somua S-40

Somua S-40

-11ème Brigade Légère Mécanique avec un régiment de chars, le 4ème régiment de dragons et un régiment de dragons portés le 9ème RDP accompagnés et appuyés par le 11ème groupe de canons d’assaut, le 11ème escadron antichar porté, le 11ème escadron antiaérien porté et le 11ème groupe de reconnaissance.

-12ème Brigade Légère Mécanique avec un régiment de chars, le 11ème régiment de Chasseurs à cheval (RCch) et un régiment de dragons portés, le 10ème RDP accompagnés et appuyés par le 12ème groupe de canons d’assaut, le 12ème escadron antichar porté, le 12ème escadron antiaérien porté et le 12ème groupe de reconnaissance.

-70ème Régiment d’Artillerie de Division Légère Mécanique (70ème RADLM)

-Le 6ème bataillon du génie avec trois compagnies de sapeurs mineurs portés et une compagnie d’ouvriers de pont.

-Deux compagnies de transmission (une compagnie téléphonique et une compagnie télégraphiste)

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un escadron de réparations divisionnaire, le 17ème ERD rattaché administrativement au 4ème dragons.

Commandement des Forces de Défense de la Corse (CFDC)

Ce commandement installé à Ajaccio à été créé officiellement le 17 mars 1942. Le titulaire de ce poste est un général de corps d’armée qui en temps de paix fait office de gouverneur militaire pour la Corse bien que l’île de Beauté ne soit pas à proprement à parler une région militaire, la Corse dépendant de la 9ème région militaire de Marseille.

En temps de paix, sa mission principale de commander les travaux, de préparer la future mobilisation et en temps de guerre, de commander les troupes chargées de la défense de la Corse.

En raison du relief, la défense est décentralisée avec un Secteur Nord et un Secteur Sud, chaque secteur étant armé par un régiment d’infanterie :

-Le Secteur Nord est armé par le 373ème régiment d’infanterie alpine appelé également la 373ème demi-brigade d’infanterie alpine (373ème DBIA) qui aligne pas moins de sept bataillons associé à des équipages d’ouvrages. Il bénéficie également du soutien du 3ème régiment de mitrailleurs.

-Le Secteur Sud est armé par le 173ème régiment d’infanterie alpine (173ème RIA) qui à la mobilisation devient la 173ème Demi-Brigade d’Infanterie Alpine avec pas moins de six bataillons, les trois bataillons du temps de paix se dédoublant. Ils sont associés à des équipages d’ouvrages. Il bénéficie du soutien du 5ème régiment de mitrailleurs.

En ce qui concerne l’artillerie, le 92ème Régiment d’Artillerie de Montagne (92ème RAM) issu du Groupement Autonome d’Artillerie de Corse (GAAC) dont les moyens étaient fournis par le 2ème Régiment d’Artillerie Coloniale.

Il dispose de deux groupes de 75mm (1er à Bastia et 2ème à Bonifaccio) et deux équipés de canons de 155C (3ème à Ajaccio et 4ème à Porto-Vecchio) ce qui permet d’armer les Secteurs Nord et Sud de deux groupes soit six batteries et vingt-quatre canons.
A la mobilisation en septembre 1948, l’artillerie en Corse est renforcée avec le 363ème Régiment d’Artillerie Lourde Portée qui dispose de deux groupes de 155L équipé d’un total de vingt-quatre canons de 155mm GPF-T. Il est basé à Ajaccio et maintenu comme régiment de réserve à la différence du 92ème RAM.

En ce qui concerne la cavalerie, le 43ème Escadron de Mitrailleuses et d’Engins du 10ème régiment de dragons activé en 1939 et dissous à la démobilisation n’est pas reconstitué et la composante cavalerie du CFDC est composé de deux unités :

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40, monture du 30ème BCC

-Le 30ème Bataillon de Chars de Combat (30ème BCC) équipé de 45 Renault R-40  toujours en service en septembre 1948. Il est stationné à Bastia

-Le Groupement Motorisé de Corse (GMC) est une unité équivalente aux GRDI avec  douze chars légers Hotchkiss H-39 et huit automitrailleuses de découverte Panhard AMD  178 à canon de 25mm. Il est stationné à Ajaccio.

On trouve également des unités de génie et des transmissions, de l’intendance et du service de santé ainsi qu’un régiment de pionniers de Corse chargé de travaux d’aménagement et de fortifications.

Suite au déclenchement du second conflit mondial, la défense de la Corse en première ligne face à l’Italie est nettement renforcée avec l’envoi de la 3ème Division Marocaine (2ème régiment de tirailleurs marocains et 21ème régiment de zouaves) et de la 27ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins (87ème, 91ème et 95ème BCA), prémices à l’envoi éventuel du reste de la 17ème DI sans parler de l’envoi d’autres divisions si l’île devait être attaquée où servir de base un assaut contre la Sardaigne où l’Italie péninsulaire.

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21-Armée de terre (73)

Les groupes de canons d’assaut

Une longue génèse

La stabilisation du front sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse fit entrer le premier conflit mondial dans la boue des tranchées. A l’horreur des charges suicidaires en pleine campagne succéda l’horreur de la boue, des poux, des charges meurtrières à travers les barbelés sans parler des gaz de combat.

Dès 1915, on chercha à percer ce front notamment du côté allié. Les couteuses offensives françaises en Artois, en Champagne et sur le Chemin des Dames, anglaises sur la Somme et allemandes à Verdun balayèrent les illusions des bélligérants sur la possibilité de rompre d’un seul coup le front.

Se posait ensuite la question de l’exploitation de la percée. La cavalerie espéra retrouvera un rôle majeur mais le terrain bouleversé des tranchées rendait illusoire l’exploitation. C’est alors qu’apparu le char d’assaut avec le succès que l’on sait.

Dès le début se pose la question de l’appui des chars par l’artillerie. Les pièces fixes installées loin à l’arrière vont vite être hors de portée. D’où l’idée de créer une artillerie mobile. Deux écoles s’affrontent : l’une préconise l’utilisation de tracteurs caterpillars pour remorquer les pièces en terrain difficile, l’autre d’utiliser des éléments mécaniques du Renault FT pour créer de véritables canons d’assaut.

Cette deuxième école connu une réalisation très partielle avec le Renault FT muni d’un canon de 75mm qui assurait l’appui aux sections de chars équipées de mitrailleuses et de canons de 37mm, les projets d’embarquer un canon de 75 ou de 105mm monté sur un chassis de Renault FT ne dépassa le stade du prototype.

Les essais sont arrêtés en 1924 mais l’idée ressurgit en 1932 sous la forme d’un char de protection destiné à appuyer le char D1, projet qui ne débouche sur aucune réalisation concrète car le char B1 à  échappé aux fourches caudines des conférences du désarmement.

Deux écoles vont s’opposer, celle de l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie, les besoins des deux armes ne se recoupant pas forcément, la cavalerie privilégiant comme toujours la vitesse alors que pour l’infanterie, la protection est une donnée nettement plus fondamentale.

Contrairement à une idée reçue, les années trente sont fertiles en recherches techniques et tactiques de toute sorte. Hélas les budgets ne suivent pas (tout comme l’industrialisation si elle avait eut lieu) et les projets inachevés s’accumulent comme l’autocanon de cavalerie Garnier-Renault ou l’autocanon Renault ACG-2.
Sous l’impulsion du général Weygand qui avait créé la Section Technique des Matériels Automobiles de Combat (STMAC),l’infanterie et la cavalerie s’influencent mutuellement, l’infanterie étudiant un temps l’adoption du Somua S-35, Somua proposa un dérivé de l’AMC pour le programme du char de 20 tonnes (qui allait aboutir ultérieurement au Renault G1), le projet de Somua donnant naissance au Sau40.

Le canon d'assaut ARL V-39

Le canon d’assaut ARL V-39

Il faut en fait attendre la fin des années trente pour qu’apparaisse donc le canon d’assaut à la française sous la forme du Somua Sau40 et de l’ARL V-39, ce dernier étant dérivé du BDR, un candidat au programme qui allait donné naissance au Renault G1, deux véhicules partageant la même bouche à feu en l’occurence le canon de 75mm APX de 30 calibres, le premier devant équiper les DLM, le second les Divisions Cuirassées.

Il est dans un premier temps prévu un groupe de canons d’assaut par DLM puis deux, les Divisions Cuirassés suivant le même parcours.

Suite à la réorganisation des divisions mécanisées de l’armée de terre, les deux groupes de canons d’assaut intègrent les brigades légères mécaniques et les brigades cuirassées, chaque brigade disposant de son groupe de canons d’assaut.

La mise en service des Renault G1 et des ARL-44 à canon de 75 et de 90mm aurait du avoir raison des canons d’assaut mais ces véhicules sont maintenus en service pour assurer l’appui rapproché des dragons portés.

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un Sau40 ou un ARL V-39 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces.

A ces treize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L, deux motos de liaison  Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 81 hommes

Les groupes de canons d’assaut prennent comme numéro celui de leurs brigades. Les DLM ayant la primauté de l’ancienneté, elles reçoivent les premiers numéros, les DC les suivant immédiatement.

Somua Sau 40

Somua Sau 40

-La 1ère DLM dispose ainsi des 1er et 2ème groupes de canons d’assaut

-La 2ème DLM dispose des 3ème et 4ème groupes de canons d’assaut

-La 3ème DLM dispose des 5ème et 6ème groupes de canons d’assaut

-La 4ème DLM dispose des 7ème et 8ème groupes de canons d’assaut

-La 5ème DLM dispose des 9ème et 10ème groupes de canons d’assaut

-La 6ème DLM dispose des 11ème et 12ème groupes de canons d’assaut

-La 7ème DLM dispose des 13ème 14ème groupes de canons d’assaut

-La 8ème DLM dispose des 15ème et 16ème groupes de canons d’assaut.

-La 1ère Division Cuirassée dispose des 17ème et 19ème groupes de canons d’assaut.

-La 2ème Division Cuirassée dispose des 18ème et 20ème groupes de canons d’assaut.
-La 3ème Division Cuirassée dispose des 21ème et 23ème groupes de canons d’assaut.

-La 4ème Division Cuirassée dispose des 22ème et 24ème groupes de canons d’assaut.

-La 5ème Division Cuirassée dispose des 25ème et 27ème groupes de canons d’assaut.

-La 6ème Division Cuirassée dispose des 26ème et 28ème groupes de canons d’assaut.

En septembre 1948, il existe donc vingt-six groupes de canons d’assaut alignant un total de 338 canons d’assaut (26 véhicules de commandement et 312 canons d’assaut stricto sensu) avec répartition égale entre le Somua Sau40 et l’ARL V-39.