Le Conflit (112) Europe Occidentale (78)

Opération AVALANCHE (18 juin 1951) : Ordre de Bataille

Ordre de Bataille allemand (1) : Heer et Waffen S.S

En guise d’avant-propos

Depuis un an à l’est la majeure partie des forces allemandes est engagée dans la titanesque opération BARBAROSSA. Au mépris du bon sens militaire, l’armée allemande est écartelée sur trois fronts : ouest, est et balkanique. En dépit d’une mobilisation totale des forces disponibles, on se demande si l’Allemagne va tenir longtemps.

A l’ouest le nombre d’unités à diminué sur le plan quantitatif et qualitatif. Si les unités montant la garde à l’ouest ne sont pas toutes des unités de seconde zone force est de reconnaître que l’élite de la Heer et de la Waffen S.S se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de là dans les steppes russes.

Pour compenser cette diminution comme nous l’avons vu on à augmenté la puissance de feu des unités au maximum (au risque de provoquer une sorte de thrombose) et surtout on à transformé la France occupée en une forteresse géante.

Outre les différentes lignes fortifiées que nous connaissons ( ALARIC, ATTILA, LOTHAR,WOLFGANG, GOTHIC et WAGNER), le moindre village à été transformé en «forteresse» avec des blockhaus et des tranchées. Reste à savoir si cette surfortification ne va provoquer plus de problèmes qu’autre chose car une défense trop statique n’est pas la bonne solution mais les allemands pouvaient-ils faire autrement that is the question….. .

L’essentiel des unités d’infanterie sont allemandes et dépendent de la Heer mais quelques unités de la Waffen S.S sont là tout comme des unités de «l’ordre noir» de recrutement étranger notamment hongrois même si les allemands ne se font pas vraiment d’illusion sur leur motivation et leurs capacités militaires.

Aux côtés des InfanterieDivision, on trouve quelques PanzerDivision et surtout des bataillons de chasseurs de chars et de canons d’assaut qui succèdent aux Motorisierte Selbsthilfegruppe (Groupes de Soutien Motorisés) qui étaient jugés intéressants en phase de défense armée mais moins intéressants alors que le temps séparant l’offensive générale des alliés du jour présent diminue un peu plus chaque jour.

Les unités du génie sont toujours là davantage pour détruire que pour construire. En ce qui concerne l’artillerie, on trouve toujours des unités d’artillerie lourde et de lance-roquettes multiples pour tenter d’écraser les alliés et toujours compenser l’infériorité numérique évidente.

Sur le plan des structures de commandement, le dispositif allié est réorganisé avec un Commandement du Front Ouest qui contrairement à son prédécesseur n’à qu’une fonction de coordination entre les deux Heeresgruppe.

Là aussi changement, exit Heeresgruppe Normandie et Burgund et place aux Heeresgruppe D et Heeresgruppe F (les Heeresgruppe A, B et C sont forts occupés en URSS, le Heeresgruppe E dans les Balkans), un choix visiblement dicté par des impératifs de propagande.

Chaque Heeresgruppe possède plusieurs armées mais aussi des unités en réserve d’armée pour conserver une sorte de «masse critique» pour faire face à un probable imprévu.

-Kommando WestFront

Ces installations sont installées du côté de Reims.

Il comprend une partie en surface mais l’essentiel est souterrain pour des raisons évidentes de sécurité avec des installations de commandement, de transmission, de repos et de soins, le tout soigneusement protégé par des blockhaus armés de canons et de mitrailleuses afin d’éviter un raid commando. Bien entendu la Flak n’est pas oubliée.

Heeresgruppe D (ex-Heeresgruppe Normandie)

-Un Etat-Major : initialement installé à Dieppe puis replié à Amiens car le port normand était bien trop exposé.

-Réserve de Groupe d’Armées : 1. S.S Fallschirmjäger Division (1ère Division Parachutiste S.S), 1. Spezielle Waffen Division (1ère Division d’Armes Spéciales _lance-roquettes multiples et missiles sol-sol plus impressionants que réellement efficaces), 1.Heeresgruppe Schwere Artillerie (canons de 170 et mortiers de 210mm) et 1. Flak Division (1ère Division Antiaérienne)

-16.Armee

-Un Etat-Major

-Réserve d’armée

601ème Bataillon de canons d’assaut (Stug IV), 220ème Bataillon de Panzer (Panzer IV Ausf G) et 15.S.S Grenadier Division (Ungarische n°1) et 1. Pioniere Brigade (1ère Brigade de Pionniers

-7.ArmeeKorps (7.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 105 et de 150mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-262.InfanterieDivision

-6.InfanterieDivision

-352.InfanterieDivision

5.ArmeeKorps (5.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 105 et de 150mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-26.InfanterieDivision

-268.InfanterieDivision

-9.ArmeeKorps (9.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-9.InfanterieDivision

-16.InfanterieDivision

-59.InfanterieDivision

-1.PanzerKorps (1.PzK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Un régiment d’artillerie lourde

-Un bataillon du génie

-Un bataillon de reconnaissance motorisée

-2.PanzerDivision (2.PzD) : Panzer V Panther Ausf G et Panzer VI Tiger Ausf D

-13.PanzerDivision (13.PzD) Panzer IV Ausf H et Panzer V Panther Ausf G

-12.Armee

-Un Etat-Major d’armée

-Réserve d’armée :

602ème Bataillon de canons d’assaut (Stug III), 221ème Bataillon de Panzer (Panzer IV Ausf G), 11. S.S Division «Frunsberg» 2. Flak-Artillerie Brigade et 2. Pioniere Brigade (2ème Brigade de Pionniers)

-13.ArmeeKorps (13.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 105mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-41.InfanterieDivision

-45.InfanterieDivision

-357.InfanterieDivision

-14.ArmeeKorps (14.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 152mm russes aléasés pour tirer des obus de 150mm allemands), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers de reconnaissance)

-49.InfanterieDivision (49.ID)

-271.InfanterieDivision (271.ID)

-Heeresgruppe F (ex-Heeresgruppe Burgund)

Ce Groupe d’Armées F couvre la Poche de Paris (qu’à plusieurs reprises les allemands ont envisagé de réduire à la fois pour simplifier l’architecture générale du front mais aussi pour des questions de propagande) et surtout la partie orientale du front occidental jusqu’à la frontière suisse.

L’Etat-Major à d’abord été installé à Besançon mais après plusieurs raids commandos, les installations de l’ancien Groupe d’Armées Bourgogne (NdA au passage il y à une certaine ironie à voir que les allemands ont repris un temps comme dénomination les termes du dispositif française de Réserve Stratégique, le dispositif NorBourg «Normandie-Bourgogne») il à été déménagé près d’Epinal.

-Réserve de Groupe d’Armées : 5.Fallschirmjäger Division (5ème Division de Chasseurs Parachutistes), 2. Spezielle Waffen Division (2ème Division d’Armes Spéciales _lance-roquettes multiples et missiles sol-sol plus impressionants que réellement efficaces), 2.Heeresgruppe Schwere Artillerie (canons de 170 et mortiers de 210mm), 3.Heeresgruppe Schwere Artillerie (mortiers de 210mm et canons de 240mm) et 2. Flak Division (1ère Division Antiaérienne)

-25.ArmeeKorps (25.AK)

NdA Corps d’Armée indépendant qui assure la surveillance de la Poche de Paris. En cas d’offensive alliée à l’ouest ou à l’est, il doit fixer le maximum de troupes avant se replier.

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-6 S.S Infanterie Division

-273.InfanterieDivision (273.ID)

-8.Armee

-Un Etat-Major d’armée

-Réserve d’armée :

603ème Bataillon de canons d’assaut (Stug III), 222ème Bataillon de Panzer (Panzer IV Ausf G),3ème Division de Chasseurs, 3. Flak-Artillerie Brigade et 3. Pioniere Brigade (3ème Brigade de Pionniers)

-23.ArmeeKorps (23.AK) :

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers de reconnaissance)

-64.InfanterieDivision

-66.InfanterieDivision

-354.InfanterieDivision

-3.ArmeeKorps (3.AK) :

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 105mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-72.InfanterieDivision

-275.InfanterieDivision

-4.PanzerKorps (4.PzK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Un régiment d’artillerie lourde

-Un bataillon du génie

-Un bataillon de reconnaissance motorisée

-8.PanzerDivision (8.PzD) : elle comprend deux régiments de chars moyens Panzer V Panther et un régiment de chars lourds disposant de deux bataillons de Panzer VI Tiger et un bataillon de chars moyens Panzer IV Ausf H.

-10.PanzerDivision (10.PzD) : elle comprend deux régiments de chars moyens Panzer V Panther et un régiment de chars lourds disposant de deux bataillons de Panzer VI Tiger et un bataillon de chars moyens Panzer IV Ausf H.

-7.Armee

-Un Etat-Major d’armée

-Réserve d’armée :

604ème Bataillon de canons d’assaut (Stug IV), 225ème Bataillon de Panzer (Panzer IV Ausf G),17 S.S Grenadier Division (Galician n°1), 4. Flak-Artillerie Brigade et 4. Pioniere Brigade (4ème Brigade de Pionniers)

-15.ArmeeKorps (15.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers de reconnaissance)

-34.InfanterieDivision

-36.InfanterieDivision

-16.ArmeeKorps (16.AK)

-Un Etat-Major de corps d’armée

-Unités dépendant directement du corps d’armée : un régiment d’artillerie lourde (canons de 105mm), un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), un bataillon du génie et un bataillon de reconnaissance motorisé (autos blindées et chars légers)

-40.InfanterieDivision

-44.InfanterieDivision

-50.InfanterieDivision

Le Conflit (65) Europe Occidentale (31)

La Campagne de Belgique (4) : D’une ville à l’autre mais jusqu’à quand ?

Le 19 mai 1949 le haut-commandement belge ordonne aux unités encore engagées sur la frontière de se replier sur la ligne KW où les troupes françaises et anglaises les attendent pour affronter des troupes allemandes qui sont déjà passablement fatiguées.

La place Forte de Liège tiens encore et reçoit l’ordre de tenir le plus longtemps possible avant de déposer les armes. On pense que les vieilles forteresses liégeoises vont tenir jusqu’au 21 mais mais en réalité la position va tenir jusqu’au 25 mai ! Pas étonnant que les allemands aient rendu les honneurs militaires aux survivants d’un siège de quinze jours.

Devant réduire la place forte de Liège, les allemands entre le 19 et le 23 mai 1949 se sont montrés assez timides se contentant de tater le dispositif allié avec des reconnaissances, des coups de main, le tout couvert par l’artillerie et l’aviation. De son côté les alliés ripostent avec les mêmes moyens.

Le 23 mai 1949 les allemands décident d’en finir avec Liège. Un ultime assaut est mené le 24 mai par la 47.InfanterieDivision appuyée par l’aviation, l’artillerie et un détachement blindé fournit par la 11.PanzerDivision qui finit par l’emporter. Les belges acceptent de se rendre en échange des honneurs militaires. Les allemands acceptent et donc la place forte de Liège se rend le 25 mai dans la matinée.

Les allemands ont réorganisé leur dispositif pour reprendre leur avancée même si la 18ème Armée est encore bloquée par les ultimes combats de la Campagne des Pays-Bas. 

Les alliés ont fait de même notamment les belges qui ont perdu des effectifs importants, certaines divisions littéralement exsangues étant dissoutes pour remplumer les divisions disposant encore d’une certaine capacité de combat.

Au moment où la phase dite intérieure de la Campagne de Belgique (1949) va commencer il semble capital de rappeler l’organisation du dispositif allié le long de la ligne KW.

Avant de le détailler, il faut rappeler l’état de l’armée belge qui à particulièrement souffert des premiers combats, subissant le choc initial avant que les alliés n’interviennent en force dans les plaines belges.

Sur les vingt-deux divisions disponibles le 10 mai 1949, il ne reste plus le 25 mai 1949 que neuf divisions :

-Les 2ème et 7ème DI ont fusionné pour former une Division Belge de Marche au sein du 1er Corps d’Armée franco-belge.

-12ème DI

-5ème DI 

-6ème DI

-13ème DI

-14ème DI

-18ème DI

-Division de Marche de Cavalerie

-1ère Division de Chasseurs Ardennais.

Comme vous pouvez le constater un certain nombre de divisions belges ont été détruites, d’autres dissoutes pour remplumer des divisions moins entamées.

C’est ainsi que la 3ème DI à été totalement détruite tout comme la 4ème, la 9ème, la 11ème, la 16ème et la 17ème, la 18ème. Les survivants de ces divisions ont été expédiés à l’arrière du front, les plus combatifs étant affectés aux divisions restantes, les autres plus ou moins blessés retrouvant la France avec des recrues pour former les nouvelles divisions avec lesquelles Bruxelles compte bien participer à la future contre-offensive.

D’autres divisions ont été dissoutes pour remplumer les divisions survivantes. C’est par exemple le cas de la 15ème DI dont la dissolution à permis de regonfler les effectifs de la 12ème DI, de la 10ème DI dont la dissolution permet de renforcer la 5ème DI. alors que les chasseurs ardennais repliés en France ont maintenu une seule division, la 1ère division de chasseurs ardennais.

Le dispositif allié devait être à l’origine simple avec les belges au nord, les français et les anglais plus au sud mais pour conserver un front solide le général Villeneuve décide d’insérer les unités belges entre des unités françaises et britanniques. Pour faire passer la pillule d’une éventuelle défiance, les divisions belges restent au sein de corps d’armée belge.

C’est ainsi que la 5ème et la 12ème DI forment un 2ème Corps d’Armée, la 6ème et la 13ème DI forment un 3ème Corps d’Armée, la 14ème et la 18ème DI un 4ème Corps d’Armée, la Division de Marche de Cavalerie étant placée en réserve stratégique (sic).

Quand les allemands repassent à l’offensive, les alliés ont disposé leurs forces de la manière suivante du nord au sud.

NdA pour éviter d’alourdir le récit je vais uniquement parler des unités de première ligne, renvoyant aux passages ci-dessus pour le détail de l’organisation des différentes armées et des différents corps d’armée.

-1er Corps d’Armée franco-belge : couvrant la ville d’Anvers et devant en théorie tendre la main aux ultimes unités néerlandaises qui résistaient encore dans le sud du pays.

Commandé par les belges malgré son nom, Il comprend la 1ère division d’infanterie belge, la Division Belge de Marche issue de la fusion des 2ème et 7ème DI et la 68ème DI française qui à retrouvé son 59ème GRDI qui constitue le «poing blindé» du corps d’armée.

-1er Corps d’Armée (FRA) : placé sous les ordres de la 7ème Armée, il comprend la 25ème DIM et la 4ème DI, la 21ème DI étant placée en réserve d’armée mais son engagement va être probablement très rapide.

-18ème Corps d’Armée (FRA) : lui aussi placé sous les ordres de la 7ème Armée, il comprend la 9ème DIM et la 60ème DI.

-2ème Corps d’Armée (BEL) : 5ème et 12ème DI

-1st British Corps : (1st Infantry Division, 1st Canadian Infantry Division, 44th Home Counties Division)

-2nd British Corps : (2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 48th «South Middland»)

-3rd British Corps : (4th Infantry Division 6th Infantry Division 50th Northumberland Division)

-1st British Armoured Corps : (1st Armoured Division [UK] et 2nd British Armoured Division [UK]) placée en réserve stratégique

-2ème Corps d’Armée (FRA) : dépendant de la 1ère Armée il comprend la 1ère DIM et la 2ème DINA

-19ème Corps d’Armée (FRA) : dépendant de la 1ère Armée il comprend la 15ème DIM et la 1ère Division Marocaine)

-20ème Corps d’Armée (FRA) : dépendant de la 1ère armée, il est d’ailleurs placé en réserve d’armée avec la 12ème DIM et la 5ème DINA.

-3ème Corps d’Armée (BEL) : 6ème et 13ème DI

-4ème Corps d’Armée (BEL) : 14ème et 18ème DI

-La Division de Cavalerie de Marche est placée en réserve stratégique

Le dispositif allié se poursuit comme on l’à vu en France avec la 9ème Armée qui à replié ses éléments engagés dans les Ardennes sur la frontière franco-belge, attendant les allemands de pied ferme avec la 2ème Armée.

De leur côté les allemands ont aussi réorganisé leur dispositif en mettant en ligne des divisions levées quelques moins plus tôt et qui sont montés en puissance en attendant de relever les unité ayant mené le premier assaut.

Pour des raisons de compréhension je vais également parler de la 18.Armee engagée aux Pays-Bas et qui ne va pénétrer en Belgique que le 1er juin 1949. Cela nous donne le panorama suivant :

Heeresgruppe A :

18.Armee

-La 18ème armée dispose toujours de la 1. Pionere-Brigade (1ère brigade de pionniers), d’une Flak-Brigade (canons de 20, 37 et 88mm) et d’un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung).

-1. ArmeeKorps : maintenu aux Pays-Bas pour défendre le pays au cas où les alliés débarqueraient au pays. Il comprend un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée (36 pièces de 150mm en théorie, 32 en réalité), un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung) disposant d’autos blindées 8×8 et de chars légers de reconnaissance Panzer II Ausf L.

Ce corps d’armée comprend les 1.InfanterieDivision et 32.InfanterieDivision, la 2. InfanterieDivision étant mise au repos et considérée comme non-opérationnelle pour un temps.

-4.ArmeeKorps (4.AK) : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée disposant de 36 canons de 150mm, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung) disposant d’autos blindées 8×8 et de chars légers de reconnaissance Panzer II Ausf L.

Ce corps d’armée comprend la 7. LeichteDivision et la 10.InfanterieDivision associées à la 261.InfanterieDivision qui remplace la 28.InfanterieDivision elle aussi mise au repos.

-5.ArmeeKorps : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée disposant de 36 canons de 150mm, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung) disposant d’autos blindées 8×8 et de chars légers de reconnaissance Panzer II Ausf L.

Ce corps d’armée comprend la 6.InfanterieDivision, la 26.InfanterieDivision et la 263.InfanterieDivision. La 5. Fliegerdivision est mis au repos pour reconstitution et préparation d’un futur engagement.

-1. PanzerKorps : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée disposant de 36 canons de 150mm, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung) disposant d’autos blindées 8×8 et de chars légers de reconnaissance Panzer II Ausf L.

Les trois divisions blindées sont toujours là ayant moins souffert que les unités d’infanterie toujours en première ligne. Les 2. 6. et 7. Panzerdivisionen se préparent à opérer en Belgique en soutien de leurs homologues déjà engagées depuis le 10 mai.

5.Armee

Réserve d’armées : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung) et la 264. InfanterieDivision

-6. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-12ème division d’infanterie (12.ID InfanterieDivision)

-13ème division d’infanterie (13.ID InfanterieDivision)

-1. S.S Division «Leibstandarte Adolf Hitler»

-7. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-30ème division d’infanterie (30. InfanterieDivision)

-2. S.S Division «Deutschland»

262.InfanterieDivision

-27.InfanterieDivision mise au repos

12.Armee

-Réserve d’armée : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung)

1.S.S ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-4. S.S Division «Der Fuhrer»

-1. S.S Panzerdivision

-18. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-51. InfanterieDivision

-53. InfanterieDivision

-55. InfanterieDivision mise au repos remplacée par la 266.ID

-19. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-57.InfanterieDivision

-59. InfanterieDivision

-61. InfanterieDivision mise au repos remplacée par la 268.ID

HeeresGruppe B

4.Armee

-Réserve d’armée : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 265. et 267 InfanterieDivision.

-9. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-15.InfanterieDivision

-17.InfanterieDivision

-19.InfanterieDivision

-11. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-16.InfanterieDivision

-18.InfanterieDivision

-29.InfanterieDivision

-3. Panzerkorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-4ème division blindée (4. Panzerdivision) (Panzer V Panther + un bataillon de chars Tigre)

-9ème division blindée (9. Panzerdivision) (Panzer III et IV + un bataillon de chars Tigre)

-11ème division blindée (11. Panzerdivision) (Panzer III et IV + bataillon de chars Tigre)

6.Armee

-Réserve d’armée : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 269. et 271 InfanterieDivision.


-12. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-33. InfanterieDivision)

-37. InfanterieDivision mise au repos et remplacée par la 269.ID

-3ème division S.S «Germania»

-13.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-39. InfanterieDivision

-41. InfanterieDivision

-43. InfanterieDivision

-14. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-45. InfanterieDivision)

-47. InfanterieDivision

-49. InfanterieDivision mise au repos et remplacée par la 271.ID

8.Armee

-Réserve d’Armées : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 270. et 272 InfanterieDivision.

20.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-63. InfanterieDivision

-65. InfanterieDivision

-67. InfanterieDivision mise au repos et remplacée par la 270.ID

21.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-54. InfanterieDivision

-56. InfanterieDivision

-5ème division S.S «Totenkopf» mise au repos et remplacée par la 272.InfanterieDivision

22.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-58. InfanterieDivision

-60. InfanterieDivision

-62. InfanterieDivision

HeeresGruppe C

1.Armee

-Réserve d’Armée : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 273. et 275 InfanterieDivision.

-23. ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-64. InfanterieDivision

-6ème division S.S «S.S Polizei»

-66. InfanterieDivision

-2.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-68.InfanterieDivision

-11ème division blindée S.S «Hitler Jugend» (11.PanzerDivision S.S «Hitler Jugend») (Panzer IV)

-69. InfanterieDivision

-3.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-7. S.S Division «Das Reich»

-70. InfanterieDivision

-72. InfanterieDivision

7.Armee

-Réserve d’Armée : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 274. et 276 InfanterieDivision.

-15.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-34. InfanterieDivision

-36. InfanterieDivision

-38. InfanterieDivision

-16.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-40. InfanterieDivision

-42. InfanterieDivision

-44. InfanterieDivision

-17.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-46. InfanterieDivision

-48. InfanterieDivision

-50. InfanterieDivision

9.Armee

-Réserve d’Armées : une Flak-Brigade, un bataillon de lance-roquettes multiples (Wurfgranate Abteilung), deux divisions d’infanterie en cours de montée en puissance, les 277. et 278 InfanterieDivision.

-4.Panzerkorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-8ème division blindée (8. Panzerdivision) (Panzer V Panther + un bataillon de chars lourds Tigre)

-10ème division blindée (10. Panzerdivision) (Panzer III et IV + deux bataillons de chars lourds Tigre)

-8ème division S.S «Nordland»

-8.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-71. InfanterieDivision

-73. InfanterieDivision

-75. InfanterieDivision

-10.ArmeeKorps : Unités d’appui et de soutien : un régiment d’artillerie lourde de corps d’armée, un bataillon du génie, un bataillon de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance de corps d’armée (Aufklärung Abteilung)

-72. InfanterieDivision

-74. InfanterieDivision

-76. InfanterieDivision

La chute de Liège libère des troupes et des moyens d’appui permettant aux allemands de jeter tout leur poids dans la balance.

Le 30 mai 1949 la ville de Genk dans le Limbourg tombe après une résistance héroïque qui hélas à laissé moins de traces historiques et historiographiques que la chute de Liège. La ville est détruite à 95 % et la reconstruction prendra dix ans (1954-1964) !

Deux jours plus tard le 1er juin 1949 la 18.Armee libérée par la fin des combats aux Pays-Bas (moins un corps d’armée destiné à occuper et défendre feu les Provinces Unies) est engagée en Belgique avec pour objectif la ville et le port d’Anvers défendu par le 1er Corps d’Armée Franco-Belge.

Les combats sont extrêmement violents entre franco-belges et allemands. La ville est assez endommagée mais le port va être littéralement ravagé par les bombardements et les sabotages.

Les alliés découvrent l’horreur de la guerre en milieu urbain, une guerre appelée ratkrieg (guerre des rats) par les allemands.

Le grand port flamand tombe dans la soirée du 3 juin 1949. Les installations portuaires sont ravagées rendant improbable leur réutilisation à court terme si jamais bien entendu les allemands en avait l’intention. Les troupes alliées parviennent à évacuer vers la Grande-Bretagne même si une bonne partie du matériel motorisé doit être laissé sur place faute de navires capables de les récupérer.

Le lendemain 4 juin 1949 le gouvernement prend la décision de se replier sur Ostende alors que les troupes allemandes s’approchent de la capitale belge. Après quelques hésitations, Léopold III décide de rester à Bruxelles pour partager les souffrances de son peuple.

Bruxelles tombe le 6 juin 1949 après de violents combats, les alliés n’ayant pas laissé leur part aux chiens. Les allemands sont cependant trop nombreux pour permettre aux alliés de tenir. Certes la France aurait pu engager sa réserve stratégique mais le général Villeneuve refuse pour «ne pas mettre ses œufs dans le même panier» ce qui aurait froissé certains politiciens belges qui estimaient que leur pays était sacrifié par son grand voisin méridional.

Informé de ces bruits le «Général Tornade» aurait dit à ses proches «Si ces bons messieurs veulent se battre je peux leur fournir un uniforme, un casque et un fusil et on verra si ils sont meilleurs que nos soldats qui sont morts sur le sol belge».

Ces petites tensions au niveau politico-militaire disparaissent quasiment au niveau opérationnel où une vraie fraternité d’armes est née entre soldats belges, français et britanniques.

Les alliés résistent le plus longtemps possible pour couvrir les destructions destinés à géner les allemands dans leur avancée. Le repli se fait en bon ordre, l’infanterie décrochant couvert par le 2ème Corps de Cavalerie (3ème et 7ème DLM), par le 1er Corps Blindé britannique et par la Division de Marche de Cavalerie belge même les moyens de cette division «pétrole-picotin» sont plus limités que ceux de ses consoeurs alliées.

Après la chute d’Anvers les allemands auraient pu continuer vers le sud, longer la côte, remporter une nouvelle course à la mer et ainsi isoler une partie des forces alliées qui auraient été pris entre deux feux.

Au grand soulagement des alliés les allemands décident de basculer le centre de gravité de leur offensive vers le sud pour sécuriser la frontière et empêcher par exemple les alliés de contre-attaquer depuis le nord de la France.

Cela montre ici les limites de la machine de guerre allemande que la propagande présentait comme implacable : la logistique grande sacrifiée de la pensée militaire d’outre-Rhin est incapable de fournir suffisamment de carburant, d’armes, de munitions, de vivres, est incapable de réparer suffisamment de véhicules, d’évacuer rapidement les blessés pour permettre aux deux Heeresgruppe d’attaquer en même temps.

Il faut dire que les alliés tout en combattant ont saboté avec soin ponts, routes, voies de chemin de fer, transformant certains coins de Belgique en désert. Certes ce n’était pas aussi dévasté que plus tard l’URSS mais c’était quelque chose d’assez ahurissant.

Cela me permet de faire un petit encart sur les tactiques utilisées par les alliés pour freiner et contenir les allemands.

Cela se résume en deux mots «séparer et éliminer». Le dispositif allié est dans la mesure du possible organisé en profondeur pour éviter qu’une percée ne soit trop facilement exploitable par l’ennemi.

Pour cela le terrain est mis à contribution, le moindre village, la moindre ferme devient une mini-forteresse tenue par l’infanterie (généralement par un bataillon mais c’est parfois moins) disposant de mortiers, de mitrailleuses, de canons antichars à profusion avec hélas un manque criant de mines et de pièges explosifs.

Ces herissons sont couverts en arrière par des canons antichars tractés ou portés, l’infanterie devant laisser passer les chars ou les canons d’assaut pour traiter les panzergrenadiers, laissant aux canons antichars et à l’artillerie le soin de détruire tout ce qui roulait.

Les unités motomécaniques se tiennent à l’arrière prêts à contre-attaquer si la percée locale s’entendait jusqu’à menacer la structure du front. Si l’obsession du «front continu» est un peu passée de mode nous ne sommes pas à l’époque du «combat lacunaire» loin de là même sans oublier qu’un soldat sauf rares exceptions n’est pas vraiment à l’aise face à l’idée de combattre avec un ennemi pouvant se trouver devant, derrière et sur ses côtés.

En ce qui concerne l’aviation la chasse tente de couvrir les positions alliées contre les bombardiers allemands alors que les avions d’assaut, les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué alliés vont tenter de mener des frappes d’interdiction loin du front, laissant à l’artillerie le soin de traiter les premières lignes. Bien entendu comme d’habitude cette séparation n’est pas aussi nette sur le terrain.

Les allemands vont donc avancer mais la note du Boucher va être chaque jour un peu plus lourde au point qu’au pays on va étaler l’annonce des pertes pour ne pas affoler la population. Néanmoins les SR allemands constateront à l’été et à l’automne 1949 un fléchissement du moral devant les pertes et la dureté des combats. Si la censure veillait en Allemagne, certains allemands pouvaient s’informer via notamment l’écoute à leurs risques et périls de radios étrangères voir la lecture de tracts largués sur le Vaterland entre deux bombardements.

Les villes du sud tombent les unes après les autres toujours après de violents combats. Namur tombe le 12 juin, Mons le 14, Charleroi le 16, Tournai le 17, Mouscron le 18 et enfin Gand le 19 juin 1949. Le jour de la prise de Mouscron les allemands ont enfin pénétré en France mais se heurtent à des troupes fatiguées mais motivées, troupes bien aidées par l’arrivée de troupes de la Réserve Stratégique.

Ce n’est donc qu’une question de temps avant que la Belgique ne soit entièrement occupée par les allemands.

Le 25 juin 1949 la ville de Bruges succombe après quelques combats, davantage des combats retardateurs qu’une volonté farouche de défendre la ville, défense assurée par les troupes belges associées à quelques troupes britanniques et quelques troupes françaises en l’occurrence respectivement la 5ème DI belge (ou plutôt ce qu’il en reste), la 4ème DI française et la 48th South Middland Division.

Ces unités parviennent à se replier sur la côte pour être évacuées en direction des îles britanniques avant de repasser rapidement sur le continent pour reprendre le combat du moins sur le papier puisqu’en pratique ces unités vont avoir plusieurs semaines pour être à nouveau opérationnelles.


Le 27 juin 1949 la Poche d’Ostende (triangle Ostende/Dunkerque/Ypres grosso modo) tombe ce qui marque la fin de la Campagne de Belgique mais pas la fin de la guerre pour la Belgique puisqu’un gouvernement en exil va continuer la lutte depuis Caen, menant une restructuration profonde de ses forces armées avant de retourner au combat. Ce sont les prémices de l’Armée Belge Libre (ABL).

Le Conflit (37) Europe Occidentale (3)

Ordre de Bataille (1) : Allemagne

Heer (1) : évolution de son ordre de bataille entre septembre 1948 et mai 1949

Avant de parler en détail de l’ordre de bataille allemand pour l’opération FALL GELB il me semble important de balayer rapidement les évolutions de l’ordre de bataille de l’armée allemande entre septembre 1948 et mai 1949.

Ordre de Bataille simplifié au 5 septembre 1948 (avant mobilisation)

-Etat-major de l’armée (Ober Kommando der Heer OKH) installé à Postdam

-Armée du Nord (Hambourg)

-1. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie (InfanterieDivision) : 1.ID 3.ID 169.ID

-3. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 5. Leichte Division 2.ID 4.ID

-5. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 163.ID 6.ID 8.ID

-1. PanzerKorps : trois divisions blindées (Panzerdivisionen) : 1. PzD 3. PzD 5.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée du Sud (Stuttgart)

-2. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 3. Leichte Division 9.ID 181.ID

-4. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 10.ID 7. Leichte Division 196.ID

-6. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 12.ID 13.ID 14.ID

-2. Panzerkorps : trois divisions blindées : 2. PzD 4. PzD 6. PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée du Sud-Est (Dresde)

-7. ArmeeKorps (Berg : trois divisions d’infanterie de montagne : 1. Gebirgsjager Division 2. Gebirgsjager Division 3. Gebirgsjager Division

-9. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 15.ID 17.ID 19.ID

-11. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 16.ID 18.ID 214.ID

-3. Panzerkorps : trois divisions blindées : 7. PzD 9. PzD 11.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée de l’Est (Rostock)

-8. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 20.ID 21.ID 24.ID

-10. ArmeeKorps : deux divisions d’infanterie : 22.ID 23.ID

-4. Panzerkorps : trois divisions blindées : 8.PzD 10.PzD 12.PzD

Total : cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de huit grandes unités

Ordre de Bataille simplifié après mobilisation

Dès la mi-août l’Allemagne mobilise, de nouvelles divisions sont mises sur pied par le rappel de réservistes, la mobilisation anticipée de conscrits ainsi que des volontaires qui se présentent spontanément pour participer à ce qui est vu comme une «aventure».

Les premières divisions de mobilisation doivent remplacer au sein des corps d’armée du temps les divisions envoyées en Norvège pour l’opération WESERÜBUNG qui vont être regroupées au sein de la 1.Armee.

A noter que les divisions blindées du 1. PanzerKorps vont fournir des groupements de combat ou KampfGruppe, des groupements occasionnels mis sur pied pour l’opération, les allemands estimant que l’envoi d’une division complète n’était pas possible ou pas nécessaire face aux menaces possibles/potentielles.

Les divisions suivantes vont permettre la création de nouveaux corps d’armée et de nouvelles armées en vue de la «bataille décisive» sur le front occidental.

-Armée du Nord (Hambourg)

NdA reçoit ultérieurement le numéro 2 devenant donc la 2.Armee

-1. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 1.ID 3.ID 25.ID

-3. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 2.ID 4.ID 32.ID

-5. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 6.ID 8.ID 26.ID

-1. Panzerkorps : trois divisions blindées : 1. PzD 3. PzD 5. PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée du Sud (Stuttgart)

NdA reçoit ultérieurement le numéro 3 devenant donc la 3.Armee

-2. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 3. Leichte Division 9.ID 27.ID

-4. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 7. LeichteDivision 10.ID 28.ID

-6. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 12.ID 13.ID 14.ID

-2. PanzerKorps : trois divisions blindées : 2.PzD 4. PzD 6. PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée du Sud-Est (Dresde)

NdA reçoit ultérieurement le numéro 4 devenant donc la 4.Armee

-7. ArmeeKorps (Berg) : une division d’infanterie de montagne la 1. Gebirgsjager et deux divisions d’infanterie de ligne, les 30. et 31.ID

-9. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 15.ID 17.ID 19.ID

-11. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 16.ID 18.ID 29.ID

-3. Panzerkorps : trois divisions blindées : 7. PzD 9. PzD 11. PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de douze grandes unités

-Armée de l’Est (Rostock)

NdA reçoit ultérieurement le numéro 5 devenant donc la 5.Armee

-8. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 20.ID 21.ID 24.ID

-10. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 15.ID 17.ID 19.ID

-4. Panzerkorps : trois divisions blindées : 8.PzD 10.PzD 12.PzD

Total : six divisions d’infanterie et trois divisions blindées soit un total de neuf grandes unités

*
**

Les autres divisions mobilisées vont former quatre autres armées à trois corps d’armée de trois divisions soit un total de trente-six divisions d’infanterie (d’autres divisions blindées doivent être mises sur pied mais l’état-major préfère privilégier dans un premier temps les divisions d’infanterie).

En février 1949 néanmoins deux nouvelles Panzerdivisionen sont créées, les 13. et 14. Panzerdivision sont créées mais elles sont loin d’être opérationnelles au 10 mai 1949

-6.Armee (ouest)

-12. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 33.ID 35.ID 37.ID

-13. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 39.ID 41.ID 43.ID

-14. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 45.ID 47.ID 49.ID

-7. Armee (sud-ouest)

-15. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 34.ID 36.ID 38.ID

-16. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 40.ID 42.ID 44.ID

-17. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 46.ID 48.ID 50.ID

-8. Armee (sud-est)

-18. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 51.ID 53.ID 55.ID

-19. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 57.ID 59.ID 61.ID

-20. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 63.ID 65.ID 67.ID

-9. Armee (Est)

-21. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 52.ID 54.ID 56.ID

-22.ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 58.ID 60.ID 62.ID

-23. ArmeeKorps : trois divisions d’infanterie : 64.ID 66.ID 68.ID

Fallschirmjäger. Pour la première fois ils vont être utilisés massivement au combat en l’occurrence pour neutraliser les Pays-Bas et notamment ses aérodromes.

A l’issue de la phase de mobilisation initiale, la Heer aligne un total de 98 grandes unités, 86 divisions d’infanterie et douze divisions blindées, une force plus que respectable qui va encore grandir. Il faut ajouter également les unités de la Waffen S.S et les divisions parachutistes (FliegerDivisions) qui dépendent de la Luftwaffe.

Bien entendu aux côtés de ces grandes unités on trouve des unités de taille plus réduite notamment pour les appuis et le soutien. Citons par exemple les quatre Pioniere-Brigade, les brigades du génie destinées à opérer à un échelon opératif (même si les allemands en dehors de la tactique et de la stratégie point de salut) et notamment les régiments d’artillerie lourde.