8-Croiseurs lourds (4)

B-Croiseurs lourds classe Suffren

Le croiseur lourd Suffren avec deux Gourdou-Lesseure sur catapultes

Le croiseur lourd Suffren avec deux Gourdou-Lesseure sur catapultes

Avant-propos

Dans la marine nationale de l’entre-deux-guerre, la vitesse est sanctifiée ce qui explique l’absence de protection sur les Duquesne qui méritent plus que tout le surnom donné aux croiseurs type Washington «Thinclad Battleship» ou cuirassés en papier d’étain.

La rivalité franco-italienne voit les deux pays se marquer à la culotte, la réalisation des Duquesne suscitant une riposte italienne avec les Trento et Trieste.

Le croiseur lourd Trento en 1936

Le croiseur lourd Trento en 1936

Les français avaient déjà prévu de construire de nouveaux croiseurs lourds. Ils financent ainsi la construction à la tranche 1925 du Suffren.

La marine nationale prend de l’avance avec le financement à la tranche 1926 du Colbert suivi à la tranche 1927 du Foch puis à la tranche 1929 du Dupleix souvent considéré comme le meilleur 10000 tonnes de la marine nationale hors de l’Algérie qui est un croiseur lourd avec une vraie protection.

Les italiens financent la construction au budget 1929 des Zara et Fiume, deux croiseurs d’un nouveau modèle puis au budget 1930 finance à la fois la construction du Bolzano, un croiseur lourd de type Trento amélioré et le troisième Zara baptisé Gorizia avant le Pola au budget 1931.

Bien que souvent regroupés en une seule classe, les croiseurs lourds Suffren Colbert Foch et Dupleix affichent un certain nombre de différences. Par rapport aux Duquesne, ces croiseurs lourds sont mieux protégés et propulsés par seulement trois hélices. Leurs chaudières peuvent fonctionner au mazout et au charbon.

Le Suffren dispose ainsi d’une protection améliorée avec une ceinture de 50mm, un pont blindé de 25mm et un bourrage de 640 tonnes de charbon pour la protection contre les torpilles. Sur le plan de l’armement, il conserve les canons de 75mm des Duquesne.

Il dispose d’une catapulte installée au même emplacement que pour les Duquesne. Il est reconnaissable à l’abri navigation installé au milieu du mât tripode.

Le Colbert à une protection semblable au Suffren mais son mat tripode est dépourvu de l’abri de navigation installé sur le Suffren. L’armement évolue, les canons de 75mm sont remplacés par huit canons de 90mm en affûts simples.

Le Foch à une protection améliorée avec un bordé de 20mm, un renforcement à 54mm de cloisons longitudinales et un pont blindé de 18mm au dessus des machines et 20mm au dessus des soutes à munitions. Le mat tripode à les jambes plus écartées (ce qui permet de l’identifier facilement) mais l’armement secondaire reste le même avec huit canons de 90mm en affûts simples.

Le Dupleix, dernier croiseur de type Suffren est considéré jusqu’à l’apparition de l’Algérie comme le meilleur croiseur lourd français notamment la protection qui représente près de 1500 tonnes. L’armement secondaire est toujours composé de huit canons de 90mm mais regroupés en quatre affûts doubles installés à l’avant de part et d’autre du bloc-passerelle pour les deux premiers et de part et d’autre du mat arrière pour les deux derniers.

Le Suffren

Le croiseur lourd Suffren en 1936

Le croiseur lourd Suffren en 1936

-Le Suffren est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 17 avril 1926, lancé le 3 mai 1927 et est admis au service actif le 8 mars 1930.

Comme la majorité des navires de la marine nationale construits à cette époque, le Suffren est affecté en Méditerranée au sein de la 1ère DL. Cette division va regrouper jusqu’à cinq croiseurs de 10000 tonnes au fur et à mesure de leur admission au service actif.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Suffren va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Il transporte des élèves officiers avec le Tourville et le Duquesne aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Suffren effectue une mission aux Etats Unis avec le Duquesne avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’à la fin de 1934.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie Foch Colbert et Dupleix formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le Suffren lui rentrait d’un long déploiement en Indochine (juillet 1939-avril 1940), ce déploiement réussi d’un croiseur lourd réussit à convaincre les hautes autorités de la marine française à la faisabilité du déploiement d’un navire aussi important dans cette colonie.

Certains «Indochino-enthousiastes» réclament même le déploiement d’un cuirassé mais à l’époque, ce déploiement est utopique en l’absence d’une base bien outillée sans parler que le cuirassé était une ressource rare dans la Royale de l’époque.

Après un petit carénage dans le bassin Vauban n°8 jusqu’à la fin du mois d’août, le croiseur est en essais à la mer du 4 au 17 septembre puis en remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 20 septembre au 14 octobre avant de rentrer à Toulon le 16 octobre 1940.

Le Suffren ressort le 2 novembre pour un exercice de défense aérienne à la mer au large de Toulon qui montre l’urgence de moderniser sa DCA, les travaux étant prévus au cours du prochain grand carénage en 1941/42.

Il fait ensuite escale à Port Vendres du 8 au 12 novembre 1940, participant aux commémorations du 11 novembre 1940, la compagnie de débarquement du croiseur (24 hommes), défilant dans la ville en compagnie d’une compagnie de tirailleurs sénégalais et d’un groupement de reconnaissance motorisé composé de motos avec side-car et d’autos blindés Panhard AMD178.

Il rentre à Toulon le 14 novembre puis est indisponible jusqu’au 2 décembre 1940 (problème de chaudières), sortant pour essais du 3 au 10 décembre avant de sortir d’entrainement du 12 au 23 décembre et du 26 au 31 décembre 1940.

Le Suffren participe aux manœuvres d’hiver de la flotte du 15 janvier au 5 mars 1941 avec des escales à Marseille du 27 janvier au 2 février et à Nice du 17 au 24 février notamment en compagnie du croiseur de bataille Dunkerque avec lequel le croiseur faillit entrer en collision. Il est de retour à Toulon le 7 mars 1941.

Le Suffren sort à nouveau avec le Dupleix du 12 mars au 14 avril pour différents exercices (défense aérienne à la mer, bombardement littoral, protection de convois) puis seul du 22 avril au 2 mai pour une évaluation de ses capacités militaires par le Centre d’Entrainement de la Flotte (CEF) qui note des «capacités militaires intéressantes mais qui ne pourraient qu’être améliorées après une véritable modernisation». Le Suffren sort pour entrainement au combat de nuit du 9 au 20 mai 1941.

Après une période d’indisponibilité du 23 mai au 16 juin 1941, le croiseur appareille de Toulon le 18 juin pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes jusqu’au 5 août, mission entrecoupées d’escale de ravitaillement à Bastia tous les 4 ou 5 jours environ et d’une participation à la revue navale du 14 juillet 1941 en rade des vignettes. Il rentre à Toulon le 8 août 1941.

Il ressort du 22 août au 4 septembre 1941 pour un exercice de défense aérienne à la mer puis effectue deux transports rapides entre Toulon et Ajaccio, le premier du 8 au 15 septembre et le second du 20 au 30 septembre, transports de matériels spéciaux pour la construction de la base navale d’ Aspretto.

Il termine l’année par plusieurs exercices au large de la Provence, un premier du 5 au 15 octobre consacré au bombardement littoral (tirs simulés), un second de défense aérienne à la mer du 21 au 31 octobre et un troisième d’escorte de convois du 8 au 20 novembre avant une escale d’une semaine à Nice du 21 au 28 novembre, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 29 novembre dans la soirée.

Le croiseur lourd sort encore deux fois pour entrainement, la première fois du 2 au 12 décembre et la seconde du 18 au 26 décembre, les deux sorties étant entrecoupées par une escale à Nice du 13 au 17 décembre.

Le Suffren appareille pour la croisière d’hiver de la flotte le 12 janvier 1942, faisant escale à Palma de Majorque le 16 janvier 1942, Carthagène du 18 au 22 janvier, Gibraltar du 25 au 27 janvier, Cadix du 30 janvier au 3 février, Lisbonne du 6 au 9 février, Casablanca du 13 au 16 février, Ajaccio du 18 au 21 février avant de rentrer à Toulon avec une grande partie de la flotte le 23 février 1942 dans la matinée.

Le croiseur lourd débarque ses munitions le 27 février 1942 et est échoué au bassin n°8. Il est au bassin jusqu’au 20 décembre 1943, perdant ses huit canons de 75mm remplacés par six canons de 90mm en affûts simples, recevant une DCA légère moderne avec douze canons de 37mm Schneider en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss en quatre affûts doubles. Son appareil propulsif est remis en état, ses hélices sont changées, sa catapulte est remplacée alors qu’un temps elle était menacée.

Le croiseur remis à l’eau, subit une période de travaux à quai jusqu’au 19 janvier 1943. Il subit une campagne d’essais à la mer du 20 au 31 janvier avant un stage de remise en condition avec son sister-ship Dupleix du 1er au 12 février.

Le Suffren sort pour entrainement aviation du 15 au 21 février avant une escale à Saint-Tropez du 22 au 27 février pour la signature de la charte de parrainage. Reprenant la mer le 28 février, le croiseur lourd subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 5 mars quand il arrive à Sète pour une escale qui s’achève jusqu’au 10 mars avant de rentrer à Toulon le 11 mars 1943.

Le Suffren reprend la mer pour un entrainement au combat antisurface du 15 au 23 mars avant de rentrer à Toulon le 27 mars 1943.

Après une période d’entretien à flot du 28 mars au 12 avril, le croiseur lourd sort pour essais du 13 au 18 avril avant de reprendre l’entrainement par un stage de remise en condition du 20 avril au 2 mai 1943.

Après un ravitaillement à Toulon le 3 mai, le croiseur lourd quitte le Var le 4 mai, relâche à Casablanca du 8 au 11 mai avant de gagner Dakar le 15 mai 1943 pour un important cycle d’entrainement.

Il commence par une école à feux au polygone de Rufisque du 16 au 30 mai avant une période d’entretien à Dakar du 31 mai au 2 juin avant un exercice de défense aérienne à la mer du 3 au 10 juin puis après un ravitaillement à Dakar le 11 juin, une deuxième école à feux au polygone de Rufisque du 12 au 30 juin avant de faire escale à Dakar du 1er au 5 juillet.

Il reprend la mer le 6 juillet, fait escale à Casablanca du 10 au 13 juillet avant de rentrer à Toulon le 16 juillet 1943. Il sort pour un entrainement aviation du 19 au 28 juillet 1943.

Durant l’été, le Suffren effectue plusieurs petits sorties au large de Toulon, allant aux Salins d’Hyères du 2 au 7 août, du 12 au 18 août et du 21 au 22 août. Orphelin du Dupleix alors en grand carénage, le Suffren effectue un exercice de défense aérienne à la mer au large de Port-Vendres du 25 août au 4 septembre avant de rentrer à Toulon le 7 septembre 1943.

Il ressort encore du 8 au 15 septembre pour un exercice de défense contre les sous-marins et des avions. Après une escale à Mers-El-Kebir jusqu’au 20 septembre, il fait escale à Bizerte du 21 au 27 septembre puis à Ajaccio du 28 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le 4 octobre après un mouillage aux Salins d’Hyères les 2 et 3 octobre 1943.

Indisponible du 4 au 20 octobre 1943, le Suffren ressort pour une sortie d’essais du 21 au 24 octobre avant de manœuvrer au large du Cap Corse avec d’autres navires de l’Escadre du 25 octobre au 10 novembre, faisant escale à Bastia du 11 au 15 novembre, sa compagnie de débarquement rendant les hommages aux morts du premier conflit mondial. Il fait ensuite escale à Nice du 16 au 21 novembre puis à Villefranche du 22 au 25 novembre avant de rentrer à Toulon le 26 novembre.

Mis à part une petite sortie du 6 au 9 décembre jusqu’aux Salins d’Hyères, le croiseur lourd reste à quai ou au mouillage à Toulon jusqu’à la fin de l’année, permettant aux marins et officiers de prendre leurs permissions.

Le Suffren ressort seul du 4 au 10 janvier, du 13 au 18 janvier et du 22 janvier au 3 février, mouillant aux Salins d’Hyères du 4 au 9 février 1944. Il participe ensuite à la remise en condition du Dupleix, sortant de grand carénage du 5 mars au 17 avril 1944.

Les deux croiseurs ressortant ensemble du 25 avril au 8 mai 1944, manœuvrant avec le groupement des contre-torpilleurs de la flotte de la Méditerranée, les 2ème (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut).

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 19 au 31 mai, le Suffren quitte Toulon pour une mission de transport rapide à destination de la Tunisie. Il embarque deux compagnies d’infanterie qui sont mises à terre le 2 juin à Tunis et transportés ensuite en camions sur la ligne Mareth pour renforcer la présence française face à des mouvements de troupes en Libye italienne.

Ces mouvements en réalité ne concernaient qu’une relève. Les deux compagnies de renfort vont cependant rester en Tunisie pour s’entrainer au combat en milieu désertique jusqu’au 7 juillet. Le croiseur qui entre-temps avait effectué des exercices au large du Cap Bon les rembarque à Bizerte le 9 juillet pour les ramener en France le 11 juillet quand elles sont débarquées à Toulon.

Le croiseur lourd sort au large de Toulon du 15 au 20 juillet, mouille aux Salins d’Hyères  du 20 au 27 juillet puis ressort du 28 juillet au 4 août avant de rentrer à Toulon le 5 août. Il est indisponible pour entretien et permissions d’été du 7 au 27 août 1944.

Après un exercice de défense aérienne à la mer du 4 au 14 septembre et un exercice de protection de convois du 17 au 27 septembre, le Suffren subit un petit carénage. Il est échoué dans le bassin N°1 du Missiessy du 4 octobre 1944 au 20 janvier 1945. Après des travaux complémentaires à flot jusqu’au 2 février, le croiseur lourd effectue ses essais à la mer du 3 au 12 février avant un stage de remise en condition du 13 au 27 février 1945.

Il ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Dupleix et du Saint Louis. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un !

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’ Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au 31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la Division Navale Adriatique franchit le canal d’ Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce. Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La Division Navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’ Egypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis.

La division quitte l’ Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945.

Le Suffren est indisponible du 14 juin au 12 août 1945, passant au bassin n°1 du Missiessy du 20 juin au 8 juillet avant de terminer ses travaux à flot le 4 août. Il effectue ses essais à la mer du 5 au 8 août avant remise en condition du 12 au 25 août.

Le Suffren sort pour entrainement aviation du 30 août au 5 septembre, faisant escale à Sète du 6 au 10 septembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 septembre.

Le croiseur lourd effectue quelques petites sorties à la mer du 17 au 21 et du 24 au 28 septembre, sorties qui le mène aux Salins d’Hyères. De retour à Toulon le 29 septembre, il reste au mouillage à l’entrée du port jusqu’au 3 octobre avant d’appareiller pour Mers-El-Kebir où le Suffren arrive le 5 octobre. Il participe à un exercice avec la 4ème escadre du 7 au 28 octobre avant de rentrer à Toulon le  31 octobre 1945.

Le Suffren sort entrainement aviation du 2 au 12 octobre, faisant escale à Saint Tropez du 13 au 19 octobre avant d’enchainer par un entrainement de combat de nuit du 20 au 28 octobre avant de rentrer à Toulon le 4 novembre après une escale à Bastia du 29 octobre au 3 novembre 1945.

Le croiseur lourd Suffren sort en compagnie du Dupleix pour un exercice du 10 au 21 novembre, faisant escale à Port-Vendres du 22 au 27 novembre avant un exercice de défense aérienne à la mer du 28 novembre au 7 décembre, rentrant à Toulon le 8 décembre 1945.

Les deux croiseurs lourds de la 1ère DC sortent à nouveau pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion du 13 au 27 décembre, rentrant à Toulon le 28 décembre 1945.

Il sort pour la première fois en 1946 du 9 au 12 janvier pour un entrainement à la mer (défense aérienne) puis du 18 au 25 janvier pour amariner les nouveaux appelés qui vont représenter jusqu’à 15% de l’effectif du croiseur.

Le 2 février 1946, il appareille de Toulon pour se rendre au Levant en compagnie de son sister-ship Dupleix, faisant escale à Ajaccio du 3 au 6 février, à Malte du 8 au 11 février, à Patras (Grèce) du 13 au 17 février, au Pirée du 19 au 25 février, à Antalya du 27 février au 1er mars, à Beyrouth du 3 au 7 mars, à Haïfa du 9 au 12 mars, à Alexandrie du 14 au 18 mars, à Bizerte du 21 au 25 mars avant de rentrer à Toulon le 28 mars et d’être en entretien à flot du 29 mars au 15 avril 1946.

Il sort pour essais du 15 au 20 avril avant remise en condition du 21 avril au 3 mai 1946. Il quitte Toulon le 5 mai, relâche à Casablanca du 8 au 10 mai avant d’arriver à Dakar le 14 mai. Il réalise une école à feux à du 15 mai au 5 juin, relâchant à Dakar du 6 au 10 juin avant de rentrer à Toulon le 17 juin après une escale de ravitaillement à Casablanca.

Le Suffren et le Dupleix sortent à nouveau pour entrainement du 24 juin au 2 juillet, entrainement suivi d’une escale à Ajaccio du 3 au 7 juillet. Les deux croiseurs effectuent ensuite un entrainement aviation du 8 au 13 juillet avant de relâcher à Bastia du 14 au 17 juillet puis à Nice du 18 au 21 juillet avant de rentrer à Toulon le 22 juillet 1946.

Après des travaux destinés à préparer une mission de représentation du 23 au 30 juillet, le Suffren effectue une sortie pour essais du 1er au 5 août. Il quitte Toulon le 17 août 1946 au matin en compagnie du croiseur léger Chateaurenault pour retrouver le Strasbourg, ses deux torpilleurs d’escadre et le pétrolier-ravitailleur La Baïse pour une mission de représentation dans les Caraïbes.

La jonction se fait le 19 août au large de l’Espagne, la petite escadre manœuvrant ensemble avant de faire une première escale à Casablanca le 24 août avant de traverser d’une traite l’Atlantique, arrivant à Fort de France le 2 septembre 1946.

Ils font escale à Pointe à Pitre du 7 au 12 septembre, Kingston (Jamaïque) du 14 au 17 septembre, Veracruz (Mexique) du 19 au 22 septembre, La Nouvelle Orléans du 25 au 28 septembre, Miami du 30 septembre au 3 octobre 1946 avant de traverser l’Atlantique faisant escale à Dakar le 7 octobre 1946 où ils se séparent, le croiseur de bataille et ses torpilleurs d’escadre rentrant directement à Mers-El-Kebir.

Le Suffren et le Chateaurenault appuyés par la Baïse vont prolonger cette croisière par un déploiement dans le Golfe de Guinée. Il quitte Dakar le 11 octobre, fait escale à Abidjan du 13 au 17 octobre, à Bioko (île de la Guinée Equatoriale alors colonie espagnole) du 19 au 21 octobre, à Libreville du 22 au 25 octobre, Abidjan à nouveau du 28 octobre au 2 novembre, Dakar du 4 au 8 novembre, à Casablanca du 11 au 14 novembre avant de rentrer à Toulon le 18 novembre après plus de trois mois loin de son port d’attache, Le PRE La Baïse rentrant lui à Mers-El-Kébir.

Après une période d’entretien à flot du 19 novembre au 12 décembre, le croiseur lourd sort pour essais du 13 au 19 décembre avant remise en condition du 20 au 30 décembre 1946.

Il sort à nouveau du 2 au 7 janvier et du 10 au 17 janvier pour entrainement de base au profit de ces nouveaux marins. Le croiseur lourd fait escale à Sète du 18 au 21 janvier avant de rentrer à Toulon le 22 janvier 1947.

Il reprend la mer le 27 janvier pour entrainement à la protection d’un convoi et ce jusqu’au 9 février, faisant ensuite escale à Nice du 10 au 15 février puis à Villefranche du 16 au 19 février avant de rentrer à Toulon le 21 février 1947.

Il effectue un entrainement aviation du 23 février au 3 mars 1947 puis pour un entrainement à la défense antiaérienne du 6 au 12 mars, rentrant à Toulon le 13 mars.

Il reprend la mer le 15 mars 1947 pour un exercice de combat de nuit entre Toulon et Marseille. Les conditions météo sont exécrables et l’exercice est annulé moins de deux heures après son déclenchement.

Cela est insuffisant pour empêcher la collision du croiseur lourd Suffren avec le paquebot Sampiero Corso. Naviguant tous feux éteints, le croiseur ne voit que trop tard le paquebot arrivant à bâbord et l’étrave du croiseur s’enfonce profondément dans la coque du paquebot.

L’accident qui à lieu près de la côte laisse craindre le pire mais fort heureusement, à l’aube les deux navires sont encore à flot, lié l’un à l’autre. Plusieurs navires arrivent rapidement sur zone et permettent l’évacuation des passagers du paquebot ce qui permet au croiseur de se dégager puis de prendre en remorque le paquebot pour le ramener à Marseille où il sera réparé.

Le croiseur assez sérieusement endommagé à bâbord rentre à 7 nœuds à Toulon, escorté par plusieurs torpilleurs et remorqueurs. Il est mis au bassin (bassin n°1 du Missiessy) le 18 mars 1947 pour des réparations doublé d’un grand carénage avancé de six mois.

Il est remis à flot le 20 décembre 1947 et la fin des travaux à lieu à flot jusqu’au 20 janvier 1948 quand il est de nouveau déclaré disponible bien qu’il ne soit jugé pleinement opérationnel que le 5 mars après les essais à la mer et la remise en condition en compagnie du Dupleix qui du attendre la disponibilité de son sister-ship pour subir un grand carénage.

Après un exercice de défense aérienne à la mer du 10 au 18 mars 1948 , le Suffren quitte Toulon le 20 mars, se ravitaille à Casablanca du 25 au 27 mars avant d’arriver à Dakar le 31 mars. Il effectue une Ecole à feux à Rufisque du 2 au 15 avril, quittant Dakar le 17 avril pour rentrer à Toulon le 25 avril 1948.

Après une indisponibilité accidentelle du 27 avril au 2 mai, il reprend la mer le 5 mai pour une mission de surveillance dans le Golfe de Gênes jusqu’au 12 juin, le croiseur effectuant de rapides ravitaillement à Bastia, quelques heures pour ravitailler les soutes et la cambuse avant de reprendre la mer. Il opère entre Vintimille, l’ile d’Elbe et Gênes en compagnie d’avions basés en Corse.

De retour à Toulon le 16 juin, il reste à Toulon, à quai ou au mouillage jusqu’au 12 juillet, reprenant brièvement la mer du 17 au 21 juillet et du 28 juillet au 5 août. Une partie de l’équipage prend ses permissions le 7 août mais dès le 20, l’équipage est rappelé , rappel qui se double de la mobilisation des réservistes. Il sort alors pour entrainement du 21 au 28 août et du 30 au 3 septembre.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark le 5 septembre 1948, le Suffren appareille en urgence pour Nice pour contrer une possible action italienne. Il arrive à destination le lendemain 6 septembre.

8-) Croiseurs lourds (3)

Le Tourville

Le croiseur lourd Tourville

Le croiseur lourd Tourville

-Le Tourville est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 14 avril 1925 lancé le 24 août 1926 et admis au service actif le 12 mars 1929.

Le Tourville forme la 1ère division légère au sein de la 1ère Escadre en Méditerranée en compagnie de son sister-ship Duquesne puis à partir de mars 1930 avec le Suffren. Cette 1ère DL comportera jusqu’à cinq navires.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Tourville va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Ils transportent des élèves officiers avec le Duquesne et le Suffren aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Duquesne effectue une mission aux Etats Unis avec le Suffren avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’en 1936.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Suffren et Colbert alors que la 3ème DC formée du Dupleix et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang.

Le Tourville opère avec le Duquesne au large de Toulon pour des exercices intensifs et ce jusqu’en septembre 1940 quand le Duquesne est mis au bassin pour un grand carénage. La 5ème DC est donc réduite à une unité.

Après un exercice avec la flotte de la Méditerranée du 17 au 30 septembre, le Tourville appareille pour Bizerte où il arrive le 4 octobre. Il va y rester basé jusqu’en janvier 1941 pour une mission de surveillance, le croiseur lourd trainant ses hélices aussi bien à l’orée de l’Adriatique qu’autour des îles du Dodécanèse voir même de la Libye italienne. Cette mission s’achève le 15 janvier avant un retour à Toulon le 20 janvier. Il est indisponible du 21 janvier au 5 février 1941.

Il reprend la mer le 8 février pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 17 février 1941 avant un mouillage aux salins d’Hyères jusqu’au 21 février avant un retour à Toulon le 23 février 1941.

Il ressort du 2 au 9 mars pour une mission de transport rapide en direction de la Corse, le croiseur lourd embarquant pour Bastia une compagnie de gendarmes mobiles suite à de violentes manifestations autonomistes sur l’île de Beauté. Le croiseur reste au mouillage, sa présence à l’entrée du port de Bastia dissuadant de nouvelles émeutes.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 21 mars, le croiseur lourd reprend la mer pour de nouveaux exercices du 22 mars au 14 avril, exercices de lutte antisurface, de défense aérienne à la mer et de lutte ASM avec les sous-marins Redoutable et Vengeur (7ème DSM) avant une nouvelle mission de transport en direction de Bastia du 15 au 21 avril 1941. Il rentre à Toulon le 28 avril après une mouillage à Nice du 23 au 27 avril.

Il ressort à plusieurs reprises au mois de mai mais en ne s’éloignant guère de Toulon (2-5 mai, 10-17 mai et 23-28 mai) avant de mouiller aux salins d’Hyères du 29 mai au 5 juin.

Il reprend la mer pour entrainement du 6 au 15 juin, faisant escale à Sète du 16 au 21 juin avant un nouvel exercice de combat de nuit du 22 au 27 juin, rentrant à Toulon le lendemain 28 juin pour subir un grand carénage après la disponibilité de son sister-ship.

Le Tourville est ainsi échoué au bassin Vauban n°8 du 4 juillet 1941 au 7 février 1942 subissant les mêmes travaux que son sister-ship. La coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les lignes d’arbre réalésées, le bloc passerelle refondu, les chaudières sont retubées, les turbines visitées, les diesels-alternateurs sont changés.

Au niveau de l’armement, les tubes des canons de 203mm sont changés, les canons de 75mm sont remplacés par six canons de 90mm modèle 1926 en six affûts simples et la DCA d’origine (canons de 37mm modèle 1933 et mitrailleuses de 13.2mm) remplacée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1940 en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en quatre affûts doubles. Les tubes lance-torpilles sont maintenus tout comme l’hydraviation embarquée.

Après une phase de travaux à quai du 7 au 21 février, il sort pour essais en compagnie du Duquesne du 22 au 25 février avant remise en condition du 27 février au 4 mars 1942.

Il participe à des manœuvres au sein de la Flotte de la Méditerranée du 7 au 21 mars 1942 entre les côtes provençales et le Cap Corse, les croiseurs lourds de la 5ème DC (Duquesne et Tourville) manœuvrant avec  leurs congénères de la 1ère DC effectuant des raids antisurfaces et des simulations de bombardement littoral. Il sont tous de retour à Toulon le 24 mars 1942.

Le Duquesne et le Tourville sortent ensemble pour un exercice aviation du 12 au 17 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 20 juillet quand ils reprennent la mer pour des manœuvres au large d’Ajaccio du 20 au 29 juillet avant une escale dans la ville natale de Napoléon Bonaparte jusqu’au 5 août quand le Duquesne et le Tourville reprend la mer pour un nouvel exercice avec la 1ère DC (Suffren et Dupleix), les quatre croiseurs lourds menant un exercice d’interception et d’interdiction maritime et ce du 7 au 18 août 1942 avant de rentrer à Toulon le 20 août 1942.

Le Tourville est indisponible du 21 août au 20 septembre pour une avarie de chaudière. Il sort pour essais du 21 au 30 septembre avant remise en condition du 3 au 15 octobre suivie d’une escale à Ajaccio du 16 au 21 octobre 1942.

Rentré à Toulon le 22 octobre, il quitte son port d’attache le 25 octobre pour des manoeuvres au large de Dakar, faisant escale à Mers-El-Kébir du 27 au 30 octobre, à Casablanca du 2 au 5 novembre avant d’arriver à Dakar le 10 novembre 1942.

L’ Ecole à feu à lieu du 12 au 27 novembre avant une escale de relâche à Dakar du 28 novembre au 2 décembre. Le croiseur lourd effectue une seconde école à feu du 3 au 15 décembre suivit après un ravitaillement à Dakar le 16 décembre d’un exercice de défense aérienne à la mer du 17 au 26 décembre.

Il quitte Dakar le 27 décembre, fait escale à Casablanca du 31 décembre 1942 au 2 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 5 janvier 1943. Il subit une période d’entretien à flot du 6 au 20 janvier, sortant pour essais du 21 au 25 janvier avant une remise en condition du 28 janvier au 13 février, rentrant à Toulon le lendemain 14 février 1943.

Il sort pour un entrainement aviation du 17 au 25 février puis pour un entrainement au bombardement littoral du 27 février au 2 mars avec des tirs simulés et/ou à charge réduite contre les défenses du secteur fortifié de Toulon.

Le 3 mars au matin, il mouille en baie d’Ajaccio y retrouvant le lendemain son sister-ship le Duquesne pour une remise en condition du croiseur sus-nommé et ce du 4 au 15 mars 1943.

Le lendemain 16 mars 1943, les deux croiseurs lourds quittent Ajaccio, se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 18 mars, relâchent à Casablanca du 21 au 23 mars avant d’arriver à  Dakar le 28 mars 1943.

Ils réalisent une première école à feux du 30 mars au 9 avril avant une escale à Dakar du 10 au 13 avril, escale suivie d’une deuxième école à feux du 14 au 25 avril puis après ravitaillement, un exercice de défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai. Ils rentrent à Toulon le 9 mai 1943

Les deux croiseurs lourds ressortent du 12 au 20 mai pour un exercice au large du Cap Corse suivit d’une escale commune à Nice du 21 au 28 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai dans la soirée.

Il ressort au mois de juin à quatre reprises, la première fois du 5 au 8 juin la seconde du 12 au 16 juin, la troisième du 19 au 22 juin et la quatrième du 25 au 30 juin avant une période d’indisponibilité du 1er au 15 juillet (permissions d’été de l’équipage).

Il reprend la mer le 22 juillet pour un transport rapide (une compagnie de gendarmes mobiles) entre Toulon et Bastia où il arrive le 24 juillet. Il s’amarre au mouillage à l’entrée du port et y débarque les gendarmes à l’aide de pontons motorisés.

Une fois les «mobileux» à terre, le croiseur rentre à Toulon où il arrive le 25 juillet à l’aube. Il regagne Bastia le 8 août pour rembarquer les gendarmes débarqués le 24 juillet et les ramener à Toulon le 10 août 1943. Il ressort encore pour exercices du 15 au 21 août et du 24 au 30 août 1943.

Il subit un petit carénage du 2 septembre au 5 novembre 1943 au bassin n°8 récemment libéré par son sister-ship le Duquesne. Le 5 novembre 1943, il est remis à flot après son petit carénage. Le Tourville et le Duquesne sortent pour essais du 6 au 10 novembre avant remise en condition du 12 au 22 novembre, les deux navires rentrant à Toulon le 27 novembre après une escale à La Ciotat du 23 au 26 novembre.

Après une sortie d’entrainement du 4 au 8 décembre au large de Toulon, le Tourville retrouve le Duquesne le 10 décembre 1943, le Tourville ravitaillant son sister-ship avant que les deux croiseurs effectuent un combat antisurface du 11 au 18 décembre. Ils rentrent à Toulon le 24 décembre après une escale à Nice du 19 au 23 décembre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage du croiseur lourd entre la marine nationale et la ville de Barfleur en Normandie en hommage à la victoire d’Anne Hilarion de Cotentin, Comte de Tourville le 29 mai 1692.

C’est ainsi que le 3 janvier 1944, le croiseur lourd quitte Toulon, fait escale à Casablanca du 7 au 9 janvier, à Brest du 12 au 14 avant d’arriver à Barfleur le 16 janvier. Le croiseur lourd reste au mouillage jusqu’au 23 janvier pour ce qui restera son unique escale dans sa ville marraine.
Reprenant la mer le 24 janvier 1944, il fait escale à Brest du 26 au 30 janvier, à Lisbonne du 31 janvier au 2 février, à Mers-El-Kébir du 5 au 8 février avant de rentrer à Toulon le 10 février 1944.

Le Tourville sort à nouveau du 15 au 21 février pour un entrainement de base suivit d’une escale à Sète du 22 au 25 février avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 26 au 2 mars 1944 avant de rentrer à Toulon le 3 mars 1944.

En septembre 1943 et en avril 1944, les croiseurs lourds Saint Louis et Henri IV sont admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée. La 5ème DC est dissoute le 12 avril 1944 mais reconstituée dès le lendemain avec les deux croiseurs lourds flambants neufs.

Si le Duquesne va être affecté en Indochine, le Tourville lui va renforcer le dispositif français dans l’Océan Indien. Le Tourville quitte Toulon le 10 mars pour Bizerte où il arrive le 12 mars. Il subit un petit carénage à l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 17 mars au 2 mai 1944 avant des essais du 4 au 7 mai 1944.

Il appareille de Bizerte le 12 mai 1944, fait escale à Alexandrie du 15 au 18 mai, franchit le canal de Suez les 19 et 20 mai et arrive à Djibouti le 24 mai 1944. Il en repart le 27 mai pour Diego-Suarez où il arrive le 3 juin 1944.

Le 27 mai 1944, le Tourville devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Françaises (FNAEF) en remplacement du Lamotte-Picquet.  

Indisponible du 8 au 25 juin 1944, le croiseur lourd reprend l’entrainement du 27 juin au 15 juillet 1944 en compagnie des forces de souveraineté présentes à Madagascar ou à La Réunion.

Rentré à Diego-Suarez le 17 juillet 1944, le croiseur lourd effectue des transports rapides entre la Grande Ile et La Réunion du 20 au 28 juillet, du 5 au 15 août et du 20 au 31 août avant de nouveaux exercices au large de Diego-Suarez du 5 au 15 septembre et du 20 septembre au 2 octobre 1944.

Le 8 octobre 1944, il appareille de Diego-Suarez, retrouvant au large de Djibouti le 11 le croiseur léger Lamotte-Picquet. Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 12 au 19 octobre avant de faire escale à Aden du 20 au 23 octobre et à Mascate du 25 au 28 octobre avant de se séparer : le Lamotte-Picquet rentre à Djibouti son port d’attache le 1er novembre alors que le Tourville rentre à Diego-Suarez le 4 novembre1944.

Le Tourville reprend la mer le 18 novembre pour une mission de patrouille dans le canal du Mozambique jusqu’au 25 novembre. Cette longue patrouille voit le croiseur surveiller les ilots désertiques revendiqués (discrètement mais revendiqués tout de même) par le Portugal colonisateur du Mozambique. Le maintien de la catapulte permet le lancement du Dewoitine HD-731 qui va participer à des missions de reconnaissance et d’assaut à l’aide de bombes légères.

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Le croiseur lourd rentre à Diego-Suarez le 27 novembre. Il sort à nouveau pour exercices du 2 au 12 décembre et du 15 au 26 décembre 1944. Il est ensuite en entretien à flot du 27 décembre 1944 au 10 janvier 1945, sortant pour essais du 11 au 13 janvier.

Le 14 janvier 1945, le croiseur lourd appareille pour une nouvelle patrouille, cette fois en direction du Golfe d’Aden. Il arrive à Djibouti pour se ravitailler en carburant le 20 janvier, reprennant la mer le 22 janvier pour de longues patrouilles agrémentées d’exercices de défense aérienne, de navigation de combat et de tirs d’artillerie. Le croiseur lourd est de retour à Diego-Suarez le 4 mars 1945.

Il subit un petit carénage du 12 mars au 18 juin 1945. On envisage un temps de débarquer les installations d’hydraviation mais on préfère conserver la possibilité de lancer un Dewoitine HD-731. Il est en essais du 21 au 27 juin avant remise en condition du 30 juin au 16 juillet, rentrant à Diego Suarez le 18 juillet 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement à partir du 20 juillet. Du 20 au 31 juillet, il s’entraine au combat antisurface avec plusieurs écoles à feux avant une escale à Port-des-Galets du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le lendemain 5 août pour rentrer à Diego Suarez mais subit un entrainement de défense aérienne à la mer jusqu’au 13 août avant de revenir à quai le surlendemain, 15 août 1945.

Après une période d’indisponibilité du 15 août au 3 septembre 1945, le Tourville sort pour essais du 4 au 10 septembre avant d’effectuer une série de patrouilles dans le détroit du Mozambique, ravitaillé par le pétrolier Dauphiné de la SFTP, patrouilles qui se déroulent du 15 au 22 septembre, du 25 au 30 septembre, du 5 au 17 octobre et du 20 au 30 octobre, rentrant à Diego-Suarez le 4 novembre 1945.

Le Tourville sort pour entrainement du 12 au 25 novembre, faisant escale à Mombassa du 26 au 30 novembre avant de rentrer à Diego Suarez le 4 décembre 1945.

Il ressort encore deux fois en 1945, un transport en direction de Port-des-Galets (munitions pour l’artillerie chargée de la défense côtière notamment) du 9 au 16 décembre et un entrainement de défense aérienne à la mer au profit des pilotes de l’armée de l’air stationnés à Madagacar du 17 au 23 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 20 janvier 1946, le croiseur lourd effectue des essais jusqu’au 23 janvier avant un stage de remise en condition du 25 au 30 janvier 1946. Il effectue ensuite deux missions de transport de troupes : une compagnie de la Légion Etrangère entre Diego-Suarez et Mayotte du 2 au 8 février puis une compagnie de fusiliers marins entre Mayotte et Port-des-Galets du 9 au 15 février. Il rentre à Diego-Suarez le 18 février 1946.

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre et le croiseur lourd Colbert, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars, à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il est désarmé le 2 février 1946.

Le Tourville  reprend la mer avec le Clemenceau, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego-Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manœuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le Cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole.

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert remorquant la coque du Lamotte-Picquet, font escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 puis après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, il appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le 10 septembre 1946 cependant, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946. Il reçoit par exemple une nouvelle catapulte en fait celle du Lamotte-Picquet qui avait été remise en état peu avant sa grave avarie.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône (arrivé en Indochine le 11 novembre 1946) du 4 au 20 février 1947.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande au Cambodge. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Le croiseur lourd ressort dès le 12 mars en compagnie des torpilleurs légers de la 7ème DT pour un exercice de protection et de défense des lignes de communication jusqu’au 4 avril quand le croiseur lourd fait escale à Saïgon et ce jusqu’au 10 avril quand il appareille pour une mission de transport entre Cam-Ranh et Haïphong pour renforcer la ligne fortifiée protégeant le grand port du nord, ligne de protection qui s’étend maintenant jusqu’à Hanoï.
Il ne faudrait cependant pas y voir une redite de la Ligne Maginot, il s’agit plus d’une ligne tactique avec quelques blockhaus, des postes de tir, des champs de mines, des barbelés sur laquelle pourront s’appuyer les troupes défendant le Tonkin. Le Tourville rentre à Cam-Ranh le 22 avril 1947.

Le lendemain 11 avril 1947, le croiseur lourd Tourville assiste à l’arrive à Haïphong des sous-marins Germinal et Thermidor (classe Phenix type Y4) en compagnie du ravitailleur Lassigny.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 10 mai 1947, le croiseur sort pour s’entrainer seul dans le Golfe d’Haïphong.

Outre un exercice de défense aérienne à la mer, le croiseur va entrainer les défenses côtières d’ Haïphong composées à cette époque de deux batteries lourdes (huit canons de 194mm récupérés sur les croiseurs cuirassés) et deux batteries médianes (huit canons de 105mm) en servant de cible mobile. L’exercice s’achève le 22 mai et après une escale à Haïphong jusqu’au 27 mai, le croiseur lourd rentre à Cam-Ranh le 1er juin 1947.

Il effectue ensuite quatre missions de transport entre Cam-Ranh et Haïphong, la première rotation ayant lieu du 8 au 18 juin, la seconde du 23 juin au 3 juillet, la troisième du 12 au 22 juillet et la quatrième du 30 juillet au 9 août avant une période d’entretien à flot jusqu’au 17 septembre 1947.

Après une période d’essais du 20 au 23 septembre, le Tourville reprend l’entrainement en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner.

Les deux navires vont s’entrainer à la lutte antiaérienne, l’attaque antisurface, la protection des convois, les raids amphibies et le bombardement côtier du 27 septembre au 4 octobre avant une escale à Haïphong du 5 au 12 octobre où les compagnies de débarquement des deux navires sont mises à terre pour réprimer de violentes émeutes entre viets et chinois. Le Tourville rentre à Cam Ranh le 17 octobre 1947.

Il effectue un nouveau transport rapide mais cette fois en direction de Komong Sam (Cambodge) où un mouillage sommaire est mis en place. Il quitte Cam-Ranh le 20 octobre et arrive à destination le 23 octobre, débarquant des ouvriers et du matériel de construction et de signalisation.

Il effectue ensuite une patrouille de surveillance, suivant à distance plusieurs unités de la marine thaïlandaise, relayé par des avions et des hydravions français. Il est soutenu par le Rhône qui le ravitaille à plusieurs reprises. Il est de retour à Cam-Ranh le 15 novembre. Il sort à nouveau du 20 novembre au 2 décembre, du 9 au 16 décembre et du 20 au 27 décembre, restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Tourville effectue deux sorties d’entrainement au large de Cam-Ranh du 5 au 10 janvier et du 12 au 17 janvier 1948.

Le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine arrive à Cam Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole. Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le Tourville reprend donc la mer pour accueillir le porte-avions. Ce dernier passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’ Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le porte-avions Alienor d’Aquitaine ressort du 21 avril au 15 mai pour entrainement de son groupe aérien, plusieurs jonques de trafiquants d’opium saisies par les Douanes sont rassemblées au large de Cam Ranh et servent de cibles aux chasseurs-bombardiers Dewoitine D-795 alors que les LN-420 et les Latécoère Laté 299 eux sont engagés à terre contre des blockaus désaffectés et ce pilote de commenter «C’est bien la première fois que l’aviation joue un rôle dans les travaux publics». Le croiseur lourd Tourville l’accompagne dans cette mission, assurant sa protection rapprochée.

Le croiseur lourd subit un petit carénage du 2 juin au 20 août 1948 et après des essais à la mer du 21 au 24 août, il effectue son stage de remise en condition du 25 août au 5 septembre 1948, date de sa disponibilité.

CA Duquesne schéma

Caracteristiques Techniques de la classe Duquesne

Déplacement : standard 10000 tonnes Washington pleine charge 12200 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 191.20m largeur maximum 19m tirant d’eau 6.3m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par neuf chaudières Guyot du Temple dévellopant 120000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : cloisonement très serré.

Electronique : un détecteur électromagnétique de navigation, un détecteur électromagnétique de veille combinée air-surface, un détecteur électromagnétique pour la conduite de tir de l’artillerie principale

Armement :

(avant refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales (deux avant et deux arrières), 8 canons de 75mm en affûts simples, 8 canons de 37mm modèle 1925, 12 mitrailleuses de 13.2mm et deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm modèle 1925T.

(après refonte) 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles axiales, six canons de 90mm en affûts simples, douze canons de 37mm Schneider en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hochkiss en quatre affûts doubles plus deux plate-formes triples lance-torpilles.

Aviation : une catapulte installée entre la cheminée n°2 et le mat arrière (remplacé lors du dernier petit carénage) et deux hydravions, des Gourdou Lesseure 810 puis des Loire 130 et enfin des Dewoitine HD-731.

Equipage : 605 officiers et marins à l’origine, 620 après le grand carénage du début des années quarante.

8-) Croiseurs lourds (2)

A-Croiseurs lourds Duquesne et Tourville

Le croiseur lourd Duquesne au mouillage avec un Gourdou-Lesseure sur catapulte

Le croiseur lourd Duquesne au mouillage avec un Gourdou-Lesseure sur catapulte

Avant-propos

La loi-programme du 18 avril 1922 avait marqué le début du renouvellement de notre marine nationale avec la construction de trois croiseurs légers, de six contre-torpilleurs, de douze torpilleurs d’escadre et de douze sous-marins.

En 1923, un contingent finance la construction de sous-marins de grande et moyenne patrouille mais la marine est bien plus ambitieuse. Elle souhaite de se doter d’un véritable statut naval pour sécuriser à long terme sa modernisation et son expansion.

Un premier projet est déposé le 8 mars 1923, prévoyant une marine de guerre de 694760 tonnes avec 177800 tonnes de navires de ligne, 60960 tonnes de navires porte-avions, 360000 tonnes de navires légers (croiseurs lourds et légers, contre-torpilleurs et torpilleurs) et 96000 tonnes.

A cette flotte imposante s’ajoute 28000 tonnes de sous-marins côtiers et 51000 tonnes de navires auxiliaires (un navire-atelier, deux mouilleurs de mines, deux ravitailleurs de sous-marins, trois transports d’aéronautique……..).

Ce projet est retoqué par le gouvernement et modifié, redéposé sur le bureau de la Chambre le 16 décembre 1924 mais ne sera pas non plus voté, la Chambre des Députés accordant à la marine la construction de deux croiseurs de 1ère classe, de six torpilleurs et de deux sous-marins.

Ces deux croiseurs de 1ère classe sont étudiés pour profiter des limites du traité de Washington à savoir 10000 tonnes et une artillerie principale d’un calibre maximal de 203mm.

Le design de ces deux navires est fortement inspiré des Duguay Trouin. Les futurs Duquesne et Tourville sont conçus pour favoriser la vitesse au détriment de la protection qui est pour ainsi dire inexistante comme beaucoup de ces thinclad battleships (cuirassés en papier d’étain) avec un armement composé de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles.

Schéma de la classe Duquesne

Schéma de la classe Duquesne

Le Duquesne

Le Duquesne en 1937 avec les marques de neutralité imposées durant la guerre d'Espagne

Le Duquesne en 1937 avec les marques de neutralité imposées durant la guerre d’Espagne

-Le Duquesne est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 30 octobre 1924 lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 25 janvier 1929.

Le Duquesne forme la 1ère division légère au sein de la 1ère Escadre en Méditerranée en compagnie de son sister-ship Tourville puis à partir de mars 1930 avec le Suffren. Cette 1ère DL comportera jusqu’à cinq navires même si il était rare de voir les cinq navires disponibles ensemble.

D’octobre 1930 à juillet 1931, le Duquesne va servir de navire-école, faisant la jonction entre le croiseur cuirassé Edgar Quinet perdu sur les côtes algériennes et son remplaçant, le croiseur-école Jeanne d’Arc alors en construction à Saint-Nazaire. Ils transportent des élèves officiers avec le Tourville et le Suffren aux Antilles puis en Méditerranée orientale.

En octobre 1931, le Duquesne effectue une mission aux Etats Unis avec le Suffren avant d’être affecté définitivement en Méditerranée. Il est en travaux en 1933/34.

Le 1er novembre 1934, les «10000 tonnes» français sont réorganisés en deux divisions avec la 1ère DL composée de l’Algérie, du Colbert et du Dupleix et la 3ème DL composée du Foch, du Tourville, du Duquesne, le Suffren étant en réparations jusqu’à la fin de 1935.

La mise en service des croiseurs légers provoque la réorganisation des forces légères françaises avec en novembre 1937, la création de la 2ème DC avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, les croiseurs Algérie Foch Colbert et Dupleix formant la 1ère DC.

Au printemps 1940, on décidé de clarifier le système, attribuant les numéros impairs aux croiseurs lourds et les numéros pairs aux croiseurs légers.

Les Tourville et Duquesne forment ainsi la 5ème Division de Croiseurs (5ème DC) basée à Toulon en compagnie de la 1ère DC formée des Dupleix et Suffren alors que la 3ème DC formée du Colbert et du Foch est basée à Brest. L’Algérie restant lui hors rang puisqu’il sert de navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le Duquesne subit un grand carénage du 7 septembre 1940 au 27 juin 1941 au bassin n°8 (bassin Vauban) à Toulon. La coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les lignes d’arbre réalésées, le bloc passerelle refondu, les chaudières sont retubées, les turbines visitées, les diesels-alternateurs sont changés.

Au niveau de l’armement, les tubes des canons de 203mm sont changés, les canons de 75mm sont remplacés par six canons de 90mm modèle 1926 en six affûts simples et la DCA d’origine (canons de 37mm modèle 1933 et mitrailleuses de 13.2mm) remplacée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1940 en six affûts doubles et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940 en quatre affûts doubles. Les tubes lance-torpilles sont maintenus tout comme l’hydraviation embarquée.

Remorqué à quai le lendemain 28 juin, il subit une période de travaux complémentaires jusqu’au 5 août, date de son armement pour essais. Il sort pour essais du 8 au 17 août avant un stage de remise en condition du 20 août au 4 septembre 1941.

Il quitte Toulon le 11 septembre 1941, se ravitaille à Mers-El-Kébir le 13 septembre, relâche à Casablanca du 15 au 18 septembre avant d’arriver à Dakar le 22 septembre. Il effectue une importante école à feux au polygone de Rufisque du 25 septembre au 17 octobre 1941.
Après une nouvelle escale à Dakar du 18 au 23 octobre, il subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 24 octobre au 5 novembre avant une ultime escale à Dakar du 6 au 11 novembre, reprennant la mer le lendemain 12 novembre, faisant escale à Casablanca du 16 au 19 novembre avant de rentrer à Toulon le 23 novembre 1941.

Le Duquesne sort à nouveau pour entrainement du 1er au 7 décembre, faisant escale à Sète du 8 au 11 décembre avant de rentrer à Toulon le 13 décembre 1941 à l’aube. Il sort à nouveau pour un entrainement à la défense antiaérienne du 16 au 21 décembre puis pour un entrainement aviation du 23 au 27 décembre, restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Alors que le Tourville est encore en grand carénage, le Duquesne sort pour un entrainement dans le Golfe du Lion du 4 au 12 janvier avant de faire escale à Marseille du 13 au 17 janvier puis d’enchainer par un entrainement d’aviation du 18 au 27 janvier, rentrant à Toulon le lendemain 28 janvier.

Après sept mois de travaux, le Tourville est remis à flot le 7 février. Après une phase de travaux à quai du 7 au 21 février, il sort pour essais en compagnie du Duquesne du 22 au 25 février avant remise en condition du 27 février au 4 mars 1942.

Il participe à des manoeuvres au sein de la Flotte de la Méditerranée du 7 au 21 mars 1942 entre les côtes provençales et le Cap Corse, les croiseurs lourds de la 5ème DC manœuvrant avec  leurs congénères de la 1ère DC effectuant des raids antisurfaces et des simulations de bombardement littoral. Il sont tous de retour à Toulon le 24 mars 1942.

Abraham Duquesne étant originaire de Dieppe, le croiseur lourd appareille de Toulon le 4 avril 1942, fait escale à Ajaccio du 5 au 7 avril pour réparer un problème de diesel-alternateur, à Casablanca du 10 au 14 avril, à Brest du 17 au 21 avril, à Cherbourg du 22 au 25 avril avant d’arriver à Dieppe le 28 avril 1942. Il reste dans sa ville marraine jusqu’au 15 mai (charte signée le 29 avril) avant d’appareiller pour Toulon, faisant escale au passage à Brest du 18 au 21 mai, à Casablanca du 24 au 27 mai avant d’arriver à son port d’attache le 30 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 31 mai au 14 juin 1942, le croiseur lourd sort pour essais du 15 au 21 juin avant remise en condition au large du cap Corse du 22 juin au 4 juillet. Il rentre à Toulon le 7 juillet après une escale à Bastia les 5 et 6 juillet.

Le Duquesne et le Tourville sortent ensemble pour un exercice aviation du 12 au 17 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 20 juillet quand ils reprennent la mer pour des manœuvres avec la flotte au large d’Ajaccio du 20 au 29 juillet avant une escale dans la ville natale de Napoléon Bonaparte jusqu’au 5 août quand le Duquesne et le Tourville reprend la mer pour un nouvel exercice avec la 1ère DC (Suffren et Dupleix), les quatre croiseurs lourds menant un exercice d’interception et d’interdiction maritime et ce du 7 au 18 août 1942 avant de rentrer à Toulon le 20 août 1942.

Le croiseur lourd ressort du 5 au 20 septembre 1942 pour un nouvel exercice entre Marseille et Toulon en compagnie du Suffren puis du 25 septembre au 15 octobre 1942 avec le Dupleix. Il mouille à Bastia du 17 au  24 octobre avant de rentrer à Toulon le 25 octobre 1942 dans la soirée.

Il mouille aux Salins d’Hyères du 2 au 11 novembre puis effectue un stage de mise en condition pour amariner le nouveau personnel embarqué du 12 au 22 novembre avant de rentrer à Toulon le 24 novembre. Il sort à nouveau pour entrainement avec écoles à feux du 1er au 8 décembre, du 1é au 19 décembre et du 22 au 27 décembre.

La première sortie de l’année 1943 à lieu du 12 au 26 janvier 1943, une série de manœuvres au large de Toulon, des manœuvres menées avec l’armée de l’air avec des exercices de défense aérienne à la mer, de lutte ASM, de défense des lignes de communication, d’escorte de convois et de bombardement littoral. Il aurait du ensuite faire escale à Marseille mais une avarie de chaudière l’oblige à rentrer à Toulon dès le 27 janvier 1943.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 24 février 1943, le Duquesne sort pour essais du 25 février au 2 mars avant de retrouver à Ajaccio son sister-ship Tourville pour une remise en condition du 4 au 15 mars.

Le lendemain 16 mars 1943, les deux croiseurs lourds quittent Ajaccio, se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 18 mars, relâchent à Casablanca du 21 au 23 mars avant d’arriver à  Dakar le 28 mars 1943.

Ils réalisent une première école à feux du 30 mars au 9 avril avant une escale à Dakar du 10 au 13 avril, escale suivie d’une deuxième école à feux du 14 au 25 avril puis après ravitaillement, un exercice de défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai. Ils rentrent à Toulon le 9 mai 1943.

Les deux croiseurs lourds ressortent du 12 au 20 mai pour un exercice au large du Cap Corse suivit d’une escale commune à Nice du 21 au 28 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai dans la soirée.

Le Duquesne ressort deux fois entre le 5 et le 17 juin puis du 21 au 28 juin 1943 avant de subir un petit carénage au bassin n°8 du 1er juillet au 15 août 1943 au cours duquel les premiers radars sont installés. Il est en essais du 17 au 21 août avant remise en condition du 25 août au 9 septembre 1943.

Le 12 septembre 1943, le croiseur Saint Louis arrive à Toulon. La mise en service de ce puissant croiseur (14000 tonnes, 33 noeuds et 9 canons de 203mm en trois tourelles triples) entraine le déclassement du Duquesne le jour même de l’admission au service actif du croiseur le 15 septembre 1943.

Le Duquesne ne reste pas inactif pour autant. Il sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 16 au 24 septembre avant une escale à Marseille du 25 au 28 septembre, rentrant à Toulon le 29 septembre.

Il sort à nouveau pour un entrainement au combat antisurface du 5 au 15 octobre suivit d’une escale à Nice du 16 au 19 octobre avant un entrainement aviation au profit des Dewoitine HD-731 du bord et ce du 20 au 31 octobre, rentrant à Toulon le 1er novembre 1943.

Le 5 novembre 1943, le Tourville est remis à flot après son petit carénage. Le Tourville et le Duquesne sortent pour essais du 6 au 10 novembre avant remise en condition du 12 au 22 novembre, les deux navires rentrant à Toulon le 27 novembre après une escale à La Ciotat du 23 au 26 novembre.

Le Duquesne sort pour un entrainement aviation du 2 au 9 décembre, retrouvant en mer son sister-ship le lendemain 10 décembre, le Tourville ravitaillant son sister-ship avant que les deux croiseurs effectuent un combat antisurface du 11 au 18 décembre. Ils rentrent à Toulon le 24 décembre après une escale à Nice du 19 au 23 décembre.

Le Duquesne sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 15 janvier avant de faire escale à Alger du 16 au 20 janvier. Il quitte l’Afrique du Nord le 21 janvier, relâche à Casablanca du 23 au 26 janvier avant d’arriver à Dakar le 30 janvier 1944.

Il effectue une école à feux du 2 au 18 février avant une période de relâche à Dakar du 19 au 22 février avant une nouvelle école à feux du 23 février au 4 mars, quittant l’AOF le 5 mars, relâchant à Casablanca le 9 mars avant de rentrer à Toulon le 13 mars.

Il subit un petit carénage au bassin n°8 du 20 mars au 12 avril 1944 pour préparer son redéploiement en Indochine où il va être basé pour renforcer les Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO) avec le statut de navire-amiral.

Il quitte le Var le 15 avril 1944, fait escale à Bizerte du 17 au 19 avril, à Alexandrie du 22 au 25 avril, franchit le canal de Suez le 26 avril avant d’arriver à Djibouti le 30 avril où il reste immobilisé pour un problème de condensateur.

Le problème résolu, le croiseur lourd reprend la mer le 5 mai 1944, traverse l’Océan Indien en direction de Singapour où il arrive le 15 mai 1944 pour trois jours d’escale. Il repart le 19 mai pour Cam-Ranh où il arrive le 27 mai 1944.

Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 15 juin (avec un passage au bassin du 30 mai au 10 juin), le croiseur lourd devient navire-amiral des FNEO en remplacement du Duguay Trouin arrivé en Indochine en mars 1943.

Sa mission est d’assurer la défense de l’Indochine en couvrant notamment les lignes de communication avec la Malaisie, les Phillipines et les Indes Néerlandaises. L’attitude hostile de la Thaïlande à notre encontre fait que le croiseur lourd à aussi un rôle dissuasif vis à vis de la petite marine thaïlandaise.

Le Duquesne appareille pour la première fois de la base de Cam-Ranh le 18 juin pour Haïphong dans le cadre d’une mission de transport rapide. Arrivé dans le grand port du nord le 21 juin, le croiseur lourd est impliqué bien malgré lui dans une attaque mené par plusieurs bandes rebelles non identifiées.

Le croiseur met à terre sa compagnie de débarquement (90 hommes) pour aider les troupes de la garnison à traquer les assaillants qui parviennent à s’évanouir dans le delta. Suite à cet incident, le gouverneur de l’Indochine à Hanoï décide de renforcer la défense du grand port du nord.

Les abords de la ville vont ainsi être bien davantage surveillés grâce à un système de postes de surveillance, de barbelés et de champs de mines.

Cette ligne de surveillance ne cessera d’être renforcée au point de ressembler de loin pour certains à une mini Ligne Maginot, recevant le nom officieux de Ligne Doumer de Paul Doumer qui avant d’être président de la République de 1931 à 1932 avait été gouverneur général de l’Indochine de 1896 à 1902.

Le Duquesne va participer à ce renforcement en déployant sa compagnie de débarquement pour sécuriser les travaux et assurer des transports de troupes et de matériels depuis Cam-Ranh.

De retour à Cam-Ranh le 2 juillet, le croiseur lourd va ainsi effectuer huit rotations pour transporter acier, bétons, fils barbelés, armes, munitions mais également travailleurs jusqu’à la fin du mois de septembre.

La première le voit appareiller de sa base le 5 juillet pour Haïphong où il arrive le 9 juillet, repartant dès le lendemain 10 juillet pour Cam-Ranh où il arrive le 14 juillet.

Elle est donc suivit de sept autres rotations du 17 au 26 juillet, du 28 juillet au 6 août, du 8 au 17 août, du 20 au 29 août, du 1er au 10 septembre, du 13 au 22 septembre et du 24 au 30 septembre 1944.

Le croiseur lourd ressort le 5 octobre 1944 pour des manoeuvres en solitaire au large de Cam-Ranh, effectuant un tir sur cible mais également un entrainement de ses canonniers antiaériens.

Il rentre au port le 12 octobre 1944 et va ressortir encore trois fois jusqu’à la fin de l’année : du 15 au 21 octobre, du 8 au 20 novembre et du 2 au 20 décembre, toujours pour des entrainements dont certains ont lieu dans le Golfe de Siam suscitant à chaque fois la fureur de Bangkok qui y parle de «provocations nuisant aux bonnes relations franco-thaïlandaise».

Après un petit carénage du 5 janvier au 15 février 1945, le croiseur lourd ressort pour essais du 16 au 19 février. Le Duquesne et le Duguay-Trouin manœuvrent ensemble du 19 au 27 février avant de rentrer au port dans la soirée.

Le 4 mars 1945, le croiseur appareille pour Hong Kong où il arrive le 8 mars pour une visite protocolaire du gouverneur de l’Indochine au gouverneur de la colonie britannique. Le croiseur lourd est ouvert à la visite jusqu’au 12 mars quand il repart avec le gouverneur à bord pour Manille où M. de Richert va rendre visite à Manuel Roxas, le président des Phillipines, récément indépendantes (bien que de nombreuses troupes américaines soient toujours stationnées).

Arrivé à destination le 16 mars, le croiseur repart dès le lendemain pour manœuvrer avec l’Asiatic Fleet et la petite marine phillipine (deux vieux flush-decker et des chalutiers transformés en patrouilleurs étant les unités les plus importantes) et ce jusqu’au 25 mars quand il rembarque le gouverneur pour le ramener à Saïgon le 30 mars puis de rentrer dans la foulée à Cam-Ranh.

Le Duquesne quitte Cam-Ranh le 5 avril en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin pour des manœuvres conjointes dans le Golfe du Tonkin avec l’armée de l’air et l’armée de terre. Ils arrivent à Haïphong le 10 avril, retrouvant sur place la Flottille Côtière du Nord (FCN).

Cette FCN mise en place en 1943 est composé de navires réquisitionnés, de quelques navires de construction locales chargées de la sécurité des ports et du delta. Son navire-amiral après avoir été un temps le vieil aviso Nancy (toujours en service mais qui sert de ponton) est depuis mars 1944 le patrouilleur ex-torpilleur léger La Cordelière.

L’exercice commence le 11 avril d’abord à terre sur carte pour à la fois entrainer les état-majors, régler les différentes fréquences radios. Les choses sérieuses commencent le 12 avril avec un exercice de défense aérienne à la mer où des avions de l’armée de l’air vont tenter d’attaquer et de couler les deux croiseurs et la «poussière navale» de la FCN.

Les 13 avril et 14 avril 1945, le croiseur lourd effectue une simulation de tir contre la terre dans le cadre d’un assaut amphibie contre le port d’Haïphong, ce raid amphibie étant mené par un groupement composé composé de Légionnaires, de troupes coloniales et de supplétifs vietnamiens.

Face à ce débarquement, la garnison d’ Haïphong (4000 hommes) peut compter sur l’appui du Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une sorte de division cuirassée renforcée qui bien que puissant montre des difficultés à opérer dans le Delta. Si les assaillants ne parviennent pas à s’emparer de la ville, ils font suffisamment de dégâts pour rendre le port inopérant.

Durant tout cet exercice le croiseur léger lui à assuré l’appui de la garnison en tirant notamment des obus fumigènes et des obus éclairants qui provoquent d’ailleurs quelques incendies vite maitrisés.
L’exercice se termine le 16 avril par des manœuvres combinées, un exercice de synthèse où toutes les épreuves précédemment exécutées sont réalisées simultanément. Les deux croiseurs quittent le Golfe du Tonkin le 19 avril 1945 pour rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1945.

Le Duquesne est indisponible jusqu’au 17 mai 1945, sortant pour essais du 18 au 23 mai avant remise en condition au large de Cam-Ranh du 24 au 31 mai 1945.

Le 6 juin 1945, le croiseur lourd appareille pour Haïphong, effectuant un transport rapide en l’occurrence un bataillon de tirailleurs indochinois destiné à renforcer la protection du grand port du nord suite à des mouvements de troupes japonais à la frontière entre la Chine et l’Indochine.

Le bataillon est mis à terre le 12 juin pour renforcer la garnison qui atteint maintenant 5000 hommes, un solide morceau pour tout assaillant. Les autorités français ne font cependant pas d’illusions : si le Japon veut réellement l’Indochine, il l’aura.

Le croiseur rentre directement à Cam-Ranh le 18 juin 1945 où il retrouve de nouveaux venus en l’occurrence deux torpilleurs légers de la 7ème DT, les Niçois et Savoyard qui seront rejoint au début du mois d’octobre par les torpilleurs Béarnais et Catalan alors encore en mise en condition.

Avec l’arrivée prévue d’un porte-avions léger, les FNEO atteignent l’apogée de leur puissance avec un croiseur lourd, un croiseur léger et quatre torpilleurs légers sans oublier la poussière navale et que le déploiement permanent de sous-marins est sérieusement envisagé.

Le croiseur lourd sort ainsi le 25 juin avec les deux torpilleurs légers pour un entrainement au large de Cam-Ranh afin d’habituer les deux torpilleurs à leur nouveau milieu géographique. Les trois navires sont en exercices jusqu’au 5 juillet puis rejoints par le Duguay-Trouin le 6 juillet pour de nouveaux exercices jusqu’au 15 juillet 1945 quand les quatre navires remontent la rivière Saïgon pour mouiller à Saïgon jusqu’au 25 juillet avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité du 28 juillet au 9 août 1945, le croiseur lourd ressort le 12 août pour une mission de transport rapide en direction de Tourane, débarquant une compagnie d’infanterie légère pour réprimer d’importantes émeutes dans la grande ville du centre du Vietnam le 15 août 1945 avant de patrouiller au large de la ville, menaçant les quartiers insurgés du tir de ses canons jusqu’au 25 août, rentrant à Cam-Ranh le 28 août 1945 dans la soirée.

Il ressort à nouveau le 5 septembre 1945 pour une mission de présence en Asie du Sud Est, le Duquesne étant chargé de montrer le pavillon et de renforcer les liens avec les pays ou les colonies de la région.

Il effectue une première escale à Hong Kong du 10 au 15 septembre suivit d’une escale à Manille du 19 au 22 septembre, à Zamboanga du 25 au 29 septembre, Singapour du 3 au 8 octobre, Batavia du 10 au 15 octobre, franchit le détroit de La Sonde avant de faire escale à Padang du 18 au 21 octobre, Port Blair dans les îles Andaman du 24 au 27 octobre, Kuala Lumpur du 30 octobre au 3 octobre, Singapour à nouveau du 5 au 8 octobre avant de rentrer à Cam-Ranh le 12 octobre 1945.

Le 16 octobre 1945, le croiseur lourd ressort en compagnie des torpilleurs légers Savoyard et Niçois pour accueillir au large de Saïgon les torpilleurs légers Béarnais et Catalan qui vont permettre à la 7ème DT d’avoir les coudées franches. Le croiseur lourd ravitaille les deux torpilleurs pour leur permettre de gagner sans problème Cam-Ranh le 18 octobre dans la soirée.

Le croiseur lourd Duquesne ressort le 25 octobre pour un exercice avec les autres navires des FNEO. L’exercice commence par un raid des quatre torpilleurs contre le croiseur lourd suivit par le même exercice contre le croiseur léger puis par l’attaque du croiseur léger par les quatre torpilleurs menés par le croiseur lourd avant que l’inverse ne soit réalisé.

Après un exercice de défense aérienne à la mer, la force navale rentre à Cam-Ranh le 29 octobre 1945. Le croiseur lourd ressort encore du 2 au 12 novembre et du 5 au 17 décembre pour des transports rapides entre Cam-Ranh et Haïphong.

Après un petit carénage du 4 au 27 janvier, le croiseur lourd ressort avec le croiseur léger Duguay-Trouin et les torpilleurs légers Nicois et Catalan pour un exercice combiné avec l’armée de l’air au large de Saïgon du 28 janvier au 12 février 1946

Rentré à Cam-Ranh le 14 février 1946, le croiseur lourd reprend la mer le 20 février pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 25 février avant un long mouillage à Saïgon du 26 février au 5 mars 1946. Il rentre à Cam-Ranh le lendemain, 6 mars 1946.

Après une indisponibilité accidentelle pour des problèmes mécaniques du 12 mars au 4 avril, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 5 au 12 avril puis pour remise en condition du 13 au 21 avril. Il effectue ensuite un transport rapide entre Saïgon et Haïphong du 25 avril au 3 mai 1946 puis un autre entre Cam-Ranh et Haïphong du 7 au 18 mai 1946, rentrant à son port d’attache le 19 mai au soir.

Le 5 juin 1946, il quitte Cam-Ranh pour un exercice combiné avec le croiseur léger Duguay-Trouin  au large de Saïgon. Les deux navires effectuent des simulations de raids antinavires, de bombardements littoraux puis subissent les assauts répétés d’avionsde l’armée de l’air.

Le 10 juin 1946 alors que les deux croiseurs allaient rentrer à Cam-Ranh, la ville d’ Haïphong est secouée par de très violentes émeutes doublées d’une attaque de postes isolés qui ne laissent aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération.

La garnison de 5000 hommes est dépassée par les événements et réclame des renforts. Le transport par la mer étant le plus rapide, on ordonne aux deux croiseurs de gagner en urgence Tourane pour embarquer des renforts.

C’est ainsi que le Duquesne embarque 500 légionnaires du 5ème REI alors que le Duguay Trouin embarque 300 hommes du 11 ème RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) qu’ils débarquent à Haïphong le 12 juin 1946.

Ces 800 hommes vont former un groupe mobile occasionnel avec des chars Somua S-35 et des automitrailleuses Panhard du GMC. Leur apparition soulage la garnison en repoussant les bandes armées officiellement non identifiées et permettant à la garnison de rétablir l’ordre dans la ville.

Les croiseurs ont participé à cette reprise en main, le Duquesne tirant 58 obus de 203mm pour soulager plusieurs postes attaqués alors que le Duguay-Trouin tirait 120 obus de 155mm, obus explosifs et éclairants pour empêcher les infiltrations nocturnes.

Les deux croiseurs vont rester sur zone jusqu’au 5 août pour éviter que les braises ne se rallument avant de rentrer à Cam-Ranh le 10 août. Le Duquesne est indisponible du 12 août au 4 septembre 1946.

Il ressort le 5 septembre 1946 pour essais mais le 10 septembre 1946 en pleine nuit, il est victime d’une panne totale de propulsion provoquant son échouage à proximité du Cap Saint Jacques.

Le Cap Saint Jacques

Le Cap Saint Jacques

Fort heureusement, il n’y à eu aucun mort, seulement des blessés dont certains assez sérieux qui sont évacués grâce à un va et vien organisé avec la terre.

A l’aube, alors que le temps est encore clément, on tente de déséchouer le navire. Les tentatives effectuées par le croiseur échouent tout comme celle tentées par un cargo qui passait par là, le cargo Langlard (Compagnie de Navigation Côtière de l’Annam).

On décide alors d’alléger au maximum le navire et de faire appel à des moyens spécifiques. Par chance, un remorqueur de haute mer britannique était présent à Saïgon. Le Nemesis accepte aussitôt de participer aux travaux.

Le pétrolier Mékong va pomper tout le carburant présent dans les soutes, les obus sont déchargés sur le cargo Langard mais cela ne suffit pas.

Pour ne rien arranger, la météo se dégrage et les lames aggravent les avaries. Un vent violent oblige même les navires de sauvetage à se replier à l’abri du Cap Saint-Jacques, l’équipage étant évacué sauf le commandant et quinze hommes qui refusent d’abandonner «leur» navire.

Les secours reprennent le 12 septembre 1946. Les tourelles avant de 203mm sont débarquées tout comme toute la DCA légère (du moins celle accessible) et la catapulte. Le navire ainsi allégé se redresse presque naturellement n’affichant plus qu’une gite de 7° sur tribord.

Le Némésis passe une remorque mais celle-ci casse à la différence de celle du pétrolier Mékong qui parvient à ramener l’infortuné croiseur à Cam-Ranh où il arrive le 18 septembre 1946.

Mis au bassin, le croiseur dévoile des lignes d’arbres et des hélices tordues, une coque très endommagée.

Jugeant les dégâts trop importants pour un navire de son âge, la marine décide de désarmer le navire, désarmement officiel le 4 octobre 1946. Il est condamné le 9 octobre 1946.

Privé de son armement, l’ex-Duquesne va servir de brise-lames pour protéger l’Albert Caquot, brise-lames qui sera équipé à partir de 1948 de canons antiaériens pour renforcer la protection de la baie.

8-) Croiseurs lourds (1)

8°) CROISEURS LOURDS

Panorama

Au temps de la marine à voile, le coeur des différentes flottes était composé de navires de ligne, des navires massifs armés généralement de soixante à cent-vingt canons qui arrivés à portée de l’ennemie se plaçaient en colonnes pour canonner l’ennemi visant les mats ou la coque.

Il fallait également des navires pour d’autres missions comme l’éclairage, l’attaque du trafic marchand ennemi, la liaison avec la terre. D’où la présence de navires plus petits comme les frégates qui armées généralement d’une quarantaine de canons pouvaient mener des missions en étant d’une utilisation bien plus souple que les lourds navires de ligne.

A la fin du 19ème siècle apparaît un nouveau type de croiseur. Jusque là, les croiseurs étaient des navires mixtes combinant la voile et la machine à vapeur. Souvent déployés outre-mer où les installations d’entretien étaient rares avec des machines encore fragiles, il était vital que ces navires puissent continuer à se mouvoir même en cas de panne. En 1877 apparu le HMS Shannon considéré comme le premier croiseur cuirassé de l’histoire et bien vite les différentes marines imitèrent la Royal Navy.

La France tarda à se lancer dans la construction de tels navires mais en devint le principal constructeur,compensant ce retard par le zèle de nouveaux convertis. C’est au cours de la séance du 20 juillet 1887 que le Conseil des Travaux définit le croiseur cuirassé à la française. Pas moins de 25 navires allaient être construits.

Le Dupuy de Lôme est le premier croiseur cuirassé français

Le Dupuy de Lôme est le premier croiseur cuirassé français

Le premier fût le Dupuy de Lôme suivit par une classe de quatre navires, la classe Amiral Charner composé des Amiral Charner, Bruix, Chanzy et Latouche-Treville qui elle même est suivie par l’unique Pothuau, un dérivé des Amiral Charner puis par le croiseur cuirassé Jeanne d’Arc.

Le croiseur cuirassé Jean d'Arc alias "l'étui à cigarettes"

Le croiseur cuirassé Jeanne d’Arc alias « l’étui à cigarettes »

A l’unique Jeanne D’Arc succéda trois croiseurs cuirassés de classe Gueydon baptisés  Gueydon, Montcalm et Dupetit-Thouars, elle même suivie par la classe Sully composée de navires baptisés Sully, Amiral Aube, Gloire, La Marseillaise et Condé.

La Classe Dupleix qui succède aux Sully est une classe adaptée aux stations lointaines composé de trois navires baptisés Dupleix Kléber Desaix qui précède la classe Léon Gambetta (Léon Gambetta, Jules Ferry et Victor Hugo), elle même suivie par le Jules Michelet, un navire étroitement dérivé des précedents.

L’Ernest Renan est un navire unique dérivé du précédent et qui précède les deux derniers croiseurs cuirassés français baptisés Edgar Quinet et Waldeck Rousseau.

La marine nationale entre en guerre sans croiseurs légers modernes nécessaires aux missions qu’elle va mener. En effet, en Méditerranée, au combat d’escadre espéré, la marine est réduite à l’escorte de convois et au blocus du canal d’Otrante mené d’abord par les cuirassés puis par des croiseurs cuirassés.

Cette carence était connue depuis longtemps, le Conseil Supérieur de la Marine s’étant penché sur le problème dès le 17 mai 1909 mais la multiplication des projets fit qu’aucun navire n’était prêt au moment de la déclaration de guerre.

Schéma du convoyeur d'escadrilles

Schéma du convoyeur d’escadrilles

Il s’en était fallu de peu puisque le 10 juin 1914, un projet définitif de «convoyeur d’escadrilles» est présenté et accepté par le Comité technique et approuvé par le ministre de la marine Armand Gauthier De l’Aube, répondant au besoin exprimé par le programme naval de 1912 de dix «éclaireurs d’escadre».

La décision est alors prise de commander trois navires : deux à des chantiers et un troisième baptisé Lamotte-Picquet à l’Arsenal de Toulon qui en est informé par une décision ministérielle du 17 juillet 1914.

Le premier conflit mondial stoppe toute construction, les quatre années de conflit étant mises à profit pour remettre le projet sur le métier, aboutissant au final aux trois croiseurs légers de classe Duguay-Trouin (Duguay-Trouin, Primauguet et Lamotte-Picquet).

Le Duguay-Trouin premier croiseur "moderne" de la Royale

Le Duguay-Trouin premier croiseur « moderne » de la Royale

Parallèlement, le traité de Washington signé en février 1922 à stoppé la construction des cuirassés, des cuirassés dont le traité donne une définition précise : de 10000 à 35000 tonnes avec un armement supérieur à 203mm et inférieur à 406mm.

Toutes les marines vont alors construire des navires de 10000 tonnes armés de six à dix canons de 203mm, des navires appelés croiseurs de 1ère classe au sein de la marine nationale dont onze exemplaires seront construits.

4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent (3)

B-Le programme naval du 14 mai 1941 et les tranches de construction suivantes

En 1924, le ministre de la marine Georges Leygues avait échoué à faire accepter un véritable statut naval à des parlementaires réticents à laisser les coudées franches aux marins. En 1941, son successeur, Jules Belley est bien décidé à faire accepter à la Chambre des Députés, un programme naval s’étalant sur plusieurs années avec des tranches bien définies.

Après trois jours de négociations, compromis et promesses diverses, le programme naval présenté par l’amiral Darlan est voté à une écrasante majorité par les députés avec 455 voix pour et 152 contre. Ce programme prévoit ainsi cinq tranches de construction, les tranches 1941, 1942,1943,1944 et 1945.

La tranche 1941 prévoit ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. La marine nationale souhaite moins remplacer les Duguay-Trouin affectés aux théâtres d’opérations secondaire que renforcer sa capacité de combat contre la marine italienne voir la marine allemande.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

-Un croiseur léger antiaérien (navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord) de 7500 tonnes. Un temps, il fût envisagé la commande de quatre croiseurs antiaériens à la place des trois autres De Grasse mais au final, un seul CLAA fût commandé pour servir de navire de commandement à l’ELN chargée de verrouiller le Pas de Calais et de soutenir la Belgique et les Pays Bas.

Plan général d’un torpilleur type Le Hardi

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrepide (Le Hardi modifié) de 1732 tonnes chacun soit environ 6928 tonnes. Les Le Hardi sont mieux adaptés que les Bourrasque et les Adroit à l’escorte des nouveaux navires de ligne et les porte-avions mais leur DCA et leur rayon d’action laisse à désirer d’où les améliorations qui donnent naissance à la classe Intrepide.

-Deux torpilleurs légers de classe Le Fier de 1100 tonnes chacun soit environ 2200 tonnes. Ces deux navires sont destinés compléter les quatorze premiers navires déjà commandés et en cours de construction afin de permettre de mettre sur pied des divisions homogènes de quatre navires. Ces navires seront baptisés Le Béarnais et Le Catalan.

-Quatre corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 3800 tonnes.

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 30028 tonnes

La tranche 1942 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes qui doit permettre à terme de former une division de trois croiseurs soit une formidable puissance de feu (27 canons de 152mm).

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix de 2900 tonnes chacun soit un total de 8700 tonnes. Si les quatre Marceau sont destinés numériquement à compléter les Mogador et les Volta et que les Bayard sont destinés à remplacer les Jaguar, ces trois navires doivent remplacer nombre pour nombre trois contre-torpilleurs de classe Guépard.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces trois navires doivent commencer à remplacer les torpilleurs d’escadre les plus anciens sachant que la marine estime avoir besoin de trente-six torpilleurs d’escadre pour l’escorte des grandes unités de surface (trois porte-avions d’escadre et treize cuirassés) ce qui laisse encore vingt navires à construire.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Quatre canonnières fluviales de 700 tw destinés à la flottille du Rhin soit un total de 2800 tonnes

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

Soit un total de 26196 tonnes

La tranche 1943 prévoit la construction des unités suivantes :

-Deux cuirassés de classe Alsace soit 90000 tonnes. A l’origine, ces deux cuirassés devaient remplacer le Lorraine et renforcer la ligne de bataille mais ce dernier à été refondus pour servir d’escorteurs de porte-avions, les cuirassés baptisés Flandre et Bourgogne vont renforcer la ligne de bataille de la Royale

Le HMS Colossus identique aux deux porte-avions légers français

-Deux porte-avions légers de classe Alienor d’Aquitaine commandés en Grande Bretagne soit 34000 tonnes. Ce projet privé de la firme Vickers à intéressé la marine nationale avant même la Royal Navy. Ces deux navires (non encore baptisés en mai 1941) doivent à la fois remplacer le Commandant Teste mais également renforcer les FNFEO.

-Un croiseur léger de classe De Grasse de 8000 tonnes. Ce sixième et dernier croiseur léger de classe De Grasse doit permettre avec les croiseurs financés aux tranches 1941 et 1942 de constituer une division de trois croiseurs.

-Trois contre-torpilleurs de classe Bruix  de 2900 tonnes soit un total de 8700 tonnes. Ces trois navires doivent remplacer les trois derniers contre-torpilleurs de classe Guépard et former une division de trois navires.

-Trois torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit environ 5196 tonnes. Ces navires doivent remplacer trois autres torpilleurs de classe Bourrasque.

-Trois sous-marins de grande croisière type Rolland Morillot/La Praya soit 5400 tonnes baptisés Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes chacun baptisés Rance et Lèze

-Quatre canonnières fluviales de 600 tonnes destinés à l’Indochine et construites par l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

-Quatre remorqueurs médians de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 152396 tonnes

La tranche 1944 prévoit la construction des unités suivantes :

-Un porte-avions de 20000 tonnes. Il doit numériquement remplacer le vieux Béarn. Il semble acquis que son design sera différent des Joffre pour lesquels certains officiers émettent des réserves importantes. L’attaché naval français à Washington aurait pu ainsi acquérir les plans austere des Yorktown et des Essex. A l’heure du vote (mai 1941), le design n’est pas arrêté.

-Six torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes soit environ 10392 tonnes. Ces six navires doivent remplacer les six derniers Bourrasque.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod. de 1250 tonnes  chacun soit environ 5000 tonnes. Ils doivent remplacer les Melpomène qui à la mise en service des Le Fier doivent être transformés en patrouilleurs stationnaires, perdant leur canon de 100mm arrière et leur affût lance-torpilles.

-Six corvettes de type Flower anglais soit un déplacement total de 5400 tonnes. Ces navires sont destinés à compléter les aviso-dragueurs pour l’escorte des convois.

-Six vedettes lance-torpilles commandées en Grande Bretagne aux chantiers Vosper soit environ 300 tonnes.

-Deux pétroliers rapides de type La Seine soit un tonnage global d’environ 50000 tonnes. Ils doivent compléter les quatre navires déjà prévus et doivent comme eux être gréés pour le ravitaillement en mer à couple et à flèche.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes. Ces deux navires doivent assurer le ravitaillement au mouillage des navires français en munitions quand ils sont éloignés d’une base. Ceux basés en Méditerranée doivent aussi ravitailler les dépôts d’Afrique du Nord depuis la métropole. La possibilité d’actions amphibies devraient voir l’engagement de cargos de ce type.

-Deux pétroliers caboteurs de 2500 tonnes baptisés Ardèche et Blavet

-Quatre remorqueurs de 750cv soit 1600 tonnes

soit un total de 113992 tonnes

La tranche 1945 prévoit la construction des unités suivantes :

-Quatre torpilleurs d’escadre de classe Intrépide mod. de 1732 tonnes chacun soit un total de  6928 tonnes. Ces quatre navires vont remplacer nombre pour nombre les quatre premiers torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de type Le Fier mod.  de 1250 tonnes chacun soit environ 5000 tonnes. Ces navires doivent remplacer les Melpomène et épauler les Le Fier dans leur mission de combat de surface de jour comme de nuit.

-Six sous-marins type Rolland Morillot de 1800 tonnes chacun soit 10800 tonnes, sous-marins baptisés Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon

-Deux sous-marins spéciaux de 1600 tonnes chacun. Ces deux sous-marins doivent servir de navires expérimentaux à la fois sur le plan technique et sur le plan tactique. Ils vont être armés par le GASM

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

-Deux remorqueurs de 750cv soit un total de 800 tonnes

soit un total de 39128 tonnes

C-Les tranches 1946 1947 et 1948 : toujours plus

En juillet 1944, peu après les élections législatives (toujours favorables au PSF), le ministre de la marine, Jules de Marensche présente un nouveau programme naval couvrant les tranches 1946/1947/1948/1949/1950, espérant un vote rapide.

Les députés refusent de voter un programme naval, estimant le précédent loin d’être achevé. On se retrouve ainsi dans la situation de 1924 quand la Chambre des Députés refusa de voter le statut naval, préférant des tranches annuelles.

Si le programme naval de 1941 était destiné à augmenter le tonnage de la flotte (plus que pour renouveler les navires les plus anciens), les tranches navales à venir sont destiné à remplacer les navires dépassés ou usés.

La tranche 1946 finance ainsi la construction des unités suivantes :

-Un croiseur lourd type Saint Louis modifié de 15000 tonnes. Il est commandé pour contrer la commande par l’Italie d’un nouveau croiseur lourd après les trois croiseurs commandés en riposte à la commande des Saint Louis

-Un croiseur léger type C6 de 8000 tonnes. Il doit remplacer numériquement le Lamotte-Picquet (désarmé en 1946). Son armement devrait être différent des De Grasse soit des canons de 130mm pour en faire un nouveau CLAA ou des canons de 152mm plus modernes que ceux des De Grasse.

-Quatre torpilleurs de classe Intrepide Mod.  de 1800 tonnes chacun soit un total de 7200 tonnes qui doivent remplacer quatre autres torpilleurs de classe L’Adroit.

-Quatre torpilleurs légers de classe Le Fier mod. de 1250 tonnes chacun soit un total de 5000 tonnes, navires qui doivent remplacer les quatre derniers Melpomène.

-Un ravitailleur de sous-marin de 8000 tonnes, l’Atlantide

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis soit un total de 3200 tonnes

soit un total de 46100 tonnes

La tranche 1947 finance la construction des unités suivantes :

-Un cuirassé de type Province amélioré (47000 tonnes), le futur Languedoc

-Six contre-torpilleurs de type Bruix destinés à augmenter le tonnage de la flotte de 2900 tonnes chacun soit un total de 17400 tonnes

-Quatre sous-marins océaniques de type Rolland Morillot modifiés soit un total de 7200 tonnes. Les modifications sont ou seront issus des essais menés par le GASM.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Deux cargos rapides de type Oranie soit un tonnage global d’environ 16000 tonnes qui doivent mener des missions de ravitaillement et de transport.

Soit un total de 90800 tonnes

La tranche 1948 (qui se révéla in fine être la dernière du temps de paix) finance la construction des unités suivantes :

-Deux croiseurs légers type C6 de 8000 tonnes destinées à remplacer les deux unités survivantes de la classe Duguay-Trouin

-Quatre torpilleurs d’escadre type Intrépide Mod. de 1950 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

-Quatre dragueurs de mines océaniques de 800 tonnes commandés aux Etats Unis en raison de la saturation des chantiers français.

Soit un total de 27000 tonnes

4-Le programme naval de 1941 et ses suites : un effort sans nul précédent

A-Une flotte en expansion

Avant-propos

Depuis le 18 mars 1922 et le vote au Sénat d’un programme naval prévoyant la construction de trois croiseurs légers, de six contre-torpilleurs et de douze torpilleurs, la France à investit de manière significative dans une puissante marine de guerre.

Faute d’une industrie suffisamment développée et d’une volonté politique parfois faiblissante, l’investissement à été erratique, alternant des années où les tranches de construction navale étaient généreuses (par exemple le budget 1926 finança la construction de 57850 tonnes) et d’autres où il n’y avait que quelques navires (budget 1928, deux sous-marins soit 2258 tonnes) voir pas de constructions du tout comme en 1933.

La fin des années trente voit néanmoins la France réinvestir massivement dans sa marine de guerre en raison d’une guerre chaque jour plus menaçante et de la nécessité de remplacer les navires construits juste après le premier conflit mondial.

La première réaction de la France à lieu lors du vote du budget 1935 avec le financement de trois avisos de classe Chamois, de deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi et surtout du cuirassé de 35000 tonnes Richelieu soit 75510 tonnes.

Le budget 1936 (contingent du 31 décembre 1935 et tranche du 8 avril 1936) financent la construction de deux sous-marins de classe Minerve, de quatre avisos de classe Élan, de trois torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, du bâtiment-cible Impassible et de deux pétroliers de classe Adour soit 19910 tonnes.

C’est cependant à partir de 1937 que la France va multiplier le financement des constructions pour renforcer la flotte et commencer à renouveler les rangs d’une marine qui conçue à l’origine pour combattre les italiens en Méditerranée devait maintenant se frotter aux allemands, l’amiral Darlan estimant possible une «nouvelle bataille du Jutland».

Pour l’année 1937, le Parlement vote une tranche de 43211 tonnes (tranche du 31 décembre 1936 et contingent du 31 décembre 1937) avec le croiseur léger De Grasse, deux torpilleurs d’escadre de classe Le Hardi, quatre torpilleurs légers type Le Fier, quatre sous-marins classe Aurore, un sous-marin mouilleur de mines classe Émeraude, deux avisos coloniaux classe Bougainville, de six avisos de classe Elan, de quatre ravitailleurs d’hydravions de classe Sans Souci, d’un pétrolier de classe Adour et de douze chasseurs de sous-marins type CH1.

Pour l’année 1938, le Parlement vote le plus gros budget de construction navale avec 233818 tonnes répartis en cinq «tranches». La tranche de 1938 votée à la Chambre des Députés le 31 décembre 1937 voit le financement de la construction des porte-avions Joffre et Painlevé, du croiseur léger Guichen de classe De Grasse, trois torpilleurs de classe Intrépide (Le Hardi modifié), trois torpilleurs légers classe Le Fier et un sous-marin de classe Rolland Morillot.

La tranche 1938bis votée le 2 mai 1938 voit le financement de la construction des cuirassés Clemenceau et Gascogne, du croiseur léger Chateaurenault de classe De Grasse, de cinq torpilleurs  de classe Intrépide, de cinq torpilleurs légers Le Fier, de deux sous-marin de classe Rolland Morillot, de deux sous-marins de classe Aurore, de trois sous-marins mouilleurs de mines de classe Émeraude, d’un aviso colonial de classe Bougainville, de quatre avisos de classe Chamois, de six ravitailleurs d’hydravions de classe Goéland, de trois pétroliers de classe Adour et de quatre chasseurs de sous-marins.

Cette tranche est modifiée le 13 avril 1939 avec le remplacement de quatre des cinq torpilleurs de classe Intrépide par trois contre-torpilleurs de classe Marceau, l’ajout de trois chasseurs de sous-marins et l’annulation de l’aviso colonial.

Les décrets lois du 2 mai 1938 et du 31 décembre 1938 financent la construction de quatre pétroliers rapides classe La Seine, financés au titre du plan national de ravitaillement en combustibles.

Enfin la tranche 1938 bis complémentaire (ou 1938ter) finance la construction d’un contre-torpilleur de classe Marceau (destiné à compléter les Mogador et Volta en permettant la mise sur pied de deux divisions avec les trois navires d’avril 1939), de deux torpilleurs légers de classe Le Fier, de quatre sous-marins de classe Aurore, d’un aviso colonial Bougainville, de trois avisos de classe Chamois, de quatre corvettes classe La Malouine et de huit patrouilleurs de classe La Cancalaise.

L’année 1939 voit le vote par le parlement d’une tranche moins importante que celle de l’année passée qui était à dire vrai exceptionnelle avec 39114 tonnes.

Le décret loi du 24 juin 1939 autorise la construction d’un sous-marin de type Y4 classe Phénix, sous-marin qui reprend le nom d’un sous-marin de type Redoutable perdu par accident en Indochine.

Il est suivit le 11 novembre par un deuxième décret qui autorise la construction de 12 aviso-dragueurs de classe Chamois et de 18 corvettes de classe La Malouine et le 29 décembre 1939 par un troisième décret qui autorise la construction de 12 sous-marins de type Y3 (classe Vendémiaire) et d’un second sous-marin de type Y4 de classe Phénix.

Enfin, l’année 1940 voit le financement d’une autre importante tranche de construction navale (167513 tonnes) avec tout d’abord la décision prise le 19 février 1940 de commander aux Etats-Unis six patrouilleurs ASM de type L’Algéroise.

Elle anticipe sur le décret-loi du 1er avril 1940 qui autorise la construction des deux premiers cuirassés de classe Alsace, de trois croiseurs de classe Saint Louis, de six contre-torpilleurs de type Marceau (bientôt rebaptisés Bayard), de trois torpilleurs de classe Intrépide, de six sous-marins de classe Rolland Morillot et de cinq remorqueurs de type Buffle.

Néanmoins, en raison de nombreux goulets d’étranglement, les différentes tranches de construction prendront un retard assez conséquent en dépit de l’augmentation des capacité de construction des chantiers et des Arsenaux.

 Situation de la flotte au 1er juin 1940 : les navires

 Porte-avions

 

Le porte-avions Béarn dans sa configuration finale

-Porte-avions Béarn : basé à Brest, le premier porte-avions français est reclassé ravitailleur et transport d’hydravions. Son groupe aérien à été mis à terre en septembre 1939 et va servir d’encadrement aux groupes aériens des futurs porte-avions en construction (Joffre et Painlevé). Il va transporter des avions américains en France mais son désarmement est prévu pour 1943 au plus tard.

Le transport d’hydravions Commandant Teste en 1937

-Transport d’hydravions Commandant Teste : basé à Toulon, il sert de transport d’aviation, renforçant notamment les groupes aériens dans les colonies. Sa transformation en navire-atelier est sérieusement envisagée.

 Cuirassés

Le cuirassé Courbet en 1938

Courbet : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Paris, division basée à Brest. Son désarmement est prévu à l’admission au service actif du Richelieu prévue pour janvier 1941

Paris : Forme la 3ème Division de Ligne avec le Courbet, division basée à Brest. Son désarmement est prévu pour fin 1941-début 1942 quand le Jean Bart sera admis au service actif.

Cette 3ème DL est plus une division d’instruction qu’une réelle unité combattante. Néanmoins avec l’apport de personnels supplémentaires, il suffirait de quelques jours pour que ces deux cuirassés soient réarmés à effectifs de guerre.

Océan (ex-Jean Bart) :  démilitarisé depuis 1937, sert de ponton-école à Toulon sans pouvoir reprendre la mer.

Le cuirassé Bretagne à Toulon le 02 août 1939

Bretagne : profondément refondu à Brest entre 1940 et 1943 suivant des modalités semblables à celle des cuirassés italiens de classe Caio Diuilio et Andrea Doria. Il va assurer l’escorte du porte-avions  basé à Mers-El-Kebir.

Provence : Doit entrer en refonte à Brest en 1942 pour des travaux dont l’achèvement est prévu pour 1945. Il sera ensuite basé à Toulon. Il va assurer la protection du porte-avions intégré à la Flotte de de la Méditerranée.

Lorraine : En service en juin 1940. Elle doit subir à Brest ou à Cherbourg une refonte similaire à celle de ses sister-ship entre 1942 et 1945. Il sera intégré à la Flotte de l’Atlantique.

Croiseur de bataille Dunkerque au mouillage

Dunkerque : 1ère division de ligne basée à Toulon

Strasbourg :  1ère division de ligne basée à Toulon

Croiseurs lourds

Croiseur lourd Tourville

Tourville : 5ème DC avec son sister-ship Duquesne basé à Toulon

Duquesne : 5ème DC avec son sister-ship Tourville basé à Toulon

Les deux croiseurs lourds les plus anciens seront déployés en outre-mer après l’admission au service actif des Saint Louis.

Le croiseur lourd Suffren en 1936

Suffren :  1ère DC en compagnie du Dupleix à Toulon

Colbert : 3ème DC en compagnie du Foch à Brest

Foch : 3ème DC en compagnie du Colbert à Brest

Dupleix : 1ère DC en compagnie du Suffren à Toulon

Le croiseur lourd Algérie

Algérie : hors rang navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée

 Croiseurs légers

Croiseur léger Lamotte-Picquet en 1932

-Lamotte-Picquet : Saïgon

-Duguay-Trouin : Lorient

-Primauguet : Dakar

-Jeanne d’Arc : Fort de France

Le croiseur léger Emile Bertin à Calais le 22 juillet 1938

Emile Bertin : Bizerte (navire-amiral de la 4ème escadre légère)

 La Galissonnière : 2ème DC basée à Bizerte

Jean de Vienne : 2ème DC basée à Bizerte

 La Marseillaise : 2ème DC basée à Bizerte

Croiseur léger La Gloire en 1937

Gloire : 4ème DC basée à Brest

Montcalm : 4ème DC basée à Brest

Georges Leygues : 4ème DC basée à Brest

Contre-torpilleurs

Le contre-torpilleur Jaguar

-Classe Jaguar : Jaguar Panthère Léopard Lynx Chacal Tigre

Le contre-torpilleur Guépard en 1930-31

-Classe Guépard : Guépard Bison Lion Vauban Valmy Verdun

Le contre-torpilleur Albatros

-Classe Aigle : Aigle Vautour Albatros Gerfaut Milan et Epervier

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé

-Classe Vauquelin :  Vauquelin Tartu Chevalier Paul, Maillé-Brézé Kersaint et Cassard

Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

-Classe Le Fantasque : Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L’Indomptable

Le contre-torpilleur Volta à la mer

-Classe Mogador/Marceau : Mogador Volta (en attendant Marceau, Desaix, Kléber et Hoche)

Au 1er juin 1940, les trente-deux contre-torpilleurs de la marine nationale sont répartis de la façon suivante :

-1ère DCT (Bizerte) Vauban Lion Aigle

-2ème DCT (Brest) Jaguar Chacal Léopard

-3ème DCT (Bizerte) Guépard Verdun Valmy

-4ème DCT (Toulon) Tigre Lynx Panthère

-5ème DCT (Toulon) Tartu Vauquelin Chevalier-Paul

6ème DCT (Toulon) Mogador Volta

-7ème DCT (Toulon) Vautour Albatros Gerfaut

-9ème DCT (Toulon) Maillé-Brézé Kersaint Cassard

-8ème DCT (Brest) Le Triomphant L’Indomptable Le Malin

-10ème DCT (Brest) Le Fantasque Le Terrible L’Audacieux

-11ème DCT (Bizerte) Bison Epervier Milan

Comme nous pouvons le voir, les contre-torpilleurs ne sont pas répartis en fonction de leur classe mais la décision à été prise que pour le 1er janvier 1942, chaque classe de contre-torpilleurs formera deux divisions de trois navires. Une nouvelle division sera créée avec trois contre-torpilleurs de classe Mogador/Morceau.

Le 8 juin 1940, le contre-torpilleur Maillé-Brézé est gravement endommagé par l’explosion d’une torpille alors qu’il est au mouillage en grande rade à Toulon. Le navire coule droit. Il est relevé en février 1941 et démantelé.

Torpilleurs d’escadre

Le torpilleur d’escadre Bourrasque

-Classe Bourrasque : douze navires financés à la tranche 1922 du programme naval : Simoun Siroco Tempête Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe Tramontane Typhon Tornade

Torpilleur d’escadre L’Adroit

-Classe L’Adroit : quatorze navires financés à la tranche 1924 (L’Adroit L’Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse) à la tranche 1925 (Brestois Boulonnais Basque Bordelais) et à la tranche 1926 (Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant)

Le 23 février 1940, le torpilleur La Railleuse est victime lui aussi de l’explosion de ses torpilles, coulant droit à Casablanca alors qu’il était en escale. Il coule droit. L’épave sera relevée en 1944 et démantelée.

Ces vingt-cinq torpilleurs sont répartis de la façon suivante :

-Flotte de l’Atlantique : 1ère escadre 2ème flottille de torpilleurs 2ème DT Fougueux Frondeur L’Adroit 4ème DT Bourrasque Ouragan Orage 5ème DT Brestois Foudroyant Boulonnais 6ème DT Cyclone Siroco Mistral

-Flotte de la Méditerranée : 1ère flottille de torpilleurs 1ère DT La Palme Le Mars La Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun 7ème DT Tramontane Typhon Tornade

-Force de Raid (Bizerte Mers-El-Kebir) 3ème flottille de torpilleurs 8ème DT Bordelais Trombe L’Alcyon 9ème DT Forbin Basque.

-Aucun torpilleur de classe Le Hardi n’est encore en service le 1er juin 1940, le navire tête de série achevant à cette date ses ‘essais à la mer.

Torpilleurs légers

Torpilleur La Bayonnaise

-Classe Melpomène : (loi de finances du 31 mars 1931) La Melpomène La Flore La Pomone L’Iphigénie (loi de finances du 10 juillet 1931) La Bayonnaise La Cordelière L’Incomprise La Poursuivante (Loi des finances du 31 mars 1932) Bombarde Branlebas Bouclier Baliste.

Ces douze torpilleurs sont répartis en quatre divisions de torpilleurs : la 14ème DT formée par les Bouclier La Melpomène La Flore basée à Lorient, la 11ème DT formée par la La Cordelière L’Incomprise et le Branlebas basée à Cherbourg ou à Dunkerque, la 13ème DT formée par la Baliste La Bayonnaise et La Poursuivante basée à Toulon et la 12ème DT formée par les La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie basée à Bizerte.

-Aucun torpilleur de classe Le Fier (1010 tonnes) n’est en service au 1er juin 1940, les trois premiers en construction à Nantes (Le Fier l’Agile L’Entreprenant) étant en achèvement à flot.

Sous-marins

Le croiseur sous-marin Surcouf

*Sous-marin de grande croisière Surcouf : désarmement prévu pour 1942 après que plusieurs projets  de transformation eurent échoués (sous-marin de transport, sous-marin porte-hydravions après débarquement de la tourelle double de 203mm)

Sous-marin Dauphin

*Sous-marin de classe Requin (1100 tonnes) Requin Souffleur Morse Naval Marsouin Dauphin Caïman Phoque Espadon. Les sous marins de classe Requin étaient intégrés au sein de la 5ème escadrille dépendant du préfet maritime de la 4ème région (Bizerte).

Ces neuf sous marins étaient regroupés entre la 9ème Division de Sous Marins (Caïman Morse Souffleur) la 10ème DSM (Phoque Dauphin Espadon) et la 11ème DSM (Marsouin Narval Requin). Ces sous-marins doivent être remplacés rapidement par les Rolland Morillot en cours de construction.

Sous-marin Casabianca

*Sous-marin de classe Redoutable (1500 tonnes) Redoutable, Vengeur, Pascal, Pasteur, Henri Poincaré, Poncelet, Archimède, Fresnel, Monge, Achille, Ajax, Actéon, Acheron, Argo, Persée, Protée, Phenix (perdu le 15 juin 1939), Espoir, Glorieux, Centaure, Héros, Conquérant, Tonnant, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi-Ferruch, Sfax et Casabianca.

L’Escadre de l’Atlantique dispose de seize sous-marins de 1500 tonnes avec la 2ème DSM (Casabianca Achille Sfax Pasteur), la 4ème DSM (Le Centaure Pascal Argo Henri Poincaré), la 6ème DSM (Persée Ajax Poncelet Archimède) et la 8ème DSM (Agosta Bévéziers Ouessant Sidi Ferruch). Ces quatre divisions sont basées à Brest.

L’Escadre de la Méditerranée dispose de deux escadrilles de sous marins, la 3ème et la 5ème escadrille regroupées au sein de la 1ère flotille, la 3ème ESM regroupant les sous marins de 1500 tonnes et la 5ème escadrille des sous marins de 600 tonnes.

La 3ème escadrille dispose ainsi de la 1ère DSM (Le Héros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant), de la 3ème DSM (Protée Actéon Achéron Fresnel) et de la 5ème DSM (Espoir Pégase Monge)

Les sous-marins Redoutable et Vengeur sont basés à Cherbourg sous le commandement de Premar I, formant la 7ème DSM.

 

Sous-marin Argonaute

*Sous-marins de classe Sirène (600 tonnes) Ces douze navires sont financés à la tranche 1922 (Ondine perdu en 1928, Ariane, Sirène, Naïade, Circé, Calypso) et au contingent 1923 (Eurydice Danae Galatée Nymphe Thétis et Doris).

Ces sous marins sont tous basés en Méditerranée au sein de la Flotte de la Méditerranée

-A Toulon, nous trouvons la 13ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 5ème escadrille de sous marin et composé du Thetis, du Doris, du Circé et du Calypso.

-A Mers El Kebir, nous trouvons la 14ème DSM (Division de Sous Marins) dépendant de la 2ème escadrille de sous marin et composé de l’Eurydice, du Danaé, de l’Ariane et de la Diane d’une autre sous-classe.

-Les sous marins Sirène, Naïade et Galatée dépendent eux du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et formeraient avec l’Argonaute, la 19ème DSM en cas de conflit.

*Sous-marins classe Argonaute (630 tonnes). Ces seize navires sont financés au contingent 1926 (Argonaute Aréthuse Diane Méduse), au contingent 1927 (Amphitrite Antiope Amazone Atalante), au contingent 1928 (Orphée Oréade Orion Ondine) et au contingent 1928 (Le Psyché La Sibylle La Vestale et La Sultane).

Ces 16 sous marins sont répartis entre les forces de régions et les escadres :

-Le préfet de la 1ère Région Maritime basé à Cherbourg dispose sous ses ordres des sous marins Antiope, Amazone, Orphée et Sibylle qui formeraient en cas de guerre la 16ème DSM

-Le préfet de la 3ème région maritime basé à Toulon dispose sous ses ordres de l’Argonaute qui avec trois sous marins de classe Sirène ( Galatée Naïade Sirène) qui formeraient en cas de la guerre la 19ème DSM.

-Le préfet de la 4ème région maritime basé à Bizerte dispose sous ses ordres de l’Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane qui formeraient en cas de guerre la 17ème DSM.

-A Mers El Kebir dispose de la 2ème escadrille de sous marins et au sein de la 2ème ESM, la 14ème DSM qui dispose du Diane accompagné par trois sous marine de type Sirène (Danaé Ariane Eurydice), la 18ème DSM est composé de quatre classe Argonaute (Psyché Méduse Oréade Amphitrite ) et la 12ème DSM dispose des deux derniers Argonaute, les Orion et Ondine complétés par deux sous marins de type Amirauté (Minerve et Junon)

*Sous-marins de classe Amirauté (type 630 tonnes) Les six sous-marins de cette classe sont financés au contingent 1930 (Minerve Junon Vénus Iris) et au contingent 1936 (Pallas Cérès) et sont basés en Méditerranée.

Les Venus, Iris, Pallas et Cerès forment la 15ème DSM basée à Toulon au sein de la 5ème escadrille tandis que les Minerve et Junon forment la 12ème DSM (avec les Orion et Ondine de type Argonaute) intégrés à la 2ème escadrille de sous marins, escadrille elle même rattachée à la Force de Raid et basée à Mers El Kebir.

Les sous-marins de 600 tonnes et approchant doivent être remplacer par les Aurore/Phenix. Au 1er juin 1940, seul l’Aurore est pour ainsi dire en service, les autres étant seulement en construction.

 

sous-marin mouilleur de mines Rubis

*Sous-marins mouilleurs de mines classe Saphir : Ces six submersibles construits à l’Arsenal de Toulon sont financés au contingent 1925 (Saphir Turquoise), au contingent 1926 (Nautilus), au contingent 1927 (Rubis), au contingent 1929 (Diamant) et au contingent 1930 (Perle).

Les sous marins Diamant et Perle dépendent du préfet de la 3ème région maritime (Premar III) et sont basés à Toulon où ils formeraient en cas de guerre la 21ème DSM. Les sous marins Turquoise, Rubis, Saphir et Nautilus sont basés à Bizerte où ils dépendent du préfet de la 4ème région maritime (Premar IV), formant en cas de conflit la 20ème DSM.

-Les Emeraude sont encore en construction en juin 1940.