24-Armée de l’air (40)

Ordre de bataille (2) : organisation de l’armée de l’air après mobilisation

Comme nous venons de le voir, l’armée de l’air dispose en septembre 1948 d’un grand nombre de bases aériennes. La majorité existaient en septembre 1939, certaines étant des plate-formes opérationnelles pérennisées après la démobilisation et d’autres des créations nouvelles.

En effet, outre le maintien en état de terrains de réquisition et leur aménagement en bases pérénnes, de nouvelles bases sont aménagées, quatre bases majeures avec une dans l’est (Strasbourg-Entzheim BA 244) et trois dans l’ouest (BA 245 de Caen-Carpiquet, BA 246 de Rennes-Saint Jacques et BA 161 de Montoir de Bretagne). A noter qu’un projet de base aérienne à Chambery ne s’est pas concrétisé, faute de crédits.

Sur le plan opérationnel, les différentes armées vont disposer d’un groupement d’aviation composé d’éléments de chasse, d’attaque au sol, de bombardement et de reconnaissance, les GAO des corps d’armée engagés sur le front sont placés sous le commandement du corps d’armée dont ils portent le numéro, devant dès l’engagement opérationnel du Corps d’Armée effectuer des missions de reconnaissance pour ouvrir le chemin et pister l’ennemi en liaison avec le GRCA (Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée).

Les Escadrilles Régionales de Chasse vont assurer la défense locale notamment des grandes villes, étant en première ligne pour contrer les vols de reconnaissance et les raids de bombardement sur les grandes villes françaises.

Les Groupes de Chasse non engagés dans la couverture des armées forment une «réserve générale» en compagnie des autres unités de combat dans la même situation en particulier la majorité des unités de reconnaissance et de bombardement horizontal.

Quand aux bombardiers lourds, ils peuvent participer à la manœuvre terrestre générale mais leur rôle majeur est une campagne de bombardements stratégiques contre l’industrie allemande, l’attaque des villes étant interdite par le pouvoir politique français du moins tant que l’Allemagne ne fera pas de même.

En cas d’offensive ennemie, la «réserve générale» doit renforcer un point menacé et en cas d’offensive alliée, ils doivent servir à appuyer là où ça fait mal en l’occurence le Schwerpunkt pour obtenir la percée ou déstabiliser de manière irrémédiable le dispositif ennemi pour favoriser ailleurs la percée.

Après plusieurs semaines d’emploi, le retour d’expérience permet au général Mondory de réorganiser la chaîne de commandement pour la rendre plus efficace et plus réactive même si il n’y eut pas encore d’attaque à l’Ouest.

Sous l’autorité de l’EMGAA qu’il continue de diriger, il organise un Commandement d’Action Tactique ou CAT qui dirige les groupements d’aviation affectés aux armées qui restent sous le contrôle de l’armée de l’air mais qui mènent des missions de couverture, de reconnaissance et d’appui au profit des forces de manoeuvre de l’armée de terre.

Le Commandement Stratégique d’Action (CSA préféré à CAS pour éviter une confusion avec le terme anglais de Close Air Support) regroupe sous son autorité la «Réserve générale» soit les unités de chasse non engagées en soutien des armées, les unités de bombardement moyen et de bombardement lourd chargées de paralyser l’effort de guerre allemand et italien et les unités de reconnaissance.

Le Commandement Territorial (CTer) garde précieusement sous son autorité la Défense Antiaérienne du Territoire et les Escadrilles Régionales de Chasse.

Le Commandement de Soutien et de Logistique (CSL) à sous son autorité les unités de transport et d’entrainement.

Les commandements thématiques sont mis en sommeil et sur le plan administratif, les districts aériens militaires sont dissous ne laissant plus que les échelons ZAM et BA moins à cause d’une inefficacité criante que pour libérer le maximum de personnel pour des unités de combat.

Enfin les unités d’infanterie de l’air, les quatre GIA sont placés sous le contrôle opérationnel de l’armée de terre au grand dam des fantassins de l’air qui ne sont pas au bout de leurs surprises.

En effet à l’issue des opérations Merkur (attaque germano-italienne contre la Corse et Malte) et Bayard (attaque franco-britannique contre l’ASI), les quatre GIA sont fusionnés en deux régiments de chasseurs parachutistes (RCP) formant la base d’une division aéroportée en compagnie d’un régiment de fusiliers parachutistes (RFP) recruté par l’armée de terre et d’un régiment étranger de parachutiste créé par la Légion Etrangère mais ceci est une toute autre histoire.

24-Armée de l’air (39)

Zone Aérienne Militaire Maroc (ZAM-Maroc)

-Base aérienne 206 de Meknès

-Base aérienne 207 de Marrakech

-La base aérienne 208 de Guelmine est aménagée en 1947 pour mieux surveiller le sud marocain voir le Sahara espagnol

Zone Aérienne Militaire Algérie (ZAM-Algérie)

-Base aérienne 201 de Blida

-Base aérienne 202 d’Oran

-Base aérienne 203 d’Alger

Zone Aérienne Militaire Tunisie (ZAM-Tunisie)

-Base aérienne 204 de Tunis

-Base aérienne 205 de Sidi-Ahmed

-La base aérienne 209 de Sfax est créée en 1946 pour surveiller le Golfe de Syrte. Cette base va être utilisée également par l’Aviation navale.

Zone Aérienne Militaire du Levant (ZAM-Levant)

-Base aérienne 139 de Rayak

-Base aérienne de Damas-Mezzé qui reçoit le numéro 210 en 1944

-Base aérienne de Beyrouth qui reçoit le numéro 211 en 1944

Zone Aérienne militaire de l’Afrique Occidentale Française (ZAM-AOF)

-Base aérienne de Dakar-Ouakam qui reçoit le numéro 212 en 1944

-Base aérienne de Thiès qui reçoit le numéro 213 en 1944

Zone Aérienne Militaire de l’Afrique Equatoriale Française (AEF)

-District Aérien Militaire de l’AEF

-Base aérienne de Fort Lamy au Tchad qui reçoit le numéro 214 en 1944.

-Des terrains de secours sont sommairement aménagés dans le nord du Tchad pour une éventuelle offensive aérienne contre l’Africa Septentrionale Italiana (ASI), la Libye actuelle.

Cela se limite à des pistes balisées et des terrassements mais pour rendre ses terrains opérationnels, il faudra du matériel qui ne pourrait venir que d’Afrique du Nord ou de Métropole.

-District Aérien Militaire de Djibouti

-Base aérienne de Djibouti qui reçoit le numéro 215 en 1944

-District Aérien Militaire de Madagascar-La Réunion

-Base aérienne d’Ivato (Madagascar) qui reçoit le numéro 216 en 1944

-Une deuxième base aérienne est installée à Mahajanga en 1945 avec le numéro 217

Zone Aérienne Militaire Tonkin-Laos

-District aérien militaire du Tonkin

-Base aérienne de Tong qui en 1945 reçoit le numéro 218

-Base aérienne de Do-Son qui en 1945 reçoit le numéro 219

-Base aérienne de Kien-An qui en 1945 reçoit le numéro 220

-District Aérien Militaire du Laos

-Base aérienne de Viangchan qui en 1945 reçoit le numéro 221

Zone Aérienne Militaire du Cambodge

-Base aérienne de Pursat qui en 1945 qui reçoit le numéro 222

Zone Aérienne Militaire Annam-Cochinchine

-District Aérien Militaire de Cochinchine

-Base aérienne de Tan-Son-Nhut près de Saigon (c’est aujourd’hui l’aéroport international de la 2ème ville du pays) qui en 1945 reçoit le numéro 223

-District Aérien Militaire d’Annam

-Base aérienne de Dong-Hoï qui en 1945 reçoit le numéro 224

-Base aérienne de Tourane/Da Nang qui en 1945 reçoit le numéro 225

Zone Aérienne Militaire du Pacifique (ZAM-Pacifique)

-Base aérienne de Nouméa-Tantouta qui hérite à sa création du numéro 226

-Projet non concrétisé d’une base aérienne à Tahiti

 Zone Aérienne Militaire des Antilles (ZAM-Antilles)

-Base aérienne de Fort de France installée à proximité de la base aéronavale à tel point que la BA 227 et la BAN de Fort de France-Schoelcher sont jointes

-Base aérienne de Point-à-Pitre installée sur l’aérodrome civil, base aérienne recevant le numéro 228

-Base aérienne de Cayenne qui reçoit le numéro 229

24-Armée de l’air (38)

3ème Zone Aérienne Militaire (3ème Z.A.M)

-La 3ème Zone Aérienne Militaire dispose du 4ème district qui correspond à la 4ème RM, du 5ème district qui correspond à la 5ème région militaire et du 14ème district qui correspond à la 14ème RM.

-Bases aériennes du 4ème district aérien militaire

-Base aérienne 161 de Montoir de Bretagne construite entre 1940 et 1944

-L’aéroport de Nantes-Chateau Bougon sert occasionnellement d’aérodrome militaire rien que par la présence de l’usine de la SNCAO de Bouguenais (livraison des avions), cet aérodrome accueillant des avions en transit lors par exemple d’exercices.

-Base Aérienne 246 de Rennes-Saint Jacques activée à l’été 1948 en utilisant une partie des infrastructures de l’aérodrome

-Bases aériennes du 5ème district aérien militaire

-Base aérienne 113 de Rochefort

-Bases aériennes du 14ème district aérien militaire

-Base aérienne 103 de Châteauroux

-Base aérienne 109 de Tours

-Base aérienne 114 de Romorantin

-Base aérienne 120 de Châteaudun

-Base aérienne 122 de Chartres-Champol

-Base aérienne 123 d’Orléans

-Base aérienne 127 d’Avord

-Plate-forme opérationnelle de Briare désactivée en juillet 1940 lors de la démobilisation. Elle est réactivée en septembre 1948, devenant la base aérienne 187.

4ème Zone Aérienne Militaire (4ème Z.A.M)

-La 4ème Zone Aérienne Militaire dispose du 6ème district qui correspond à la 6ème RM et du 7ème district qui correspond à la 7ème RM.

-Bases aériennes du 6ème district aérien militaire

-Base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac

-Base aérienne 124 de Cazaux

-Base aérienne 136 de Pau

-Bases aériennes du 7ème district aérien militaire

-Base aérienne 101 de Toulouse-Francazal

-Base aérienne 153 de Toulouse-Pérignon

5ème Zone Aérienne Militaire (5ème Z.A.M)

-La 5ème Zone Aérienne Militaire dispose du 8ème district qui correspond à la 8ème RM et du 13ème district qui correspond à la 13ème RM.

-Bases aériennes du 8ème district aérien militaire

-Base aérienne de Lezignan qui en 1944 reçoit le numéro 162

-Base aérienne de Perpignan (terrain de guerre devenue base aérienne en 1945, la BA étant une annexe à un aérodrome civil) qui à sa création effective reçoit le numéro 163

-Bases aériennes du 13ème district aérien militaire

-Une base aérienne est aménagée à Clermont-Ferrand moins dans un rôle opérationnel que pour permettre l’évacuation des avions produits par la SNCAC. Lieu important de stockage d’appareils neufs, il pourrait servir de base de déconcentration en temps de guerre. Reçoit le numéro 243.

6ème Zone Aérienne Militaire (6ème Z.A.M)

-La 6ème Zone Aérienne Militaire dispose du 9ème district qui correspond à la 9ème RM, du 10ème district qui correspond à la 10ème RM et du 11ème district qui correspond à la 11ème RM.

-Bases aériennes du 9ème district aérien militaire

-Base aérienne 108 de Marignane

-Base aérienne 125 d’Istres

-Base aérienne 130 de Salon-de-Provence

-Base aérienne de Cannes-Mandelieu qui en 1944 reçoit le numéro 164

-Base aérienne d’Orange-Plan-de-Dieu qui en 1944 reçoit le numéro 165

-Plate-forme opérationnelle du Luc pérénnisée après la démobilisation qui reçoit ultérieurement le nom de base aérienne 186.

-Plate-forme opérationnelle de Sisteron pérénnisée après la démobilisation qui reçoit ultérieurement le nom de base aérienne 194.

-Base aérienne d’Avignon qui en 1944 reçoit le numéro 166

-Base aérienne de Calvi-Sainte Catherine qui en 1944 reçoit le numéro 167

-Base aérienne de Campo del Oro près d’Ajaccio qui en 1944 reçoit le numéro 168

-Base aérienne de Solenzara qui en 1944 reçoit le numéro 169

-Bases aériennes du 10ème district aérien militaire

-Base aérienne 155 de Romans

-Bases aériennes du 11ème district aérien militaire

-Base aérienne 105 de Lyon-Bron

-Base aérienne de Valence qui en 1944 reçoit le numéro 170

-Plate-forme opérationnelle de Chambarand pérénnisée après la démobilisation mais mise en sommeil entre 1940 et 1948. Elle est réactivée sous le nom de base aérienne 195 en août 1948.

-Plate-forme opérationnelle de Saint-Etienne de St-Geoirs pérénnisée après la démobilisation mais mise en sommeil entre 1940 et 1948. Elle est réactivée sous le nom de base aérienne 196 en août 1948

-Plate-forme opérationnelle de Loyettes pérennisée après la démobilisation et qui ultérieurement reçoit le nom de base aérienne 185.

-Plate-forme opérationnelle de Marcilloles désactivée à la démobilisation et qui ultérieurement reçoit le nom de base aérienne 188.

24-Armée de l’air (37)

2ème Zone Aérienne Militaire (2ème Z.A.M)

-La 2ème ZAM dispose du 12ème district qui correspond à la 12ème RM, du 15ème district qui correspond à la 15ème RM, du 16ème district qui correspond à la 16ème RM et du 17ème district qui correspond à la 17ème RM.

-Bases aériennes du 12ème district aérien militaire

-Base aérienne 102 de Dijon

-Base aérienne de Luxeuil qui reçoit en 1944 le numéro 149

-Base aérienne de Dôle qui reçoit en 1944 le numéro 150

-Plate-forme opérationnelle de Chissey-sur-Loue pérénnisé après la démobilisation, devenant la base aérienne 183

-Plate-forme opérationnelle de Lure-Malbouhans désactivée en août 1940 mais réactivée en septembre 1948 sous le nom de base aérienne 184

-Plate-forme opérationnelle de Chamblay désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 239

-Bases aériennes du 15ème district aérien militaire

-Base aérienne 111 de Mourmelon

-Base aérienne 112 de Reims

-Base aérienne de Troyes-Barberey qui reçoit en 1944 le numéro 152

-Base aérienne de Chaumont-Sémoutiers qui reçoit en 1944 le numéro de 156

-Base aérienne de Vouques qui reçoit en 1944 le numéro 189

-Base aérienne de Vitry le François qui reçoit en 1944 le numéro 157

-Base aérienne 138 de Romilly

-Plate-forme opérationnelle de Saint-Dizier maintenue en activité réduite de septembre 1940 à juin 1948 date de son activation sous le nom de base aérienne 192.

-Plate-forme opérationnelle de la Perthe mise en sommeil en août 1940 avec un détachement de gardiennage fournit par la B.A 138. Réactivée dès juillet 1948 avec le nom de base aérienne 191.

-Plate-forme opérationnelle de Wez-Thuizy désaffectée en septembre 1940 mais réactivée en juin 1948 avec le numéro 171.

-Plate-forme opérationnelle de Suippes maintenue en activité réduite de 1940 à 1948 date elle devient une base majeure avec le numéro 172

-Plate-forme opérationnelle de Châtel-Cléhéry désaffectée en septembre 1940 mais réactivée en septembre 1948 comme base aérienne avec le numéro 177.

-Plate-forme opérationnelle de Anglure-Vouarces désaffectée en septembre 1940 mais réactivée en septembre 1948 comme base aérienne avec le numéro 179

-Plate-forme opérationnelle de Challerange désaffectée en septembre 1940 mais réactivée en août 1948 avec le nom de base aérienne 190

-Plate-forme opérationnelle de Tournes-Belval désactivée en juillet 1940. Réactivée à l’été 1948 dans le cadre des préparatifs préliminaires de mobilisation, elle devient la base aérienne 233 en septembre.

-Plate-forme opérationnelle d’Attigny désactivée en juillet 1940. Elle est réactivée en juillet 1948 et devient la base aérienne 235 en septembre.

-Bases aériennes du 16ème district aérien militaire

-Plate-forme opérationnelle de Belfort pérénisée après la démobilisation, recevant le nom de base aérienne 193.

-Base Aérienne 244 de Strasbourg-Entzheim créée en septembre 1947 sur une partie de l’emprise de l’aéroport créé en 1935.

-Bases aériennes du 17ème district aérien militaire

-Base aérienne 121 de Nancy-Essey

-Base aérienne de Toul-Ochey qui en 1944 reçoit le numéro 159

-Base aérienne 138 de Metz-Frescaty

-Base aérienne 151 de Metz-Chambières

-Base aérienne 154 d’Epinal

-Plate-forme opérationnelle de Toul-Croix de Metz qui devient la base aérienne 160 en 1944

-Plate-forme opérationnelle de Xaffevilliers désaffectée en août 1940, réactivée à la mobilisation où elle devient la base aérienne 173

-Plate-forme opérationnelle de Velaine en Haye près de Nancy est désaffectée en août 1940. Elle est réactivée en août 1948 pour déconcentrer les forces stationnées à Nancy et recevant le numéro 180.

-Plate-forme opérationnelle de Martigny-les-Gerbonvaux au sud de Toul est désaffectée en août 1940. Elle est réactivée en août 1948 pour déconcentrer les forces stationnées à Toul et recevant le numéro 181.

-Plate-forme opérationnelle de Neufchâteau au sud de Toul (entre Toul et Martigny-les-Gerbonvaux) est désaffectée en août 1940. Elle est réactivée en août 1948 pour déconcentrer les forces stationnées à Toul, recevant à cette occasion le numéro 182.

-Plate-forme opérationnelle de Stenay désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 234.

-Plate-forme opérationnelle de Spincourt désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 236

-Plate-forme opérationnelle d’Etain désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 237

-Plate-forme opérationnelle de Mars-le-Tour désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 238

-Plate-forme opérationnelle d’Adelot désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 240

-Plate-forme opérationnelle de Delme désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 241

-Plate-forme opérationnelle de Morhange désactivée à l’été 1940, réactivée en août 1948, devenant en septembre, la base aérienne 242

24-Armée de l’air (36)

P-Ordre de bataille de l’armée de l’air en septembre 1948

Préambule

Comme les autres forces armées, l’armée de l’air commence dès la mi-août 1948 ses préparatifs de mobilisation en rappelant des réservistes spécialisés, en préparant les lettres de rappel en vérifiant les stocks et les dépôts, en préparant les commandes de guerre…… .

Sur les bases du temps de paix, les escadrilles, les groupes et les escadres se préparent au combat, certains ralliant des terrains de dispersion pour pouvoir appuyer facilement les armées.

Les escadrilles régionales de chasse mettent en place à partir du 29 août, une patrouille simple (trois avions) en permanence en vol pour contrer d’eventuels raids de bombardiers allemands. De nuit, ce sont les trois escadres de chasse de nuit déployées en métropole qui prennent le relais.

Cette permanence est cependant suspendue le 3 septembre mais pour peu de temps car les hostilités éclatent dès le 5 septembre 1948 par l’invasion du Danemark et de la Norvège par les allemands.

L’armée de l’air craignant une attaque simultanée à l’ouest multiplie ses missions de reconnaissance au dessus de l’Allemagne ce qui occasionne les premières pertes chez les aviateurs qu’ils soient de la reconnaissance, de la chasse et même du bombardement, plusieurs ports d’Allemagne du Nord étant bombardés pour gêner l’envoi en Norvège de renforts allemands alors que le corps expéditionnaire de Weserubung était sérieusement accroché par le CEFAN.

Sur le plan de l’organisation, les GAO sont placés sous l’autorité des corps d’armée dont ils portent le numéro (à l’exception des corps d’armée gardés en réserve) et les différentes armées vont disposer d’un groupement d’aviation (GRAVIA).

Les autres groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance et de transport forment une sorte de Réserve Générale utilisable pour renforcer les différents groupement d’aviation ou pour mener des opérations stratégiques comme le bombardement des industries de la Rhur ou le minage du Rhin.

Quand aux écoles, ils accélèrent la formation des jeunes pilotes affectueusement surnomés les «Marie-Louise» et «militarisent» des pilotes civils pour dans un premier temps assurer le convoyage des avions entre les dépôts et les bases aériennes opérationnelles en attendant de remplacer les pilotes expérimentés disparus au combat.

La Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) est également renforcée avec un nombre plus important de pièces braquées vers le ciel en attendant d’hypothétiques bombardiers allemands, menace qui se concrétise au dessus de Paris dès le 12 septembre quand des Dornier Do317 attaquent les industries d’armement de la banlieue parisienne non sans y laisser des plumes sous les coups des ERC et des GC encore déployés autour de Paris ainsi que de la DCA notamment les canons les plus lourds.

Dornier Do317, descendant du Do17 et du Do217

Dornier Do317, descendant du Do17 et du Do217

Ordre de bataille (1) : organisation de l’armée de l’air à l’été 1948

Dans cette partie, je vais mettre en pratique l’organisation théorique expliquée au début de ce chapitre avec l’état-major général de l’armée de l’air, les zones aériennes militaires…….. .

Cette organisation thérorique va ensuite cédé la place à une organisation mieux adaptée aux besoins du terrain, l’organisation du temps de paix se mettant en retrait.

-Etat-major général de l’Armée de l’Air implanté dans le 15ème arrondissement de Paris. Il s’installe ensuite sur la base aérienne de Villacoublay en banlieue parisienne dans des blockaus protégés.

-Commandement Administratif de l’Armée de l’Air qui à sous son autorité les état-majors des Zones Aériennes Militaires (ZAM) elles mêmes subdivisées en districts qui correspondent aux régions militaires.

Chaque district à ensuite sous son autorité les bases aériennes dont le chef est chargé de son entretien, du maintien de sa qualité de base opérationnelle et de l’organisation de sa défense avec notamment un droit de réquisition étendu en temps de guerre.

1ère Zone Aérienne Militaire (1ère Z.A.M)

-La 1ère ZAM dispose du 1er district qui correspond à la 1ère RM, du 2ème district qui correspondant à la 2ème RM et du 3ème district qui correspond à la 3ème RM.

-Bases aériennes du 1er district aérien militaire

Base aérienne 104 de Dugny qui est en réalité l’aéroport du Bourget, le grand aéroport français de l’époque

Base aérienne 107 de Villacoublay

Base aérienne 110 d’Etampes

-Base aérienne 116 de St-Cyr l’Ecole

-Base aérienne 117 de Paris-Issy

-Base aérienne 118 d’Orly

-Base aérienne 119 de Nanterre

-Base aérienne de Coulommiers-Voisin qui en 1944 reçoit le numéro 126

-Base Aérienne du Buc qui en 1944 reçoit le numéro 129

-Base Aérienne de Meaux-Esbly qui en 1944 reçoit le numéro 135

-Base Aérienne de Melun-Villaroche qui en 1944 reçoit le numéro 137

-Base aérienne de Persan-Beaumont qui en 1944 reçoit le numéro 139

-Base aérienne de La Ferté-Gaucher qui en 1944 reçoit le numéro 140

-Base aérienne de Nangis qui en 1944 reçoit le numéro 141

-Base aérienne de Roye-Amy qui en 1944 reçoit le numéro 158

-Bases aériennes du 2ème district aérien militaire

-Base Aérienne de Cambrai qui en 1944 reçoit le numéro 142

-Base aérienne de Saint Omer-Wizerne qui en 1944 reçoit le numéro 143

-Base aérienne de Chantilly-les Aigles qui en 1944 reçoit le numéro 145

-Base aérienne de Beauvais en 1944 reçoit le numéro 188

-Base Aérienne de Laon-Chambry qui en 1944 reçoit le numéro 148

-Base aérienne de Soisson-Saconin qui en 1944 reçoit le numéro 149

-Base aérienne 152 de Compiègne-Royallieu

-Base aérienne de Montdidier qui reçoit en 1944 le numéro 158

-Plate-forme opérationnelle de Couvron désactivée en septembre 1940, réactivée en juillet 1948 avec le numéro 178 et le nom de base aérienne de Laon-Couvron

-Plate-forme opérationnelle de Norrent-Fontes qui est pérénnisé après la démobilisation, devenant la base aérienne 144

-Plate-forme opérationnelle du Plessis-Belleville qui est pérénnisée après la démobilisation recevant le numéro 174

-Plate-forme opérationnelle de Betz-Bouyancy qui est pérénnisée après la démobilisation recevant en 1945 le numéro 175

-Plate-forme opérationnelle de Clastres-Saint-Simon. Aérodrome civil avant guerre, militarisée entre septembre 1939 et juin 1940, démilitarisée en septembre 1940 et remis sous le contrôle de l’armée de l’air au mois d’août 1948 avec le numéro 176.

-Plate-forme opérationnelle de Dunkerque activée sous le nom de base aérienne 197 en juillet 1948

-Plate-forme opérationnelle de Denain désactivée en août 1940 et réactivée en juillet 1948 qui devient la base aérienne 198

-Plate-forme opérationnelle de Valenciennes désactivée en août 1940 et réactivée en août 1948 qui devient la base aérienne 199

-Plate-forme opérationnelle de Le Quesnoy désactivée en août 1940 et réactivée en août 1948 qui devient la base aérienne 200

-Plate-forme opérationnelle de Villiers-les-Guise désactivée en septembre 1940, réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 230.

-Plate-forme opérationnelle de La Feré-Courbes désactivée en septembre 1940 réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 231.

-Plate-forme opérationnelle d’Athiès désactivée en août 1940, réactivée en juillet 1948, devenant en septembre 1948 la base aérienne 232.

-Bases aériennes du 3ème district aérien militaire

-Base Aérienne de Rouen-Boos qui reçoit en 1944 le numéro 146

-Base Aérienne de Le Havre-Octeville qui reçoit en 1944 le numéro 147

-Base aérienne 245 de Caen-Carpiquet créée au printemps 1948 sur l’emprise de l’aérodrome civil qui continue son activité

24-Armée de l’air (6)

C-Les avions de l’armée de l’air (1) : les chasseurs monomoteurs

Préambule

Quand la France entre en guerre en septembre 1939, la chasse française se compose d’appareils assez anciens, le plus récent étant le Morane-Saulnier MS-406 qui avait forte impression lors de son apparition mais qui comme beaucoup d’avions de l’époque (et pas seulement français) avait été vite dépassé par une technologie qui brûlait les étapes de l’évolution technique à une vitesse folle.

Des appareils modernes étaient dans les tuyaux et à divers stades du dévellopement (Dewoitine D-520, Arsenal VG-33 et dérivés) mais leur arrivée en ligne était encore loin d’être acquise ce qui fait dire à un pilote anonyme que si «nous avions du nous battre contre les allemands avec ces avions c’est comme si un boxeur avait du affronter Marcel Cerdan avec une main attachée dans le dos».

Fort heureusement, la guerre de Pologne s’est terminée avant que les allemands n’attaquent à l’ouest ce qui permis à la chasse française de croître en quantité et en qualité avec des appareils dont la modernité et la qualité n’avait rien à envier à leurs homologues allemands.

Curtiss H-75 en vol

Curtiss H-75 en vol

Au printemps 1940, la chasse française aligne en métropole et en Afrique du Nord vingt-sept groupes de chasse équipés de Curtiss H-75 pour quatre d’entre-eux, de Bloch MB-152 pour huit d’entre-eux, de Dewoitine D-520 pour deux groupes et enfin de Morane-Saulnier MS-406 pour les treize autres.

Huit ans et demi plus tard, la situation est sans commune mesure, c’est le jour et la nuit. Non seulement le nombre de groupes de chasse est passé de vingt-sept à quarante-huit mais les appareils en service sont le nec plus ultra de la technologie française de l’époque :

Curtiss H-81

Curtiss H-81

-Six groupes équipés de Curtiss H-81, successeur du Curtiss H-75 et plus connu sous son nom américain de P-40 Warhawk répartis entre les 4ème et 5ème Escadre de chasse

-Neuf groupes équipés de Dewoitine D-520 répartis entre les 3ème, 6ème et 7ème Escadre

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

-Huit groupes équipés d’Arsenal VG-33 répartis entre les 1ère et 2ème Escadre pour six d’entre-eux, les deux autres équipant une nouvelle escadre la 14ème Escadre de Chasse avec un troisième groupe équipé de VG-36

-Trois groupes équipés d’Arsenal VG-36 répartis entre la 14ème Escadre (un groupe) et la 15ème Escadre (deux groupes en compagnie d’un groupe équipé de VG-39)

-Sept groupes équipés de VG-39 répartis entre la 10ème Escadre (trois groupes), la 15ème Escadre (un groupe) la 16ème Escadre de Chasse (trois groupes)

Dewoitine D-551 encore non peint

Dewoitine D-551 encore non peint

-Trois groupes équipés de Dewoitine D-551 équipant la 19ème Escadre de Chasse

-Six groupes équipés de Bloch MB-157 répartis entre les 8ème et 9ème Escadres de Chasse

-Six groupes équipé de Bloch MB-159 répartis entre les 17ème et 18ème Escadres de Chasse

A ces Groupes de Chasse s’ajoute également seize Escadrilles Régionales de Chasse longtemps équipées d’appareils anciens mais qui en septembre 1948 disposent d’Arsenal VG-36 pour six d’entre-elles, de Dewoitine D-551 pour trois et de Bloch MB-157 pour trois autres, l’Arsenal VG-39 équipant les quatre ERC stationnées en Afrique du Nord (deux au Maroc et deux en Algérie).

Le Groupe Régional de Chasse (GRC) de Corse dispose de trente-six chasseurs Dewoitine D-520 répartis en quatre escadrilles de neuf appareils.

On doit également ajouter un Groupe de Chasse Indépendant équipé de l’intercepteur/escorteur lourd Dewoitine D-555 et des unités de chasse de l’Empire. Quand le second conflit mondial, la «chasse coloniale» affiche le visage suivant :

-Au Levant, dans les mandats du Liban et de Syrie, on trouve deux groupes de chasse équipés de Curtiss H-81 qui ont remplacés les H-75 précédemment en service.

-Dans l’Afrique Equatoriale Française (AEF), nous trouvons un Groupe de Chasse équipé de vingt-sept Bloch MB-155.

-L’Afrique Occidentale Française (AOF) dispose d’un Groupe de Chasse équipé de trente-six Morane-Saulnier MS-410 version améliorée du MS-406

-Les escadrilles indépendantes de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de Madagascar disposent chacune de douze appareils en l’occurrence des Morane-Saulnier MS-410, version améliorée du MS-406.

-Les trois Groupes Coloniaux de Chasse déployés en Indochine sont équipés de Dewoitine D-520.

24-Armée de l’air (5)

B-Tactiques de combat et stratégie générale

Avant-propos

L’armée de l’air se modernise sur le plan matériel mais également sur le plan doctrinaire car pour tirer la quitescence de ces avions dont la modernité et l’efficacité n’à rien à envier aux réalisations tant ennemies qu’alliées, il faut une doctrine d’emploi, des tactiques.

Il à également fallut définir une stratégie générale, une attitude précise contre tel ou tel pays qu’il soit ennemi ou simplement neutre.

La chasse : une attitude agressive

Selon une directive du 17 juin 1945, le Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT) à les missions suivantes :

-Défense aérienne du territoire et des installations sensibles de jour et de nuit

-Couverture des troupes au sol

-Escorte des bombardiers et des avions d’assaut

-Missions de chasse libre sur les arrières de l’ennemi

-La Défense aérienne du territoire est assurée d’abord par les escadrilles régionales de chasse, des unités de défense locale généralement équipées d’appareils en voie de déclassement mais jugés encore bon pour cette mission.
Elles peuvent être secondées par les escadres de chasse de jour et de nuit dans le cadre d’une offensive aérienne majeure de l’ennemi où les distinctions entre le front et la défense locale s’effacent.

La Défense Antiaérienne du Territoire (D.A.T) à naturellement son rôle à jouer, assurant un rôle passif notamment de nuit car en dépit du dévellopement de la chasse de nuit, certains aviateurs font plus confiance à l’artillerie antiaérienne qu’à la chasse nocturne.

-La Couverture des troupes au sol est le rôle assigné aux escadres de chasse notamment aux monomoteurs plus maniables que les bimoteurs. La directive du 17 juin 1945 prévoit une couverture aérienne permanente par des patrouilles doubles (deux avions) ou triples (trois avions).

Ces patrouilles sont destinés à détruire aussi bien les avions d’observation que les bombardiers en piqué voir de mener des raids de chasse libre juste en arrière du front en mitraillant des concentrations de troupes, des véhicules isolés.

Dans cette configuration, il est prévu que les appareils engagés soient équipés d’un réservoir supplémentaire pour leur permettre de tenir de longues heures au dessus du front voir à la place des conteneurs de bombes légères pour des raids de harcèlement contre des cibles peu ou pas protégées.

-L’Escorte des bombardiers et des avions d’assaut est également une mission importante pour la chasse bien que certains théoriciens partisans de Douhet estiment qu’un groupe de bombardiers par le feu croisé de ses mitrailleuses peut empêcher des chasseurs même mordants et agressifs d’abattre des avions ou perturber le raid.

Bien qu’elle ait un temps été séduite par les théories du général italien (confere le programme BCR), l’armée de l’air estime nécessaire pour ses bombardiers de disposer d’une escorte de chasse soit une escorte fixe ou alors une escorte mobile où les chasseurs utiliseraient les bombardiers comme appâts.

-La Mission de chasse libre sur les arrières de l’ennemi n’est que tardivement intégrée au panel de missions de la chasse française suite aux manoeuvres de l’été 1947 où certains pilotes audacieux, contournant la règle filèrent au dessus des état-majors et effectuèrent des passages à basse altitude qui rendirent furieux les officiers présents mais fit réfléchir tout le monde sur l’efficacité d’une poignée de chasseurs lancés sur les arrières de l’ennemi.

Bien que cette mission soit davantage taillée pour des bimoteurs agiles et puissants, les monomoteurs munis d’un réservoir supplémentaire peuvent envisager de roder sur les arrières ennemis et de détruire camions, plots logistiques, postes de commandement voir de perturber le décollage des avions ennemis.

Bombardement horizontal ou bombardement en piqué ? Les deux mon général !

Dans le même décret traduisant en faits concrets la mission de la chasse, on trouve également plusieurs pages sur les missions des unités d’attaque qu’il s’agisse des groupes d’appui rapproché, des unités de bombardement en piqué, des unités d’assaut, des unités de bombardiers légers, les unités de bombardement moyen et les unités de bombardement lourd.

A la différence de la chasse où toutes les unités peuvent mener toutes les missions précitées, les unités de bombardement sont nettement plus spécialisées.

-Les groupes d’appui-rapproché équipés de Potez 640 sont les sentinelles du champ de bataille en compagnie des avions de coopération Dewoitine D-720. Si ces derniers doivent esquiver et louvoyer pour échapper à l’ennemi, les Potez 640 peuvent y aller franco en utilisant un blindage épais pour encaisser les coups en étant capable de les rendre.

Avec son canon de 25mm à haute vitesse initiale, il peut frapper les chars ennemis pour faciliter la percée mais également certains blockaus et certains obstacles.

-Les unités de bombardement en piqué peuvent opérer avec les Potez 640 et les Dewoitine D-720 pour notamment neutraliser les positions d’artillerie et les objectifs difficiles à détruire par un bombardement horizontal mené par exemple par les unités d’assaut.

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

-Les unités d’assaut équipées de Bréguet 693/695/696 sont destinées à accompagnés les unités de combat, de leur permettre de repousser l’ennemi en bénéficiant d’un solide appui de feu. Ils doivent attaquer en vol horizontal ou en semi-piqué sur le front et dans ses arrières immédiats.

-Les unités de bombardiers légers peuvent compléter l’action des précédents même si étant souvent déployés dans l’Empire (quatre escadres sur sept), ils les remplacent dans ces conditions notamment en cas d’intervention contre l’ASI voir une conquête du Maroc espagnol ou une intervention dans les Balkans depuis le Levant.

-Les unités de bombardiers moyens peuvent appuyer les troupes au sol sur la ligne de front mais leur mission principale est de frapper les arrières ennemis, de frapper les axes de communication routiers et ferroviaires, les ponts, les dépôts voir l’industrie, utilisant leur vitesse à moyenne altitude pour échapper à la chasse et à la DCA ennemie même si une escorte de chasse est prévue.

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

L’élégant Lioré et Olivier Léo 451 était l’un des bombardiers moyens

-Les unités de bombardiers lourds ont une mission stratégique. Ils doivent frapper l’industrie ennemie, déranger la production de guerre et perturber la montée des renforts vers le front.

Reconnaissance et observation

Les unités du Commandement de Reconnaissance et de Coopération (CRC) ont des unités adaptées à chaque type de mission.

-La reconnaissance stratégique à haute altitude est menée par des avions spécialement adaptés des Bloch MB-178 (qui peuvent également servir de bombardiers) chargés de surveiller des cibles stratégiques en utilisant leur plafond élevé pour échapper à l’interception.

-La reconnaissance tactique est menée sur le front et dans un rayon de 50 à 200km derrière ce dernier avec pour mission quasi-exclusive de surveiller les mouvements de troupes, les convois militaires, la construction de dépôts et de fortifications.

-L’observation et la coopération sur le champ de bataille est destinée à opérer sur le front même de servir de sentinelle, d’yeux pour les unités de reconnaissance et les unités de pointe. C’est la mission clé des GAO rattachés aux corps d’armée.

Transport

La mission des unités de transport de l’armée de l’air sont les suivantes :

-Ravitaillement des têtes de pont

-Ravitaillement des troupes encerclées

-Soutien aux Groupes d’Infanterie de l’Air (qui disposaient à l’originee de leurs propres avions)

-Dans l’Empire, les Groupes Légers de Transport (GLT) sont chargés de ravitailler les postes isolés quand les routes sont trop peu sures.

La Stratégie générale

Le document qui planifie la stratégie de combat de l’armée de l’air vis à vis de ses ennemis à été promulgué le 14 septembre 1946 après un an et demi de travail, d’hésitations et de revirements.

-Contre l’Allemagne, c’est une stratégie agressive qui est choisie. Dès que le conflit s’ouvre, des missions de reconnaissance stratégique sont menés suivis de bombardement sur la ligne Siegfried pour faire croire à l’Allemagne qu’une offensive franco-britannique est iminente sur le Rhin.

Ces missions d’attaque sont menés par les bombardiers moyens et doivent être doublés par les bombardiers stratégiques qui eux doivent frapper les ports, les gares, les embranchements ferroviaires pour paralyser l’effort de guerre allemand.

-Contre l’Italie, c’est une stratégie attentiste qui est choisit, la France privilégiant un affrontement avec l’Allemagne plutôt qu’avec l’Italie.

Si l’Italie attaque ou se montre trop agressive, la riposte est prévue, une riposte prenant la forme de bombardements sur l’industrie du Nord de l’Italie ainsi que la neutralisation de l’aviation déployée en Sardaigne, en Sicile et en ASI qui doit être l’objet d’une conquête en bonne et due forme.

-Contre le Japon, c’est une stratégie défensive qui est choisie, l’aviation française ne devant frapper que si le Japon attaque. Les bombardiers français stationnés en Indochine devant s’en prendre aux bases japonaises en Chine, attaquer la flotte japonaise en mer et couvrir les forces au sol.

24-Armée de l’air (4)

Commandement de la Reconnaissance et de la Coopération (CRC)

Ce commandement regroupe les unités d’observation et de reconnaissance est chargé de missions de reconnaissance et d’observation au profit des différents groupes d’armées. Il existe plusieurs types d’unités, certaines chargées de missions de reconnaissance stratégique (au dessus du territoire ennemi) tactique (sur le front et dans les 20 à 100km derrière ce dernier) et d’observation et de réglage d’artillerie (juste au dessus du front). On trouve les unités suivantes :
-Quatre Groupes Indépendants de Reconnaissance (G.I.R) équipés chacun de trente-six triplaces de reconnaissance Bréguet Br694 _un modèle inspiré d’une variante du Bréguet Br690 exporté en Suède et en Belgique_ soit un total de 144 appareils répartis au sein de chaque groupe entre quatre escadrilles de neuf appareils. Ces différents groupes forment à la mobilisation la 22ème escadre de reconnaissance.

Ces G.I.R sont destinés à appuyer les Corps de Cavalerie et les Corps d’Armée Cuirassées soit quatre groupes pour cinq corps d’armée.

-Deux Escadres de Reconnaissance Stratégique (E.R.S) à trois groupes de trois escadrilles de huit avions. Elles sont toutes équipées de Bloch MB-178, un bombardier haute altitude utilisé le plus souvent comme avion de reconnaissance soit un total de 144 appareils chargés de surveiller certains sites en Allemagne et en Italie. La première escadre est basé à Reims et la seconde à Orange.

Bloch MB-175

Bloch MB-175

-Quatre Escadres de Reconnaissance Tactique (E.R.T) à quatre groupes de quatre escadrilles de neuf appareils type Bloch MB 175 et MB 176 soit un total de 1152 appareils. La première et la deuxième escadre sont affectés au GA n°1, la troisième au GA n°2 et la quatrième au GA n°3.

Cette répartition du temps de paix à été abandonné au profit d’une affectation d’un groupe par armée, le reste étant affecté à la «Réserve générale».

-L’observation et le réglage d’artillerie sont assurés par des Groupes Aériens d’Observation (GAO), des entités indépendantes qui en temps de guerre sont rattachés à un corps d’armée.

En 1948, il existe trente-six GAO numérotés 501 à 536 soit un total de 972 appareils, tous stationnés en métropole sauf deux en Indochine, chaque GAO disposant de huit Bloch MB-175 ou 176 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 pour le réglage de l’artillerie.

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

On trouve également des Groupes Coloniaux de Reconnaissance et d’Observation (GCRO) équipés des mêmes appareils à l’exception des MB-175/176.

Un est installé à Fort de France, un à Dakar, un à Djibouti, un à Madagascar, un au Levant, un en Nouvelle Calédonie.

Les GCRO d’Indochine sont devenus des GAO et le GCRO de Corse un GRO.

Quand le second conflit mondial éclate, le CRC dispose de 2347 appareils.

Commandement du Transport Aérien Militaire (CoTAM)

C’est en janvier 1945 que ce commandement est créé pour regrouper les avions de transport destinées au ravitaillement des forces avancées, au soutien de l’infanterie de l’air, à la réalisation de ponts aériens pour soutenir des forces encerclées…….. .

Les premiers avions équipant les deux Escadres de Transport Militaire (ETM) (deux escadres à deux groupes de trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 108 appareils) étaient d’abord d’anciens bombardiers réformés avant d’être remplacés peu à peu par des avions de transport spécifiquement conçus pour ce rôle.

Outre ces deux escadres, il existait des détachements appelés Groupes Légers de Transport (GLT) déployés aussi bien en Afrique du Nord (un au Maroc, un en Algérie et un troisième en Tunisie), en AOF (un), en AEF (un) à Djibouti et à Madagascar (un), au Levant (un au Liban et un en Syrie), en Nouvelle Calédonie (un) en Indochine (un pour le Cambodge et le Laos, deux au Vietnam) et aux Antilles (un) soit treize groupes représentant un total de 195, chaque GLT disposant de quinze appareils.

Commandement de la Formation et de l’Entrainement (CFE)

Le Commandement de la Formation et de l’Entrainement (CFE) assure comme son nom l’indique la formation initiale de jeunes pilotes, leur spécialisation (chasse, bombardement et reconnaissance, transport) et participe également à la remise à niveau de pilotes vétérants, pilotes régulièrement renvoyés en Ecole pour remise à niveau et pour transmission de leur savoir aux jeunes pilotes.

L’Ecole de l’Air installée à Salon de Provence depuis 1937 assure la formation initiale des pilotes quelque soit leur spécialité mais la perspective d’une formation massive de pilotes implique une forme de décentralisation et en 1944, décision est prise de créer des groupement régionaux d’entrainement (GRE), six en métropole et trois en Afrique du Nord.

A Salon de Provence, le Groupement d’Entrainement Initial (GEI) assure donc la formation de tous les pilotes qui à l’issue de leur primo formation choisisse un cursus, c’est là qu’entre en jeu les GEC et GEM.

Le GEC c’est le Groupement d’Entrainement à la Chasse qui assure comme son nom l’indique la formation à la chasse des jeunes pilotes. Il dispose de plusieurs bases dont Salon de Provence, Etampes, Lyon-Bron et Meknès

Le GEM c’est le Groupe d’Entrainement sur Multimoteurs qui assure la formation des pilotes de chasseurs bimoteurs (qui passent également par le GEC), de bombardiers, d’avions de reconnaissance et de transport.

En août 1948 alors que le conflit semble iminent, décision est prise de décentraliser encore davantage la formation et les GEC/GEM rallient la base aérienne de Meknès au Maroc pour bénéficier de conditions d’entrainement encore plus favorables qu’en Provence. La base marocaine se révélant vite saturée, des terrains annexes sont aménagés pour la désengorger

En septembre 1948, le CFE dispose d’un total de 1335 appareils.

Escadres, Groupes et escadrilles

Au sein des différents commandements opérationnels, les unités qu’elles soient de chasse, de bombardement, de reconnaissance ou de transport sont organisées selon le même schéma à savoir une escadre regroupant plusieurs groupes qui eux même regroupent plusieurs escadrilles.

Si une escadrille peut opérer seule depuis un terrain, l’échelon du groupe est celui qui est le plus à l’aise. En effet, il dispose outre des avions de combat d’un échelon roulant pour le ravitaillement (vivres, médicaments, eau, carburant et munitions), l’entretien des avions, l’entretien des pistes et des installations avec le génie de l’air et surtout des pièces légères de DCA (25 et 37mm) pour assurer la défense contre des raids aériens ennemis, une section de fusiliers de l’air devant également assurer la défense contre un raid motorisé ennemi.

-Les unités de chasse sont à la base des escadrilles de neuf appareils, permettant sur le papier d’organiser soit trois dispositifs de triples ou quatre patrouilles doubles avec un avion de réserve.

Bréguet Br700C2, l'un des chasseurs biplaces de l'armée de l'air

Bréguet Br700C2, l’un des chasseurs biplaces de l’armée de l’air

Ces escadrilles sont regroupées au sein d’un groupe à raison de trois escadrilles de monomoteurs auxquelles s’ajoute à partir de 1944, une escadrille de chasseurs bimoteurs soit le Bréguet Br700C2 ou le Lockheed H-322 Eclair plus connu sous son nom américain le P-38 Ligthning.

Trois groupes sont regroupés en escadre ce qui fait l’entité de combat la plus importante avec 108 chasseurs ( 81 monomoteurs et 27 bimoteurs).

Les Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) sont des entités plus importantes que les escadrilles «groupées» car elles disposent de douze appareils alors que les Groupes Coloniaux ou Régionaux de Chasse alignent soit vingt-sept ou trente-six appareils soit neuf appareils par escadrille.

On trouve également des escadrilles indépendantes disséminées dans l’Empire. Ces unités généralement équipées de matériel ancien sont chargées de missions de souveraineté, ce qu’on appelle aujourd’hui la police du ciel.

C’est le cas de Madagascar qui dispose d’une escadrille indépendante de chasse basée à Antannarive avec douze appareils. Tout comme la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

Les quatre Escadres de Chasse de Nuit équipées d’Hanriot NC-600 sont elles organisées sur un schéma différent avec trois groupes à trois escadrilles de neuf appareils.

-Les unités de bombardement et d’assaut sont organisées selon le même triptyque : escadrille/groupe/escadre.

Les Escadres de Bombardement d’Assaut (EBA) sont organisées en groupes de trois escadrilles, quinze groupes regroupant un total de 405 appareils, ces quinze groupes étant regroupées en cinq escadres de trois groupes soit des EBA de 81 appareils.

Les Escadres de Bombardement en Piqué (EBP) sont organisées en groupes de trois escadrilles, les huit groupes étant regroupés en deux escadres de quatre groupes.

Les quatre Groupes Indépendants d’Appui Rapproché (GIAR) disposent chacun de 21 appareils soit trois escadrilles de sept appareils par groupe.

Les Escadres de Bombardement Léger (EBLg) sont organisés en vingt et un groupes regroupant soixante-trois escadrilles de neuf appareils.

-Les Escadres de Bombardement Moyen (EBM) totalisent cent-huit escadrilles regroupées en trente-six groupes avec donc trois groupes par escadre.

On compte également un groupe indépendant de bombardement à haute altitude (vingt-sept appareils),une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

-Le Commandement du Bombardement Lourd (CBL) dispose de trois escadres à trois groupes de trois escadrilles soit 81 appareils par escadre, totalisant donc 243 bombardiers lourds de plusieurs types.
-Les quatre Groupes Indépendants de Reconnaissance (G.I.R) sont organisés en quatre escadrilles de neuf appareils.

-Les Escadres de Reconnaissance Stratégiques (E.R.S) sont organisées en trois groupes de trois escadrilles de huit appareils soit un total de dix-huit escadrilles et de 144 appareils.

-Les Escadres de Reconnaissance Tactique (E.R.T) sont organisées chacune en quatre groupes de quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 144 appareils par escadre.

-Les trente-quatre Groupes Aériens d’Observation déployés en Métropole (ainsi que les GCRO d’Indochine et de Corse futurs GAO et GRO) disposent d’une escadrille de huit Bloch MB-175 ou 176, de deux escadrilles de six Dewoitine D-720 de coopération et de trois escadrilles de cinq ANF-Les Mureaux ANF-123.

-Les six Groupes Coloniaux de Reconnaissance et d’Observation disposent de deux escadrilles de six Dewoitine D-720 de coopération et de trois escadrilles de cinq ANF-Les Mureaux ANF-123. Les premiers pouvant également être utilisés comme avions de police coloniale et les seconds comme avions d’attaque au sol.

-Les deux Escadres de Transport Militaire (ETM) sont organisées en deux groupes de trois escadrilles de neuf appareils

-Les Groupes Légers de Transport (GLT) disposent de quinze appareils répartis en trois escadrilles de cinq avions.

24-Armée de l’air (3)

Les commandements opérationnels

Les commandements opérationnels sont inspirés des Command de la Royal Air Force (R.A.F), l’armée de l’air britannique.

Ces commandements sont chargés de préparer opérationnellement parlant les différentes unités en l’occurence des escadres regroupant trois ou quatre groupes de quatre escadrilles soit un total de 108 ou 144 appareils par escadre.

Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT)

Ce commandement regroupe les unités de chasse diurne et nocturne ainsi que la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT), des batteries légères et lourdes;

Pour la chasse, le CDAT dispose de quatre unités différentes :

-Pour la couverture des unités de combat, l’escorte des bombardiers et la destruction des bombardiers ennemies, l’armée de l’air dispose en septembre 1948 de quarante-huit groupes de chasse à quatre escadrilles (trois monomoteurs et un de bimoteurs) répartis en seize escadres, concentrées essentiellement dans le Nord-Est et l’Est du territoire (onze escadres soit 1188 chasseurs), trois escadres couvrant le Sud-Est (324 appareils), une dans le Sud-Ouest (108 appareils) et une dernière pour couvrir l’Afrique du Nord (108 appareils).

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Le bombardier hexamoteur Focke-Wulf Ta-400, une débauche de moyens pour des résultats médiocres

Les quarante-huit groupes de chasse alignent un total de 1728 chasseurs. A cela s’ajoute un groupe d’interception équipé de vingt-sept Dewoitine D-555, un intercepteur-escorteur lourd pour contrer les bombardiers hexamoteurs allemands Focke-Wulf Ta-400.

-Ce commandement dispose également d’unités de chasse de nuit pour assurer la défense nocturne du territoire est assurée par quatre escadres de chasse nocturne à trois groupes de trois escadrilles de 9 appareils soit un total de 324 appareils, deux escadres étant stationnées dans le nord-est, une troisième dans le sud-est et une quatrième en Afrique du Nord.

-La défense locale est assurée par des Escadrilles Régionales de Chasse soit douze escadrilles régionales de chasse équipées de douze appareils soit un total de 144 appareils en métropole plus deux autres au Maroc et deux autres en Algérie soit un total de 192 avions.
-Enfin, dans les colonies et assimilés, nous trouvons des Groupes Régionaux/Coloniaux de Chasse (GRC ou GCC) voir d’escadrilles pour les territoires les plus modestes et où les menaces ennemies sont très limitées.

La Corse dispose d’un GRC (Groupe Régional de Chasse) à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs monomoteurs répartis entre Solenzara avec deux escadrilles et Campo del Oro près d’Ajaccio avec deux autres escadrilles. Les mandats du Liban et de Syrie disposent d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit 36 chasseurs.

L’AOF (Afrique Occidentale Française) dispose d’un GCC à quatre escadrilles de neuf appareils soit un total de 36 chasseurs. L’AEF (Afrique Equatoriale Française) dispose d’un GCC à trois escadrilles de neuf appareils soit un total de 27 chasseurs.

Madagascar dispose d’une escadrille indépendante de chasse basée à Antannarive équipée de douze appareils. La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane disposent chacun d’une escadrille de douze appareils.

Pour l’AOF, l’AEF, Madagascar les Antilles, ces unités ont un rôle de souveraineté plus qu’autre chose et si les zones restent calmes, ces unités pourraient être redéployées dans des zones plus conflictuelles.

L’Indochine dispose à l’origine d’un groupe de chasse colonial (GCC) à quatre escadrilles de neuf appareils, dispersé entre Saïgon (deux), Hanoï (une) et Haïphong (une) soit 36 appareils, le nombre augmentera sensiblement entre 1945 et 1948 à tel point que quand le conflit éclatera en Europe, l’Indochine disposera de trois GCC, un couvrant la conurbation Hanoï-Haïphong, un second couvrant la région de Cam-Ranh et une troisième couvrant Saïgon. Un GCC de nuit est créé en septembre 1947 à Than-Son-Nut avec 27 appareils type Hanriot NC-600.

Quand la France entre en guerre, l’armée de l’air dispose de 2541 chasseurs dont une majorité stationnée en métropole sans oublier les apports tchèques et polonais que nous étudierons dans l’ordre de bataille de l’armée de l’air.

-La Défense Antiaérienne du Territoire (D.A.T) est organisée en Zones de Défense Antiaérienne dont le tracé est calqué sur celui des ZAM. Au niveau de chaque province, un district de défense antiaérienne regroupe les moyens avec des batteries fixes et mobiles.

Les batteries fixes sont déployées autour de Paris, autour des grands ports (Le Havre, Dunkerque, Nantes et Saint-Nazaire, Bordeaux, Marseille….) et pour protéger certaines installations industrielles sensibles. On trouve également plusieurs batteries mobiles avec pièces tractées.

Des projets de trains antiaériens envisagés n’ont finalement pas vus le jour même si les études ont été menées suffisamment loin pour qu’en quelques jours ou quelques semaines, des trains antiaériens puissent voir le jour.

Commandement des Forces Aériennes Tactiques (CFAT)

Ce commandement regroupe l’aviation d’assaut et les unités de bombardement léger et moyens pour assurer l’appui-feu des troupes au sol, l’appui-tactique par la destruction des arrières immédiats (plots logistiques, postes de commandement……) et le bombardement de l’industrie et des axes de communication (routes, ponts, voies ferrées). Pour cela ce commandement regroupe les moyens suivants :

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

-Cinq escadres de bombardement d’assaut soit quinze groupes et quarante-cinq escadrilles soit un total de 405 appareils type Bréguet 693/695/696, la majorité de ces groupes étant stationnés en Métropole, une escadre soit trois groupes étant stationnée en Tunisie et une escadre soit trois groupes en Indochine, laissant neuf groupes et vingt-sept escadrilles soit 243 appareils en métropole.

-Deux escadres de bombardement en piqué soit huit groupes et ving-quatre escadrilles soit un total de 216 appareils répartis à égalité entre les monomoteurs LN-430 (108 appareils) et bimoteurs Bréguet Br698 (108 appareils), toutes stationnées en Métropole jusqu’en juin 1948.

En juillet 1948, deux groupes sont retirés de Métropole soit six escadrilles et 54 appareils sont envoyés en Indochine, un groupe étant équipé de Bréguet 698 et un groupe étant équipé de Loire-Nieuport LN-430. La mobilisation devant normalement permettre de reconstituer ces groupes en métropole.

-Quatre groupes indépendants d’appui rapproché soit un total de 108 bimoteurs Potez 640, tous étant stationnés en Métropole.

-Sept escadres de bombardement léger soit vingt et un groupes et soixante-trois escadrilles soit un total de 567 appareils américains type Douglas DB-7/Martin 167/Martin 187. Trois escadres sont stationnées en métropole, une au Maroc, une en Algérie, une en Tunisie et une au Levant.

Bombardier moyen Amiot 351

Bombardier moyen Amiot 351

-Douze escadres de bombardement moyen soit trente-six groupes et cent-huit escadrilles soit un total de 972 bombardiers type Lioré et Olivier Léo 451 et Amiot 351 ainsi que tous leurs dérivés. Huit escadres sont déployées en Métropole, deux en Tunisie, une au Levant et une en Indochine.

On compte également un groupe indépendant de bombardement à haute altitude,une escadrille indépendante en Guyane (huit puis douze appareils), une en Martinique (douze appareils) et à Djibouti (un groupe de vingt-sept appareils).

Commandement du Bombardement Lourd (CBL)

Ce commandement est l’homologue du Bomber Command et regroupe les unités de bombardiers lourds chargés de frappes stratégiques contre l’Allemagne, l’Italie voir l’Espagne, le Portugal et le Japon (même si avant septembre 1948, aucun bombardier lourd n’était stationné sur un territoire mettant le Japon à portée).

Le CBL chargé du bombardement stratégique et du bombardement lourd dispose trois escadres de 81 appareils chacuns répartis en trois groupes à trois escadrilles de neuf appareils soit un total en ligne de 243 appareils de différents types, la première escadre étant basée dans le nord-est, la deuxième dans le sud-est et la troisième en Tunisie.

L’armée de l’air aligne en septembre 1948, un total de 2454 bombardiers d’assaut, en piqué, avions d’appui rapproché, bombardiers légers, moyens et lourds.

24-Armée de l’air (2)

A-Organisation de l’armée de l’air en septembre 1948

Avant-Propos

Le schéma dans lequel l’armée de l’air s’ébat en septembre 1948 est issu d’un décret du 14 mars 1944 prit par le ministre de l’Air, Olivier de Pommeyroles sur un projet validé par le général d’armée aérienne Mondory.

Ce dernier nommé en remplacement du général Vuillemin tragiquement décédé dans un accident d’avion le 21 mars 1943 à Colomb-Béchar s’inspire de l’organisation de la Royal Air Force avec des commandements spécialisés, commandements chargés de la conduite opérationnelle en liaison avec les armées qui bénéficient d’un soutien direct composé généralement de deux ou trois groupes de chasse, de deux groupes d’assaut ou de bombardement sans oublier les Groupes Aériens d’Observation qui eux sont rattachés aux Corps d’Armée.

Après des problèmes rencontrées durant les premières semaines du conflit, le général Mondory et le général Wismer _successeur du général Ganelon ayant démissioné pour des raisons de santé_ se mettront d’accord pour que l’armée de l’air garde le contrôle sur toutes ces unités (sauf les GAO) en utilisant le principe du taxi.

Dès qu’une armée est déployée, l’armée de l’air informe l’état-major de cette armée des unités disponibles pour assurer une couverture de chasse, des missions d’appui-sol, de lutte antichar voir de ravitaillement. C’est ensuite l’armée qui indique les cibles potentielles et ses besoins, une sorte de donant-donant qui donnera des résultats remarquables une fois au point.

On assistera ainsi à une véritable coopération interarmes entre deux armées «adultes», l’armée de terre cessant de considérer l’armée de l’air comme étant toujours l’Aéronautique Militaire.

Si le plus souvent, l’armée de l’air appuyait la manoeuvre de l’armée de terre, il arriva parfois que la manoeuvre de cette dernière soit dictée par les besoins de l’armée de l’air notamment la prise de terrains d’aviation ou la neutralisation de batteries antiaériennes.

Si les différents commandements sont chargés du commandement et de la préparation au combat, il existe une deuxième chaine de commandement, une chaine administrative partant de l’état-major de l’armée installé à Paris reposant sur les Zones Aériennes Militaires (ZAM) au nombre de six en métropole regroupant un certain nombre de provinces.

Dirigées par des généraux de corps d’armée aérien, les ZAM sont subdivisées en district qui correspondent aux provinces, districts dirigés par un adjoint air au gouverneur militaire de la région militaire en question.

Les ZAM s’occupent de la gestion administrative des personnels (recrutement et recensement, affectation), de l’entretien des bases aériennes et de la gestion des stocks logistiques qui vont des cartouches pour mitrailleuses aux avions.

 Etat-major Général de l’Air (EMGAA)

Cet état-major est implanté à Paris dans le 15ème arrondissement de Paris. Installé dans des bâtiments de facture moderne datant du début des années trente, l’EMGAA assure la commandement de toutes les unités de l’armée de l’air notamment en métropole, les moyens de transmissions de l’époque rendant compliqué un contrôle strict et précis des forces déployées au fin fond de l’AOF, de l’AEF ou de l’Indochine.

Organisé comme un état-major classique avec les différents bureaux (bureau un : personnel bureau deux : renseignement bureau trois : opérations bureau quatre : logistique bureau cinq : planification et bureau six : transmissions), il à sous ses ordres un commandement opérationnel des forces aériennes (COFA) et un commandement administratif de l’armée de l’air (COADAA) chargé de toute la planification à long terme, la gestion logistique et administrative des choses.

Du COFA dépendent les différents commandements opérationnels et du COADAA, la chaine de commandement ZAM-district.

Zones Aériennes Militaires (Z.A.M)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Carte des Zones Aériennes Militaires (ZAM)

Ces circonscriptions militaires sont donc chargées de la gestion administrative des forces aériennes, le recrutement ou le recensement (pour les appelés) des personnels, la gestion de leurs carrières, la gestion des bases aériennes (construction, entretien) et de la logistique (achats, paiements de fournisseurs, gestion des stocks).

En métropole, on trouve six Zones Aériennes Militaires recouvrant tout le territoire métropolitain et la Corse, les Z.A.M sont donc un regroupement des provinces et des régions militaires :

-La 1ère Zone Aérienne Militaire (1ère Z.A.M) correspond à la 1ère région militaire (province d’Ile de France), à la 2ème région militaire (province de Flandre-Picardie) et à la 3ème régions militaire (province de Normandie).

-La 2ème Zone Aérienne Militaire (2ème Z.A.M) correspond à la 12ème région militaire (province de Bourgogne), à la 15ème région militaire (province de Champagne), de la 16ème région militaire (province d’Alsace) et de la 17ème région militaire (province de Lorraine).

-La 3ème Zone Aérienne Militaire (3ème Z.A.M) correspond à la 4ème région militaire (province de Bretagne), à la 5ème région militaire (province du Poitou) et à la 14ème région militaire (province du Val de Loire)

-La 4ème Zone Aérienne Militaire (4ème Z.A.M) correspond à la 6ème région militaire (province d’Aquitaine) et à la 7ème région militaire (province d’Occitanie)

-La 5ème Zone Aérienne Militaire (5ème Z.A.M) correspond à la 8ème région militaire (province du Languedoc) et à la 13ème région militaire (province d’Auvergne)

-La 6ème Zone Aérienne Militaire (6ème Z.A.M) correspond à la 9ème région militaire (province de Provence) à la 10ème région militaire (Province Alpine) et à la 11ème région militaire (province du Val de Rhône).

Les Z.A.M disposent d’un organe de commandement installé dans une des villes chef-lieu de province et divisés en districts qui correspondent aux provinces englobées dans les Z.AM.

Ensuite l’unité élémentaire est la base aérienne gérée par un officier supérieur de rang subalterne chargé de conserver sa base opérationnelle en disposant de pouvoir étendus en matière de défense, d’entretien, de construction notamment en temps de guerre où il peut réquisitionner hommes et matériels.

On trouve également des Zones Aériennes Militaires (Z.A.M) dans l’Empire avec trois en Afrique du Nord (une au Maroc, une en Algérie et une troisième en Tunisie), une au Levant, une aux Antilles, une pour l’AOF, une pour l’AEF et l’Océan Indien, trois pour l’Indochine (une pour le Tonkin et le Laos, une autre pour l’Annam et la Cochinchine et une troisième pour le Cambodge) et une pour le Pacifique.

Ces Z.A.M sont divisées en districts qui correspondent ici aux bases aériennes sauf dans l’Océan Indien (un district à Djibouti, un district à Madagascar et un district pour l’AEF stricto sensu) et en Indochine, la Z.A.M Tonkin/Laos disposant d’un district du Tonkin et un district du Laos, la Z.A.M Annam/Cochinchine disposant d’un district d’Annam et d’un district de Cochinchine alors que la Z.A.M Pacifique était divisée en un district de Nouvelle Calédonie et un district de Polynésie.