Mitteleuropa Balkans (31) Hongrie (31)

Avions

Chasse et Chasse-bombardement

Fiat CR-32 Freccia

Fiat CR32

Comme toutes les armées de l’air, l’armée de l’air italienne à été marquée en profondeur par les leçons du premier conflit mondial.

En matière de chasse, la Regia Aeronautica continue d’avoir une vision romantique et chevaleresque du combat aérien où une poignée d’hommes courageux se battaient tels les chevaliers du Moyen-Age, une vision qui était parfaitement adaptée à la propagande fasciste.

Cette dernière voulant comme tous les totalitarisme forger un homme nouveau éloigné du cliché attaché à l’italien à savoir la douceur à l’indolence.

De plus comme l’aviation avait une image de modernité et de puissance on comprend l’intérêt des hiérarques fascistes pour l’aviation même si les résultats ne furent pas à la hauteur des ambitions, faute d’une industrie suffisamment puissante.

Le combat tournoyant étant privilégié, la maniabilité est mise en avant par rapport à la vitesse, l’altitude ou la puissance de feu. Le biplan est ici à son aise et dans ce contexte que nait le Fiat CR-32 Freccia (flèche).

Oeuvre de l’ingénieur Celestino Rosatelli, la flèche est issue du Fiat CR-30 (appareil produit à 176 exemplaires de 1932 à 1935, carrière éphémère car à ma connaissance plus en service en septembre 1939), le nouvel appareil reprenant le fuselage et la configuration sesquiplan de son prédécesseur à savoir une aile inférieure plus courte que l’aile supérieure.

Effectuant son premier vol le 28 avril 1933, le Fiat CR-32 est commandé en série en mars 1934 et déclaré bon de guerre en 1935.

Il ne tarde pas à connaître son baptême du feu en étant engagé dans la Guerre d’Espagne au sein de l’Aviazione Legionnaria, l’équivalent transalpin de la Legion Condor.

380 chasseurs de ce modèle vont être engagés sous les couleurs italiennes et dans le camp nationaliste dont il va longtemps être le principal chasseur. La production de l’appareil à aussi été réalisée en Espagne avec 100 exemplaires sortis des chaines de montage locales. Six appareils ont été capturés par les républicains et un envoyé en URSS pour évaluation.

Face au Polikarpov I-15 il fait jeu égal mais il va être vite déclassé par le I-16 même si avec le talent et l’expérience de ses pilotes le fossé n’était pas aussi important qu’espéré ou redouté.

Produit en plusieurs variantes (CR-32, CR-32bis _variante appui-rapproché_ , CR-32ter, CR-32quater), l’appareil à aussi donné naissance à des projets non produit en série à savoir le CR-33 (trois prototypes), CR-40, CR-40bis et CR-41 (un prototype chacun).

A l’été 1940 alors que l’appareil est totalement dépassé, 140 exemplaires sont encore en service au sein des unités de chasse de la Regia Aeronautica.

Progressivement relevé par le Fiat CR-42 Falco (Faucon), le Fiat CR-32 quitte le service actif courant 1946 alors qu’il s’agit d’une véritable antiquité militaire.

Des appareils stockés en métropole seront réutilisés pour la lutte anti-partisans avec un succès mitigé. Des appareils stockés en ASI seront détruits au sol lors de l’opération BAYARD après avoir parfaitement leur rôle puisqu’ils ont servit de leurres.

Quelques exemplaires ayant survécu au conflit vont être préservés dans des musées (un en France, un en Grande-Bretagne, deux aux Etats-Unis).

L’appareil à connu un succès important à l’export avec des ventes en Chine (seize à vingt-quatre exemplaires tous détruits au cours de la deuxième guerre sino-japonaise), en Autriche (45 exemplaires, appareils récupérés par la Luftwaffe au moment de l’Anschluss, les trente-six appareils survivants étant cédés à la Hongrie), en Hongrie (soixante-seize appareils dont trente-six ex-autrichiens), au Venezuela (neuf exemplaires) et au Paraguay (cinq exemplaires).

La MKHL à donc été un très gros utilisateur de la flèche qui va être le principal chasseur hongrois jusqu’à l’arrivée du CR-42 puis du Reggiane Re-2000. L’appareil à notamment participé à la guerre hungaro-slovaque (23 mars au 4 avril) avant d’être peu à peu retiré du service, les derniers CR-32 quittant les unités actives à l’automne 1943.

Quelques appareils sont utilisés pour l’entrainement tandis que d’autres sont stockés à l’abri pour être réutilisés si besoin est. Ce besoin se fait sentir au début du second conflit mondial non pas pour un chasseur de supériorité aérienne mais pour un appareil de lutte anti-guerilla.

Après inspection décision est prise de réutiliser plutôt les CR-42. Les CR-32 encore en état vont être utilisés pour l’entrainement à la chasse avant d’être envoyés à la casse. Le dernier Freccia hongrois étant détruit par un bombardement soviétique en décembre 1953.

Voilà pourquoi l’appareil conservé à Budapest est une épave repêché en 1984 dans le lac Balaton caché jusqu’en 1992 puis restauré pour être exposé depuis 2000.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse : à vide 1455kg en charge 1975kg

Dimensions : longueur 7.47m envergure 9.5m hauteur 2.36m

Motorisation : un moteur Fiat A30 RA-bis douze cylindres en V dévellopant 600ch

Performances : vitesse maximale 360 km/h distance franchissable 781km plafond opérationnel 8800m

Armement : deux mitrailleuses de 7.7 ou de 12.7mm. La version Close Support (appui-rapproché) baptisée CR-32bis disposait de deux mitrailleuses de 7.7mm et deux de 12.7mm ainsi que 100kg de bombes (une bombe de 100kg, deux bombes de 50kg ou des bombes légères).

Fiat CR-42 Falco

Fiat CR 42 Falco 22

Dans les premiers mois de la guerre d’Espagne, le Fiat CR-32 est le meilleur chasseur du camp nationaliste. Bon appareil solide et maniable avec aux commandes des pilotes bien entraînés il est un adversaire redoutable pour l’aviation républicaine équipée de Polikarpov I-15.

Les premiers retours d’expérience du conflit espagnol confortent les pilotes italiens dans l’utilité d’un biplan très maniable capable de s’imposer y compris à des monoplans pourtant plus modernes.

Le 23 mai 1938, le premier prototype du faucon effectue son premier vol. C’est un vrai anachronisme car à l’époque le Me-109, le MS-406 et le Hurricane sont en service, que le Spitfire est sur le point d’être mis en service. Mieux même, des monoplans de chasse (Fiat G-50 et Macchi C-200) sont en développement en Italie.

Pourquoi alors le produire ? Tout simplement pour des questions politiques et industrielles, la production du faucon donnant du travail aux ouvriers de la FIAT et aux sous-traitants. Il entre en service en mai 1939 et un an plus tard, 183 exemplaires sont en service dans les stormi de chasse de la Regia Aeronautica.

Ayant triomphé du Caproni Ca-165, le Fiat CR-42 est une évolution du CR-32 avec un moteur plus puissant et diverses améliorations aérodynamiques.

Avec une très faible charge alaire, l’appareil se révèle extrêmement manœuvrant et peut espérer damner le pion à des monoplans plus modernes et mieux armés.

Produit jusqu’en 1944 à 940 exemplaires, le Fiat CR-42 à donné naissance à une variante chasse de nuit (Fiat CR-42N), une variante d’attaque au sol (Fiat CR-42AS),une variante biplace pour l’entrainement (CR-42B Biposto), une variante à armement renforcée (Fiat CR-42ter deux mitrailleuses de 12.7mm de plus), un hydravion de chasse (ICR-42) et une version lutte anti-partisans (CR-42LW).

Comme son devancier l’appareil à été exporté en Espagne, en Hongrie (52 exemplaires), en Suède (72 exemplaires) et en Belgique (40 exemplaires), étant toujours en service en septembre 1948 mais uniquement en AOI (Afrique Orientale Italiana).

Il participe à l’opération GIDEON, l’attaque alliée de l’Africa Orientale Italiana (AOI) moins comme chasseur que comme avion d’attaque au sol et avion de harcèlement pour attaquer de nuit des unités alliées isolées ou des cibles éloignées du front où les défenses étaient plus faibles (surtout sur un front très secondaire où les moyens étaient limités).

En métropole des appareils vont être utilisés pour la lutte anti-partisans et pour le harcèlement, un rôle où leur faible vitesse et leur maniabilité était un atout.

A la fin du conflit un certain nombre d’appareils existaient encore. La majorité à été feraillée mais certains ont été préservés dans des musées ou sur des mémoriaux. Un appareil à été préservé en Suède, un autre en Belgique, deux en Grande-Bretagne, deux en France et en aux Etats-Unis.

La Hongrie à reçu cinquante-deux appareils peu après l’arrivée des derniers CR-32. Par une ironie savoureuse dont l’histoire est coutumière, Budapest à reçu en même temps que ses CR-42 des CR-32 ayant appartenu à l’armée de l’air autrichienne.

La carrière du Fiat CR-42 dans les rangs magyars va être assez courte puisqu’ils sont retirés du service pour les derniers en 1946. Après une inspection détaillée les appareils les plus usés sont envoyés à la casse mais ceux disposant encore d’un certain potentiel sont stockés au cas où.

Les Falco sont ainsi remis en service comme appareils de lutte anti-guérilla. Ils sont entièrement remis en état, subissent une modernisation limitée et sont envoyés contre les unités de maquisards yougoslaves qu’elles soient royalistes ou communistes.

Ces appareils opéraient soit en solos ou en couverture de colonnes voir le plus souvent sur alerte, décollant pour dégager une colonne prise dans une embuscade. Ils utilisaient pour cela leurs armes de bord (mitrailleuses) et des armes air-sol comme des bombes légères, des roquettes et visiblement mais cela n’est pas confirmé une version primaire du napalm.

Le dernier Fiat CR-42 magyar est abattu par un Spitfire alors qu’il s’était trouvé au milieu d’un raid de bombardiers alliés sur Belgrade. Aucun Falco n’à été conservé en Hongrie.

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse à vide 1782kg en charge 2295kg

Dimensions : longueur 8.25m envergure (aile basse 6.50m aile haute 9.70m) hauteur 3.58m

Motorisation : un moteur radial Fiat A.74 RC38 de 840ch

Performances : vitesse maximale 441km/h vitesse de croisière 399km/h distance franchissable 780km plafond opérationnel 10210m

Armement : (premières séries) mitrailleuses Breda-SAFAT de 7.7mm (séries tardives) deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT avec 400 coups et deux mitrailleuses de 12.7mm sous les ailes inférieures, 200kg de bombes

Reggiane Re-2000 Falco I

Reggiane Re.2000

Le Reggiane Re-2000 Falco I est un chasseur monoplan à aile basse et moteur radial, cockpit fermé et train d’atterrissage qui effectue son premier vol le 24 mai 1939.

C’est un des candidats du programme lancé en février 1936, programme qui à également vu la naissance du Fiat G-50 et du Macchi C-200.

Mis en service courant début 1941, il permet la relève des Fiat CR-32 totalement dépassés mais lui même est rapidement déclassé par des avions plus modernes qu’ils soient italiens ou étrangers.

Il est encore en service en petit nombre en septembre 1948, combattant en ASI (Africa Septentrionale Italiana) et en AOI (Africa Orientale Italiana) où il fera ce qu’il peut pour éviter la chute des colonies italiennes. Il va aussi être exporté en Hongrie à raison de 144 exemplaires (une première commande de 70 suivis d’une commande supplémentaire de 74) et en Suède.

Les Re 2000 hongrois qui équiperont jusqu’à 6 squadrons serviront d’ailleurs de base de travail à un chasseur national (MAVAG Héja) avant de faire le coup de feu en Yougoslavie et sur le front russe. Quelques uns se risqueront à intercepter les bombardiers américains avec des résultats mitigés.

Peu à peu remplacé par des chasseurs allemands, le Falco I était encore en service en 1954 mais en très petit nombre. Inutile de préciser qu’à cette époque l’appareil était totalement obsolète.

Quant aux Re 2000 suédois ils serviront jusqu’en 1947 avant d’être relevés par des Curtiss P-40. Le dernier Re 2000 va voler en Suède en 1953 mais comme appareil d’entrainement.

Des variantes ont aussi été mises au point, les chasseurs Re-2001 et Re-20002, l’avion de reconnaissance (terrestre et hydravion) Re-2003, le prototype Re-2004 et deux autres chasseurs, le Reggiane Re-2005 et Re-2006.

Caractéristiques Techniques du Reggiane Re 2000 (version terrestre)

Type : chasseur monoplan monoplace monomoteur

Masse à vide 2090kg en charge 2839kg

Dimensions : longueur 7.99m envergure 11m hauteur 3.20m

Motorisation : un moteur radial 14 cylindres Piaggio P.XI de 986ch (4000m) entrainant une hélice tripale à pas constant de 3.10m de diamètres

Performances : vitesse maximale 530 km/h à 5300m vitesse de croisière 440 km/h distance franchissable 545km Endurance 1h25 plafond opérationnel 11200m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT dans les ailes

MAVAG Héja

MÁVAG Héja (Reggiane Re 2000)

Si les grands pays possédaient leur propre industrie aéronautique qui les rendaient en théorie auto-suffisants, les petites et les moyennes puissances devaient compter sur l’étranger pour se fournir en armement moderne avec toutes les limites et toutes les contraintes que cela comporte.

Nombre d’entre-eux vont tenter de mettre sur pied une industrie aéronautique. Le plus souvent ils commençaient à fabriquer des appareils sous licence avant de progressivement passer à la mise au point d’appareils neufs.

Ce n’était pas sans mal tant la construction d’un appareil militaire nécessite de nombreuses compétences (cellule, moteur, armement, systèmes de navigation…..).

Les hongrois décidèrent de passer directement à la production d’un appareil national. Attention ils partirent pas d’une feuille blanche mais décidèrent de modifier le Reggiane Re-2000 en intégrant un moteur hongrois et différents équipements.

C’est la naissance du MAVAG Héjà (Faucon). 204 exemplaires vont être produits pour l’armée de l’air magyare même si au maximum seulement quatre squadrons et 96 appareils vont être en ligne mais comme l’avion à souffert de pertes non négligeables un stock abondant n’était pas un problème.

L’appareil affichait de meilleures performances et surtout se montrait plus fiable que le chasseur italien au point que les Reggiane Re.2000 furent modifiés de façon similaire au point que certaines publications ont baptisé l’appareil Héjà I et son dérivé hongrois Héjà II.

Le premier vol du prototype à lieu le 30 octobre 1942. Après des essais qui se passent correctement, la production en série est aussitôt lancée, les premiers appareils étant livrés à l’été 1944 et les derniers début 1946 à une époque où l’appareil étant en voie de déclassement.

Toujours en service en septembre 1948 il n’est pas engagé au dessus de la Yougoslavie mais assure la défense aérienne du territoire hongrois contre les incursions d’appareils ennemis et même alliés, plusieurs incidents aériens opposants Budapest et Bucarest au point que l’on craint un conflit entre deux nations qui se détestent.

Une unité fût engagée sur le front russe, subissant de très lourdes au point qu’elle fût ré-équipée avec des Focke-Wulf Fw-190 plus modernes pour continuer le combat.

A la fin du conflit il reste une trentaine d’appareils mais tous ne sont pas en état de voler. Ce qui est certain c’est qu’aucun appareil n’à survécu au second conflit mondial.

Caracteristiques Techniques

Type : chasseur monomoteur monoplace

Masse : à vide 2070kg en charge 2520kg

Dimensions : longueur 8.39m envergure 11m hauteur 3.1m

Motorisation : un moteur radial Manfred Weiss WM K.14-2 (Gnome-Rhône 14Kfrs Mistral-Major produit sous licence) de 1100ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 565km/h à 4300m distance franchissable 900km endurance 3h plafond opérationnel 8520m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm dans le nez et deux mitrailleuses de 7.62mm dans les ailes.