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La Magyar Királyi Honvéd Légierő (MKHL) dans le second conflit mondial

Situation et préparation

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, la MKHL est en pleine modernisation avec la livraison d’appareils capable de tenir tête aux appareils alignés par l’étranger.

Au niveau de l’entrainement le niveau est jugé assez bon par les observateurs étrangers invités lors des manœuvres organisées durant la Pax Armada.

Néanmoins ces observations sont à tempérer par le fait qu’un exercice aussi réaliste soit-il ne remplace pas le combat avec l’odeur de la poudre et le goût du sang.

Au niveau des forces opérationnelles on trouve seize squadrons de chasse, douze squadrons de bombardement, quatre de reconnaissance, deux de coopération, un de transport et un d’entrainement.

Les seize squadrons de chasse sont regroupés en quatre régiments, les douze squadrons de bombardement en trois régiments, les quatre de reconnaissance et deux de coopération forment deux régiments avec deux squadrons de reconnaissance et un de coopération. Le squadron de transport et le squadron d’entrainement sont indépendants au sein du commandement dédié.

Chaque squadron de chasse comprend quatre escadrilles de six appareils soit vingt-quatre appareils par squadron soit un total de 384 chasseurs.

Chaque squadron de bombardement comprend trois escadrilles de six appareils soit dix-huit appareils par squadron soit un total de 216 bombardiers qu’ils soient lourds et légers.

Chaque squadron de reconnaissance et de coopération comprend trois escadrilles de neuf appareils soit vingt-sept appareils par squadron soit un total de 162 appareils de différents modèles.

Le squadron de transport comprend douze appareils et le squadron d’entrainement comprend trente-six appareils. La MKHL aligne donc 810 appareils de première ligne.

(NdA plus de détails dans la partie «Organisation»).

Dès le début de la mobilisation les unités se dispersent, conservant une partie sur les bases du temps de paix mais envoyant une grande partie sur les terrains aménagés dans l’immédiat d’avant guerre.

Ces terrains se composaient d’une piste improvisée de plus ou moins bonnes qualité, un hangar pour les avions à réparer, des tentes pour les équipages. Bref un confort sommaire. Comme les opérations n’ont pas immédiatement commencé pour les aviateurs hongrois le confort à été amélioré.

C’est ainsi que certaines bases vont recevoir de véritablement baraquement et que le parking des avions va être protégé par des murs de sac de sable. Certaines pistes en terre et/ou en herbe vont être bétonnés.

C’est ainsi que assez ironiquement certaines bases austere vont devenir des bases importantes ce qui allait à l’encontre du but recherché.

Comme nous l’avons vu dans la partie historique la Hongrie n’entre en guerre qu’à partir de juillet 1949 contre la Yougoslavie.

Ces dix mois d’inactivité ou d’activité réduites vont être mis à profit pour améliorer l’entrainement des unités existantes et former de nouveaux pilotes. De nouvelles unités vont être mises sur pied même si les hongrois privilégieront dans la mesure du possible la reconstitution d’unités expérimentées.

Au printemps 1949 l’armée de l’air hongroise aligne les forces suivantes :

Reggiane Re.2000

Reggiane Re-2000

-Vingt squadrons de chasse répartis en cinq régiments. On trouve six squadrons de Reggiane Re-2000, six squadrons de Messerschmitt Me-109, quatre squadrons de MAVAG Héja _évolution magyare du Re-2000_ , deux squadrons de Messerschmitt Me-110 et deux squadrons de Focke-Wulf Fw-190.

Messerschmitt Bf110 7

Messerschmitt Bf-110 en vol

-Seize squadrons de bombardement répartis en quatre régiments avec un squadron de Ju-87A/B, un squadron de Caproni Ca-135, un squadron mixte Caproni Ca-313/135, deux squadrons de Heinkel He-111, deux squadrons de Junkers Ju-88E, deux squadrons de Dornier Do-217, deux squadrons de Fiat BR-20, trois squadrons de Dornier Do-17 et deux squadron de Junkers Ju-188.

Fiat BR.20

Fiat BR-20

-Six squadrons de reconnaissance et trois de coopération répartis en trois régiments à deux squadrons de reconnaissance et un de coopération. Trois squadrons volent sur Focke-Wulf Fw-189, deux volent sur des Junkers Ju-86 déclassés comme bombardiers mais encore jugés aptes à des missions de reconnaissance, un sur Junkers Ju-88R et trois équipés de Fieseler Fi-156 Storch de coopération.

Fieseler Fi156

Fieseler Fi-156 Storch

-Deux squadrons de transport et de liaison équipés notamment de Fiat G-12 mais aussi de Junkers Ju-52 dont certains ont été produits sous licence.

-L’unique squadron d’entrainement à été dissous et remplacé par huit groupes-écoles répartis sur tout le territoire hongrois.

La MKHL en Yougoslavie

Quand les allemands décident de régler son compte à la Yougoslavie ils demandent l’aide de la Hongrie. Le besoin est surtout terrestre, la Luftwaffe disposant de suffisamment de moyens aériens pour affronter à elle seule l’armée de l’air yougoslave.

Budapest décide néanmoins de déployer des moyens aériens au dessus de la Yougoslavie pour couvrir les troupes au sol, les éclairer et les appuyer.

La 1ère brigade aérienne est activée le 17 mars 1949 pour regrouper les moyens destinés à appuyer la troisième armée hongroise.

Elle va comprendre le 1er régiment de chasse, le 2ème régiment de bombardement et le 3ème régiment de coopération. Cela nous donne le panorama suivant :

Messerschmitt Me-109G at National Museum USAF 3

Messerschmitt Me-109G préservé dans un musée aux Etats-Unis

-1er régiment de chasse : deux squadrons de Messerschmitt Me-109 (un de Me-109F et un de Me-109G), un squadron de Messerschmitt Me-110 et un squadron de Focke-Wulf Fw-190 soit 96 chasseurs

Flugzeug Junkers Ju 188

Junkers Ju 188

-2ème régiment de bombardement : un squadron de Junkers Ju-188, un squadron de Dornier Do-17, un squadron de Junkers Ju-87A/B et un squadron de Fiat BR-20 soit 72 bombardiers

Focke-Wulf Fw-189

Focke-Wulf Fw-189

-3ème régiment de reconnaissance et de coopération : un squadron de vingt-sept Junkers Ju-86, un squadron de vingt-sept Focke-Wulf Fw-189 et un squadron de vingt-sept Fieseler Fi-156 Storch soit un total de 81 appareils.

La 1ère brigade aérienne regroupe donc 249 appareils. Devant l’importance de la masse d’avion à mettre en œuvre décision est rapidement prise de dédoubler la brigade en deux brigades, la 1ère brigade aérienne et la 2ème brigade aérienne.

Ces brigades sont polyvalentes avec pour la 1ère deux squadrons de chasse, deux squadrons de bombardement et un squadron de reconnaissance et pour la 2ème deux squadrons de chasse, deux squadrons de bombardement, un squadron de reconnaissance et un squadron de coopération.

La 1ère brigade aérienne dispose d’un squadron de Messerschmitt Me-109F, un squadron de Focke-Wulf Fw-190D, un squadron de Junkers Ju-87A/B, un squadron de Fiat BR-20 et un squadron de Junkers Ju-86.

La 2ème brigade aérienne dispose d’un squadron de Messerschmitt Me-109G, d’un squadron de Messerschmitt Me-110, un squadron de Junkers Ju-188, un squadron de Dornier Do-17, un squadron de Focke-Wulf Fw-189 et un squadron de Fieseler Fi-156 Storch.

Dès le premier jour des opérations les deux brigades aériennes lancent des opérations «massives» contre la Yougoslavie. Imitant les allemands et les italiens les magyars lancent leurs bombardiers sur les aérodromes et les cibles stratégiques de leur zone de responsabilité.

Les résultats sont mitigés en raison du mauvais temps et de la réaction de l’aviation yougoslave plus à l’aise qu’en face des allemands voir des italiens. Il faut dire que la capitale Belgrade se trouve dans la zone où les hongrois doivent opérer ce qui explique que certaines des meilleures unités yougoslaves y sont déployées.

Les pertes sont sensibles et seront péniblement compensées par des appareils de réserve et des pilotes fraîchement émoulus des écoles.

Après une première phase où l’aviation hongroise doit interdire le ciel à la chasse yougoslave, arrive une deuxième phase où l’appui-feu des troupes au sol devient plus important surtout face à une résistance plus forte que prévue.

Certains aviateurs hongrois narquois disant qu’ils devaient aussi compenser les carences des troupes au sol incapables de manœuvrer correctement. Ambiance…… .

La désintégration de l’aviation yougoslave facilite clairement l’action des deux brigades magyares qui peuvent à loisir bombarder les points de résistance, mitrailler les troupes au sol et selon nombre de témoignages des colonnes de réfugiés et éclairer l’avancée des troupes au sol même si les liaisons avec l’armée de terre ne furent jamais très bonne, l’information circulant difficilement dans un sens comme dans un autre.

A la fin de la campagne de Yougoslavie les deux brigades engagées ont subit des pertes assez sensibles partiellement compensées par des renforts.

Focke-Wulf Fw-190 73

Focke-Wulf Fw-190

C’est ainsi que sur les 48 Messerschmitt Me-109 déployés vingt-deux ont été perdus au combat ou par accident. A cela s’ajoute la perte de quatre Messerschmitt Me-110, de six Focke-Wulf Fw-190, de quatre Junkers Ju-188, de trois Dornier Do-17, de huit Junkers Ju-87A et B, de six Fiat BR-20, de quatre Junkers Ju-86, d’un Focke-Wulf Fw-189 et de six Fieseler Fi-156.

Cela nous donne un total de 64 appareils abattus ou perdu par accident sur 249 engagés ce qui représente un quart des moyens engagés perdus. Ce n’est pas dramatique mais pour un pays qui n’est pas riche comme Crésus cela peut poser des problèmes à terme.

Une enquête méticuleuse sera lancée pour vérifier si des fautes ont été commises. La commission d’enquête ne relèvera aucun problème mais comme souvent des boucs-émissaires et des lampistes paieront.

Sur le plan opérationnel les deux brigades sont dissoutes, les squadrons retrouvant leur régiment d’origine certains pour recevoir de nouveaux modèles d’appareils.

Initialement Budapest ne veut pas déployer de forces aériennes dans sa zone d’influence estimant que cela enverrait un mauvais signal politique.

Très vite le réalisme revient sur le devant de la scène et face aux rares incursions alliées et à l’activité d’une résistance naissante décision est prise de déployer des moyens aériens.

Une 3ème brigade aérienne est activée le 14 décembre 1949. Le choix de ce numéro est tout sauf un hasard puisque cela correspond à l’armée occupant le nord de la Yougoslavie et notamment la Voïvodine.

Caproni Ca.135 3

Caproni Ca-135

Cette brigade va disposer d’un squadron de chasse équipé de Messerschmitt Me-109, d’un squadron de bombardement léger volant sur Caproni Ca-135, un squadron de coopération volant sur Fieseler Fi-156 Storch et nouveau un squadron d’attaque légère volant sur des Fiat CR-42 sortis du dépôt pour attaquer les unités de partisan qui commençaient à poser de sérieux problèmes de sécurité. Ces unités étaient des squadrons fraîchement créés avec des pilotes fraîchement émoulus des écoles sauf celui volant sur Ca-135.

Fiat CR 42 Falco BT474

Fiat CR-42 capturé par les britanniques. Date et lieu inconnus

 

Les moyens étaient limités mais cela suffisait amplement pour les premières opérations qui étaient de basse intensité.

Si les Me-109F devaient de temps en temps décoller pour abattre un avion de reconnaissance allié voir participer à l’interception de bombardiers alliés aux côtés des pilotes allemands, les Storch surveillaient des zones pour éclairer la progression d’une colonne menant des «opérations de police».

Si la résistance était importante il pouvait déclencher l’intervention des Fiat CR-42 qui utilisaient des bombes légères antipersonnelles et des roquettes voir des Ca-135 pour effectuer à l’échelle hongroise un carpet bombing (bombardement en tapis aka bombardement de saturation).

Ce n’est qu’à la fin du conflit que la 3ème brigade aérienne allait recevoir des renforts pour contrer la contre-offensive alliée et affronter les escadres de bombardement françaises, britanniques voir américaines qui décollant de Grèce ou d’Italie pouvaient bombarder la zone d’influence hongroise voir la Hongrie elle même.

La MKHL en URSS

Tout comme l’armée de terre le gros morceau de l’armée de l’air hongroise fût le front russe où des moyens conséquents furent engagés pour appuyer les troupes hongroises.

Ces moyens étaient quantitatifs mais surtout qualitatifs, les meilleurs pilotes étant engagées sur le front russe car si au début les «faucons de Staline» ne faisaient peur à personne, très vite les pilotes magyars ont appris à respecter leurs adversaires qui apprenaient très vite.

Les moyens aériens hongrois déployés en URSS et notamment en Ukraine comprenaient une 1ère brigade aérienne regroupant des unités de chasse, une 2ème brigade aérienne regroupant des unités de bombardement et une 4ème brigade aérienne pour la reconnaissance et la coopération.

Ce choix de brigades monovalentes ne fit pas l’unanimité parmi les opérationnels hongrois qui estimaient que les dites brigades perdaient en efficacité. Cette organisation allait être maintenue pendant quelques mois avant d’être abandonnée au profit de trois brigades polyvalentes.

MÁVAG Héja (Reggiane Re 2000)

Mavag Héja

C’est ainsi qu’initialement la 1ère brigade aérienne comprenait un squadron de Focke-Wulf Fw-190D, un squadron de Messerschmitt Me-109G, un squadron de MAVAG Heja et un squadron de Messerschmitt Me-110.

Heinkel He-111 3

Heinkel He-111

La 2ème brigade aérienne disposait d’un squadron équipé de Junkers Ju-188, d’un squadron équipé de Heinkel He-111 et d’un squadron de Dornier Do-217.

La 4ème brigade aérienne dispose de deux squadrons de Focke-Wulf Fw-189 et un squadron de Fieseler Di-156 Storch.

Cela nous donne un total de six squadrons, 96 chasseurs, 54 bombardiers et 81 avions de reconnaissance et de coopération soit un total de 241 avions sans compter des avions de transport, de liaison et d’entrainement déployés à l’arrière.

Si on prend comme référence le nombre d’appareils en service au printemps 1949 à savoir 1011 appareils cela représente tout de même un quart des moyens aériens.

Budapest pourrait en faire plus mais le gouvernement hongrois à toujours peur d’une offensive roumaine pour récupérer la Transylvanie du Nord. Il semble également qu’il y ait eu la crainte de ne pas être capable d’employer efficacement plus d’appareils.

Les unités aériennes magyares ne participèrent pas aux opérations initiales de l’opération BARBAROSSA, les allemands estimant avoir suffisamment d’appareils pour neutraliser les VVS au sol.

Ce n’est qu’à jour J+3 (24 juin 1950) que les allemands confrontés à une résistance plus forte que prévue demandèrent l’engagement des «meilleurs pilotes de la grande nation hongroise dignes descendant des Huns d’Attila» pour reprendre le verbiage utilisé à l’époque.

Les magyars apprécièrent la flatterie mais n’étaient pas dupes. Ils engagèrent les Junkers Ju-188 escortés par des Focke-Wulf Fw-190 contre plusieurs villages d’Ukraine officiellement pour des frappes de précision (sic) mais en réalité pour des bombardements de terreur, l’utilisation de bombes incendiaires au crépuscule démentant le caractère militaire de l’opération.

Si les huit Ju-188D engagés ne souffrirent d’aucune perte en revanche un appareil s’écrasa à l’atterrissage dans la nuit tandis qu’un Fw-190 endommagé par la DCA était déclaré bon pour la réforme.

Cette première opération fût suivie de beaucoup d’autres engageant quasiment la totalité des moyens aériens hongrois qui engagés dans une course avec les roumains voulait paraître comme le meilleur allié de l’Allemagne.

Les Focke-Wulf Fw-190 furent engagés loin dans l’espace aérienne soviétique pour mener des missions de chasse libre (sweep en anglais, frei jagd en allemand) où avec un réservoir supplémentaire largable ils cherchaient à provoquer la chasse soviétique pour la forcer au combat ce qui ne marchait pas toujours.

De guerre lasse les pilotes magyars mitraillaient des cibles au sol provoquant à défaut d’immenses et terrifiants dégâts une belle pagaye. A noter que si dans un premier temps les soviétiques furent surpris très rapidement un renforcement de la DCA et de la chasse rendit ce type de mission moins fructueuses pour les hongrois.

Les Me-109 eux servaient le plus souvent d’escorteurs de bombardiers. Ils avaient pour consigne de rester à proximité de leurs protégés ce qui frustrait les pilotes de chasse.

Les Me-110 étaient chargés de la chasse lourde et de missions de chasse-bombardement. Une fois débarrassés de leur charge offensive les bimoteurs pouvaient servir de chasseur de supériorité aérienne notamment contre les bombardiers, leur maniabilité n’étant pas suffisante pour abattre un monomoteur en combat tournoyant.

Les MAVAG Heja, évolution hongroise du Reggiane Re-2000 servaient surtout pour la défense locale. Les pilotes auraient voulu un appareil plus moderne mais il faudra pour cela attendre l’opération FRIEDRICH qui verra la transformation de l’unité (très éprouvée par les combats de fin 1950 et début 1951) sur des Focke-Wulf Fw-190 nettement plus modernes (c’est un euphémisme).

Les Junkers Ju-188 furent utilisés pour des bombardements horizontaux loin à l’arrière du front, des frappes d’interdiction dans l’arrière immédiat du front mais aussi l’appui-feu des troupes au sol. Les Heinkel He-111 et les Dornier Do-217 menaient les mêmes missions. Il y eut parfois des raids mixtes mais les performances divergentes rendaient la navigation difficile.

Dornier Do217

Dornier Do-217 en vol

Après de longues semaines de raids diurnes devant le renforcement des défenses soviétiques, les pilotes hongrois s’initièrent au bombardement nocturne avec des résultats mitigés même si les soviétiques ont peiné à mettre en place une chasse de nuit efficace.

Les Focke-Wulf Fw-189 à l’allure inimitable assuraient le renseignement général (mouvements de troupes, fortifications, état des infrastructures…..) mais aussi l’éclairage longue distance pour les Grandes Unités (GU) magyares. Ils opéraient en compagnie des «mouchards» Fieseler Fi-156 Storch qui eux étaient davantage destinés à l’éclairage «au contact».

A l’instar de leurs homologues allemands, les Storch hongrois volaient à quelques kilomètres des pointes avant pour repérer les points de résistance et/ou de passage. Ils servaient également à régler le tir de l’aviation et de l’artillerie pour éviter dans la mesure les tirs fratricides. Ils pouvaient également servir pour la liaison et les évacuations sanitaires.

Les Fiat G-12 et les Junkers Ju-52 de transport servaient au ravitaillement et aux transferts entre la Hongrie et l’Ukraine. Ce vol n’était pas une sinécure car il fallait survoler les Carpathes ce qui pouvait se révéler difficile voir dangereux.

Des appareils d’entraînements furent parfois déployés en Ukraine pour des tâches de liaison et de sécurité. Ces appareils furent armés de mitrailleuses et de bombes légères pour lutter contre les partisans et sécuriser les arrières du front.

La MKHL subit de lourdes pertes lors de la contre-offensive soviétique. Outre le temps abominable, la poussée de la RKKA chasse les hongrois des aérodromes. Si les avions peuvent décoller en catastrophe, le train ne pouvait pas partir aussi rapidement.

Pour l’opération FRIEDRICH les forces aériennes hongroises en URSS sont totalement réorganisées et rééquipées. Les trois brigades sont toujours là mais elles sont désormais polyvalentes pour être plus souples. Les unités sont moins nombreuses avec moins d’appareils, les pertes terrifiantes ne pouvant être que partiellement compensées.

La 1ère brigade aérienne dispose désormais de deux squadrons de chasse équipés de Focke-Wulf Fw-190, un squadron de bombardement volant sur Junkers Ju-188 et un squadron de reconnaissance volant sur Focke-Wulf Fw-189.

Ces unités disposent désormais du même nombre d’appareils à savoir dix-huit appareils répartis en trois escadrilles de six. Cette brigade dispose donc de 72 appareils.

La 2ème brigade aérienne dispose d’un squadron de Messerschmitt Me-109G, d’un squadron de Messerschmitt Me-110, d’un squadron de Dornier Do-217 et un squadron de Fieseler Fi-156 Storch soit un total de 72 appareils.

La 4ème brigade aérienne dispose désormais d’un squadron de Messerschmitt Me-109G, d’un squadron de Messerschmitt Me-110, d’un squadron de Junkers Ju-188 et d’un squadron de Focke-Wulf Fw-189 soit un total de 72 appareils.

Les hongrois déploient donc 216 exemplaires soit une réduction des moyens qu’on espère compenser par des appareils plus modernes.

Ces avions vont opérer en soutien de l’armée hongroise engagée dans l’offensive stratégique de l’Axe, l’opération FRIEDRICH.

Dire que les hongrois vont avoir fort à faire est un euphémisme. Couvrant le flanc nord du dispositif de l’Axe les hongrois sont soumis à des violentes attaques des soviétiques qui craignent que cette poussée vers l’est ne se termine pas un vaste mouvement tournant direction Moscou.

Les allemands doivent engager leurs réserves à plusieurs reprises pour soutenir les hongrois malmenés mais qui ne déméritent pas. Les unités magyares estimeront à juste titre que les allemands leur ont confié une mission hors de portée de leurs capacités réelles. Ce sera clairement le début des tensions et d’une méfiance croissante entre les allemands et les hongrois.

Les aviateurs magyars vont devoir couvrir les troupes au sol en luttant contre une chasse soviétique mordante et agressive. Les bombardiers hongrois assurent l’appui-feu des troupes au sol et tentent de stopper l’arrivée des renforts soviétiques en réalisant des opérations d’interdiction. Les avions de reconnaissance conservent les mêmes missions, le recueil du renseignement devenant vital pour anticiper les mouvements ennemis.

Après l’opération URANUS, les forces aériennes magyares sont sérieusement réduites en nombre au point que la 4ème brigade aérienne est dissoute, ne laissant que les 1ère et 2ème. Ces dernières alignent un squadron de chasse, un squadron de bombardement, un squadron d’attaque au sol et un squadron de reconnaissance.

Messerschmitt Me410 17

Me-410 Hornisse capturé par les britanniques. La présence de cocardes montre que l’appareil à été évalué en vol

 

L’équipement évolue avec des chasseurs monomoteurs Focke-Wulf Fw-190G, des chasseurs-bombardiers bimoteurs Messerschmitt Me-410 Hornisse, des bombardiers bimoteurs Junkers Ju-288 et des avions de reconnaissance Focke-Wulf Fw-189.

Les pilotes hongrois vont disposer quasiment de ce qui se fait de mieux pour combattre les soviétiques sauf qu’en face le matériel est de plus en plus performant, les pilotes qui ont passé le stade de la sélection opérationnelle n’ont cessé de progresser.

Si les hongrois disposent de quelques vétérans dont la valeur approche celle des Experten de la Luftwaffe, le reste est souvent composé de pilotes inexpérimentés et/ou démotivés.

La suite des opérations ressemble à un long calvaire avec un long et lent recul en direction de la mère-patrie. La MKHL doit non seulement soutenir les troupes engagées sur le front russe mais également défendre le pays face à des bombardiers occidentaux venus de Yougoslavie et d’Italie mais aussi de Roumanie suite au basculement de Bucarest dans le camp soviétique.

Cette mission va être assuré par un commandement spécifique créé en septembre 1952, le commandement de défense nationale (nemzetvédelmi parancsnoksag) qui va regrouper des unités de monomoteurs et de bimoteurs, les premiers assurant la défense diurne et les seconds la défense nocturne.

Au printemps 1954 l’aviation militaire hongroise est réduite à la portion congrue avec quelques unités disposant de rares appareils encore opérationnels.

Les derniers avions disponibles sont regroupés à la frontière germano-hongroise. Ils sont brûlés par leurs pilotes pour qu’ils ne tombent pas aux mains des soviétiques.

La MKHL est officiellement dissoute le 5 avril 1954. Une nouvelle armée de l’air hongroise sera reconstituée en 1958. Elle sera d’abord uniquement composée d’avions de transport et d’entrainement puis d’avions de combat mais ceci est une autre histoire.

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