Mitteleuropa Balkans (20) Hongrie (20)

Artillerie antiaérienne

En matière de canons antiaériens, l’armée hongroise ne se distingue pas particulièrement disposant de canons légers automatiques pour protéger les unités de combat au front et des canons plus lourds pour protéger l’arrière (à une époque où le front et l’arrière sont facilement à distinguer).

-Pour le premier domaine les hongrois ont choisit probablement ce qui se fait de mieux sous la forme du canon de 40mm Bofors, une légende de l’armement puisqu’il suffit de dire «Bofors» pour savoir de quel modèle on parle.

La Hongrie va acquérir plus de 1000 canons de ce type (le chiffre exact m’est inconnu) d’abord des canons achetés directement à la Suède suivis de canons produits sous licence connus sous la désignation officielle de 36M LÉGVÉDELMI GÉPÁGYÚ.

36M LÉGVÉDELMI GÉPÁGYÚ (Hongrie)

Ces canons intégrés aux unités de mêlée étaient des pièces tractées donc à la mobilité limitée mais au cours du conflit ils seront complétés par des canons automoteurs antiaériens, des 40M Nimrod qui sont les cousins magyars d’un canon antiaérien automoteur finlandais le Luftvämskanonvagn L-62 Anti II Tank 41.

40M Nimrod

40M Nimrod

Outre la défense antiaérienne à basse altitude ces canons ont été utilisés pour le tir sol-sol avec l’efficacité que l’on peut aisément imaginer sur du personnel à découvert voir des véhicules légers.

Le 36M LÉGVÉDELMI GÉPÁGYÚ était un canon de 40mm pesant 1730kg en position de tir (mais 2400kg en configuration transport) disposant d’un tube de 56 calibres (2.24m) permettant le tir d’un obus (40x311R) pesant 907g à une distance maximale de 4275m en tir sol-sol et de 2800m en tir antiaérien à raison de 90 à 120 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des clips de 4 obus.

L’équipe de pièce composée de neuf hommes peut pointer le canon grâce à un affût cruciforme (monté sur quatre roues pour le transport) sur 360° en azimut et de -5° à +85° .

-Dans le domaine de l’artillerie antiaérienne médiane la Hongrie à utilisé une autre arme suédoise, une autre arme de la firme Bofors, un canon de 80mm mis en service en 1929 ce qui explique sa désignation officielle en langue magyare à savoir 29M LÉGVÉDELMI ÁGYÚ.

29M LÉGVÉDELMI ÁGYÚ (Hongrie)

Ce canon de 80mm à pour origine un canon de 75mm mis au point dans l’immédiat après guerre pour tirer les leçons du premier conflit mondial.

Celui qui aurait du être la der des ders avait montré que l’aviation nécessitait une riposte appropriée qui passait par des armes légères (mitrailleuses en attendant mieux) et des canons médians.

Après une première génération où on adaptait tant bien mal des canons de campagne à ce nouveau rôle vint le temps des premiers canons antiaériens médians conçus dès l’origine pour ce rôle.

Le traité de Versailles interdisant à l’Allemagne de produire des armes ce qu’on pourrait appeler par anachronisme le Complexe Militaro-Industriel (CMI) allemand ne tarde pas à trouver la parade en exilant bureaux d’études et usine dans des pays neutres comme les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse. Des projets en développement en novembre 1918 sont poursuivis et d’autres lancés.

Le canon de 75mm fût ainsi développé sous influence allemande avant que les teutons ne préfèrent un calibre plus élevé, calibre déjà utilisé notamment par la marine à savoir le 88mm. Cela n’empêcha pas Bofors de lancer la production et de le promouvoir activement à l’export.

Ce canon va d’abord être mis en service dans l’armée suédoise en compagnie d’un canon de 80mm bientôt suivis de la Finlande qui à acquis huit exemplaires dont l’utilisation durant la guerre d’Hiver est incertaine.

D’autres pays vont acquérir ce canon à savoir la Perse (six batteries de quatre canons de 75mm et quatre batteries de quatre canons de 80mm), la Grèce (des canons de 80mm pour assurer la défense antiaérienne de la ligne Metaxas), les Indes Néerlandaises et donc la Hongrie qui va recevoir 167 canons de 80mm qui vont être utilisés en Yougoslavie et en URSS comme canon antiaérien et canon antichar (77mm de blindage percé à 500m incidence 30°). Une version améliorée baptisée 29/38M à également été mise au point.

A noter qu’après le succès du 40M Nimrod, son concepteur György Szebeny étudia un Nimrod muni d’un canon de 80mm mais ce projet ne dépassa pas le stade du prototype, les deux protos étant utilisés Budapest lors de la bataille du même nom comme chasseur de chars improvisé, disparaissant à cette occasion.

Les canons de 80mm tractés vont rester en service jusqu’à la fin du conflit. Quelques rares exemplaires sont utilisés pour l’entrainement dans l’immédiat après guerre avant d’être retirés du service. Ils sont tous détruits sauf un exemplaire préservé dans un musée près de Budapest. Il à malheureusement été détruit en 1992 lors de l’incendie du dit musée.

Le 29M LÉGVÉDELMI ÁGYÚ était un canon de 80mm pesant 3300kg en position de tir (et 4200kg en configuration transport) disposant d’un tube de 50 calibres (4m) lui permettant le titre d’un obus de 8kg (80x275mm) à un distance maximale de 14500m en tir sol-sol et de 9700m en tir antiaérien à raison de 15 à 25 coups par minute. L’affût du type cruciforme permet aux neufs servants de pointer le canon en azimut sur 360° et en site de -3° à +85°.

cannone-da-90-53-5

-Les canons de 80mm Bofors sont complétés par des canons de 90mm Ansaldo modèle 1939. Seize canons sont commandés pour former deux batteries de huit canons avant qu’une réorganisation permette la création de deux nouvelles batteries.

Connu en version originale sous la désignation de Cannone da 90/53, ce canon va remplacer progressivement les différents modèles de canons de 75mm même si en septembre 1948 les deux calibres cohabitent toujours.

En septembre 1948 995 exemplaires ont été produits en grande partie pour l’Italie mais aussi pour quelques clients exports à savoir le Portugal (seize exemplaires), l’Argentine (trente-deux pièces) et la Hongrie (seize exemplaires).

La production se poursuit durant tout le conflit d’abord pour l’Italie «unifiée», la production atteignant le chiffre respectable de 1185 canons en avril 1953. La production se poursuivra pour l’ENR et l’Allemagne jusqu’à la fin du conflit.

Des versions automouvantes ont été créées comme l’autocannoni da 90/53 ou encore le Semovente da 90/53 mais ces deux modèles ont été produits en faible quantité.

Cette version à aussi été développée en variante navale pour équiper les navires de la Regia Marina.

A la fin du conflit ce canon efficace est conservé par l’armée italienne co-belligérante, le canon Ansaldo restant en service jusqu’au début des années soixante quand des missiles sol-air prennent le relais. Un nombre non négligeable de canons sont aujourd’hui conservés dans les musées.

Comme nous l’avons vu plus haut les hongrois ont acquis seize canons. Il semble que l’acquisition de pièces supplémentaires à été étudiée mais n’à pas aboutit. Après avoir formé deux batteries de huit canons ils ont été déployés au sein de batteries de quatre canons.

Si la 1ère était déployé à Budapest pour défendre la capitale et que la 2ème couvrait le sud du pays contre une éventuelle action de l’aviation roumaine, les 3ème et 4ème batterie ont accompagné les 1ère et 2ème armée dans l’opération FRIEDRICH.

Ces canons à l’instar des «88» allemands ont été engagés aussi bien en défense antiaérienne qu’en défense antichar. Après la contre-attaque soviétique il ne restait plus que trois canons sur les huit engagés. Formant une batterie de marche ces canons surnommés les Rois Mages vont être utilisées jusqu’au printemps 1953 quand le dernier canon est détruit.

Les huit canons restés en Hongrie sont repliés en janvier 1952 sur Budapest pour former le socle de la défense antiaérienne de la capitale. Lors de la bataille de la fin 1953 et début 1954, ces canons vont être plus utilisés pour le tir sol-sol antichar et antipersonnel que pour le tir antiaérien. Aucune pièce hongroise n’à survécu au second conflit mondial.

Le canon de 90mm Ansaldo modèle 1939 était un canon antiaérien pesant 6240kg en position de tir (mais 8950kg en configuration transport) disposant d’un tube de 53 calibres (4.736m) permettant le tir d’un obus de 10.3kg à une distance maximale de 17400m en tir horizontal et de 12000 en tir antiaérien à raison de 19 coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes pouvait pointer le dit canon en azimut sur 360° et en site de -2° à +85°.

Une réflexion sur “Mitteleuropa Balkans (20) Hongrie (20)

  1. J’indique juste un a sur le passage du canon de 80 mm :

    A noter qu’après le succès du 40M Nimrod, son concepteur György Szebeny étudia un Nimrod muni d’un canon de 80mm mais ce projet ne dépassa pas le stade du prototype, les deux protos étant utilisés …. Budapest lors de la bataille du même nom comme chasseur de chars improvisé, disparaissant à cette occasion.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s