Mitteleuropa Balkans (11) Hongrie (11)

ARMEE DE TERRE

Une histoire militaire de la Hongrie

Les origines

Comme nous l’avons vu à propos de la partie d’histoire générale, les hongrois apparaissent dans l’histoire européenne au 9ème siècle sous la forme de raids meurtriers. Peuple issu des steppes, les hongrois utilisaient essentiellement la cavalerie pour frapper vite et fort. Ils utilisaient l’arc mais aussi l’épée et la lance.

A la différence d’autres peuplades steppiques, les hongrois ne renonçaient pas aux batailles rangées, utilisant comme tactique le tir massif de flèches avant une charge de cavalerie pour provoquer le désordre chez l’ennemi.

Avec leur sédentarisation l’armée hongroise se transforma en s’inspirant des armées de l’Occident médieval avec de la cavalerie lourde mais aussi un art consommé de la poliorcétique (le siège).

L’Armée Noire

Knight_of_black_army

Miniature représentant un cavalier lourd de la Fekete Sereg

La Fekete Sereg (armée noire) est l’une des premières armées professionnelles permanentes d’Europe. Ayant visiblement hérité de ce nom de la couleur noir de leurs armures, elle à pour origine les efforts du roi Matthias Corvin qui exploita les première mesures de son père Jean Hunyadi qui leva les premières unités de mercenaires professionnalisées dans les années 1440 alors que les ottomans se montrant de plus en plus menaçants.

Matthias Corvin 13

Mathias Corvin

Active de 1458 à 1491, elle détonnait par rapport aux autres armées de l’époque qui étaient un mélange de mercenaires recrutés au coup par coup, des paysans levés en cas de crise suivant le principe féodal. L’armée noire elle était composée de mercenaires qui étaient des militaires pouvant passer tout leur temps à s’entraîner.

Les résultats ne tardent pas avec une victoire contre les ottomans en 1479, la prise de Vienne en 1485, la conquête d’une grande partie de la Bohême…… .

Cette armée était également moderne. Alors qu’en France un chevalier Bayard faisait prendre les arquebusiers, Mathias Corvin avait décidé qu’un fantassin sur quatre serait armé d’une arquebuse ce qui était un ratio inhabituel pour l’époque.

Cette armée était composée d’unité d’infanterie, d’artillerie et bien entendu de cavalerie qu’elle soit légère ou lourde. Sur le papier la cavalerie lourde devait protéger l’infanterie et l’artillerie, la cavalerie légère devant mener des missions de flanquement et de raids pour déstabiliser l’adversaire.

A ces débuts cette armée disposait de 6 à 8000 mercenaires mais dans les années 1480 elle disposait de 15 à 20000 hommes. Les effectifs ont visiblement atteint leur apogée en 1485 avec 28000 hommes (20000 cavaliers et 8000 fantassins) pour ne citer que les unités de combat.

La cavalerie lourde était très présente à l’origine de l’Armée Noire mais elle va peu à peu décliner au profit notamment de la cavalerie légère, Matthias Corvin introduisant des unités de huszár devenues hussard en français. Le nom vient du hongrois husz qui signifie vingt car une loi imposait à un noble possédant vingt serfs de lever un soldat monté parfaitement équipé.

L’infanterie était moins importante et moins prestigieuse mais elle formait une base incontournable de toute armée n’en déplaise à la chevalerie. On trouvait de l’infanterie lourde, de l’infanterie légère et des fusiliers.

Cette infanterie était protégée par des cotes de maille et des plaques d’acier, employaient toujours un bouclier mais signe des temps utilisait aussi bien l’arc que l’épée ou que le fusil. Ils ont également reprit l’utilisation du chariot de guerre hussite ce qui donnait à certaines batailles un faux air de conquête de l’Ouest.

L’élite de cette infanterie était composée de redoutables piquiers helvétiques qui jusqu’à la bataille de Marignan en 1515 furent considérés comme quasiment invincibles.

Marignan

Représentant « naïve » de la bataille de Marignan

On trouvait également des arbalétriers (environ 4000 dans les années 1470) qui quand ils n’utilisaient pas leur arme de prédilection employaient une arme qu’on trouvait davantage dans les rangs de la cavalerie à savoir le sabre.

On trouvait également (bis) des arquebusiers dont l’emploi n’était pas toujours bien vu par la chevalerie de l’époque qui réagissait mal à la nouveauté (on ne se souvient que trop bien des défaites françaises sous les coups des archers gallois).

A cela s’ajoute les effectifs de l’artillerie et une flottille fluviale (naszàd) composée de galères et de canonnière ainsi que de petits unités opérant sur le Danube, la Tisza et la Sava. Cette flottille vont jouer un rôle capital dans la victoire de Nándorfehérvár (Belgrade) en 1456 en brisant le blocus turc.

Cette flottille découvre elle aussi l’artillerie puisque dès 1475 des bombardes sont installées sur des navires. En 1479 il dispose d’une flotte de 360 vaisseaux armée par 2600 marins et pouvant embarquer 10000 hommes.

Les soldats étaient principalement tchèques, allemands, serbes et polonais puis hongrois à partir de 1480 ce qui pouvait l’assimiler à une armée nationale.

Si Louis XI de France avait lui aussi une armée permanente, ses effectifs étaient bien moins importants.

Comme les monarques de l’Ancien Régime étaient souvent à cour d’argent, les mutineries, les désertions et les trahisons étaient assez courantes, les soldats qui ne touchaient pas leur solde soit se servaient sur la population ou n’hésitaient pas à livrer la place-forte à l’ennemi.

Offrir des châteaux et des place-fortes à des capitaines n’était pas une solution idéale car cela réduisait la capacité fiscale du monarque, un véritable cercle vicieux.

La mort de Mathias Corvin marque la fin de l’Armée Noire. La noblesse présente à la Diète décide de réduire massivement les taxes ce qui obligea le royaume à réduire les effectifs à une époque où les ottomans étaient de plus en plus menaçants. La Hongrie laissa son armée dépérir, payant la note à la bataille de Mohacs en 1526.

L’armée commune (1867-1918)

En 1867 suite à la défaite de Sadowa et pour sauver l’empire d’Autriche, l’empereur François-Joseph décide de signer un compromis avec les hongrois pour former une double-monarchie.

C’est l’acte de naissance de l’Autriche-Hongrie, François-Joseph étant couronné la même année roi de Hongrie.

Qui dit état dit armée mais comme les choses ne sont jamais simples on trouve non seulement une armée commune (Gemeinsame Armee) mais également des armées territoriales propres à la Cisleithanie et à la Transleithanie, armées que nous présenterons dans les parties suivantes.

Dans les documents officiels cette armée était simplement appelée Heer mais après la chute de l’empire en 1918 l’historiographie germanique la baptisa Koningliche und Kaiserliche Armee (Armée royale et impériale) ce qui donne en hongrois Császári és Királyi hadsereg.

Cette armée commune est officiellement créée le 15 mars 1867 et dissoute le 31 octobre 1918 quand la Hongrie fait sécession. A partir de 1914, un commandement commun chapeaute cette armée avec la marine royale et impériale austro-hongroise.

Le commandement en chef des forces armées est naturellement assuré par l’empereur François-Joseph (en tant que ched de guerre suprême ou allerhöchster Kriegsherr).

Il s’appuie pour cela sur la chancellerie militaire de sa Majesté impériale et royale qui communique avec le commandement suprême des forces armées impériales et royales qui dépend du ministère de la Guerre de la double-monarchie installé à Vienne.

Ce dernier gère la formation, l’entretien et l’entraînement alors que la stratégie se discute au niveau de l’état-major général (Generalstab) dont le chef avait le droit d’en référer directement au monarque.

L’armée territoriale autrichienne (k.K Landwehr) et l’armée territoriale hongroise (k.u Honved) ne dépendent pas du ministère de la Guerre commun mais sont rattachées respectivement au ministère autrichien de la Défense à Vienne et au ministère de la Honvéd de Budapest.

Sur le plan financier, en 1867 la Hongrie pourvoit à hauteur de 30% passant à 31.4% en 1888 et à 36.4% en 1907. En 1912 le budget s’élevait à 670 millions de couronnes ce qui représentait environ 3.5% du revenu national contre 2.5% en 1906. C’était moins que la Russie, l’Italie et l’Allemagne qui dépensaient environ 5% de leur revenu national.

L’Autriche-Hongrie étant en paix depuis 1866 l’armée et la marine sont un poil délaissées durant la fin du 19ème siècle et quand on investit on préfère le faire au profit des troupes territoriales moins impopulaires que les troupes de l’armée commune.

En 1898 l’archiduc François-Ferdinand reçoit de son oncle une mission d’analyse de l’état des forces armées. Il parvient à convaincre le vieil empereur de renouveler les cadres et de lancer un programme de modernisation, programme qui ne sera que partiellement réalisé essentiellement pour des raisons politiques.

Comme la majorité des armées de l’époque, l’armée austro-hongroise est une armée de conscription. L’empire d’Autriche avait mis en place un service militaire obligatoire en 1866 et cette mesure est reconduite au sein de la double-monarchie, le service étant définit en 1868 par deux lois votées simultanément en Cisleithanie et en Transleithanie.

Les hommes sont appelés à partir de 21 ans dans l’armée commune alors que les hommes âgés de 19 à 42 ans pouvaient être incorporés à la milice du moment qu’ils n’étaient pas incorporés dans la Heer, la territoriale ou la réserve. L’obligation militaire durait 12 ans avec trois ans de service actif au sein des régiments de ligne, sept ans dans la réserve et deux dans la territoriale inactive.

On pouvait également s’engager volontairement pour un an. Comme l’engagé ne recevait pas de solde et devait s’équiper à ses frais, cela était réservé aux plus riches.

Uniforme Autriche Hongrie 5

Soldats austro-hongrois à la fin du 19ème siècle

.
En juillet 1914 l’armée commune se compose des éléments suivants :

-110 Régiments d’Infanterie : cinquante-sept régiments allemands (deutschen Regimenter c’est-à-dire recrutés en Cisleithanie mais ne parlant pas forcément tous allemands), quarante-cinq régiments hongrois (ungarischen Regimenter c’est-à-dire recrutés en Transleithanie mais ne parlant pas forcément tous hongrois), quatre régiments d’infanterie de Bosnie-Herzégovine de trois bataillons chacun, quatre régiments de chasseurs du Tyrol (Kaiserjäger) à quatre bataillons chacun.

-42 Régiments de Cavalerie : quinze régiments de dragons impériaux et royaux, seize régiments de hussards impériaux et royaux et onze régiments de uhlans impériaux et royaux

-73 Régiments d’Artillerie : quarante-deux régiments de canons de campagne, quatorze régiments d’obusiers de campagne, onze régiments d’artillerie de montagne et six régiments d’artillerie de forteresse.

-11 divisions d’artillerie à cheval, 14 divisions d’obusiers lourds et 8 puis 10 bataillons d’artillerie de forteresse.

A cela s’ajoute des unités de soutien comme seize divisions de train, quatorze bataillons de sapeurs, neuf bataillons de pionniers, un bataillon des ponts, un régiment ferroviaire et un régiment télégraphique

Les renforts de personnel sont effectués par des bataillons de marche, le système de régiments de réserve n’existant pas dans l’armée austro-hongroise. De plus pendant longtemps les régiments bougeaient souvent d’une ville à l’autre ce qui empêchait toute fraternisation. De plus on affectait les conscrits loin de leur région d’origine pour éviter toute fraternisation.

L’armement est modernisé en tirant les leçons de Sadowa, les dernières armes à chargement par la bouche étant remplacées par des armes à chargement par la culasse ce qui permettait d’augmenter la cadence de tir.

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fusil Mannlicher modèle 1895

En 1886 le système Mannlicher est adopté et sera toujours en service en 1914 quand éclate le premier conflit mondial. Plus de trois millions d’exemplaires de ce fusil ont été produits.

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mitrailleuse Schwarzlose

En 1907 l’armée austro-hongroise met en service sa première mitrailleuse moderne, la Schwarzlose modèle 1907 puis son évolution le modèle 1907/12. Arme efficace et robuste, elle était encore en service dans la Bundesheer (armée autrichienne) lors de sa dissolution en 1938 suite à l’Anschluss.

Les soldats, les sous-officiers et les officiers austro-hongrois disposaient également de plusieurs pistolets et revolvers (Gasser/Kopratschek modèle 1872, Rast & Gasser modèle 1898, Steyr Mannlicher modèle 1894, Roth-Steyr modèle 1907 et Steyr modèle 1912).

Différents modèles d’armes blanches sont également en service que ce soit le sabre modèle 1853 destiné aux sapeurs, le sabre de cavalerie modèle 1861 pour les officiers, les modèles 1869 et 1904 pour les cavaliers, le sabre d’infanterie modèle 1862,le sabre des troupes de montagne hongroises (k.k Landwehrgebirgstruppen) ou encore le sabre léger de cavalerie modèle 1877.

En 1912 un processus de réforme à été lancé sous l’impulsion de l’ArmeeOberKommando (AOK) et de son chef Franz Conrad von Hötzendorf qui avait pris conscience de l’inadaptation d’une armée qui s’appuyait sur des règlements datant de 1889. Certes ces règlements avaient été régulièrement adaptés mais il fallait une réforme plus profonde.

En voyant la date (1912) vous comprendrez chers amis que l’impact de ces réformes à été limité. La mobilisation partielle de 1908/09 suite à la crise bosniaque à révélé de nombreuses faiblesses durement critiquées par la presse et la classe politique.

L’année précédente en 1911 le plan de mobilisation et le plan stratégique ont été mis à jour. En cas d’un conflit avec la Russie (ou l’Italie) et la Serbie, les stratèges de la double-monarchie divisaient l’armée en trois forces :

-L’échelon A (A-Staffel) comprend neuf corps d’armée déployés face à l’Italie ou la Russie

-Un deuxième échelon baptisé Minimalgruppe Balkan avec trois corps engagé contre la Serbie et le Monténégro

-Un troisième échelon appelé B-Staffel se tiendrait en réserve pour être déployé en fonction des besoins et de l’évolution des combats en Serbie et en Galicie.

Pour éviter une guerre sur plusieurs fronts, le commandant de l’armée austro-hongroise demande aux diplomates de tout faire pour l’éviter. Comme Vienne à conscience des faiblesses de son armée, les liens avec l’Allemagne se renforce, l’armée commune voulant s’appuyer sur l’armée allemande pour faire face à l’Entente.

Suite à la déclaration de guerre du 28 juillet 1914 le mécanisme des alliances provoque l’embrasement du Vieux Continent. Le jour même la flottille du Danube austro-hongroise bombarde Belgrade.

Berlin donne le la. L’armée de la Double-Monarchie reçoit pour mission de contenir les unités russes qui doivent attaquer en Pologne. Elles doivent résister à cette armée le temps que l’armée allemande après avoir battu la France en six semaines se retourne contre Saint-Petersbourg.

Comme souvent rien ne se passe comme prévu («le plan est la première victime de la guerre» Clausewitz») et l’armée austro-hongroise va se trouver à devoir se battre contre les serbes, contre les russes et à partir de 1915 contre les italiens.

Les contraintes vont se révéler nombreuses mais l’état-major austro-hongrois va parvenir à les gérer tout en se désolant de ne pouvoir concentrer ses forces sur UN front pour obtenir une percée décisive et on l’espérait la victoire.

La concertation avec Berlin à néanmoins ses limites. Comme la guerre la continuation de la politique par d’autres moyens, les facteurs politiques obèrent les opérations militaires.

En août 1914 face aux 300000 soldats serbes, les austro-hongrois déploient trois puis deux armées soit des effectifs passant de 240 à 140000 hommes. Après quelques victoires les combats deviennent difficiles.

Il faudra attendre l’automne 1915 pour que la victoire soit obtenue avec une offensive coordonnée entre les germano-austro-hongrois (dix divisions _six allemandes et quatre austro-hongroises_) et les bulgares qui eux engagent huit divisions. Cette offensive entraine l’occupation de la Serbie et du Monténégro. Les austro-hongrois et les bulgares vont faire face aux alliés débarqués à Salonique suite à leur échec aux Dardanelles.

En août 1916, la Roumanie entre en guerre obligeant les austro-hongrois à disperser encore les forces. Voilà pourquoi 25000 soldats de la Double-Monarchie font face à 200000 soldats roumains.

Logiquement les premiers combats sont favorables à l’armée de Bucarest mais très vite l’arrivée de renforts allemands et une attaque de revers bulgare entraine l’occupation de la quasi-totalité de la Roumanie.

L’armée commune est également engagée sur le front de l’Est contre la Russie. Les effectifs sont largement favorables aux russes qui déploient trois fois plus de soldats (1.5 million contre 500000).

Pour éviter une déroute, les autorités militaires austro-hongroises vont utiliser un réseau de transport plus performant et un SR de plus en plus performant pour décrypter les intentions de l’ennemi et anticiper sur ses mouvements.

Un autre front majeur pour l’armée de la Double-Monarchie est le front italien. C’est Rome qui prend l’initiative des opérations. Les austro-hongrois s’appuient sur de solides fortifications ce qui leur permet de gagner du temps. Signe qui ne trompe pas, seules deux divisions déployées sur le front de l’Est ont été redéployées à l’ouest.

Ce conflit qui se déroule dans des conditions météorologiques dantesques est une véritable guerre d’usure. Le relief imposant des offensives frontales, les pertes sont absolument épouvantables.

Pas étonnant que les italiens aient craqué à Caporetto ou que les austro-hongrois aient finit par craquer à l’automne 1918 dans un contexte de déliquescence totale et complète.

A cela s’ajoute l’envoi de quelques unités sur d’autres fronts comme le front occidental (infanterie et artillerie lourde notamment) mais aussi au Proche-Orient (des soldats austro-hongrois participent à la deuxième attaque ottomane contre le canal de Suez le 4 août 1916) et même en Chine où on trouve 82 soldats austro-hongrois assurant la défense de la légation d’Autriche-Hongrie.

Bien entendu ces hommes véritables «enfants perdus» ne pouvaient pas faire plus que du renseignement, tâche qu’ils vont assurer jusqu’en août 1917 quand suite à l’entrée en guerre de la Chine, les postes austro-hongrois sont éliminés par l’armée chinoise.

Quand le conflit éclate, l’armée austro-hongroise est nominalement commandée par l’archiduc Frédéric, parent éloigné de François-Joseph. Installé à Teschen, l’état-major austro-hongrois est en réalité dirigé par Franz Conrad von Hötzendorf puis à partir du 27 février 1917 par Arthur Arz von Straußenburg. Sur le plan politique, elle est gérée par Alexander von Krobatin qui est remplacé le 2 avril 1917 par Rudolf Stöger-Steiner.

Disposant de 800000 hommes en temps de paix, le contingent annuel passe en juin 1912 de 103000 à 160000 hommes. A la mobilisation de juillet 1914, les effectifs sont portés à 1.8 million de soldats.

Ces effectifs sont importants mais leur efficacité est obérée par les problèmes ethniques, les unités homogènes étant rares. En dépit de ces problèmes l’armée apparaît comme le ciment de l’empire, les 90000 officiers étant liés par un serment personnel de fidélité à l’empereur. C’est aussi une possibilité de promotion sociale voir d’accès à la noblesse.

Quand le premier conflit mondial éclate, les effectifs austro-hongrois sont de 1820000 soldats dont 1360000 dans l’armée commune.

Les divisions sont regroupées dans des corps d’armée mixtes avec des unités autrichiennes et hongroises. Les seize corps d’armée sont répartis en six armées. En ce qui concerne l’équipement le très bon (notamment l’artillerie lourde) cohabite avec des armes anciennes.

La modernisation de l’équipement avait commencé depuis le début du 20ème siècle mais l’effort nécessaire aurait soit nécessité des moyens supplémentaires ou quelques années de plus. Les austro-hongrois sont particulièrement performants dans le domaine du renseignement avec notamment l’utilisation précoce et pionnière de l’écoute des transmissions radios.

En 1918, l’armée de la Double-Monarchie comprenait encore 79 divisions à la composition ethnique plus nette.

Une division de l’armée impériale et royale était composée de neuf bataillons d’infanterie répartis en trois régiments, un bataillon d’assaut et trois régiments d’artillerie soit 21000 hommes dont 12500 fantassins et 3500 artilleurs.

En 1918 pour tenter d’enrayer le processus de dissolution de l’armée commune, on décide de réformer la formation des recrues. Il faut dire qu’il y à urgence puisque les recrues sont mal nourries, mal encadrées, mal équipées (même les uniformes manquent). De plus les désertions prennent des proportions dramatiques avec 90000 déserteurs en avril 1918 et 250000 en octobre.

Toujours en 1918 suite au traité de Brest-Litovsk, 660000 prisonniers austro-hongrois sont rapatriés.

En apparence c’est une aubaine pour remplumer une armée mal en point mais en réalité ces hommes ont été affaiblis par la captivité, ont été travaillés par l’idéologie communiste sans compter que les prisonniers slaves n’ont pas vraiment envie de retourner combattre pour les Habsbourgs.

L’armée commune ne se relèvera pas de la décision de la Hongrie de se séparer de l’Autriche, les troupes hongroises se regroupant au pays pour faire face à une menace serbe. Les brèches dans les fronts balkaniques et italiens ne peuvent plus être colmatées. Les unités se désagrègent au point que les populations locales devront lever des unités d’autodéfense pour se protéger contre ces nouveaux écorcheurs.

La débâcle de Vittorio-Veneto accentue la dissolution de l’armée commune qui avait reculé de façon méthodique jusqu’au 27 octobre. La défection des régiments slaves et des régiments hongrois pousse l’Autriche-Hongrie à l’armistice le 3 novembre 1918 (armistice de Villa Giusti).

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