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Une Hongrie morcelée

La Hongrie Royale

Hongrie

La Hongrie, la couronne de Saint-Etienne est divisée, morcelée en trois ensemble : la Hongrie Royale ou Royaume de Hongrie qui reste sous l’autorité des Habsbourgs, la Hongrie ottomane sous la domination de la Sublime Porte et la Transylvanie qui sous influence ottomane tout en faisant preuve d’une indocilité et d’une grande volonté d’autonomie.

La conquête ottomane à réduit le territoire hongrois de 70% mais la majeure partie de la Hongrie utile est sous contrôle des habsbourgs.

Sous l’influence de la turbulente noblesse magyare les Habsbourgs doivent considérer la Hongrie comme un royaume, un état et non une simple province. Des lois particulières et des privilèges permettent le maintien d’une forte identité nationale.

A cela s’ajoute des querelles sur l’attitude à adopter vis à vis des ottomans. Vienne voulait maintenir la paix avec la Sublime Porte alors que les hongrois voulaient chasser les ottomans d’Europe.

Certains hongrois considéraient même la Contre-Réforme impulsée notamment par les Habsbourgs comme une plus grande menace que celle des turcs (Un peu comme les byzantins qui préférait le turban à la mitre). Cette politique se heurta à un enracinement profond du luthéranisme en Hongrie.

De 1526 à 1536 et de 1784 à 1783 la capitale de la Hongrie Royale est Buda mais de 1536 à 1783 la capitale est Presbourg pour la simple et bonne raison que Buda est occupée par les ottomans de 1541 à 1686, la ville étant reprise cette année là par une véritable croisade qui fait suite au second siège de Vienne de 1683 et un premier siège de Buda en 1684.

En 1570, Jean Sigismond Zapolya abdique, abandonnant sa couronne de Honrie au profit de l’empereur Maximilien II qui était également roi de Hongrie. C’est le traité de Speyer.

Maximilien II 18

Maximilien II

En théorie la couronne hongroise était élective mais dans la pratique elle devint héréditaire. Lors de la diète de Presbourg en 1687, l’empereur Léopold 1er promet d’observer toutes les lois et privilèges du royaume mais imposa la succession héréditaire (avec une élection symbolique) et supprima trois ans plus tard le droit de résistance de la noblesse magyare. Pour faire passer la pilule il redistribua des terres reconquises sur les turcs. Cela n’empêchait pas les hongrois de considérer les habsbourgs comme des étrangers.

En 1699, le traité de Karlowitz met fin à la Grande Guerre Ottomane et voit la Sublime Porte céder quasiment toute la Hongrie ottomane qui est réunifiée à la Hongrie royale. A cette date le terme de Hongrie Royale tombe en désuétude, les rois habsbourgeois utilisant le terme de Royaume de Hongrie.

Ferenc II Rackoszi

Ferenc II Rackoszi

En 1703 une révolte éclate menée par Ferenc II Rackoszi. Elle à pour origine la répression contre les protestants et la saisie de terres jugées illégitimes. Elle va durer huit ans et durement secouer la domination habsbourgeoise. Cette révolte s’achève en 1711 et l’alerte passée les autrichiens vont se montrer plus conciliant vis à vis de leurs turbulents sujets magyars.

C’est notamment le cas sous le règne de l’empereur Charles VI qui à besoin du soutien hongrois pour permettre à sa fille Marie-Thérèse de lui succéder via un texte appelé la Pragmatique Sanction. La Diète approuve ce texte en 1723 ce qui fait de jure le royaume de Hongrie une monarchie héréditaire (elle l’était de facto depuis un certain temps).

C’est sous le règne du père de Marie-Thérèse qu’une administration centralisée est mise en place et en 1715 une armée permanente est mise sur pied, réduisant le poids militaire de la noblesse et bien que tolérant Charles VI maintient vexations et discriminations vis à vis des protestants qui voient leur carrière entravée.

Cette politique à visiblement permis une certaine réconciliation entre les habsbourgs et les hongrois puisqu’en 1740 les magyars soutiennent corps et âmes leur jeune souveraine contre Frédéric II qui venait de s’emparer à la hussarde de la Silésie, marquant le début de la guerre de succession d’Autriche.

Marie-Thérèse poursuit cette politique de rapprochement avec les magnats hongrois en créant des écoles pour la noblesse hongroise à Vienne.

Si la situation politique se stabilise et s’améliore la situation économique se dégrade en ce début du 18ème siècle. Le problème le plus aigu concerne la population qui diminue provoquant la naissance de véritables déserts.

Pour y faire face les habsbourgs vont mener une véritable politique de colonisation en faisant venir des slovaques, des serbes, des croates, des juifs et des allemands. Entre 1720 et 1787 la population hongroise est multipliée par trois arrivant à 8 millions d’habitants mais seulement 39% des habitants étaient magyars.

Joseph II 75

Joseph II

Joseph II, empereur de 1780 à 1790 cherche à secouer la Hongrie en multipliant les réformes influencées par les Lumières. Le fils de Marie-Thérèse agit comme un despote éclairé, refusant par exemple de prêter serment lors de son couronnement comme roi de Hongrie pour éviter d’être limité par la constitution hongroise.

Parmi les réformes «joséphiennes» figure un édit de tolérance en 1782, le remplacement du latin par l’allemand comme langue officielle de l’empire, un allégement des obligations imposées à la paysannerie mais aussi la réorganisation du royaume de Hongrie (appelé également pays de la couronne de Saint-Etienne) qui comprend la Hongrie, la Slavonie, la Croatie, la frontière militaire et la Transylvanie.

L’ensemble des réformes part d’une bonne et louable intention mais elles sont mal reçues, mal accueillies par la noblesse comme par le clergé de Hongrie. La paysannerie est elle aussi irritée par les taxes, la conscription et les réquisitions. Ces réformes sont d’ailleurs annulées à la fin du règne de Joseph II à l’exception de l’Edit de Tolérance, les réformes agraires et l’abolition des ordres religieux.

Ces réformes sont vues comme une hégémonie allemande et en réaction la culture hongroise est magnifiée et vivifiée. Parallèlement les croates, les serbes et les slavons s’inquiètent d’une hégémonie culturelle hongroise.

Léopold II frère du précédent réintroduit une administration séparée de la Hongrie. En 1791, une loi votée par la Diète fait de la Hongrie un royaume indépendant dirigé uniquement par un roi légalement couronné selon les lois hongroises.

François II qui règne de 1792 à 1835 (d’abord comme empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous ce nom puis comme empereur d’Autriche sous le nom de François 1er) se détourne totalement des Lumières. Une politique violemment réactionnaire qui met à un certain libéralisme en Hongrie.

Naturellement une opposition se met en place et en 1795 des leaders progressistes sont arrêtés sur l’accusation de vouloir mettre en place un régime de type jacobin sur le modèle français qui servait d’épouvantail et d’espoir dans toute l’Europe. Cela poussa les opposants à se réfugier dans une opposition poétique et philosophique, politique qui avait clairement ses limites.

En 1804 le Saint-Empire Romain Germanique disparaît laissant la place à l’empire d’Autriche qui regroupe l’Autriche et toutes les terres patrimoniales de la maison de Habsbourg notamment la Bohème et la Hongrie. Ce changement est davantage cosmétique qu’autre chose. De 1811 à 1825 aucune Diète n’est réunie en dehors des votes pour voter des crédits de guerre (autant dire un simple enregistrement des volontés impériales) sans que cela provoque de troubles.

Le débat majeur de l’époque est l’utilisation de la langue hongroise. Il faudra attendre 1844 sous le règle de Ferdinand V (1835-1848) pour que la langue magyare deviennent la seule langue officielle du royaume après des décennies de lutte.

Cela annonce les futurs troubles de 1848 qui allaient conduire François-Joseph à révoquer la constitution hongroise et à diviser le pays quatre districts (Hongrie, Transylvanie, Croatie-Slavonie et Vojvodina). L’allemand redevient la langue officielle, les postes les plus élevés de l’administration échappant aux hongrois (le contraire eut été étonnant). Il faudra attendre les défaites en Italie pour que le jeune empereur ne revienne à une attitude plus amène vis à vis des hongrois notamment sous l’influence de son épouse Elisabeth plus connue sous son surnom de Sissi.

La Hongrie Ottomane

Hongrie ottomane

La Hongrie en 1629 : Hongrie royale
en rose, Empire ottoman en jaune,
Principauté de Transylvanie en bleu-vert

De 1541 à 1699 (mais 1718 pour la région du Banat) une partie de la Hongrie en l’occurrence le sud-est à été occupée par les ottomans

Au XVIème siècle deux courbes se croisent. D’un côté on trouve le pouvoir ottoman qui ne cesse de monter en puissance dans la foulée de la prise de Constantinople en 1453 inquiétant les européens.

Nombre de souverains qu’ils soient grands ou petits en appellent à la croisade mais ce sont à chaque fois des échecs cuisants.

De l’autre le royaume de Hongrie se perd en querelles intestines et révoltes paysannes ce qui l’affaiblit grandement alors qu’il doit faire face à la plus grande menace militaire de son histoire et ce depuis les invasions mongoles. Tout cela atteint son apogée avec la déroute de Mohacs en 1526 puis la prise de Buda en 1541.

A cette date on aurait pu s’attendre à une sorte d’union sacrée de la croix contre le croissant mais c’est tout le contraire qui se produit puisqu’au malheureux Louis II tombé à Mohacs succède non pas un mais deux rois.

Le Nord et l’Ouest reconnurent comme roi de Hongrie Ferdinand de Habsbourg, frère de Charles Quint alors que le Centre et le Sud étaient sous domination du sultan. L’est lui était gouverné par Jean Sigismond Zapolya, un vassal du sultan dans ce qui deviendra après 1570 la Principauté de Transylvanie.

 

De 1529 à 1566 à lieu une série d’affrontements qui aboutissent en 1568 au traité d’Andrinople signé entre le sultan Sélim II et l’empereur Maximilien II, traité qui fixe la frontière entre la Hongrie royale et la Hongrie ottomane.

Une nouvelle guerre à lieu de 1591 à 1604 (ou pour d’autres de 1593 à 1606). C’est la Longue Guerre qui se termine par un retour au statu quo ante bellum. Une campagne militaire hasbourgeoise à lieu en 1644 suivit d’un nouveau conflit entre 1661 et 1664, conflit déclenché par des vizirs albanais.

Jean III Sobieski (1674-1696) 90

Statue de Jean III Sobieski

Le 14 juillet 1683 les ottomans mettent le siège devant Vienne. Ils échouent devant la détermination des assiégés et surtout l’intervention de l’armée polonaise dirigée par Jean III Sobieski et le duc Charles de Lorraine le 12 septembre de la même année et forte de 80000 hommes. La Sublime Porte atteint là son extension maximale.

En 1699 le traité de Karlowitz met fin à la Grande Guerre Turque et surtout permet le retour sous domination chrétienne de la quasi-totalité du territoire hongrois. A la suite de ce traité la dynastie des Habsbourgs prend le titre de roi de Hongrie en remplacement du titre plus ancien de «roi hongrois».

Le territoire hongrois sous domination turque est divisé en sandjaks (provinces) et dirigé par le pacha de Buda. Les sandjak-beys étaient responsables de l’administration, de la justice et de la défense. L’économie les intéressent peu, seule la sécurité et la défense les préoccupent. Cela coûte cher et comme toutes les monarchies de l’ancien régime la Sublime Porte est souvent à court d’argent.

Une relative tolérance religieuse permet le développement d’un artisanat et d’une nouvelle bourgeoise commerciale. Devant la situation incertaine de la région, le pouvoir ottoman est obligé de tolérer la noblesse magyare, leurs privilèges et leurs droits tout en rappelant bien évidemment qui était le patron en cas de trop grande indocilité. Il n’y eut par exemple pas de recrutement de janissaires en Hongrie.

Environ trois millions de hongrois seront réduits en esclavage par les Turcs et envoyés dans tout l’empire ottoman. Cette ponction démographique associée aux guerres explique que la Hongrie ne connu pas le boom démographique d’autres pays européens.

La proportion magyare de la population chute de 75 à 50%. les forteresses médievales tombent en ruine, les villes jadis florissantes déclinent.

La principauté de Transylvanie

La Principauté de Transylvanie est née au Haut Moyen-Age d’abord comme voïvodat autonome sous l’influence du royaume de Hongrie puis à partir de 1526 et le désastre de Mohacs comme principauté quasi-indépendante. Je dis bien quasi car c’était un protectorat ottoman jusqu’en 1699. A cette date la Transylvanie est devenue un archiduché placé sous la domination des Habsbourgs qui en 1867 l’intègre à la Hongrie au grand dam des transylvains.

Tout comme ces voisines valaques et moldaves, la Transylvanie était peuplée de nombreux roumanophones mais elle était dominée par une noblesse magyare de confession catholique puis protestante. Son territoire à beaucoup évolué, son cœur historique correspondant à une région située à l’est de la Transylvanie actuelle dans le centre de la Roumanie.

Son existence varie selon les historiens. Certains la limite à la période 1570-1711 car considérant que son existence n’à démarré qu’avec le traité de Spire et succédant ainsi au royaume de Hongrie orientale et qu’elle à disparu en 1711 quand le dernier prince hongrois Ferenc (François) II Rakoczy est remplacé par un gouverneur autrichien alors que d’autres notamment les historiens roumains considèrent qu’elle à existé de 1111 à 1867.

Personnellement j’ai décidé de ne pas choisir et j’ai décidé de présenter de manière exhaustive (tout en restant synthétique) l’histoire de cette région rendue célèbre par les aventures d’un célèbre comte vivant la nuit et dormant le jour si vous voyez ce que je veux dire (même si le personne historique dont il s’inspire Vlad III Tepes venait de Valachie et non de Transylvanie).

Pour résumer la Transylvanie est aussi ancienne que l’arrivée des magyars dans le bassin danubien, le terme Transylvanie étant traduit en hongrois comme Erdély soit «le pays au-delà des forêts».

Cette région était dominée à l’époque par les bulgares qui sont chassés, les populations locales majoritairement slaves et valaques troquant un maître contre un autre. La principale différence étant d’ordre religieux car si les bulgares adoptent le rite orthodoxe, les hongrois restent fidèle au rite catholique.

Du 11ème au début du 16ème siècle donc la Transylvanie était une principauté autonome mais vassal du royaume de Hongrie, le prince régnant étant connu sous le nom de voïvode de Transylvanie, un prince élu mais à condition que le roi de Hongrie accepte le candidat proposé ce qui limite l’autonomie de la Diète. Au 15ème siècle la société se fige dans une forme trè inégalitaire avec trois ordres, système qui allait perdurer jusqu’à la révolution transylvaine de 1784.

En 1526 le désastre de Mohacs met fin au royaume de Hongrie tel qu’on à pu le concevoir depuis le couronnement de Saint-Etienne.

Le royaume se divise en trois et la Transylvanie devient une principauté vassale de la Sublime Porte en 1541 contre le paiement d’un tribu de 10000 florins par an. Le prince de Transylvanie est Jean Sigismond Zapolya, fils de Jean Zapolya l’un des deux prétendants à la couronne de Hongrie.

De 1551 à 1556 la principauté est occupée par les Habsbourgs mais le sultan parvient à rétablir son autorité sur la région.

Tout comme la Moldavie et la Valachie, la Transylvanie est un état chrétien autonome mais qui sont sous la suzeraineté de l’empire ottoman. Le traité de Spire signé le 10 mars 1571 entre l’empereur Maximilien II et le prince de Transylvanie officialise cette position.

En 1568 via un Edit de Tolérance voté par la Diète transylvanie, la principauté bascule dans le camp protestant. Je dis bien protestant car contrairement à certains états qui choisissent, la Transylvanie voit ses sujets adopter aussi bien le luthéranisme, le calvinisme ou l’unitarisme. En revanche l’orthodoxie et le catholicisme sont simplement tolérés.

Comme souvent dans ce genre de situation les princes de Transylvanie jouent un double-jeu qui peut s’avérer dangereux. Cela sera également une question de personnalité, certains se satisferont d’être les obligés du sultan d’autres chercheront à augmenter leur marge de manœuvre.

De 1619 à 1645 la Transylvanie participe à la guerre de Trente Ans aux côtés des princes protestants soutenus par des puissances catholiques comme la France.

Si la principauté autonome se retire c’est parce que le sultan craint que la présence de puissants alliés ne donnent des idées d’indépendance aux princes transylvains. Une menace d’intervention et la Transylvanie se retire. Elle est néanmoins présente aux conférence de paix mettant fin au conflit.

En 1699 la Transylvanie cesse d’être indépendante suite à sa conquête par les habsbourgs qui en font un archiduché dont les frontières sont celles d’avant 1526.

L’empereur Léopold 1er reconnaît l’autonomie et les institutions spécifiques de la Transylvanie dans un texte appelé Diploma Leopoldinum. Néanmoins cette reconnaissance est tempérée par la présence d’un gouverneur aux côtés du prince et un conseil (Gubernium) aux côtés de la Diète.

Peu à peu le gouverneur et le conseil vont grignoter les pouvoirs du prince et de la Diète. Sur le plan religieux les catholiques occupent les postes de direction, les restrictions concernant les orthodoxes sont levés et si les protestants restent influents ils ont perdu tout pouvoir politique réel.

Des réformes sont menés sous le règne de Joseph II (1780-1790) influencé par les Lumières et qui à pris en compte la révolution transylvaine de 1784 qui à clairement montré à Vienne qu’il fallait lâcher du lest.

Ces réformes partent d’une bonne volonté mais comme en Hongrie elles sont très mal accueillies par la noblesse et elles seront pour la plupart abandonnées peu avant la mort du fils de Marie-Thérèse. Il faut dire qu’en 1790 la Révolution Française inquiète toutes les cours d’Europe et la réaction est à l’ordre du jour.

A la même époque si les roumains se réveillent et redécouvre leur langue et leur culture, les hongrois eux militent pour une «Grande Hongrie» regroupant tous les peuples de langue et de culture magyare dans un seul état. La Transylvanie devient clairement un enjeu identitaire entre hongrois et roumains.

La Transylvanie est touchée par le printemps des peuples en 1848. Contrairement à ce qu’on écrit parfois ce n’est pas le renversement de Louis-Philippe 1er en France et la proclamation de la Deuxième République qui est à l’origine. La contestation de l’ordre de Vienne est plus ancienne et simplement en ce printemps 48 tout s’est coagulé pour provoquer un bouleversement de toute l’Europe.

Lajos Kossuth

Lajos Kossuth

Les transylvains sont dans une position délicate puisque le leader hongrois Lajos Kossuth est un jacobin partisan de la Grande Hongrie. Il veut ainsi supprimer la diète transylvaine et faire du magyar la seule langue autorisée ce que ne peuvent accepter une grande partie des roumanophones et des germanophones (une minorité accepte de soutenir Kossuth dans l’espoir de peser sur d’éventuels changements).

Le 15 mai 1848 les roumains sous la direction d’Avram Iancu forme à la grande assemblée de Blaj un corps de volontaire qui se heurte bientôt à l’armée de Kossuth.

Par deux fois les hongrois sont repoussés. Coïncidence ou pas ces victoires ont lieu dans les mêmes endroits que là où en 1784 les partisans de la révolution transylvaine avaient repoussé les hussards magyars.

Le 29 mai 1848 la diète transylvaine qui par un système censitaire est majoritairement magyare (273 magyars, 24 germanophones et trois roumanophones alors que ces derniers représentent 70% de la population) vote au cours d’un séance exceptionnelle le rattachement de la Transylvanie à la Hongrie. Entre révolutionnaires roumains d’un côté et les roumains, saxons et sicules de l’autre la rupture était consommée.

De toute façon ce n’était qu’une question de temps avant que l’ordre ancien reprenne le dessus sur le printemps des peuples. La révolution hongroise est ainsi écrasée en 1849 par des troupes russes intervenues au secours des habsbourgs. De part et d’autre on s’accusait mutuellement d’avoir trahit la cause révolutionnaire.

L’archiduché de Transylvanie est rétablit par le jeune empereur François-Joseph et va durer encore dix-neuf jusqu’à son abolition définitive de l’archiduché lors du compromis de 1867 qui voit l’empire d’Autriche devenir soixante-trois après sa création l’empire d’Autriche-Hongrie, ce projet ayant été préféré à un projet d’une fédération de sept monarchies : Autriche, Bohême-Moravie, Galicie-et-Lodomérie, Hongrie, Croatie-Slavonie, Transylvanie, Dalmatie. La Transylvanie devient donc une simple entité du royaume de Hongrie.

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