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HISTOIRE DE LA HONGRIE (Magyarország története)

Une histoire synthétique de la Hongrie

Préambule

-D’où viennent les magyars ? Le mystère demeure mais la majorité des historiens s’accordent sur le fait qu’ils viendraient d’une région située à l’est de l’Oural puisqu’ils appartiennent à la famille finno-ougrienne des peuples ouraliens. En revanche l’hypothèse ancienne que les magyars sont les descendants des Huns à été depuis longtemps abandonnée.

Vers -500 ils auraient commencé leur lente migration vers le centre de l’Europe. Peuple de pasteurs nomades ils calquaient leurs mouvements sur les besoins de leurs troupeaux. Ils s’installent au sud-ouest de l’Oural se rapprochant peu à peu de la Volga. Vers l’an 500 de notre ère ils atteignent l’actuelle Ukraine.

En 895 la confédération des tribus magyares se fixe sur le moyen-Danube entrant au contact de peuples slaves et de peuples turcs. Selon certains historiens ce choix n’est pas le fruit du hasard.

Outre le fait qu’un fleuve comme le Danube est un remarquable axe de communication (encore que jusqu’au 19ème siècle le fleuve resta capricieux et imprévisible) ce territoire aurait été reconnu par des mercenaires magyars ayant combattu pour les carolingiens mais aussi pour leurs adversaires moraves.

Ce déplacement est aussi la conséquence de la pression des Pétchénègues qui leur impose de trouver un nouveau territoire. Ils suivent ainsi les Huns, les avars et les bulgares.

Cette installation ne se fait pas sans heurs. Guerriers mais surtout pillards, ils se heurtent aux puissances occidentales dont les terres sont régulièrement ravagées par les hungari un terme latin qui donnera en français le mot ogre. Tout un programme……. .

Otton 1er 31

Statue représentant Otton 1er, premier empereur du Saint Empire Romain Germanique

En 955 le roi de Germanie et futur empereur (en 962) Otton 1er inflige aux magyars une terrible défaite à Lechfeld en Souabe. Rares dans l’histoire sont les batailles aussi décisives mais ce qui est certain c’est qu’elle est suffisamment marquante pour que les magyars changent totalement de mode de vie.

Exit le pillage et place à la sédentarisation dans le bassin du Danube. Ils mêlent aux populations locales mais contrairement aux lombards qui sont assimilés les nouveaux venus ont tendance à prendre le dessus sur les populations autochtones. Ils abandonnent également le paganisme au profit du christianisme, le christianisme romain en dépit de la volonté de Byzance de ramener les hongrois dans leur giron.

Etienne 1er

Etienne 1er de Hongrie

Pourtant la Deuxième Rome avait envoyé une couronne royale en espérant ainsi s’attirer les bonnes grâces de ces nouveaux chrétiens. En l’an 1000 naît le royaume de Hongrie avec à sa tête un roi bientôt sanctifié Etienne 1er.

Naissance d’une nation : la Hongrie médievale

Les principaux jalons

La Hongrie est donc l’un des plus anciens états d’Europe. En l’an 1000 la France émerge à peine, l’Angleterre est divisée, l’Espagne est aux trois quarts musulmane, l’Italie et l’Allemagne sont des «expression géographiques».

Es-ce à dire que tout est simple et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non bien entendu car l’histoire de la Hongrie va être particulièrement chaotique et heurtée avec de nombreuses invasions étrangères, des combats fratricides…… . Le Royaume de Hongrie première version va tout de même tenir jusqu’en 1526 où la bataille de Mohacs entraîne la mort du roi de Hongrie Louis II et la fin de ce royaume bientôt divisé entre les habsbourgs et les ottomans.

Louis II de Hongrie 16

Louis II de Hongrie

Nous n’en sommes cependant pas encore là. Pour cette période de plus de cinq siècles deux dynasties majeures vont se succéder, la dynastie arpadienne de 895 à 1301 et la dynastie angevine de 1301 à 1386. Ensuite plusieurs maisons se disputent le trône de Saint Etienne.

On trouve succession la maison de Luxembourg de 1386 à 1437, la maison Habsbourg en 1438/39 puis de 1444 à 1457, la maison Jagellon de 1439 à 1444 puis de 1490 à 1526, la maison Hunyadi de 1458 à 1490.

A l’issue de la funeste bataille de Mohacs le royaume de Hongrie disparaît avec une partie conquise par les ottomans, une partie prise par les habsbourgs suite à l’élection de Ferdinand 1er beau-frère de Louis II mort sans héritier comme roi de Hongrie et enfin la Transylvanie qui s’érige en principauté autonome qui allait durer jusqu’en 1711.

Sous la première dynastie la Hongrie devient une puissance européenne majeure. Etat organisé, elle s’étend aussi bien vers l’ouest (vassalisation du royaume de Croatie, création de la marche frontière ou banat de Slavonie), vers le sud (banats ou voïvodats serbes de Bosnie et de Voïvodine) et vers l’est (banat de Severin, des petites formations étatiques en Transylvanie, Moldavie et Valachie). A son apogée le royaume de Hongrie s’étend de l’Adriatique à la mer Noire !

Cette puissance attire des populations venus notamment des pays allemands qui développent l’agricultur, l’industrie minière (notamment l’or), construisent cathédrales, villes et forteresses. Les slaves et les valaques sont particulièrement efficients dans l’élevage, la culture de la vigne et l’arboriculture. Les sicules véritables fermiers-soldats assurent la défense des frontières.

En 1241/42 cependant une terrible invasion mongole ravage le royaume de Hongrie et sans l’éloignement et un terrain moins favorable au pastoralisme nul doute que les hordes dirigées par Batu Khan auraient continué encore à l’ouest.

Sous la dynastie angevine, le royaume de Hongrie atteint la superficie d’environ 300000 kilomètres carrés soit trois fois la Hongrie actuelle mais la population n’est que de 3 millions d’habitants contre plus de 9 millions aujourd’hui.

La majorité de la population est constituée de paysans libres, les serfs représentent environ 10% de la population, la noblesse environ 5%. Inutile de préciser que les citadins sont peu nombreux avec à peine 50000 personnes.

La densité de population est faible ce qui explique la poursuite de l’immigration pour occuper, mailler le territoire surtout dans des territoires périphériques comme la Slovaquie et la Transylvanie, les immigrants en question étant roumains (NdA au sens moderne du terme ?), moraves, polonais, ruthènes et allemands.

Histoire du Royaume de Hongrie (1) (1000-1301)

Rassurez-vous chers amis lecteurs je ne vais pas faire vingt pages sur le royaume de Hongrie à cette époque mais encore fois parler des grands événements pour non seulement avoir un cadre précis et qui sait pour pousser certains et certaines à s’intéresser à l’histoire hongroise (J’ai la même mentalité à propos de mes articles de marine).

Après la défaite de Lechfeld en 955 les hongrois se sédentarisent et vont peu à peu s’évangéliser, les ducs de Hongrie de la maison Arpad choisisse clairement le camp de l’évangélisation et luttent de manière féroce contre les chamans et autres paganistes attachés à la religion traditionnelle.

Clairement l’évangélisation est un choix politique. Voilà pourquoi Rome et Byzance (qui n’ont pas encore été séparés par le schisme de 1054) vont essayer de s’attirer les bonnes grâces des féroces magyars, Rome décrochant la timbale.

Bénéficiant du travail de son père, le duc Etienne peut ainsi se faire sacrer roi à Noël de l’an 1000 après accord de l’empereur Othon III (qui rêvait d’empire universel lui dont la mère était une princesse byzantine) et après que le pape Sylvestre II (Gerber d’Aurillac)eut envoyé une couronne au souverain hongrois. Es-ce à dire que la Hongrie est devenue définitivement chrétienne ?

Non bien comme à chaque fois dans ce processus l’évangélisation est surtout l’apanage de la noblesse et nul doute que de nombreux «nobles» magyars sont restées des crypto-païens.

Le futur saint de l’Eglise catholique apostolique et romaine est un roi législateur et un roi bâtisseur.

Il effectue un gros travail législatif pour donner au nouveau royaume de solides et pérennes fondations en défendant par exemple le mariage chrétien et en luttant contre la polygamie.

Son travail de bâtisseur le voit construire de nombreuses églises, cathédrales et monastères, une façon de mailler le territoire et d’obtenir le soutien politique de l’église hongroise qui doit faire face à des résurgences fréquentes de paganisme.

Le maillage du territoire passe également par la construction de forteresses. Chaque forteresse est dirigée par un ispan (comte) ce qui explique que l’unité de base du royaume magyar était le comté.

Comme son unique héritier est mort avant lui cela va générer de sérieux troubles ce qui est souvent le cas quand la légitimité de l’héritier est contesté par d’autres qui s’estiment plus capables ou plus légitimes. Ne pas oublier que l’hérédité à mis du temps à s’installer et que l’élection du souverain à souvent été privilégiée. En 1102 le royaume de Croatie intègre le royaume de Hongrie non par l’annexion mais par une union personnelle.

Conrad II 10

« Conrad le deuxième »

Va s’en suivre une longue période de troubles et d’instabilité à laquelle il faut ajouter des invasions impériales en 1030 par Conrad II puis en 1050 et 1063 par des successeurs. Ces invasions ont naturellement fait des dégâts mais ce ne fût rien par rapport aux invasions mongoles de 1241/42, invasions menées par Batu Khan, le petit-fils de Gengis Khan.

En 1240 Batu Khan demande au roi Bela IV de se rendre sans combattre ce que le roi magyar refuse. Il ordonne à son aristocratie de rassembler leurs gens comme c’était de coutume pour les armées locales. Aux hongrois s’ajoutent des cumans mais ces derniers abandonnent les hongrois suite à une émeute qui tourne au massacre, provoquant la mort de leur leader un prénommé Kuthen. Les cumans se vengent en pillant le centre du royaume.

Béla IV 4

Bela IV

C’est dans ce contexte peu favorable que l’armée mongole arrive, remportant une bataille décisive à Mohi le 11 avril 1241. Bela IV se réfugie en Autriche où le duc Frédéric II le retient et demande une rançon.

Il parvient à s’échapper à se réfugier en Dalmatie, laissant la majeure partie du royaume magyars aux mains des hommes de la steppe. Les mongols franchissent le Danube début 1242. En mars cependant l’armée mongole se replie vers l’est quand Batu Khan apprend la mort du grand khan Ogodeï.

La Hongrie est-elle sauvée ? Oui et non car comme souvent la guerre entraîne une terrible famine avec les conséquences que l’on imagine sur les populations locales. On estime que 15% de la population à disparu suite aux combats, aux maladies et à la famille provoquée par cette invasion.

Bela IV revient en Hongrie après le retrait mongol mais en position de faiblesse il abandonne sa politique passée de récupération des terres royales spoliés par les barons au profit de la cession de larges territoires à ces mêmes barons, territoires qu’ils doivent défendre. C’est à cette époque que les châteaux hongrois passent définitivement de l’ensemble «terre/bois» à la pierre.

Des hommes et des femmes venus d’Allemagne, de Moravie, de l’actuelle Pologne et de l’actuelle Roumanie viennent coloniser de nouveaux territoires en compagnie des Coumans et des Alains. De nouveaux villages sont créés notamment dans les Carpates occidentales (actuelle Slovaquie). Les villes se développent, développement stimulé par le roi qui accorde privilèges et exemptions d’impôts.

La menace mongole n’à pas totalement disparu et Bela IV comprend qu’il doit reprendre une politique expansionniste pour ne pas apparaître en position de faiblesse. En 1246 Frédéric II d’Autriche est tué au combat et de nouveaux territoires sont acquis au sud.

Cela n’empêche pas les soubresauts interne notamment une guerre civile dans les années 1260 qui se termine par un accord entre le roi et les barons. Désormais la noblesse devient une véritable identité et non un simple état d’esprit.

En 1285 une nouvelle invasion mongole menée par la Horde d’Or à lieu et en 1290 Ladislas IV est assassiné provoquant une guerre civile entre deux prétendants le neveu du roi assassiné prénommé cela ne s’invente pas Charles Martel, prince héritier du royaume de Naples (où régnait une dynastie angevine avec notamment Charles d’Anjou, frère de Saint Louis le roi rendu célèbre par les «Vèpres Siciliennes») et André, le petit-fils d’André II et donc frère de Bela IV.

C’est André qui l’emporte devenant André III. Il est le dernier roi de la dynastie Arpad mais le premier à accorder une charte respectant les droits et privilèges de la noblesse comme de l’Eglise sous la forme de la Bulle d’Or de 1222, texte qui est considéré comme l’un des premiers textes constitutionnels européens limitant les pouvoirs du roi.

C’est ainsi qu’il convoque régulièrement nobles et prélats dans des assemblées appelées Diètes au cours desquelles un important travail législatif est mené.

Vers 1300 le royaume s’est peu à peu morcelé en principautés quasi-indépendantes, le roi n’ayant plus qu’une autorité nominale. Les plus puissants barons invitent à cette époque le fils de Charles Martel prénommé Charles Robert à occuper le trône de Hongrie.

Alors que le futur roi marche vers Buda, André III meurt le 14 janvier 1301. C’est le début d’une période d’anarchie car le nouveau roi est loin de faire l’unanimité au point qu’un roi concurrent descendant de Bela IV par les femmes est élu !

En 1305 Wenceslaus devient roi de Bohème et abandonne ses droits au duc de Bavière Otto III qui est couronné roi mais il abandonne ses droits après avoir été capturé. Finalement le 10 octobre 1307 la majorité se rallie à Charles Robert qui est couronné le 27 août 1310 marquant le début d’une lignée angevine qui va régner sur les pays des magyars jusqu’à la fin du 14ème siècle.

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