Scandinavie (91) Finlande (19)

ARMEE DE L’AIR (SUOMEN ILLMAVOIMAT)

Finlande 2

Histoire

Les origines

La Suomen Illmavoimat voit officiellement le jour le 6 mars 1918 alors que la Finlande tout juste indépendante est ensanglantée par une terrible guerre civile dont la violence absolument terrifiante contraste avec le pacifisme et la tranquillité actuelle du pays.

Encore que je vais un peu vite en besogne puisque ce n’est qu’en 1928 qu’elle devient une entité autonome à l’instar quelques années plus tôt de la RAF ou de la Regia Aeronautica.

Les deux camps vont utiliser un collection hétéroclite d’appareils. Cet hétéroclisme allait devenir la marque de fabrique de l’armée de l’air finlandaise qui allait cependant en tirer la quintessence.

C’est ainsi que alliés comme ennemis verrons avec une stupéfaction mêlée d’admiration les pilotes finlandais tirer le maximum d’appareils obsolètes ou particulièrement décriés ailleurs.

Les premières opérations aériennes finlandaises ont donc lieu durant la guerre civile qui secoue le pays et qui allait aboutir à la victoires des Blancs sur les Rouges. Les blancs bénéficièrent initialement d’un avantage avec l’arrivée de citoyens suédois et de leurs appareils alors que les rouges pouvaient s’appuyer sur les bolcheviks même si ces derniers n’avaient pas non plus des moyens gigantesques à offrir à leurs alliés finlandais.

Le premier appareil fût un NAB Albatros ultérieurement connu sous la désignation de F.2 (Flygmaskin «avion» en suédois) et un Thulin type D (futur F.1) offert par le comte von Rosen qui céda également à la Finlande sa première cocarde en l’occurence une svatiska bleu qui n’avait rien à voir avec le nazisme mais qui faisait référence un symbole religieux visiblement synonyme de chance.

Les Rouges avaient en possession quelques aérodromes et quelques avions russes principalement des hydravions. Problème ces douze appareils n’avaient initialement pas de pilote et les rouges finlandais devront demander l’aide de pilotes russes. Une école de pilote sera bien mise sur pied à Helsinki mais aucun pilote ne sera formé avant la chute aux mains des blancs de la capitale finlandaise.

Bishop Nieuport 17

Nieuport 17 devant lequel pose William « Billy » Bishop, as canadien du premier conflit mondial (72 victoires)

Les Rouges effectuent leur première sortie aérienne le 1er mars 1918 au dessus de Naistenlahti avec un Nieuport 10 de reconnaissance et un chasseur Nieuport 17. Les opérations menées étaient des missions de reconnaissance, de bombardement, de largage de traque et de réglage de tirs de l’artillerie.

Elles ne furent pas réellement efficaces en raison d’une compétence limitée du commandement, de l’utilisation d’appareils usés et la présence des pilotes pas vraiment motivés par le conflit. Des appareils furent capturés par les Blancs et les autres détruits.

Les Blancs se tournèrent vers la Suède mais Stockholm tout à sa neutralité refusa son aide et interdit a à tout officier d’aider la Finlande dans sa guerre.

En dépit de cela un Morane-Saulnier Parasol et trois NAB Albatros arrivèrent de Suède à la fin du mois de février 1918. Là encore les opérations faute d’expérience ne brillèrent pas par leur efficacité légendaire.

Durant ce conflit on compta vingt-neuf suédois (seize pilotes, deux observateurs et onze mécaniciens), deux danois (un pilote et un observateur), sept russes (six pilotes et un observateur) et vingt-huit finlandais (quatre pilotes, six observateurs, deux ingénieurs et seize mécaniciens).

Les allemands qui ont joué un rôle majeur dans ce conflit ont apporté un certain nombre d’appareils mais leur apport à été très limité.

Qui dit avions dit base et un premier aérodrome est créé près de Kolho. D’autres aérodromes sont créés à Orivesi et à Kaukajärvi.

Quand la guerre civile finlandaise se termine, l’armée de l’air finlandaise comprenait 40 avions dont 20 ayant été capturés sur les Rouges. Cinq appareils ont été livrés par les alliés occidentaux, quatre furent des dons suédois et huit achetés auprès des allemands.

Bréguet 14 4

Bréguet 14

La flotte aérienne finlandaise tombe rapidement en décrépitude faute de moyens financiers et même de volonté politique. Elle disposait de Bréguet 14 de reconnaissance et de bombardement léger, des Caudron G-3 pour l’entrainement et la liaison mais aussi des Caudron C-60 d’entrainement. Parallèlement une industrie nationale émerge avec la production sous licence d’hydravions Hansa-Brandeburg W.33.

Bien que culturellement et militairement proche de l’Allemagne, Helsinki se tourne rapidement vers la Grande-Bretagne pour se fournir en appareils neufs. C’est ainsi que des Gloster Gamecock et des Bristol Bulldog vont voler frappés d’un svatiska bleu.

Bristol Bulldog 8

Bristol Bulldog

La Finlande étant un pays neutre elle ne peut se contenter d’un fournisseur d’avions et va acquérir des avions auprès du tchécoslovaque Aero, de l’allemand Junkers ou du néerlandais Fokker.

Pour gagner en autonomie une entreprise est créée à Tampere la Valtion Lentokonetehdas (VL) qui produit en petite série des avions d’entrainement comme le VL Sääski (équivalent d’un Avro 504), le VL Viima (équivalent d’un Tiger Moth) et le VL Tuisku (Boeing PT-17).

Au début des années trente le maréchal Mannerheim devient ministre de la Défense. Son prestige et son aura favorise l’émergence d’une véritable politique de défense avec un accroissement des moyens même si tout est relatif.

Fokker C.X 3

Fokker C.X

A la fin des années trente, la Finlande va acheter des Fokker C.X de reconnaissance et d’appui rapproché mais aussi des Fokker D.XXI de chasse qui vont remplacer les Bristol Bulldog.

Fokker D.XXI 6

Fokker D.XXI

A noter que si sept appareils sont acquis directement auprès de Fokker Aviation, les trente-cinq autres seront produits sous licence par Valtion Lentokonetehdas à Tampere.

Des bombardiers sont également acquis en l’occurrence dix-huit Bristol Blenheim à laquelle s’ajoute une licence de production pour gagner en autonomie.

Bristol Blenheim Mark IV 21

Brstiol Blenheim en vol

Acheter des avions c’est bien mais en tirer la quintessence c’est mieux. Voilà pourquoi la Suomen Ilmavoimat se préoccupe de choisir la meilleure organisation.

L’unité de base est l’escadrille. Si l’escadrille de coopération dispose de treize appareils, celle de bombardement dispose de neuf et celle de chasse vingt-sept. Elles sont regroupées début 1939 en trois régiments homogènes (Lentorymentti LeR), le premier disposant de quatre escadrilles (Lentolaivue LLv) de coopération, le second constitué de deux formations de chasse et le troisième de deux unités de bombardement. On trouve également une escadrille de reconnaissance maritime (ErLLv) autonome volant notamment sur Blackburn Ripon.

Alors que les tensions s’accroissent en Europe, alors que la guerre de Pologne fait rage _façon de parler_ l’armée de l’air finlandaise dispose de capacités limitées avec des appareils dépassés ou en voie de déclassement. Seulement les pilotes finlandais sont bien entraînés, ont bon moral et surtout sont convaincus par leur mission.

En face l’armée de l’air soviétique est bien supérieure numériquement parlant mais ces pilotes sont moins entraînés et moins bien formés. En clair «les faucons de Staline» ne sont pas encore les redoutables combattants qu’ils seront au cours du second conflit mondial. Pourtant Staline est confiant et persuadé de rapidement venir à bout des finlandais. Le réveil va être pénible.

2 réflexions sur “Scandinavie (91) Finlande (19)

  1. Je pense qu’il manque la fin de cette phrase au début de l’article :

    Durant ce conflit on compta vingt-neuf suédois (seize pilotes, deux observateurs et onze mécaniciens), deux danois (un pilote et un observateur), sept russes (six pilotes et un observateur) et vingt-huit finlandais (quatre pilotes, six observateurs, deux ingénieurs et seize mécaniciens).

    C’est le total des effectifs des unités aériennes impliqués dans la guerre civile ?

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