Scandinavie (88) Finlande (26)

Bystrokhodny Tank (BT)

Les premiers chars étaient lourds et patauds. Ce n’était pas un problème puisqu’ils devaient franchir un no-man’s land bouleversé par les obus et accompagner l’infanterie qui faute de véhicules adaptés les accompagnaient à pied.

Pourtant dès la fin du conflit on vit apparaître des chars plus véloces comme le Whippet qui allait pouvoir permettre à la cavalerie de survivre à l’heure de la guerre industrielle. Cela générait aussi dans de nombreux une rivalité avec l’infanterie qui considérait le char comme sa chasse gardée.

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Le Whippet

En URSS un territoire immense et pas toujours accessible au char pouvait justifiait le maintien d’unités de cavalerie sans compter le poids politique de certains généraux comme Vorochilov et Boudienny qui avaient participé à la guerre civile russe au sein de la 1ère Armée de Cavalerie, la Konarmiya.

Les soviétiques virent dans la suspension Christie le moyen de s’équiper des chars véloces nécessaires à leur art opératif.

Cette suspension allait permettre la mise au point des Bystrokhodny Tank (chars rapides) mais aussi du meilleur char de la RKKA, le T-34 notamment dans sa version à canon de 85mm (T-34/85).

BT-2 2

BT-2

Les premières variantes baptisées BT-1 et BT-2 n’ont qu’une courte carrière et ne sont plus en service dans la RKKA en juin 1950. Le BT-3 voyait la conversion des mesures du système impériale au système métrique. Le BT-4 reste à l’état de prototype avec trois exemplaires produits.

BT-5

BT-5

La première version vraiment opérationnelle était le BT-5. Il disposait toujours du système Christie (qui permettait en théorie d’enlever les chenillés et de rouler sur roues mais ce système à ma connaissance n’à jamais été utilisé au combat), un blindage incliné et d’un armement renforcé avec un canon de 45mm et une mitrailleuse de 7.62mm.

Engagé dans la guerre d’Espagne puis dans la guerre sino-japonaise, dans les incidents frontaliers avec le Japon et dans la guerre d’Hiver en compagnie de quelques BT-2 et des premiers BT-7. Les pertes sont lourdes mais encore une fois liées davantage à une utilisation inappropriée qu’aux défauts intrinsèques du char.

Le BT-5 commence à être retiré des unités de première ligne fin 1943-début 1944 mais certaines unités combattant encore sur ce char déclassé en juin 1950. Voilà pourquoi les allemands, les finlandais et les hongrois en ont capturé un certain nombre.

Si les allemands les ont utilisés pour des missions secondaires (moyen mobile pour leurs trains blindés, tracteur d’artillerie et défense des aérodromes), les finlandais et les hongrois les ont utilisés comme chars, Helsinki en transformant certains en véhicules d’appui-feu comme nous le verrons plus tard.

De leur côté les soviétiques ont étudié et mis au point un certain nombre de véhicules dérivés dont beaucoup n’ont pas dépassé le stade du prototypes. Quant à ceux produits en série ils ont pour la plupart été produits en très petite quantité.

BT-7M

BT-7

Le BT-7 est l’avant-dernière version de la famille des chars rapides. Il aurait du être la dernière mais au final après bien des hésitations le prototype du A-20 pourtant déclaré perdant face au futur T-34 allait être produit en série sous le nom de BT-9.

Par rapport au BT-5, le BT-7 se distinguait par une tourelle polyvalente pouvant recevoir aussi bien un canon de 76mm qu’un canon de 45mm. Pourtant les premiers véhicules produits reprenaient sans modifications la tourelle du BT-5 avec néanmoins la réserve d’obus portée à 44 coups. La production totale est de 6950 exemplaires en différentes versions, les dernières abandonnant le moteur essence pour un moteur diesel.

Tout en produisant les premiers BT-7, les soviétiques produisirent entre 1936 et 1938 154 BT-7A disposant d’une tourelle plus large équipée d’un canon de 76mm KT approvisionné à 50 coups (40 en cas d’installation d’une radio).

Avec l’arrivée massive du BT-9 à partir de 1945, le BT-7 commence à quitter le service actif mais en juin 1950 au moment du déclenchement de BARBAROSSA on estime que 3000 exemplaires sont encore en service.

Ils vont affronter bravement les chars allemands. Si ils pouvaient tirer leur épingle du jeu face aux Panzer III à canon de 50mm et Panzer IV à canon de 75mm long, ils étaient dramatiquement démunis face au Panzer V Panther et au Panzer VI Tigre.

De nombreux véhicules sont détruits ou abandonnés par leurs équipage (panne d’essence, avarie mécanique). Les allemands vont en capturer pas loin de 350, les finlandais une soixantaine, les hongrois vingt-quatre, les roumains seize et les bulgares huit.

Les allemands vont les réutiliser dans le même spectre de mission que les BT-5, les finlandais vont les réutiliser comme chars de combat tout comme les hongrois. Les roumains vont les utiliser davantage pour l’entrainement alors que le sort des BT-7 bulgares est incertain. Selon les sources ils ont soit été retournés contre leurs anciens propriétaires et laissés inutilisés dans les dépôts faute d’équipages formés et de pièces détachées pour les remettre en état.

Outre les variantes déjà citées plus haut (BT-7A,BT-7M,BT-8), les soviétiques ont étudié et/ou produits un certain nombre de variantes.

Les derniers BT-7 sont retirés des unités de première ligne au sein de la RKKA à l’automne 1952 quand suffisamment de T-34 sont disponibles. Cela ne signifie pas la fait de leur carrière militaire, les BT-7 continuant à opérer en arrière du front ou pour l’instruction des nouveaux équipages. La fin officielle de la carrière militaire des BT-7 à lieu en 1956.

Le BT-9 est donc le dernier rejeton de la prolifique famille des Bystrokhodny Tank, des chars rapides. Il est destiné à remplacer les BT-5 et BT-7 et va être le concurrent du futur T-34. Si le BT-9 était initialement connu sous la désignation de A-20, le second était appelé A-32. Si l’A-20 est armé d’un canon de 57mm à haute vitesse initiale, l’A-32 à choisit un canon de 76.2mm.

L’A-32 est adopté mais l’A-20 sera également commandé en série pour une raison que l’on ignore encore. Deux hypothèses peuvent être envisagées : soit des craintes que le T-34 se révèle être une impasse technique ou qu’un coût trop élevé ne limite le nombre de véhicules potentiels alors que les soviétiques étaient conscients que le nombre allait faire la différence.

950 BT-9 et 1200 BT-9M sont produits avant que les soviétiques ne concentrent leurs efforts industriels sur le T-34.

Au combat le BT-9 se montre à la hauteur des espoirs placés en lui. Rapide et maniable, bien protégé, il souffre néanmoins d’un canon de 57mm qui connait de sérieuses limites.

Si il peut percer le blindage latéral d’un Panther ou d’un Tigre, il lui faut se rapprocher à une distance si faible que cela revient à un quasi-suicide.

Toujours en service à la fin du conflit, le BT-9 est rapidement relégué aux unités de réserve ou aux nouvelles armées du Bloc de l’Est. Des véhicules sont également livrés à la Chine et à certains pays d’Afrique.

Les allemands et leurs alliés ont capturé un certain nombre de BT-9. Ces véhicules ont servit au combat, pour l’instruction, pour des missions de sécurisation des arrières, pour défendre les aérodromes et les zones logistiques.

Certains véhicules ont reçu un canon de 50mm à la place du canon de 57mm d’origine, d’autres ont perdu leurs tourelles pour devenir véhicules de dépannage ou tracteur d’artillerie, les tourelles en question servant de fortifications de fortune.

Les finlandais ont capturé des BT-5, des BT-7 et des BT-9. On trouvait un total de 48 BT-5, 66 BT-7 et 32 BT-9 soit un total de 146 chars. La majorité fût utilisé comme chars de combat mais certains furent modifiés en véhicules d’appui.

C’est ainsi que dix-huit BT-5 furent transformés en BT-42 où la tourelle d’origine était remplacée par un obusier de 114mm britannique alors que six BT-5 furent transformés en BT-43 avec un canon de 107mm en superstructure. Le BT-44 était un BT-7 armé d’un canon de 75mm en superstructure, six exemplaires étant mis en service dans l’armée finlandaise.

Les BT-5, BT-7 et les BT-9 furent utilisés jusqu’à la fin du conflit même si ils étaient tous dépassés et déclassés. Ils furent utilisés après guerre pour l’entrainement puis stockés jusqu’à leur destruction en 1970 moins un BT-5, un BT-7 et un BT-9 conservés dans des musées.

Caractéristiques Techniques

BT-5

Type : char de cavalerie triplace

Poids : 11.5 tonnes

Dimensions : longueur 5.58m largeur 2.23m hauteur 2.25m

Motorisation : un moteur essence M-5 de 400ch

Performances : vitesse maximale 72km/h distance franchissable opérationnelle 200km (capacité carburant 360l)

Blindage : 6-23mm

Armement : un canon de 45mm 20-K (modèle 1932) associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : trois hommes (pilote, commandant-tireur,pourvoyeur)

BT-7

BT-7 Model 1935 10

BT-7 avec des fantassins en croupe

Type : char de cavalerie triplace

Poids : 13.9 tonnes

Dimensions : longueur 5.66m largeur 2.29m hauteur 2.42m

Motorisation : un moteur essence Mikulin M-17T de 450ch

Performances : vitesse maximale sur route 72 à 86 km/h (50 km/h en tout chemin) distance franchissable 120km en tout terrain 250km sur route Capacité essence 620 litres

Blindage : caisse 6-40mm tourelle 10-15mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 45mm de 46 calibres (longueur du tube 2.070m) associé à deux mitrailleuses de 7.62mm DT

Equipage : trois hommes (pilote, commandant-tireur, pourvoyeur)

BT-9

Type : char de cavalerie

Poids : 17.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.45m largeur 2.50m hauteur 2.50m

Motorisation : un moteur diesel de 560ch

Performances : vitesse maximale 60km/h en tout terrain 75 km/h en tout chemin distance franchissable 150km en tout terrain 300km sur route Capacité essence 675l

Blindage : caisse 15-50mm tourelle 25-45mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 57mm de 60 calibres (longueur du tube 3.420m) associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT; une mitrailleuse de coque de 7.62mm DT

Equipage : quatre hommes (pilote, commandant-tireur, pourvoyeur, opérateur radio-mitrailleur de coque)

T-34

T-34-76 model 1940

T-34/76 (modèle 1940)

Le T-34 fait partie de ces chars entrés dans la légende du second conflit mondial comme le Renault G-1 français, le Churchill britannique, le Panther ou le Tiger pour l’Allemagne et le Sherman pour les Etats-Unis.

Produit avant, pendant et après le conflit, le T-34 est l’évolution ultime du Bystrokhodny Tank, du char de cavalerie, un bon équilibre entre vitesse, mobilité, protection et armement.

Il n’était cependant pas sans défauts avec un confort sommaire, un canon de 76.2 vite déclassé par le blindage des nouveaux chars allemands, le manque de radios sur les premiers modèles, un moteur diesel qui mit du temps à être fiabilisé.

Après avoir été produit armé d’un canon de 76.2mm (T-34/76), il est produit avec un canon de 85mm sous le nom de T-34/85. Avec cette pièce dérivée d’un canon antiaérien, le char soviétique pouvait espérer l’emporter sur le Panther voir sur le Tigre.

Durant le conflit le T-44 est apparu. Il s’agissait d’une évolution du T-34 avec un canon de 100mm, un moteur plus puissant, un blindage renforcé.

Ne donnant pas réellement satisfaction il sera produit en petit nombre et le véritable remplaçant du T-34 sera le T-54 et surtout le T-55, premier char de combat principal soviétique.

A l’origine du T-34 figure la volonté de remplacer le duo BT-5/7 en passe de devenir obsolètes ou du moins déclassés. Deux bureaux d’études émirent leurs propositions avec d’un côté l’A-20 du bureau d’étude de Kazan qui propose une évolution du BT-7 pendant que le bureau d’études de Kharkov propose l’A-32, un char de conception nouvelle. Si c’est le second qui va l’emporter, les deux seront final produits en série même si la quantité de BT-9 (ex-A-20) produite sera une goutte d’eau par rapport aux dizaines de milliers de T-34 (ex-A-32).

Le nouveau T-34 dispose toujours du système Christie, adopte un moteur diesel et conserve le blindage incliné, caractéristiques qu’il partageait avec son concurrent. En revanche l’armement était supérieur avec un canon de 76.2mm et des mesures conservatoires pour intégrer un canon de plus gros calibre chose impossible avec le futur BT-9 (C’est probablement ce qui à fait la différence).

La production en série du T-34 est lancée en septembre 1940, le nouveau char soviétique succédant sur les chaines de montage aux T-26 et aux T-28.

Les débuts sont laborieux mais peu à peu les ouvriers prennent leurs marques avec le T-34 modèle 1940 (400 exemplaires), le T-34 modèle 1941 (9000 exemplaires), le T-34 modèle 1942 (3500 exemplaires) et le T-34 modèle 1943 avec 4500 exemplaires.

 

Après 17400 T-34/76 la production va passer au T-34/85 avec le T-34 modèle 1951 qui est produit 23275 exemplaires suivit du T-34 modèle 1952 produit au total à 37800 exemplaires ! Cela nous donne un total de 78475 exemplaires produits soit le char de combat le plus produit dans l’histoire (sans compter les variantes) !

T-34-85 Model 1946 7

T-34/85

De nombreux T-34 sont capturés par les allemands mais aussi par les finlandais. Ces derniers vont capturer au total 48 T-34/76 et 36 T-34/85 mais seulement 16 T-34/76 et 12 T-34/85 vont être remis en service. Ils sont utilisés contre leurs anciens propriétaires mais aussi contre les allemands lors des combats de l’automne 1953.

Quand le conflit se termine pour les finlandais, il restait 8 T-34/76 et 6 T-34/85 qui sont utilisés dans l’immédiat après guerre avant d’être remplacés par des chars plus modernes au début des années soixante.

En attendant des T-34/85 reconditionnés ont été transférés à l’armée finlandaise pour permettre à cette dernière de disposer d’une capacité blindée limitée histoire de maintenir l’illusion d’une véritable indépendance et contrer la propagande occidentale qui prétendait la Finlande sous la férule soviétique. Ces chars ont été remplacés par des Centurion britanniques en 1962.

Caractéristiques Techniques

T-34 modèle 1941 (T-34/76)

Poids : 26.5 tonnes

Dimensions : longueur 6.68m largeur 3.00m hauteur 2.45m

Motorisation : moteur diesel V-2 34 de 500ch

Performances : vitesse maximale 53 km/h distance franchissable 250/300km sur route 160-250km en tout-terrain

Blindage : caisse partie frontale 47mm incliné à 60° pour la partie supérieure réduit à 45mm pour la partie inférieure les côtés de la caisse sont blindées à 40mm, l’arrière à 45mm, le toit à 20 et le plancher à 15mm. La partie frontale de la tourelle est blindée à 60mm, les côtés à 52mm, l’arrière à 30 et le toit à 16mm

Armement : un canon de 76.2mm F-34 approvisionné à 77 coups et deux mitrailleuses de 7.62mm DT

Equipage : 4 hommes

T-34 modèle 1951 (T-34/85)

Poids : 32 tonnes

Dimensions : longueur 6.68m largeur 3.00m hauteur 2.45m

Motorisation : moteur diesel V-2 34 de 500ch

Performances : vitesse maximale 53 km/h distance franchissable 250/300km sur route 160-250km en tout-terrain

Blindage : 20 à 90mm

Armement : un canon de 85mm Zis-S-53 approvisionné à 60 coups et deux mitrailleuses de 7.62mm DT

Equipage : 5 hommes

Panzerkampfwagen IV (Panzer IV)

Panzer IV canon long

Panzer IV à canon de 75mm long

Au sortir de la guerre d’Hiver, l’armée finlandaise aligne un parc de char très hétéroclite maintenu en service en faisant appel à des prodiges de débrouillardise. Seulement cette façon de faire avec clairement ses limites.

En préparant la revanche les finlandais savaient qu’ils ne pouvaient faire l’économie d’une puissante force blindée. Seulement voilà les moyens humains et financiers manquaient clairement et il fallu rapidement en rabattre en terme d’ambitions.

C’est ainsi que le projet initial de mettre au point un char de combat national se heurta à de tels problèmes qu’il fût rapidement abandonné au profit de l’acquisition d’un ou plusieurs modèles étrangers.

Plusieurs pays furent sondés et c’est finalement l’Allemagne qui accepta de livrer des chars de combat.

Les finlandais espérèrent un temps des Panther mais ils durent se contenter de Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long, des Ausf G qui lors de leur commande en 1944 étaient encore tout à fait valables pour le combat blindé qui s’annonçait.

Avant d’aborder l’utilisation par les finlandais du Panzer IV revenons un peu sur la genèse de ce brave char qui ne payait pas de mine mais qui comme on dit à fait le boulot durant le second conflit mondial.

Quand les allemands qui n’avaient pas cru initialement au char de combat planifièrent la reconstitution d’une puissante armée ils décidèrent de faire du char la pointe de diamant de leur armée au point qu’on à parfois l’image d’une Wehrmacht entièrement motorisée dès 1939.

A l’époque si l’affrontement entre chars était du domaine du possible, la mission principale du char semblait encore de devoir appuyer l’infanterie dans un combat qui n’allait pas être foncièrement très différent du premier conflit mondial.

Voila pourquoi la Panzerwaffe identifia un besoin pour deux chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Si le Panzer III avec son canon de 37mm devait assurer la première mission, le Panzer IV ou Sonderkraftahtzeug 161 devait assurer la seconde mission.

C’est la firme MAN qui remporte l’appel d’offres contre Krupp, les premiers exemplaires de série étant commandés en 1936.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mélés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.

Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du châssis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le développement prenant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar (surtout avec les derniers modèles à la vitesse initiale élevée et avec l’utilisation d’obus en aciers spéciaux), la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dôtés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III.

Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du chassis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

La Finlande commande quarante-huit Ausf G à canon de 75mm long et reçoit douze Ausf A déclassés mais utilisable pour l’entrainement des pilotes, des chef de chars et des tireurs. Les Ausf A arrivent en Finlande en mars 1944 alors que les Ausf G dont l’expédition à été perturbée par la guerre civile allemande entre septembre 1944 et mai 1945.

Ils vont intégrer un régiment blindé indépendant plutôt que de permettre la constitution d’une brigade blindée voir la mécanisation d’une brigade de cavalerie.

Ce n’est que durant la Guerre de Continuation que les finlandais vont constituer une division blindée dont le cœur sera constitué par deux régiments de chars disposant de Panzer IV et de Stug III.

Au total l’armée finlandaise va recevoir douze Panzer IV Ausf A (destinés à l’entrainement, jamais engagés au combat), quarante-huit Panzer IV Ausf G et trente-six Panzer IV Ausf H soit un total de quatre-vingt seize chars.

En avril 1954 il restait huit Ausf A, trente et un Ausf G et vingt-quatre Ausf H soit un total de soixante-trois chars ce qui signifie que trente-trois Panzer IV finlandais ont été perdus au combat ou envoyés à la ferraille car usés et/ou détruits.

Ces chars vont rester en service jusqu’en 1958 même si la division blindée est dissoute en janvier 1955. Mis en réserve, ils vont être finalement envoyés à la ferraille dans les années soixante-dix quand il devint évident (mais qui en doutait) que ce char était totalement obsolète pour la guerre moderne.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes

Dimensions : Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres développant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximal : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse un stock de 3150 cartouches. Les Panzer IV finlandais ont remplacé leurs mitrailleuses de 7.92mm par des mitrailleuses en 7.62mm

Equipage : cinq hommes

T-28

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Le T-28 est un char médian multitourelles. Le prototype est achevé en 1931, la production lancée l’année suivante. Conçu pour le soutien de l’infanterie pour percer les fortifications adverses, il était destiné à compléter un autre char multitourelles plus lourd le T-35.

Ce concept de char multitourelles à été très en vogue dans les années vingt et trente pour tenter de résoudre deux problèmes : la vulnérabilité du char à l’infanterie ennemie et la question du traitement des cibles (chars et fortifications).

On appliqua au combat terrestre les principes du combat naval avec plusieurs tourelles sur un même châssis. Cela se révéla être une fausse bonne idée car si un navire de guerre multitourelles déplace souvent plus de 1000 tonnes, un char ne peut dépasser 100 tonnes.

Aucun char multitourelle se révéla pérenne et les différents pays ont préféré d’autres configuration soit un canon plus polyvalent ou alors un canon en caisse et un autre en tourelle (B1bis et Churchill).

A l’origine du T-28 figure un prototype britannique apparu en 1926, le Vickers A1E1. Le prototype comme nous l’avons vu est prêt en 1931 et la production lancée en 1932.

Le T-28 dispose d’une tourelle principale avec 76.2mm et de deux tourelles armées chacune d’une mitrailleuse de 7.62mm, tourelles situées à l’avant. 503 T-28 sont produits entre 1933 et 1941.

Ce char connait son baptême du feu en Pologne en septembre 1939 puis en Finlande lors de la guerre d’Hiver où il ne se montre pas vraiment à son avantage avant le renforcement de la protection.

200 T-28 furent endommagés, mis hors de combat mais seulement 20 définitivement dont deux capturés par les finlandais qui n’en firent rien. En effet ces derniers étaient trop endommagés pour être réparés à un coût raisonnable. Ils furent ramenés au pays et exposés comme trophée de guerre avant d’être ferraillés à la fin du conflit.

Côté soviétique la production cesse en 1945, le T-28 est remplacé progressivement par les véhicules de la famille KV (KV-1 et KV-2), des chars plus performants mais qui avaient eux aussi de sérieuses faiblesses notamment sur le plan mécanique. Il faudra attendre l’apparition de la série des IS (Iosef Stalin) pour que la RKKA puisse disposer d’un char lourd fiable et performant.

En juin 1950 une centaine de véhicule est encore disponible dans les dépôts. Des T-28 sont lancés dans la panique pour défendre Leningrad et Moscou où ils subissent de lourdes pertes.

Il ne reste plus à la fin 1950 qu’une cinquantaine de véhicules qui sont stockés sans qu’on les réutilisent ultérieurement. La plupart ont été feraillés pendant et après le conflit, une poignée étant préservée pour des mémoriaux et différents musées.

Selon une source la Turquie à acquis en 1935 soixante T-26, cinq T-27, soixante autos blindées BA-6 et deux T-28. Comme Ankara est restée neutre durant le second conflit mondial ces chars n’ont jamais été engagés au combat.

Caractéristiques Techniques

Type : char lourd multitourelles

Poids : 28 tonnes

Dimensions : longueur 7.44m largeur 2.87m hauteur 2.82m

Motorisation : un moteur essence Mikulin M-17 de 500ch

Performances : vitesse maximale 37km/h distance franchissable 220km

Protection : 20-30mm

Armement : un obusier de 76.2mm KT-28 avec 70 coups, quatre ou cinq mitrailleuses de 7.62mm DT avec 8000 coups

Equipage : six hommes

KV-1

KV-1 16

Char lourd KV-1

 

En dépit des échecs des chars multitourelles, les soviétiques n’ont pas renoncé à s’équiper de chars lourds pour compléter les chars les plus légers. Il s’agissait non seulement de faire face à leurs homologues allemands mais aussi de disposer de chars destinés à rompre le front ennemi.

Alors qu’on travaillait sur les projets SMK et T-100 des doutes de plus en plus importantes se firent jour sur l’utilité d’un char multitourelle.

Kotlin le concepteur du SMK proposa une version monotourelle de son char. C’est l’acte de naissance du Klement Vorochilov (KV), les chars KV étant puissants, bien protégés mais connaissant des problèmes mécaniques constants.

Un démonstrateur est dessiné en janvier 1939, le véhicule de 45 tonnes étant prêt au mois d’avril de la même année. En septembre 1939 le KV, le T-100 et le SMK sont évalués à Kubinka. Sans surprise le KV plus léger (dix tonnes de moins) emporte cette compétition. Le KV allait être produit en série mais pas les deux autres.

Tout n’est pas reglé pour le KV car la tourelle qui abrite le même armement que ces deux rivaux (un canon de 45mm et un canon de 76.2mm) est difficile à utiliser. Le T-100, le SMK et le KV-U0 sont envoyés en Finlande pour une évaluation opérationnelle qui confirme les résultats des essais de Kubinka.

Le char KV qui avait perdu son canon de 45mm est donc le seul à convaincre. Néanmoins le canon de 76.2mm est jugé inapte à détruire les blockhaus finlandais. Une machine disposant d’une pièce de plus fort calibre est réclamée.

Le premier modèle baptisé KV-1 modèle 1939 est mis en production en 1940. Le char est de conception moderne mais sa fiabilité mécanique est médiocre.

Le moteur est puissant mais il peine à déplacer les 43.5 tonnes du char sans compter que cette masse met la transmission à rude épreuve. Identique à celle d’un tracteur Caterpillar des années vingt elle doit être changée tous les 130 km (sauf bien sur quand elle cédait avant).

A cela s’ajoute une organisation interne peu ergonomique (qui rendait son utilisation au combat difficile), une mauvaise répartition des tâches et des commandes très dures qui épuisent les pilotes.

Le KV-1 modèle 1940 est une version modifiée du précédent avec un canon de 76.2mm F-32 qui remplace le L-11. Les ingénieurs cherchent à fiabiliser le véhicule et à simplifier la production mais n’y parviennent pas complètement . Certains véhicules de ce modèle reçoivent le même canon que le T-34 le Zis-5.

Quelques KV-1E (Ekronami) sont également fabriqués. Il s’agit une version surblindée du précédent pour faire face à des chars lourds en développement en Allemagne. Le poids supplémentaire aggravant les problèmes mécaniques la production est vite stoppée.

A la production du KV-1 modèle 1940 succède la production du KV-1 modèle 1941 qui intègre deux nouveaux modèles de tourelle, une tourelle moulée et une autre soudée.
Elles disposent toutes les deux du même canon en l’occurrence le Zis-5.

Le dernier modèle de série est baptisé KV-1S (Skorosniy «allégé»). Cette version du Klement Voroshilov dispose d’un moteur plus puissant, d’une transmission plus fiable, d’une meilleure ergonomie et d’un blindage allégé (ou du moins mieux réparti). Le nombre d’obus embarqué passe de 90 à 114.

Au début du conflit alors que le projet IS était en plein développement, les soviétiques étudièrent un char intérimaire baptisé KV-85. Il combinait le chassis du KV-1S avec une tourelle identique à celle du T-34/85. Produit en très petite quantité, il ne connaitra qu’une brève carrière, les IS-1 et 2 à canon de 122mm se révélant nettement plus performants.

Le modèle 1939 à été produit à 250 exemplaires, le modèle 1940 à 850 exemplaires, le KV-1E à seulement 150 exemplaires, le modèle 1941 à 1000 exemplaires, le KV-1S à 700 exemplaires et enfin le KV-85 à seulement 150 exemplaires. La production du KV-1 s’arrête en mars 1952 après donc la sortie de 3100 exemplaires.

A ce nombre très important s’ajoute un certain nombre de variante comme le KV-2, une version d’appui armée d’un obusier de 152mm (350 exemplaires), des variantes lance-flammes (KV-8 500 exemplaires produits), des variantes de déminage. Le SU-152 reprend le chassis du KV-1 et va servir à la fois de canon d’assaut et de chasseur de chars.

Le KV-1 est toujours en service en juin 1950 quand les allemands déclenchent l’opération BARBAROSSA. Bien armé et bien protégé, le KV-1 connait toujours de nombreux problèmes mécaniques ce qui explique pourquoi un grand nombre de véhicules de ce type est abandonné aux mains des finlandais et des allemands notamment.

Si les premiers les utilisent comme chars de combat classiques, les seconds vont les utiliser comme chars mais vont en transformer certains en tracteurs lourds d’artillerie et en véhicule de dépannage.

Au sein de la RKKA le KV-1 va être progressivement déclassé par rapport au T-34 plus fiable. Il est remplacé au sein des unités blindées de l’Armée Rouge par les IS-1 et 2 à canon de 122mm. Les derniers KV-1 sont retirés du service dès la fin du conflit. Aucun pays étranger en dehors de la Finlande et de l’Allemagne n’ont utilisé ce char.

La Finlande à récupéré une vingtaine de KV-1 mais à peine une dizaine à été remise en service pour un usage médiocre au combat. Deux ont été détruits par les soviétiques et deux autres capturés après avoir été abandonnés par leurs équipages. Les véhicules restant ont été déclassés à la fin du conflit et utilisés comme but de tir pour l’entrainement des unités antichars.

Caractéristiques Techniques du KV-1 modèle 1941

Poids : 45 tonnes

Dimensions : longueur 6.75m largeur 3.32m hauteur 2.71m

Motorisation : un moteur diesel V-2 de 600ch

Performances : vitesse maximale 35 km/h distance franchissable 200-240km

Protection : blindage frontal 90mm latéral 75mm arrière 70mm

Armement : un canon de 76.2mm M1941 Zis-5, trois ou quatre mitrailleuses de 7.62mm DT

Equipage : 5 hommes

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