Scandinavie (86) Finlande (24)

Artillerie lourde

Canon de 107mm M1910

107-mm gun M1910

Ce canon de 107mm apparu en 1910 est une co-création de l’usine Putilov et de l’usine Schneider qui au début du vingtième siècle devint un investisseur important dans l’entreprise russe. Les cerveaux russes et français permirent le développement d’un canon de 107mm destiné à remplacer les canons de 107 et de 152mm les plus anciens.

Mis en service en 1910 sa désignation officielle était «canon de campagne de 42 lignes modèle 1910», une ligne correspondant à 2.54mm ce qui fait que 42 lignes donne 106.68mm. Ce canon servit de base de travail au célèbre canon de 105mm modèle 1913S.

338 canons de 107mm de ce type furent produits en France par Schneider avant que la production ne passe à la Russie. En juillet 1912 un contrat est signé avec l’usine Putilov pour produire 100 canons par an jusqu’en octobre 1917. En novembre 1919, 174 canons ont été produits.

400 canons sont commandés à l’usine Obukhov en juin 1915, ces canons devant être produits d’ici à avril 1919. Entre 1916 et 1924 l’usine ne produisit que 212 canons.

Ce canon à participé au premier conflit mondial puis à la guerre civile russe. Il est resté en service dans la RKKA avant d’être modernisé sous la forme d’un canon de 107mm modèle 1910/30.

La modernisation incluant un tube plus long, une culasse plus long, un obus à charges séparées ce qui permettait d’augmenter la portée. Un certain nombre de problèmes restèrent irrésolues comme l’impossibilité d’être remorquées à grande vitesse et des limites en terme de pointage en site et en azimut. Un nouveau canon de 107mm allait être construit pour le remplacer.

Durant la guerre civile finlandaise, quelques unités d’artillerie des Gardes Rouges furent armés de ce type de canon. Trois d’entre-eux furent capturés par les gardes blancs (deux à Helsinki et un à Vyborg) complétés par huit autres canons acquis en France (4), en Pologne (deux) et en Lettonie (2) portant le total à onze. Deux canons de fabrication françaises furent désignés 107 K/13 alors que les autres de fabrication russe 107 K/10.

Dix canons furent employés durant la guerre d’Hiver mais le manque de munitions obligea les finlandais à retirer le canon du service en février 1940, canons remplacés par des 105 K/13 venus de France.

Durant la Pax Armada la Finlande à réussit à obtenir on ne sait trop comment des obus de 107mm avant de lancer une fabrication locale ce qui à permis la remise en service des canons de 107mm qui furent employés durant la guerre de Continuation. Aucun canon n’à survécut au second conflit mondial.

Les 107 K/10 et K/13 pesaient 2172kg disposant d’un tube de 28 calibres (2.9m de long) tirant un obus explosif de 16kg à une distance maximale de 12500m à raison de cinq à six coups par minute, l’affût permet de pointer en site de -5° à +37° et en azimut sur 6°.

QF 4.5 Inch Howitzer (114 KEVYET HAUPITSIT H/18)

QF 4.5 inch Howitzer 12

Le 114 KEVYET HAUPITSIT H/18 est un obusier britannique connu dans son pays d’origine sous la désignation de QF 4.5 Inch Howitzer soit un obusier à tir rapide (QF = Quick Fire) de 114mm.

Il à été mis au point suite à la deuxième guerre anglo-boers (1899-1902), un conflit qui représenta un brutal réveil pour l’artillerie britannique, les afrikaners équipés de canons Krupp ayant donné à plusieurs reprises une leçon de chose à l’artillerie de Sa Majesté.

Le comité dirigé par le général George Marshall (qui avait commandé l’artillerie britannique en Afrique du Sud) recommanda l’acquisition d’un canon et d’un obusier. Le premier besoin fût comblé par le QF 18 Pounder et le second par l’obusier qui nous allons voir maintenant.

Trois candidats proposèrent leurs produits, la Coventry Ordnance Works _un consortium de différents fabricants_ , Armstrong et Vickers. C’est le premier candidat qui l’emporta et les premiers obusiers furent mis en service en 1908.

Cet obusier participe au premier conflit mondial sous les couleurs britanniques, russes et même portugaises. Il à également été exporté dans les Dominions (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud), en Irlande et en Finlande. Retiré du service seulement en 1944, il à été remplacé par le canon-obusier Ordnance QF 25 Pounder.

La Finlande à donc reçu cinquante quatre exemplaires de cet obusier léger et maniable, exemplaires tous munis de pneumatiques pour le remorquage automobile. Ils vont être employés durant la guerre d’Hiver et durant la guerre de Continuation, ces deux conflits faisant tomber le stock à neuf obusiers qui sont stockés puis oubliés dans une caserne de Tampere.

Ils sont retrouvés en 1972 et si pour beaucoup il est trop tard (l’un d’eux était tellement rongé par la rouille que son seul remorquage provoqua sa désintégration !) pour deux on peut encore faire quelque chose. Ils sont donc restaurés et exposés au musée d’histoire d’Helsinki.

Le 114 KEVYET HAUPITSIT H/18 était un obusier de 114mm pesant 1370kg en batterie disposant d’un tube de 13 calibres (1.48m) tirant un projectile (114x86R) de 16kg à une distance maximale de 7500m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce de six hommes pouvait pointer l’obusier de -5° à +45° en site et de 3° de part et d’autre de l’axe en azimut.

Canon de 120L modèle 1878 De Bange

Canon de 120mm De Bange

Canon de 120mm De Bange modèle 1878

Ce canon de 120mm à été mis au point en France par le colonel de Bange dans un contexte de modernisation des forces armées français qui huit ans après Sedan préparaient déjà la Revanche pour récupérer l’Alsace-Lorraine.

2416 exemplaires étaient disponibles en France en août 1914, ces canons servant sur des affûts terrestres et sur des affûts ferroviaires à voie étroite.

Ce canon à été peu à peu remplacé par des pièces plus modernes mais une fois la première guerre mondiale terminée il restait des canons de ce type en service.

Voilà pourquoi soixante-douze exemplaires ont été fournis à la Finlande par la France avec leurs stocks d’obus. Seule une partie des canons à été livrée à la fin de la guerre, le reliquat suivant à l’été et à l’automne 1940.

Ces canons sont d’abord utilisés par l’artillerie de campagne puis par l’artillerie forteresse quand des canons plus modernes de 105 et de 150mm sont arrivés en Finlande.

Quatre canons étaient encore disponibles en avril 1954 mais ils ont été tous ferraillés sauf une miraculeusement préservée et exposée depuis 1965 après restauration.

Le canon de 120L modèle 1878 De Bange pesait 2700kg en batteries (mais 3500kg en configuration transportant) tirant un obus explosif de 18.8kg via un tube de 20.3 calibres (2.436m) à une distance maximale de 12400m à raison d’un coup par minute, cette faible cadence s’expliquant par le fait que l’obus était séparé et non encartouché avec l’obus suivit de gargousses comme sur les canons de marins les plus gros. L’affût permettait le pointage uniquement en azimut (-17° à +30°).

Obusier de 122mm modèle 1909/37 (122 H/09-30)

122 mm howitzer M1909 37 4

Comme son nom l’indique cet obusier est une arme de l’époque tsariste modernisée par les nouveaux maîtres du pays. Créée par Krupp elle fût utilisée durant le premier conflit mondial puis durant la terrible guerre civile russe que nombre d’historiens considère comme le conflit le plus abominable du vingtième siècle.

La modernisation consiste en un agrandissement de la culasse, de nouveaux viseurs, un affût renforcé. 800 à 900 M1909 furent transformés en M1909/37. C’est un obusier classique avec un obus court, de grandes roues et un bouclier très enveloppant. Cet obusier était utilisé par l’artillerie divisionnaire à raison de vingt-huit pièces.

Le remplacement des M1909 par des M1909/37 commence le 1er octobre 1936 et est achevé à l’été 1941.

Cet obusier va participer à la guerre de Pologne, à la guerre d’Hiver et aux opérations du second conflit mondial. Le parc à connu une rapide déflation entre les destructions, l’usure prématurée et les captures allemandes et finlandaises, pièces promptement retournées contre leurs anciens propriétaires.

Les finlandais ont capturé une quarantaine de pièces de ce type durant la guerre d’Hiver puis durant la guerre de Continuation.

Il restait quelques pièces (nombre exact inconnu) quand le second conflit mondial se termine pour Helsinki en octobre 1953. Ces pièces usées jusqu’à la corde et toute façon obsolètes sont promptement envoyées à la ferraille.

A la fin du second conflit mondial, l’obusier M1909/37 n’était quasiment plus en service dans la RKKA. Il restait bien quelques pièces mais elles équipaient souvent des unités en seconde ligne. Il à été remplacé ainsi que le modèle 1910 (et sa variante modernisée M1910/30) par l’obusier M1938 (M-30).

Le 122 H/09-30 était un obusier divisionnaire de 122mm (calibre réel : 121.9mm) pesant 1450kg en ordre de combat et 2480kg en configuration de route. Grâce à son tube de 14 calibres (1.69m), il pouvait tirer un projectile de 21.7kg à une distance maximale de 8910m à raison de deux coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer l’obusier en site de -1° à +43° et en azimut sur 4° soit des performances courantes pour des pièces de l’époque.

Obusier de 122mm M1910 et M1910/30 (122 H/10-30)

Obusier de 122mm M1910-30 2

L’obusier de 122mm modèle 1910 est un obusier créé pour tirer les leçons de la guerre russo-japonaise, un conflit qui mit en lumière les nombreuses lacunes de l’armée tsariste notamment dans le domaine de l’artillerie.

Si Saint-Petersbourg disposait d’une entreprise de qualité (Putilov), cela n’empêcha pas la Russie de passer commande de canons et d’obusiers auprès de marchands de canons étrangers comme la firme Schneider qui plaça son obusier de 122mm M1910, un obusier qui cohabita avec le modèle 1909 qui avait lui fournit par un concurrent des établissements de Creusot à savoir Krupp.

Il est employé durant le premier conflit mondial et durant la guerre civile russe avant d’être modernisé. Il reçoit un tube plus long, un bouclier plus protecteur pour l’équipe de pièce, des pneumatiques en remplacement des roues en bois sans oublier de nouveaux mécanismes de pointage et de visée. Un peu plus de 5900 pièces ont ainsi été modernisées ce qui faisait du M1910/30 le principal obusier divisionnaire de la RKKA.

A la fin des années trente il à été progressivement remplacé par l’obusier de 122mm M1938 mais il était toujours en service en septembre 1954 au sein de la RKKA en dépit du fait que l’arme était clairement obsolète. Des canons ont été cédées après guerre à la Pologne, à la Chine, à la Roumanie et à la Hongrie, essentiellement pour l’entrainement et la formation plus que comme obusier de première ligne.

La Finlande à capturé trente obusiers de ce type durant la guerre d’Hiver et quatre-vingt dix durant la guerre de Continuation soit un total de cent vingt obusiers connus sous la désignation de 122 H/10-30 même si au maximum il n’y eut jamais plus d’une soixantaine de pièces en service pour ménager le parc et pour des raisons logistiques (manque de munitions mais surtout manque de tracteurs adaptés).

A l’automne 1953 il restait trente-six pièces en service. La majorité était usée par un usage intensif et un entretien qui aurait pu être meilleur. Vingt pièces sont conservées de 1953 à 1965 pour l’entrainement avant d’être envoyés à la ferraille sauf deux conservées à titre patrimonial.

Le 122 H/10-30 était un obusier médian divisionnaire de 122mm (réel : 121.9mm) pesant 1466kg en position de tir et 2510kg en configuration de transport. Avec un tube de 12.6 calibres (1.53m) il pouvait tirer un projectile non encartouché (obus séparé de la gargousse) type 121.92x159mmR pesant 22.8kg à une distance maximale de 7700m. L’affût permet à l’obusier de pointer en site de -3° à +45° et en azimut sur 4°71′.

Canons de 122mm modèle 1931 et 1931/37 (A-19) (122 K/31)

Canon de 122mm A-19 9

Les finlandais ont également utilisé plusieurs modèles de pièces d’artillerie soviétique en calibre 122mm notamment deux canons qu’il s’agisse du canon de 122mm modèle 1931 ou de son évolution le canon de 122mm modèle 1931/37, ces deux canons étant connus dans la RKKA sous la désignation de A-19 ce qui explique peut être pourquoi la désignation finlandaise de 122 K/31 pouvait désigner aussi bien un modèle 1931 qu’un modèle 1937.

Le développement de ce canon commence en janvier 1927 et aboutit donc à son adoption en….1936. Elle est produite jusqu’en 1939 quand le «31/37» lui succède sur les chaines de montagne. Les deux modèles ont participé au second conflit mondial ce qui explique leur capture par les allemands comme par les finlandais.

Après la production de 450 à 500 modèle 1931 la production passe au modèle amélioré qui combine le canon du M1931 avec l’affût du canon-obusier de 152mm M1937 (ML-20) qui lui va être produit jusqu’en 1952 quand il tire sa révérence au profit de pièces plus modernes. Le chiffre de la production est incertain mais il est estimé à environ 3500 pièces sans compter les canons de ce type utilisés pour armer chasseurs de char, canons d’assaut ainsi que les chars de la série IS (Iosef Stalin).

Ce choix pragmatique s’explique par le fait que l’affût du modèle 1931 était perfectible et surtout long à fabriquer ce qui pouvait poser des problèmes en cas de guerre où il faut produire vite et en très grande quantité.

Ce canon était un canon de corps d’armée qui était utilisé au niveau du corps d’armée (c’était l’équivalent de nos Schneider modèle 1936S ou de nos Tarbes modèle 1941T) mais aussi au sein des unités d’artillerie de réserve générale (VRGK) ainsi que dans des divisions d’artillerie chargées d’obtenir la rupture du dispositif ennemi.

Ce canon et sa variante améliorée vont participer aux incidents de frontière contre le Japon, à la guerre de Pologne, à la guerre d’Hiver mais bien entendu au second conflit mondial. Les modèle 1931 et 31/37 ont été remplacés par le canon de 130mm M-46.

Des A-19 tombèrent aux mains des allemands (entre 250 et 400 pièces selon les sources) qui produisirent les munitions nécessaires, signe que les performances de ce canon leur convenait parfaitement. La Roumanie captura aussi des canons de ce type et les réutilisa avec succès.

Quelques canons furent capturés par les finlandais qui eux devaient se contenter des munitions capturées, n’ayant pas les moyens de produire les obus nécessaires aux A-19. Les allemands livrèrent des munitions made in germany mais les quantités furent jugées toujours insuffisantes par Helsinki qui les mois passant indisposait de plus en plus Berlin à force de réclamer toujours plus et de réaliser toujours moins.

Manquant de tracteurs lourds, les finlandais utilisèrent surtout les canons capturés (25 à 50 selon les sources) essentiellement comme pièce de forteresse ou comme pièce de défense côtière. Une dizaine de ces canons fût détruit par les soviétiques qui récupérèrent certains canons mais comme ils étaient souvent usés et/ou sabotés ils servaient souvent de réserve de pièces détachées.

En octobre 1953 quand la Finlande se retira du conflit il lui restait vingt-quatre canons qui furent conservés et modernisés pour être utilisés jusqu’en 1971 quand ils sont définitivement retirés du service et pour beaucoup ferraillés. Un canon à été préservé à titre mémoriel et patrimonial.

Après la fin du second conflit mondial, ce canon fût livré à la Pologne, à la Yougoslavie (avant même le renversement de la monarchie et l’établissement d’un régime national-communiste), la Syrie, l’Egypte, la Chine.

Ce canon servit également de base de travail pour les canons D-25 et D-25T destinés aux chars lourds soviétiques de la série IS, chars destinés à contrer les Tigre allemands (voir des chars plus lourds dont on soupçonnait l’existence mais sans pour autant le prouver). Avec moins de modifications du D-19 fût mis au point le D-25S destinés aux canons automoteurs ISU-122.

Ce canon à été retiré du service par l’armée soviétique dans le courant des années soixante même si des 1956, un canon de 130mm à longue portée avait été mis en service.

Ce canon désigné M-46 ne fût en réalité mis en service que dix ans plus tard en raison d’une interminable mise au point qui une fois terminée donna naissance à une pièce fiable, robuste et efficace.

Le canon de 122mm modèle 1931 était un canon d’artillerie de corps d’armée de 122mm (réel : 121.92mm) pesant 7100kg en ordre de combat mais 7800kg en configuration transport. Grâce à son tube de 45 calibres (5.48m) il pouvait envoyer un obus de 25kg à une distance maximale effective de 20400m à raison de 3 à 4 coups par minute. L’équipe de pièce de neuf hommes pouvait pointer le canon en site de -2° à +45° et en azimut sur 56°

Le canon de 122mm modèle 1931/37 était un canon d’artillerie de corps d’armée de 122mm (réel : 121.92mm) pesant 7117kg en ordre de combat mais 7907kg en configuration transport. Grâce à son tube de 45 calibres (5.48m) il pouvait envoyer un obus de 25kg à une distance maximale effective de 20400m à raison de 3 à 4 coups par minute. L’équipe de pièce de neuf hommes pouvait pointer le canon en site de -2° à +45° et en azimut sur 56°

15cm Schwere Feldhaubitze M.15

15 cm schwere Feldhaubitze M 15 4

Cet obusier lourd de 150mm était un obusier austro-hongrois produit par la célèbre firme tchèque Skoda. Une fois le premier conflit mondial terminé, les canons survivants furent utilisés par les autrichiens et les tchécoslovaques.

Après l’Anschluss et le démantèlement de la Tchécoslovaquie, ces pièces ont été récupérées par l’Allemagne qui désigna les dites pièces 15cm schwere Feldhaubitze 15 (ö) ou 15cm schwere Feldhaubitze 15 (t) selon leur origine (ö : Osterreich t : Tschechoslowakei).

Le M.15 est issu d’un obusier de forteresse, le 15cm Turmhaubitze M15 qui tirait la même munitions que le schwere Feldhaubitze M.14. En théorie il pouvait être transporté en un seul bloc mais au cas où on pouvait le démonter en quatre chargements pour les zones montagneuses.

Les cinq premiers canons sont livrés au premier semestre 1916. Au final ce sont 57 canons et 56 affûts qui ont été livrés à la fin du conflit.

La Finlande achète vingt obusiers de ce type une fois la guerre d’Hiver terminée. Ils arrivent en octobre 1940 et servant d’abord au sein de trois bataillons d’artillerie lourde. Impopulaire et inadaptée, cet obusier fût transférée à l’artillerie de forteresse.

Douze obusiers de ce type étaient disponibles en juin 1950 servant à pilonner les fortifications de campagne des soviétiques. Vulnérable à la contrebatterie soviétique, ce vénérable obusier fût retiré du service au printemps 1951 à une époque où il n’existait plus que six obusiers.

Tous ont été finalement ferraillés à la fin du conflit à une époque où il s’agissait davantage d’une antiquité militaire qu’autre chose.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze était un obusier de 150mm (réel 149.1mm) pesant 5660kg et disposant d’un tube de 20 calubres (2.99m) tirant un obus de 43kg à une distance maximale de 11500m à raison de deux coups par minute. L’affût permettait au canon de pointer en site de -5° à +65° et en azimut sur 8°.

15cm Schwere Feldhaubitze 18 (150 RASKAAT HAUPITSIT H/40)

15cm Schwere Feldhaubitze 18

15cm Schwere Feldhaubitze 18

Cet «obusier lourd du champ de bataille de 15cm modèle 18» à été mis au point par la célèbre firme Krupp qui commença à travailler en 1926 sur un obusier lourd destiné à remplacer le 15cm Schwere Feldhaubitze 13.

Comme souvent l’étude partit de la pièce existante pour l’améliorer et éviter tout aventurisme technique et technologique. Parallèlement Rheinmetall se lança dans une étude similaire.

L’armée allemande évalua les deux projets concurrents mais ne les jugea pas totalement satisfaisant et de manière pragmatique (mais aussi pour ménager les susceptibilités) décida de combiner le canon Rheinmetall sur l’affût Krupp. Le nouvel obusier entre en service en mai 1935 et quand débute la guerre de Pologne le 1er septembre 1939 1300 exemplaires sont en service, la production se poursuivant pour remplacer définitivement les obusiers anciens décrits plus haut.

Bonne arme mais assez lourde, plusieurs projets d’allègement furent étudiées. La plus prometteuse voyait l’utilisation d’alliages légers mais ces derniers étant très demandés autre-part ce projet n’alla pas plus loin que le projet. Une version à canon allongée plus lourde que la version d’origine ne connu pas non plus la production en série.

Un nouveau modèle d’obusier, le 15cm Schwere FeldHaubitze 47 devait entrer en production en septembre 1948 mais la guerre reporte cette mise en production.

Avant même le début du second conflit mondial, le 15cm Schwere Feldhaubitze à connu son baptême du feu en étant employé par la Chine nationaliste dans sa guerre contre le Japon. Ce canon à également été exporté en Amérique du Sud (Argentine et Chili), au Portugal et en Finlande.

L’armée finlandaise à reçut 48 obusiers de ce type connus à Helsinki sous la désignation de 150 RASKAAT HAUPITSIT H/40. Ces obusiers vont être utilisés durant la guerre de Continuation appuyant l’offensive finlandaise de l’été 1950 puis une fois le front stabilisé pour mener des tirs de contrebatterie contre l’artillerie soviétique.

Quand la Finlande sort du conflit à l’automne 1953 il restait encore vingt pièces en service dans les rangs de l’armée finlandaise.

Elles vont essentiellement être utilisées pour l’entrainement en raison d’un manque de munitions. Elles ont été définitivement retirées du service et envoyées à la ferraille en 1961.

Le 150 RASKAAT HAUPITSIT H/40 était un obusier lourd de 150mm pesant 5512kg en batterie et 6304kg en configuration de transport. Disposant d’un tube de 30 calibres (4.5m) il tirait un obus explosif de 43.5kg à une distance maximale de 13250m à raison de quatre coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer l’obusier en site de -3° à +45° et en azimut sur 64°.

6-Inch siege gun M1904

6-Inch siege gun M1904

Ce canon de six pouces (152mm) modèle 1904 était un canon de siège de conception et de fabrication russe produit à environ 200 exemplaires. Il à participé à la première guerre mondiale, à la guerre civile russe et à différents conflits engageants les pays ayant succédé à l’empire russe donc la Finlande qui récupéra quelques pièces.

Un nombre incertain de ces canons de siège fût utilisé durant la guerre d’Hiver mais aucun canon n’était encore en service en 1950 quand les finlandais déclenchent la guerre de Continuation.

Le canon de siège de 152mm modèle 1904 pesait 5437kg et disposait d’un tube de 30 calibres (4.572m) tirant un obus de 43.5kg à une distance maximale de 14200m à raison de un ou deux coups par minute. L’affût permettait au canon de pointer en site de -3.5° à +40.2°.

Obusiers de 152mm modèle 1909/30 (152 RASKAAT HAUPITSIT H/09-30)

Obusier de 152mm M-1909-30 2

 

L’obusier de 152mm modèle 1909/30 est comme son nom l’indique un obusier de l’époque tsariste modernisé par le régime bolchévique. C’est une pièce de conception française (établissements Schneider) qui à été produite à plus de 2500 exemplaires pour la Russie et l’Union Soviétique.

Cet obusier était utilisé au niveau de la division de fusilier normalement au sein du régiment d’obusier qui devait compter un bataillon d’obusiers de 122mm et un autre de 152mm, situation qui évolua dans les années quarante avec normalement deux régiments mixtes dont devant disposer de deux bataillons de canons de 107mm et un bataillon d’obusiers de 152mm.

Certains de ces obusiers étaient aussi utilisés depuis la réserve d’artillerie voir certains régiments de corps d’armée.

Le M1909/30 à été utilisé lors des incidents de frontière contre les japonais, lors de la guerre d’Hiver et durant le second conflit mondial. Peu à peu des pièces plus modernes vont remplacer le M1909/30. Très peu de canons sont encore en service à la fin du conflit, ils ont été largement remplacés par des obusiers de 152mm M-10 voir le D-1.

Les allemands comme les finlandais capturèrent un certain nombre de ces canons. Les premiers lancèrent même la production d’obus de ce calibre alors que les seconds devaient se contenter des stocks capturés ou des livraisons erratiques et parcimonieuses des allemands qui se méfiaient de plus en plus de cet allié qui semblait jouer double-jeu.

109 obusiers de ce type ont été utilisés par les finlandais qui en conservaient à la fin de la guerre encore 48.

Ces canons devaient initialement être ferraillés sous contrôle soviétique mais finalement Moscou autorisa Helsinki à conserver ces obusiers qui furent remplacés en 1962 par un canon de 155mm conçu par la firme Tampella jusqu’ici plus connue pour ses mortiers.

Le 152 RASKAAT HAUPITSIT H/09-30 était un obusier divisionnaire pesant 2810kg en position de tir (mais 3270kg en configuration transport) disposant d’un tube de 14 calibres (2.13m) permettant le tir d’un obus de 40.6kg (152.4x239R) à une distance maximale effective de 8850m à raison de cinq à six coups par minute. L’équipe de pièce composée de huit hommes (certaines sources donnent dix) pouvait pointer l’obusier en site de 0° à +41° et sur 2°50′ en azimut.

Obusier de 152mm modèle 1910

152 mm howitzer M1910 2

Cet obusier de 152mm modèle 1910 est une création des Etablissements Schneider ce qui donne en version originale 6 dm polevaja gaubitsa sistemy Schneidera. Il participe au premier conflit mondial, à la guerre russo-polonaise ainsi qu’aux guerres civiles russes et finlandaises.

Durant ce dernier conflit neuf pièces furent capturées par les finlandais mais leur utilisation semble avoir été anecdotique. Après deux décennies à avoir été utilisées pour l’entrainement elles sont employées durant la guerre d’Hiver mais retirées du service pour les cinq survivantes courant 1941 en raison de leur usure qui rendait leur utilisation dangereuse.

L’obusier de 152mm modèle 1910 était un obusier de 152mm pesant 2250kg disposant d’un tube de 12.5 calibres (12.4 calibres) tirant un projectile de type séparé de 43.5kg à une distance maximale de 8700m à raison de un à deux coups par minute. L’affût permettait à l’obusier de pointer en site de -1° à +42° et en azimut sur 6°.

Obusier de 152mm M1938 (M-10) (152 RASKAAT HAUPITSIT H/38)

Obusier de 152mm M-10 18

Le 152 RASKAAT HAUPITSIT H/38 n’est autre que l’obusier soviétique de 152mm M1938 (M-10), un obusier divisionnaire dont le développement à commencé en 1937/38. Un projet est présenté à la direction générale de l’artillerie du 1er août 1937, le prototype étant complété le 2 novembre suivant.

Les essais sont menés entre le 19 et 25 octobre 1938, un obusier avec un tube de 25 calibres et un autre avec un tube de 20 calibres. Après des modifications, de nouveaux tests sont menés entre le 22 décembre 1939 et le 10 janvier 1940.

La production commence fin 1939 avec la sortie de seulement quatre pièces. 685 sont produits en 1940, 975 en 1941 à cela s’ajoute 340 tubes pour les chars KV-2.

La production est un temps suspendue mais reprend en 1943 avec la sortie de 750 pièces, de 550 en 1944, en 600 en 1945, de 350 en 1946 et enfin de 500 en 1947. Cela nous donne 4414 M-10, la production cessant au profit du D-10 (appelé également M1943).

L’affût était moderne permettant un champ de battage plus important, l’affût était suspendu pour permettre un remorquage par tracteur à une plus grande vitesse, le tracteur en question étant le plus souvent des camions ZiS-5.

Le tube était plus long et muni d’une culasse fermée par une vis ininterrompue. Le recul était lui compensé par un système hydraulique mais le bouclier n’offrait aux servants qu’une protection fort limitée. Il ne possédait en revanche pas de frein de bouche.

Cet obusier était utilisé par l’artillerie divisionnaire, cette dernière disposant de canons et d’obusiers de différents calibres pour offrir un appui-feu clé en main aux frontoviki. Cet obusier à servit au sein de l’artillerie rouge jusqu’au milieu des années soixante quand des pièces plus modernes l’ont relevé.

La Finlande à capturé quarante-cinq exemplaires de cet obusier puis à ultérieurement acquis soixante-dix sept exemplaires auprès des allemands qui en avait capturé un très grand nombre.

Cela faisait un total de 122 pièces capturées ce qui en théorie donnait trente batteries de quatre pièces ou vingt batteries de six pièces. En réalité l’artillerie finlandaise n’utilisa jamais plus de soixante pièces en même temps essentiellement pour ménager son parc et parce qu’elle manquait d’artilleurs qualifiés.

Ces obusiers ont été remplacés au milieu des années soixante par un obusier de 122mm plus léger, plus maniable mais également moins puissance ce qui était une conséquence de la politique soviétique de «finlandisation».

Le 152 RASKAAT HAUPITSIT H/38 était un obusier divisionnaire de 152mm pesant 4150kg en position de tir (mais 4550kg en configuration de transport) tirant un projectile non-encartouché de 40.9kg via un tube de 24.3 calibres (3.7m) à raison de trois à quatre coups par minute à une distance maximale effective de 12400m. L’équipe de pièce de dix hommes pouvait pointer l’obusier de -1° à 65° en site et sur 50° en azimut.

Canon-obusier de 152mm M1937 (ML-20) (152 RASKAAT HAUPITSIT H/37)

Obusier de 152mm ML-20 70

Le canon-obusier de 152mm modèle 1937 (ML-20) est considéré comme le meilleur canon soviétique du conflit. Il à été mis au point par le même bureau d’étude qui à procédé à la modernisation de l’obusier M1910 qui devint à cette occasion, le M1910/34.

Produit quasiment en continu de 1937 à 1957 il à été utilisé par les soviétiques mais aussi par des pays hostiles qui après les avoir capturés les testèrent et confirmèrent la qualité de cette pièce qui allait donc être utilisé par l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie et la Roumanie. Aux pièces tractées s’ajoutent l’armement de canons d’assauts et autres chasseurs de chars.

Cette dénomination curieuse de canon-obusier s’explique par le fait qu’il disposait d’un tube long comme un canon mais avait les capacités de tir plongeant caractéristiques d’un obusier.

Le développement de cette remarquable pièce d’artillerie commença en 1935/36 quand il devint évident que la modernisation des canons de siège hérités du tsar ne suffirait pas (mais qui pouvait sérieusement en douter ?).

Après évaluation de deux modèles c’est le ML-20 qui est officiellement adopté le 22 septembre 1937. Au total ce sont 10450 ML-20 complets qui ont été produits auxquels il fallait ajouter 5200 ML-20S, des canons destinés à armer à la fois les canons d’assaut SU-152 et les canons automoteurs ISU-152.

Au sein de l’armée soviétique il à été remplacé par le D-20 dont les performances étaient semblables mais l’affût plus moderne avec notamment un petit moteur électrique pour faciliter les déplacements sur de très courtes distances. Sur le plan de l’organisation, le canon-obusier M1937 était une pièce de corps d’armée et de la réserve générale.

Le canon-obusier de 152mm M1937 connait son baptême du feu lors de la bataille de Khalkhin Gol contre les japonais avant d’être engagé contre la ligne Mannerheim lors de la guerre d’Hiver contre les finlandais.

Ce canon-obusier à donc été également utilisé durant le second conflit mondial par les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains.

Les chiffres exacts des pièces capturées sont incertaines mais selon des sources concordantes, les allemands auraient capturé 150 ML-20, les finlandais 48, les hongrois 16 et les roumains 8.

Le second conflit mondial terminé, le canon-obusier M1937 (ML-20) fût largement exporté pour équiper les armées des «démocraties populaires» mais aussi différents pays du tiers-monde.

Le canon-obusier s’est donc retrouvé en Afghanistan, en Algérie (après son indépendance), en Chine, à Cuba, en Egypte, en Irak, en Libye, en Mongolie, en Namibie, en Somalie et en Syrie.

Naturellement les républiques indépendantes ayant émergé après l’implosion de l’URSS ont continué à utiliser cette puissance pièce, le D-20 ne l’ayant pas totalement remplacé. Le ML-20 est encore en service dans certains pays.

La Finlande aurait en réalité capturé entre 48 et 64 pièces (connues sous la désignation de 152 RASKAAT HAUPITSIT H/37) mais cette différence pourrait simplement s’expliquer par des doublons sur le registre. Ce qui est certain c’est que ce canon va être très apprécié par ses nouveaux propriétaires qui vont l’utiliser durant la guerre d’Hiver mais aussi durant la guerre de Continuation. A la fin du conflit une vingtaine de pièces était encore en service, canons-obusiers qui vont rester en service jusqu’en 1962 quand ils sont remplacés par le canon de 155mm de Tempella que nous avons vu plus haut.

Le 152 RASKAAT HAUPITSIT H/37 était donc un canon-obusier de corps d’armée de 152mm pesant 7270kg en batterie et 7930kg en configuration transport. Disposant d’un tube de 27.9 calibres (4.24m) il tirait un obus explosif de 49kg à une distance maximale de 17230m à raison de 3 à 4 coups par minute. L’équipe de pièce composée de dix hommes pouvait à l’abri d’un bouclier pointer la pièce en site de -2° à +58° et en azimut sur 58°.

Canon de 155L modèle 1877 De Bange

Canon de 155L De Bange modèle 1877

Canon de 155mm long De Bange modèle 1877

Ce canon apparu un an avant le canon de 120mm dispose des mêmes qualités notamment la précision avec un obus plus puissant naturellement mais les défauts sont importants avec un tir très lent (un coup par minute) et surtout l’utilisation d’un obus non encartouché.

1392 exemplaires étaient disponibles en août 1914 en France et ce canon bien que vite dépassé sera la pièce majeure de contre-batterie pour l’artillerie française en 1914/15. Il était toujours utilisé en 1918.

En novembre 1939 quarante-huit exemplaires sont fournis à la Finlande qui va les utiliser au sein de son artillerie de forteresse. Elle couvrit la ligne Mannerheim durant la guerre d’Hiver puis les positions défensives de l’armée finlandaise par la suite. Durant la guerre de Continuation, vingt-quatre exemplaires sont engagés et en octobre 1953 quand la Finlande sort du conflit il restait huit canons qui sont tous ferraillés.

Le canon de 155L modèle 1877 De Bange pesait 5700kg en position de tir (6500kg en configuration de transport) tirant via un tube de 27 calibres (4.185m) un obus de 43.2kg (obus FA modèle 1915) à une distance maximale de 12700m à raison d’un coup par minute. L’affût permettait en site de -10° à +28°.

Canon de 155mm Saint-Chamond modèle 1915

Canon de 155C Saint Chamond

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

La Finlande reçoit quarante-huit canons de 155C modèle 1915 Saint Chamond, un canon lourd mis au point à partir d’une pièce mise au point pour le Mexique. Cette pièce n’était pas ratée mais ses qualités balistiques étaient bien inférieures à celles du canon Schneider. Voilà pourquoi il n’à été produit qu’à 326 exemplaires.

Quand éclate la guerre de Pologne, ce canon était encore en service mais dans les RAP, les Régiments d’Artillerie Portée (RAP) destinés à soutenir la ligne Maginot. Ce canon sera toujours en service en septembre 1948 même si sa guerre sera forcément très courte.

La Finlande à utilisé ses canons de la même façon pour couvrir les positions fortifiées et repousser les soldats ennemis à l’assaut. Il participa à la guerre d’Hiver puis à la guerre de Continuation et les derniers canons envoyés à la ferraille après guerre.

Le canon de 155C modèle 1915 Saint Chamond était un canon de 3400kg ( 2860kg en batterie) disposant d’un tube de 17.8 calibres (2.759m) tirant un obus de 40 à 43kg selon les modèles à une distance maximale de 7200 à 9800m à raison de dix coups en cinq minute. L’affût permet au canon de pointer en site de 0° à +40° et en azimut sur 6°.

Canon de 155C Schneider modèle 1917

Canon de 155mm Schneider modèle 1917

Canon de 155mm Schneider modèle 1917 préservé dans un musée finlandais

La France entre en guerre en août 1914 avec une foie aveugle dans l’offensive, ayant les yeux de Chimène pour le «75» au point de négliger des pièces plus lourdes.

Ces pièces étaient souvent proposées par des manufacturiers privés qui n’étaient pas vraiment en odeur de sainteté chez les ingénieurs de l’Armement ce qui n’empêchait pas ces derniers leur retraite venue de s’y faire embaucher.

La stabilisation que dis-je la glaciation du front à l’automne 1914 montre que la quasi-absence d’une artillerie lourde à été une grave erreur.

Il faut donc en urgence rattraper le retard et cela passe par la multiplication des commandes mais aussi par l’utilisation de nombreux expédiant comme le désarmement des places-fortes ainsi que l’utilisation de canons de marine ce qui permettra d’améliorer la conduite de tir et la gestion de facteurs comme le vent, la pression de l’air ou encore l’humidité.

Saint-Chamond et Schneider proposèrent la même année un obusier de 155mm. Si le modèle Saint-Chamond est largement perfectible, celui de Schneider issu de l’obusier de 152mm M1910 destiné à la Russie tsariste est une vraie réussite au point qu’un modèle 1917 va être produit à plus de 1600 exemplaires dont de nombreux exemplaires sont encore en service en septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne.

Il équipe aussi bien les Régiments d’Artillerie Divisionnaire (RAD), les Régiments d’Artillerie Coloniale (RAC), les Régiments d’Artillerie Nord-Africain (RANA) que les régiments d’artillerie de la ligne Maginot (Régiments d’Artillerie Mobile de Forteresse _RAMF_ et Régiments d’Artillerie Portée _RAP_)

Durant la Pax Armada qui suit la démobilisation du printemps et de l’été 1940, le nombre de ces canons va peu à peu décroître, son remplaçant étant le 155C modèle 1946S qui est une version totalement repensée du modèle 1917 même si la base technique est la même.

Durant le premier conflit mondial cet obusier va également équiper les Etats-Unis qui commandèrent 1503 exemplaires puis achetèrent la licence de production pour produire 626 exemplaires aux Etats-Unis même sous la désignation de model 1918. A la différence des obusiers produits en France, les obusiers made in USA n’eurent pas le temps de connaître les combats, le premier régiment étant sur le point d’embarquer quand le conflit se termine.

Ces obusiers vont rester en service jusqu’au début des années quarante mais il semble que certaines pièces furent utilisées pour l’entrainement au début du conflit. Ce qui est certain en revanche c’est qu’aucun des 2129 acquis par Washington ne participa aux opérations du second conflit mondial.

Des obusiers furent envoyés en Russie (les alliés ravitaillant en armes et en munitions une Russie vacillante) et il semble que quelques obusiers de ce type ont été rechambrés au calibre de 152mm pour pouvoir utiliser les munitions d’un calibre plus courant en URSS. Le corps expéditionnaire portugaise utilisa également cet obusier durant ce qui aurait du être la der des Ders.

Après la fin du premier conflit mondial des obusiers modèle 1917 furent également fournis à la Pologne, à l’Argentine, à la Belgique, à la Grèce, à la Yougoslavie, à l’Espagne, aux Philippines et à la Roumanie.

La Finlande va recevoir quelques uns de ces canons au cours de la guerre d’Hiver en l’occurrence quatre modèle 1915 et huit modèle 1917. Elle va les utiliser durant ce conflit mais aussi durant la guerre de Continuation en compagnie d’obusiers identiques capturés en Pologne par les allemands et revendus à son allié finlandais (nombre exact inconnu mais probablement moins d’un trentaine) même si le canon modernisé a minima avait désormais l’âge de ses artères. Les derniers canons encore en service sont retirés du service courant 1953 puis envoyés chez le ferrailleur.

Le 155C modèle 1917S était un obusier divisionnaire de 155mm pesant 3750kg en position de tir, disposant d’un tube de 15 calibres (2.33m) permettant le tir d’un obus de 40.6 ou de 43kg selon les modèles à une distance maximale de 11900 pour le premier et de 9900m pour le second à raison de dix coups par cinq minutes. L’équipe de pièce pouvait pointer l’obusier en site de 0° à +42° et en azimut sur 6°.

BL 8-inch howitzer Mk VI – VIII

BL 8 inch Howitzer Mk VI - VIII 4

BL 8 Inch Howitzer Mk VI

Le BL 8-Inch Howitzer (obusier de 8 pouces _203mm_ ) était un obusier de siège britannique disponible en plusieurs versions. Si Vickers à conçu l’obusier, la production fût répartie entre quatre usines britanniques (la majorité des obusiers fût produite par Armstrong) et une usine américaine. Outre la Grande-Bretagne, des obusiers de ce type furent livrés aux armées américaines, australiennes et canadiennes.

Le projet est approuvé en août 1915 et une première commande pour 50 obusiers fût passée en mars 1916 suivie par trente autres à l’automne. Quand le conflit se termina on trouvait sur le front occidental deux batteries canadiennes, une batterie australienne et trente-sept batteries britanniques soit un total de quarante batteries et de 240 pièces en ligne. Une batterie britannique de quatre canons fût déployée en Macédoine (les deux autres sont en Palestine) et une batterie de six canons était déployée en Grande-Bretagne. Outre les pays déjà cités, ce puissant obusier à été exporté en Afrique du Sud et en Russie.

Cet obusier était encore en service en septembre 1939, certaines pièces gagnant le continent au sein du BEF même si l’arrêt rapide du conflit bloqua la majorité des obusiers sur les îles britanniques.

Le parc de cet obusier fût sensiblement réduit durant la période de Pax Armada en raison de l’usure des pièces et de la mise en service de pièces de 183mm (7.2 inch) à la portée accrue.

Néanmoins sur les seize régiments de siège (192 pièces) des Royal Artillery Support Group (RASG), quatre étant encore équipés de ces obusiers quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948 soit un total de 48 canons disponibles.

Ce calibre s’étant révélé efficace, l’artillerie britannique demande la reprise de la fabrication de canons de ce calibre. La mise au point d’un nouveau canon prenant trop de ressources et de temps, décision est prise de fabriquer sous licence le M-1 américain.

Des obusiers ex-américains furent achetés par la Finlande dans le cadre de la guerre d’Hiver mais arrivèrent trop tard pour participer au conflit.

La Finlande à donc acheté trente-deux obusiers Mk VII mais ces obusiers connus sous la désignation finlandaise de 203 H 17 (203[mm] Haupitsi 1917) arrivèrent trop tard pour participer à la guerre d’Hiver. Ils équipèrent trois bataillons qui furent réorganisés en six bataillons d’artillerie lourde.

Ces obusiers participèrent donc à la guerre de Continuation où ils furent très appréciés par leurs utilisateurs en raison de leur robustesse.

Treize pièces furent perdues à l’été 1953 et deux autres lors des combats contre les allemands à l’automne ce qui fit tomber le parc à seulement douze obusiers. Stockés après guerre ils furent ferraillés dans les années soixante.

Le 203 H 17 était un obusier de 203mm pesait 8.74 tonnes en ordre de tir avec un tube de 17 calibres ¼ (3.505m) qui permettait le tir d’un obus explosif de 91kg à une distance maximale de 11200m à raison de un à deux coups par minute. L’affût permettait à l’obusier de pointer en site de 0° à +45° et en azimut sur 4° de part et d’autre de l’axe.

21cm Mörser 16

21cm Mörser 16

21cm Mörser 16

Bien que désigné comme mortier, cette pièce d’artillerie lourde est un obusier. Mis en service au sein de l’armée impériale en 1916, il est issu d’une arme plus ancienne, le 21cm Mörser 10, la différence la plus visible étant un tube plus long.

Utilisé jusqu’à la fin du conflit, ce “mortier” fût également vendu à la Suède qui en céda quatre à la Finlande lors de la Guerre d’Hiver (novembre 1939-février 1940) mais ces canons ne furent d’aucune utilité car il n’y avait pas de véhicules assez puissants pour remorquer les pièces ! On peut toutefois admettre que leur intervention n’aurait pas changé grand chose.

Durant la Pax Armada des véhicules adaptés furent acquis ce qui à permis d’activer une batterie d’artillerie super lourde qui allait opérer durant la guerre de Continuation. Deux de ces pièces sont perdues durant le conflit et les deux dernières stockées à la fin du second conflit mondial sont ferraillées dans les années soixante.

Côté allemand, le 21cm Mörser 16 resta en service jusqu’en 1940 quand il fût définitivement remplacé par le 21cm Mörser 18. Les canons retirés du service furent alors utilisés pour l’instruction, l’expérimentation de nouveaux projectiles et stockés au cas où même si l’usure des tubes et des affûts rendait peu rentable une remise en service qui ne saurait être que provisoire.

Le 21cm Mörser 16 était un obusier lourd de 6680kg disposant d’un tube de 14.5 calibres (2.67m) et tirant un obus de 113kg (explosif) ou 121kg (perforant) à une distance maximale de 11100m à raison de un ou deux coups par minute. L’affût permet à l’obusier de pointer en site de -6° à +70° et en azimut sur 4°.

2 réflexions sur “Scandinavie (86) Finlande (24)

  1. Merci encore.
    Un lapsus indiqué ici sur l’obusier de 122 ml M1910 :

    Si Saint-Petersbourg disposait d’une entreprise de qualité (Putilov), cela n’empêcha pas la Russie de passer commande de canons et d’obusiers auprès de marchands de canons étrangers comme la  »forme » Schneider qui plaça son obusier de 122mm M1910,

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