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Fusils

Fusil Mosin-Nagant 13

-En septembre 1939 le principal fusil de l’armée finlandaise est toujours le vénérable Mosin-Nagant modèle 1891 hérité de l’armée tsariste. Certes des modèles améliorés ont vu le jour mais la base technique reste la même.

Son développement à commencé suite aux leçons de la guerre russo-ottomane de 1877/78 et à aboutit à son adoption en 1891 par l’armée tsariste après évaluation de différents projets et une synthèse entre le projet du capitaine Moisin et de l’inventeur belge Léon Nagant. L’arme est produite dans trois usines en Russie (Tula, Izhevsk et Sestrovyetsk) et une en France à la Manufacture d’Armes de Chatelleraut. Des armes ont aussi été produites aux Etats-Unis.

Cette arme fût utilisée durant la guerre russo-japonaise (1904/05) puis durant le premier conflit mondial (en attendant le second et de nombreux conflits locaux entre 1919 et 1948).

Le second conflit mondial terminé, le Mosin-Nagant dans ses différents versions à été rapidement remplacé par des fusils plus modernes. Ce n’était pas pour autant la fin de sa carrière, le vénérable fusil étant utilisé dans de nombreux conflits en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

D’autres pays ont mis au point des variantes locales plus ou moins modifiées comme l’Estonie, la Finlande (voir ci-après), la Tchécoslovaquie, la Chine, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne.

Les autres utilisateurs sont l’Afghanistan, l’Angola (irréguliers), le Bangladesh (irréguliers), la Bulgarie, le Cambodge, Cuba, Egypte, Indonésie (irréguliers), Irak, Laos, Lettonie,Lituanie, Mongolie,Népal,Philippines (armes américaines), Venezuela, Albanie, Autriche-Hongrie, Autriche, Ethiopie, Italie (armes austro-hongroises reçues en dommages de guerre), Japon (armes russes capturées), Yougoslavie, l’Espagne (république) et la Turquie sans compter les différents groupes irréguliers alimentés par différents trafiquants.

Cette arme va naturellement être utilisée au cours de la guerre civile russe mais aussi finlandaise, les Rouges comme les Blancs utilisant ce fusil qui allait devenir le fusil standard de la jeune armée finlandaise.

Des variantes modernisées vont voir le jour et vont participer aussi bien à la Guerre d’Hiver qu’à la Guerre de Continuation, la Finlande réutilisant également les Moisin-Nagant capturés sur les troupes soviétiques.

Le Moisin-Nagant dans ses différentes versions à été retiré du service par l’armée finlandaise à la fin du second conflit mondial et remplacé par des fusils russes plus modernes.

La première version adoptée en 1918 à été baptisée Kivääri M/91, un fusil produit à 87073 exemplaires et identique au modèle 1891 de l’ancienne armée tsariste. Tirant la cartouche 7.62x54R, il pesait 4.3kg en ordre de combat, mesurant 1305mm de long (800mm pour le canon), ayant une portée maximale de 2000m (800 en pratique) avec une cadence de tir pratique de 12 coups par minute, l’alimentation se faisant par un chargeur de cinq coups.

Une première version améliorée apparaît en 1929 sous la désignation de Kivääri m/27, un fusil produit à 70000 exemplaires. Tirant toujours la cartouche 7.62x54R, cette arme pesant 4.1kg en ordre de combat mesurait 1190mm de long (685mm pour le canon) avait une portée maximale de 2000m (800m en pratique) avec une cadence de tir de 12 coups par minute, l’alimentation se faisant par un chargeur de cinq coups.

Une autre version améliorée est produite à la fin des années trente et mise en service en 1939 d’où le nom de Kivääri m/39. Produit à 90329 exemplaires, cette autre évolution du Mosin-Nagant tirait toujours la cartouche de 7.62mm type 7.62x54R, pesait 4.5kg en opérations, mesurait 1187mm (685mm pour le canon), avait une portée maximale de 2000m (800m en pratique) avec une cadence de tir pratique de 12 coups par minute, l’alimentation se faisant par un chargeur de cinq coups.

AVS-36 2

AVS-36

 

-Deux autres fusils soviétiques ont été utilisés par l’armée finlandaise. Le premier l’AVS-36 (Simonov modèle 1936) était un fusil automatique (Avtomaticheskaya Vintovka Simonova 1936 model) mis au point pour remplacer le Mosin-Nagant.

Cette arme utilise l’emprunt de gaz et peut tirer en automatique ou en semi-automatique. Le canon est muni d’un système pour diminuer le recul et avec des chargeurs de quinze cartouches, il devait permettre au frontoviki de prendre le dessus sur les soldats ennemis qui possédaient encore des fusils à répétition. Comme toutes les armes de l’époque, le Simonov possédait une baïonnette et une version pour tireur d’élite avec lunette optique à également vu le jour.

Un premier prototype apparaît en 1931 et en 1935 une compétition l’oppose à Fedor Tokarev. Le fusil de Simonov est déclaré vainqueur et adopté sous le nom de fusil automatique Simonov modèle 1936, la nouvelle arme faisant sa première apparition lors de la parade du 1er mai 1938.

Cette arme se révéla ratée ou du moins largement perfectible. En dépit de la possibilité de l’améliorer, la production cesse dès 1940 après la sortie d’un peu plus de 65000 exemplaires (chiffre exact inconnu).

Une nouvelle compétition allait être lancée et qui allait aboutir à l’adoption d’une nouvelle arme, le Tokarev SVT-38 vite remplacé par une variante améliorée baptisée SVT-40.

L’arme à été employée contre le Japon lors des incidents de frontière en Mandchourie et en Mongolie, lors de la guerre d’hiver contre la Finlande. Les finnois capturèrent des armes de ce modèle mais connaissant les mêmes problèmes que les propriétaires d’origine ils n’en firent pas grand usage d’autant qu’ils capturèrent un certain nombre de SVT-40 nettement plus performants.

L’arme était encore en service en petit nombre en 1950 mais son utilisation durant le second conflit mondial fût de l’ordre de l’anecdotique. Sergei Simonov allait se rattraper en mettant au point un fusil antichar (le PTRS-41) mais aussi la carabine SKS mise en service peut après la fin du second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.62mm Cartouche : 7.62x54mmR Poids : 4.3kg Longueur hors tout : 1230m Longueur du canon 612mm Cadence de tir : 800 coups par minute Portée maximale effective 600m Alimentation : chargeurs de 15 coups

SVT-40 7

Tokarev SVT-40 aux mains de frontoviki au « combat » (je met « combat » entre parenthèses puisqu’il s’agit visiblement de photos de propagande)

-Le deuxième fusil utilisé est le Tokarev SVT-40. Le Samozaryadnaya Vintovka Tokareva Obrazets 1940 goda (fusil automatique Tokarev modèle 1940) est le deuxième fusil russe automatique ou semi-automatique. Il va succéder au semi-réussi ou semi-raté AVS-36 avant d’être lui même remplacé après guerre par les carabines SKS et le fusil d’assaut Kalachnikov AK-57.

Après l’échec de l’AVS-36, une nouvelle compétition oppose Simonov et Tokarev et cette fois c’est Fedor Tokarev qui l’emporte avec son SVT-38. Le sieur Tokarev était ambitieux puisqu’il espérait pouvoir faire du fusil automatique Tokarev modèl 1938 le fusil standard de l’infanterie soviétique.

Les plans de production étaient particulièrement ambitieux, les autorités soviétiques prévoyant la production de 2 millions d’exemplaires par an ! La production commence à l’Arsenal de Tula en juillet 1939 suivit par celui d’Izmash à la fin de l’année.

Le SVT-38 fonctionnait à emprunt de gaz avec court recul et un piston situé sous le canon. Le plus souvent les armes soviétiques étaient solides et robustes pour résister au climat national, aux rudes conditions du combat mais également à un traitement rude de la part d’hommes pas toujours bien formés et équipés.

Le SVT-38 était au contraire une arme complexe et pas facilement démontable et nettoyable. Il possédait comme son prédécesseur une baïonnette et un chargeur de dix coups.

A noter que le sommet du couloir d’alimentation était ouvert pour permettre d’utiliser les clips de cinq coups utilisés par les fusils Mosin-Nagant. Une variante pour tireurs d’élite est mise au point avec une lunette d’un grossissement x3.5.

Le nouveau fusil automatique est utilisé dans la guerre d’Hiver en compagnie de son prédécesseur et connait des débuts difficiles. La production s’achève en avril 1940 après la sortie de 150000 exemplaires.

La production passe au Tokarev SVT-40. Il est plus léger, plus facile à produire et corrige les défauts relevés durant la guerre contre les finnois.

La crosse jusqu’ici en deux parties était remplacé par une crosse monobloc, une rainure est installée sous le tube pour récupérer les «corps étrangers». La fabrication était plus simple et plus rapide.

La production est lancée en juillet 1940 mais en dépit de ce lancement, la production du Mosin-Nagant continue car les fusils automatiques ne sortaient pas suffisamment rapidement pour remplacer tous les fusils à répétition de la RKKA.

Le Tokarev SVT-40 fût surtout utilisé au sein de l’infanterie de marine, des parachutistes et des meilleures unités de l’armée de terre (un peu comme en France où les premiers MAS-40 ont équipé les meilleurs régiments de l’armée de terre, laissant aux autres le MAS-36).

La production se poursuit jusqu’au conflit et même après. La production du SVT-40 continue aux côtés de variantes améliorées baptisées SVT-45 et SVT-49 mais ces variantes n’étaient pas fondamentalement différentes du fusil d’origine.

La production du trio SVT-40/45/49 s’arrête en janvier 1954. Les besoins sont couverts, de nouveaux modèles comme le Simonov SKS commence à pointer le bout de leur nez.

Les chiffres sont incertains mais on estime le nombre de fusils produits à 4.5 millions d’unités dont certains ont été réutilisés par l’Axe après leur capture.

C’est ainsi que les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains ont utilisé plus ou moins temporairement le SVT-40 ce qui incita l’Allemagne à accélérer le développement d’un nouveau fusil.

Une variante automatique (AVT-40) et une variante carabine (SKT-40) furent mises au point mais après des essais décevants elles ne furent jamais produites en série.

Le conflit terminé la carrière du SVT-40 à été très courte, la carabine SKS et le fusil d’assaut AK-57 le remplaçant totalement courant 1959. Les unités de réserve l’ont utilisé jusqu’à la fin des années soixante. Quelques SVT-40 sont visibles en Russie en 2020 mais uniquement pour les gardes d’honneur.

Les immenses stocks accumulés sont liquidés pas forcément dans de bonnes conditions ce qui fait que nombre d’armes se sont retrouvés aux mains de guérillas et de groupes irréguliers présents partout dans le monde.

On à ainsi pu trouver des armes de ce type en Afghanistan, en Albanie, en Algérie, en Yougoslavie, à Cuba, en Tchécoslovaquie, en Egypte, en Hongrie, aux Philippines, en Pologne, en Roumanie et au Vietnam.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.62mm Cartouche 7.62x54mmR Poids à vide : 3.85kg Longueur hors tout 1226mm longueur du tube 625mm Portée maximale effective 500m (1000m avec une optique pour le tir de précision) Alimentation : chargeurs détachables de 10 cartouches

Mannlicher M1895 20

Mannlicherr modèle 1895

-A noter que la Finlande à également utilisé des fusils Mannlicher modèle 1895, des fusils d’origine austro-hongroise acquis dans les années vingt à seulement 2300 exemplaires autant dire peu de chose même pour l’armée finlandaise. Ces fusils tirant la cartouche 8x50mmR furent utilisés jusqu’au milieu des années trente, les derniers exemplaires étant utilisés pour la garde de bâtiments officiels.

Grenades et armes antichars légères

-L’armée finlandaise disposait de grenades à main de conception et de fabrication nationale

-En ce qui concerne la lutte antichar, les finlandais ont utilisé durant la Guerre d’Hiver de 1939 des cocktails Molotov mais aussi un fusil antichar automatique de 20mm en attendant le Panzerfaust et le Panzerschreck allemands mais aussi des M-1 Bazooka capturés par les finlandais sur des soviétiques.

20 PANSSARINTORJUNTAKIVÄÄRI M-39

Canon antichar automatique de 20mm

Le fusil antichar automatique était le Lathi L-39, un fusil antichar automatique de 20mm, une arme lourde et encombrante appelée «canon éléphant» (Norsupyssy) par leurs utilisateurs, l’arme étant servie par deux hommes.

Il à été produit à 2300 exemplaires entre 1939 et 1950 quand la production cesse car l’arme est jugée dépassée.

Si face aux chars classiques cette arme fût rapidement dépassée contre des autos blindées il pouvait se montrer encore efficace.

Il fût également utilisé comme fusil de sniping lourd et même comme arme antiaérienne improvisée. L’unique Landsverk L-182 finlandais reçut un fusil antichar automatique de 20mm en remplacement de la mitrailleuse de 13.2mm. Cette arme est restée en service jusqu’en 1960.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 20mm Projectile : 20x138mmB Poids : 49.5kg Longueur hors tout 2.2m longueur du canon 1.3m Cadence de tir : 15 coups par minute Portée maximale 6500m Efficacité : 30mm à 300m (30° d’inclinaison)

-L’armée de terre finlandaise à également utilisé d’autres fusils antichars, le suisse Solothurn S-18 et le polonais wz.35, ces derniers ayant été capturés par les allemands et livrés à la Finlande.

Solothurn S-18-1000

Solothurn S-18/1000

-Le fusil antichar Solothurn S-18/100 est un fusil antichar semi-automatique suisso-allemand de configuration «bullpup» c’est à dire avec le chargeur derrière la culasse et la gâchette.

Cette arme à été utilisée par la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, l’Estonie (dix armes produites sous licence avant l’annexion soviétique), la Finlande, la Hongrie, la Bulgarie et les Pays-Bas. Deux variantes ont été mises au point, le Solothurn S-18/1000 et le Solothurn S-18/1100.

Cette arme à été vite déclassée par l’épaisseur du blindage mais comme pour le Norsupyssy il pouvait être utilisé contre des véhicules blindés mais aussi pour le sniping, les finlandais utilisant un leurre pour attirer l’attention d’un tireur de précision qui une fois repéré pouvait être traité par une équipe armée d’un Solothurn (voir d’un Norsupyssy) notamment en zone urbaine.

Si le Solothurn S-18/100 à été utilisé par la Finlande opérationnellement parlant en revanche le S-18/1000 n’à été utilisé que pour des essais alors que le S-18/1100 n’à pas été acquis par l’armée d’Helsinki.

Le Solothurn S-18/100 était donc un fusil antichar de 20mm tirant un obus de 20x105mmB pesant 45kg à vide mesurant 1.76m de long, pouvant percer 20mm de blindage à 60° à 100m ou 16mm de blindage à 500m, l’alimentation se faisant via un chargeur de dix cartouches.

Fusil antichar Wz35

Fusil antichar Wz35

-Le fusil antichar wz.35 (Karabin przeciwpancerny wor 35) à été produit à 3500 exemplaires jusqu’à la chute du pays au mois d’octobre. Après de longues années de recherche, un prototype est officiellement accepté le 25 novembre 1935, 5 fusils et 5000 cartouches pour des tests intensifs étant commandés en décembre de la même année.

Les tests s’étant révélés positifs, la commande de 7610 est passée en 1936, fusils qui devaient être livrés fin 1939. Le chiffre exact des fusils livrés est inconnu, les sources allant de 3500 à 6500 exemplaires. Cette arme était classée «top secret» et peu d’informations circulaient dans les unités ce qui à sûrement obéré son efficacité au cours de la guerre de Pologne.

Cette arme s’est montrée efficace contre les chars allemands alors en service (Panzer I, Panzer II, Panzer III, LT-35 et LT-38) mais à une portée maximale de 100m. Au delà seuls les véhicules blindés légers pouvaient être détruits.

De nombreux exemplaires furent capturés par les allemands et livrés aux italiens mais aussi aux finlandais pendant qu’il était produit en France sous la forme d’un modèle en calibre de 7.5mm, le fusil antichar modèle 1942, les royalties sur chaque exemplaire alimentant le budget du gouvernement polonais en exil installé à Nantes.

Outre la Pologne, l’Italie, la Finlande et l’Allemagne, ce fusil antichar aurait été utilisé (mais ce n’est pas certain) par la Hongrie et l’Uruguay.

Les wz.35 utilisés par les finlandais le furent au sein des unités d’infanterie souvent en remplacement du Norsupyssy ou au sein des unités de cavalerie. Certaines armes furent utilisées depuis des positions fixes.

Cette arme fût rapidement retirée du service une fois le second conflit mondial terminé car non seulement obsolète mais aussi en raison d’un manque de munitions et de pièces détachées.

La Karabin przeciwpancerny wor 35 était un fusil antichar de 7.92mm utilisant la cartouche 7.92x107mmDS pesant 10kg en ordre de bataille, mesurant 1.76m de long (dont 1.2m pour le canon) pouvant percer 15mm de blindage à incidence 30° à 300m ou 33mm à 100mm. La cadence de tir est de 8 à 10 coups par minute et l’alimentation se fait par un chargeur de quatre coups.

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