Scandinavie (51) Danemark (22)

ARMEE DE TERRE DANOISE

Une histoire

Avant-propos

L’histoire militaire danoise est très ancienne. Si aujourd’hui le petit royaume scandinave est un modèle de pacifisme et de neutralité, cela n’à pas toujours été le cas. Entre la fureur viking, les combats pour le contrôle de la Scanie (partie sud-ouest de la Suède), l’intervention malheureuse de Christian IV dans la guerre de Trente Ans, les guerres napoléoniennes ou encore la guerre pour les duchés, la richesse de l’histoire militaire danoise est indéniable.

Après les deux guerres des duchés, Copenhague attendra 1948 et le second conflit mondial pour participer activement _tout est relatif_ à un conflit majeur et encore ce ne fût que contraint et forcé par une invasion allemande non provoquée (bien que jusqu’à la fin du conflit Berlin prétendit être intervenu pour protéger (sic) la neutralité danoise d’une prochaine attaque franco-britannique (re-sic)).

Tout comme les autres pays européens, l’armée danoise va être d’abord une armée de type féodale avant de préférer pendant des décennies l’utilisation de mercenaires.

Ce dernier système était coûteux et aléatoire (pas besoin d’être un génie pour savoir ce qui se passait quand les «chiens de guerre» n’étaient pas payés) mais offrait l’avantage militaire de posséder des troupes entraînées (certains petits états allemands louaient au plus offrant leurs armées qui n’avaient pas à s’employer) et politique puisque les élites étaient méfiantes à l’idée d’armer le peuple de crainte qu’il ne se retourne contre elles.

Avec le temps une véritable armée nationale danoise se mettra sur pied, une armée de conscription qui fera mieux que se défendre, l’armée danoise étant réputée au 18ème siècle pour être l’une des mieux entraînées d’Europe.

Au 19ème siècle cela sera nettement plus délicat. Durant les guerres napoléoniennes, la petite armée de terre dano-norvégienne n’est pas d’un immense secours pour l’empereur des français (qui comptait davantage sur sa marine) et pour ce qui concerne les deux guerres des duchés, la première se termine par une victoire danoise (sans que la question ne soit tranchée) et la deuxième par une défaite totale de Copenhague qui comprend que le monde à changé et qu’il est temps pour le Danemark de prendre la mesure de son déclassement.

Neutre durant le premier conflit mondial, le royaume de Danemark investit peu dans ses forces armées qui en 1939/40 auraient été bien incapables de résister à la machine de guerre allemande.

La fin prématurée de la guerre de Pologne fait figure d’électrochoc et impose durant la Pax Armada un sérieux rattrapage.

Enfin un sérieux rattrapage à l’échelle danoise c’est-à-dire fort peu de chose en réalité. Comme le dira un soldat danois anonyme «nos chers députés nous ont simplement donné suffisamment d’armes pour que nous évitions d’être ridiculement faibles».

Les origines

Dans cette partie je vais essayer de balayer rapidement les principales dates de l’histoire militaire danoise qui est comme je l’ai dis dans la partie précédente plus ancienne que l’armée danoise en elle même.

Naturellement impossible de ne parler brièvement des vikings, de ces hommes du Nord qui du 8ème au 11ème siècle allaient semer la terreur et la désolation sur les côtes des îles britanniques mais aussi de ce qui n’est pas encore la France.

Montés sur des navires rapides et maniables, excellents navigateurs et redoutables combattants, ils menaient des raids de pillage extrêmement violents contre lesquels les autorités politiques anglo-saxonnes et franques restèrent longtemps démunies au point souvent de choisir de payer un tribut ou danegeld plutôt que de risquer une bataille.

Face à l’impuissance des autorités centrales, des chefs de guerre prirent les choses en main pour protéger leurs territoires, rôle guerrier qui déboucha sur un rôle politique, les chefs de guerre devenant comte ou ducs voir rois comme en France où le premier roi Hugues Capet est le fils de Hugues le Grand, un faiseur de roi à défaut d’avoir été roi lui même.

Ces fameux vikings finirent cependant par s’assimiler aux peuples autochtones, abandonnant leur foi païenne pour le christianisme.

Difficile de dater cette période mais on peut symboliquement fixer la fin de la menace viking à 1066 quand les danois échouent à s’emparer du trône d’Angleterre promis au duc de Normandie, Guillaume qui allait entrer dans l’histoire sous le nom de Guillaume le Conquérant.

Durant cette période citons quelques événements marquant comme le raid contre le monastère de Lindisfarne en 793 ce qui est considéré comme le début de l’ère des raids vikings.

On peut également citer le siège de Paris en 855 ou la mise en place en 876 d’un territoire viking dans l’est et le nord de l’Angleterre appelé Danelaw. Ce territoire allait tenir jusqu’en 920 mais en 982 Londres est prise et saccagé par les vikings qui au 11ème siècle retrouvent un temps du poil de la bête avant d’être définitivement battus par les normands en 1066.

Après avoir abandonné l’idée de conquérir l’Angleterre, les rois danois vont surtout se battre contre leurs voisins scandinaves voir contre leur noblesse particulièrement turbulente. Le caractère électif de la monarchie danoise expliquant également cette indocilité.

Comme j’ai déjà abordé à plusieurs reprises les guerres dans lesquelles ont été engagées les danois je vais me contenter dans cette partie (mais également faute de sources) par un balayage des principales unités danoises qu’elles aient combattu sous le Danebrog ou comme mercenaires et/ou volontaires au service d’états étrangers.

Il faut en effet se rappeler que jusqu’à la Révolution Française le mercenariat est en Europe une pratique courante, certains officiers français se retrouvant à servir en Suède voir en Prusse.

Aux temps modernes

L’armée danoise voit officiellement le jour en 1614 et va à partir de cette date participer aux différents conflits dans lesquels les danois sont engagés. A l’époque et plus encore aujourd’hui un Etat peine à boucler son budget. Comme payer ses soldats et entretenir une armée cela coûte très cher il faut trouver des expédients.

Parmi les expédients on trouve la location d’une partie de l’armée à des puissances étrangères mais alliées. En somme une sorte de mercenariat d’Etat que pratiquaient notamment de nombreux petits états allemands qui trouvaient ici une source très appréciable de revenus.

En 1700 Copenhague se retrouve dans une situation délicate. Son armée est sur le pied de guerre mais la puissante Suède l’à contrainte à se retirer de la Grande Guerre du Nord, guerre qui se terminera par la fin de l’hégémonie suédoise en mer Baltique et l’émergence d’une nouvelle puissance : la Russie de Pierre le Grand.

Il faut faire de sérieuses économies car l’économie du pays ne peut supporter longtemps l’entretien d’une armée de 35000 hommes. On pourrait tailler dans les effectifs mais le roi Frédéric IV veut rester en position de reprendre la guerre contre Stockholm.

Comme à l’époque une autre guerre fait rage (la guerre de Succession d’Espagne), le roi danois propose aux anglo-néerlandais de louer une partie de son armée. Londres et La Haye acceptent et contre 540000 rixdollars plus 300000 rixdollars par an tant que la guerre dure avec une accord d’une durée de dix ans, 12000 soldats danois vont combattre sous l’autorité de deux pays jadis ennemis.

Cette force se compose de 3000 cavaliers répartis en seize escadrons, 1000 dragons (une infanterie montée se déplaçant à cheval mais combattant à pied) et 8000 fantassins organisés en neuf bataillons à sept compagnies.

En 1703 deux nouveaux régiments sont levés au nom d’un petit duché allemand, le duché de Wurtemberg-Oels.

John Churchill

John Churchill

Ce corps auxiliaire danois va combattre sous l’autorité de deux des plus grands chefs de guerre de la trop mal nommée «guerre en dentelles», John Churchill duc de Marlborough («Malbrouk s’en va en guerre») ancêtre d’un certain Winston Churchill et Eugéne de Savoie.

Eugene de Savoie

Eugène de Savoie

A ce niveau on ne trouve guère que Turenne, Raimondo Monteccucoli ou encore Wallenstein ou le comte de Tilly.

Il participe aux batailles de Blenheim et de Ramillies, à celles de Oudenarde et de Malplaquet. A partir de 1712 on négocie pour mettre fin à un conflit qui semble sans issue réelle.

Le besoin en troupes étant moins urgent, les britanniques se séparent des régiments danois qui sont d’abord rétrocédés aux néerlandais avant d’être licenciés en 1714 au moment de la paix.

Pour ce qui est de la cavalerie on trouve tout d’abord les deux escadrons du Livregiment til Hest payé par les Provinces Unies tout comme les deux escadrons du 2. Sjaellandske Rytterregiment ainsi que les 4. et 5. Jyske Rytterregiment.

En revanche les deux escadrons du Ahlefeldts Kyrasserregiment (Würtembergske Kyrasserregiment en 1705), du Holstenske Rytterregiment ainsi que ceux des 2. et 3. Jyske Rytterregiment sont payés par l’Angleterre.

En ce qui concerne l’infanterie (NdA je n’ai pas les données concernant les dragons) on trouve payé par les descendants des bataves un bataillon de la Garde (Garden), le Sjaellandske Regiment à deux bataillons et le Fynske Regiment à un bataillon.

Les anglais eux vont rémunérer les deux bataillons du Prince Carls Regiment, les deux bataillons du Prins Georges Regiment, le bataillon du Oldenburgske Regiment.

Les deux régiments levés en renforts en 1703 (Württemberg-Oels Dragoner à deux escadrons) et l’unique bataillon du Hertungen af Württemberg-Oels Regiment sont payés conjointement par les néerlandais et les anglais.

A la même époque un autre corps auxiliaire combat sous drapeau étranger, un corps de 10000 soldats du roi de Danemark placé sous l’autorité d’Eugène de Savoie et qui va combattre dans le nord de l’Italie mais aussi en Hongrie pour réprimer la révolte de Rackoczy en 1704.

En 1701 ces 10000 hommes sont en garnison en Saxe pour protéger les territoires patrimoniaux d’Auguste le Fort et qui était en guerre contre la Suède via la Pologne dont il était roi par élection, la Pologne étant à l’époque une république nobiliaire où une noblesse insoumise et turbulente élisait un roi de préférence étranger. C’est le début d’un long processus qui allait rayer à la fin du 18ème siècle la Pologne de la carte.

Pour le paiement, le roi de Danemark obtient que dans un délai de six ans, Vienne paye le million de rixdollars qu’ils devait au Danemark depuis 1674. De plus si la guerre de Succession d’Espagne se termine par un prince hasbourgeois sur le trône espagnol, un million de rixdollars supplémentaire sera versé à Copenhague.

Ce corps auxiliaire se compose initialement de deux demi-régiments de dragons et de sept bataillons d’infanterie (voir ci-après). Cette force quitte la Saxe en septembre 1701 traverse l’Allemagne, le Tyrol avant d’arriver à Piacenza le 31 décembre 1701.

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 1702 cinq cents soldats habsbourgeois et cinq cent soldats danois s’emparent de Crémone via un coup de main préparé de l’intérieur par ce qu’on appelle par encore la Cinquième Colonne. La ville est prise mais les français se ressaisissent rapidement de leur surprise et sont plus prompts à envoyer des renforts qui permettent la reprise de la ville.

Les soldats du Nord participent également au siège de Mantoue qui doit être levé suite à l’arrivée d’une puissante armée française ce qui débouche sur la bataille de Luzzara le 15 août 1702, une bataille indécise mais comme les français ont quitté le champ de bataille on peut attribuer une victoire aux points d’Eugéne de Savoie.

Si parfois les mercenaires économisaient leurs forces, les danois ne se sont pas ménagés puisque fin 1702 il ne reste plus que 5000 hommes de disponibles.

Lors de l’hivernage 1702/03, des renforts arrivent et le corps entièrement réorganisé avec un régiment de cavalerie, un régiment de dragons et quatre régiments d’infanterie.
En 1704 ils répriment une nouvelle rébellion hongroise avant de passer l’hiver 1704/05 en Bavière, vivant sur le pays comme de coutume à l’époque. En 1705 ils sont de retour en Hongrie pour de rudes combats.

En 1706 le corps n’est plus soldé par les Habsbourg. Si il ne se débande, le corps auxiliaire danois composé majoritairement à cette époque d’allemands et de hongrois perd beaucoup de sa superbe et de son efficacité militaire.

Le roi de Danemark Frédéric IV qui règne de 1699 à 1730 souhaite récupérer ces troupes pour reprendre la guerre avec la Suède. Après de longues négociations, un accord est trouvé en 1709 et les «troupes danoises» peuvent rentrer au pays.

En ce qui concerne les régiments on trouvait initialement deux régiments de dragon à seulement six compagnies (d’où leur désignation de demi-régiment) qui en 1703 sont fusionnés en un régiment de dragons danois (Danske Dragon-Regiment)

Les sept bataillons d’infanterie étaient en réalité issus de régiments de l’armée danoise qui existaient toujours. On trouvait ainsi le Dronningens Livregiment et le Prins Georges Regiment qui lors de la réorganisation de 1703 forme le 1. Danske Infanteri-Regiment.

Même situation pour le bataillon issus du Prins Christian Regiment et celui issu du Prins Carls Regiment, ces deux bataillons formant le 2. Danske Infanteri-Regiment. Enfin les Spaelldanske et Ryske Regiment forment le 3. Danske Infanteri-Regiment.

Ces trois régiments sont complétés par les effectifs d’un régiment dissous le Marineregimentet, le 4. Danske Infanteri-Regiment étant un régiment neuf à deux bataillons tout comme le Von Malzans Mecklenburske Battalion et un régiment de cavalerie le Ditmersens Ryther-Regiment à huit compagnies.

La guerre de Succession d’Espagne n’était pas la première fois que le Danemark louait les services de ces soldats à des puissances étrangères. Quelques années plus tôt des soldats danois avaient déjà combattu au service des anglais.

En 1688 la Glorieuse Révolution avait chassé Jacques II de son trône suite à de forts soupçons concernant le retour de l’absolutisme (pourtant fatal à son père Charles 1er) et surtout sur sa conversion au catholicisme.

Guillaume III, stathouder des Provinces Unies avait débarqué en Angleterre pour occuper le trône au nom de sa femme Marie II Stuart.

Jacques II se réfugia en Irlande où il regroupa ses partisans. Une guerre eut lieu, guerre qui vit la participation d’un corps auxiliaire danois de 5600 hommes et de 996 chevaux.

Tout cela remontait en 1689 avec la signature d’un traité d’assistance militaire entre le Danemark et l’Angleterre, Christian V ayant choisit de s’allier à Londres car déçu du peu de soutien de la France de Louis XIV.

Ce corps auxiliaire est transporté en Irlande pour écraser les jacobites (du latin jacobus «jacques»), participant aux batailles de la Boyne et d’Aughrim mais aussi aux sièges de Limerick, de Cork, de Kinsale, d’Athone et de Galway. En 1692 il rallie les Flandres pour continuer à servir sous l’autorité anglaise.

Les trois régiments de cavalerie (régiment de cavalerie Juel-Rysensteen, régiment de cavalerie Donop’s et régiment de cavalerie Sehested) disposaient de deux squadrons à trois compagnies alors que le Bataillon de la Garde danoise disposait de sept compagnies d’infanterie.

Les bataillons du régiment Prince George et le bataillon d’Oldenburg disposait de six compagnies mais quatre compagnies du bataillon oldenbourgeois furent capturés par les français et les deux restantes fusionnées avec le Bataillon de la Reine et le bataillon d’origine dissous.

Les autres bataillons alignaient cinq ou six compagnies (bataillon Prince Frederick bataillon Prince Christian bataillon de Zealand bataillon de Funen bataille du Jutland)

Avec une histoire militaire riche et complexe, le Danemark disposait de prestigieux régiments et comme en France il fût parfois obligé de réduire les effectifs en fusionnant et en amalgamant des régiments pour préserver leur mémoire. D’autres régiments ont tout simplement disparus car leur emploi ne se justifiait plus.

C’est ainsi qu’en ce qui concerne l’infanterie on trouve le 1er régiment qui est aussi appelé Danish Life Regiment ou en français régiment de garde du corps danois, le 2ème régiment le Schleswig Regiment of Foot ou en français régiment d’infanterie du Schleswig, le 3ème régiment le Prince’s Life Regiment (régiment de garde du corps du prince), le 4ème régiment est le Zealand Life’s Regiment, le 5ème régiment le Folster Regiment of Foot, le 6ème régiment est aussi connu sous le nom de Funen Life Regiment alors que le 7ème régiment est connu sous le nom de Jutlandic Regiment of Foot.

Si le 8ème régiment est aussi appelé Queen’s Life Regiment, le 9ème est le régiment d’infanterie du roi ou King’s Regiment of Foot, le 10ème régiment étant le Field Lord’s Regiment of Foot.

Ces régiments prestigieux ont connu le destin de nombre de régiments glorieux des armées du monde entier, certains disparaissant suite à la dissolution (qu’elle soit économique ou politique) ou par fusion avec un autre régiment, le nouveau régiment devenant le dépositaire des traditions des régiments disparus.

On trouvait également cinq régiments de réserve numérotés 11 à 15, régiment dissous respectivement en 1932, 1924,1924,1923 et 1923. Ont également disparus les gardes hallebardiers (1561-1763), les gardes grenadiers (1701-1763), l’unité de défense de Bornholm ou encore le régiment de Scanie (1614-1658).

La cavalerie n’échappe pas à cette règle. C’est ainsi que le 1er régiment de dragons à existé de 1672 à 1856, que le 2ème régiment de dragons à été dissous en 1910 après 227 années d’existence (1683-1910) et que le 3ème régiment de dragons créé en 1670 à disparu en 1932 suite à sa fusion avec le 5ème régiment de dragons créé lui en 1679, cette fusion donnant naissance au Régiment de Dragons du Jutland, un régiment créé en 1679 et qui était ainsi pérennisé.

Le 4ème régiment de dragons lui à été dissous en 1923 après 253 années d’existence (1670-1923). Le 6ème régiment de dragons créé en 1670 à lui disparu dès 1865 après son absorption par le 3ème régiment de dragons. Le régiment des Dragons de Zealand à été actif de 1670 à 1789

Le régiment des lanciers du Holstein à été opérationnel et actif de 1700 à 1842 alors que le régiment royale des gardes à cheval l’à été lui de 1661 à 1866. En revanche le régiment des cuirassiers de Oldenburg à eu une existence nettement plus courte puisqu’il n’à été actif que de 1703 à 1767 soit tout le contraire de son homologue du Schleswig actif de 1675 à 1842. Le régiment des hussards de la Garde créé en 1614 est toujours actif aujourd’hui.

En ce qui concerne l’artillerie, le régiment d’artillerie de forteresse actif de 1892 à 1922 à été réactivé en 1945 pour armer une nouvelle fortifiée à la frontière dano-allemande. En revanche le régiment d’artillerie côtière créé en 1909 à été dissous en 1932 suite au transfert de l’artillerie côtière à la marine.

On trouve plusieurs régiments d’artillerie de campagne comme le 1er régiment appelé également Régiment d’Artillerie de la Couronne, le 2ème régiment qui est le Régiment d’Artillerie de Zealand et si le 3ème régiment est le Régiment d’Artillerie du Jutland du Nord, le 4ème est lui le régiment d’artillerie du Jutland du Sud.

Après un dix-huitième siècle globalement pacifique, le Danemark se retrouve embarqué dans un conflit continental, un conflit qui voit la France et ses alliés plus ou moins contraints affronter une série de coalitions financées par l’Angleterre qui ne pouvait admettre qu’un empire continental ne menace l’équilibre des puissances sur le continent (surtout à une époque où le roi d’Angleterre était aussi roi de Hanovre et possédant donc d’importants intérêts en Allemagne).

Le Danemark vacciné des aventures militaires aurait aimé voulu rester neutre mais la Grande-Bretagne en s’attaquant à deux reprises à sa marine (1801 et 1807) l’entraîna dans le camp français, Copenhague restant l’un des plus fidèles alliés de l’empereur des français même si son apport militaire à terre fût très limité.

Notons tout de même l’engagement de 9436 soldats danois dans la campagne de Russie, des fantassins (chasseurs du Schleswig et tirailleurs du Holstein) mais aussi des cavaliers (Hussards du Jutland).

Fantassin danois 1814

Fantassin danois en 1814

Le traité de Kiel signé en 1814 marque la fin du royaume de Danemark-Norvège et le début d’une longue période de paix pour l’armée danoise qui allait néanmoins devoir s’employer deux fois pour régler la question des duchés.

L’armée danoise au feu : les deux guerres des duchés

Ayant déjà abordé la question à plusieurs reprises je vais me contenter d’ici de rappeler quelques affrontements de ces deux guerres.

Si la première guerre des duchés ou guerre de Schleswig va se terminer à l’avantage des danois, la deuxième se terminera par un désastre militaire contre une alliance de raison austro-prussienne et ce sera surtout le dernier conflit dans lequel l’armée danoise sera impliquée avant le second conflit mondial.

Artilleur danois 1848

Artilleur danois en 1848

La première guerre du Schleswig à lieu du 24 mars 1848 au 8 mai 1852. Initialement 7000 soldats danois sont engagés (NdA j’ignore si des renforts ont été envoyés mais c’est probable).

Durant ce conflit les danois remportent plusieurs batailles comme à Dylblol le 5 juin 1848 et le 13 avril 1849, la première fois sur les troupes de la Confédération Germanique et la seconde sur les troupes saxonnes.

Le 3 avril 1849 les danois remportent la bataille d’Adslol contre les rebelles du Schleswig-Holstein alors que le 31 mai 1849 c’est la cavalerie danois qui remportent la bataille de Vejlby, les troupes montées danoises remportant le 28 juillet 1850 la bataille de Jagel. Autres victoires le 6 juillet 1849 à Frederica et les 24-25 juillet 1850 la bataille d’Idstedt.

La deuxième guerre du Schleswig à lieu du 1er février au 30 octobre 1864, l’armée de terre danoise disposant de 38000 hommes répartis en quatre divisions et 100 canons face à des forces austro-prussiennes nettement plus importantes.

La première bataille à lieu sur la frontière à Kongohoj (colline du roi) près de Selk le 3 février 1864 qui se termine par une défaite danoise et le retrait deux jours plus tard de la ligne fortifiée appelée Dannevirke, l’armée danoise se repliant sur Flensburg.

Initialement les austro-prussiens ne voulaient pas envahir le Danemark mais les buts de guerre vont vite changer. D’une guerre pour les duchés on passe rapidement à une guerre qui engage la survie même de l’état danois ce qui n’est plus la même chose.

Dybbol est assiégée par les allemands mais les fortifications tiennent malgré un bombardement intensif, 65000 obus tombant sur les positions danoises jusqu’au 18 avril date de la chute de la ville après deux attaques infructueuses les 4 et 10 avril 1864.

Le 25 avril 1864 les danois évacuent Fredericia qui était assiégée par les autrichiens. Le 26 mai l’île de Als est bombardé par l’artillerie prussienne où une partie de la garnison de Dybbol avait trouvé refuge.

L’île sera capturée le 29 juin malgré une splendide résistance des troupes danoises qui durant le conflit ont tout sauf démérité. Le 30 juin, le Prince’s Life Regiment est la dernière unité danoise à quitter le Schleswig et le Holstein. La dernière bataille de la guerre à lieu le 3 juillet 1864 à Lundby.

L’armée danoise en 1939/40 et son évolution durant la Pax Armada

En 1939 l’armée danoise n’à pas participé à un conflit majeur depuis soixante-quinze ans. Le pays étant resté neutre durant le premier conflit mondial, les soldats danois n’ont pas connu l’horreur des tranchées, des tirs de barrage, des offensives absurdement meurtrières.

Es-ce à dire que la Haerens est restée l’armée au pied entre 1914/18 ? Non bien entendu puisque la frontière dano-allemande à été mis en état de se défendre, les garnisons sur les îles renforcées pour maintenir la neutralité danoise.

Comme le reste des forces armées du pays, l’armée de terre connait un profond sous-investissement durant la période 1919/1939.

Tout à sa politique d’apaisement de l’ogre allemand, peut être lucide que le pays ne pouvait se défendre contre une attaque décidée, la classe politique avait cessé d’investir massivement dans un outil de défense performant.

Quand éclate le conflit qui allait entrer dans l’histoire sous le nom de Guerre de Pologne (appelée aussi Three Month’s War), l’armée de terre danoise aligne 35000 hommes, chiffre qui passe à 55000 hommes avec le rappel des réservistes et qui doit passer à 85000 hommes avec la mobilisation générale.

L’armée patrouille sur la frontière ce qui génère quelques incidents de frontière mais rien qui n’allait déboucher sur un conflit majeur.

Avec la fin du conflit le 15 décembre 1939 l’armée danoise réduit la voilure passant un temps à seulement 15000 hommes. Si la guerre avait repris au printemps 1940 nul doute que Copenhague aurait bien incapable de résister.

Ce bref conflit à mis en lumière les nombreuses lacunes de l’armée de terre danoise. Tout comme son aviation et tout comme la marine, l’armée de terre va être réorganisée, rééquipée et mieux entrainée.

A noter que des volontaires danois ont rejoint la Finlande pour l’aider lors de la guerre d’Hiver. Ils furent environ un millier mais leur impact militaire à été assez faible.

Selon l’Acte de Défense Danois de 1937, l’armée de terre doit être organisée en temps de paix de la façon suivante :

-Un quartier général

-Un bataillon de transport

-La garnison de l’île de Bornholm à sept compagnies d’infanterie

-une force d’aviation (NdA que je traiterai dans la partie intitulée «ARMEE DE L’AIR»)

-Un régiment du génie

-Un régiment antiaérien

-Deux divisions territoriales, la Sjaelland Division et la Jutland Division.

La première qui dispose de son quartier général à Copenhague aligne le Life Guard Regiment, les 1er,4ème et 5ème régiment d’infanterie, le régiment des hussards de la Garde, les 1er et 2ème régiments d’artillerie de campagne, le 13ème bataillon antiaérien et le 1er bataillon du génie.

La deuxième dont l’état-major est installé à Viborg aligne les 2ème, 3ème,6ème et 7ème régiments d’infanterie, un régiment de pionniers d’infanterie, le régiment de dragons du Jutland, le 3ème régiment d’artillerie de campagne, le 14ème bataillon antiaérien et le 2ème bataillon du génie.

Toute la classe politique danoise est d’accord sauf rares exceptions qu’il faut renforcer l’outil militaire et mis à part certains exaltés la majorité est consciente que résister plusieurs jours à une attaque allemande serait déjà remarquable.

A partir de septembre 1942 un nouvel Acte de Défense est en discussion. Toutes les idées sont mises sur la table des plus censées aux plus farfelues comme la construction d’un canal de 2km de large le long de la frontière avec l’Allemagne pour isoler le Danemark du continent.

A cette «fortification aquatique» on préfère une nouvelle ligne fortifiée courant sur la frontière ce qui est d’autant plus intelligent qu’une coupure même large n’à aucun intérêt si elle n’est pas battue par des feux concentrés qui empêchent l’ennemi de préparer son franchissement.

Après de longues et pénibles négociations, l’Acte de Défense Danois de 1943 est voté le 14 septembre à une écrasante majorité. Un plan sur cinq ans est mis sur pied pour renforcer les moyens de l’armée danoise.

Bien entendu le Danemark n’à pas les moyens de construire une Ligne Maginot mais il s’agit de ressusciter les mannes du Dannevirke dont la perte lors de la deuxième guerre du Schleswig en 1864 constitua un choc pour l’opinion publique danoise persuadée qu’il s’agissait d’un rempart infranchissable alors qu’aucune fortification ne peut résister à un ennemi décidé.

Néanmoins ce nouveau dannevirke (Ny Dannevirke) n’est pas une simple ligne de contrôle mais une ligne de fortification de campagne assez solide avec tranchées de liaison, fossé antichar, blockhaus, le tout associé à des mines et des barbelés soit un obstacle suffisamment solide si les troupes chargées de le défendre étaient suffisamment nombreuses, suffisamment équipées, suffisamment entraînées et motivées.

Avec cette ligne fortifiée le haut-commandement danois espère tenir deux jours pour mobiliser le plus sereinement possible ses troupes et rendre la conquête du pays difficile et indigeste. Une Force de Défense est mise sur pied pour armer cette ligne fortifiée. Toutes proportions gardées c’est l’équivalent de notre infanterie de forteresse.

La force de manœuvre est entièrement réorganisée. Les deux divisions présentes en 1939 sont toujours là mais leur organisation interne à été repensée avec des brigades mobiles capable dans une certaine mesure de combattre seules.

L’armement est modernisé même si toutes les lacunes identifiées lors de la guerre de Pologne ne seront pas comblées.

Néanmoins l’armée danoise fait suffisamment peur aux allemands pour pousser Berlin à tenter d’obtenir la soumission de Copenhague par voie diplomatique. Quand il devint évident que Frédéric IX et son gouvernement refuseraient de se rendre sans combattre, la Wehrmacht fût dans l’obligation de s’engager dans une véritable conquête du pays des Danes.

Le 5 septembre 1948 à l’aube sans déclaration de guerre préalable, la Luftwaffe bombarde le Danemark. Pour la première fois depuis quatre-vingt quatre ans l’armée danoise allait devoir se battre.

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