Scandinavie (48) Danemark (19)

Aéronavale

Histoire de l’aéronavale danoise

En septembre 1906 avait lieu au Danemark le premier vol d’un plus lourd que l’air. Vol c’est vide dit puisque l’appareil en question n’effectua qu’un bon de 42m mais nul doute qu’à l’époque c’était impressionnant.

Très vite les marins danois comprennent l’utilité de l’avion pour accroître les forces d’une marine qui plus est une marine de taille réduite. Voilà pourquoi en 1909 les partisans de l’aviation navale vont créer une société aéronautique pour oeuvrer en faveur de l’acquisition d’avions.

En août 1910, une étude officielle est lancée et le 25 mars 1912 un premier avion est acquis, avion qui reçoit le nom de GLENTEN. En avril 1913 pour que deux nouveaux appareils soient livrés à la marine danoise, des hydravions type Donnet-Leveque, appareils baptisés MAAGEN et TERNEN.

Un budget additionnel est voté pour l’année fiscale 1912-1913 permettant à la marine de recruter un aviateur naval qui est aussi instructeur. Ulrich Birch venu avec son avion personnel baptisé ORNEN (aigle), il n’à pas vraiment le temps d’imposer ses vues puisqu’il meurt des suites de ses blessures après avoir été victime d’un accident à bord de son avion.

Une base est établie à la même époque à Klovermarken qui est aujourd’hui un quartier de la capitale danoise.

Quand le premier conflit mondial éclate en août 1914, l’aéronavale danoise est encore dans l’enfance avec seulement deux hydravions (MAAGEN I et II ce dernier étant l’ancien TERNEN) et cinq aviateurs.

Comme la guerre stoppe toute possibilité d’acquisition d’appareils étrangers, le Danemark doit s’en remettre à ses propres forces vivres en l’occurrence l’Arsenal de la marine danoise qui va produire le MAAGEN III (FB III), une quasi-copie des Donnet-Leveque.

Le 20 avril 1915 est fondée la Luftmarinestation Kobenhaven (base de l’aviation navale de Copenhague) à l’est de Nyholm. Cette base va rester opérationnelle jusqu’en 1962 quand le retrait des derniers hydravions de l’aéronavale danoise entraîne sa fermeture.

Une autre base est installée à Slipshan dans le fjord de Nylord pour permettre la couverture des navires surveillant les détroits séparant la mer du Nord de la mer Baltique.

A la fin de 1917 il n’y à que douze appareils de disponible pour l’aéronavale danoise. C’est à cette époque qu’on expérimente l’utilisation d’aéronefs pour régler les tirs de l’artillerie et qu’on s’initie au vol de nuit.

Alors que le premier conflit mondial se termine le Parlement décide de stopper la production nationale d’avions pour la marine. Officiellement en raison d’un taux d’accident trop élevé mais il semble que la véritable décision soit les potentiels surplus que les belligérants ne tarderont pas à vouloir se débarrasser et à choisir entre la destruction et la revente le choix est vite fait.

En mai 1919 cinq hydravions Friedrischafen FF.49 (ultérieurement baptisés HB.II) sont acquis en coopération avec le ministère des Travaux Publics pour étudier le transport aérien du courrier.

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Avro 504

En 1921, les cuirassés gardes-côtes Olfert Fischer et Peder Skram sont modifiés pour recevoir un hydravion pour régler les tirs de leur artillerie. La même année cinq Avro 504K de seconde main sont acquis, appareils remplacés en 1925/26 par des Avro 504N aux moteurs plus puissants puisqu’il s’agissait d’anciens chasseurs de nuit alors que les K étaient des appareils d’entrainement.

Le 15 septembre 1923, le service de l’aéronautique navale est officiellement créé (sic) et placé sous l’autorité directe du ministère de la Marine.

Jusqu’en 1926 la formation initiale des pilotes de la marine se faisait au sein de l’aviation de l’armée de terre.

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Hawker Woodcock

Au milieu des années vingt l’aéronavale danoise va acquérir ses premiers avions terrestres en l’occurrence trois chasseurs biplans Hawker Woodcock Mk II qui vont être complétés par douze appareils produits sous licence. Pour l’anecdote c’est avec cet appareil que les pilotes danois découvrent le parachute……. .

Les chasseurs anglais sont mis en service le 12 octobre 1926 au sein d’une 2ème flottille (la 1ère regroupant les hydravions) basée à NAS Ringsted. Comme le site de cette base n’est pas commode, on décide de louer un nouveau terrain sur la péninsule d’Avno et d’aménager une base qui est opérationnelle en 1930.

En 1928 les vénérables hydravions «franco-danois» sont remplacés par huit Heinkel He.8 (HD.III) auxquels il faut ajouter seize appareils produits sous licence. Comme l’Allemagne suite au traité de Versailles ne peut produire ni exporter des appareils militaires, les hydravions sont produits comme hydravions postaux et modifiés au Danemark comme hydravions de combat avec mitrailleuses et lance-bombes.

Ces hydravions vont pour certains être envoyés au Groenland pour faire pièce aux revendications norvégiennes sur la «Terre Verte» comme la baptisa Erik le Rouge pour encourager la colonisation (ce qui n’était pas totalement faux au 9ème siècle le Groenland n’était pas entièrement recouverte de glace). Cette action déterminée de Copenhague semble avoir joué un rôle majeur puisqu’en juillet 1935 la Cour internationale de La Haye à attribué le Groenland au Danemark.

Hawker Horsley

Hawker Horsley

En 1932 deux bombardiers Hawker Horsley sont acquis. Ces appareils sont tout à la fois des appareils opérationnel mais aussi des appareil expérimentaux pour initier le Danemark au bombardement et à l’utilisation de la torpille aéroportée. Cette compétence est acquise en 1936 mais à l’époque le manque de budgets empêche la construction de dix appareils sous licence !

Hawker Nimrod

Hawker Nimrod

La petite aéronavale danoise à plus de chance pour la chasse puisque en 1933 deux Hawker Nimrod sont acquis auxquels il faut ajouter dix appareils produits sous licence en 1934/35.

En 1936 la base d’Avno jusqu’ici louée est achetée et en 1937 la base de Ringsted est définitivement fermée.

En 1936 au cours des discussions d’une nouvelle loi de défense la marine danoise demande des budgets pour porter le nom de flottilles à quatre avec visiblement une flottille d’hydravions, une flottille de chasse, une flottille de bombardement et une flottille de torpillage. Malheureusement le soutien politique est insuffisant et l’aéronavale danoise reste à deux flottilles avec des appareils dépassés.

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Macchi C.200 Saetta

Cela va changer à la fin des années trente avec l’acquisition d’un chasseur et d’un bombardier moderne, le Macchi C.200 Saetta italien et le Fairey Ornen.

Douze exemplaires de chaque appareil sont acquis et si les premiers sont produits en Italie, les seconds sont produits sous licence au Danemark. Ces appareils sont livrés en 1940/41 permettant le retrait des vénérables Nimrod et Horsley.

Durant la Pax Armada un renforcement est opéré avec le déblocage de budgets plus importants. Ce n’est pas le Pérou mais c’est bien mieux que les années de «vaches maigres» au cours desquelles les aviateurs danois devaient faire durer leurs appareils au delà du raisonnable.

Le projet d’une aéronavale à quatre flottilles voit enfin le jour avec une 1ère flottille regroupant les hydravions. Les Heinkel He.8 antédéluviens sont enfin remplacés par des hydravions de reconnaissance et d’observation modernes en l’occurrence des Arado Ar196 qui auraient du être complétés par des Heinkel He-115 de bombardement-torpillage mais les budgets n’ont pas suivis.

La 2ème flottille consacrée à la chasse remplace ses Nimrod par des Macchi C.200 Saetta toujours en service en septembre 1948 bien qu’en passe d’être obsolètes quand les allemands attaquent.

La 3ème flottille va être en œuvre douze Fairey Ornen de bombardement en piqué alors que la 4ème flottille va être équipée de bombardiers-torpilleurs Latécoère Laté 299 de seconde main.

Quand les allemands attaquent en septembre 1948 l’aéronavale danoise aligne douze Arado Ar196 de surveillance et de reconnaissance maritime, douze Macchi C.200 Saetta, douze Fairey Ornen et douze Latécoère Laté 299.

Comme le reste des forces armées danoises l’aéronavale à cocarde rouge et blanche va faire son devoir même si les raids préliminaires allemands vont faire très mal aux danois qui perdent une bonne partie de leur potentiel aérien pourtant déjà limité.

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Arado Ar196

C’est ainsi que six Arado Ar-196 sont perdus lors de frappes aériennes allemandes tout comme huit Macci C-200 Saetta, quatre Fairey Ornen et huit Latécoère Laté 299 soit vingt-six appareils sur quarante-huit !

De toute façon les combats aériens malgré le courage indéniable des pilotes danois tournent rapidement à l’avantage des pilotes allemands mieux entraînés et surtout plus nombreux.

Quand le Danemark capitule le 9 septembre 1948 l’aéronavale danoise n’existe plus comme entité constituée. Quelques pilotes ont réussi à rejoindre la Grande-Bretagne auxquels il faut ajouter quelques élèves-pilotes en cours de formation.

C’est ainsi que les allemands ne capturent que deux Arado Ar196, trois Fairey Ornen et deux Latécoère Laté 299 (les deux derniers Saetta se sont réfugiés en Suède et remis en service par la Flygvapanet). Ils vont réutiliser ces appareils durant le second conflit mondial mais uniquement pour l’entrainement, les appareils disparaissant dans la fournaise du second conflit mondial.

En Grande-Bretagne, les pilotes danois servent quelque soit leur corps d’origine servent d’abord dans la RAF au sein d’unités britanniques ou norvégiennes (même si la mise sur pied de squadrons norvégiens est plus tardive) mais très vite des unités danoises sont mises sur pied.

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Supermarine Walrus catapulté

C’est ainsi qu’un escadron de chasse et un escadron de bombardement danois sont mis sur pied au sein de la RAF (ils ne passeront sous contrôle effectif danois qu’en février 1954) alors que le Danish Naval Group reçoit courant 1949 huit Supermarine Walrus de reconnaissance, de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine.

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Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Les Walrus vont opérer sous les couleurs danoises jusqu’à la fin du conflit mais dès l’automne 1954 ils sont remplacés par des Consolidated PBY Catalina plus modernes. Ces derniers sont complétés par des Lockheed Neptune livrés à partir de 1958 et en 1962 les Catalina seront retirés du service et la base aéronavale de Copenhague fermée. Ceci est une autre histoire.

Dès l’automne 1954 décision est prise de reconstituer un outil aérien sous la forme d’une armée de l’air qui regroupe l’aviation de l’armée de terre et l’aéronavale. Il faudra cependant attendre le 12 septembre 1957 pour que ce soit officiellement mise sur pied la FLYVEVÅBNET.

A sa création elle comprendra deux squadrons de chasse volant sur P-51 Mustang, un squadron de bombardement équipé de Bristol Beaumont et de quelques B-17 vite retirés du service, un squadron de reconnaissance volant sur De Havilland Mosquito, un squadron de transport volant sur C-47 Skytrain et un squadron d’entrainement volant sur T-6 Texan.

A cela s’ajoutait les unités d’aviation navale avec un squadron de Consolidated Catalina et un squadron de Lockheed Neptune. En 1962 des Lockheed Neptune supplémentaires remplacent les Consolidated Catalina.

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