Scandinavie (41) Danemark (12)

Guerres napoléoniennes et guerre de la canonnière

Les guerre provoquées par la Révolution Française vont entraîner le royaume de Danemark-Norvège dans le conflit contre son gré. La faute en grande partie à la Grande-Bretagne qui voyait dans ces navires battant pavillon neutre des navires transportant des marchandises à destination de la France.

Cette politique agressive de Londres sera d’ailleurs l’une des causes de la guerre de 1812 contre les Etats-Unis.

En juin 1800 un convoi danois est stoppé dans la Manche. Après un court combat avec trois frégates britanniques, la frégate FREYA et six navires marchands sont forcés de se rendre.

Cette flotte dano-norvégienne attire les convoitises aussi bien de la France napoléonienne que de la Grande-Bretagne qui veut maintenir un contrôle absolu sur les flots alors que Napoléon contrairement à ce qu’on à longtemps écrit n’avait absolument pas renoncé à défier la perfide albion sur son terrain de prédilection après le désastre de Trafalgar.

Seulement le temps lui manqua et notamment une période de paix pour reconstruire une flotte. Voilà pourquoi Londres ne cessait de financer des coalitions pour occuper l’empire français sur le continent et empêcher Napoléon d’investir autant que nécessaire dans la marine de guerre.

Cette flotte dano-norvégienne fût attaquée à Copenhague en 1801 et 1807 et quasiment anéantie que les navires soient détruits ou capturés. Elle fût partiellement reconstruite avec des canonnières et autres chaloupes-cannonières mais cette stratégie était une stratégie du faible au fort, une nuisance pour la Navy mais en aucun cas une menace de grand ampleur. Cela va donc aboutir à la Gunboat War.

Appelée en danois Kanonbådskrigen, cette guerre va opposer la marine dano-norvégienne à la marine britannique, un volet des guerres napoléoniennes. Ce nom s’explique par la tactique choisit par les danois qui après les deux attaques contre Copenhague (1801 et 1807) vont essayer de reconstituer une marine avec de petites unités appelées canonnières pour harceler frégates et navires de ligne britanniques.

Horatio Nelson

Le 2 avril 1801, une escadre britannique commandée l’amiral Horatio Nelson et composée de douze navires de ligne, cinq frégates, 7 bombardes et 6 sloops attaque la flotte danoise mouillée devant Copenhague, une force composée de neuf navires de ligne, onze sloops, dix-sept autres navires, une batterie flottante et 2000 soldats.

Cet affrontement se termina par une victoire de la marine britannique. Si aucun navire ne fût perdu (trois navires s’échouèrent mais sont parvenus à se remettre à flot), la Royal Navy eut tout de même 1200 pertes dont 254 tués. De son côté les danois ont eu trois navires coulés, douze capturés avec 1600 pertes dont 367 tués.

La deuxième bataille de Copenhague à lieu du 16 août au 5 septembre 1807. Cette attaque marque le début de la guerre anglo-russe qui éclate en 1807, Saint-Petersbourg étant à l’époque allié de la France suite au traité de Tilsit, une alliance de raison mais pas de passion.

Cette guerre va s’achever avec le traité d’Orebro signé également avec la Suède le 18 juillet 1812. Cette attaque est lancée suite à la mise en place du blocus continental qui doit ruiner l’économie britannique. Voilà pourquoi Londres s’attaque au membre le plus faible du système français à savoir le Danemark-Norvège.

Elle s’intéresse surtout à sa marine à une époque où la France comme nous l’avons vu cherche à reconstituer une flotte qui à subit une terrible défaite le 21 octobre 1805 à Trafalgar. Pour accélérer la remontée en puissance, les français veulent pouvoir utiliser la marine dano-norvégienne.

Cette victoire britannique pousse le Danemark-Norvège à se rallier à la France mais sans sa marine Copenhague n’à qu’un poids très limité.

A la différence de la première bataille cette deuxième bataille fût à la fois plus longue et fût davantage un assaut terrestre même si la marine britannique était engagée avec 126 unités de toute taille. Les britanniques vont engager près de 20000 hommes alors que les danois n’avaient que 5000 soldats d’active et des miliciens. A noter que la majorité des civils fût évacuée avant l’assaut britannique ce qui limita les pertes.

La flotte britannique bombarde la ville du 2 au 5 septembre 1807, bombardement qui voit l’utilisation de fusées Congrève entrainant un incendie monstre de la capitale, incendie qui ne peut être combattu car comme nous l’avons vu plus haut les civils ont été évacués.

Le 5, les danois demandent grâce et la capitulation est signée le 7 septembre, Copenhague devant livrer sa marine et surtout ses réserves en échange de quoi les britanniques promettent de rendre la ville dans un délai de six semaines.

A noter que le prince héritier et futur Christian VIII avait donner l’ordre au général Peymann de brûler les navires mais il ne donna pas l’ordre pour une raison qui reste inconnue à ce jour.

Le Danemark-Norvège livre dix-huit navires de ligne, onze frégates, deux petits navires, deux sloops, sept brick-sloops, deux bricks, un schooner et trente-six canonnières. A cela s’ajoute la destruction de trois navires de ligne de 74 canons encore sur cale en compagnie de quatre autres navires.

Les navires anciennement danois vont être ramenés en Grande-Bretagne non sans difficultés en raison d’une nature qui semblait avoir pris le parti des dano-norvégiens. C’est ainsi que seulement quinze navires de ligne vont rallier la Grande-Bretagne mais seulement quatre vont être remis en service sous les couleurs de la Royal Navy. La flotte britannique quitte Copenhague le 21 octobre 1807 mais ce n’est pas la fin du conflit qui va se poursuivre jusqu’à la signature du traité de Kiel.

Suite à la deuxième bataille de Copenhague le Danemark s’engage ouvertement côté français et décide de reconstruire une flotte. Seulement elle manque de moyens et de temps. De plus il est probable que la Royal Navy n’aurait pas laissé les danois reconstruire bricks, sloops, frégates et autres navires de ligne.

Elle choisit une stratégie du faible au fort en produisant des navires légers appelés génériquement canonnières (gunboat) destinés à protéger les côtes contre un blocus et empêcher un nouveau bombardement de la capitale. De plus la construction de ces petits navires pouvait se faire partout au Danemark et demandait moins de ressources qu’une frégate ou un navire de ligne. Maniables ces navires avaient du mal à tenir en cas de mauvais temps et dieu sait que le mauvais temps est courant en Baltique et en mer du Nord.

Le gouvernement dano-norvégien à produit plus de deux cents canonnières en deux modèles majeurs, la chaloupe-canonnière avec un équipage de 76 hommes avec deux canons de 18 ou de 24 livres (un à l’avant et un à l’arrière) et une barge-canonnière avec vingt-quatre hommes et un unique canon de 24 livres.

Si on rentre maintenant dans les détails nous trouvons d’abord des Kanonchaluppen (deux canons de 24 livres et quatre obusiers de 4 livres, 69 à 79 hommes d’équipage), des Kanonjollen (un canon de 24 livres et deux obusiers de 4 pouces 41 hommes d’équipage en temps de guerre), des Morterchaluppen (un mortier de 100 livres et deux obusiers de 4 livres, 40 hommes d’équipage en temps de guerre) et des Morterbarkasserne (un mortier et 19 hommes d’équipage, doit subir des réparations après 5 ou 7 tirs).

A cela s’ajoute dix canonnières de haute-mer (schooner-rigged gunboats en anglais) construites à Bergen et à Trondheim en 1808 et 1811 pour défendre les côtes norvégiennes en supportant les eaux tumultueuses de la mer du Nord.

Au combat les canonnières danoises se montrèrent capable d’affronter des navires marchands même armés ainsi que les bricks mais se montraient à la peine face aux frégates et aux navires de ligne. Quelques navires britanniques seront capturés par les danois qui comme c’est de coutume à l’époque s’empresseront de les remettre en ligne.

Jamais entre 1807 et 1814 la marine danoise ne pourra interrompre durablement le trafic commercial britannique à travers la Baltique. De plus la Royal Navy menait des raids sur des îles danoises pour s’emparer des ressources ou détruire celles de l’ennemi.

Cette guerre se déroula également en mer du Nord avec la capture d’Heligoland et aux Indes avec des attaques britanniques contre les comptoirs danois comme Tranquebar.

Le 22 mars 1808, le dernier navire de ligne de la marine danoise le Prinds Christian Frederik est détruit par deux navires britanniques dont l’un d’eux était un ancien navire danois.

A partir du début de 1810 la marine danoise cesse d’envoyer des renforts en Norvège en raison de l’activisme de la marine britannique et de l’impossibilité de briser ce blocus. Pour contourner le dit blocus, les danois utilisèrent également des canonnières pour transporter au nez et à la barbe des frégates le grain nécessaire à la capitale dano-norvégienne.

En décembre 1813, les suédois envahissent le Holstein dans le cadre des opérations de la sixième coalition. Le Royaume de Danemark-Norvège fût obligé de demander la paix aboutissant comme nous l’avons vu au traité de Kiel du 15 janvier 1814. Le royaume dano-norvégien fût forcé de céder l’île d’Heligoland à la Grande-Bretagne et la Norvège à la Suède en échant de l’île d’Anholt.

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