Scandinavie (13) Norvège (13)

ARMEE DE TERRE

Histoire

Les origines

En 1611, la guerre de Kalmar éclate. Le roi de Danemark Fréderic II tente de réactiver l’ancienne milice volontaire appelée leidang mais cela faisait trois siècles que les norvégiens n’étaient plus entraînés au métier des armes et leur impact fût très limité puisque les soldats désertèrent ou furent capturés. Il s’agissait de soldats à temps partiel qui s’entraînaient quand ils n’étaient pas occupé par leur travail.

C’est peut être pourquoi les historiens retiennent généralement la date de 1628 pour dater la naissance de l’armée de terre norvégienne.

De 1643 à 1645, la guerre de Torstenson est le premier conflit dans lequel l’armée norvégienne est engagée. Cette armée ne brille guère et le Royaume de Danemark-Norvège doit se tourner davantage vers les mercenaires allemands que vers le volontariat ou une milice.

L’art militaire allemand imprégna durablement l’armée norvégienne, l’allemand ne cessa d’être la langue de commandement de l’armée dano-norvégienne qu’en 1772 en faveur du dano-norvégien.

Quand les guerres napoléoniennes éclatèrent, les royaumes scandinaves (Danemark-Norvège d’un côté, Suède de l’autre) tentèrent d’abord de rester neutres mais au final Frédéric VI de Danemark décida de se joindre à l’empereur des français en partie du fait que la Grande-Bretagne avait détruit la flotte danoise à Copenhague.

Fantassin danois 1814

Fantassin danois en 1814

En 1814, la Norvège après une brève période d’indépendance fût intégré à un royaume suédo-norvégien, le roi de Suède devenant également roi de Norvège. Ce royaume étant une union personnelle, la Norvège possède ses propres institutions et donc sa propre armée.

Cette armée avait ses propres budgets, sa propre organisation, ses uniformes, le gouvernement suédois n’ayant aucun droit de regard sur les questions militaires concernant la Norvège.

Durant les années précédant le divorce de 1905 on verra même le gouvernement norvégien renforcer ses moyens militaires pour faire face à un éventuel conflit avec Stockholm au cas où la Suède retrouvant les mannes de Gustave II Adolphe ou de Charles XII voulait remettre au pas son voisin occidental.

Le recrutement de l’armée norvégienne se faisait principalement non pas via le volontariat mais via un service militaire de plus de cinq ans. Toutes les recrues rurales n’étaient pas concernées puisqu’on procédait à un tirage au sort ce qui était plutôt injuste d’autant qu’on pouvait se payer un remplaçant comme dans de nombreuses armées de l’époque. Il y avait un socle de soldats de métier pour encadrer ces recrues, un socle de volontaires baptisé hvervede.

En 1854 un système militaire universel est mis en place encore que universel est un bien grand mot puisque le tirage au sort est toujours utilisé mais ceux qui n’étaient pas tirés au sort étaient immédiatement confiés aux bons soins d’une réserve (landvern) où ils recevaient un entrainement de base. Autant dire que leurs capacités militaires étaient très limitées.

Soldat norvégien 19ème siècle 33

Fantassin norvégien au 19ème siècle

En 1884, la période d’entrainement de base est réduite à trois mois et le socle de soldats de métier est limité à un simple cadre d’officiers, de sous-officiers et de quelques spécialistes.

Désormais le soldat norvégien passait par trois étapes avec d’abord les régiments de ligne, la milice et la réserve territoriale, un cycle de treize ans.

La gauche norvégienne essaya de remplacer l’armée régulière par des clubs de tir regroupant des volontaires à temps partiel mais le Storting s’y opposa avec sagesse.

En juin 1905, le Storting décide une dissolution unilatérale de l’union avec la Suède. Pendant un temps on à pu craindre un conflit suédo-norvégien mais finalement Oscar II de Suède accepta une dissolution dont il était conscient depuis son accession au trône de Suède.

Durant le premier conflit mondial la Norvège resta neutre et l’armée norvégienne n’eut donc pas à s’employer comme d’autres armées européennes.

Armée norvégienne 1940 2

Armée norvégienne au début du 20ème siècle

Dans les années 1920, l’armée de Norvège était une milice nationale avec un service militaire vraiment universel, les jeunes hommes norvégiens étant appelés sous les drapeaux à partir de 18 ans, les obligations militaires ne s’achevant qu’à l’âge de 56 ans.

Le service militaire dure trois ans de 18 à 21 ans et pour les douze années suivantes il appartient à la ligne suivit de douze ans dans la landvern puis de douze autres autres dans la landstorm.

L’entrainement de base durait 48 jours pour l’infanterie et l’artillerie de garnison, 62 jours pour l’artillerie de montagne, 72 pour le génie, 92 pour l’artillerie de campagne et 102 pour la cavalerie.

Une fois cette première phase terminée, les jeunes recrues sont envoyées dans leurs unités d’affectation où l’entrainement se poursuit pendant 30 jours.

Leur service terminé, ils subissent des périodes de ré-entrainement, une période de 80 jours durant leur deuxième, leur troisième et leur septième année de service dans la ligne.

La «ligne» est organisée en six divisions «multiarmes», la ligne regroupant au total cinquante-six bataillons d’infanterie, cinq compagnies de cyclistes, trois régiments de cavalerie (soit seize squadrons), vingt-sept batteries d’artillerie de campagne, trois batteries d’artillerie de montagne, neuf batteries d’artillerie lourde (quatre canons chacun soit un total théorique de 156 canons), un régiment et deux bataillons du génie. Un service aéronautique est également organisé.

Les six divisions n’avaient pas une puissance identique, tout dépendait de l’importance du district où ses membres étaient recrutés. En cas de conflit, chaque division devait mobiliser deux ou trois régiments d’infanterie à trois bataillons, trois ou quatre escadrons de cavalerie, un bataillon d’artillerie de campagne à trois batteries (soit en théorie douze canons), un bataillon d’artillerie lourde, une compagnie de sapeurs, une compagnie télégraphique, une compagnie médicale et une compagnie du train.

Chaque district régimentaire devait aussi pouvoir former un bataillon de landvern à six compagnies et les autres armes devaient aussi pouvoir lever des unités d’une taille équivalente.

Sur le papier, ce système devait permettre de faire passer les effectifs militaires norvégiens de 11850 hommes en temps de paix à 28200 en cas de guerre.

Suite à l’indépendance norvégienne, la durée de disponibilité sous les drapeaux fût donc allongée à 56 ans et les périodes d’entrainement allongées jusqu’à cinq mois. De nouvelles unités-socles sont également créées pour accélérer la mobilisation des réservistes.

L’armée norvégienne dans la Pax Armada

En dépit des objurgations des hauts gradés de l’armée norvégienne, le gouvernement travailliste refuse de mobiliser l’armée quand éclate ce que l’histoire à retenu comme la Guerre de Pologne ou Three Month’s war (guerre de trois mois).

Officiellement Oslo refuse de «provoquer» (sous-entendu l’Allemagne) et préfère afficher un visage pacifique dans le candide espoir d’être épargné par la guerre.

C’est d’autant plus incompréhensible que durant le premier conflit mondial, l’armée à été mobilisée pour maintenir la Scandinavie en dehors du conflit. Ce n’était donc pas une question volonté. La fin brutale du conflit semble valider ce choix.

Et pourtant à partir de 1942 on assiste à un timide réarmement qui concerne quasi-exclusivement la marine et l’armée de l’air, l’armée de terre étant le parent pauvre faute de budgets suffisants.

Les armes doivent donc durer, on renonce à l’acquisition de chars de combat puissants estimant non sans raison que la géographie du pays rend illusoire l’utilisation massive d’engins blindés. Tout juste va-t-on acquérir quelques chars légers et des autos blindées et encore des Daimler Dingo, pas des autos blindées puissantes françaises ou allemandes.

daimler-dingo

Daimler Dingo

Les unités sont réorganisées pour toujours gagner du temps dans la mobilisation, une phase ô combien délicate puisque l’armée est à cet instant vulnérable à une action ennemie (c’est d’ailleurs ce qui explique la construction de la Ligne Maginot en France voit de la Ligne Siegfried en Allemagne).

Le pays reste divisé en six districts qui doivent en temps de guerre former autant de divisions multirôles.

Chaque district est divisé en cercles régimentaires (sirkler) qui doivent mettre sur pied autant d’unités d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et du génie pour renforcer les divisions-socles du temps de paix.

Ces divisions comprennent avant mobilisation un état-major, un groupement logistique, un régiment d’infanterie à trois compagnie, un régiment de cavalerie avec un escadron monté, un bataillon d’artillerie avec une batterie active et trois autres batteries en sommeil, une compagnie de sapeurs-mineurs, une compagnie télégraphique et une compagnie sanitaire.

On le voit ces divisions-socles sont incapables de réaliser autres choses que des missions limitées comme la défense locale en attendant l’arrivée des réservistes.

En 1945 on envisage de supprimer ce système et de le remplacer par un système permanent de brigades. Ces six brigades auraient été organisées en un état-major, une compagnie de soutien logistique, deux régiments d’infanterie, un régiment de cavalerie, un bataillon d’artillerie et un bataillon du génie.

Elles auraient pu combattre sans renforts pendant un certain temps et par exemple faire face à une attaque surprise. Elles auraient pu tenir le terrain et attendre sereinement l’arrivée des réservistes qui auraient permis sa transformation en divisions avec trois régiments d’infanterie, deux régiments de cavalerie, un régiment d’artillerie et un régiment du génie.

Ce projet est jugé trop coûteux et ne verra pas le jour. Aurait-il changé quelque chose au déroulé des événements ? Probablement pas. Ce qui est certain c’est que le 5 septembre 1948, l’armée norvégienne va vivre une véritable ordalie, une épreuve de vérité quand les bombes commencent à pleuvoir sur la Norvège

2 réflexions sur “Scandinavie (13) Norvège (13)

  1. Les ancêtres des vikings ayant trois siècles de paix entre le 13e et 16e $ ? Alors que le reste de l’Europe était en guerre quasi permanente. Cela détonne 😁

    • clausmaster dit :

      Non mais je pense que les danois se méfiaient de leurs cousins norvégiens. De plus la marine dano-norvégienne était plus norvégienne que danoise donc je pense que les hommes étaient plus marins que soldats.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s