Scandinavie (9) Norvège (9)

Navires

Cuirassés garde-côtes

En guise d’avant propos

Ilmarinen

Le cuirassé garde-côtes finlandais Illmarinen

Le cuirassé garde-côtes est pour ainsi dire une spécificité scandinave puisqu’on retrouve peu de navires de ce type ailleurs qu’en Norvège, qu’au Danemark, qu’en Suède ou en Finlande, les seuls exemples que j’ai en tête étant ceux de la thaïlande et des Pays-Bas encore que la Koniklijke Marine à basculé durant la Pax Armada vers le croiseur de bataille.

Ces navires étaient de pesants navires bien protégés et relativement bien armés même si on peut se poser des questions sur leur capacité à affronter un cuirassé de conception classique.

Ces pesants blockhaus mobiles vont disparaître après le second conflit mondial essentiellement parce qu’ils étaient irrémédiablement dépassés par les progrès ou parce que politiquement le pays ne pouvait plus en posséder (Finlande).

En septembre 1948, la marine norvégienne possédait quatre cuirassés garde-côtes, deux très anciens et deux plus modernes. Ces navires vont jouer un rôle mineur dans la défense de la Norvège ce qui montrait que déjà ils appartenaient aux musées des antiquités militaires.

Cuirassés garde-côtes classe Eidsvold

Eidsvold

Le cuirassé Eidsvold

La classe Eidsvold est composée de deux navires, les Eidsvold et Norge qui sont connus en Norvège comme des navires blindés (panserskip).

Ces navires ont été construits dans le contexte du divorce suédo-norvégien, la Norvège qui disposait de ses propres forces armées investissant pour se protéger d’une éventuelle action autoritaire de Stockholm. Ils auraient du être suivis de deux unités de classe Bjorgin mais ces navires ont été récupérés par les britanniques, Londres indemnisant Oslo.

-Le HNoMS Eidsvold est mis sur cale aux chantiers navals Armstrong Whitworth de Newcastle en 1899 lancé le 14 juin 1900 et commissioned en 1901.

Le navire est mis en réserve en septembre 1942, sur le point d’être vendu à la démolition mais il est finalement remis en service en septembre 1945 comme navire-école d’artillerie au profit de la marine royale norvégienne. Il sort donc peu en mer et le 5 septembre 1948 se trouvait à Oslo.

Camouflé, il ouvre le feu contre les avions allemands et contre les navires repérés par les batteries côtières défendant l’accès à la capitale norvégienne. Huit obus de 210mm sont tirés mais sans toucher aucune cible.

Cette action attire sur lui l’attention de la Luftwaffe qui lance sur lui une vingtaine de bombardiers bimoteurs Dornier Do-217 qui vont larguer quatre bombes qui provoquent le naufrage du navire dans le fjord. L’épave est relevée après guerre et démantelée.

Norge

Le Norge

-Le HNoMS Norge est mis sur cale aux chantiers navals Armstrong Whitworth de Newcastle lancé en mars 1900 et mis en service le 7 février 1901.

Désarmé en mars 1944 après la mise en service du Peter Tordenskjold, il est mouillé à Narvik où il est sérieusement endommagé le 5 septembre 1948 quand mouillé à l’entrée du port il encaisse une torpille d’un Zerstorer et des obus de 127mm. L’équipage évacue ne laissant que quelques marins qui vont procéder au sabordage.

L’épave est renflouée par les allemands au printemps 1949 et transformé en navire antiaérien lourd (Flak Panzerschip ou navire blindé antiaérien) sous le nom de Gazelle.

Il sert de batterie flottante mobile avec un armement entièrement tourné vers la DAM avec quatre tourelles doubles de 127mm, seize canons de 105mm sous masque, des pièces légères de 20 et de 37mm.

Stationné à Bergen, il est visé par plusieurs attaques de l’aviation embarquée britannique. Le 7 octobre 1953 il est attaqué par des chasseurs-bombardiers Hawker Sea Fury de la Fleet Air Arm (FAA) qui placent quatre bombes de 454kg, six bombes de 227kg et des roquettes qui transforment l’ancien panserskip en annexe de l’enfer. Le navire chavire et coule, l’épave relevée après guerre est démolie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 4200 tonnes

Dimensions : longueur 94.60m largeur 15.70m tirant d’eau 5.40m

Propulsion : machine à vapeur à expansion alimentées en vapeur par des chaudières marchant au charbon dévellopant 4500ch

Performances : vitesse maximale 17.2 nœuds

Protection : ceinture de 152mm tourelles 228.6mm

Armement : deux canons de 210mm en tourelles simples (un à l’avant et un à l’arrière), six canons de 150mm en casemates, huit canons de 76mm, quatre canons de 47mm, deux tubes lance-torpilles sous-marins de 450mm.

En septembre 1948, l’armement se composait de deux canons de 210mm, six canons de 150mm, huit canons de 76mm, huit canons Oerlikon de 20mm, des mitrailleuses de 7.92 et de 12.7mm

Equipage : 270 officiers et marins

Cuirassés garde-côtes classe Harald Haafagre

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Le HMS Glatton ex-Bjorgvin

 

Quand éclate le premier conflit mondial, la Norvège attendait la livraison de deux cuirassés garde-côtes de classe Bjorgvin en construction en Grande-Bretagne.

Ces deux navires baptisés Bjorgvin et Nidaros sont réquisitionnés par la Royal Navy et rebaptisés Glatton et Gorgon mais leur carrière sera très limitée ce qui se pose la question de l’utilité d’une telle réquisition.

La marine norvégienne fût obligée de prolonger la carrière des deux unités de classe Eidsvold mais à la fin des années trente se posa la question de leur remplacer. Il semble que l’acquisition de véritables cuirassés de haute-mer à été étudiée mais abandonnée au profit de la commande de deux nouveaux cuirassés garde-côtes construits comme leurs devanciers en Grande-Bretagne.

Ces navires sont de quasi-copies des Bjorgvin avec naturellement des améliorations liées aux évolutions techniques en près de vingt ans.

Les norvégiens prennent cependant leurs précautions et dans le contrat il est prévu que la Royal Navy ne pouvait réquisitionné le navire.

-Le HNoMS Harald Haafagre est mis sur cale chez Armstrong Whitworth à Newcastle le 8 septembre 1940 lancé le 14 décembre 1941 et mis en service le 8 septembre 1942.

-Le HNoMS Peter Tordenskjold est mis sur cale chez Armstrong Whitworth à Newcastle le 21 janvier 1942 lancé le 14 mars 1943 et mis en service le 2 février 1944.

Ces deux navires sont toujours en service en septembre 1948. Le premier est en position à Bergen et le second à Kristiansand. Le Harald Haafagre à la mer le 5 septembre 1948 est torpillé par un sous-marin, gravement endommagé puis achevé par l’aviation alors qu’il coulait.

Le second est coulé par petits fonds par l’aviation, reposant droit au fond du port. Relevé par les allemands au printemps 1949, il est transformé en navire lourd antiaérien étant rebaptisé Nymphe avec le même armement que le Norge.

Déployé à Oslo, il est endommagé à plusieurs reprises avant d’être sabordé par les allemands au début du mois de décembre 1953. L’épave gênante pour la navigation est renflouée en 1956 et démolie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 5000 tonnes pleine charge 7400 tonnes

Dimensions : longueur 110.60m largeur 17.50m tirant d’eau 6.20m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 15000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 19 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture 180mm tourelles 250mm bloc-passerelle 230mm

Armement : deux canons de 240mm en deux tourelles simples (une avant et une arrière), six canons de 152mm en tourelles simples, six canons de 105mm sous masque, huit canons de 37mm, douze canons de 20mm, deux tubes lance-torpilles sous-marins de 450mm

Equipage : 270 officiers et marins

Croiseurs-éclaireurs classe Oslo

Au début des années quarante, Oslo décide d’augmenter significativement les capacités de sa marine pour faire respecter sa neutralité.

Cela passe par la construction de nouveaux cuirassés garde-côtes comme nous venons de le voir mais aussi de croiseurs-éclaireurs, quatre unités de conception nationale même si une aide étrangère autre que celle du chantier constructeur mais non identifiée à visiblement été apportée sans que l’on sache son origine faute de documents irréfutables.

Ces quatre navires sont destinés à protéger les côtes et la navigation commerciale mais aussi à commander au combat les destroyers et les torpilleurs en leur offrant un appui artillerie à longue portée mais aussi en leur offrant une capacité d’éclairage avec la présence d’un hydravion embarqué.

Comme les chantiers navals norvégiens n’ont pas les capacités pour construire ce type de navire, c’est un chantier naval suédois, le chantier naval Gotäverken sis à Goteborg qui va construire les navires avec une participation importante de l’industrie norvégienne et ce qu’on appelle pas encore à l’époque un transfert de technologies dans le but de permettre au chantier naval de Bergen de construire des navires similaires. L’attaque allemande du 5 septembre 1948 se chargera de remettre ce projet à l’après guerre.

Le navire obtenu est un navire d’environ 6000 tonnes, filant à 30 nœuds, relativement bien protégé avec pour armement principal six canons de 152mm Bofors en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière),huit canons de 105mm antiaériens d’origine allemande (affût simple sous masque), huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples, une DCA légère (canons de 20 et de 37mm) et un hydravion avec sa catapulte.

Sur le plan esthétique ce sont d’élégants navires avec une longue plage avant, une bloc-passerelle ramassé qui est prolongé par un rouf supportant la tourelle II de 152mm alors que la tourelle I est installée à plat pont. La cheminée n°1 inclinée fait corps avec le bloc-passerelle mais laisse suffisamment de place pour installer un mat qui supportera ultérieurement plusieurs radars.

Arado Ar196

Arado Ar196 paré au lancement sur sa catapulte

Entre les deux cheminées on trouve une plate-forme quadruple lance-torpilles, la deuxième se situant entre la cheminée n°2 et le rouf arrière dont le toit supporte le poids de la catapulte hydraulique destiné à mettre en œuvre l’hydravion du bord. En surplomb du rouf arrière on trouve un hangar à hydravion, la tourelle III de 152mm étant installé à plat pont à l’arrière.

-Le HNoMS Oslo est mis sur cale le 8 mars 1942 lancé le 30 septembre 1943 et mis en service le 14 avril 1944.

Le 12 septembre 1948, alors qu’il opérait au large de Bergen, il provoque la détonation d’une mine qui l’éventre à tribord sur 15m. Une voie d’eau massive entraîne un court-circuit et la privation totale de courant électrique. Plutôt que de risquer une attaque aérienne, le commandant ordonne l’évacuation de l’équipage.

Alors qu’elle était en cours, le navire commence à s’incliner sur tribord. La gite s’accélère puis atteignant le point de retour provoque le chavirage du navire qui coule en quelques minutes.

-Le HNoMS Bergen est mis sur cale le 14 juillet 1942 lancé le 4 janvier 1944 et mis en service le 8 juin 1944.

Participant à la campagne de Norvège, le croiseur-éclaireur est endommagé à plusieurs reprises mais parvient à se réfugier en Grande-Bretagne. Intégrant la Norwegian Task Force [Royal Navy], il en devient le navire-amiral.

Il est sérieusement endommagé le 14 mars 1951 suite à une attaque aérienne menée par les allemands alors qu’il couvrait une opération commando contre les îles Lofoten. Deux bombes touchent le navire qui profitant du mauvais temps parvient à rentrer à bon port.

Un temps on envisage de le désarmer mais finalement il est remis en état et retourne au combat début octobre après plus de six mois de réparations. Il est à nouveau endommagé le 8 juin 1952 lors d’une collision avec un transport de commando et le 14 juin 1953 lors d’un duel avec une batterie côtière particulièrement teigneuse près de Narvik.

Après avoir participé à l’opérations BOREALIS en octobre 1953, le croiseur-éclaireur appuie les troupes au sol, le Bergen étant cité à l’ordre du jour de la 27ème DIAlp en date du 4 décembre 1953 pour l’efficacité de son appui.

Après un grand carénage exécuté d’avril 1954 à septembre 1954, le Bergen en mauvais état général est surtout utilisé comme navire-école pour former les officiers de la nouvelle marine norvégienne.

Après une ultime avarie, il est mis en réserve en août 1955 puis définitivement désarmé le 27 septembre 1955. Il est vendu à la démolition le 30 avril 1956 à un chantier danois mais il coule durant son remorquage.

-Le HNoMS Narvik est mis sur cale le 14 mars 1944 lancé le 2 novembre 1945 et mis en service le 8 octobre 1946. Après avoir participé à la campagne de Norvège au cours de laquelle il s’illustre (huit avions ennemis abattus, plusieurs navires légers dont des S-Boot détruits), le croiseur léger se réfugie en Grande-Bretagne.

Il participe à des opérations de protection de convois, d’attaque de la navigation ennemie, d’appui-feu aux troupes au sol notamment les unités commandos.

Le 19 mars 1952 alors qu’il couvrait le repli d’un raid commando dans la région de Narvik, il est coulé par trois torpilles lancées par un U-Boot. Le navire coule en quelques minutes en ne laissant qu’une poignée de survivants.

-Le HNoMS Stavanger est mis sur cale le 8 mai 1944 lancé le 30 mai 1945 et mis en service le 25 février 1946.

Lui aussi survit à la campagne de Norvège, lui aussi participe aux opérations d’escorte de convois, d’attaque de la navigation ennemie, d’appui des troupes au sol. Lui aussi ne verra pas la libération de la Norvège puisqu’il saute sur une mine au large de Tromso le 4 septembre 1953.

Le navire est littéralement coupé en deux. Si l’avant coule en quelques minutes, l’arrière flotte suffisamment longtemps pour permettre aux survivants d’évacuer. Ils sont récupérés par des destroyers anglais et échappe ainsi à la capture.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 6000 tonnes pleine charge 8500 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 142.80m largeur 13.75m tirant d’eau 8.00m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentés en vapeur par quatre chaudières développant 75000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 4900 miles nautiques à 20 nœuds

Protection : ceinture 125mm pont blindé 20mm (30mm au dessus des soutes à munitions) bloc-passerelle 80mm

Armement : trois tourelles doubles de 152mm (deux avant et une arrière), huit canons de 105mm en affûts simples sous masque installés latéralement, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples installées dans l’axe de part et d’autre de la cheminée n°2,  huit canons de 37mm, douze canons de 20mm, douze mitrailleuses de 7.7mm

Aviation : une catapulte et un hydravion Arado Ar196

Equipage : 512 officiers et hommes du rang

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