Scandinavie (6) Norvège (6)

La Norvège sous la botte allemande

Pays stratégiquement positionné, la Norvège va devenir une véritable forteresse pour les allemands qui aménagent de nouveaux aérodromes, des fortins côtiers, des casernes, des milliers d’hommes arrivant en Norvège.

A l’apogée de l’emprise allemande sur le royaume norvégien, 400000 hommes y étaient stationnés même si au moment de l’opération BOREALIS, le nombre était tombé à environ 200000 hommes, des troupes de médiocre qualité, les meilleures unités allemandes ayant rallié le continent.

A cela s’ajoute de nombreux avions ainsi que des unités navales essentiellement des croiseurs, des destroyers mais aussi des sous-marins sans oublier des navires légers de combat et d’escorte.

Josef Terboven

Josef Terboven

Sur le plan politique, la Norvège est dirigée par un haut-commissaire Josef Terboven qui détient la réalité du pouvoir, le gouvernement de Quisling n’étant qu’une mascarade pour faire croire aux norvégiens crédules que le pays disposait toujours d’un gouvernement national.

Cette crédulité ne s’étendait guère au delà des membres du Nasjonal Smaling, le parti de Quisling, la plupart des norvégiens restant attentistes ou soutenant discrètement une autre minorité, la Résistance Norvégienne galvanisée par les discours du roi Haakon VII et de son fils Alexander (futur Olav V) sur la BBC.

Les «HVII» fleurissent en compagnie des «V» de la victoire sur les murs des villes norvégiennes, la résistance reprenant la devise du roi «Alte fur Norge» (tout pour la Norvège).

Cette résistance est appuyée par le SOE britannique et le BCRA français qui fournissent instructeurs et armements pour des résistants norvégiens qui pour certains étaient d’anciens soldats qui n’avaient pu ou n’avaient voulu se replier mais qui étaient aussi des civils refusant la fatalité et l’oppression.

Si les opérations de sabotage sont les plus spectaculaires, l’action majeure de la Résistance Norvégienne concerne le renseignement notamment les mouvements des navires de la Kriegsmarine qu’il s’agisse de sous-marins, de destroyers, de croiseurs voir de quelques unités de ligne déployées en mer du Nord.

Vidkun Quisling

Vidkun Quisling

La répression est féroce, répression menée par les différentes polices allemandes et leurs supplétifs norvégiens que les anglais vont baptiser du nom de Quisling du nom du leader collaborationniste norvégien, un terme péjoratif guère plus aimable que «traitre»

Depuis 1905, la peine de mort avait été abolie en Norvège pour les crimes civils. Seuls quelques crimes de nature militaire étaient encore punissable de mort.

Dès le moi de mai 1950, le gouvernement norvégien annonce que les différents responsables de l’occupation et de la répression seront jugés par un tribunal avec la mort comme peine maximale.

Parallèlement des commissions d’épuration seront mises en place pour vérifier le comportement des fonctionnaires norvégiens durant l’occupation allemande, cette commission pouvant sanctionner ou renvoyer devant un tribunal.

L’opération BOREALIS et la libération de la Norvège (15 octobre 1953-12 mars 1954)

Les leçons de la campagne de Norvège sont rapidement tirées tout comme l’idée qu’un débarquement amphibie en Norvège et au Danemark avait plus d’inconvénients que d’avantages.

Voilà pourquoi les alliés n’envisagent de débarquer en Norvège qu’au printemps 1952, préparant une opération qui doit voir l’engagement de six divisions d’infanterie et d’une division blindée américaine, d’une division française, d’une division britannique et de brigades de l’armée norvégienne libre.

Pourquoi un tel revirement ? Difficile de répondre de manière claire et définitive. Il semble qu’il y ait un mélange de raisons politiques et militaires.

L’opération BOREALIS prévoit le débarquement à l’automne 1953 ou au printemps 1954 de divisions alliées pour bloquer en Norvège et au Danemark des unités pouvant être redéployées en Allemagne pour défendre le Vaterland. On veut également éviter que les soviétiques ne passent par le nord de la Finlande pour s’emparer du nord du royaume d’Haakon VII et ainsi s’aménager un balcon sur la mer du Nord.

Initialement il était prévu de débarquer uniquement en Norvège puis de passer au Danemark mais finalement décision est prise de prendre pied à Narvik, Namsos, Bergen, Trondheim et au Jutland pour créer de puissantes têtes de pont, des abcès de fixation qui pourraient également voir l’engagement de divisions venues du continent si par exemple le front continental était bloqué.

Les américains vont engager cinq divisions d’infanterie (3ème, 8ème, 10ème, 26ème et 31ème, la 10ème étant une division de montagne), une division blindée (la 6ème) et deux bataillons de Rangers (1er et 6ème).

7ème BCA

Insigne du 7ème BCA. Cinq ans après les alpins du 7ème Bataillon de Chasseurs Alpins sont de retour en Norvège

Les français vont déployer une division mais pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) aux côtés de commandos et d’éléments blindés. Les britanniques vont engager une division aéroportée, la 6th Airborne.

Les norvégiens vont mettre sur pied quatre brigades d’infanterie motorisées qui doivent servir d’élément précurseur pour les forces alliées. Le gouvernement norvégien aurait préféré obtenir une zone spécifique mais les alliés n’ont pas voulu probablement pour des raisons politiques.

A Narvik, la 1ère brigade légère norvégienne (1. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 3ème division d’infanterie américaine et d’un groupement blindé fournit par la 6ème division blindée américaine.

A Namsos, la 2ème brigade légère norvégienne (2. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 27ème DIAlp française.

A Bergen (3. Norske Lysbrigader), la 3ème brigade légère norvégienne doit débarquer en compagnie du gros de la 6ème division blindée américaine et de la 8ème division d’infanterie.

A Trondheim (4. Norske Lysbrigader), la 4ème brigade légère norvégienne doit débarquer en compagnie de la 26ème division d’infanterie et de la 10ème division de montagne.

Au Jutland, une brigade mobile danoise la 1. Danske Brigade formée d’exilés danois va débarquer en compagnie de la 31ème division d’infanterie américaine.

La 6ème division aéroportée britannique est conservée en réserve pour être mise en œuvre soit depuis l’avion comme elle en à l’habitude ou depuis des navires.

Le jour J de l’opération BOREALIS est prévu pour le 11 octobre 1953. Les préliminaires commencent dès le mois de septembre avec une intense campagne de renseignement par voie aérienne navale et électronique.

La résistance norvégienne abreuve les SR alliés de renseignement sur les batteries côtières, les aérodromes, les axes de communication, les mouvements de troupes, les noms des chefs.

Des actions de sabotage menées par la Résistance Norvégienne en liaison avec le SOE et le BCRA mais aussi des commandos alliés préparent le terrain.

L’aviation mènent également des bombardements sur les cibles militaires importantes, les navires alliés traquant la navigation allemande bombardant régulièrement les batteries côtières et des positions clés de la défense allemande.

L’état-major allemand se doute qu’une opération majeure se prépare mais se perd en conjecture pour savoir si il est prévu un débarquement amphibie, une opération aéroportée ou même une diversion.

Malheureusement pour les troupes allemandes, le haut-commandement ne croit pas passé l’été à un débarquement amphibie en dépit du fait que l’automne 1953 est exceptionnellement clément ce qui aurait du leur mettre la puce à l’oreille.

L’appui des troupes est assurée par une puissante flotte anglo-américano-franco-norvégienne mais aussi par des escadres aériennes décollant depuis les îles britanniques sans oublier les porte-avions.

Sans qu’il y ait de division stricte et étanche, les porte-avions furent davantage chargés de l’appui-feu des troupes débarquées pendant que les avions basés à terre menaient surtout des opérations d’interdiction.

A partir du 1er octobre, les bombardements s’intensifient et à partir du 9, les croiseurs et les cuirassés alliés pilonnent les batteries côtières. Il y à quelques dégâts collatéraux mais fort peu au final grâce à l’action de la résistance norvégienne qui prévenue des zones frappées mettaient le plus possible d’habitants à l’abri, jouant au jeu du chat et de la souris avec les forces de sécurité allemandes et leurs supplétifs norvégiens.

Les troupes allemandes sont mises en état d’alerte à partir du 10 octobre à 22h00 et sont fins prêtes à accueillir les alliés.

En dépit de cette mise en alerte, les débarquements se passent bien. Cela s’explique par les sabotages menés par la résistance norvégienne et par les actions de diversion menées par les commandos alliés, une grande opération commando alliée nom de code VIKING contre des cibles stratégiques à Oslo détournant l’attention des allemands et facilitant la phase délicate du débarquement.

Cela se passe très bien à Bergen et au Jutland, bien à Namsos mais à Trondheim et à Narvik les débarquements manquent de tourner à la catastrophe. Il faudra l’engagement précoce de la 6th Airborne transportée par des croiseurs de la Home Fleet pour provoquer l’effondrement de la défense allemande.

Dès le 14 octobre 1953 la situation à clairement tourné en faveur des alliés. Les combats sont cependant longs et usant moins à cause de la résistance allemande que des problèmes logistiques ainsi qu’un mauvais temps ce qui fait dire à un général de division américain qu’à trois jours près on aurait tué plus d’hommes par la tempête que par les balles allemandes.

Le 21 février 1954 la Norvège est entièrement libérée par la capitulation à la frontière suédoise des dernières troupes allemandes en état de se battre, certains soldats se faisant interner en Suède pour échapper à la captivité.

49000 soldats allemands sont faits prisonniers. Ils sont internés dans des camps provisoires mais très vite des transports sont aménagés en bateaux prisons amarrés à proximité des côtes, le gouvernement norvégien refusant officiellement pour des raisons de sécurité d’accueillir les prisonniers. Les navires en question ne tardent d’ailleurs pas à rallier les ports allemands quand ceux-ci sont sécurisés et déminés.

Les quatre brigades multirôles norvégiennes sont déployés à Narvik, à Oslo, à Bergen et à Trondheim pour maintenir l’ordre en liaison avec les troupes alliées.

Le roi Haakon VII et son fils le prince Alexander (futur Olaf V) rentrent au printemps 1954 presque six ans après leur départ en exil. Le futur Olaf V nommé lieutenant général du royaume arrivé à Oslo le 7 mars 1954 pour préparer l’arrivée d’Haakon VII le 18 avril dans une ambiance délirante.

L’Après guerre

Dès la libération du pays, les membres du Nasjonal Samling sont arrêtés (certains se suicident ou sont lynchés même si les cas d’exécutions extra-judiciaires sont rares) et internés pour attendre le jugement.

Depuis 1905, la peine de mort avait été abolie en Norvège pour les crimes civils. Seuls quelques crimes de nature militaire étaient encore punissable de mort.

Dès le moi de mai 1950, le gouvernement norvégien annonce que les différents responsables de l’occupation et de la répression seront jugés par un tribunal avec la mort comme peine maximale.

Parallèlement des commissions d’épuration seront mises en place pour vérifier le comportement des fonctionnaires norvégiens durant l’occupation allemande, cette commission pouvant sanctionner ou renvoyer devant un tribunal.

La Norvège étant une démocratie parlementaire, un cadre juridique précis doit être mis sur pied pour que la répression ne tourne pas à la boucherie.

Les membres survivants de l’assemblée en place en septembre 1948 se réunissent en convention pour voter une loi-cadre pour la répression des menées anti-nationales durant le second conflit mondial.

9500 collaborateurs arrêtés au printemps 1954 sont emprisonnés ou internés. La majorité sera sanctionnée de manière modérée via des commissions d’épuration qui imposeront des amendes ou des peines d’indignité nationale. Certains cas finalement plus complexes seront transmis à la justice pour un procès en bonne et due forme.

Le procès le plus attendu est celui de Vidkun Quisling et des membres de son gouvernement. Dix-sept accusés sont jugés à Oslo du 17 mai au 8 juillet 1955. Douze d’entre-eux sont condamnés à mort et fusillés à la citadelle d’Akershus, les autres étant condamnés à de lourdes peines de prison.

Sur le plan politique, les premières élections législatives ont lieu le 7 octobre 1954. Sur les 153 sièges à pourvoir, le parti travailliste récupère soixante-dix sièges contre trente-deux pour les libéraux et trente pour les conservateurs, le reliquat (19 sièges) allant aux agrariens (9), aux libéraux de gauche _dissidents du parti libéral_ (7) et aux communistes (2).

La Norvège abandonne la neutralité au profit d’une alliance politico-militaire des nations occidentales contre l’URSS et ses alliés. Oslo refuse cependant le stationnement de troupes étrangères.

L’armée norvégienne est nettement modernisée avec trois divisions territoriales engerbant des brigades multirôles disposant de moyens blindés-mécanisés non négligeables. Une armée de l’air indépendante est mise sur pied tandis que de la marine est modernisée avec une orientation marquée vers la lutte anti-sous-marine et la guerre des mines.

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