22-Armée de terre : armement et matériel (4)

NdA Suite à un compliment de Schmit Pit qui m’à fait remarqué que j’avais oublié de poster une partie sur l’armement de l’infanterie française je profite de cette « semaine blanche » pour poster cette partie.

Fusils

Préambule

Quand éclate le premier conflit mondial, le fusil standard du poilu est le Lebel modèle 1886 modifié 1893, un fusil tirant la cartouche de 8mm. Le Lebel qualifié par sa longueur de «canne à pèche» devait être rechargé cartouche par cartouche dans un magasin tubulaire alors que le soldat allemand dispose du fusil Mauser qui peut recevoir d’un seul coup cinq cartouches soit une puissance de feu inférieure.

Des solutions de fortune sont étudiées et mise en pratique avec un système Mannlicher permettant de recharger d’un seul coup trois cartouches mais cette solution était naturellement transitoire ce que reconnaît le général Pétain dès 1917.

Cette même année, le fusil semi-automatique modèle 1917 est mis en service mais les espoirs prometteurs sont vite déçus par des problèmes de munition, la cartouche 8mm à bourellet étant inadaptée au tir automatique et semi-automatique, le Chauchat en étant la triste illustration.

FM CSRG 15 Chauchat-VD-WEB2

Le fusil mitrailleur Chauchat

Quand le premier conflit mondial s’achève, l’armée française se retrouve avec trois millions de fusils sur les bras, un stock gigantesque fournit en l’espace de quatre ans. En dépit du fait que ces armes soit démodées, il est impensable de s’en séparer d’un trait de plume.

Ce stock est hétéroclite avec pour point commun la cartouche de 8mm dont des stocks énormes là encore ont été hérités du premier conflit mondial. Avant même de mettre au point un nouveau fusil, il faut songer à mettre point une nouvelle cartouche qui devra elle être parfaitement adapté au tir automatique.

En 1926, l’état-major cesse de passer commande de fusils, estimant le stock suffisant pour le temps, la production pouvant reprendre au moment de la mobilisation qui est une mobilisation aussi bien militaire qu’industrielle. Les opérations de police coloniale avec leur lot de pertes et d’usure firent tomber le stock à 2 383 000 armes sans compter les armes cédées à l’armée de l’air lors de sa création en 1934.

En 1924, apparaît la cartouche de 7.5mm inspirée de la 7.92mm Mauser. On se dit alors que ce n’est qu’une question que de quelques années avant qu’un nouveau fusil ne soit mis en service dans l’armée de terre.

FM 1924-29

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Ce fût tout le contraire. Cette cartouche lors des essais du fusil-mitrailleur Chatellerault modèle 1924 connu un certain nombre d’incidents de tir et une trop grande ressemblance avec la cartouche de 7.92mm pouvait provoquer des problèmes en cas d’utilisation d’un stock de prise.

Une nouvelle cartouche moins ressemblante avec un culot plus petit va être mise au point, la cartouche de 7.5mm modèle 1929C. Parallèlement, les recherches se poursuivent pour mettre au point un fusil moderne pendant qu’on convertit un certain nombre de fusils en 8mm en 7.5mm, une opération limitée à un petit nombre d’exemplaires, l’opération s’étant révélée coûteuse et peu efficiente.

On s’oriente donc vers la mise au point d’un nouveau fusil semi-automatique tandis qu’on continue d’étudier un fusil automatique, un concours international étant d’ailleurs organisé en 1930, se terminant par la victoire d’un fusil français mais sans suite concrète immédiate.

La priorité est en effet donnée au fusil semi-automatique dont l’étude est officiellement lancée par la dépêche ministérielle du 7 février 1931, un fusil qui en réalité en gestation chez les manufactures d’armes (MAS, MAT, MAC) depuis plusieurs années, s’appelant successivement modèle 1929, modèle 1932 et enfin modèle 1933. C’est l’acte de naissance du MAS modèle 1936, nom officiel du fusil SE 35 (Saint-Etienne modèle 1935).

Adopté officiellement le 17 mars 1936, le MAS 36 n’est pourtant produit qu’à partir du 31 mars 1938 suite à d’innombrables tracasseries administratives et de problèmes financiers. Voilà pourquoi seulement 63000 MAS 36 étaient en service en septembre 1939, le nombre augmentant rapidement avec la montée en puissance de l’industrie française, 430000 exemplaires étant produit jusqu’à la démobilisation.

Parallèlement, le fusil automatique en gestation depuis près d’une décennie aboutit enfin le 28 mars 1940 quand est adopté le fusil automatique MAS 40 qui est en réalité semi-automatique qui permet aux bons tireurs auxquels il est distribué de tirer jusqu’à vingt-cinq coups par minute à l’aide de chargeurs de cinq cartouches, un chargeur de dix et même le chargeur de vingt-cinq cartouches du FM modèle 1924/29 étant également expérimenté.

Cette arme remarquable va être mise en production en septembre 1940 et les premières armes mises en service début 1941, les dragons et les chasseurs portés étant servis en priorité avant que suive l’infanterie notamment les régiments d’infanterie des Divisions d’Infanterie Motorisée (DIM).

En juin 1941, le général Villeneuve décide de standardiser le calibre de l’armement individuel des unités de l’armée de terre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le Lebel voyait ses stocks réservés à l’Empire où l’emploi d’un calibre moins performant que le 7.5mm n’était pas un handicap majeur.

Sept ans plus tard, toutes les unités de métropole vont disposer d’armes en 7.5mm qu’il s’agisse du MAS 36, du MAS 40 voir pour certaines unités le rarissime MAS 44, version du précédent avec un chargeur de 25 cartouches et un bipied, une réponse au FG-42 allemand.

Quand à l’Empire, le 8mm faisait de la résistance en AOF, AEF ou aux Antilles mais les colonies «menacées» en Afrique du Nord et en Indochine disposaient toutes de fusils en calibre 7.5mm, quasi-exclusivement des MAS 36.

Aussi, en septembre 1948, à la différence du premier conflit mondial voir de la guerre de Pologne, le fantassin français rentrera en guerre avec un armement individuel qui n’aura rien à envier avec celui du camp d’en face.

Armes anciennes en voie de retrait

Quand éclate la guerre de Pologne, on trouve encore des antiquités militaires au sein de l’armée française comme des fusils Gras modèle 1866 modifié 1874 ou modèle 1874 en calibre 11mm ou encore le fusil Gras modèle 1874 modifié 1914 en calibre 8mm.

Les Lebel modèle 1886/93 et modèle 1886/93 R35 sont encore largement utilisés en métropole dans les unités autres que l’infanterie même si en 1945/46, ces armes avaient été relégués dans l’Empire qui en 1948 avait largement entamé son réarmement avec des armes calibre 7.5mm, la priorité ayant été donnée à la Tunisie et à l’Indochine.

On trouve également des mousquetons calibre 8mm, les modèle 1890, 1892 et 1892 M16 encore utilisés en 1939/40 par la cavalerie de réserve, l’artillerie et le génie. Ces armes avaient été largement remplacées avant le début du second conflit mondial soit par des fusils MAS 36 ou des pistolets-mitrailleurs qui vont peu à peu remplacer le mousqueton comme arme de défense rapprochée.

Les fusils automatiques modèle 1917 et modèle 1918 ont été transformés en fusil à répétition manuelle mais leur utilisation au cours de la guerre de Pologne à été anecdotique. Il n’est pas impossible que quelques uns de ces fusils aient été encore disponibles dans certains dépôts mais ils n’ont pas été distribués à la troupe lors de la mobilisation.

Quelques fusils Lebel ont été transformés au calibre 7.5mm. Baptisés Lebel M.27, ces fusils sont peu nombreux (entre 500 et 1000) car le coût et les difficultés d’une telle transformation rendait peu profitable ce projet (Calibre : 7.5mm Longueur 1.10m Poids 4.025kg Portée pratique : 300m Chargeur : 5 cartouches).

Fusil modèle 1907/15 et 1907/15 M16

fusil de 8 mm modèle 07-15

Ces fusils sont les plus répandus à la mobilisation de septembre 1939. Issus du mousqueton modèle 1892, disposant d’un magasin type Mannlicher de cinq cartouches, il est tellement peu maniable qu’il reçoit le surnom de «canne à pêche».

En métropole, il est peu à peu remplacé par le MAS-36 en 7.5mm et rélégué dans les unités de l’Empire où le calibre 8mm était tout à fait valable. En septembre 1948, cette arme était en voie de disparition dans les rangs de l’armée française y compris dans l’Empire.

Caractéristiques techniques du fusil modèle 1907/15

Calibre : 8mm Longueur 1.306m Longueur du canon 800mm Poids (à vide) 3.81kg (chargé) 4.195kg Portée pratique : 300m (maximale théorique 2400m) Cadence de tir : 8 à 10 coups/minute Chargeur : 5 cartouches

Fusil Berthier modèle 1907/15 M.34

fusil de 7,5 mm modèle 07-15 M34

40000 fusils Berthier ont été modifiés en calibre 7.5mm modèle 1929 avec un magasin Mauser à cinq coups. Environ 4000 sont d’un modèle adapté aux besoins de la cavalerie : barrette de crosse, levier d’armement coudé et embouchoir type mousqueton pour permettre l’utilisation du sabre-baïonnette modèle 1892.

Ce fusil à équipé des régiments d’infanterie de forteresse et des régiments de ligne notamment des régiments de mobilisation. Il est resté en service globalement jusqu’au début 1946 quand le MAS 36 le remplace définitivement, les fusils encore en état étant stockés au cas où ou envoyés dans l’Empire.

Caractéristiques Techniques du fusil Berthier modèle 1907/15 M.34

Calubre : 7.5mm (cartouche modèle 1929C) Longueur : 1008mm longueur du canon 580mm Poids à vide 3.7kg Portée maximale théorique : 1200m Cadence de tir pratique : 10 coups/minute Capacité du magasin : 5 cartouches

Fusil MAS (Manufacture d’Armes de Saint Etienne) modèle 1936

MAS 36

MAS 36

L’armée de terre sort victorieuse du premier conflit mondial avec un gigantesque stock d’armes en calibre 8mm. En ces temps de paix, de pacifisme et de crise économique, rien ne presse pour changer d’arme et de calibre en dépit des défauts de la munition Lebel.

Outre sa surpuissance, la forme de sa cartouche la rend inadaptée à son utilisation par des armes automatiques comme l’avait démontré le calamiteux Chauchat.

L’étude d’une nouvelle cartouche est lancée, la cartouche 7.5×58 avec comme première arme utilisatrice, le fusil-mitrailleur modèle 1924. Suite à plusieurs incidents de tir, la cartouche est modifiée et raccourcie devenant le 7.5×54 modèle 1929C, le fusil-mitrailleur devenant le modèle 1924 modifié 1929.

Parallèlement, les différentes manufactures d’armes étudient différents prototypes de fusils, d’abord en 7.5×58 puis en 7.5×54 ce qui rallonge les délais de dévellopement d’autant qu’on envisage de rechambrer les armes existantes avec la nouvelle cartouche. Ce n’est donc qu’en 1928 que les premiers fusils sont testés par la troupe.

Il faut attendre 1932 pour que les derniers tests soient réalisés avec la cartouche 7.5×54 avant adoption définitive. Plusieurs prototypes sont testés par la troupe de 1933 à 1935 avant que le 17 mars 1936, le fusil de la Manufacture d’Armes de Saint Etienne soit adopté sous le nom de fusil de 7.5mm modèle 1936 plus connu sous le nom de MAS 36.

Les débuts de la fabrication sont très lents et en septembre 1939, seulement 63000 exemplaires ont été livrés aux unités de combat, chiffre qui passe à 430000 à la fin du mois de juin 1940. La production se poursuit pour ré-équiper la majeure partie des unités de combat avec son lot de variante.

On trouve ainsi le MAS 36/39, une version courte, l’équivalent d’un mousqueton destiné à équiper la cavalerie et l’artillerie ou encore le MAS 36 CR à crosse repliable destiné à l’infanterie de l’air.

La production du MAS 36 continua jusqu’en juin 1948 et atteignant le chiffre plus que respectable de 4.5 millions de fusils produits dont une grande partie est stockée pour la mobilisation des unités de réserve.

Quand éclate le second conflit mondial, le MAS-36 est encore en service, le MAS-40 et le MAS-44 étant réservés en priorité aux chasseurs et aux dragons portés des DC et des DLM même si certaines des meilleurs divisions d’infanterie l’ont également reçu notamment la 1ère DIM et la 1ère DINA.

Caractéristiques Techniques du fusil à répétition modèle 1936

Calibre : 7.5mm Longueur : 1020mm (1290mm avec baïonnette) longueur du canon : 575mm Poids à vide 3.720kg (3.890kg avec baïonnette) Poids chargé 3.850kg (4.020kg avec la baïonnette) Magasin : 5 cartouches Portée pratique 200m Portée utile maxi 400m

Caractéristiques Techniques du fusil à répétition MAS 36 CR 39

Calibre : 7.5mm Cartouche : modèle 1929C Longueur (déplié) 883mm (crosse repliée) 625mm Longueur du canon : 450mm Capacité du magasin : 5 cartouches Poids à vide : 3.720kg Cadence de tir pratique : 10 coups/minute Portée maximale : 1200m

Fusil MAS (Manufacture d’Armes de Saint Etienne) modèle 1940

MAS 40

MAS 40

Le fusil MAS 36 était une arme moderne, fiable et facile à produire mais c’était encore une arme à répétition manuelle, en somme un lointain descendant du Lebel. Or plusieurs pays étaient déjà passés au fusil semi-automatique et la France de regretter de ne pas avoir su (ou pu ?) poursuivre dans la voie du fusil automatique, voie défrichée par les FA modèle 1917 et modèle 1918.

Après avoir mis au point le MAS 36, la Manufacture d’Armes de Saint Etienne reçoit l’ordre de mettre au point un fusil semi-automatique appelé MAS modèle 1940.

Ce fusil moderne dont les caractéristiques n’ont rien à envier au Garand américain ou au Tokarev soviétique est mis en expérimentation à partir du printemps 1940 au sein de la 1ère Division d’Infanterie Motorisée (QG : Lille avec le 1er RI à Cambrai, le 43ème RI à Lille et le 110ème RI à Dunkerque).

Les essais intensifs menés au cours de nombreux exercices et de nombreuses manœuvres montre que l’arme est prometteuse même si certains problèmes se font jour, certains mécanismes sont fragiles et l’échauffement apparaît vite.

Les défauts sont vite corrigés et la production est lancée en décembre 1940, la priorité étant d’équiper les dragons portés des Divisions Légères Mécaniques (D.L.M) et les chasseurs portés des Divisions Cuirassés de Réserve (DCr), le combat mécanisé justifiant pleinement un fusil-semi-automatique pouvant délivrer une grande puissance de feu rapidement (25 coups/minute).

Le MAS-40 est développé avec trois type de chargeurs, un chargeur de cinq cartouches, un chargeur de dix cartouches et un chargeur de vingt-cinq cartouches, identiques à celui du FM modèle 1924/29.

Le chargeur de dix cartouches est choisit, celui de cinq étant jugé trop petit et celui de vingt-cinq est jugé trop gros, donnant une arme trop lourde et trop encombrante.

Comme le MAS-36, des variantes sont mises au point comme le MAS-40CR pour l’infanterie de l’air, le MAS-40 LG équipé pour le tir de grenades à fusil et le MAS-40 TP pour le tir de précision.

Cette arme produite à 10000 exemplaires par mois est disponible à un nombre conséquent en septembre 1948 avec près d’un million d’exemplaires disponible au moment de la mobilisation, une grande partie stockée en réserve alors qu’un MAS-44 est déjà en production avec un imposant chargeur de 25 cartouches et un bipied.

Caractéristiques du fusil semi-automatique modèle 1940

Calibre :7.5mm Cartouche : modèle 1929C Longueur : 1065mm Longueur du canon : 580mm Capacité du magasin : 5 cartouches Poids à vide : 3.940kg Poids chargé : 4.52kg Cadence de tir pratique : 20 à 25 coups/minute Portée : 1200m

Fusil MAS-44

Alors que la production du MAS-40 battait son plein, l’apparition en Allemagne du FG-42 interpella la France par sa modernité. Son chargeur de 25 cartouches sortit des limbes un MAS-40 équipé d’un chargeur d’une taille équivalente.

Les essais de ce fusil montrèrent un poids plus important que le MAS 40 mais finalement acceptable et en juin 1944, décision fût prise de commander un nombre limité de ces fusils pour équiper notamment les deux groupes d’infanterie de l’air qui reçurent courant 1945, ces fusils disposant d’un chargeur de vingt-cinq cartouches et d’un bipied.

D’autres armes furent produites en version lance-grenade et fusil de précision pour équiper l’infanterie de l’air et quelques unités de premier plan. Néanmoins en septembre 1948, l’immense majorité voir la quasi totalité des régiments d’infanterie d’active sont équipés de MAS-36 ou de MAS-40.

Caractéristiques du fusil semi-automatique modèle 1944

Calibre :7.5mm Cartouche : modèle 1929C Longueur : 1098mm Longueur du canon : 590mm Capacité du chargeur : 25 cartouches Poids à vide : 3.940kg Poids chargé : 4.990kg Cadence de tir pratique : 20 à 40 coups/minute Portée (maximale): 1200m (pratique) 300m

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s