Benelux (65) Belgique (26)

L’Aéronautique Militaire et le second conflit mondial

Mobilisation et préparation au combat

Quand le second conflit mondial éclate, l’Aéronautique Militaire Belge s’est certes modernisée mais tout n’est pas rose pour autant.

Bréguet Br700

Bréguet Br700C2

En ce qui concerne la chasse, seuls les Bréguet Br700C2 bimoteurs et les Supermarine Spitfire Mk V sont vraiment modernes, les Hawker Hurricane et les Morane-Saulnier MS-410 sont usés et dépassés.

Quand au seul chasseur belge en service, le Renard R-36M (M pour modifié et non pour marine (sic)) ses performances sont incertaines. De nouveaux chasseurs étant en cours de commande vis à vis de la France (Arsenal VG-39) mais aucun n’appareil n’à encore été livré quand les allemands attaquent le 10 mai 1949.

Arsenal VG-36 et Arsenal VG-39

Comparaison en l’Arsenal VG-36 (haut) et l’Arsenal VG-39 (bas)

En ce qui concerne le bombardement, la situation est nettement meilleure puisque les bombardiers en service n’ont rien à envier à leurs homologues allemands qu’il s’agisse du Lioré et Olivier Léo 451 ou du Douglas DB-7.

Lioré et Olivier Léo 451

Lioré et Olivier LéO 451 de l’armée de l’air

L’attaque est assurée par un mélange d’avions italiens (Caproni Ca.313), belges (Renard R-40 un dérivé du R-36) et français avec les bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-430. Si l’appareil italien est en voie de déclassement, l’appareil belge et l’appareil français sont plutôt modernes.

Pour ce qui est de la reconnaissance, de l’observation et de la coopération, la flotte est assez récente. Si les R-31 sont clairement en voie de péremption, les Bréguet Br694 et les Dewoitine D-720 n’ont rien à envier à leurs homologues allemands.

La flotte aérienne belge à cependant un point faible : elle manque d’appareils de réserve, les seuls avions stockés étant des avions dépassés. De plus on manque de terrains ce qui engendre une concentration d’appareils, il n’y à pas de radars et la DCA pourrait être améliorée.

Heinkel He-111 3

Heinkel He-111

Durant la phase de mobilisation (5 septembre-25 octobre 1948), les unités de chasse multiplient les patrouilles pour sanctuariser le ciel belge. Quelques incidents opposent la chasse belge à des avions allemands mais aussi alliés. Un Heinkel He-111 est abattu le 15 septembre 1948 près de Liège et un autre appareil s’écrase en Belgique suite à un manque de carburant.

Cette réaction musclée de la chasse belge rend les allemands plus prudents mais ne les dissuade pas de survoler le territoire belge pour des missions de reconnaissance ou de mouillage de mines.

Les alliés sont parfois interceptés mais à notre connaissance il n’y à pas eu d’avions britanniques ou français abattus. Il semble que les alliés jouaient avec la neutralité belge selon le principe de «pas vu pas pris» et qu’en cas d’interception, ils avaient ordre de ne pas provoquer les chasseurs belges.

C’est la guerre !

Après plusieurs mois de léthargie, de «drôle de guerre», le front occidental s’embrase à l’aube le 10 mai 1949.

Tout comme en Scandinavie huit mois plus tôt, la Luftwaffe lance des frappes aériennes massives contre les aérodromes néerlandais, belges et français pour espérer neutraliser au sol (ce qui est plus simple qu’en vol of course) la puissance aérienne alliée et ainsi pouvoir se concentrer sur l’appui-feu des troupes au sol.

Le grand nombre de cibles, le trop faible nombre d’appareils, le mauvais temps et des problèmes de coordination rend impossible cet objectif qui semblait de toute façon chimérique.

L’Aéronautique Militaire Belge va subir des pertes sensibles au sol mais moins graves que craintes (et espérées par les allemands).

Cela s’explique par les facteurs cités plus haut mais aussi par des mesures préventives prises par les belges en dispersant leurs avions, en améliorant le camouflage et en ordonnant le décollage du plus grand nombre d’avions possible à l’aube, les belges ayant été informés que l’attaque allemande aurait lieu entre le 8 et le 11 mai 1949.

Après la capitulation belge, un bilan précis pourra être réalisé et nous permet à nous historiens de connaître de manière fiable les pertes de l’AMB lors de ses frappes menées par des bombardiers horizontaux mais aussi des chasseurs-bombardiers qui une fois leur bombe larguée pouvaient assurer des missions de chasse libre.

Sur les trente-deux Morane-Saulnier MS-410 livrés à la Belgique par la France, vingt-huit sont disponibles le 10 mai et quatre en maintenance. Sur les vingt-huit appareils capable de combattre, neuf sont détruits au sol et irrécupérables et trois endommagés à un tel point que leur maintenance est rapidement abandonnée, les épaves étant cannibalisés pour permettre d’augmenter la durée de vie de leurs congénères.

Morane-Saulnier MS-406 45

Morane-Saulnier MS-406

Les quatre appareils en maintenance sont remis en service ce qui maintient la flotte à vingt appareils mais pour peu de temps car le même jour, quatre MS-410 interceptent des Dornier Do-217 bombardant Liège. Un bombardier allemand est abattu, un autre endommagé s’écrase sur le chemin du retour pour le prix de deux chasseurs abattus. Au soir du 10 mai il ne reste donc plus que dix-huit Morane-Saulnier MS-410 de disponibles.

Ces chasseurs sont clairement dépassés et il était prévu de les remplacer par des Arsenal VG-39 mais aucun appareil n’avait pu être livré à temps. Les pilotes belges volant sur ce descendant de MS-406 vont donc tenter de compenser l’obsolescence de leur machine par des tactiques différentes et surtout une agressivité supérieure à celle qu’aurait peut être nécessité un chasseur moderne.

Quand la Belgique capitule, il ne reste plus quatre MS-410 de disponible dans les rangs de l’AMB, appareils qui s’étaient réfugiés en France sur l’aérodrome de Caen-Carpiquet. Ils sont retirés du service et stockés en attendant quoi faire.

L’ennemi se chargera de le faire. Dans le cadre de l’opération HEBERTUS lancée le 17 octobre, l’aérodrome de Caen-Carpiquet est bombardé par la Luftwaffe et le hangar où les appareils belges étaient stockés incendié. Les poutrelles tordues et les épaves des chasseurs belges sont envoyés à la ferraille sans autre forme de procès.

Hawker Hurricane Mk IV KZ-321 3

Hawker Hurricane Mk IV en vol de nos jours

Sur les trente-deux Hawker Hurricane Mk IV disponibles le 5 septembre 1948, il n’en reste plus que vingt-quatre en mai 1949, deux ayant été réformés pour usure, deux autres perdus dans une collision en vol (les deux pilotes ont réussi miraculeusement à sauter en parachute) et quatre autres perdus dans un incendie suspect.

Le jour de l’attaque allemande, vingt chasseurs sont disponibles et quatre en maintenance. Le sort des quatre appareils en maintenance est immédiatement réglé puisque le hangar où ils étaient stockés près de Liège est détruit par un bombardement aérien. A cela s’ajoute la perte de huit autres appareils au sol.

En quelques minutes, la flotte de Hurricane portant la cocarde noire-jaune-rouge est tombée à douze appareils.

Ces appareils vont s’attaquer aux bombardiers allemands en tentant de protéger également les bombardiers belges particulièrement actifs lors des premières heures de l’offensive.

Cet activisme se paye au prix de pertes sévères et quand la Belgique capitule il ne reste plus que six Hawker Hurricane de disponibles, appareils qui sont regroupés non pas à Caen-Carpiquet mais en Angleterre où ils vont opérer au sein de la RAF pour la défense locale.

Supermarine Spitfire MkVB

Supermarine Spitfire MkV

La flotte de trente-deux de Supermarine Spitfire Mk V à été amputée de quatre appareils entre septembre 1948 et mai 1949. La flotte tombe donc à vingt-huit chasseurs qui perdent encore dix unités au sol sous les coups des bombardiers allemands.

Les dix-huit chasseurs restant vont disputer à l’aviation allemande la maîtrise du ciel belge. Ce duel va durer jusqu’au 15 mai 1949 environ. A partir de cette date, la Luftwaffe à clairement la maîtrise du ciel, les aviations alliées étant clairement en infériorité et ne pouvant sérieusement contester la domination allemande.

Au moment de la capitulation belge, l’AMB ne dispose plus que de huit chasseurs qui sont employés depuis la Grande-Bretagne.

Les seize Renard R-36M _seul chasseur belge en service en mai 1949_ subissent de lourdes pertes au sol puisque la moitié est perdue le 10 mai au matin. Les huit chasseurs survivants parviennent à décoller pour combattre, subissant encore une fois des pertes sensibles. Aucun appareil n’à survécu à la campagne de Belgique.

Enfin l’Aéronautique Militaire Belge dispose de seize chasseurs bimoteurs Bréguet Br700C2, un chasseur biplace issu de la prolifique famille initiée par le Bréguet Br690.

Ces chasseurs sont destinés principalement à l’interception des bombardiers, à l’escorte des bombardiers amis voir à la chasse de nuit même si en mai 1949 l’aviation belge n’à pas d’unité spécifique dédiée à la chasse nocturne.

Le 10 mai 1949, deux appareils sont perdus au sol laissant quatorze appareils de disponible pour tenter d’intercepter les bombardiers allemands avec plus ou moins de succès. Certains vont opérer comme chasseurs-bombardiers.

A la capitulation belge, il restera six appareils repliés à Caen-Carpiquet et qui contrairement aux MS-410 seront toujours là au moment de la reconstitution de l’aviation militaire belge.

Quand la Belgique sort provisoirement du conflit il ne reste plus que vingt-quatre chasseurs (quatre MS-410, six Hurricane, huit Spitfire et six Bréguet Br700C2) sur un total de 128 chasseurs disponibles en septembre 1948.

En ce qui concerne le bombardement, l’AMB dispose de quarante-huit Lioré et Olivier Léo 451 et de seize Douglas DB-7. Du moins en septembre 1948 puisqu’en mai 1949 il ne reste plus que quarante-quatre Léo 451 et quatorze Douglas DB-7.

Le 10 mai 1949, une partie de la flotte de bombardement est détruite au sol en l’occurrence douze Léo 451 (définitivement détruits ou tellement endommagés que leur réparation est peu probable) et quatre Douglas DB-7 faisant tomber la flotte à trente-deux et dix appareils respectivement.

Douglas DB-7 Armée de l'Air 2

Douglas DB-7 

Des Lioré et Olivier Léo 451 en vol à l’aube le 10 mai 1949 attaquent sans ordre des colonnes allemandes, semant une sacré pagaille. Attaquant à moyenne altitude et à grande vitesse ils surprennent la chasse allemande qui ne peut intervenir.

Très vite la chasse allemande va se ressaisir rendant l’action des Léo 451 nettement moins efficace et nettement plus coûteuse. Résultat à la fin de la campagne de Belgique, il ne reste plus que douze bombardiers de ce type, bombardiers rassemblés à Caen-Carpiquet comme pour une grande partie de l’aviation belge qui va combattre en exil.

Les Douglas DB-7 qui opéraient à plus basse altitude souffrent nettement plus et quand la Belgique capitule, sur les dix appareils encore disponible au soir du 10 mai 1949, il n’en reste plus que deux qui se réfugient d’abord au Havre puis à Caen-Carpiquet.

Le 4ème régiment de l’Aéronautique Militaire qui assure les missions d’attaque et dispose pour cela de 32 Caproni Ca-313, 16 Renard R-40A _un appareil issu du R-36M_ et 16 bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-430 soit un total de soixante-quatre appareils.

En dépit de sa dispersion c’est le régiment qui subit les plus lourdes pertes sous les coups des bombes, des roquettes et des mitraillages de la Luftwaffe. Sur les soixante-quatre appareils en ligne en septembre 1948 il restait vingt-huit Ca-313, douze R-40A et douze LN-430.

Caproni Ca.313 12

Caproni Ca.313

Une fois la fumée dissipée, le bilan est effroyable puisqu’il ne reste plus que dix Ca-313, huit R-40A et six LN-430 soit seulement vingt-quatre appareils sur cinquante-deux disponibles à l’aube du 10 mai.

Les autres appareils vont faire ce qu’ils peuvent pour ralentir la progression des troupes allemandes et appuyer les troupes au sol. Attaquant à basse altitude, pas toujours soutenu par la chasse, les avions d’attaque belges subissent des pertes abominables.

Lors de la capitulation des troupes belges le 27 juin 1949, il ne restait en service que quatre Ca-313, quatre Renard R-40 et deux Loire-Nieuport LN-430 soit un total de quatorze appareils qui rallient la Normandie et l’aérodrome de Caen-Carpiquet.

Les 5ème et 6ème régiments étaient chargés de la reconnaissance, de l’observation et de la coopération avec les troupes au sol. Le premier disposait de trente-deux Bréguet Br694 de reconnaissance tactique associé à seize Renard R-31B et seize Renard R-40B qui étaient eux davantage chargés de l’observation pour la conduite de tir de l’artillerie et pour la coopération avec les troupes au sol.

Le second régiment dispose de trente-deux Renard R-40B et trente-deux Dewoitine D-720, des appareils surtout destinés à l’observation et à la coopération.

Après les frappes allemandes menées à l’aube, l’Aéronautique Militaire belge possède encore vingt Bréguet Br694 (sur les trente disponibles), dix Renard R-31B (sur les quinze disponibles), douze Renard R-32B (sur les seize disponibles), vingt-quatre Renard R-40B (sur les trente disponibles) et vingt Dewoitine D-720 (sur les trente disponibles à l’aube).

Ces appareils vont tenter d’effectuer leurs missions de reconnaissance même si il était très difficile d’opérer dans un ciel dominé par les chasseurs allemands. De plus les informations recueillies n’étaient pas forcément bien exploitées.

Certains de ces avions vont être reconvertis en avions d’assaut avec des bombes légères très efficaces contre le personnel à découvert et les véhicules légers moins contre les chars allemands.

Au 27 juin 1949, les 5ème et 6ème régiments ne regroupent plus que huit bimoteurs Bréguet Br694, deux Renard R-31B, vingt R-40B et neuf Dewoitine D-720 soit un total de trente-neufs appareils.

Quand la Belgique capitule, l’AMB est réduite à vingt-quatre chasseurs (quatre Morane-Saulnier MS-410, six Hawker Hurricane Mk IV, huit Supermarine Spitfire Mk V et six Bréguet Br700C2), quatorze bombardiers (douze Lioré et Olivier Léo 451 et deux Douglas DB-7), dix avions d’attaque (quatre Caproni Ca.313, quatre Renard R-40 et deux Loire-Nieuport LN-430) et trente-neufs avions de reconnaissance et de coopération (huit Bréguet Br694, deux Renard R-31B, vingt R-40B et neuf Dewoitine D-720) soit un total de quatre-vingt sept avions sur quatre cents soit à peine un quart du parc.

Fort heureusement pour l’aviation militaire belge, les pertes en pilotes sont plus faibles ce qui permet d’envisager la reconstitution d’une aviation militaire pour soutenir les troupes au sol.

Renaissance

C’est le 27 février 1950 qu’est recrée l’Aéronautique Militaire Belge Libre (AMBL) sur l’aérodrome de Caen-Carpiquet. Cette cérémonie est symbolique car la reconstitution pratique à lieu sur l’aérodrome de Montoir de Bretagne soit à l’abri des bombardements allemands.

L’AMBL est une petite escadre mixte avec deux squadrons de chasse, un squadron de chasse lourde, un squadron de chasse-bombardement, un squadron de bombardement, un squadron de reconnaissance et un squadron de transport soit un total de sept squadrons et 140 appareils.

Ces squadrons reçoivent d’abord une désignation purement belge puis ultérieurement une désignation dite Commonwealth avec des numéros dans la série des 400.

Arsenal VG-39 2

Arsenal VG-39

C’est ainsi que les deux squadrons de chasse initialement désignés Escadron/Squadron de chasse n°1 et n°3 sont connus à partir du 8 septembre 1951 sous la désignation de N°448 et N°450 Squadron (Belgium), ces deux squadrons volant sur Arsenal VG-39.

L’Escadron/Squadron de Chasse n°5 devient le même jour le N°452 Squadron (Belgium), volant sur Bréguet Br700C2 en attendant la version francisée du De Havilland Hornet, le Farman Frelon.

De Havilland DH.103 Hornet 6

De Havilland Hornet

L’Escadron/Squadron de Chasse n°7 est connu à partir du 8 septembre 1951 comme le N°454 Squadron (Belgium) avec pour équipement des Arsenal VG-40.

L’Escadron/Squadron de Bombardement n°2 est aussi connu à partir de ce jour comme le N°449 Squadron (Belgium) avec pour équipement des Lioré et Olivier Léo 458ter, évolution du Léo 458.

 

 

L’Escadron/Squadron de Reconnaissance n°4 est bientôt connu la désignation de N°451 Squadron (Belgium) avec pour équipement des Bloch MB-176bis alors que l’Escadron/Squadron de Transport n°6 connu également sous la désignation de N°453 Squadron (Belgium) vole sur Douglas C-47 Dakota.

A cette escadre va s’ajouter une unité d’entrainement belge, une unité récupérant quelques appareils ayant survécu à la capitulation belge notamment deux Bréguet Br694, deux Renard R-31B, deux Dewoitine D-720 et deux Hawker Hurricane.

La petite escadre belge va opérer en soutien de l’ABL assurant l’éclairage, la couverture aérienne et l’appui-feu des troupes au sol. Il n’y eut pas d’innovations tactiques majeures de la part des belges, l’AMBL se contentant d’appliquer les tactiques et les stratégies imaginées par les français, les britanniques et les américains.

Les premiers aérodromes se situaient au sud de la Seine mais très vite les échelons roulants des unités belges (qui avaient adopté le modèle français à savoir de faire de l’escadron une entité autonome disposant de ses avions mais aussi de son échelon de maintenance et d’un élément de protection sol et sol-air) ont franchit la Seine, opérant depuis la Normandie, la Picardie puis les Flandres.

Une fois le territoire belge libéré, les unités belges se sont installées dans le nord de l’Allemagne pour y opérer jusqu’à la fin conflit contre des unités allemandes certes battues mais qui vendaient chèrement leur peau pour défendre le Vaterland.

North American F-6D Mustang 2

North American P-51 Mustang

L’équipement évolue avec le remplacement des Arsenal VG-39 par de nouveaux Arsenal VG-40 qui aurait pu devenir le chasseur belge standard de l’après guerre si Bruxelles n’avait pas choisit le P-51 Mustang. Le Farman Frelon reste en service jusqu’à la fin du conflit et peu après la fin de cette guerre.

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North American B-25 Mitchell

Les Lioré et Olivier Léo 458ter sont remplacés par des North American B-25 Mitchell qui vont rester en service jusqu’au début des années soixante. Les Bloch MB-176bis sont remplacés par des De Havilland Mosquito alors que les Dakota restent en service.

L’unité belge d’entrainement (Belgian Training Unit) utilise jusqu’à l’usure les appareils ex-belges avant d’être remplacés par des avions plus modernes en l’occurrence des North American T-6 Texan et des Dewoitine D-720.

Des avions sous cocarde belge volent également sous les tropiques à savoir au Congo Belge mais aussi en Afrique de l’Est lors des combats contre l’AOI, l’Afrique Orientale Italienne.

Le SAFP dispose de moyens réduits quand éclate le second conflit mondial en l’occurence une escadrille de chasse volant sur Brewster Buffalo (douze appareils), une escadrille d’observation disposant de huit Renard R-31 et une escadrille de bombardement volant sur Fairey Battle.

Ces vingt-huit appareils sont clairement déclassés mais pour la police coloniale et assurer la souveraineté belge sur l’ancien Etat Indépendant du Congo (EIC) cela est amplement suffisant.

Quand Bruxelles ou plutôt Caen décide d’engager la Force Publique dans les combats contre l’Italie, il faut clairement renforcer les moyens du SAFP.

SAFP késako ? SAFP pour Service Aéronautique de la Force Publique. Les Brewster Buffalo encore disponibles sont remplacés par des Hawker Hurricane, les Renard R-31 qui souffrent du climat tropical sont remplacés par des Dewoitine D-720B tandis que les Fairey Battle sont remplacés par des Douglas DB-7. Quelques Douglas C-47 sont également acquis.

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Fairey Battle

Le SAFP va opérer en Afrique orientale dans sa totalité, ne laissant qu’un détachement au Congo Belge pour assurer sa mission de police coloniale. C’est ainsi que les jeunes pilotes qui étaient formés opéraient d’abord sur de vieux Fairey Battle ou Renard R-31 avant de rallier une unité opérationnelle au combat ce qui parait-il leur donnait un apétit féroce tant leur frustration était grande.

En raison de la faiblesse de l’aviation militaire italienne dans la région, les alliés n’ont aucun mal à acquérir une supériorité totale ce qui permet aux Hurricane d’opérer comme Hurribomber ou les D-720 comme de véritables bombardiers aux côtés des Douglas DB-7. On verra même des C-47 larguer des bombes à sous-munitions depuis la porte latérale de l’appareil contre les troupes au sol !

A la fin du conflit la SAFP rentre au Congo mais avec seulement une partie de ses appareils (Hurricane et DB-7). Elle va rester opérationnelle avec de vénérables appareils jusqu’à l’indépendance du Congo et la livraison par l’ancienne puissance coloniale de quelques avions de seconde main notamment quelques P-51 de chasse.

Quand la seconde guerre mondiale se termine, se pose la question de l’avenir de l’Aéronautique Militaire Belge. Suivant l’exemple du voisin néerlandais, la Belgique décide de rendre indépendante son «armée de l’air» sous le nom de Belgian Luchtmacht (force aérienne belge).

Elle voit officiellement le jour le 7 mars 1955 et organisée non plus en régiments mais en squadrons et en wings.

Grâce à l’aide française et américaine, les belges peuvent mettre sur pied trois escadres tactiques ou Tactical Wings, les 1st et 2nd Tactical Wing (Belgium) sur le territoire national et le 3rd Tactical Wing (Belgium) dans le Hanovre pour soutenir les unités terrestres belges qui y sont déployées.

Ces wings étaient des wings polyvalents avec des unités de chasse, d’attaque, de bombardement, de reconnaissance et de transport.

Comme ces unités étaient lourdes à mettre en œuvre, les wings sont réorganisés en 1962 avec uniquement des unités de chasse et d’attaque, la reconnaissance et le transport formant respectivement les 4th et 5th Tactical Wing (Belgium), des unités stationnées en Belgique et qui déployaient des moyens dans le Hanovre.

A la même époque, les avions à moteur à piston sont remplacés (sauf pour le transport) par des avions à réaction. Cette organisation va rester peu ou prou la même jusqu’en 1995 quand suite au retrait belge du Hanovre, l’armée de l’air belge est totalement réorganisée devenant la composante aérienne des Forces Armées Belges.

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