Benelux (64) Belgique (25)

AERONAUTIQUE MILITAIRE

 

Historique

Premières années

Comme dans tous les pays européens, la Belgique s’intéressa très tôt à l’aviation mais la première guerre mondiale empêcha le passage de l’ère artisanale à l’ère industrielle ou a minima proto-industrielle.

En mars 1918, une première entité aéronautique militaire fût mise sur pied, le Groupe de Chasse composée de trois escadrilles qui avaient vu le jour quelques années auparavant. Ils étaient équipés de Hanriot-Dupont HD-1.

Hanriot HD-1 Aviation Militaire Belge 2

Hanriot HD-1 

Durant le premier conflit mondial, l’armée belge fût dépendante des pays alliés pour la fourniture d’appareils, Paris et Londres ayant tendance à céder aux belges les appareils dont ils ne voulaient pas ou plus.

Pas étonnant que le premier conflit mondial terminé, la Belgique souhaita mettre sur pied une industrie aéronautique nationale pour éviter d’être dépendante des autres pays.

Plusieurs entreprises furent mises sur pied que ce soit Renard Constructions Aéronautiques, la Société Anonyme Belge de Construction Aéronautique (SABCA) ou encore la Société Générale d’Aéronautique (SEGA). Ces différentes compagnies proposèrent souvent des modèles nationaux mais se heurtèrent au manque de confiance des autorités militaires et politiques qui préférèrent l’acquisition d’avions étrangers.

Après la libération du territoire national, de nombreux avions allemands furent récupérés tout comme des aérodromes. En mars 1920, l’Aviation Militaire Belge devient l’Aéronautique Militaire et disperse ses moyens sur différents aérodromes.

C’est ainsi que la chasse s’installe à Nivelles dans le Brabant Wallon et à Schaffen dans le Brabant flamands, le bombardement à Bierset près de Liège, la reconnaissance à Evere près de Bruxelles et un groupe de coopération à Goetsenhaven près de Tirlemont.

En ce qui concerne l’équipement aéronautique il était hétéroclite avec un mélange d’avions français et britanniques fournis durant le premier conflit mondial ainsi que des avions allemands récupérés en Belgique ou cédés au titre des réparations de guerre.

En 1917, soixante-dix Hanriot HD-1 ont été livrés. Ils auraient du être complétés par des HD-2 mais l’armistice annula la commande douze appareils. Comme souvent à l’époque, les appareils une fois retiré des unités de première ligne vont servir pour l’entrainement. Ils vont être complétés par des SPAD XIII et des Sopwith Camel.

Sopwith Camel 9

Sopwith Camel

En 1918, la Belgique reçoit trente Bréguet 14A2 de bombardement, appareils qui sont complétés une fois le conflit terminé par douze à quinze exemplaires selon des sources contradictoires. Ces appareils sont retirés des unités de première ligne dès 1923, terminant leur carrière par des missions secondaires comme l’écolage et la liaison.

Pour les missions d’observation, la Belgique utilise des biplaces SPAD S.XIA2, une variante biplace du SPAD S.VII, deux escadrilles sont présentes à Bochum pour aider les troupes belges occupant l’Allemagne.

Enfin pour l’entrainement, sont utilisés des Sopwith 1 ½ Strutter et des Caudron G-3, ce dernier appareil pourtant mis au point avant le premier conflit mondial va être utilisé jusqu’en 1927 soit une éternité pour un appareil à l’époque.

En ce qui concerne les avions allemands récupérés, les aviateurs belges vont utiliser le Fokker VII (soixante-quinze exemplaires dont trente déployés en Allemagne) même si dès 1922 des chasseurs furent reversés à l’écolage. On trouve également des bombardiers Gotha IX, des Rumper C.IV, des LVG C.VI et des Halberstadt CL.V.

L’époque est peu propice aux investissements, l’aéronautique militaire doit donc faire durer ses appareils.

Airco DH.4 53

En 1919, un détachement de la RAF arrive en Belgique avec six Airco DH.4. Cinq de ces appareils sont rachetés par le gouvernement belge après la dissolution de l’unité par la Grande-Bretagne. Ces appareils vont servir avec deux Bristol F2b à des vols au profit de la famille royale et des autorités.

Ces deux appareils immatriculés A et E (en référence à Albert 1er et à son épouse Elizabeth) plaisent tellement aux belges trente et un appareils sont commandés suivis de quarante produits sous licence par la SABCA.

Autre appareil majeur de l’Aéronautique Militaire, le DH.4 livré à cinquante-cinq exemplaires même si à l’époque des livraisons l’appareil était clairement dépassé. Il est complété par des DH.9 dont 103 exemplaires ont été fournis à la Belgique.

A noter pour l’anecdote (ou pas) qu’en 1928, un DH.9 resta en vol pendant trois jours en étant ravitaillé en vol toutes les huit heures par un autre DH.9.

Les DH.9 rejoignent les écoles dans la deuxième moitié des années vingt où ils vont être accompagnés par une cinquantaine d’Avro 504 acquis auprès des anglais auxquels il faut ajouter vingt-huit appareils produits sous licence par la SABCA.

L’Aéronautique Militaire utilise également d’autres appareils d’entrainement en l’occurrence le Morane-Saulnier MS-35 (fabriqué sous licence par la SABCA) et le SAML italien même si ce dernier est vite retiré du service en raison de nombreux accidents.

Comme on peut le voir le parc est particulièrement hétérogène avec de nombreux modèles d’appareils qui pour ne rien arranger ne sont pas de première jeunesse.

Les autorités militaires belges vont tenter de standardiser leur parc et surtout d’accroître le nombre d’unités, l’objectif étant de créer une brigade aéronautique composée d’un groupement de chasse, d’un groupement de bombardement et d’un groupement d’observation.

Pour l’observation, les autorités belges décident d’acquérir l’Ansaldo A300-3, un triplace de reconnaissance. Cet appareil acquis à 74 exemplaires dont 44 sous licence n’est pas apprécié par les pilotes qui se plaignent de sa stabilité désastreuse et au manque certain de fiabilité ce qui lui vaut le surnom délicat de «cercueil volant».

En ce qui concerne la chasse, un concours est organisé pour choisir un nouveau appareil et ainsi remplacer les Hanriot-Dupont HD.1, les SPAD S-XIII, les Sopwith Camel et les Fokker soit un quatuor d’antiquités volantes.

Escaneada 'Aviones Españoles desde 1910', de Jaime Velarde Silió

Les candidats sont le Morane Al, le Martynside F.4 Balbuzz ard, le Sopwith 7F.1 Snipe, l’Ansaldo Ballila et le Nieuport NiD-29 C1. C’est ce dernier qui est choisit, le gouvernement belge commandant 108 exemplaires dont 88 construits sous licence par la SABCA, ces derniers arrivant en 1924, deux ans après l’arrivée des premiers chasseurs venus de France (1922).

Cet appareil se révélant fragile (les pilotes n’osent pas effectuer des figures de voltige !), de nouveaux appareils sont testés à partir de 1925 comme un monoplan parasol (Dewoitine D-9) et un biplan (Avia BH-21). C’est ce dernier qui est choisit en raison de sa grande manœuvrabilité.

L’Avia BH-21 est commandé à 44 exemplaires début 1926, cinq étant produits par la SEGA et trente-neuf par la SABCA. Ils entrent en service en 1927 et en 1928 au sein des escadrilles de chasse basées à Schaffen et à Nivelles respectivement. Ils ne remplacent que partiellement les NiD-29 qui ne sont retirés qu’en 1931. Ai-je besoin de préciser qu’à l’époque le chasseur français était totalement obsolète……. .

Bréguet 19 2

Bréguet 19

En ce qui concerne la reconnaissance et le bombardement, l’aéronautique militaire belge montre un intérêt certain pour le Bréguet 19, le successeur du Bréguet 14. 152 appareils vont être produits sous licence par la SABCA en version reconnaissance (A2) et bombardement (B-2).

Ces appareils vont également être utilisés pour l’exploration du Congo belge ce qui montre à la fois compétence des pilotes et la fiabilité de l’appareil qui restera en service jusqu’à la fin des années trente, servant pour la liaison.

Des appareils de conception et de fabrication belge sont également construits comme le RSV (Renard Stampe et Vertongen) 32/90 d’entrainement mais aussi le RSV 22/180 et le RSV 26/180, le premier nombre désignant l’envergure de l’appareil alors que le second désigne la puissance du moteur.

A la fin des années vingt se pose déjà le remplacement des Avia BH-21 qui comme de nombreux avions à l’époque ont été rapidement déclassés. Sont testés l’Avia BH.33 et le Nieuport Delage NiD-72 C1 avant qu’on se rende compte que les avions sont déjà obsolètes !

Un nouveau concours est lancé avec de nombreux candidats que ce soit les monoplans parasols Morane-Saulnier MS-222 et Dewoitine D-27, le Bristol Bulldog II britannique, l’Avia BH-33E (version totalement redessinée de l’appareil évoqué plus haut) et le Renard Epervier, un chasseur de conception nationale.

Finalement l’appareil choisit est un appareil qui ne s’est pas présenté au concours en l’occurence le Fairey Firefly IIM qui avait été vu en Angleterre par le commandant de l’Aéronautique militaire le général Gilleaux qui décide d’adopter l’uniforme couleur gris ardoise de la RAF.

L’appareil conçu par un ingénieur belge Marcel Lobelle va être produit à Gosselies près de Charleroi par la Société Anonyme des Avions Fairey, l’assocation de Fairey et de la SEGA. Une première commande de 45 appareils dont 20 construit à Gosselies est suivies par d’autres commandes qui porte le total à 87 appareils.

La mise en service de cet appareil impose la refonte totale du parcours de formation. C’est ainsi qu’en 1933 une école de perfectionnement est créée. Le jeune pilote fraîchement breveté doit effectué un stage sous la supervision d’un moniteur avant d’être versé dans une escadrille opérationnelle.

Fairey Fox 3

Fairey Fox

A la même époque, pour remplacer le Bréguet 19 ainsi que le duo DH.4 et DH.9, l’Aéronautique Militaire choisit le Fairey Fox II un élégant biplan biplace monomoteur lui aussi conçu par Marcel Lobelle. 12 appareils sont produits en Grande-Bretagne avant que la production se poursuive à Gosselie, 31 appareils étant mis en service.

Pour l’anecdote (ou pas) (bis), l’aviation militaire belge s’initie au bombardement de nuit en convertissant en bombardier trois Fokker acquis auprès de la SABENA, la compagnie aéronautique nationale.

Dans les années trente, l’Aéronautique Militaire est de nouveau confrontée à l’obsolescence de son parc. Pire encore lors des grandes manœuvres militaires de septembre 1937, un tiers de son parc est indisponible ce qui fait désordre.

Il faut donc d’urgence renouveler le parc aérien mais c’est politiquement délicat puisque depuis 1936 la Belgique est revenue à la neutralité en vigueur avant 1914 et surtout les politiciens belges sont tétanisés à l’idée de «provoquer» le grand voisin allemand comme si Adolf Hitler avait besoin de cela.

Ce retour à une politique neutraliste et défensive est clairement une mauvaise nouvelle pour l’aviation militaire belge qui peine à acquérir de nouveaux appareils.

Non seulement les constructeurs aériens nationaux ne sont pas en mesure de fournir les appareils modernes nécessaires mais en plus des pays comme la France et la Grande-Bretagne en plein réarmement n’ont aucunement l’envie d’aider la Belgique à renforcer ses moyens militaires.

Il y aurait bien les Etats-Unis mais ces derniers sont isolationnistes et les franco-britanniques sont prioritaires dans les livraisons d’avions.

On se contente d’améliorer a minima les avions en service ce qui est aussi utile que de mettre une emplâtre sur une jambe de bois.

Quelques appareils nationaux sont mis en service mais il faudra attendre la Pax Armada pour les autorités militaires belges cessent d’avoir ce comportement schizophrénique en encourageant la création d’avions nationaux mais en ne leur faisant pas confiance en les commandant en série.

En attendant l’urgence prime et les autorités militaires vont commander des appareils en Angleterre ce qui est classique et en Italie ce qu’il est moins.

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Fairey Battle

Les britanniques vont fournir à leurs voisins belges des bombardiers monomoteurs monoplans Fairey Battle ainsi que des chasseurs biplans Gloster Gladiator en dépit du fait que la guerre d’Espagne à montré qu’un biplan même ultra maniable ne faisait plus le poids face à un monoplan moderne. Cette leçon est tout de même retenue puisqu’après avoir acquis le Gladiator, la Belgique choisit de commander des Hawker Hurricane et de le produire sous licence.

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Gloster Gladiator

Les italiens vont fournir des chasseurs biplans Fiat CR-42 mais aussi des bombardiers Caproni Ca.313. Il y eu également des projets d’appareils belgo-italien mais aucun ne dépassa le stade du projet ou du prototype que ce soit le SABCA S.45 (version améliorée produite sous licence du bombardiers Caproni Ca.135) ou le Caproni Ca-335, un chasseur monomoteur.

Brewster F2A-3 Buffalo 16

Brewster Buffalo

Les belges vont également se tourner vers les Etats-Unis. Ne pouvant commander des Curtiss H-75 très demandés par les français, ils se tournent vers une version terrestre d’un chasseur embarqué, le Brewster Buffalo. C’est aussi des Etats-Unis que viennent seize bombardiers bimoteurs Douglas DB-7.

Toutes ces commandes ne sont pas encore concrétisées quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939. Fort heureusement la Belgique va rester en dehors du conflit et va disposer de presque dix ans pour réorganiser et rééquiper ses forces aériennes avec des avions étrangers et quelques avions belges.

L’Aéronautique Militaire dans la Pax Armada

Au printemps 1940, l’Aéronautique Militaire est organisé en trois régiments spécialisés (un régiment d’observation et de coopération à six groupes, un régiment de chasse à trois groupes de trois escadrilles de chasse et un régiment de trois groupes de trois escadrilles de bombardement et de reconnaissance) et deux groupes d’aérostiers.

Entre le printemps 1940 et le printemps 1949, l’Aéronautique Militaire va réorganiser ses unités et va les rééquiper avec des avions modernes, des avions essentiellement étrangers mais quelques appareils belges vont se glisser après avoir vaincu le scepticisme des autorités militaires belges.

Le 1er régiment destiné à l’observation et à la coopération comprend six groupes, les quatre premiers équipés de Fairey Fox et les deux derniers volant sur Renard R.31.

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Fiat CR-42 Falco

Le 2ème régiment destiné à la chasse dispose d’un groupe mixte volant sur Gloster Gladiator et Hawker Hurricane, d’un groupe volant sur Fiat CR-42 et d’un troisième volant sur Fairey Fox.

Le 3ème régiment consacré au bombardement et à la reconnaissance dispose d’un groupe volant sur Fairey Fox, d’un groupe volant sur Fairey Battle et d’un troisième groupe disposant de Fairey Battle et de Fairey Fox.

L’Aéronautique Militaire Belge est totalement réorganisée à l’automne 1940. Les moyens sont accrus avec de nouvelles unités. C’est ainsi qu’en septembre 1948 au moment de la mobilisation, l’AMB va disposer de deux régiments de chasse, un régiment de bombardement, un régiment d’attaque, un régiment de reconnaissance et un régiment d’observation et de coopération.

L’équipement est nettement plus moderne qu’en septembre 1939. L’entrainement à été grandement amélioré et quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, les aviateurs belges dans leur élégant uniforme gris ardoise sont confiants.

En ce qui concerne les huit groupes de chasse on trouve au sein du 1er régiment un groupe volant sur Morane-Saulnier MS-410 soit seize appareils en ligne, deux groupes volant sur Hawker Hurricane soit trente-deux appareils en ligne et un groupe de Renard R-36M soit seize appareils en ligne.

Le 2ème régiment consacré à la chasse dispose d’un groupe volant sur Morane-Saulnier MS-410 (seize appareils en ligne), deux groupes volant sur Supermarine Spitfire et un groupe volant sur chasseurs bimoteurs Bréguet Br700C2.

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Lioré et Olivier Léo 451

Le 3ème régiment destiné au bombardement comprend trois groupes de seize Lioré et Olivier Léo 451 et un groupe de seize Douglas DB-7.

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Caproni Ca.313

Le 4ème régiment destiné à l’attaque comprend quatre groupes, deux groupes volant sur Caproni Ca.313, un groupe de Renard R-40A et un groupe de Loire-Nieuport LN-430.

Le 5ème régiment destiné à la reconnaissance comprend deux groupes de seize Bréguet Br694, un groupe de seize Renard R-31B et un groupe de seize Renard R-40B

Le 6ème régiment destiné à l’observation et à la coopération dispose de deux groupes de Renard R-40B et deux groupes de Dewoitine D-720.

Dewoitine D-720

Dewoitine D-720

Au 5 septembre 1948, l’Aéronautique Militaire Belge dispose de 128 chasseurs (trente-deux Morane-Saulnier MS-410, trente-deux Supermarine Spitfire, trente-deux Hawker Hurricane, seize Renard R-36M et seize Bréguet Br700C2), 64 bombardiers (trente-deux Lioré et Olivier Léo 451 et seize Douglas DB-7), 64 avions d’attaque (trente-deux Caproni Ca-313, seize Renard R-40A et seize Loire-Nieuport LN-430) et 128 avions de reconnaissance, d’observation et de coopération (trente-deux Bréguet Br694, seize Renard R-31B, quarante-huit Renard R-40B et trente-deux Dewoitine D-720) soit un total de 400 avions de combat, un chiffre qui est loin d’être négligeable.

A cela il faut ajouter les avions d’entrainement dont certains seront engagés au combat au moment où l’AMB fait feu de tout bois. Il n’y à pas d’unités de transport spécifique mais la Sabena peut fournir des moyens en cas de besoin.

Des avions sont également présents au Congo belge au sein du Service Aéronautique de la Force Publique (SAFP) en petit nombre en l’absence de menace majeure sur la colonie. On trouve une escadrille de douze Brewster Buffalo de chasse, une escadrille de huit Renard R-31 de reconnaissance et une escadrille de huit Fairey Battle de bombardement. Ces moyens seront renforcés a minima au moment de l’opération GIDEON.

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