Benelux (61) Belgique (22)

Chars

En guise d’avant-propos ces quelques lignes

Apparu au printemps 1916, le char de combat ou le tank semble pouvoir permettre aux alliés d’aboutir à l’objectif recherché depuis 1915 : la percée du front allemand puis son exploitation et la fin de cette boucherie innommable.


Dans les faits ce sera beaucoup plus complexe puisque la guerre de mouvement ne reprendra qu’à l’initiative des allemands qu’au printemps 1918 puis après l’échec de ces offensives de la dernière chance par les alliés avec l’offensive des 100 jours à laquelle participe la petite armée belge.

Le char joue un rôle clé mais dans le soutien d’infanterie. C’est le début d’une querelle pas encore tranchée quand éclate la guerre de Pologne. Quel rôle pour le char ? Doit-il être indépendant ou doit-il être subordonné à l’infanterie ?

La plupart des grands pays choisissent de ne pas choisir en confiant au char d’infanterie le rôle de soutien le fantassin et au «char de cavalerie» la mission de percer et d’exploiter.

Comme nous le verrons durant le second conflit mondial, ce ne sera pas aussi simple au point que la France réorganisera totalement ces unités moto-mécaniques avec des groupements de percée puis des groupements d’exploitation, imitant dans le savoir les soviétiques et leur art opératif (dont on peut faire remonter les prémices à l’offensive des 100 jours sous patronage français).

Revenons à la Belgique. Au moment où éclate la guerre de Pologne, la force blindée belge est des plus limitées avec des véhicules légers souvent mal protégés et peu armés. Rien de comparable avec les DLM et les Panzerdivisionen mais les belges n’avaient pas les moyens de créer de telles unités.

De toute façon l’attitude défensive de la Belgique limitait le besoin de chars pour soutenir l’infanterie, combattre l’infanterie adverse au canon et à la mitrailleuse mais l’affrontement avec les chars ennemis n’était pas à l’ordre du jour.

Durant la Pax Armada, la situation n’évolue qu’à la marge. Certes les deux divisions de cavalerie reçoivent des chars plus modernes mais le rêve d’une division à base de chars devra attendre la constitution de l’Armée Belge Libre qui disposera d’une division blindée, la 1ère Division Cuirassée Belge bien vite comme la Division Piron du nom de son commandant, le général de division Piron.

T-15

T-15

Le roi Léopold III en compagnie du général Denis ministre de la Défense. Ils passent devant un T-15

Comme toutes les armées du monde, la Belgique à reçut après le premier conflit mondial des Renault FT (et non FT-17 comme on le lit trop souvent) en profitant du prestige de l’armée française (alors la plus puissante du monde) et surtout des immenses surplus, le «char de la victoire» ayant été produit à près de 3500 exemplaires en version mitrailleur (mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914) et en version canon (canon de 37mm Puteaux SA-18).

Renault FT mitrailleur 10

Renault FT

54 exemplaires ont servit dans l’armée belge jusqu’en 1934, certains étant rétrocédés à la Gendarmerie qui les utilisa jusqu’en 1938, date à laquelle ils sont envoyés à la ferraille.

Seulement voilà ce véhicule qui fixa les canons du char moderne (conducteur à l’avant, moteur à l’arrière, tourelle au milieu) fût rapidement déclassé et au début des années trente il fallut le remplacer surtout qu’à l’époque la Belgique n’était pas revenu à la neutralité en vigueur de 1839 à 1914.

Le Char Léger de Reconnaissance Vickers-Carden-Loyd Mod.1934 T.15 également connu sous le nom de Vickers T-15 light tank ou plus simplement T-15 était un char léger de l’armée belge de conception et de fabrication britannique.

Plus précisément le châssis était fabriqué en Grande-Bretagne par Vickers-Armstrong en s’inspirant de son Light Tank Mk III mais l’armement était mis en place en Belgique par la Fonderie Royale de Canons (FRC).

Mis en service en 1935, il était toujours en service en mai 1949 mais ne jouait plus qu’un rôle secondaire, plus proche d’un véhicule d’instruction que celui d’un char opérationnel.

Seulement quarante-deux exemplaires furent produits. Une première commande de dix-huit exemplaires fût passée le 10 mars 1934 (livrés les 15 et 22 février), première commande suivie d’une deuxième le 16 avril 1935 (livraison entre le 15 novembre et le 28 décembre 1935).

Devant les retards dans les livraions des AMC-35, l’armée belge envisagea de commander quatre-vingt trois Vickers Carden-Lloyd Light Tank mod. 1937, une évolution du T-15 avec une tourelle plus large disposant d’un canon de 40 ou de 47mm mais l’intention de commande ne fût pas suivie d’exécutions.

En septembre 1939, quatre compagnies de neuf T-15 étaient en service, une dans chaque division de chasseurs ardennais et une dans chaque division de cavalerie.

En mai 1949, ces compagnies ont reçu des chars plus modernes et il ne reste plus que vingt T-15 opérationnels. Ces blindés sont regroupés dans une compagnie mécanisée indépendante rattachée à la Position Fortifiée de Liège.

Ils participent efficacement à la lutte contre les opérations aéroportées même si elles souffrent devant les armes antichars des Fallschirmjäger. Il ne reste plus quatre véhicules quand la Belgique capitule, véhicules sabotés par leurs équipages avant leur évacuation vers l’Angleterre.

Les allemands les considéront comme de la ferraille et les enverront à la casse tout comme les autres carcasses de T-15 saisies ça et là sur le champ de bataille.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Masse : 4 tonnes

Dimensions : longueur 3.63m envergure 1.89m hauteur 1.90m

Motorisation : un moteur essence Meadows 6 cylindres de 88ch

Performances : vitesse maximale 64 km/h autonomie 230km

Blindage : 7 à 9mm

Armement : une mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 associée à un fusil-mitrailleur de 7.65mm FN-Browning modèle 1930

Equipage : un chef de char-tireur et un conducteur

AMC-35

Renault ACG-1

AMC-35/ACG-1

Officiellement connu sous le nom de Automitrailleuse de Combat Renault modèle 1935, également connu sous le nom de Renault ACG-1, ce char moyen est l’un des rares véhicules français des années trente à disposer d’une tourelle biplace.

Produit à cinquante-sept exemplaires, il sera utilisé opérationnellement uniquement par les belges, les véhicules commandés par la France servant essentiellement pour l’entrainement du moins jusqu’à la campagne de France où tout blindé disponible sera mis en ligne pour repousser les allemands.

Le développement de ce véhicule commence au début des années trente en vertu du Plan 1931, un développement chaotique car les services officiels semblent ne pas savoir ce qu’elles veulent, changeant régulièrement de spécifications.

De tout façon le véhicule en question, le Renault ACG n’était pas bon avec de nombreux problèmes mécaniques. Comme le contexte international était tendu (Hitler venait de remilitarisé la Rhénanie), douze voitures _le terme char était réservé à l’infanterie_ sont commandées et livrées en janvier 1936 mais ne donnant pas satisfaction, elles seront rapidement envoyées au Maroc où elles poursuivront une carrière anecdotique.

De l’AMC-34 _désignation officielle du Renault YR/ACG_ va naitre l’AMC-35 qui va enfin connaître le succès à l’export en étant utilisé en Belgique.

Par rapport à l’AMC-34, l’AMC-35 avait une caisse plus longue de 0.457m pour pouvoir recevoir un moteur plus puissant. L’armement du prototype était composé d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse Reibel de 7.5mm mais les canons de 25mm étant très demandés pour la ligne Maginot, on lui préfère un canon de 47mm SA (semi-automatique) modèle 1935, armement mis en œuvre dans une tourelle biplace.

La Belgique commande vingt-cinq caisses type AMC-34 à Renault le 13 septembre 1935 et un nombre équivalent de tourelles APX-2 à Batignolles-Châtillon. Les caisses destinées aux belges sont des évolutions de l’AMC-34. Ce n’est pas encore l’AMC-35 mais ce n’est déjà plus l’AMC-34 telle que les ont connues les français.

Les livraisons devaient commencer en octobre 1935 mais très vite ce calendrier ne va pouvoir être tenu en raison de problèmes techniques, financiers et mêmes sociaux puisqu’en décembre 1936, la division militaire de Renault est nationalisée pour devenir les Ateliers d’Issy Les Moulineaux (AMX) ce qui comme l’industrie aéronautique entraîne un ralentissement de la production.

Le 3 juin 1937, le ministre de la Défense, le général Henri Denis demande le transfert du prototype en Belgique pour évaluation. Arrivé le lendemain, il est testé du 23 au 27 août 1937 et décision est prise de réduire la commande belge à dix-huit en supprimant les sept véhicules destinés aux chasseurs ardennais.

L’arrivée du prototype en Belgique inquiète une partie de la classe politique qui craint de provoquer Hitler. En décembre 1937 comme les livraisons n’ont toujours pas commencé, la Belgique décide d’annuler la commande en demandant quatre millions de francs de dédommagement et décidant de dévelloper le chasseur de char T-13.

Le gouvernement français fit pression sur Renault pour qu’il accepte un nouvel arrangement. Le 21 avril 1938, il est décidé drachever 35 véhicules, dix à livrer à la Belgique (dont le prototype) et une compensation financière.

La Belgique allait également recevoir cinq unités de pièces détachées et huit unités de blindage. Le nouveau contrat est signé le 15 juin pour des livraisons dès le 31 juillet, une accélération rendue possible par l’abandon par la France de la volonté d’acquérir ce véhicule, la cavalerie ayant les yeux de Chimène pour le Somua S-35.

En dépit de cela, le ministère de la Défense impose le respect du contrat original à savoir que sur les dix premiers véhicules produits, sept doivent être livrés à la France et trois à la Belgique qui reçoit enfin ses véhicules en mars 1939 suivit d’un deuxième lot de trois en mai et d’un troisième lot de trois le 7 août 1939, moins d’un moins avant le début de la guerre de Pologne.

Les tourelles sont livrées en 1938, laissant quinze en surplus qui vont être utilisées pour la fortication (treize sur les côtes et deux à Remouchamps). Au canon de 47mm français on préfère un canon de 47mm belge dont le tube était 15mm plus petit. La mitrailleuse était également différente à savoir une Hotchkiss (Maxim) 08/15 rechambrée en 7.65mm.

Cinquante-sept véhicules ont donc été produits, dix pour la Belgique et quarante-sept pour la France. La production pour la France fût nettement plus rapide visiblement parce qu’on à utilisé les lots de pièces détachées destinées à la Belgique !

Le nombre de véhicules belge tombe rapidement à huit avec la mise à l’écart du prototype et d’un véhicule en très mauvaise condition matérielle qui est cannibalisé pour les autres véhicules.

Les huit véhicules furent regroupés au sein de l’Escadron d’Autos Blindées du Corps de Cavalerie créé le 1er septembre 1939. L’escadron en question était organisé en trois pelotons, un peloton de commandement et de soutien et deux pelotons de quatre véhicules. Quand au personnel, il venait de deux régiments, un régiment néerlandophone le 2ème Lancier et un régiment francophone le 1er régiment de Guides, les deux régiments étant stationnés au même endroit à Etterbeek.

Ultérieurement un deuxième escadron est activé suite au rachat de huit AMC-35 à la France. Le premier escadron rallie le Corps de Cavalerie et le second est d’abord affecté à la Réserve Générale avant de rallier le Corps de Cavalerie, ces deux escadrons dépendant du commandant du C.C.

Ces deux escadrons vont naturellement participer aux combats de la Campagne de Belgique où ils vont faire ce qu’ils peuvent. Sur les seize véhicules disponibles au 10 mai 1949, il n’en reste plus que quatre disponibles quand la Belgique capitule, quatre véhicules sabotés à Zeebrugge qui sont récupérés par les allemands.

Ces véhicules réparés et utilisés comme blindés de prise (Beute Panzer) non pas pour le combat en première ligne mais pour la sécurité sur l’arrière du front, des soldats alliés isolés rendant insécures les arrières du front. D’autres véhicules identiques sont récupérés par les allemands qu’ils soient français et belges, véhicules remis en service en 1950, le nombre étant incertain, certaines sources parlant de trente-deux véhicules d’autres trente-quatre.

Ce qui est certain c’est qu’à la fin du conflit, il n’en reste plus que trois qui après plusieurs années d’abandon sont récupérés, restaurés et abrités dans des musées, un à Bovington en Grande-Bretagne, un à Bruxelles au musée de la Guerre et un troisième à Saumur en France.

Caractéristiques Techniques

Type : char moyen

Masse : 14500kg

Dimensions : longueur 4.572m largeur 2.235m hauteur 2.336m

Motorisation : un moteur à essence Renault refroidit par eau de 180ch 300l de carburant

Performances : vitesse maximale 42 km/h distance opérationnelle franchissable 161km

Blindage : 25mm

Armement : un canon de 47mm SA 35 (français) ou FRC (belge) associé à une mitrailleuse de 7.5mm Reibel (français) ou Hotchkiss de 7.65mm (belge)

Equipage : trois hommes (chef de char, tireur, conducteur)

Renault R-40

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Durant la Pax Armada, la Belgique et les Pays-Bas vont renforcer leurs moyens militaires et surtout vont avoir tendance à coordonner leurs acquisitions à la fois pour une future coopération militaire mais aussi pour peser sur les prix.

Voilà pourquoi la Belgique va acquérir des Renault R-40 et tout comme les néerlandais, les belges vont mettre au point un char national, le Cockerill T-17, une évolution du R-40 (moteur plus puissant, blindage amélioré notamment).

Le Renault R-40 est un dérivé du Renault R-35. Ce dernier était issu d’un concours lancé le 2 août 1933 pour remplacer le «char de la victoire», le Renault FT désormais totalement inapte à la guerre moderne.

Le programme demande initialement un char de six tonnes à deux hommes, un blindage de 40mm et un armement mixte (canons et mitrailleuses). A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Trois modèles sont sélectionnés, le futur Renault R-35, le FCM-36 et le Hotchkiss H-35. Il s’agissait à la fois de ne pas trop privilégié un constructeur mais aussi compenser la faiblesse du tissu industriel qui ne permettait pas de produire vite et beaucoup.

Renault R-35

Renault R-35

Le Renault R-35 était un char honnête mais largement perfectible totalement en tenue tout terrain. Des essais sont menés qui aboutissent à la mise au point d’un nouveau char officiellement connu sous le nom de Char léger modèle 1940R.

Si la France va recevoir 284 Renault R-40, le char léger va être exporté avec soixante-quatre chars vendus à la Belgique, seize aux Pays-Bas et soixante-quatre pour l’armée polonaise en France. Cela porte le nombre de chars initialement produits à 428 mais la production va ultérieurement reprendre, portant le total à 630 chars en ligne, 215 en réserve et 12 pour des tests et des essais divers variés soit un total de 857 véhicules.

La production va se poursuivre à cadence réduite au début du conflit, ne s’achevant qu’à l’automne 1949 suite à une décision de rationaliser la production de chars en France en limitant le nombre de modèles à produire ce qui va générer des tensions entre constructeurs peu désireux de devoir produire le char de la concurrence.

La Belgique commande soixante-quatre chars en septembre 1943, les véhicules étant livrés entre janvier et juin 1944. Ils sont connus sous le nom de char de cavalerie modèle 1944.

Bien qu’officiellement chars d’infanterie, les Renault R-40 vont servir en Belgique dans les divisions de cavalerie.

Chaque division dispose de deux escadrons de douze chars, chaque escadron étant organisé en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de quatre chars plus un char pour le commandant de l’escadron et un autre pour son adjoint soit quatorze chars par escadron et vingt-huit par division.

Cinquante-six chars étaient donc utilisés en première ligne ce qui laissait huit en réserve. Ces huits chars vont former une compagnie indépendante engagée au sein du corps de cavalerie aux côtés des escadrons équipés d’ACG-1. Officiellement baptisé Groupement K, il fût ironiquement surnomé «Groupement Billancourt» du nom de la grande usine de l’île Seguin.

Ce groupement fût engagé dans la campagne de Belgique aux côtés des DLM françaises, affrontant donc des chars allemands, souffrant du manque de mobilité de leurs chars. Ils redoublaient de hargne pour compenser, jurant de revenir avec de meilleurs véhicules.

Pas étonnant que dans ce groupement Billancourt on trouve des hommes qui formeront l’encadrement de la première division cuirassée belge.

Quand la Belgique capitule, il restait vingt-huit chars de disponible sur soixante-quatre mais seulement une partie pu être évacuée vers la France où aux côtés de M-2 Light Tank américains ils allaient servir pour l’entrainement.

Les allemands vont récupérer vingt chars de ce type qui vont être d’abord stockés puis remis en état comme chars d’entrainement avant d’être transformés en «porteurs d’armes lourdes» ou schwerer Waffenträger pour douze d’entre-eux six recevant un canon allemand de 105mm et six un lance-flammes, les huit restant étant transformés en chars télécommandés de destruction, chars qui étaient envoyés pour détruire un bloc de maison sans exposer les sapeurs.

Certains véhicules de ce type vont être récupérés par les belges, stockés ou plutôt abandonnés quelque part avant que les survivants soient restaurés et exposés.

C’est ainsi que le Musée de l’Armée de Bruxelles exposé un Renault R-40 avec un canon de 105mm et un autre disposant d’un lance-flammes, le tout aux côtés d’un Renault R-40 français et un autre polonais qui petite infidélité à l’histoire ont été repeints aux couleurs belges.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1940 R

Poids total : 11.6 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.30m sans la queue Largeur totale 2.01m Hauteur totale 2.15m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Performances : Vitesse maximale : 20 km/h Pente : 75% Autonomie : 130km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 47mm SFRC alimenté à 110 obus et une mitrailleuse de 7.65mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Cockerill T-17

Après avoir acquis seize Renault R-40, les hollandais mirent en service le gevechtank mod.44. Je dis bien en service car contrairement à ce qu’on écrit parfois, le projet du gevechtank était antérieur à l’acquisition du Renault R-40 mais était clairement dans l’impasse.

L’acquisition du char français avait permis aux néerlandais d’acquérir une précieuse expérience en démontant un exemplaire pour le connaître de A à Z et pratiquer ce qu’on appelle le reverse engineering.

La situation est différente pour leurs voisins méridionaux puisque la décision de développer le futur Cockerill T-17 est prise après l’acquisition des Renault R-40 et l’abandon d’un projet de production sous licence.

Le développement du Cockerill T-17 commence dès septembre 1943 mais il s’agissait initialement d’une évolution du T-15. Finalement l’acquisition du Renault R-40 fait repartir les choses dans une autre direction avec un char qui tient plus du char d’infanterie que du char de cavalerie et c’est enfin logique puisque le T-17 doit équiper les Divisions d’Infanterie.

Deux prototypes sont commandés en mars 1944 et présentés aux services officiels le 6 octobre 1944. Les deux véhicules sont un peu plus grands que le R-40, ils disposent d’un moteur plus puissant, d’un blindage plus épais, d’une suspension évoluée type Christie mais l’armement reste identique encore que la tourelle puisse recevoir un canon plus puissant.

Les test sont rondement menés pendant que Cockerill prépare l’industrialisation, se chargeant de la production des caisses et de l’assemblage finale, les tourelles étant fabriquées par la FRC qui y intègre l’armement à savoir un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.65mm.

Il semble qu’un canon plus puissant fût envisagé mais l’armée belge préféra uniformiser l’armement de ces chars pour des raisons de communauté logistique à moins que ce ne soit la crainte que le montage d’un canon trop puissant soit vu comme une provocation par les allemands.

Les premiers véhicules de série sont livrés en novembre 1945 mais acceptés seulement en février après quelques modifications notamment pour régler un problème de refroidissement du moteur ainsi que le blocage de la tourelle dans certaines conditions. Les soixante-quatre véhicules sont livrés entre février et décembre 1946.

Une nouvelle commande est passée en mars 1947 pour trente-deux chars supplémentaires, chars livrés entre avril et septembre 1947 portant le total à quatre-vingt seize chars.

A la mobilisation, le T-17 va équiper dix compagnies de huit chars, huit integrées aux DI (1ère, 2ème, 4ème, 6ème,7ème,10ème,12ème, 14ème et 18ème) et deux intégrées aux divisions de chasseurs ardennais.

Cela fait quatre-vingt chars en ligne laissant seize en réserve mais pour longtemps puis l’armée belge consciente que cette bataille se joue à quitte ou double, consciente qu’elle doit faire bonne figure vis à vis de ses alliés ne lésinent pas sur ses moyens au point de menacer la substance même de son armée.

Il faudra le rappel à l’ordre du gouvernement pour ne pas aligner comme fantassins les équipages d’engins blindés privés de véhicules.

Ces chars vont soutenir l’infanterie sur des positions plus ou moins bien préparées, tentant de contre-attaquer quand bien sur ils n’étaient pas enterrés jusqu’à la tourelle pour servir de blockhaus, se privant de la mobilité inhérente à tout char.

Comme pour les autres unités motomécaniques, les pertes sont lourdes. Sur les quatre-vingt seize véhicules livrés, il en restait à la capitulation trente-deux véhicules mais seulement seize sont encore disponibles aux mains des belges, les seize autres ayant été capturés par les allemands dans des états différents. Huit d’entre-eux furent remis en état et utilisés pour le maintien de l’ordre.

Les seize véhicules aux mains des belges vont servir comme chars d’entrainement pour constituer la 1ère Division Cuirassée Belge. A la fin du conflit, il restait quatre véhicules opérationnels, trois d’entre-eux sont ferraillés mais le dernier est préservé au Musée de l’Armée de Bruxelles.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1946 (Cockerill T-17)

Poids total : 12.5 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.45m sans la queue Largeur totale 2.25m Hauteur totale 2.30m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 110ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Performances : Vitesse maximale : 35 km/h Pente : 75% Autonomie : 150km

Blindage : 45mm maximum

Armement : un canon de 47mm FRC alimenté à 110 obus et une mitrailleuse de 7.65mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Renault G-2R

Renault G1R

Renault G1R dans sa configuration initiale

En septembre 1939, les chars français en service sont globalement supérieurs à leurs homologues allemands sur le plan technique, ils sont mieux armés (aucun char français uniquement armé de mitrailleuses) et mieux protégés.

Cette supériorité est cependant obérée par le choix contestable de la tourelle monoplace (qui fait du chef de char un véritable homme-orchestre), par l’absence de radios sur nombre de véhicules (même si contrairement à ce qu’on à écrit la majorité des chars allemands ne possédaient qu’un récepteur et non un émetteur) et par la dilution au profit du soutien de l’infanterie.

En septembre 1948, la situation à changé. Certes certains chars sont toujours à tourelle monoplace (essentiellement les évolutions des chars en service en septembre 1939) mais des unités à base de chars ont été mises sur pied (14 contre 2 en 1939) avec pour équipement des chars particulièrement performants notamment au sein des Divisions Cuirassées.

Parmi ces chars figure le Char moyen modèle 1943R, le nom officiel du Renault G1R. Le développement de ce char à été particulièrement long et compliqué. Comme nous l’avons déjà vu dans les tomes consacrés à la France, je vais me contenter de propos liminaires.

Il faut en effet remonter à 1930 pour voir les prémices de la petite merveille de Renault, digne descendant du «char de la victoire». A l’époque il s’agissait de doter les futures Divisions d’Infanterie Motorisées (DIM) d’un char destiné à sécuriser leurs mouvements.

Il faut donc un char rapide, mobile et endurant mais le problème c’est qu’aucun char disponible ne convient. Il faut donc imaginer un char entièrement neuf ce qui n’est pas une mince affaire en ces temps où les investissements militaires ne sont pas vraiment en odeur de sainteté.

En 1935, le Somua S-35 apparaît mais l’infanterie dont dépend l’arme des chars le rejette pour des raisons techniques même si on ne peut pas exclure que son origine cavalière à jouer contre lui. Au mieux la future AMC modèle 1935 ne peut que constituer une base d’étude et que son acquisition en masse serait une erreur.

Un appel à projet pour un char de 20 tonnes est lancé le 16 décembre 1935, l’objectif étant de se doter de 250 chars de 20 tonnes répartis en cinq bataillons de quarante-cinq chars plus le volant, ces bataillons devant intégrer les DIM.

Six constructeurs proposent leurs projets : Poniatowski/SEAM, Lorraine, Renault, Baudet-Donon-Roussel (BDR), Somua et FCM.

Le projet évolue, la demande se rapproche un temps d’un B1bis new look mais finalement le char qui allait être obtenu allait recevoir un puissant armement en tourelle et abandonner la configuration duale. Le projet prends du poids et on aboutira en réalité à un char de 30/35 tonnes.

Le projet s’enlise en partie parce qu’il est financé uniquement sur fonds propres et qu’en l’absence d’un soutien clair des autorités, les constructeurs ne mettaient pas vraiment du cœur à l’ouvrage.

Une nouvelle fiche programme est lancée le 12 juillet 1938, une fiche demandant un char de 32 tonnes en ordre de combat avec un canon de 75mm de 32 calibres en tourelle et non en casemate comme pour les B-1bis.

La guerre menaçant chaque jour, on se montre réticent à lancer la production d’un nouvel modèle de chars alors que les besoins sont loin d’avoir été satisfaits avec les véhicules existants. De plus et cela peut sembler dingue mais on ne sait pas quoi faire de ce char !

Il faudra finalement attendre la fin de la guerre de Pologne pour que le projet soit pleinement lancé. Le 22 décembre 1939, le Renault G1R est sélectionné, deux prototypes étant commandés le 1er avril 1940, prototypes qui sortent en octobre et décembre 1940 respectivement.

Si les prototypes ont été fabriqués dans la célèbre usine de Billancourt, la production en série doit être assurée dans une usine neuve construite près d’Orléans dans le cadre de la politique de déconcentration et de décentralisation industrielles. Quatre ans après la nationalisation de sa division militaire devenue AMX, Renault revient dans la production de chars.

Prévu à l’origine comme un char rapide destinée aux DIM, le Renault G1 adopté officiellement sous le nom de char moyen modèle 1943R va finalement équiper les Divisions Cuirassées où il va remplacer les Hotchkiss H-39 (qui n’avait naturellement pas été conçu pour équiper ces GU à base de chars).

Les besoins passent de huit à douze bataillons de 45 chars soit 540 chars en ligne plus des chars en réserve pour la formation, les tests et le volant de fonctionnement. La production commence en septembre 1941 (soit onze ans après le début du programme), les premiers véhicules livrés en juin 1942, les livraisons accusant quelques retards en raison de problèmes techniques mais la situation rentre très vite dans l’ordre.

Les livraisons aux unités sont soldées au printemps 1945 mais la production se poursuit à cadence réduite pour former un stock de réserve. En moyenne ce sont huit chars par mois qui sortent de mai 1945 à juin 1947 avant que la production ne remonte à seize chars par mois pour équiper les 5ème et 6ème DC.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le char moyen modèle 1943R est en service à 540 exemplaires plus 200 chars de réserve, la production continuant pour aboutir à un volant de fonctionnement proche des 100%.

L’arrivée de ce char qui est mis à l’honneur lors du défilé du 14 juillet 1942 (contrairement à l’avant guerre de Pologne où l’obsession du secret mettait à l’écart les matériels les plus récents) ce qui suscite l’inquiétude de l’attaché militaire allemand à Paris qui rédige un rapport alarmiste qui contrairement à celui concernant le futur T-34 sera pris en compte, relançant les projets de chars moyens et lourds, aboutissant aux Panzer V Panther et Panzer VI Tigre.

La Belgique à suivit ce projet mais il n’est pas question avant la seconde guerre mondiale de commander des chars moyens modèle 1943R d’abord parce que la Belgique n’à pas les moyens financiers et humains mais surtout parce que les français ne sont pas vraiment vendeurs.

Tout en produisant le char moyen modèle 1943R, le bureau d’études des chars de Renault travaille sur des évolutions de l’ex-G-1R. Tous les domaines sont étudiés qu’il s’agisse des chenilles, de la transmission, du moteur, du blindage ou de l’armement. Il s’agit de tenir compte du retour d’expérience des unités équipées, anticiper sur la riposte ennemie et éviter un déclassement de ce char.

Très vite un projet prometteur émerge des tables à dessin. Baptisé G-2R, il est plus gros que son aîné, dispose d’un moteur diesel plus puissant, d’un blindage incliné laminé soudé, d’une tourelle abritant un canon de 75mm à haute vitesse initiale disposant d’un frein de bouche. L’armement secondaire reste le même avec des mitrailleuses. Ce projet intéresse l’armée de terre qui demande également des études avec des canons plus puissants (90, 105 et même 130mm).

L’étude est rendue en septembre 1947 et deux prototypes sont commandés en janvier 1948. Ils sont bien fabriqués mais l’évaluation est repoussée sine die suite au début du second conflit mondial.

Elle à finalement lieu à l’automne 1948 et se révèle très prometteuse. La production est lancée en février 1949 mais l’invasion de la France empêche le rééquipement des unités avec un char dont les équipages parlent avec des trémolos dans la voix.

Finalement le front se stabilisant fin 1949, les chars produits à Orléans peuvent ré-équiper les unités en ligne.

Ce char va également équiper la 1ère Division Cuirassée Belge créé officiellement au camp de Cercottes près d’Orléans. Après avoir envisagé l’acquisition du M-4 Sherman (les chars commandés équiperont finalement un bataillon de la Force Publique ainsi que le bataillon de reconnaissance de la DB) puis du Cromwell, les belges demandent le char moyen modèle 1943R et non le char moyen modèle 1949R pensant que les français ne voudront jamais.

A la grande surprise du gouvernement de Caen, la France accepte de livrer le modèle 1949R à la Division Piron qui doit disposer de deux régiments de chars organisés en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron de reconnaissance équipé d’autos blindées et surtout de trois escadrons organisés en un peloton de commandement et de soutien, un peloton d’appui équipé de canons d’assaut _eux aussi français_ et trois pelotons de cinq chars soit un total par escadrons de dix-sept chars (quinze chars du rang plus un pour le commandement de l’escadron et son adjoint soit 53 chars par régiment (le commandement du régiment et son adjoint disposent de leur char) soit 106 chars Renault G2R pour la division.
Les premiers Chars Rapides Puissants modèle 1950 _son appellation officielle côté belge_ sont livrés en septembre 1950 et la division est entièrement opérationnelle sur la dernière petite merveille français en mai 1951.

Engagée dans les suites de l’opération AVALANCHE, la division blindée belge va utiliser ce char jusqu’à la fin du conflit, la Belgique recevant au total près de 210 Renault G2R.

M-26 Pershing 8

M-26 Pershing

Le Char rapide puissant modèle 1950 va servir dans l’armée belge jusqu’en 1960 quand il est remplacé par le M-26 Pershing à canon de 90mm, un choix qui étonna beaucoup de monde car le char américain était nettement moins avancé que son devancier mais peut être devons nous y voir une volonté politique de Bruxelles de ne pas passer pour une république-soeur de Paris.

Quatre chars ont été préservés dans des musées en Belgique, un en Allemagne, un en Grande-Bretagne, trois aux Etats-Unis et deux en Russie.

Caractéristiques Techniques du char moyen modèle 1949R

Poids : 34 tonnes standard 39.5 tonnes en ordre de combat

Dimensions : longueur hors tout 5.75m largeur hors tout : 2.60m hauteur avec tourelle 2.50m (1.55m sans tourelle)

Motorisation : moteur diesel Renault 8 cylindres dévellopant 580ch avec 550l de carburant

Performances : vitesse maximale sur route 60 km/h réservoir de 550 litres donnant une autonomie sur route de 360km qui pourrait être augmentée avec des réservoirs supplémentaires installés à l’automne 1948

Blindage : 50mm maximum pour la caisse 75mm pour la tourelle

Armement : tourelle ARL modèle 1947 avec un canon de 75mm de 50 calibres (vitesse initiale : 900 m/s) avec 210 obus, une mitrailleuse coaxiale MAC 34 et une mitrailleuse antiaérienne du même modèle avec 6000 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un opérateur radio/pourvoyeur en caisse, un chef de char et un tireur en tourelle

M-4 Sherman

M-4A3 Sherman 21

Si aujourd’hui les américains sont capables de produire un char moderne et puissant cela n’à pas toujours été le cas. Non seulement les premiers chars utilisés par les américains furent britanniques et français mais en plus le développement fût entièrement stoppé ou peu s’en faut durant la période 1919-1939 («Rethondes-Coblence»). Voilà pourquoi l’entrée en guerre des américains en septembre 1939 était non pas impossible mais hautement improbable.

Il va falloir du temps pour qu’un char fiable et performant _tout est relatif_ soit mis sur pied sous la forme du M-4 Medium Tank Sherman, un brave et honnête char qui ne paye pas de mine et qui si il fait partie du camp des vainqueurs n’à jamais eu l’aura d’un Renault G-1, d’un Cromwell, d’un Panther ou même d’un T-34.

Avant le M-4, il y eu le M-3, un char vite déclassé par les progrès techniques et qui souffrait non seulement d’un blindage boulonné potentiellement très dangereux et surtout d’un armement dual avec un canon de 75mm en sabord et un canon de 37mm en tourelle, une configuration en vogue dans les années vingt et trente mais qui était désormais totalement obsolète.

M-3 Lee 11

M-3 Medium Tank

Comme l’ont compris les français et les britanniques, le canon principal devait être en tourelle pour une polyvalence maximale. Les américains s’orientèrent donc vers ce choix. Le projet est lancé au printemps 1943 mais le développement est lent car il n’y à aucune urgence.

Le char mis au point dispose d’un moteur essence, d’un blindage plus important et d’un canon de 75mm en tourelle, canon inspiré de celui utilisé par le M-3. Il est officiellement adopté en février 1945 sous le nom de M-4 Medium Tank avec comme surnom Sherman du nom d’un général nordiste de la guerre de Sécession.

1050 M-4A1 sont produits suivis de 3500 M-4A2, 9000 M-4A3 à canon de 76mm, 7500 M-4A4, 550 M-4A5, 250 M-4A6 et 150 M-4A7. Aux 22000 exemplaires produits aux Etats-Unis s’ajoutent 1200 exemplaires produits au Canada, 750 en Australie et 600 en Inde sans oublier les variantes spécialisées. On arrive au chiffre impressionnant de 27500 exemplaires. Sur les 22000 Sherman produits aux Etats-Unis, 18500 ont été utilisés par l’US Army, 1500 par l’USMC et 2000 cédés à des pays étrangers au titre du prêt-bail.

Outre les Etats-Unis, le M4 Sherman à donc été utilisé par le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne (à titre de test), la Pologne, la Tchécoslovaquie (unités en exil), la Belgique, les Pays-Bas, Argentine, Brésil, Autriche (après guerre), Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Ethiopie, Grèce, Inde,Iran,Italie (après guerre), Japon (après guerre), Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan,Oman, Paraguay, Uruguay, Pérou, Ceylan, Vietnam, Yougoslavie, Portugal, Afrique du Sud et Turquie.

Ces pays ont utilisé soit des chars neufs ou des chars ex-américains, la réduction de la force blindée une fois le conflit terminé permettant à de nombreux pays de récupérer des chars à vil prix. Côté américain, le Sherman à été retiré du service en 1962.

En ce qui concerne la Belgique, le M-4 Sherman aurait pu aurait du être le char standard de l’armée belge reconstituée mais ce ne sera pas le cas, le gouvernement belge en exil obtenant le Renault G2R pour équiper les deux régiments de chars de la Division Blindée (pardon cuirassée).

Cependant pour ne pas fâcher les américains, les belges décident de commander ce char pour équiper un bataillon de la FP combattant en Afrique orientale mais aussi le bataillon de reconnaissance de la Division Piron.

Le bataillon de la Force Publique est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron de reconnaissance équipé d’autos blindées et trois escadrons à trois pelotons de quatre chars soit quatorze chars par escadron, quarante-deux pour l’ensemble des trois escadrons et donc quarante-quatre chars en ajoutant ceux du commandant du bataillon et de son adjoint.

Au total la Force Publique va recevoir soixante-dix huit M-4 Sherman, ces chars opérant en soutien de l’infanterie congolo-belge durant la campagne d’Afrique orientale et notamment l’opération GIDEON.

Les quelques chars italiens présents sur place ayant vite été balayés, les Sherman n’on à craindre que les canons antichars italiens et les mines. Une douzaine de véhicules est perdue sur les hauts-plateaux abyssins ainsi qu’en Erythrée où le bataillon termine la guerre en avril 1954.

Le bataillon est rapatrié au Congo Belge et maintenu en service avec le remplacement progressif du personnel blanc par du personnel autochtone. Ce bataillon va rester opérationnel jusqu’à l’indépendance du pays mais après le départ des conseillers belges qui de facto dirigeaient l’unité, les chars vont peu à peu pourrir sur place, disparaissant devant l’appétit des ferrailleurs.

Le bataillon de reconnaissance de la 1ère Division Cuirassée Belge était organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron motocycliste, un escadron de chars moyens et deux escadrons d’autos blindées.

L’escadron de chars moyens du bataillon de reconnaissance était organisé en un état-major, un peloton de commandement et de soutien, un peloton d’autos blindées et trois pelotons de cinq Sherman soit un total de dix-sept chars pour l’escadron.

Cet escadron va éclairer la progression de la division en menant des reconnaissances offensives voir de véritables coups de main en formant des groupements ad hoc avec de l’infanterie portée et de l’artillerie motorisée.

A la fin du conflit, la 1ère Division Cuirassée Belge devenu la 1ère Division Blindée belge est réorganisée et rééquipée pour être déployée dans le Hanovre l’un des Nouveaux Pays Allemands.

Le Sherman est ainsi remplacé par des M-24 Chaffee, un type de chars que la Belgique avait d’abord choisit pour le bataillon de chars légers de la brigade aéroportée belgo-néerlandaise. Les M-4 sont stockés mais beaucoup sont feraillés au milieu des années soixante.

Caractéristiques Techniques du M4 Medium Tank «Sherman»

Type : char moyen

Poids : 30.3 tonnes

Dimensions : longueur 5.84m largeur 2.62m hauteur 2.74m

Motorisation : un moteur Continental R975 9 cylindres 400ch à 2400 t/minute ou pour le M4A4, un Chrysler A57 multibank développant 470ch à 2700 t/min

Performances : vitesse maximale 40à 48 km/h distance franchissable 193km

Blindage : 93/118mm

Armement : un canon de 75mm M3 de 40 calibres avec 90 coups ou un canon de 76mm M1 avec 55 puis 71 coups; une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm avec 300 coups et deux Browning M1919A4 avec 4750 coups

Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et aide-conducteur)

M-2 Light Tank

M-2A4 Light tank 4

M-2A4 Light Tank

Quand la décision est prise de réarmer les belges au sein d’unités autonomes se pose la question de savoir quelques unités les belges vont être capables de mettre sur pied, des doutes existants sur la capacité de créer des unités motomécaniques avec le personne disponible.

Quand il devint évident que la mise sur pied d’une division cuirassée était du domaine du possible, se posa la question de la formation du personnel, peu d’officiers, de sous-officiers et d’hommes du rang de l’armée belge connaissant les chars.

Les américains qui espèrent à l’époque rafler le marché de l’équipement de la future division Piron proposent la cession gracieuse de vingt-quatre chars légers M-2 à des fins d’écolage et de formation. Les belges acceptent ce qui ne les empêchera pas de choisir le Renault G-2R.

Ce char à été mis au point par l’Arsenal de Rock Island. Produit en série à partir de 1936, il n’est d’abord armé que de mitrailleuses qu’il s’agisse des dix M-2A1, des 239 M-2A2 ou encore des 72 M-2A3.

La guerre d’Espagne ayant montré qu’un char armé uniquement de mitrailleuses ne servait à rien dans la guerre moderne, la dernière version baptisée M-2A4 reçoit un canon de 37mm mais ce canon installé sur 375 exemplaires allait vite être déclassé par les progrès en matière d’artillerie de char et de blindage.

La production de ce blindé cesse en juin 1942 avec la sortie du 696ème et dernier exemplaire.

Bien qu’obsolète, le M-2 va être engagé aux Philippines où ils vont être étrillés souvent parce qu’ils ont été utilisés en dépit du bon sens alors que la défense antichar nippone n’était pas connue pour briller de mille feux.

Ailleurs ce char ne sera utilisé que pour la reconnaissance même si en septembre 1944, le M-3 Stuart le remplaça définitivement, le reléguant à l’instruction, aux essais et aux expérimentations.

En dehors des Etats-Unis et de la Belgique, ce char à été utilisé par la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Les M-2 survivants à la fin du conflit (douze exemplaire) vont être déployés sur des champs de tirs et utilisés comme cibles pour l’aviation et l’artillerie.

Caractéristiques Techniques du char léger M-2

Type : char léger

Poids : 11.6 tonnes Dimensions : longueur 4.42m largeur 2.46m hauteur 2.64m

Motorisation : Continental diesel 7 cylindre 250ch

Performances : vitesse maximale 58 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 6-25mm

Armement : un canon de 37mm avec 103 coups cinq mitrailleuses Browning M1919A4 avec 8470 coups

Equipage : 4 hommes

M-24 Light Tank Chaffee

M-24 Chaffee 9

Tout comme l’aviation, la technologie des chars évoluait très vite, menaçant les chars en service d’une rapide obsolescence. Quand en plus ces chars ne sont pas les meilleurs dans leur catégorie, on comprend l’urgence de ne pas s’endormir sur ses lauriers.

Voilà pourquoi après le développement du M-2 Light Tank, les américains se mirent aussitôt au travail pour un char léger de meilleur qualité aboutissant au M-3 Stuart. Ce dernier apportait un certain nombre de progrès mais n’était pas non plus char léger idéal.

Tout en développant une variante du M-3 à canon de 57mm baptisée M-5, les ingénieurs américains travaillèrent d’arrache pied sur un char léger qui marquait une nette rupture et serait à même de durer un certain temps. En clair obtenir un char léger qui ne sera pas obsolète à sa mise en service comme cela arrivait parfois.

L’arrivée rapide du M-5 permis aux ingénieurs américains de prendre leur temps. Devait-on privilégier, la vitesse et l’agilité au détriment de la protection ? Un armement puissant était-il nécessaire ?

Très rapidement, l’idée d’armer le nouveau char léger d’un canon de 37mm est abandonné car un autre projet _le futur Locust_ prévoit un tel armement.

Un armement en superstructure est étudié mais rapidement abandonné, le futur light tank doit comme son nom l’indique rester un char léger et doit disposer d’une tourelle.

Le canon de 57mm choisit pour le M5 est un temps envisagé et favori mais au final c’est un canon de 75mm basse pression et court recul qui est choisit pour armer ce nouveau char léger proposé par la firme Cadillac.

Les deux prototypes sont commandés officiellement en septembre 1946 et livrés début 1947 pour subir une batterie complète de tests qui aboutissent à son adoption en en janvier 1948 sous le nom de M24 Light Tank. Pour rendre hommage à un partisan des divisions blindées, il est baptisé Chaffee en hommage au général Adna Chaffee décédé en août 1941 et considéré comme le père des troupes blindées américaines

Il va progressivement remplacer le duo M-3/M-5 au sein des divisions blindées, des divisions d’infanterie mais aussi au sein des divisions aéroportées où faute d’un avion capable de le transporter, les chars étaient convoyés en planeurs.

750 M-24 sont produits suivis par 2500 M-24A1, 1250 M-24A2 et 750 M-24A3 portant la production totale à 5250 exemplaires.

Ce véhicule à été employé au combat sur tous les théâtres d’opération qu’il s’agisse du Pacifique, de l’Asie du Sud-Est, de la Chine, de la Méditerranée, de l’Europe occidentale et de l’Europe du Nord.

Outre la reconnaissance,le Chaffee à été utilisé pour l’appui de l’infanterie, la protection de convois dans des zones peu sures. Comme souvent, un véhicule à été utilisé au delà du périmètre initial ayant présidé à sa conception sans compter la mise au point de nombreuses variantes.

Durant le second conflit mondial, outre les Etats-Unis, le char fût utilisé par la Grande-Bretagne, l’URSS, la Chine, la France, les Pays-Bas et la Belgique.

Cette dernière commande en septembre 1952 des Chaffee pour équiper le bataillon de chars légers de la brigade aéroportée belgo-néerlandaise. Ce bataillon est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron d’autos blindées et trois escadrons à trois pelotons de quatre chars soit un total de quatorze chars par escadron et de quarante-quatre pour l’ensemble du bataillon.

Ces chars sont engagés dans l’opération PHENIX mais faute de terrains pour les déposer par planeur, les chars sont déployés par la mer notamment sur l’île de Cheju. Ils vont y rester jusqu’au rapatriement en Europe de la brigade qui est dissoute.

Sur les quarante-quatre chars livrés, il en restait alors trente-deux opérationnels. Après inspection seulement vingt-quatre sont conservés pour rééquiper l’escadron de chars du bataillon de reconnaissance de la 1ère division blindée belge avec en l’occurrence dix-sept blindés ce qui laissait sept chars en réserve, réserve bientôt portée à vingt-quatre par la livraison de chars américains de surplus.

La Belgique retiré le Chaffee de son armée en 1964, le remplaçant au sein de son bataillon de reconnaissance par un char léger de conception nouvelle.

Caractéristiques Techniques du M24 Chaffee

Type : char léger

Poids : 18.37 tonnes

Dimensions : longueur 5.56m largeur 3m hauteur 2.77m

Motorisation : deux moteurs Cadillac 44T24 de 220ch à 3400 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h sur route distance franchissable 160km

Blindage : 15-38mm

Armement : un canon de 75mm M6 avec quarante-huit coups, une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 440 coups, deux mitrailleuses Browning de 7.62mm avec 3750 coups

Equipage : cinq hommes (commandant, tireur, pourvoyeur, conducteur, aide-conducteur)

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