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Une Histoire de l’Aviation Militaire Néerlandaise (2) : les Indes Néerlandaises

Imaginez un pays européen s’étendant des côtes irlandaises au Caucase. Impossible ? Et pourtant c’est ce que les néerlandais avaient sous leur autorité sous la forme des Indes Néerlandaises la future Indonésie.

Milieu archipélagique, la défense était un véritable casse-tête, casse-tête renforcé par une menace extérieure. En effet à partir des années trente, il devient évident que les japonais veulent s’emparer du pétrole et du caoutchouc néerlandais et qu’une guerre est probable à court ou à moyen terme.

Il faut donc renforcer les défenses en faisant des choix, en concentrant les moyens sur la partie utile de la perle de l’empire. L’utilisation de moyens navals et aériens est donc un moyen qui semble sur le papier plus intéressant que l’utilisation de moyens terrestres qui dispersés seraient trop faibles et pourraient être facilement contournés par un ennemi décidé et agressif.

Dès les années 1910, l’aviation est envisagée pour renforcer la KNIL mais le scepticisme entourant cette nouvelle arme est quasi-général. De plus le premier conflit mondial bloque les appareils aux Pays-Bas si bien que la Proefvliegafdeeling (PVA) (Section d’aviation d’essai) créée le 30 mai 1914 dispose de trois officiers, quatorze sous-officiers et hommes du rang mais aucun avion, une coquille vide en quelque sorte.

Durant le premier conflit mondial quelques appareils civils sont évalués mais ils sont tous rejetés, il faudra attendre novembre 1915 pour deux appareils soient acceptés en l’occurrence deux hydravions Glenn Martin TA.

Si les hydravions sont utilisés depuis Tandjong Priok, le port de Batavia (future Djakarta), les avions terrestres sont engagés depuis l’aérodrome de Kalidjati situé près de Parmanoekan.

Les débuts sont poussifs avec des appareils trop lourds pour déjauger (terme plus adapté pour un hydravion que décoller) et des accidents.

Le 21 octobre 1918, la PVA devient la Vliegafdeeling ou section d’aviation. Ce changement est temporaire puisque dès l’année suivante elle adopte son nom iconique à savoir Luchtvaartafdeeling het KNIL ou en français service aéronautique militaire de la KNIL (Koninklijke Nederlandische Indische Legger).

Initialement ses appareils porte un disque orange comme marque distinctive mais devant le risque de confusion avec le Hinomaru, il est remplacé par la même cocarde que l’aviation métropolitaine à savoir une rosette bleu, blanc,rouge avec en son centre une boule orange.

Avro 504 9

Avro 504

L’aviation militaire des Indes Néerlandaises passe la vitesse supérieure en 1920 avec l’achat d’avions d’entrainement moderne en l’occurrence douze Avro 504 et quatorze De Havilland DH-9, appareils mieux adaptés que les aéronefs utilisés jusqu’ici. En 1921, des hydravions Vickers Viking sont acquis pour la surveillance maritime et un mois plus tard c’est un contrat pour six Fokker D.VII qui est signé.

Fokker D.VII 3

Fokker D.VII

A partir de 1922, l’instruction des pilotes assurée à Soesterberg en métropole est définitivement transférée à Java ce qui réduit les servitudes logistiques.

En 1924, la marine récupère la mission de surveillance maritime (ce qui semble être dans la logique des choses) mais refuse les hydravions Vickers Viking qui sont donc retirés du service et feraillés. En novembre 1925 à lieu le premier vol de nuit aux Indes Néerlandaises.

En effet aux Indes Néerlandaises comme en Métropole, la Koninklijke Marine dispose de moyens aériens mais contrairement à l’aviation de l’armée, les avions et surtout les hydravions dépendent d’un seul service, le Marineluchtvaartdienst (MLD).

En ce qui concerne les unités, le MLD préfère comme unité de basse le groupe d’aviation ou Groep Vliegtuigen (GVT) qui est légèrement plus petite que la section d’aviation ou Vliegafdeeling (Vl.A) de la LA-KNIL.

Comme toutes les armées de l’époque, les budgets sont chiches, l’évolution du matériel et des structures est très, trop lente. Une partie du parc est même mis sous cocon en attendant des jours meilleurs. En 1934 après cinq ans de sinistrose, les budgets repartent à la hausse et la LA-KNIL peut espérer moderniser ses moyens pour faire face à la montée des périls.

La priorité va être donnée au bombardier à long rayon d’action au détriment du chasseur ou du bombardier en piqué jugés moins adaptés à la défense (sic).

Quand éclate la guerre de Pologne, le LA-KNIL ne dispose d’aucune unité de chasse ce qui semble aberrant à nos yeux modernes mais qui à l’époque ne choque pas, une partie des aviateurs du monde entier estimant que le bombardier est supérieur au chasseur et que pour la défense on peut s’appuyer sur la DCA.

Curtiss H-75 (2)

Curtiss H-75 en vol

Néanmoins en décembre 1939, les autorités coloniales sous la pression de la marine inquiète de voir ses bases sans défense décide de commander des Curtiss H-75. Entre-temps le 30 novembre, la LA-KNIL est devenue la Militaire Luchtvaart KNIL (ML-KNIl).

Un nouvel échelon de commandement fait alors son apparition, le Vlieggroep (Vl.G ou groupe d’aviation) qui regroupe deux ou trois Afdeelingen (sections). A noter qu’à la même époque, la cocarde d’origine est remplacée par un triangle orange bordé de noir.

Au printemps 1940, un ambitieux plan de développement est présenté avec neuf Afdeelingen de bombardiers à long rayon d’action, six Afdeelingen de bombardiers en piqué, neuf de chasse et deux reconnaissance soit un total de vingt-six Afdeelingen répartis en huit Vlieggroeppen eux même regroupés en deux régiments.

Ce plan va mettre du temps à voir le jour puisqu’il faut former de nombreux pilotes et aménager les infrastructures nécessaires à l’accueil des différents appareils utilisés.

En ce qui concerne l’équipement, la chasse dispose en septembre 1948 de Curtiss H-75 (vingt-quatre appareils), de Brewster Buffalo (soixante-douze appareils) et de Curtiss P-40 (trentre-six appareils en ligne et quatre-vingt dix stockés).

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Brewster Buffalo

Ce sont au total 178 chasseurs qu’aligne l’armée de l’air néerlandaise aux Indes du moins sur le papier car il n’existe que neuf Afdeelingen de chasse, deux équipés chacun de douze Curtiss H-75, quatre équipés chacun de douze Brewster Buffalo et trois équipés de Curtiss P-40 soit un total de 108 appareils en ligne (24 Curtiss H-75, 48 Brewster Buffalo et 36 Curtiss P-40).

Le reliquat est stocké dans l’espoir de pouvoir permettre aux unités de durer face aux japonais mais comme on le verra les appareils stockés (15 Buffalo et 90 Curtiss) seront pour beaucoup détruits ou alors ne trouveront pas de pilotes.

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Martin B-10

Les neuf Afdeelingen de bombardement à long rayon d’action sont équipés de Martin B-10, de Douglas A-20 Havoc et de Fokker T.IX avec trois unités équipées pour chaque appareil. Des B-25 Mitchell sont commandés mais ils ne peuvent pas être livrés avant l’attaque japonaise, ralliant directement l’Australie.

Douglas A-24 Banshee 4

Douglas A-24 Banshee

Les six Afdeelingen de bombardement en piqué sont équipés pour trois d’entre-eux de Douglas A-24 Banshee et pour les trois autres de Curtiss A-25 Shrike, les versions terrestres du Dauntless et du Helldiver.

Curtiss A-25 Shrike

Curtiss A-25 Shrike

Les deux Afdeelingen de reconnaissance sont équipés de Lockheed Hudson utilisés aussi bien pour la reconnaissance terrestre et pour la patrouille maritime.

Selon le plan prévu au printemps 1940 ils devaient donc former huit Vlieggroepen regroupés en deux régiments. Les Vlieggroepen vont voir le jour mais pas le régiment, les autorités néerlandaises voulant visiblement alléger les structures.

Le 1. Vlieggroepen déployé à Borneo dispose d’un Afdeelingen de chasse équipé de Curtiss H-75, d’un Afdeelingen de bombardement équipé de Martin B-10 et enfin un Afdeelingen de reconnaissance équipé de Lockheed Hudson.

Le 2. Vlieggroepen déployé lui aussi à Bornéo dispose d’un Afdeelingen de chasse équipé de Curtiss P-40, un Afdeelingen de bombardement en piqué équipé de Douglas A-24 Banshee et enfin un Afdeelingen de bombardement équipé de Douglas A-20 Havoc.

Fokker T-9

Fokker T.IX

Le 3. Vlieggroepen déployé sur l’île de Sumatra disposait d’un Afdeelingen de chasse volant sur Brewster Buffalo, un Afdeelingen de bombardement en piqué volant sur Curtiss A-25 Shrike, un Afdeelingen de bombardement équipé de Fokker T.IX et enfin un Afdeelingen de reconnaissance équipé de Lockheed Hudson.

Le 4. Vlieggroepen déployé sur l’île de Java dispose lui aussi de quatre Afdeelingen, deux de chasse (un équipé de Curtiss H-75 et un second volant sur Buffalo) et deux de bombardement à long rayon d’action (un volant sur Fokker T.IX et un second volant sur Martin B.10).

Curtiss P-40F Kittyhawk

Curtiss P-40F Kittyhawk

Le 5. Vlieggroepen déployé sur l’île de Sumatra dispose d’un Afdeelingen de chasse équipé de Curtiss P-40 et de deux Afdeelingen de bombardement en piqué volant respectivement sur Douglas A-24 Banshee et sur Curtiss A-25 Shrike.

Le 6. Vlieggroepen déployé sur l’île de Java dispose d’un Afdeelingen de chasse volant sur Brewster Buffalo, d’un Afdeelingen de bombardement à long rayon d’action volant sur Martin B-10 et d’un Afdeelingen de bombardement en piqué volant lui sur Douglas A-24 Banshee.

Douglas A-20 Havoc 16

Douglas A-20 Havoc

Le 7. Vlieggroepen déployé sur l’île de Sumatra dispose d’un Afdeelingen de chasse volant sur Curtiss P-40, un Afdeelingen de bombardement disposant de Douglas A-20 Havoc et un Afdeelingen de bombardement en piqué disposant de Curtiss A-25 Shrike qui rappelons-le était la version terrestre du SB2C Helldiver.

Le 8. Vlieggroepen déployé sur l’île de Java dispose lui aussi de trois Afdeelingen, un de chasse volant sur Brewster Buffalo et deux de bombardement, un volant sur Douglas A-20 Havoc et un autre volant sur Fokker T.IX.

Sur le papier cette force apparaît puissante avec vingt-six «squadrons» disposant de douze à seize appareils soit près de 300 appareils en ligne mais en réalité en pratique une partie de la flotte n’est pas disponible et surtout nombre d’appareils sont totalement dépassés.

Si le Curtiss P-40, le Douglas A-20 et le Lockheed Hudson tiennent globalement la route, les autres sont déclassés ou totalement dépassés. De nouveaux appareils étaient en commande mais les livraisons tardent.

La Militaire Luchtvaart het Koniklijke Nederlandische Indische Legger (ML-KNIL) va faire ce qu’elle peut aux côtés des alliés qu’il s’agisse des britanniques à Borneo ou des australiens à Java.

Elle perd une partie de sa flotte au sol lors de bombardements aériens voir de bombardements navals précédents le débarquement japonais. Au combat, seuls les Curtiss P-40 tenaient tête aux chasseurs japonais alors que les Curtiss H-75 et les Brewster Buffalo étaient totalement dépassés et déclassés.

Les bombardiers après des pertes sensibles de jour ont privilégié le bombardement de nuit alors qu’il n’y avait ni équipements adaptés ni entrainement ni tactiques. Certains y survivent mais d’autres noms.

Lockheed Hudson 47

Lockheed Hudson de la RAF en vol au dessus de l’Egypte

Les Lockheed Hudson menaient des missions de reconnaissance en jouant à cache-cache avec la chasse japonaise, usant et abusant des couverts nuageux avec plus ou moins de succès.

Tout comme les pilotes ayant combattu en Métropole, dès qu’il n’y avait plus d’avions disponibles, les pilotes étaient évacués vers l’Australie où ils devaient attendre des avions modernes.

Certains obtinrent l’autorisation de s’engager dans la RAAF (Royal Australian Air Force) voir dans l’USAAF (United States Army Air Force) en attendant que de nouvelles unités néerlandaises soient pleinement mises sur pied.

En février 1951, les Indes Néerlandaises ont succombé. Hommes, avions et matériels se sont repliés sur l’Australie. Avant même que les unités soient reconstituées, les pilotes survivants vont combattre l’aviation embarquée et l’aviation de l’armée de terre japonaise.

Les japonais n’ont visiblement jamais véritablement voulu débarquer en Australie mais l’action de l’aviation était destinée à maintenir la pression pour empêcher les alliés de reprendre leur souffle et devenir une vrai menace contre la «sphère de coprospérité».

Les pilotes néerlandais survivants, vétérans des combats vont s’employer au dessus notamment de Darwin se montrant vigoureux, agressif et sans pitié. Un vétéran japonais remarqua que les pilotes néerlandais étaient bien plus agressifs que leurs homologues australiens ou américains comme si ils voulaient se venger de quelque chose.

Le 14 novembre 1951, la 2nd Nederland Air Wing est mis sur pied à Darwin. Appelé en langue nationale 2. Nederlandische luchtvleugel (2ème Escadre aérienne néerlandaise), cette unité va se s’organiser de la façon suivante :

-Deux squadrons de chasse (1. Afdeelingen et 3. Afdeelingen) volant sur Curtiss P-40 (des appareils ayant échappé à l’enfer des combats et des appareils livrés par les américains) puis sur North American P-51 Mustang. Chaque squadron dispose de seize appareils.

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Republic P-47D Thunderbolt en vol de nos jours

-Un squadron de chasse-bombardement (2. Afdeelingen) volant sur seize Republic P-47 Thunderbolt

North American B-25 Mitchell WWII 5

North American B-25 Mitchell

-Un squadron de bombardement (4. Afdeelingen) volant sur seize North American B-25 Mitchell

-Un squadron de reconnaissance (5. Afdeelingen) volant sur douze Consolidated PB4Y-2 Privateer

-Un squadron de transport (7. Afdeelingen) volant sur douze Douglas C-47 Skytrain

Ces unités ont une double numérotation, les squadrons de chasse étant numérotés 448 et 450, le squadron de chasse-bombardement 449, le squadron de bombardement 450, le squadron de reconnaissance 451 et le squadron de transport 452.

Au total la 2ème Escadre Aérienne néerlandaise dispose de 88 appareils ce qui semble peu mais le réservoir humain disponible est très limité au point qu’une rumeur jamais confirmée prétend que les néerlandais ont naturalisé des étrangers refusés pour de bonnes ou de moins bonnes raisons par leurs armées de l’air respectives et ainsi compléter les effectifs.

L’escadre est opérationnelle seulement à l’été 1952. Elle va être engagée sous commandement américain dans la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée puis cette campagne terminée dans l’opération OVERLORD, une opération déclenchée en parallèle de l’offensive américaine aux Philippines, offensive qui vise à envahir la Thaïlande puis à s’emparer dans un premier temps de la Cochinchine avant de remonter toute la péninsule indochinoise.

Avant même la fin de l’opération OVERLORD, les aviateurs néerlandais sont engagés dans l’opération ZIPPER, une offensive visant à reconquérir les Indes Néerlandaises, la Malaisie et Singapour. Cette gigantesque offensive (plus par sa durée que par les moyens engagés) va durer de novembre 1953 à août 1954 avec huit offensives majeures (ZIPPER I à ZIPPER VIII) et des opérations secondaires (bombardements navals et raids commandos).

North American P-51D Mustang 327

North American P-51 Mustang

Les P-51 néerlandais vont opérer d’abord comme chasseurs de supériorité aérienne même si en novembre 1953 l’aviation nippone déployée dans la région fait plutôt pitié qu’envie. Une fois la supériorité aérienne acquise, ils vont opérer comme chasseurs-bombardiers appuyant l’action des P-47.

Les B-25 Mitchell vont eux avoir un double rôle : anéantir les infrastructures japonaise, paralyser leur logistique _qui ne brillait déjà pas par son efficacité_ et surtout interdire la fuite de troupes japonaises en dehors de la zone de l’opération ZIPPER. Ils vont pour cela s’appuyer sur les Privateer qui vont servir aussi bien d’avion de reconnaissance terrestre que d’avion de patrouille maritime ce qui provoquera des frictions avec le Marineluchtvaartdienst, l’aéronavale néerlandaise.

Les Douglas C-47 Skytrain vont eux assurer du transport logistique et des largages mais pas de parachutages de troupes aéroportées, les paras néerlandais ayant intégré une brigade belgo-néerlandaise elle même placée sous le commandement de la 25ème Division de Parachutiste (25ème DP), une Grande Unité (GU) française qui lors de l’opération PHENIX sera larguée essentiellement par des avions américains et australiens.

L’escadre opère d’abord depuis l’Australie avant de s’installer en Insulinde. En décembre 1953, l’opération ZIPPER II voit les alliés prendre pied sur l’île de Sumatra plus précisément dans le sultanat d’Aceh. A la mi-janvier 1954, l’escadre néerlandaise rallie Sumatra pour opérer au dessus de l’ancienne colonie.

Si les modèles d’appareils ne changent pas, de nouveaux avions arrivent naturellement pour remplacer les appareils détruits par l’ennemi ou usés par un emploi intensif sans oublier que le climat tropical n’épargne ni les hommes ni les machines.

A la fin du conflit, l’escadre s’est rassemblée à Batavia tout en détachant des moyens aériens dans tout l’archipel pour maintenir l’ordre, désarmer les troupes japonaises isolées et s’occuper des anciens prisonniers de guerre alliés.

Avant même que la démobilisation ne soit actée, les combats reprennent suite à la volonté des nationalistes d’arracher par les armes une indépendance que La Haye refuse de promettre, parlant d’autonomie dans l’immédiat mais l’indépendance est hors de question.

Les alliés britanniques et australiens sont encore présents (les français se sont vites regroupés en Indochine) mais n’apportent aucune aide aux néerlandais se contentant de défendre leurs bases.

En avril 1955, la 2ème Escadre qui avait été réduite à un squadron de chasse, un squadron de bombardement, un squadron de reconnaissance et un squadron de transport intègre la Koninklijke Luchtmacht, l’armée de l’air indépendante tout juste mise sur pied.

Elle mène des opérations en appui de troupes au sol avec les avions disponibles à la fin de la seconde guerre mondiale mais aussi des appareils et des hommes venus d’Europe. Ce conflit n’est pas officiellement une guerre mais des «opérations de rétablissement de la souveraineté».

Ce qui est sur en revanche c’est qu’en décembre 1959, le général Von Brokelen, commandant en chef des forces armées néerlandaises dans la région annonce au gouvernement qu’une victoire militaire est impossible et qu’il faut négocier.

Le gouvernement la mort dans l’âme s’incline, parvenant à négocier avec les plus modérés une «paix des braves» qui aboutit le 17 mars 1960 à l’indépendance des Indes Néerlandaises qui deviennent la République d’Indonésie.

Les forces armées néerlandaises non sans friction et mauvaise volonté de part et d’autre vont progressivement passer le relais à l’armée indonésienne, lui laissant un peu de matériel mais en rapatriant le maximum signe que si politiquement La Haye et Djakarta se sont entendus, entre militaire sur le terrain, l’entente était nettement plus fraiche.

Les dernières unités aériennes néerlandaises quittent l’Indonésie en décembre 1960. En 1975, signe que les temps ont changé, un exercice militaire commun sera organisé. Cet exercice baptisé «Concorde» (Eendracht/Kerukunan) engage tous les deux ans en alternance aux Pays-Bas et en Indonésie des moyens navals, aériens et terrestres.

Cet exercice à donc été organisé en 1975, 1977,1979, 1983 _l’édition de 1981 à été annulée suite à un tremblement de terre aux Moluques_, en 1985, en 1987, en 1989, en 1991, en 1993, en 1999 (éditions 1995 et 1997 annulées pour raisons politiques), en 2001, 2003,2005,2007 et 2009.

En septembre 2010, le gouvernement néerlandais à annoncé la fin de cet exercice auquel participait souvent d’autres pays, la France participant à l’édition 1983 aux Pays-Bas, à l’édition 1991 en Indonésie, aux éditions 2003 (Indonésie) et 2009 (Pays-Bas). Les raisons étant politico-économiques.

Finalement en mars 2015, Djakarta et La Haye ont signé un accord pour relancer Eendracht/Kerukunan avec une seizième édition en 2017 en Indonésie suivie d’une dix-septième édition prévue aux Pays-Bas en 2020 avec la participation de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Australie, des Etats-Unis, de la Malaisie et de Singapour.

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