Benelux (29) Pays-Bas (29)

La Koninklijke Landmacht dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

En septembre 1948, le gouvernement néerlandais pense que la menace principale est davantage le Japon vis à vis des Indes Néerlandaises que l’Allemagne dont on espère qu’elle respectera la neutralité néerlandaise comme trente-quatre ans plus tôt.

Cette position ne fait cependant pas l’unanimité et même ses partisans reconnaissent mezzo voce ses limites.

Plusieurs éléments explique cette situation à la fois les révélations du colonel Oster sur les plans d’attaque à l’ouest si la guerre de Pologne s’était prolongée mais aussi des incidents de frontière durant ce même conflit ainsi que durant la guerre civile où certaines factions du IIIème Reich avaient tenté d’utiliser le territoire néerlandais comme base arrière voir comme champ de bataille.

Peel Raam Line 8

Blockhaus de la Peel-Ram Line

La mobilisation commence dès le 5 juillet 1948. C’est une mobilisation partielle et discrète pour renforcer l’armée de terre. Depuis la guerre civile allemande (1943-1945), la Koninklijke Landmacht avait musclé son dispositif aux frontières en construisant des blockhaus de campagne,des portes mobiles sur les routes et les ponts, en organisant des patrouilles ce qui entraîna des incidents de frontière avec l’Allemagne.

Les rappelés sont des réservistes ou des conscrits récemment libérés qui sont rappelés sous les drapeaux, certains proposant volontairement leurs services ce qui suscitait parfois l’embarras des autorités militaires locales.

Suite au déclenchement de l’opération WESERUBUNG le 5 septembre 1948, les Pays-Bas décrètent la mobilisation générale des armées de terre, de l’air et de la marine. Il s’agit clairement de mettre sur pied une Festung Holland comme dirait les allemands pour protéger la partie utile du pays tout en évitant de laisser trop de champ libre à l’ennemi d’outre-Rhin.

Soldat néerlandais 1939

Soldats néerlandais posent pour la photo

Douze divisions d’infanterie sont ainsi mises sur pied, des unités mieux équipées et surtout mieux entraînées qu’en septembre 1939. A cela s’ajoute une division de cavalerie ou division légère qui dispose de chars, d’autos blindées et d’unités montées (cyclistes et unités montées) placée en réserve stratégique.

Pantserwagen M-38 6

Pantserwagen M.38

Deux divisions couvrent le nord-est, deux divisions sont déployées dans le sud du Pays-Bas pour coopérer avec la Belgique, quatre divisions tiennent la ligne Amsterdam-Utrecht-Eindhoven, les quatre derniers et la division légère en réserve stratégique prêtes à monter en ligne en cas de besoin (ce qui ne devrait pas tarder).

Durant la période allant du 5 septembre 1948 au 10 mai 1949, les néerlandais tout en maintenant une neutralité de façade vont se rapprocher des alliés pour tenter une coopération pleine et entière. Seulement voilà Paris comme Londres se montrent méfiants vis à vis d’un pays dont on ignore la volonté.

C’est ainsi que par rapport au plan DYLE-BREDA de 1939/40, le plan AUSTERLITZ imaginé par le général Villeneuve ne prévoit pas l’engagement de troupes françaises et britanniques au delà du territoire belge. Officiellement il s’agit d’éviter de trop longues lignes de communication à défendre mais officieusement c’est autre chose.

En janvier 1949, un messager du gouvernement néerlandais se rend à Paris pour converser avec le gouvernement français. Il transmet la volonté ferme d’engager les Pays-Bas aux côtés des alliés si le royaume de Juliana est attaqué par l’Allemagne. En retour, le général Villeneuve accepte de modifier son plan pour tendre la main aux néerlandais mais quand ce plan sera validé par les autorités alliées, les allemands auront déjà attaqué rendant ce plan (AUSTERLITZ II) caduque.

La Campagne des Pays-Bas

Le mardi 10 mai 1949 à l’aube, les allemands déclenchent l’opération FALL GELB (plan Jaune), un plan qui contrairement à ce qu’on écrit souvent n’est pas une simple copie du plan Schlieffen du premier conflit mondial.

Il reprend certes l’idée d’une offensive dans les plaines belges pour contourner la ligne Maginot avec néanmoins des diversions au Luxembourg, en Alsace mais aussi et surtout la conquête des Pays-Bas.

Le choix ne pas épargner les anciennes Provinces-Unies répond à la volonté de ne pas laisser un pays pouvant servir de base à une contre offensive alliée.

Sur le plan technique, les moyens sont différents. Certes une bonne partie de l’armée allemande est encore hippomobile mais elle possède des unités blindées et motorisées augmentant le tempo des opérations.

Fallschirmjäger

Fallschirmjäger à l’entrainement

L’autre nouveauté c’est l’engagement de troupes parachutistes appelées en allemand Fallschirmjäger. Trois divisions aéroportées sont disponibles en septembre 1948, les 3., 5. et 7. Fliegerdivision, divisions regroupées au sein d’un FallschirmjägerKorps qui dépend de la Luftwaffe.

Ces parachutistes ont été engagés en Pologne, au Danemark et en Norvège mais sous la forme de petites unités. Cette fois il s’agit d’engager une division complète en l’occurence la 5. Fliegerdivision.

La mission est de s’emparer des aérodromes de Utrecht, d’Eindhoven, de Rotterdam, de La Haye et d’Amsterdam. En lançant un raid éclair sur ces sites, l’Allemagne espère déstabiliser les néerlandais et faire s’effondrer toute résistance et ainsi faciliter l’action de la 18ème Armée (ex-Armée du Nord) chargée de la conquête des Pays-Bas.

Signe que les allemands ne sous-estiment pas complètement les néerlandais, la 18. Armee va disposer de trois divisions blindées regroupées dans une Panzerkorps et de neuf divisions d’infanterie en trois corps d’armée soit douze divisions (treize en comptant la division parachutiste).

En théorie les allemands et les néerlandais sont quasiment à égalité numérique mais les allemands possèdent trois divisions blindées contre une division légère partiellement blindée côté néerlandais, les divisions d’infanterie néerlandaises sont moins puissantes que leurs homologues allemandes.

La 1ère et la 4ème Division d’Infanterie (1er CA) couvrent le nord-est du Pays notamment la région de Groninguen, la 2ème et la 3ème Division d’Infanterie (3ème CA) sont déployés dans le sud du pays pour aider les belges et éviter un enveloppement du dispositif par le sud.

Pas moins de quatre divisions d’infanterie sont déployés sur une ligne Eindhoven, Utrecht et Amsterdam. Le 2ème CA dispose des 5ème et 6ème DI, le 4ème CA disposant des 7ème et 8ème DI.

Les quatre dernières divisions (9ème, 10ème, 11ème et 12ème DI) sont maintenus en réserve stratégique en compagnie de la 1ère division légère.

De plus les néerlandais devaient défendre tout leur territoire alors que les allemands pouvaient choisir de privilégier telle ou telle zone du territoire néerlandais.

Les plus optimistes pensent régler le problème en une semaine. Il en faudra en réalité deux et encore quelques unités vont résister sur le territoire néerlandais jusqu’au début du mois de juin, certains étant capturés mais d’autres basculeront dans la clandestinité marquant le début de l’Armée Orange, la résistance intérieure néerlandaise mais nous n’en sommes pas là.

A l’aube, alors que les moteurs des chars chauffent voir surchauffent, les chasseurs, chasseurs-bombardiers et bombardiers de la Luftwaffe (Luftflotte 3) se jettent sur les aérodromes néerlandais, belges et français même si il y avait trop de cibles et pas assez d’avions.

L’armée de l’air allemande espère paralyser l’aviation néerlandaise au sol mais ces attaques ont un impact mitigé.

Fokker D.XXI 6

Fokker D.XXI en vol

Des avions sont détruits au sol mais alors que le soleil se lève complètement, les bombardiers allemands ont la désagréable surprise d’être interceptés par des chasseurs néerlandais qu’il s’agisse des vétérans Fokker D.XXI  ou du Fokker D.XXIV (qui aurait du remplacer totalement le D.XXI en septembre 1948).

Quelques bombardiers sont abattus mais très vite la chasse allemande réagit de manière vigoureuse, nombre de pilotes allemands étant des vétérans ayant combattu pour les plus anciens au dessus de la Pologne mais aussi au dessus de la Norvège et du Danemark. On trouve même des pilotes ayant fait la totale : Pologne en 1939, Scandinavie en 1948, Méditerranée et donc Pays-Bas en 1949.

Après ces raids aériens, les parachutistes de la 5. Fliegerdivision sont largués sur les aérodromes avec là encore des résultats mitigés. Si les aérodromes de Utrecht et de Eindhoven sont pris et rapidement sécurisés par l’arrivée de renforts par voie aérienne, si ces sites voient les contre-attaques de la Koninklijke Landmacht brisées, ailleur ce sont de coûteux échecs notamment à Rotterdam, Amsterdam et La Haye.

En effet de nombreux paras sont tués lors de la descente ou au sol par des troupes néerlandaises alertées par les frappes aériens ayant précédé les largages. Certains vont se rendre mais d’autres vont se cacher et resurgir à l’arrivée des unités de la 18ème Armée.

Au nord, les deux divisions d’infanterie résistent et même contre-attaquent, certains soldats néerlandais découvrant trente ans plus tard qu’ils avaient franchit la frontière allemande ! Ces deux divisions vont donner des sueurs froides au haut-commandement allemand qui va craindre une contre-attaque par le flanc pour gêner la progression de la 18ème Armée.

En réalité ces deux divisions sont rapidement hors d’état de mener toute contre-attaque sérieuse, se contentant de résister pied à pied jusqu’au 15 mai 1949 quand elles parviennent à évacuer en direction de la Grande-Bretagne. Elles devaient initialement retourner au combat mais quand cela fût possible, la campagne des Pays-Bas était terminée.

Dès le 13 mai il devient évident que le sort des Pays-Bas est scellé pour la simple et bonne raison que l’armée de l’air néerlandaise à perdu la bataille pour le contrôle de l’espace aérien. A J+4, les avions de la Luftwaffe vont opérer quasiment sans opposition.

Le gros des combats à lieu sur une ligne Amsterdam-Utrecht-Eindhoven. Ils sont violents et sans merci mais Utrecht tombe le 14 mai, Eindhoven quatre jours plus tard, laissant le sud du Pays-Bas, la partie utile du pays particulièrement vulnérable.

Amsterdam tombe ainsi le 20 mai après un violent bombardement aérien qui fait plusieurs milliers de morts. Au lieu de pousser les néerlandais à la reddition cela leur donne encore plus de gnaque. La preuve c’est que trois pilotes allemands enfermés à la prison centrale de La Haye sont lynchés par une foule déchaînée.

Alkmaar chute le 21 mai et Den Helder, la grande base navale de la marine royale néerlandaise en Europe le 22 mai.

Les combats sont toujours violents mais les troupes néerlandaises fatiguent tandis que les alliés commencent à se replier car les belges se replient vers le sud, évacuant rapidement Anvers après avoir consciencieusement saboté les installations portuaires.

La Haye tombe le 23 mai et Rotterdam le 25 mai. L’armée néerlandaise capitule 25 mais peut être fière du travail accompli. Comme le reconnaîtra le général Villeneuve «Ces quinze jours de résistance ont joué un rôle clé en évitant un effondrement complet du front, je doute que nous aurions pu tenir sur La Seine si les néerlandais avaient capitulé au bout de 4 jours».

Seulement 7500 officiers et soldats sont faits prisonniers. La majorité sera envoyée dans des stalag et des oflag en Allemagne. Dans ces camps certains choisiront de s’engager dans la Waffen S.S, d’autres s’évaderont pour reprendre le combat mais la majorité restera prisonnière durant quasiment tout le conflit.

Si la Koninklijke Landmacht capitule le 25 mai, des éléments isolés vont combattre jusqu’au début du mois de juin. Certains sont capturés (et parfois exécutés car considérés comme des francs-tireurs) mais d’autres se lancent dans une résistance active, jouant un rôle clé dans le renseignement, la récupération de pilotes voir le sabotage.

Occupation et libération (juin 1949-avril 1954)

Dès le 17 mai, la reine et le gouvernement ont quitté les Pays-Bas pour la Grande-Bretagne, installant un un gouvernement en exil à Londres.

Tout avait été anticipé puisque dès septembre 1948, l’ambassadeur des Pays-Bas en Grande-Bretagne avait reçut la consigne de trouver des manoirs, des châteaux, des bureaux pour accueillir la reine Juliana, le gouvernement et l’administration (ou du moins ce qui pourrait ou voudrait évacuer).

Très vite (automne 1949) se pose la question de reconstituer une armée néerlandaise pour participer à la suite des opérations. Les néerlandais ont de hautes ambitions mais très vite doivent en rabattre en raison du manque d’hommes et de la nécessité de s’appuyer sur les alliés pour se réarmer.

Un accord franco-britannique est signé le 14 janvier 1950. La France se charge de réarmer l’Armée Belge pendant que la Grande-Bretagne s’occupe de l’Armée néerlandaise.

Pour faire poids, Bruxelles et La Haye s’entendent pour que leurs unités ne forment qu’un bloc uni pouvant ainsi peser sur les alliés dont on soupçonne la volonté de ne pas forcément tenir compte de ces deux «petits» pays.

Le 18 mars 1950, une armée du Benelux est créé même si l’apport du Luxembourg est de l’ordre du symbole (une compagnie d’infanterie, une batterie d’artillerie, un escadron d’autos blindées et quelques officiers). Dès le 2 avril, le nom d’Armée Belge Libre est repris au grand dam des néerlandais qui tout en conservant leurs unités sous commandement belge les regroupent symboliquement sous le nom d’Armée Néerlandaise Libre ou Vrij Nederlands Leger (VNL).

Jusqu’à la fin du conflit il y aura quelques tensions et quelques aigreurs mais dans l’ensemble belges et néerlandais qui après tout partagent plusieurs siècles d’histoire commune vont cohabiter.

Une telle coopération aurait du inciter les alliés à unifier au maximum l’équipement mais ni la France ni la Grande-Bretagne n’avait les moyens à eux seuls d’équiper cette armée. On aurait pu faire des compromis mais ce ne fût pas le cas probablement pour des raisons politiques.

Cette «Armée du Benelux» va comprendre deux corps d’armée belge et un corps d’armée néerlando-belge.

Le 1er CA belge comprend deux divisions d’infanterie, le 2ème CA belge comprend une division d’infanterie et une division blindée alors que le Corps d’Armée néerlando-belge comprend deux divisions d’infanterie néerlandaise et une division d’infanterie belge. On trouve donc au total sept divisions, cinq belges (quatre d’infanterie et une blindée) et deux divisions néerlandaises (deux d’infanterie).

En revanche au sein des corps d’armée, les unités d’appui y compris dans les deux CA belges sont majoritairement néerlandaises.

Au grand dam des deux gouvernements en exil, cette armée opérationnelle fin 1950 n’est pas engagée immédiatement au combat mais placée en réserve stratégique.

Si le front s’est stabilisé sur La Seine fin 1949 (avec Paris comme poche que les allemands ne veulent ou ne peuvent prendre), l’année 1950 n’est pas une année de tranquillité. Les allemands vont tenter à plusieurs reprises de franchir la Seine mais à partir de juin, le déclenchement de l’opération BARBAROSSA contre l’URSS réduisant sacrément leurs possibilités.

A l’été 1950, les alliés considèrent leur front trop solide pour être percé par les allemands. Ils entament alors la planification stratégique visant à libérer le territoire français mais aussi la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas avant de pénétrer en Allemagne.

Le 18 juin 1951, l’opération AVALANCHE est déclenchée. Les alliés franchissent La Seine à plusieurs reprises après une solide préparation d’artillerie, des frappes aériennes pendant plusieurs semaines et un blocus naval des côtes, les navires engagés ouvrant parfois le feu pour empêcher les mouvements des navires légers allemands et pour appuyer la progression des troupes le long de la côte.

Les combats sont violents et impitoyables. On parle souvent d’un conflit à mort sur le front russe mais les combats sur le front occidental ne sont guère moins violents. C’est une lutte impitoyable entre les alliés et les allemands. On ne compte plus le massacre de prisonniers ou de civils, les villages détruits….. .

L’armée belgo-néerlandaise reste en deuxième ligne. Elle ne franchit la Seine qu’au début du mois de juillet pour relever des unités alliées éprouvées par les combats. Le baptême du feu à lieu le 27 juillet en Normandie.

Après la première phase des combats (juin-septembre 1951), l’Armée belgo-néerlandaise est réorganisée avec deux corps d’armée belge (un corps d’armée à trois divisions d’infanterie et un corps d’armée à une division d’infanterie et une division blindée) et un corps d’armée néerlandais avec deux divisions d’infanterie et une division blindée, la division «Princesse Irène» du nom de la sœur de la reine, marraine de la division.

Le 1st Nederland Army Corps reste engagé, la division blindée étant en pointe de l’avancée alliée et va donc participer à la libération du pays. Les deux divisions d’infanterie se relayant au front. Les belges vont opérer avec les néerlandais dans des opérations combinées.

«Quand nous arrivions dans une ville ou un village, les gens étaient d’abord méfiants puis curieux pensant avoir à faire à des anglais, des américains ou des français mais quand ils découvraient que nous étions néerlandais la joie était extraordinaire. Quand vous avez 20 ans, c’est un sentiment merveilleux» comme le dira un jeune lieutenant, le lieutenant Van Osberger qui allait finir trente ans plus tard comme commandement en chef de l’armée néerlandaise.

Les premiers arpents du territoire néerlandais sont libérés début 1952. la première ville majeure à être libérée c’est Breda qui est reprise le 9 mars 1952. Eindhoven suit le 17 mai, Rotterdam le 7 juillet après de violents combats de rue. La Haye est libérée le 19 juillet, Amsterdam le 4 septembre 1952 et Nimégue le 30 novembre 1952.

Le front se stabilise jusqu’au printemps 1953. L’hiver 1952/53 est particulièrement froid et la partie encore sous occupation allemande connait une épouvantable famine («hiver de la faim») à peine compensée par des largages de nourriture par les alliés et l’évacuation de malades et d’orphelins sous l’autorité de la Croix Rouge en dépit de la mauvaise volonté allemande.

Utrecht est libérée le 14 mars 1953, Arnhem le 21 mai, Den Helder le 5 juin 1953, Groninguen dernière grande ville néerlandaise est libérée le 5 novembre 1953.

Ce n’est pas la fin du conflit. Non seulement l’armée néerlandaise va combattre en Allemagne, terminant à Brême le 30 avril 1954 mais en plus il faut nettoyer et sécuriser le pays. En effet, une quasi-guerre civile à ensanglanté le pays, opposant collaborateurs et résistants, les Pays-Bas ayant été dirigés pendant la guerre par un Haut-Commissaire allemand.

Le gouvernement revient à La Haye le 31 mars 1954 alors que le conflit n’est pas terminé. La reine Juliana attendra le 8 mai soit huit jours après la capitulation sans conditions de l’Allemagne.

De nouvelles élections sont organisées en septembre 1954. Une coalition libérale-conservatrice arrive au pouvoir. Elle se lance dans un lent et long travail de reconstruction qui ne sera vraiment achevé qu’à la fin des années soixante.

Sur le plan diplomatique et militaire, La Haye abandonne la neutralité pour rejoindre une alliance occidentale sous le patronage des Etats-Unis.

Des troupes américaines sont ainsi déployées aux Pays-Bas, des unités néerlandaises l’étant dans ce qu’on appelle désormais les Nouveaux Pays Allemands.

La Koninklijke Landmacht est officiellement recréé le 14 mars 1955. Elle tire les leçons du second conflit mondial en décidant de mettre sur pied une puissante force blindée-mécanisée dont une partie sera déployée dans les Pays allemands. Des troupes américaines sont également déployées aux Pays-Bas.

Aujourd’hui l’armée néerlandaise dispose encore de moyens blindés-mécanisés (encore qu’il y à eu une réduction notable) mais les unités légères et d’intervention sont nettement plus nombreuses, la Koninklijke Landmacht étant devenue une véritable armée expéditionnaire.

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