Benelux (28) Pays-Bas (28)

Les Armées néerlandaises dans la Pax Armada

La Koninklijke Landmacht

Pays-Bas (1940)

Soldats néerlandais en 1940. En 1949, la silhouette n’à guère changé mais l’armement plus moderne. Surtout la motivation et l’entrainement sont nettement supérieurs à celui du printemps 1940. 

La guerre de Pologne s’achève sans que les Pays-Bas n’ait eu à s’engager pleinement dans un camp ou dans l’autre. Tout va bien ? Non pas totalement car La Haye apprend grâce au colonel Oster qu’en cas d’attaque à l’ouest, les anciennes Provinces-Unies n’auraient pas été épargnées par les allemandes.

Comme il est peu probable que Berlin change dans les années à venir il faut réorganiser et moderniser l’armée en métropole.

Peu de politiciens néerlandais pensent que l’armée néerlandaise pourra seule défendre le pays contre un assaut allemand décidé. Néanmoins en modernisant la Koninklijke Landmacht La Haye espère si ce n’est dissuader les allemands d’attaquer d’offrir un meilleur parti aux franco-britanniques.

Les investissements qui avaient augmenté entre 1936 et 1939 sont encore accrus. Si l’effort concernant la marine est le plus connu, l’armée de terre n’est pas négligée.

Renault FT mitrailleur 10

Renault FT version char mitrailleur

En septembre 1939, le seul char néerlandais disponible est un Renault FT hors service. Son conducteur n’est formé qu’à l’évitement des obstacles antichars ! Le reste des véhicules blindés est composé de trente-neuf véhicules blindés et de cinq chenillettes Carden-Lloyd pour l’artillerie.

Hotchkiss H-39

Le Hotchkiss H-39

Neuf ans plus tard, la situation est nettement meilleure avec rien qu’aux Pays-Bas 90 Hotchkiss H-39 réarmés avec un canon de 47mm en remplacement du canon de 37mm d’origine, les canons de 37mm servant à réarmer certaines autos blindées ou précieusement stockés au cas où.

L’armement léger est également modernisé même si il existait d’importantes carences dans le domaine des armes automatiques avec un manque criant de pistolets mitrailleurs et de mitrailleuses modernes.

L’artillerie qu’elle soit sol-sol, antichar ou antiaérienne faisait plutôt bonne figure. En revanche l’artillerie lourde était obsolète ou peu s’en faut. Il faut dire que les programmes de Zware artillerie ont été lancés en 1947 et que les pièces prévues ont été commandées en Allemagne et que Berlin n’avait aucun intérêt à livrer en temps et en heure les canons commandés.

Des fortifications sont aménagées, le programme d’inondation augmenté pour ralentir les allemands. Comme le dira un colonel néerlandais «Gagner du temps était notre obsession au point que certains auraient voulu déclencher une attaque préventive contre les concentrations de troupes allemandes».

Toutes les carences n’ont pas été éliminées mais quand en septembre 1948 éclate le second conflit mondial, les chefs de l’armée néerlandaise sont nettement plus confiants qu’au printemps 1940.

La mobilisation est enclenchée dès l’été 1948 en toute discrétion même si les service de renseignement allemands alertent le duo Himmler/Heydrich sur cet événement.

Il faut cependant attendre septembre 1948 pour que la mobilisation prenne sa vitesse de croisière avec le rappel des réservistes et des conscrits tout juste démobilisés, la mise en place des fortifications de campagne, du dispositif d’inondation…… .

Officiellement il s’agit comme en 1914 de faire respecter la neutralité du pays mais personne n’y croit comme le rappelle l’ambassadeur d’Allemagne au premier ministre néerlandais («C’est sûrement pour cela qu’il y à des officiers néerlandais à Douvres et à Vincennes») et tout le monde sait qu’il s’agit au minimum de faire respecter les frontières terrestres, maritimes et aériennes du pays et au maximum de servir de tremplin pour une offensive franco-britannique en direction de la plaine germano-russe.

Durant l’automne 1948 quelques incidents terrestres, aériens et maritimes ont lieu entre néerlandais et allemands mais ni La Haye ni Berlin ne mettent de l’huile sur le feu car ce n’est dans l’intérêt de personne.

Les néerlandais parce que Paris et Londres font immédiatement savoir qu’il n’apporteront leur aide qu’en cas d’invasion avérée des allemands et les allemands parce qu’ils sont déjà bien occupés en Scandinavie.

Le 10 mai 1949, à l’aube alors que le temps est médiocre, des dizaines d’avions allemands, chasseurs, chasseurs-bombardiers et bombardiers fondent sur les aérodromes, les ports, les sites stratégiques néerlandais pour frapper un gros coup.

Cette fois contrairement au premier conflit mondial, Les Pays-Bas n’allaient pas échapper à la tornade d’un nouveau conflit majeur en Europe.

La Koninklijke Nederlandse Indische Leger

La situation de la KNIL est encore plus complexe que celle de la koninklijke Landmacht. Non seulement la menace est prégnante _le Japon ne fait pas mystère de sa volonté de s’emparer des ressources des Indes Néerlandaises_ mais en plus le territoire à défendre est tout simplement gigantesque.

Rappelons en effet que rapporter à l’Europe c’est comme si un état s’étendait de l’Irlande à la mer Caspienne !

Impossible donc de défendre toutes les îles. Les néerlandais vont se concentrer sur Borneo, Java et Sumatra notamment les puits de pétrole, les plantations de caoutchouc et les quelques rares usines (une timide industrialisation avait été lancée durant la Pax Armada) en laissant à l’aviation et à la marine le soit de couvrir dans la mesure du possible les autres territoires.

Une sorte de défense totale est mise en place, des groupes de civils s’arment pour défendre des iles isolées, d’autres se préparent à fuir dans la jungle pour échapper aux japonais et à leur atrocités (les exactions nippones en Chine sont dans toutes les mémoires).

La KNIL aligne donc au début des années quarante à la fois des engagés qu’ils soient européens (6000) ou indigènes comme on disait à l’époque (28000) et des conscrits qui étaient au nombre de 42000 en 1941 portant le total des effectifs 77000 hommes en comptant les 1000 officiers.

On trouve également 6000 miliciens, un patchwork improbable de gardes locales, de gardes indigènes, de civils armés.

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Les effectifs vont peu augmenter en revanche l’armement est modernisé avec notamment l’arrivée de chars, quarante chars de combats sont envoyés aux Indes Néerlandaises, seize Renault R-40 et vingt-quatre gevechstank modèle 1944.

Ce dernier est le premier et le dernier char néerlandais de l’histoire. C’est une copie améliorée du Renault R-40 avec un moteur plus puissant, un blindage amélioré et surtout un canon de 47mm long d’origine néerlandaise en remplacement du canon de 37mm long des chars français (il était prévu d’uniformiser le calibre des canons de char mais cela ne put se faire à temps). De l’artillerie est également envoyée tout en sachant qu’il faudrait faire bien plus.

Les unités sont totalement réorganisées pour faire non plus de la police coloniale mais s’opposer à une offensive de vive force menée par une armée bien équipée et bien entraînée.

C’est ainsi que la KNIL dispose au printemps 1950 de quatre divisions d’infanterie appelées Oost-Indische Division (Division des Indes Orientales), une division d’infanterie comparable aux divisions métropolitaines.

La 1. Oost-Indische Division est déployé à Sumatra pour couvrir notamment la capitale Batavia, les 2. et 3. Oost-Indische Division sont déployées à Borneo et la 4. Oost-Indische Division est à Java.

A ces quatre divisions s’ajoute trois compagnies indépendantes de chars, la 1ère compagnie est déployée à Batavia, le 2ème compagnie à Borneo et la 3ème à Sumatra dans la région d’Aceh. Des autos blindées sont également présentes ainsi que des camions protégés, des camions de livraison réquisitionnés recevant une cuirasse pour permettre le transport de troupes sous protection.

On trouve des unités indépendantes du type compagnie ou bataillon dispersées sur les ilôts moins pour des motifs militaires que politiques (faire respecter la souveraineté néerlandaise). Ces unités sont moins entraînées et moins bien équipées que les Oost-Indische Division.

Au combat le meilleur cohabitera avec le pire, des unités indépendantes se battront jusqu’à la mort tandis que d’autres se volatiliseront à la seule vue de quelques soldats nippons, d’avions japonais ou de navires de la Nihon Kaigun.

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