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La Koninklijke Marine dans la Pax Armada : croiseurs de bataille et porte-avions pour les Pays-Bas

Généralités

En septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne, la marine néerlandaise est une petite marine en dépit de ses lourdes servitudes coloniales. Ce n’est pas étonnant car les investissements ont été insuffisants ce qui entraînait un manque de vocation pour la carrière militaire. Neuf ans plus tard la situation à radicalement changé grâce à un investissement massif durant la Pax Armada en terme financier, humain et stratégique, la politique navale néerlandaise étant souvent citée en exemple par sa cohérence et sa sagacité.

Outre la construction de navires, le gouvernement néerlandais se préoccupa des infrastructures métropolitaines et coloniales, de la carrière militaire pour tirer la quintessence de navires dont les capacités intrinsèques n’avaient rien à envier aux réalisations étrangères.

HMS Colossus (R-15) 1945

Le HMS Colossus. Le Wilhem van Oranje appartenait à la même classe

Un porte-avions léger, trois croiseurs de bataille, six croiseurs légers, quatorze destroyers, des torpilleurs, des sous-marins. Cette montée en puissance qui aura des répercussions après guerre et même durant le conflit, certains mauvais esprits estimant que ces lourds investissements ont eu un impact négatif sur la modernisation des armées de terre et de l’air notamment pour défendre la métropole.

Durant le conflit, des navires étrangers seront transférés à la Koningklijke Marine en raison de la perte des chantiers nationaux mais ceci est une autre histoire.

Porte-avions

Après une période d’expérimentation et de talonnements, le porte-avions s’imposa comme un outil incontournable pour toute marine majeure. Seulement le porte-avions était un outil coûteux qu’on ne pouvait pas acquérir en nombre suffisant pour couvrir tout le spectre opérationnel.

Des solutions furent étudiées comme la transformation de pétroliers et de cargos mais cette idée se heurta au scepticisme des marins et à l’hostilité des partisans des «ponts-plats» contre ces «porte-avions au rabais» notamment.

Émergea chez Vickers Shipbuilding l’idée d’un porte-avions économique, un vrai navire militaire et non une transformation mais un navire simple et peu coûteux à construire.

Ce projet va attirer l’œil de la France qui va commander deux unités avant que la Grande-Bretagne ne suive avec deux unités également.

Le succès à l’export ne va pas tarder avec une unité exportée en Argentine, deux unités commandées par le Canada, une unité pour la marine australienne et une unité pour la marine néerlandaise.

Le contrat est signé en septembre 1944. Baptisé HMNLS Wilhem van Oranje (Guillaume d’Orange dit le Taciturne, le leader à l’origine de l’indépendance néerlandaise au 16ème/17ème siècle), il est mis en service au printemps 1948, arrivant aux Indes Néerlandaises à l’été peu avant le début du second conflit mondial.

Il semble que la commande d’une deuxième unité à été étudiée mais abandonnée faute de temps et peut être en raison de la crainte de ne pas posséder le personnel nécessaire.

En Insulinde, le porte-avions assurait la couverture aérienne des trois croiseurs de bataille, l’éclairage, l’appui des unités légères, la lutte anti-sous-marine et quelques transports d’avions au profit de l’aviation de l’armée des Indes Néerlandaises.

Grumman F6F-5 Hellcat 2

Grumman F6F Hellcat

Son groupe aérien était composé de chasseurs-bombardiers Grumman F6F-3 Hellcat, de bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless et d’avions-torpilleurs Fairey Albacore produits au Canada.

Croiseurs de bataille

croiseur de bataille Scharnhorst

Croiseur de bataille KMS Scharnhorst. Les trois croiseurs de bataille de classe Nieuw Nederland ont récupéré les tourelles triples de ce battlecruiser et de son sister-ship

Comme nous l’avons vu plus haut, la marine néerlandaise avait envisagé en 1912/13 d’acquérir des cuirassés type dreadnought entre quatre et neuf unités, projet abandonné en raison du déclenchement du premier conflit mondial qui rendait impossible la construction à l’étranger d’un cuirassé ou d’un croiseur de bataille.

Au milieu des années trente, l’appétence des néerlandais pour le cuirassé renaît de ses cendres suite à la montée en puissance de la marine japonaise.

La Haye sait que le Japon à pour ambition de s’emparer des Indes Néerlandaises et notamment de son pétrole et de son précieux caoutchouc. Pour assurer la défense de son joyau, les moyens déployés dans la future Indonésie sont renforcés notamment au niveau aérien et naval.

Les néerlandais estimant que les japonais vont utiliser leurs cuirassés et leurs porte-avions contre les Philippines et les colonies britanniques, leurs croiseurs lourds et légers contre les Indes Néerlandaises, des croiseurs de bataille vont suffirent.

Problème, les néerlandais n’ont aucune expérience dans le domaine de la conception et de la construction de navires de combat de ce type.

Ils vont se tourner vers l’Allemagne qui leur transmet les plans des Scharnhorst et leur vend les canons de 280mm des Scharnhorst et Gneisenau, vente effective quand «Salmon» et «Gluckstein» seront réarmés avec des canons de 380mm. D’autres canons de 280mm vont être acquis pour une troisième unité.

On assiste donc à un paradoxe assez savoureux si l’on peut dire puisqu’on voit un pays aidé son voisin à renforcer les défenses d’un territoire visé par son allié !

Les trois unités de projet 1047 ne sont pas de simples copies des Scharnhorst. La coque est quasiment identique (encore que équipée d’origine avec une étrave dite Atlantique), les superstructures semblables puisque que les trois pantserschip de la Koninklijke Marine vont être armés de neuf canons de 280mm en trois tourelles triples.

Le reste de l’armement est revanche différent avec des canons de 120mm Bofors polyvalents, des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors, des hydravions mais pas de tubes lance-torpilles.

Ces trois navires sont baptisés Nieuw Nederland (Nouvelle Hollande), Oranje Nassa (Orange-Nassau) et Nederlands Indie (Indes Néerlandaises), leur construction étant assurée aux Pays-Bas, la première unité étant mise en service en 1944, la seconde en 1946 et la troisième en 1948.

Croiseurs

La marine néerlandaise ne disposa jamais de croiseurs lourds, de croiseurs type Washington. A l’époque où ce type de navire était en vogue, les ambitions de la Koninklijke Marine étaient trop limitées pour justifier un tel investissement.

Quand la marine néerlandaise eut des moyens plus élevés, ce type de navire était un peu passé de mode et elle préféra limiter son ambition à des croiseurs légers armés de canons de 6 pouces (152mm).

En septembre 1939, elle dispose déjà de croiseurs légers qui sont les plus grosses unités alors en service.

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Le HMS Java

Si les Gelderland et Noordbrabant sont déjà quasiment désarmés (ils ont été mis en service en 1900), la marine néerlandaise aligne les croiseurs légers Java et Sumatra mis en service respectivement en 1925 et 1926 et en voie de quasi-obsolescende ainsi que les très modernes De Ruyter et Tromp (qui appartiennent à des classes différentes).

A cela s’ajoute une deuxième unité de classe Tromp baptisée Jacob van Heermskerck alors en cours de construction plus deux unités d’un modèle nouveau _oui encore_ , les futurs Eendracht et De Zeven Provincien qui seront ultérieurement rejoints par une troisième unité baptisée Kijkduin.

Durant la Pax Armada, les Java et Sumatra seront désarmés remplacés par les unités de classe Eendracht.

En septembre 1948, la marine néerlandaise disposera de six croiseurs légers, deux déployés en Europe (Tromp, Jacob Van Heermskerck) et quatre déployés aux Indes Néerlandaises (De Ruyter, Eendracht,De Zeven Provincien et Kijkduin), une flotte hétérogène mais moderne.

Durant la période 1940-1948, la marine néerlandaise travailla sur des croiseurs légers antiaériens mais aucun projet ne déboucha sur une construction. Ils serviront de base à la mise au point après guerre de deux croiseurs légers à canons de 152mm pour participer à la défense de l’Europe.

Destroyers

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Le HMNLS Korteaner (classe Admiralen)

Bien entendu la marine néerlandaise ne peut passer à côté du destroyer qui est un navire de base pour le combat antisurface, un navire rapide, puissant et bien armé avec une artillerie médiane et plus ou moins de tubes lance-torpilles.

En septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne, elle ne dispose que de huit destroyers déjà anciens de classe Admiralen (Van Ghent,Evertsen,Kortenaer,Piet Hein,Van Galen,Witte de With,Banckert et Van Nes) plus quatre destroyers de classe Gerald Callenburgh en construction.

La flotte va être progressivement renouvelée et augmentée pour permettre la protection du porte-avions et des croiseurs de bataille.

C’est ainsi qu’en septembre 1948 on trouve en Europe six destroyers et aux Indes Néerlandaises huit destroyers soit quatorze unités.

Ces quatorze unités sont répartis entre quatre unités de classe Admiralen (Van Galen, Witte de With,Banckert et Van Nes), quatre unités de classe Gerard Callenburgh (Gerard Callenburgh, Isaac Sweers,Tjerk Hiddes et Philips Van Almonde) et six unités de classe Holland (Holland, Zeeland,Noord-Brabant,Gelderland,Friesland,Groningen), une évolution des précédentes.

Quatre destroyers de classe Limburg étaient en construction quand le second conflit mondial éclate, unités baptisées Limburg, Overijssel,Drenthe,Utrecht. Lors de l’invasion allemande, les Limburg et Overijssel étaient bien avancés, le Drenthe tout juste lancé et l’Utrecht sur cale.

Les deux premiers appareillent sous les bombes allemandes et parviennent à se réfugier en Angleterre où ils seront achevés et mis en service.

Le Drenthe sera sabordé (relevé par les allemands, remis en service et coulé par l’aviation……néerlandaise) alors que les éléments de l’Utrecht sur cale sont détruits par les néerlandais avant l’évacuation du chantier naval de Flessingue où il était en construction.

Torpilleurs légers

Pour compléter leurs destroyers, les néerlandais décident de construire des torpilleurs légers dont le modèle va inspirer le Corps Naval Belge (CNB).

Douze torpilleurs légers de classe Wolf sont mis en service entre 1940 et 1948, six déployés au Helder et six aux Indes Néerlandaises.

Il s’agissait de navires de 1200 tonnes, filant à 34 nœuds avec un armement composé de quatre canons de 100mm, six tubes lance-torpilles de 533mm, une DCA légère et des armes anti-sous-marines.

D’autres navires devaient être construits mais aucun n’était sur cale quand les allemands envahissent le pays. Il s’agissait d’une évolution des unités de classe Wolf.

Sous-marins

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Le sous-marin O-15

La Koningklijke Marine se dote de sous-marins dès le début du 20ème siècle. Ces torpilleurs submersibles sont pour l’essentiel de conception nationale. Durant la période 1919-1935, des bureaux d’études allemands sont présents aux Pays-Bas pour contourner l’interdiction d’étudier, de fabriquer et d’utiliser des sous-marins.

En septembre 1939, la marine néerlandaise dispose de sous-marins en Europe mais aussi en Outre-Mer où la marine à un rôle de premier plan dans la défense des Indes Néerlandaises.

Si les sous-marins «européens» ont reçu la lettre O suivit d’un chiffre ou d’un nombre, les sous-marins destinés à opérer en Insulinde ont reçu la lettre K suivit d’un chiffre romain. Cette distinction disparaît à la fin des années trente, tous les sous-marins néerlandais recevant la lettre O avec un chiffre ou un nombre.

Quand éclate la guerre de Pologne, la marine batave dispose de vingt-deux sous-marins, onze type O (O-8 O-9 O-10 O-11 O-12 O-13 O-14 O-15 O-16 O-19 et O-20) et onze type K (K-VIII K-IX K-X K-XI K-XII K-XIII K-XIV K-XV K-XVI K-XVII et K-XVIII).

Cette flotte est assez ancienne avec seulement la moitié des navires mis en service dans les années trente. Elle va cependant être renouvelée durant la Pax Armada.

Quand éclate la guerre de Pologne, sept sous-marins type O-21 sont en construction. Baptisés O-21 à O-27 ils sont mis en service entre 1940 et 42 ce qui permet le désarmement du O-8 (démoli), des O-9, O-10, O-11 (le premier est coulé comme cible, le second démoli, le troisième sert de sous-marin d’entrainement) ainsi que des K-VIII, K-IX et K-X qui sont coulés comme cibles ou démolis sur place aux Indes Néerlandaises.

D’autres sous-marins auraient du être construits mais les budgets n’ont pas suivis tout comme la surcharge des chantiers navals néerlandais. Il semble qu’une construction à l’étranger à été étudiée mais n’à pas débouché sur du concret.

Résultat en septembre 1948, la Koningklijke Marine dispose de seize sous-marins, six déployés en Europe et dix déployés aux Indes Néerlandaises.

C’est donc une diminution du nombre d’unités mais ces unités sont plus modernes donc on espère compenser la quantité par la qualité.

En Europe, on trouve les O-12, O-13,O-14,O-15, O-19 et O-20 tandis qu’outre-mer sont déployés les K-XVI, K-XVII,K-XVIII mais aussi les O-21, O-22,O-23,O-24,O-25,O-26 et O-27.

Navires légers

La marine néerlandaise dispose également de navires légers essentiellement destinés à la patrouille.

Cette flotte est très ancienne en septembre 1939 mais elle va peu à peu être renouvelée durant la période de la Pax Armada avec à la fois des navires de présence mais aussi des navires destinés à l’escorte et à la lutte contre les submersibles.

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La canonnière Christiaan Cornelis

On trouve ainsi une canonnière mise en service en 1905, la Christiaan Cornelis stationnée aux Pays-Bas comme canonnière fluviale. Elle n’est plus vraiment opérationnelle en septembre 1939 et sera retirée du service en avril 1940 après un incendie qui ne fit heureusement aucune victime parmi ses douze hommes d’équipage. Relevée, elle est feraillée.

On trouve encore plus ancien avec les neuf canonnières fluviales de classe Thor (Balder, Braga,Bulgia,Freyr,Hadda,Hefring,Thor,Tyr et Vidar) mises en service au 19ème siècle (une en 1880, une autre en 1894, une en 1877, une en 1878 et cinq en 1879), des navires destinées à défendre les fleuves de la métropole néerlandaise. Ces navires vont être désarmés entre 1941 et 1943 avant d’être démolis.

On trouve également les canonnières de classe Gruno (Gruno Friso Brinio) mises en service en 1915 pour les deux premiers et en 1914 pour le troisième. Ces navires de 581 tonnes sont destinés à couvrir les mouilleurs de mines mais sont obsolètes en septembre 1939.

Elles sont encore en service en septembre 1948 après une solide modernisation avec notamment une DCA renforcée qui ne se révéla pas suffisante puisque les trois navires seront coulés par la Luftwaffe. Si les Friso et Brinio sont définitivement perdues, la Gruno est relevée par les allemands, remise en service comme patrouilleur avant d’être définitivement coulée au cours du conflit.

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Les deux sloops de classe Flores ont été mis en service en 1926. Ils sont toujours en service en septembre 1939 et après modernisation, les Flores et Soemba sont toujours déployées outre-mer pour faire respecter la souveraineté néerlandaise sur la future Indonésie.

La canonnière Johan Maurits van Nassau à été mise en service en 1933 pour permettre la défense des Antilles Néerlandaises. C’est une évolution des Flores. Elle va passer tout le second conflit mondial dans la région, escortant les convois et pourchassant les sous-marins ennemis.

Le Van Kinsbergen est officiellement un navire d’entrainement au tir destiné à remplacer le vieux croiseur Gelderland mais il est prévu qu’en temps de paix il deviennent un sloop pour des patrouilles et des escortes dans les eaux métropolitaines. Mis en service le 24 août 1939, il est naturellement toujours en service neuf ans plus tard.

Commandées en 1938, les trois canonnières K-1, K-2 et K-3 devaient initialement remplacer les trois Gruno mais comme nous venons de le voir ce ne fût pas le cas. Quatre autres navires furent commandés en 1939 et les deux autres en 1941.

Ces neuf navires étaient initialement connus sous la désignation peu glamour de K-1 à K-9 mais en septembre 1944 ils ont été rebaptisés du nom des canonnières de classe Thor.

La K-1 est rebaptisée Balder alors que la K-2 est rebaptisée Braga. Si la K-3 devient la Bulgia, la K-4 est rebaptisée Freyr. La K-5 est rebaptisée Hadda, la K-6 est devenue la Hefring, la K-7 est devenue la Thor, les K-8 et K-9 devenant respectivement les Tyr et Vidar.

Quatre sont déployées en métropole (K-1, K-3, K-7 et K-9) et cinq aux Indes Néerlandaises (K-2, K-4,K-5,K-6 et K-8) pour des missions de patrouille et d’escorte.

En septembre 1939, la Koninklijke Marine commande six chasseurs de sous-marins d’abord baptisés A à F.

Ce projet va traîner en longueur suite à des hésitations sur la propulsion. Initialement, il était prévu une propulsion par machine à vapeur mais finalement on préféra choisir une propulsion diesel.

Ces navires ne reçoivent pas de noms mais la simple désignation OJ (Onderzeeër Jager chasseur de sous-marins) suivit d’un chiffre de 1 à 6. Ces navires ont été construits pour opérer en Europe et mis en service entre 1945 et 1947.

Leur pendant «indonésien» est constitué de vedettes anti-sous-marines qui elles aussi ne reçoivent pas de noms mais une désignation OJ(I] (Onderzeeër Jager [Indische]) suivit d’un chiffre ou d’un nombre puisque vingt-quatre navires étaient prévus. Seize seulement furent produits et mis en service entre 1944 et 1949.

Navires de guerre des mines

La mine marine au rapport coût/efficacité inégalable est au cours de la stratégie navale néerlandaise notamment pour la défense des côtes. Jusqu’au début de la Pax Armada, la stratégie prévoyait que la marine soit concentrée aux Indes et qu’en métropole ne soit laissés que des moyens symboliques.

A partir de 1943/44, la mise en service de destroyers, de torpilleurs légers et de croiseurs permet d’envisager une stratégie plus offensive. C’était aussi un calcul de La Haye : en cas d’intégration à une coalition alliée, l’activité de la Koningklijke Marine en Europe serait un argument qui jouerait en faveur ou en défaveur du poids politique des Pays-Bas.

Rappelons qu’en septembre 1948, la flotte néerlandaise en métropole comprenait deux croiseurs légers, six destroyers, six torpilleurs légers et six sous-marins pour ne citer que les unités principales. C’était une petite escadre qui pouvait faire autre chose que de simplement couvrir les côtes.

La stratégie navale métropolitaine néerlandaise prévoyait la mise en place d’imposants champs de mines défensifs qui devaient empêcher le blocus des côtes néerlandaises voir un débarquement allemand sur des côtes qui avaient reçu des défenses plus modernes.

Pas étonnant que la marine royale néerlandaise dispose de nombreux navires de guerre des mines qu’il s’agisse de mouilleurs ou de dragueurs. Même situation aux Indes Néerlandaises.

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Le HMNLS Hydra

En septembre 1939 on trouvait deux mouilleurs de mines de classe Hydra, les Hydra et Medusa, des navires mis en service respectivement en 1912 et 1911.

Déplaçant 678 tonnes à pleine charge, ils pouvaient transporter entre 73 et 96 mines marines. C’était les premiers vrais mouilleurs de mines néerlandais, les navires précédemment utilisés étant des conversions. Ils étaient toujours en service en septembre 1948 et entamèrent aussitôt la mise en place des champs de mines prévus.

Les deux unités de classe Douwe Aukes (Douwe Aukes et Van Meerlant) étaient une évolution des précédents avec notamment une distance franchissable plus importante. Tout comme leurs ainés, ils étaient utilisés en temps pour des missions de transport et de «service public» comme l’assistance la pêche ou encore l’entretien des digues dont on connait l’importance pour un pays aussi peu élevé que les Pays-Bas.

Mis en service en 1922, ces navires de 748 tonnes transportant 87 à 108 mines étaient toujours en service en septembre 1948 et vont avec les Hydra mouiller les champs de mines défensifs pour empêcher un blocus des côtés néerlandaises.

Officiellement aucun pays n’était mentionné mais cela faisait peu de doute que La Haye craignait davantage un blocus allemand qu’un blocus allié encore que dans l’histoire les relations anglo-néerlandaises pouvaient parfois être tendues (doux euphémisme).

Le Nautilus mis en service en 1930 était un navire à double usage. Comme il était difficile de justifier la construction d’un mouilleur de mines dédié, les marines lui accordait souvent une mission du temps de paix. Le Nautilus (1056 tonnes, 40 mines, 14 nœuds) pouvait aussi servir de transport et de navire d’assistance à la pêche.

Le Jan van Braker mis en service en 1936 était assez semblable au précédent. Déplaçant 715 tonnes, filant à 15 nœuds et pouvant embarquer jusqu’à 60 mines, il disposait d’un armement plutôt solide lui permettait de jouer les patrouilleurs et les escorteurs de fortune. Il va d’ailleurs plus être utilisé dans ce rôle que dans le rôle ayant présidé à sa conception.

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Le Willem van der Zaan

Le Willem van der Zaan mis en service au printemps 1940 est le dernier mouilleur de mines construit par la marine néerlandaise en métropole. Conçu pour être également utilisé comme transport et comme navire-école, il déplaçait 1407 tonnes à pleine charge, pouvait filer à 15 nœuds et embarquer entre 90 et 120 mines. Bien armé, c’était le premier mouilleur de mines pouvait faire mieux que se défendre en cas de rencontre avec des navires légers ennemis comme des torpilleurs ou des destroyers.

Le mouilleur de mines Pro-Patria mis en service en 1923 était l’un des premiers navires construits par l’Arsenal de Soerabaja. Voilà pourquoi ce mouilleur de mines de 612 tonnes n’était pas une totale réussite avec une vitesse limitée et une maniabilité qui aurait pu être meilleure. Il pouvait embarquer 60 à 80 mines. En septembre 1948, le navire va surtout servir de transport, le Japon restant provisoirement neutre.

Les choses de ne s’améliore pas avec l’unique Krakatau mis en service le 11 décembre 1924 et qui chavire le 11 octobre 1932. Remis en état avec l’aide d’ingénieurs américains, le navire déplaçait 982 tonnes et pouvait embarquer jusqu’à 150 mines.

Le Rigel mis en service en novembre 1931 était un navire particulier puisqu’il servait en temps de paix de yacht pour le gouverneur général des Indes Néerlandaises. C’était un navire de 1631 tonnes, filant à 12.7 nœuds et pouvant embarquer 150 mines.

Les deux unités de classe Prins van Oranje construites aux Pays-Bas et mis en service en 1932 étaient des navires de 1291 tonnes, filant à 15 nœuds et pouvant embarquer 150 mines. Ils sont rapidement déployés aux Indes Néerlandaises pour renforcer là-bas la capacité de mouillage de mines de la marine néerlandaise. Ces deux unités baptisées Goudden Leeuw et Prins van Oranje sont toujours en service en septembre 1948.

En mars 1945 et septembre 1946 deux mouilleurs de mines sont mis en service aux Indes Néerlandaises.

Baptisés Aceh et Celebes, ces deux navires déplaçaient 2000 tonnes, pouvaient filer à 25 nœuds avec un armement solide (trois canons de 120mm, canons de 20 et de 40mm, armes anti-sous-marines). Ils furent conçus pour être aussi bien des transports, des navire-écoles que des mouilleurs de mines. Ils vont jouer un rôle majeur dans la défense désespérée des Indes Néerlandaises contre l’impérialisme nippon.

Aux côtés de ces mouilleurs de mines de premier rang on trouve également des mouilleurs de mines auxiliaires comme le Soemenep mis en service en 1931 comme remorqueur (227 tonnes, 10 nœuds, 26 mines), les deux unités de classe Regulus (Regulus et Ram) utilisés en temps de paix comme ravitailleur d’hydravions. Il s’agissait de navires de 2200 tonnes, filant à 18/20 nœuds pour une capacité en mines de 80 à 120 mines selon les modèles.

Quand la tension en Asie-Pacifique deviendra telle qu’un conflit était plus que probable, le gouvernement néerlandais réquisitionnera de nombreux navires marchands pour accroitre ses capacités en terme de mouillage de mines.

Mouiller des mines c’est bien mais il faut aussi pouvoir neutraliser celles mises en place par l’ennemi.

Les premiers navires étaient quatre remorqueurs en construction durant le premier conflit mondial et qui furent rachetés sur cale par la marine néerlandaise et qui devinrent les M-1, M-2,M-3 et M-4, le M signifiant Mijnenveger (dragueur ou chasseur de mines) soit le contraire d’un Mijnenlegger (mouilleur de mines).

Ces navires de 200-230 tonnes, filant à 10 nœuds étaient encore en service mais ils ont été désarmés entre 1943 et 1945 car totalement obsolètes. Ils connurent une deuxième carrière au printemps 1949 quand ils furent sabordés pour bloquer les ports et empêcher leur utilisation par les allemands. Ces derniers les renflouent mais les envoient directement à la casse mais ceci est une autre histoire………… .

Les premiers vrais dragueurs de mines néerlandais sont mis en service seulement au début des années trente.

Inspirés des derniers dragueurs de mines allemands du premier conflit mondial, ils furent envoyés dès leur mise en service aux Indes Néerlandaises où ils étaient toujours en septembre 1948. Ces navires poétiquement baptisés A B C et D déplaçaient 179 tonnes, filaient à 14.5 nœuds avec un armement assez faible (un canon de 47mm, trois de 25mm, trois mitrailleuses).

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Le Jan Van Amstel

La principale classe de dragueurs de mines de la marine néerlandaise était la classe Jan Van Amstel composée de quatorze navires mis en service pour huit d’entre-eux dans les années trente et pour les autres durant la Pax Armada. Si six navires furent envoyés aux Indes Néerlandaises, les huit derniers restèrent en métropole.

Ces navires déplaçaient environ 500 tonnes, pouvaient atteindre la vitesse maximale de 15 nœuds avec un armement suffisamment solide pour lui permettre de servir comme patrouilleur et escorteur côtier ce qu’il fit parfois durant le second conflit mondial au cours duquel neuf des quatorze navires furent perdus.

Peu avant le début du second conflit mondial, la marine néerlandaise mit en service en métropole douze dragueurs de mines légers, des mijnenveger legger destinés à opérer dans les estuaires voir sur certains canaux, La Haye craignant que l’Allemagne ne paralyse l’économie du pays en larguant des mines sur les voies d’eau intérieures du pays.

Ces navires qui furent baptisés MVL-I à XII furent tous concentrés en métropole, l’envoi de certains aux Indes Néerlandaises ne se justifiant pas. Ces navires déplaçaient 55 tonnes à pleine charge, pouvaient filer à une vitesse de 12 nœuds et disposaient d’un armement léger composé d’un canon de 40mm, de deux canons de 20mm et de mitrailleuses.

Comme il y à des mouilleurs de mines auxiliaires, il y aura aussi des dragueurs de mines auxiliaires comme six navires utilisés en temps de paix pour la police des mers et le transport, des navires baptisés Alor Aroe Bantam Bogor Ceram et Cheribon, des navires de 145 tonnes, filant à 12 nœuds avec un armement léger à vocation antiaérienne et de légères capacités anti-sous-marines.

Ces navires ayant été mis en service en 1938 ils sont naturellement toujours en service en 1948, quatre en Métropole et deux outre-mer (Ceram Cheribon).

On trouvait également dix navires dérivés des précédents, des navires baptisés Djember, Djombang,Digoel,Djampea,Enggano,Endeh,Flores,Fakfak,Grissee et Garoet. Ces dix navires étaient tous déployés aux Indes Néerlandaises, des navires de 175 tonnes, filant à 12.5 nœuds et disposant d’un armement léger (canons et mitrailleuses).

On trouvait également (bis), les six navires de classe Smeroe, des transports convertibles en dragueurs de mines et pouvant être retransformés en navires marchands après guerre. Ces navires déployés aux Indes Néerlandaises étaient baptisés Rindjani, Merbaboe, Smeroe, Merapi, Slamat et Tjerimai. Ces navires de 60 tonnes, filaient ) 10 nœuds avec un armement léger (mitrailleuses uniquement).

Au début du conflit on verra également la réquisition de chalutiers pour servir de patrouilleurs et de dragueurs de mines auxiliaires.

Navires de soutien

Avec l’augmentation de sa puissance, la marine néerlandaise du également se préoccuper de posséder un train d’escadre bien dimensionné.

-Le Serdang était à l’origine un sloop mis en service en 1897. Il était toujours en service en septembre 1939 mais en septembre 1948 il à été remplacé par un navire plus moderne reprenant son nom.

Déplaçant 820 tonnes à pleine charge, filant à 13 nœuds, ce navire fût un véritable couteau suisse aux indes néerlandaises puisqu’il fût mouilleur de mines entre 1921 et 1926, navire-atelier de 1932 à 1937 puis bâtiment-base de vedettes et d’hydravions de 1937 à son désarmement en 1944. Il termina sa vie sous les bombes japonaises au printemps 1950.

Le Zuiderkruis à été conçu à l’origine comme cablier (pose et maintenance de cables télégraphiques) mais il à été également prévu qu’il puisse être utilisé en cas de conflit comme navire de soutien voir comme croiseur auxiliaire.

Transféré sous l’autorité de la marine néerlandaise aux Indes en septembre 1948, il est transformé à l’arsenal de Soerabaja en navire de soutien, le Zuiderkruis étant finalement jugé trop lent pour être un bon croiseur auxiliaire.

Les travaux achevés en mars 1949, il devient bâtiment-base pour sous-marins et vedettes rapides avec des réserves de carburant, de vivres et de munitions, un petit atelier et des équipements de levage assez puissants.

C’était un navire de 2660 tonnes, filant à 12 nœuds avec un armement composé de deux canons de 75mm, quatre canons de 20mm Oerlikon et des mitrailleuses.

Le Castor était un navire-atelier lui aussi destiné aux Indes Néerlandaises. Voilà pourquoi il à été produit sur place. Mis en service en 1915 comme navire de soutien, il à été transformé en navire-atelier entre 1939 et 1941. C’était un navire de 670 tonnes, filant à 11 nœuds avec un armement limité à quelques mitrailleuses.

Le Janssens était un navire de 2000 tonnes environ, filant à 11 nœuds, légèrement armé. Mis en service en 1935 toujours aux Indes Néerlandaises, il servait de bâtiment-base et de ravitailleur, rôle qu’il allait assurer jusqu’à la fin de la guerre.

Le Poolster était à l’origine un baliseur mis en service aux Indes Néerlandaises en octobre 1939. Il déplaçait 1565 tonnes, pouvait atteindre la vitesse de 12 nœuds avec un armement composé de deux canons de 75mm et de deux mitrailleuses.

Conçu dès l’origine pour servir de ravitailleur d’hydravions, il est transformé à cette fin en octobre 1948, les travaux étant menés à Soerabaja jusqu’en janvier 1949. Il va ainsi soutenir les hydravions de la marine néerlandaise déployés sur place qu’il s’agisse de Dornier Do-24 ou de Consolidated Catalina.

Cela peut paraître étonnant mais jusqu’en 1939, la Koningklijke Marine ne possédait pas de pétrolier en propre, se contentant d’affréter des pétroliers auprès d’armateurs qu’ils soient néerlandais ou étrangers. Ce système était parfait en temps de paix mais bien entendu en temps de guerre était nettement moins pratique.

Les néerlandais n’ont pas attendu la guerre de Pologne pour identifier cette carence mais comme souvent les budgets n’ont pas suivit. Un navire est financé au budget 1939 suivit d’un deuxième au budget 1940. Un troisième va suivre en 1941 et un quatrième en 1943.

Ces quatre navires portent des noms de fleuves néerlandais en l’occurrence Bergsche Maas, Haringvliet,Maas et Lek mis en service respectivement en septembre 1942, en juin 1943, en septembre 1944 et en novembre 1945.

Si le Bergsche Maas, le Haringvliet et le Lek étaient déployés aux Indes Néerlandaises, le Maas est basé au Helder pour soutenir l’escadre métropolitaine. Ces navires de 15000 tonnes à pleine charge, filant à 15 nœuds, embarquant 6640 mètres cubes et disposant d’un solide armement (deux canons de 120mm, deux canons de 75mm, DCA légère).

Ces navires servaient pour ravitailler les dépôts, pour ravitailler les navires au mouillage et même en mer, les quatre pétroliers étant adaptés avec un système emprunté aux américains.

En mars 1946 est mis en service un ravitailleur polyvalent Serdang, un navire construit aux Pays-Bas et conduit aux Indes Néerlandaises. Ce navire déplace 12000 tonnes à pleine charge, peut aller à 20 nœuds avec un armement composé de deux canons de 120mm, huit canons de 40mm et six canons de 20mm.

Il disposait de stocks de pièces détachées, de vivres et de munitions plus un petit stock de carburant. On trouve également un hôpital et d’importantes capacités de levage. Un deuxième navire à été prévu mais jamais mis sur cale en raison du déclenchement du second conflit mondial.

Quand éclate le second conflit mondial, on trouvait l’essentiel du train d’escadre aux Indes Néerlandaises ce qui était logique puisqu’il y avait outre-mer trois croiseurs de bataille et un porte-avions. Comme toutes les autres marines, ce train d’escadre va être renforcé par des réquisitions.

Vedettes lance-torpilles

En dépit des efforts très (trop ?) importants pour renforcer la défense des Indes Néerlandaises, La Haye savait que le Japon pouvait déployer davantage de moyens que les néerlandais. L’idée de mener une guérilla navale avec des vedettes lance-torpilles apparu comme un moyen de renforcer encore les défenses avec un investissement limité. De plus la nature archipélagique des Indes Néerlandaises favorise le hit and run, le frapper et fuir.

Après trois prototypes peu efficients (TM-1, 2 et 3), les néerlandais parviennent à un modèle satisfaisant baptisé TM-4. Dix-huit navires sont commandés en septembre 1943 à l’Arsenal de Soerabaja, des navires mis en service entre 1945 et 1947. Ces navires sont regroupés en deux flottilles de neuf navires.

Ces navires déplaçaient 17.5 tonnes, filaient à 36 nœuds et disposaient d’un armement composé initialement de mitrailleuses et de deux tubes lance-torpilles avant que l’armement soit renforcé avec un canon de 40mm Bofors, deux mitrailleuses de 12.7mm, deux mitrailleuses de 7.62mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

Fairmile C 3

Fairmile C

La métropole est également concernée par l’acquisition de vedettes lance-torpilles. Seize vedettes inspirées des Fairmile C sont commandées à la British Power Boat en septembre 1946 et livrées juste à temps pour participer à la défense des Pays-Bas, les vedettes rapides immatriculées TM-51 à TM-66 déplaçaient 57 tonnes à pleine charge, atteignaient la vitesse maximale de 42 nœuds et disposaient d’un armement composé d’un canon de 40mm Bofors, de deux canons de 20mm Oerlikon et de deux à quatre torpilles (deux torpilles de 533mm ou quatre de 457mm).

D’autres vedettes allaient être utilisées durant le conflit mais ceci est une autre histoire.

Aéronavale

Comme toute marine, la Koningklijke Marine dispose d’une aéronavale, la Marineluchtvaartdienst ou MLD. Cette entité voit le jour en 1914 mais la date retenue pour la création de l’aéronavale néerlandaise est le 18 août 1917 (un meeting aérien organisé chaque année célèbre cette création).

Comme le reste des forces armées néerlandaises, la MLD va être longtemps une entité modeste et ce jusqu’à la fin des années trente quand elle bénéficie d’investissements conséquents.

La pointe de diamant du MLD est naturellement le groupe aérien embarqué sur le HMNLS Wilhem van Oranje, un porte-avions de classe Colossus qui disposait de Grumman F6F-3 Hellcat (choisit après une évaluation l’opposant au Bloch MB-720 _variante embarquée du MB-700 acquis par les polonais et les tchèques dans leurs armées de l’air dites libres_ et au Supermarine Seafire _variante embarquée du Spitfire_), de Douglas SBD Dauntless et de Fairey Albacore.

Fairey Albacore 8

Fairey Albacore à l’appontage

Ce groupe aérien stationné aux Indes Néerlandais doit principalement couvrir les trois croiseurs de bataille de classe Nederland, en assurer l’éclairage et l’appui.

Le MLD dispose également d’hydravions d’origine allemande (Dornier Do-18 et 24) ou américaine (Vought Kingfisher et Consolidated Catalina) pour des missions de reconnaissance, de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine.

bloch MB-175T

Bloch MB-175T. La censure à effacé les marques de l’unité employant l’appareil

Peu avant le début du second conflit mondial, la MLD va mettre en ligne des avions basés à terre aussi bien en Europe qu’aux Indes Néerlandaises en l’occurence le Fokker T.XI, le Bloch MB-175T et le SNCAO CAO-710.

Troupes de Marine

Royal Netherlands Marine Corps.jpg

Photomontage montrant des marines néerlandais en 1940 et un membre des Korps Mariniers actuellement

Le 10 décembre 1665 est créé le Regiment de Marine. Créé sous l’impulsion de Johann de Witt et Michiel De Ruyter, c’est la cinquième plus ancienne unité de marine du monde puisque l’on précédé l’Infanteria de Armada (1537), les Marines portugais (1610), les Troupes de Marine (1622) françaises et les Royal Marines (1664) britanniques.

Cette unité disparaît en 1795 avec la chute des Provinces-Unies. La République Batave créé une nouvelle unité de marine en 1801 qui devient en 1806 le Korps Koningklijke Grenadiers von de Marine soit le Corps des Grenadiers de la Marine Royale.

Cette unité disparaît en 1810. Le Korps Mariniers renait en 1814 même si son nom actuel ne date que de 1817.

Comme on peut le voir, l’unité voit le jour au moment de la deuxième guerre anglo-néerlandaise, l’unité participe au raid sur la Medway, une véritable opération combinée avec l’engagement de navires de combat mais aussi des opérations amphibies avec la mise à terre de fantassins pour détruire les installations de la Royal Navy de Chatham.

Le 2 juillet 1665, 1500 Korps Mariniers sont débarqués à Woodrich mais ils sont repoussés par la garnison du fort de Languard près de Harwich.

Ils furent également engagés dans la troisième guerre anglo-néerlandaise (qui est incluse dans la guerre de Hollande). Outre les raids, les opérations amphibies, les marines servaient à bord des navires.

Au cours du conflit, les deux tiers des Marines sont regroupés au sein d’une brigade pour compenser l’inefficacité de l’armée de terre alors qu’une menace d’invasion anglaise se fait chaque jour plus pressante.

Ils participent également à la prise de Gibraltar (1704), à la quatrième guerre anglo-néerlandaise mais aussi à une opération amphibie contre Alger, en 1816 soit quatorze ans avant l’expédition française.

Naturellement les Korps Mariniers vont participer aux expéditions coloniales notamment en Asie du Sud-Est.

Durant la Pax Armada, le Korps Mariniers bénéficie lui aussi du processus de modernisation et d’expansion de la marine royale. Une Korps MariniersBrigade voit le jour en 1943 pour renforcer la défense des Indes Néerlandaises.

Cette brigade est organisée en un état-major, une compagnie d’état-major, un bataillon de soutien logistique, trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie, une compagnie du génie, une compagnie de transmissions, une compagnie d’autos blindées.

En métropole on trouve au Helder un centre d’entrainement ainsi qu’un bataillon de marines et un bataillon de réserve qui doit être activé en temps de guerre. Ces bataillons sont destinés principalement à la défense côtière mais certains envisagent de l’utiliser pour des missions plus offensives.

Défenses Côtières

En septembre 1939, les défenses côtières néerlandaises sont comme partout en Europe antédéluviennes. Logique pour un pays qui investissait peu dans ses forces armées, logique pour un pays qui n’avait plus participé à un conflit militaire majeur depuis 1832.

D’importants travaux sont menés durant la Pax Armada. Il s’agit de renforcer les défenses de la base de Helder mais aussi de sécuriser les estuaires de l’Escaut (au grand dam des belges), du Rhin et de la Meuse. Quelques canons anciens plus puissants sont maintenus en service.

Ces fortifications sont en effet du type tactique, du type léger avec des canons de 120 et de 152mm, des pièces anciennes avec quelques modèles plus modernes. Ces pièces sont montés sur une plate-forme circulaire permettant un pointage tout-azimut. Des blockhaus sont également construits pour abriter l’infanterie et lui permettre de mettre en œuvre leurs armes légères.

Quand éclate le second conflit mondial ses défenses sont renforcées par des barbelés, des tranchées et des champs de mines.

Ces protections vont permettre l’arrivée de renforts britanniques et français de manière plus sereine. Si la Luftwafe à tenter de perturber l’arrivée des navires français et britanniques dans les ports néerlandais, les rares tentatives des vedettes lance-torpilles et des destroyers de la Kriegsmarine se heurtant à la marine néerlandaise mais aussi aux défenses côtières dont le tir était «inconfortablement précis» selon le témoignage d’un officier de marine allemand servant sur un Zerstörer.

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