Benelux (5) Pays-Bas (5)

Les guerres anglo-néerlandaises

A quatre reprises, Londres et La Haye se sont affrontés essentiellement sur mer. Cette opposition entre deux nations protestantes à pour origine une rivalité commerciale et coloniale.

Oliver Cromwell.jpg

Le Lord Protecteur Oliver Cromwell

La première guerre éclate quelques années après l’indépendance de jure des Provinces-Unies et alors que l’Angleterre n’était plus une monarchie mais une république, le Commonwealth of England dirigé par le lord protecteur Oliver Cromwell.

La première des Engels Nederlandse Oorlogen à lieu de 1652 à 1654. A l’origine de ce conflit figure un affaiblissement relatif de la puissance navale néerlandaise et un accroissement de la puissance navale anglaise.

Outre une rivalité navale militaire, on trouve également une rivalité commerciale, la politique extérieure anglaise ayant souvent pour motifs secrets et profonds le commerce.

En octobre 1651, pour protéger son commerce en Amérique du Nord, le parlement anglais vote le premier Navigation Act qui réservait l’importation en Angleterre de produits aux navires nationaux.

C’était clairement une mesure protectionniste tournée contre la puissance commerciale néerlandaise que ce soit celle de la GWC ou celle de la VOC. En théorie, cela n’avait pas un impact démesuré car le commerce avec l’Angleterre était minoritaire pour les néerlandais mais de nombreux pirates partant du territoire anglais s’emparaient de nombreux navires néerlandais.

Face à l’agressivité anglaise, les néerlandais réagissent en augmentant leur flotte de navires marchands armés. Les britanniques cherchent le casus belli en réclamant que tous les navires saluant les navires anglais n’abaissent leur pavillon y compris dans les ports étrangers.

Maarten Tromp.jpg

Lieutenant-Admiral Maarten Tromp

Le 29 mai 1652, le Lieutenant-Admiral Maarten Tromp refuse entraînant une escarmouche, la bataille de Goodwin Sands qui pousse le Commonwealth à déclarer la guerre le 10 juillet suivant.

Après une série d’affrontements incertains, les anglais remportent la première bataille majeure, la bataille de Kentish Knock en octobre 1652 ou le General de Mer Robert Blake défait les forces de l’amiral Witte de With.

Persuadés d’avoir déjà gagné, les anglais commirent l’erreur de diviser leurs forces. Le résultat ne se fait pas attendre : Tromp remporte une brillante victoire lors de la bataille de Dungeness en Manche. En mars 1653, la bataille de Livourne en Méditerranée est une victoire néerlandaise qui donne aux Provinces-Unies le contrôle de La Manche et de la Méditerranée.

A l’hiver 1653, les anglais reprennent du poil de la bête en chassant la marine néerlandaise du Channel lors de la bataille de Portland et même hors de la mer du Nord lors de la bataille de Gabbard.

La bataille finale à lieu à Scheveningen le 10 août 1653, une bataille marquée par la mort de Tromp qui provoque un effet désastreux sur le moral néerlandais. Néanmoins sur le plan militaire, les anglais furent obligés de lever le blocus de la côte néerlandais.

Les deux belligérants sont épuisés. De plus Cromwell à dispersé le parlement croupion très belliciste ce qui ouvre la voie à une possible paix.

La guerre s’achève le 5 avril 1654 par la signature du traité de Westminster (ratifié par les Etats-Généraux le 8 mai) mais la rivalité commerciale ne fût pas résolue, les anglais échouant à remplacer les néerlandais auprès des clients de ces derniers.

Guillaume III d'Orange Nassau 24

Guillaume III d’Orange Nassau futur stathouder et futur roi d’Angleterre

Le traité intègre une clause secrète qui interdisait à Guillaume III d’Orange-Nassau de devenir stathouder de la province de Hollande, une clause qui ne pouvait susciter que des mécontentements.

La guerre s’était donc achevée sur une situation incertaine mais l’avenir n’était guère rassurant car les Provinces Unies lancèrent immédiatement un grand programme naval pour disposer de navires capables de rivaliser avec deux de la Royal Navy.

Les deux pays ne s’affrontèrent pas à nouveau immédiatement, les anglais affrontant les espagnols alors que les néerlandais devaient affronter les portugais et les suédois.

La deuxième guerre anglo-néerlandaise à lieu de 1665 à 1667. Cinq ans plus tôt en 1660, Charles II était redevenu roi d’Angleterre, mettant fin à la parenthèse du Commonwealth. Il chercha par la diplomatie à permettre à son neveu, Guillaume III d’Orange de devenir stadhouder de la république.

Parallèlement il promulgua un certain nombre de règlements clairement orientés contre les intérêts néerlandais. Les marchands anglais et les compagnies à monopole estimaient que des batailles navales et des missions de corsaire pourraient pousser les Etats Généraux à une paix favorable aux intérêts anglais.

En 1665 la capture de nombreux navires néerlandais mit le commerce et l’industrie des Provinces-Unies au supplice. De l’autre côte de l’Atlantique, la Nouvelle Hollande fût prise par les anglais, New Amsterdam devenant New-York en l’honneur du duc d’York, frère de Charles II et futur Jacques II.

Les néerlandais remportèrent une série de victoires navales qui obligèrent les anglais à un effort tel que l’économie commença à souffrir. Pour ne rien arranger, la preste frappait le pays tandis qu’un incendie ravageait Londres en 1666, incendie vu par les calvinistes néerlandais comme une punition divine.

Raid sur la Medway.jpg

Tableau représentant le raid sur la Medway

En juin 1667 eut lieu le célèbre Raid sur la Medway, la marine britannique étant surprise dans sa base navale de Chatham pour ce qui est considéré comme la plus humiliante défaite de l’histoire militaire britannique.

De Ruyter

Michel de Ruyter

Une flottille menée par l’amiral De Ruyter détruisit les fortifications défendant la base navale de Chatham, s’emparant des HMS Unity et Royal Charles, deux fleurons de la marine anglaise.

Toujours en juin 1667, un vaisseau néerlandais effectua un coup de main contre Hampton Roads, détruisant un navire britannique et attaquant le fort Ol Point Comfort.

Ces victoires néerlandaises eurent un impact très important et poussèrent Charles II à demander la paix alors qu’une révolte généralisée menaçait son trône fraîchement retrouvé.

La troisième guerre anglo-néerlandaise eut lieu entre 1672 et 1674. Peu après la paix de Breda, l’Angleterre lança immédiatement le processus de reconstruction de sa flotte. Néanmois l’opinion n’était pas emballée à l’idée d’une nouvelle guerre.

Elle ignorait le traité de Douvres signé secrètement avec la France qui obligeait l’Angleterre à aider Louis XIV lors de sa guerre contre les Pays Bas. Quand les troupes françaises furent stoppées par l’inondation des terres basses, il y eut une tentative franco-anglaise d’invasion des Provinces-Unies par la mer mais De Ruyter empêcha une telle invasion ce qui força les anglais à demander la paix.

La quatrième guerre anglo-néerlandaise eut lieu de 1780 à 1784 à une époque où la Grande-Bretagne est devenue une grande puissance navale alors que les Provinces-Unies sont rentrées dans le rang dans les domaines économiques, militaires et navals.

Jadis les historiens parlaient de décadence, de déclin mais les historiens contemporains ont tendance à relativiser la chose en parlant davantage d’un retour à la normale comme si durant le «Siècle d’Or» les Provinces Unies avaient surperformé.

La quatrième et derniere guerre anglo-néerlandaise à lieu dans le cadre de la guerre d’indépendance américaine suite au soutien néerlandais aux insurgents américains. C’était une guerre du faible au fort, la marine néerlandaise n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été avec seulement une vingtaine de navires. Il n’y eut donc aucune bataille navale majeure.

Les britanniques tentèrent de faire des Provinces-Unies un simple protectorat britannique ce qui aurait offert une deuxième tête de pont à Londres sur le continent européen avec le royaume de Hanovre. Ils utilisèrent leurs alliés prussiens pour faire pression sur La Haye et se concentrer sur les colonies outre-mer qui étaient sérieusement corsetées par les britanniques en attendant d’être prises durant les guerres de la Révolution et de l’Empire.

Cette guerre poussa les néerlandais à relancer un effort d’armement naval (95 navires construits dans le dernier quart du 18ème siècle) mais comme la France après Trafalgar cet effort fût insuffisant pour contester la puissance navale britannique.

A noter que certains historiens excluent ce dernier conflit et limitent la série des guerres anglo-néerlandaises à trois.

Les autres guerres des Provinces-Unies

Les guerres anglo-néerlandaises ne sont pas les seuls conflits auxquels ont participé les Provinces Unies de leur indépendance en 1648 à 1792, date du début des guerres enclenchées par la Révolution Française.

La première guerre est donc la guerre de Dévolution qui commence le 24 mai 1667 et s’achève le 4 mai 1668. Elle oppose les Provinces Unies, l’Espagne,l’Angleterre et la Suède au Royaume de France.

Carlos II 20.jpg

Charles II d’Espagne

Le jeune et bouillant Louis XIV se lance ici dans sa première guerre. A l’origine de ce conflit figure l’avènement de Charles II sur le trône d’Espagne, un petit garçon de 4 ans si chétif que sa mort prochaine semblait assurée. En réalité il va survivre jusqu’en 1700.

A l’époque Louis XIV et Léopold 1er, gendres de Philippe IV signent un traité pour se partager les possessions espagnoles en dépit du fait que Marie-Thérèse avait renoncé à ses droits dans le traité des Pyrénées mais à condition du versement de 500000 écus d’or, versement qui n’eut jamais lieu.

Le terme de dévolution est une vieille coutume du Brabant qui faisait des enfants du premier lit les seuls héritiers légitimes, Marie-Thérèse n’étant que la demi-soeur de Charles II.

Le Grand-pensionnaire Johan de Witt tente tout pour éviter la guerre. Il propose au Roi Soleil le duché de Luxembourg, Cambrai,Douai,Aire,Saint-Omer,Bergues et Furnes à la condition express qu’il renonce à toute prétention de la reine Marie-Thérèse à la monarchie espagnole. Louis XIV refuse ce qui entraîne le début de la guerre dite de dévolution.

Cette guerre est marquée par une succession de sièges dans les Pays-Bas espagnols avec fort peu de batailles rangées. Elle se termine par la paix d’Aix La Chapelle qui reconnaît les conquêtes françaises à l’exception de la Franche-Comté qui doit être rendue à l’Espagne.

Le rôle des Provinces Unies dans la guerre de Dévolution à été plutôt limitée mais il en sera tout autrement dans la Guerre de Hollande, un conflit de six ans de 1672 à 1678 qui se chevauche avec la deuxième guerre anglo-néerlandaise (1672-1674).

Elle oppose d’un côté les Provinces Unies, le Saint Empire Romain Germanique, l’Espagne,le Brandebourg et le Royaume du Danemark et de Norvège avec de l’autre côté la France, l’Angleterre, la Suède et deux principautés ecclésiastiques, Cologne et Munster.

Ce conflit se termine par une victoire française, deux traités de paix y mettant fin, le traité de Westminster signé en 1674 et le traité de Nimégue en 1678.

Turenne

Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675)

A l’origine de ce conflit figurent de multiples facteurs : lutte de la France contre la Triple Alliance (Angleterre, Provinces Unies et Suède), concurrence commerciale néerlandaise, lutte d’influence de Louvois contre Turenne et Condé et pour l’anecdote la publication aux Provinces-Unies de médailles se moquant de Louis XIV (ce qui ne peut que fouetter l’orgueil du Roi Soleil).

Si la campagne terrestre sera un succès incontestable pour la France, en mer, la puissance navale néerlandaise se montre redoutable contre la combinaison des marines anglaises et françaises qui doivent affronter le redoutable De Ruyter l’un des plus grands marins néerlandais aux côtés de Tromp.

A terre, les français évitent les Pays-Bas espagnols et entrent directement dans les Provinces-Unies, le Rhin étant franchit le 12 juin. La situation des Provinces-Unies s’aggrave à un point tel que les écluses sont rompues le 20 juin pour inonder les terres basses.

Johan de Witt

Johan De Witt

Groningue est assiégée, Turenne s’empare d’Arnhem et de Nimégue. Sur les conseils de Louvois, Louis XIV décide de ne pas marcher sur Amsterdam où une émeute entraîne la mort du grand-pensionnaire Johann De Witt et de son frère. Guillaume III d’Orange-Nassau devient stathouder de Hollande et de Zélande, il sera le plus acharné des adversaires du Roi Soleil.

La guerre va s’étendre à l’Allemagne mais aussi à la Méditerranée où les affrontements sont essentiellement navals (bataille d’Agosta notamment où De Ruyter est tué). En dépit du fait que la France de Louis XIV soit opposée à une formidable coalition, elle donne généralement le la.

En octobre 1677, le mariage de Marie Stuart, nièce de Charles II avec Guillaume d’Orange marque le début d’une alliance anglo-hollandaise officielle le 10 janvier 1678.

Cette alliance est telle le point de bascule du conflit ? Oui mais pas dans le sens espéré par les hollandais qui sont à nouveau menacés par l’avancée des armées françaises. Les négociations qui avaient lieu à Nimégue aboutissent à la signature d’un traité avec la France le 10 août 1678, l’Espagne suivant le 17 septembre. Il faudra attendre 1679 pour que la paix soit généralisée quand l’empereur, l’électeur de Brandebourg, le roi du Danemark et le roi de Suède se résolvent à déposer les armes. C’est un vrai triomphe pour le Roi-Soleil.

Dix ans après la fin de la guerre de Hollande éclate un nouveau conflit, la Guerre de la Ligue d’Augsbourg appelé également Guerre de Neuf Ans puisqu’elle éclate le 24 septembre 1688 et s’achève en septembre 1697 par le traité de Ryswick.

La Ligue d’Augsbourg regroupe les Provinces-Unies, l’Angleterre, le Saint Empire Romain Germanique, la Savoie, l’Espagne,la Suède (jusqu’en 1691), le Portugal et l’Ecosse et va affronter la France, les jacobites (partisan de Jacques II) et l’empire ottoman.

Cette guerre se déroule principalement en Europe continentale mais des combats ont également lieu en Irlande (conséquences de la Glorieuse Révolution) et en Amérique du Nord, britanniques et français s’affrontent avec leurs alliés amérindiens.

La guerre de la Ligue d’Augsbourg se termine par le traité de Ryswick signé le 20 septembre 1697, Louis XIV conservait toute l’Alsace mais devait rendre la Lorraine (la France conservait un droit de passage) et les territoires conquis sur la rive droite du Rhin (Philippsburg,Breisach,Fribourg,Kehl), les forteresses françaises de La Pile, de Mont Royal et de Port Louis devaient être démolies. En revanche la moitié occidentale de l’île de Hispanola était reconnue comme possession française.

Louis XIV évacue la Catalogne, rendant le Luxembourg, Chimay,Mons,Courtrai,Charleroi et Ath aux Pays-Bas espagnols.

Le Roi-Soleil doit reconnaître Guillaume III comme roi d’Angleterre tout en continuant à accueillir Jacques II. Les Provinces-Unies obtiennent de la France un accord commercial favorable avec le retour aux tarifs douaniers français de 1664.

Ce traité ne ramenait pas la paix en Europe puisque la mort prochaine de Charles II d’Espagne allait relancer la question de l’avenir de l’Espagne et de ses territoires.

Les Provinces-Unies vont également participer à la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), une guerre déclenchée par la mort de Charles II, le dernier roi hasbourgeois d’Espagne. Louis XIV veut placer son petit-fils, Philippe duc d’Anjou sur le trone d’Espagne ce que ne peuvent accepter ni l’Angleterre ni le Saint-Empire Romain Germanique.

La France est ainsi alliée à l’Espagne, à la Bavière et à la principauté ecclésiastique de Cologne et s’oppose au Saint Empire Romain Germanique, l’Archiduché d’Autriche, la Grande-Bretagne, la Prusse,la Savoie (initialement dans le camp français), les Provinces-Unies et le Portugal.

Les Provinces-Unies intègrent la «Grande Alliance» avec le Saint-Empire, la Grande-Bretagne et la Prusse.

L’impact terrestre des néerlandais est limité (même si ils participent à la prise de Gibraltar en 1704 et à la bataille de Denain où les troupes françaises du maréchal De Villars remportent une victoire importante en 1712) mais leur rôle sur mer est plus important notamment le 23 octobre 1702 quand une flotte anglo-hollandaise remporte une bataille décisive contre les espagnols près de Vigo.

La guerre à été très longtemps indécise même si en 1709/10 la France semble sur le point succomber avec une série de défaites militaires et surtout un hiver mordant et une disette.

Le conflit s’achève par les traités d’Utrecht (1713) et de Raastadt (1714). Louis XIV doit accepter que son petit-fils Philippe V d’Espagne ne puisse régner sur la France.

Des changements territoriaux ont lieu, l’Espagne cédant les Pays-Bas espagnols, le royaume de Naples, le duché de Milan et la Sardaigne à l’Autriche, le royaume de Sicile au duché de Savoie, Gibraltar et Minorque à la Grande-Bretagne. La France reconnaît la souveraineté britannique sur la Terre de Rupert, sur Terre-Neuve et sur l’Acadie.

Le conflit suivant est la guerre dit de la Quadruple-Alliance qui à eu lieu de 1718 à 1720. Elle oppose l’Espagne de Philippe V à une alliance de la France, du Saint-Empire Romain Germanique, de la Grande-Bretagne, des Provinces-Unies et de la Savoie, cette quadruple-alliance étant issue du traité de Londres signé en 1718.

Ce conflit est le conséquence de la guerre de Succession d’Espagne. Ce conflit s’était terminé par le traité d’Utrecht (1713) qui avait privé l’Espagne du duché de Milan, du royaume de Naples, de la Sardaigne et de la Sicile ce que les espagnols n’avaient jamais accepté.

 

Le cardinal Jules Alberoni est l’homme fort de Philippe V et se préoccupe de relancer l’économie, de régénérer l’armée et la marine pour un nouveau conflit. Le roi Bourbon d’Espagne avait trois fils de son premier mariage pour la succession mais les filles de sa bouillante épouse Elisabeth Farnèse étaient à la recherche de duchés notamment en Italie. De là à vouloir récupérer les territoires perdus au traité d’Utrecht il n’y à qu’un pas.

Pour ne rien arranger, la France est à l’époque dirigée par Philippe d’Orléans, régent au nom du jeune Louis XV qui n’ayant pas encore d’enfant pourrait être remplacé sur le trône de France par Philippe V ce que ne pouvait accepter ni la Grande-Bretagne ni le Saint Empire.

Même les Provinces-Unies se sentent menacées par la possibilité d’une union entre les deux royaumes qui aurait donné naissance à un formidable ensemble territorial allant de l’Andalousie aux Pays-Bas espagnols.

En 1717, l’Espagne envahit la Sardaigne. Les autrichiens engagés contre les ottomans ne peuvent immédiatement réagir. Il faudra pour cela attendre 1718, Vienne rejoignant l’alliance franco-anglo-néerlandaise.

La guerre éclate le 3 juillet 1718 quand les espagnols débarquent en Sicile en espérant attirer la maison de Savoie dans une alliance contre l’Autriche. Les britanniques envoient une escadre pour protéger ses intérêts et pour aider l’intervention autrichienne en Sicile. Les Provinces-Unies entrent officiellement en guerre en août 1719.

L’Espagne étant dans l’impossibilité de combattre la Quadruple Alliance, elle cherche à sortir de ce conflit de manière honorable. Pour cela le cardinal Alberoni doit être écarté.

Le 20 février 1720, la paix de La Haye est signée. C’est un clair échec pour les espagnols qui doivent rendre toutes les localités occupées. Les Habsbourgs reçoivent la Sicile et renoncent à la fois à la Sardaigne et au trône d’Espagne.

La participation des Provinces-Unies à donc été assez limitée. Ce sera la même chose pour la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) et pour la guerre d’indépendance américaine (1775-1783). Cette participation clairement limitée est une traduction implacable du déclassement de la puissance néerlandaise au 18ème siècle.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s