Dominions (98) Nouvelle-Zélande (9)

(ROYAL) NEW ZEALAND ARMY

Pour commencer, une brève histoire militaire de la Nouvelle-Zélande

Maoris et Pakehas

La guerre fait partie intégrante de la culture polynésienne et donc de la culture maori. Il n’est donc pas étonnant que la tradition martiale au pays du long nuage blanc soit particulièrement ancienne et prégnante.

Si le rugby est le sport numéro 1 en Nouvelle-Zélande c’est que les maoris y ont trouvé un excellent substitut à la guerre où ils pouvaient exprimer leurs qualités : une force extraordinaire mais aussi une grande créativité.

Je ferme ici la parenthèse rugbystique pour revenir au sujet qui nous intéresse. Arrivés au 13ème siècle, les maoris n’ont jamais pu ou voulu former un état-nation comme nous l’entendons en Europe.

De petits chefs, des roitelets tout au plus ne cessaient de se faire la guerre pour une raison ou une autre. Aussi quand les européens commencèrent à débarquer, une résistance unie était impossible, certains résistaient ouvertement d’autres choisissant la collaboration avec les nouveaux venus pour des raisons diverses et variées.

L’irruption des armes à feu jusqu’ici inconnues pour les maoris provoqua une véritable révolution dans l’art de la guerre. Les premiers clans équipés prirent bien entendu l’avantage. Cet impact fût tel que ces différents conflits furent regroupés sous le nom de Musket Wars (guerres du Mousquet).

Face à ce déluge de feu, les maoris apprirent très vite à s’adapter, modifiant ainsi leurs fortifications pour résister à la puissance de feu ennemie. Cela eut clairement un impact dans les New Zealand Wars qui entre 1843 et 1872 opposèrent les maoris à une alliance entre britanniques, australiens, néo-zélandais et maoris fidèles à la reine Victoria.

Mémorial des guerres maories.jpg

Mémorial des guerres maories à Auckland

Loin d’être une simple “petite guerre” comme les britanniques la pratiquait partout, les guerres néo-zélandaises ou guerres maories furent une guerre qui mêla harcèlement, batailles rangées mais aussi véritables sièges avec engagement massif (même si tout est relatif) de l’artillerie.

Après la fin de ces différentes guerres, la paix revint globalement même si il y eut toujours des escarmouches notamment dans la délicate et sensible question des terres, de leur possession et de leur gestion, le traité de Waitarangi étant particulièrement flou et surtout le terme possession n’avait pas le même sens chez les européens et chez les maoris.

C’est d’ailleurs durant cette série de conflits qui fût créée la première force militaire permanente en Nouvelle-Zélande en l’occurrence la Colonial Defence Force qui voit le jour en 1862.

Rebaptisée Armed Constabulary (Police armée) en 1867, elle sert comme son nom l’indique à la fois d’unité de défense militaire et d’unité de police.

Ce double rôle va durer vingt ans puisqu’en 1886, rebaptisée New Zealand Constabulary Force elle va se concentrer sur ses tâches de police et de maintien de l’ordre, le volet militaire étant désormais du ressort de la Permanent Militia bientôt rebaptisée Permanent Force.

La Nouvelle-Zélande et la guerre des Boers

Boers Skion Kop

Kommando boer 

Plusieurs milliers de kilomètres séparent la Nouvelle-Zélande de l’Afrique du Sud. On pourrait se demander en quoi la question boer pouvait concerner les néo-zélandais.

Ce serait oublier qu’à l’époque la Nouvelle-Zélande était encore une colonie britannique et non un dominion……ce qui au final n’aurait rien changé car même les dominions australiens et canadiens non sans débats et querelles internes vont participer à ce conflit qui va permettre l’accouchement dans la douleur du quatrième dominion.

Ce conflit à lieu du 11 octobre 1899 au 31 mai 1902 entre l’Empire britannique et deux républiques boers indépendants à savoir l’Etat libre d’Orange et la République du Transvaal, un conflit aux origines multiples que j’ai déjà présenté dans la partie consacrée à l’Afrique du Sud.

La Nouvelle-Zélande décide d’envoyer 6500 hommes dans le sud du continent africain, 6500 cavaliers ou dans le jargon britannique, des troupes montées (mounted troops) particulièrement adaptées à la guerre telle qu’elle allait se mener.

C’était la première expédition outre-mer de la très jeune nation néo-zélandaise. En raison de moyens financiers limités, les premiers soldats néo-zélandais durent fournir leur cheval et leur équipement.

Cela concerna les deux premiers contingents sur un total de dix. A noter que l’envoi du premier contingent de 215 hommes fût approuvé le 28 septembre 1899 donc avant même le déclenchement du conflit. Cet envoi fit consensus puisque seulement cinq parlementaires s’y opposèrent.

Après les deux premiers contingents de “ volontaires payants”, les troisième et quatrième contingents furent envoyés suite à un effort de deux régions de Nouvelle-Zélande et notamment d’industriels locaux qui payèrent l’équipement nécessaire, le premier venant de Canterbury et le second d’Otago, ces deux contingents étant baptisés Rough Riders. Les six derniers contingents furent payés par le gouvernement britannique.

Le premier contingent de 215 hommes quitte Wellington le 21 octobre 1899 suivit d’un deuxième contingent le 20 janvier 1900, ce contingent de 266 hommes incluant un détachement de mitrailleuses Hotchkiss.

Le troisième contingent quitte Lyttelton le 17 février 1900 avec 262 hommes suivit d’un quatrième qui quitte Port Chalmers le 24 mars 1900 et Lyttelton une semaine plus tard, ce contingent de 462 hommes étant divisé en quatre compagnies (7 et 8ème venant de North Island, 9ème et 10ème d’Otago et de Southland).

Le cinquième contingent quitte Wellington et Lyttelton le 31 mars 1900 avec pas moins de 591 cavaliers. Il est suivit par le sixième contingent qui quitte Auckland le 30 janvier 1901 avec pas moins de 602 hommes.

Le septième contingent qui quitte Wellington le 6 avril 1901 comprend 667 hommes, le huitième parti de Auckland le 1er février 1902 et de Lyttelton le 8 est composé de 1120 hommes répartis en deux régiments (North Island et South Island).

Le neuvième contingent quitte Port Chalmers le 12 mars et Auckland huit jours plus tard comprend 1071 hommes répartis en deux régiments (North Island et South Island) alors que le dixième et dernier contingent parti de Wellington le 14 avril et de Lyttelton cinq jours plus tard comprend 1251 hommes qui se répartissent entre un régiment de l’île du Nord et un régiment de l’île du Sud

Les femmes furent également engagées. Bien entendu elles ne pouvaient (et ne voulaient ?) combattre en première ligne mais firent leur part du boulot en levant des fonds et en participant à des œuvres de propagande autour du conflit.

Ces femmes formèrent ce qu’on appela le Khaki Corps. 229 soldats néo-zélandais ne revinrent jamais au pays, ces morts étant répartis entre les combats (71), les accidents (25) et les maladies (133). A ces 6500 hommes il faut ajouter un nombre inconnu de néo-zélandais ayant combattu dans des unités étrangères.

Cette première expérience outre-mer allait être suivie d’une expérience bien plus traumatisante à savoir celle de la première guerre mondiale.

Le Defense Act de 1909

En 1909, la Nouvelle-Zélande adopte un nouveau texte organisant la défense du territoire. Ce texte dépoussière le système en réformant le vieux système du volontariat.

C’est une quasi-conscription qui est mise sur pied même si officiellement tout le monde est volontaire (NdA La question de la conscription à toujours été extrêmement sensible dans les pays anglo-saxons au point que les gouvernements préféraient encourager le volontariat tant que cela était possible).

Dès l’âge de 12 ans, les jeunes hommes néo-zélandais s’entraînent, un entrainement militaire bien entendu adapté à leur âge. A 14 ans, il intègrent un corps de cadets, l’entrainement se complexifiant progressivement jusqu’à l’âge de 25 ans sachant qu’à 18 ans ils intègrent la Force Permanente ou la réserve immédiatement disponible.

Ils sont déchargés de leurs obligations militaires à l’âge de 30 ans mais ils peuvent être rappelés si besoin est jusqu’à l’âge de 55 ans.

Après la Force Permanente et sa réserve immédiate, on trouve en second ligne les clubs de tirs et des sections d’entrainement.

Néanmoins comme pour les autres pays anglo-saxons, ces hommes de la Force Permanente (dont les effectifs du temps de paix sont de 3000 hommes) ne peuvent servir outre-mer ce qui imposera durant les deux conflits mondiaux la levée d’une force expéditionnaire.

La New Zealand Army dans le premier conflit mondial

soldats néo-zélandais

soldats néo-zélandais à Gallipoli 

Suivant les prescriptions de la lointaine métropole, la Nouvelle-Zélande déclare la guerre à l’Allemagne dès le 5 août 1914. Comme le Defense Act de 1909 interdisait l’envoi des miliciens outre-mer, il fallu créer deux corps expéditionnaires, la Samoa Expeditionnary Force destinée comme son nom l’indique à opérer contre la colonie allemande des Samoa et la New Zealand Expeditionnary Force (NZEF) qui allait combattre en Méditerranée et en Europe.

Passons rapidement sur la première à la participation symbolique puisque faute de troupes les allemands se rendirent immédiatement aux 1413 hommes mis à terre pour s’emparer d’une station radio. Cette force rentre en Nouvelle-Zélande en mars/avril 1915.

La New Zealand Expeditionnary Force (NZEF) est elle mise sur pied avant même l’entrée en guerre du pays. Il faut cependant attendre octobre 1914 pour que le gros du corps expéditionnaire quitte Wellington, direction non pas l’Europe comme initialement envisagée mais l’Egypte en raison de l’entrée en guerre de l’Empire ottoman aux côtés des Empires Centraux.

Retrouvant les diggers de l’Australian Imperial Force (AIF), les kiwis vont former une unité appelée à entrer dans la légende : l’Australian New Zealand Army Corps plus connu sous le nom d’ANZAC.

Ce corps d’armée se compose principalement d’une division australienne à trois brigades et une division australo-néo zélandaise composée de deux brigades néo-zélandaises, une brigade d’infanterie australienne et une brigade de cavalerie australienne.

On trouve une brigade de cavalerie et une brigade d’infanterie néo-zélandaises. La New Zealand Mounted Rifles Brigade se compose de trois régiments montés à trois escadrons (Auckland Mounted Rifles, Canterbury Mounted Rifles et Wellington Mounted Rrifles) ainsi que de quelques unités de soutien. Cela nous donne l’ordre de bataille suivant :

-Auckland Mounted Rifles Regiment : trois escadrons les 3rd (Auckland) Squadron,4th (Waikato) Squadron, 11th (North Auckland) Squadron et une section de mitrailleuses

-Canterbury Mounted Rifles Regiment : trois escadrons les 1st (Canterbury Yeomanry Cavalry) Squadron, le 8th (South Canterbury) Squadron, le 10th (Nelson) Squadron et une section de mitrailleuses

-Wellington Mounted Rifles Regiment : trois escadrons les 2nd (Wellington West Coast) Squadron, 6th (Manawatu) Squadron, 9th (Wellington East Coast) Squadron ainsi qu’une section de mitrailleuses

-Génie : une section du génie (1st Engineer Troop) et une section de transmissions (1st Signal Troop)

-Un hôpital militaire (1st Field Ambulance)

-Une «sous-section» de ravitaillement en munitions

Composée initialement de 1940 hommes et de 2032 chevaux, elle vit passer 17700 hommes durant le conflit.

Sa force de combat était cependant limitée puisque la partie démontée de la brigade était l’équivalent grosso modo d’un bataillon d’infanterie.

Envoyée en Egypte pour défendre le canal de Suez contre une offensive turque, elle va également combattre à Gallipoli comme unité démontée avant d’être évacuée vers l’Egypte pour être reconstituée et être à nouveau engagée au combat en l’occurrence au Sinai et en Palestine.

Cette brigade intègre une division australo-néo zélandaise en compagnie de la New Zealand Infantry Brigade et des 1st and 4th Light Horse Brigade.

Après son évacuation de Gallipoli, la brigade est reconstituée puis intégrée à la toute nouvelle ANZAC Mounted Division, la brigade montée néo-zélandaise opérant avec trois brigades montées australiennes (1st, 2nd et 3rd Light Horse Brigade).

Parallèlement à la brigade montée, les néo-zélandais vont mettre sur pied une brigade d’infanterie, la New Zealand Infantry Brigade.

Cette brigade intègre d’abord une division australo-néo zélandaise qui combat à Gallipoli jusqu’en décembre 1915 quand le corps expéditionnaire australo-néo zélandais est replié sur l’Egypte pour reconstitution et ré-entrainement.

Le personnel australien ayant quitté la division et la Nouvelle-Zélande disposant de suffisamment d’hommes pour créer de nouvelles brigades, l’Australian & New Zealand Division devient la New Zealand Division,cette dernière étant officiellement créée le 1er mars 1916 à Moascar.

Déployée sur le canal de Suez, elle est chargée de défendre cette voie d’eau stratégique contre une attaque ottomane.

Elle comprend l’ex-New Zealand Infantry Brigade mais aussi la 2nd Brigade et la Rifle Brigade. La division comprend également un régiment monté, l’Otago Mounted Rifles Regiment, un bataillon pionnier composé essentiellement de maoris, quatre brigades d’artillerie (trois équipées de canons et une d’obusiers). Au total cette division comprend environ 15000 hommes.

En compagnie des 1ère et 2éme divisions australiennes il forme le 1er corps australo-néo zélandais (I ANZAC Corps). Elle relève la 2ème division australienne qui embarque pour la France. 3 semaines plus tard, la division néo-zélandaise quitte le canal de Suez, se regroupe à Moascar puis commence à embarquer pour la France au début du mois d’avril.

C’est dans le secteur d’Armentières que les soldats kiwis font connaissance avec la guerre des tranchées. En dehors du climat, cela dut leur rappeler Gallipoli et les Dardanelles. Dépendant d’abord du 1st ANZAC Corps, la division néo-zélandaise est transférée en juillet au 2nd ANZAC Corps.

Ce n’était pourtant pas du repos car les néo-zélandais durent lancer des raids pour détourner le haut-commandement allemand du véritable objectif des britanniques à savoir la Somme. Quand la division est relevée en août 1916, elle à déjà perdu 2500 hommes dont 375 tués.

Après repos et entrainement, la division remonte en ligne en septembre, cette fois au sein du 15ème corps d’armée pour participer aux suites de l’offensive sur la Somme.

Le 15 septembre 1916, la 2ème brigade et la brigade fusiliers montent à l’assaut avec la première brigade en réserve.

Cette attaque devait être précédée d’une préparation d’artillerie de trois jours et l’attaque soutenue par quatre chars. Les flancs de la division néo-zélandaise devaient être protégés par l’avance des 41ème et 47ème divisions d’infanterie britannique.

Les pertes furent lourdes en raison d’une avancée plus lente côté britannique ce qui exposait le flanc néo-zélandais. De plus les chars connurent des problèmes mécaniques ce qui obéra leur impact tactique. Pour ne rien arranger, la préparation massive d’artillerie avait comme souvent depuis le début de la guerre manqué ses objectifs

En début d’après midi, les néo-zélandais avaient atteint leurs objectifs mais les britanniques avaient eu échoué ce qui avait provoqué la formation d’un saillant dangereusement exposé. Une contre-attaque allemand et une manœuvre mal interprétée obligèrent les soldats du Pacifique à se replier mais un repli limité. La journée se termine sur un bilan positif, la majeure partie des objectifs ayant été atteinte. Dans la nuit, la 1ère brigade monta en ligne pour renforcer les positions de la division.

Les combats vont se poursuivre dans les jours à venir dans des conditions météos très dégradées (pluie, vent). Une nouvelle attaque majeure est prévue pour le 18 mais elle est repoussée d’une semaine en raison des conditions météorologiques. Relevée le 4 octobre 1916, la division à perdu 7000 hommes dont 1500 tués.

La division remonte en ligne à la mi-octobre dans un secteur plus au nord, remplaçant au sein du 2nd ANZAC Corps, la 5ème division australienne. Elle reste déployée dans le secteur de Sailly jusqu’en février 1917, se contentant de patrouiller et tenir le secteur, les actions offensives se limitant à quelques raids.

La division est réorganisée avec des échanges de bataillons et la réduction du nombre de batteries de quatre à trois. Une quatrième brigade est formée, le gouvernement néo-zélandais ne pouvant répondre à la demande britannique de former une nouvelle division. La 4ème brigade embarque pour la France le 29 mai 1917, la division néo-zélandaise atteignant 20000 hommes ce qui ne plaisait guère à son commandant qui préférait conserver la structure ternaire.

Entre-temps la division est envoyée dans les Flandres (février 1917), relevant la 36ème division pour participer à la bataille de Messines au sud d’Ypres. Après quatre jours de préparation d’artillerie, l’assaut est donné le 7 juin 1917 avec l’explosion de mines sous les lignes allemandes (450 tonnes d’explosif).

Au centre du dispositif, les néo-zélandais sont encadrés par la 25ème division d’infanterie britannique et par la 3ème division australienne. C’est la première fois que deux unités des dominions du Pacifique combattent côte à côte sur le front occidental. L’offensive se déroule bien, les objectifs sont atteints avec relativement peu de pertes (3700 hommes hors de combat).

La division est relevée le 9 juin par la 4ème division australienne. Elle remonte en ligne trois jours plus tard pour consolider l’avance alliée. Elle quitte à nouveau la première ligne pour repos et reconstitution, ne remontant en ligne qu’à la mi-juillet, effectuant une offensive de diversion alors que l’action principale se déroulait au nord d’Ypres.

La division n’était pas engagée en bloc, les brigades tournaient, celles en arrière des premières lignes continuaient à s’entraîner.

Il fallait bien puisqu’en septembre, le 2ème Corps d’Armée Australo-Néo Zélandais devait participer à la bataille de Passchendaele (appelée également troisième bataille d’Ypres). La 4ème brigade occupait le secteur aux côtés de la 1ère, le flanc droit couvert par la 3ème division australienne et le flanc gauche par la 48ème division britannique qui dépendait du 18ème Corps.

L’assaut à lieu le 4 octobre après un barrage d’artillerie qui précédait l’avancée de l’infanterie. L’avancée se passe bien, la résistance limitée tout comme les pertes. Des contre-attaques allemandes de faible ampleur furent repoussées.

La division est relevée par la 49ème division le 6 octobre. Le bilan est positif avec 700 prisonniers pour un nombre de tués relativement faible (130 pour la 4ème brigade et 192 pour la 1ère brigade sans compter 1300 blessés). L’avancée était proche du kilomètre.

Les néo-zélandais attaquent à nouveau le 12 octobre 1917 pour ce qui est le véritable début de la bataille de Passchendaele. L’attaque ne se déroule pas des conditions optimales suite à l’échec des britanniques dans la bataille de Poelcappelle.

L’attaque engage la 2ème brigade et la division de fusiliers, la 4ème restant en réserve, la 3ème division australienne à droite des néo-zélandais devant s’emparer du village de Passchendaele stricto sensu, le flanc gauche des kiwis étant couvert par la 9ème divsion de l’armée britannique, une division écossaise.

Cela commence mal puisque le 12 octobre, l’artillerie allemande ouvre le feu sur les concentrations d’infanterie. L’effet de surprise déjà largement compromis disparaît définitivement sans compter les blessures des soldats et la désorganisation des unités d’assaut. L’avancée est moins importante que prévue, mettant à découvert le flanc gauche de la 3ème division australienne qui elle avait atteint ses premiers objectifs. De plus à droite, la division écossaise avait avancé encore plus loin que les australiens.

La division est finalement relevé avec le reste de son corps d’armée à la fin du mois d’octobre, des canadiens remplaçant les australo-néo zélandais. Les pertes sont lourdes avec 845 tués et près de 1900 blessés. C’est la pire défaite de l’histoire militaire néo-zélandaise qui s’explique par une sous-estimation de l’ennemi et une préparation beaucoup moins poussée que lors de la bataille de Messine.

Le 1er novembre 1917, la 3ème division australienne est transférée au 1st ANZAC Corps. La division néo-zélandaise étant la dernière représentante des divisions ANZAC dans le corps d’armée, il est rebaptisé 22ème Corps d’Armée.

La New Zealand Division retourne au combat à la mi-novembre dans le saillant d’Ypres mais les opérations sont limitées. En février 1918 les pertes provoquent une baisse des effectifs, le gouvernement néo-zélandais refusant d’envoyer de nouvelles troupes, estimant avoir réalisé un effort très important.

La 4ème brigade est dissoute, ses hommes répartis dans les trois autres avec un bataillon au sein des trois brigades restantes plus des recompléments de bataillons existants.

Un bataillon divisionnaire de mitrailleuses est formée par regroupement des compagnies jadis intégrées aux différentes brigades. Le bataillon de pionniers devient quasi-exclusivement maori c’est le New Zealand Maori (Pioneer) Battalion.

Le 21 mars 1918, les allemands déclenchent leur offensive de printemps, lançant 60 divisions sur 80km de front. Les alliés doivent reculer, une brèche se forme entre les 3ème et 5ème armées britanniques où les allemands s’engouffrent.

La division néo-zélandaise alors en retour doit être déployée en catastrophe pour combler la brèche entre les 4ème et 5ème Corps d’Armée sur la Somme, retrouvant un champ de bataille bien connu.

Elle est en ligne le 26 mars, tenant le front en compagnie de la 4ème division australienne. Les néo-zélandais résistent pied à pied aux allemands en dépit d’un manque d’équipement et d’artillerie dans l’immédiat. Les combats sont durs, les néo-zélandais devant améliorer leur dispositif défensif sous le feu allemand.

A partir du 9 avril 1918, la pression allemand se décroit en raison d’un changement d’axe de progression qui visait le secteur d’Armentières. Si la majeure partie la division resta en ligne, une partie de l’artillerie fût détachée au profit des unités britanniques attaquées.

Les pertes sont très lourdes avec 1000 morts et 2700 blessés en mars et en avril soit des pertes bien plus élevées que par le passé. En restant en ligne, la division ne reste pas inactive, montant des raids contre les tranchées ennemies. Détail croustillant : les allemands avaient peur d’être capturés par les néo-zélandais car ils les pensaient cannibales.

La division est repliée en juin mais elle retourne au front début juillet dans un nouveau secteur. Elle mène des raids contre les tranchées allemandes. La New Zealand Division participe à l’offensive des cent jours qui va pousser l’Allemagne à demander l’armistice.

A cette époque la division aligne 12243 hommes auxquels 15000 hommes sont en réserve en Angleterre, réservoir régulièrement alimenté par la venue de recrues néo-zélandaises. Cela évitait la dissolution de bataillons, dissolution qui pouvait avoir des lourdes conséquences comme des mutineries.

Après l’armistice, la division fût sélectionnée pour participer à l’occupation de l’Allemagne en attendant que l’Armistice ne devienne un véritable traité de paix. On imagine que certains soldats n’ont guère été emballés de ce travail supplémentaire. A la mi-décembre, la division traverse la Belgique pour s’installer le 20 dans la région de Cologne.

Fin décembre cependant la démobilisation commence, démobilisation concernant les hommes servant depuis 1914 ou 1915. La première unité à quitter la division est le bataillon de pionnier auxquels s’ajoutèrent quelques hommes qui rallièrent l’Angleterre en attendant de pouvoir rentrer en Nouvelle-Zélande. L’artillerie est démobilisée le 18 mars 1919, une semaine avant la dissolution de la division, remplacée par la 2ème division d’infanterie britannique.

L’Entre-deux-guerres

Comme dans les autres Dominions, le retour au temps de paix entraîne la dissolution des unités expéditionnaires et le retour au format classique de la milice de volontaires, un système convenant tout à fait à un Dominion ne possédant pas de réelles responsabilités internationales et coloniales.

Comme souvent le temps marque le retour à des budgets très insuffisants notamment pour acquérir du matériel militaire moderne mais aussi pour entraîner soldats, sous-officiers et officiers.

La crise de 1929 n’arrange pas les choses surtout pour des pays particulièrement touchés par celle-ci, les exportations étant une part importante de leur activité économique.

Néanmoins à la fin des années, le gouvernement néo-zélandais prend conscience des carences de l’armée de terre néo-zélandaise appelée Permanent Force jusqu’en 1940 puis à partir de cette époque New Zealand Army.

Tout le monde s’accorde à dire que la Nouvelle-Zélande aurait été bien incapable d’engager rapidement ses moyens si la guerre de Pologne s’était prolongée au delà de la fin 1939.

La période de la Pax Armada est propice à un certain nombre d’investissements en liaison avec l’Australie, les deux pays essayant dans la mesure du possible de coordonner leurs processus de commandement, d’entrainement et d’équipement, Canberra et Wellington achetant souvent les mêmes armes, les mêmes avions, les mêmes véhicules.

Soldat néo-zélandais WWII

Soldats néo-zélandais en mouvement. 

La New Zealand Army comprend début 1948 environ 7500 hommes sous les drapeaux auxquels il faut ajouter 15000 réservistes entrainés et 25000 hommes peu au fait des tactiques modernes mais qui peuvent assurer des tâches de sécurité et de protection du territoire.

A partir de juillet 1948, plus personne ne se fait d’illusions. La guerre (qui cette fois ne va vraisemblablement pas durer trois mois) n’est qu’une question de semaines, de mois tout au plus.

Il faut donc s’y préparer. Comme la législation interdit toujours l’engagement de l’armée outre-mer, le gouvernement néo-zélandais va devoir créer une nouvelle force expéditionnaire.

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