Dominions (93) Nouvelle-Zélande (4)

LA ROYAL NEW ZEALAND NAVY (RNZN)

Nouvelle Zélande 51.jpg

Pavillon de la marine néo-zélandaise

Une histoire navale de la Nouvelle-Zélande

En guise d’avant propos

Si la marine néo-zélandaise voit le jour au printemps 1944 (17 mai 1944 pour être plus précis), l’histoire navale de la Nouvelle Zélande n’à bien entendu pas commencé au milieu de la Pax Armada.

Ensemble insulaire, la mer fait clairement partie de l’identité du pays et notamment des maoris venus sur l’île depuis la Polynésie.

Les explorations se sont faites par voie maritime (NdA c’est une évidence mais c’est parfois bon de le rappeler) ainsi que les combats.

Quand la Nouvelle Zélande est devenue une colonie de la Couronne britannique, sa défense était à la charge de la Royal Navy, puissance navale incontestée depuis le XVIIIème siècle et surtout depuis les guerres napoléoniennes (Britannia Rules the waves).

Cette défense ne trouve guère à s’employer jusqu’aux guerres maories où des patrouilleurs et des canonnières assure l’appui-feu des troupes au sol sans parler du transport de l’infanterie par voie maritime.

Les navires dépendaient initialement de l’Australian Squadron mais en 1913 probablement suite à la création de la Royal Australian Navy (RAN), les New Zealand Navals Forces sont mises sur pied.

Il ne s’agit pas d’une force navale indépendante mais d’une unité de la Royal Navy. Cette unité devient en 1921 la New Zealand Divison of the Royal Navy.

Un long débat commence sur l’utilité ou non d’une marine indépendante, pleinement néo-zélandaise même si en cas de conflit elle serait placée sous l’autorité de la Royal Navy.

Ce débat aboutit le 17 mai 1944 quand la marine royale néo-zélandaise voit le jour, enfin diraient certains.

Cette marine est donc fort jeune quand éclate le second conflit mondial mais son personnel est bien entraîné et assez expérimenté en matière de navigation. Elle pouvait même se targuer d’avoir pu participer à la bataille du rio de la Plata contre le cuirassé de poche Admiral Graf Spee.

cuirassé de poche Admiral Graf Spee sabordage

Le cuirassé de poche Admiral Graf Spee se saborde à Montevideo le 17 décembre 1939. Le croiseur léger HMS Leander à participé à cette bataille, il était déjà armé par les néo-zélandais 

Durant le second conflit mondial, elle opérer dans l’Océan Indien (escortes et patrouilles anti-raiders) et dans le Pacifique pour des patrouilles, des escortes, des combats antisurface mais aussi l’appui-feu des troupes débarquées qu’elles soient néo-zélandaises, américaines, australiennes,françaises ou encore britanniques.

A la fin du conflit la marine néo-zélandaise doit sérieusement réduire sa flotte en raison de l’usure de nombreux navires, du déclassement d’autres ainsi que d’un manque de personnels. Elle va cependant veiller à garder un socle solide de compétences pour opérer notamment aux côtés de sa grande sœur australienne.

Actuellement cette flotte se compose de deux frégates polyvalentes, de huit patrouilleurs polyvalents, d’un navire amphibie d’intervention, d’un pétrolier ravitailleur, d’un brise-glaces et d’un bâtiment-base de plongeurs pour ne parler que des plus groses unités. Ses moyens aériens en revanche dépendent de la RNZAF qui les met à sa disposition.

Les premiers navires néo-zélandais

Si on peut remonter jusqu’à la colonisation polynésienne voir aux explorations européennes, nous n’allons ici pas remonter si loin.

La colonisation britannique est clairement organisée à partir du milieu du XIXème siècle. A cette époque les navires déployés sont essentiellement à voile mais quelques uns sont à vapeur. On trouve ainsi des frégates, des sloops, des schooners et des navires à roues à aube.

Au milieu des années 1840, une vingtaine de navires de la Royal Navy étaient présents plus ou moins en permanence dans les eaux néo-zélandaises. Des navires commerciaux furent également acquis par les autorités coloniales pour différentes tâches de support.

En 1846, six ans après le traité de Whaitarangi, une première canonnière est acquise. C’était le navire idéal pour la «petite guerre», un navire relativement rapide, capable de naviguer le long du littoral et disposant d’une puissance de feu suffisante pour compenser les effectifs limités déployés par les européens dans leurs missions d’exploration/colonisation (même si quasi-immédiatement les européens levaient des troupes supplétives).

Durant les décennies 1840 et 1850, on passe à la vapeur même si la voile allait cohabiter surtout en raison des problèmes rencontrées par les premières machines (fiabilité incertaine et consommation très importante de charbon).

En 1863 est créée la Waikato Flottilla pour appuyer les troupes britanniques, néo-zélandaises et maoris pro-gouvernementaux durant les guerres maoris. Elle est composée de navires à faible tirant d’eau, navires idéaux pour le type de guerre alors mené par les britanniques et leurs alliés.

On y trouvait des canonnières pour l’appui-feu et des barges pour le transport des troupes et de leurs ipédimentias. Ces navires étaient majoritairement armés par des marins et des officiers australiens (même si à l’époque il n’y avait pas plus de marine nationale australienne que de marine nationale néo-zélandaise).

Plus précisément elle comprend huit navires de rivière, quatre barges blindées, cinq navires côtiers et un «Naval Dockyard» (NdA base flottante ?). Cette flottille est dissoute en 1870.

Durant les différentes guerres maories, de nombreux navires de la Royal Navy on été engagés. On trouve ainsi une frégate de sixième rang, la HMS Calliope, un navire de 28 canons datant de 1837, la HMS Castor (frégate de cinquième rang, 36 canons de 1832), le HMS Driver, un sloop à roues à aube de 1840 armé de six canons (premier navire à vapeur utilisé en Nouvelle-Zélande), le HMS Hazard un sloop de 18 canons de 1837, la HMS North Star, une frégate de sixième rang de 1824 armée de 28 canons mais aussi un sloop de 18 canons datant de 1930, le HMS Racehorse.

On trouve également un sloop à hélice de 30 canons de 1856 (Cordelia), une frégate à hélice de 31 canons datant de 1854 (31 canons), un sloop à hélice armé de 4 canons datant de 1860 (Eclipse), une corvette à hélice de 21 canons de 1860 (Esk), deux sloops à hélice de 17 canons datant de 1854 (Falcon Harrier), un autre sloop à hélice de 17 canons datant de 1856 (Fawn), une corvette à hélices de 14 canons datant de 1851 (Miranda), un sloop à hélice de 1846 armé de 14 canons (Niger), une corvette à hélices armée de 22 canons datant de 1861 (Orpheus), une corvette à hélice de 1857 armée de 20 canons (Pelorus) et enfin un sloop à vapeur armé de 8 canons datant de 1855 (Victoria).

La fin du XIXème siècle et notamment la décennie 1880 est marquée par la crainte d’une invasion….. russe. Des croiseurs et des torpilleurs sont acquis, un mouilleur de mines construit, des défenses côtières aménagées. Les russes n’étaient pas les seuls à inquiéter les néo-zélandais, les français et les allemands étaient également considérés comme une menace.

En ce qui concerne les mouilleurs de mines, le premier navire était un mouilleur de mines construit en Ecosse, démonté, transporté par voie maritime à Wellington où il fût remonté et muni d’une machine de conception et de fabrication locale.

Mesurant 21.3 sur 4.3m de long, le Ellen Ballance fût en service de 1884 à 1907 même si à partir de 1902 il ne fût plus utilisé que comme transport car le mouillage de mines par mer formée était dangereux !

Il est remplacé en 1902 par deux mouilleurs de mines de 126 tonnes, mesurant 27.4m de long sur 5.5m de large. Baptisés Janie Seddon et Lady Roberts, ces deux navires stationnés respectivement à Auckland et Wellington sont restés en service jusqu’en 1939 pour le premier et jusqu’en 1923 pour le second.

Parallèlement quatre torpilleurs à hampe sont acquis. Ces navires baptisés Defender (n°168), Taiaroa (n°169),Waitemata (n°170) et Poneke (n°171) sont destinés à défendre respectivement les ports de Lyttelton, de Port Chalmers, d’Auckland et de Wellington.

Ces navires étaient censés foncer (à 17 nœuds) contre des navires tentant le blocus du port et provoquer l’explosion d’une charge explosive montée à l’extrémité d’une hampe de 11m. Ce concept était assez dangereux et obsolète à l’heure de la torpille automobile à tel point que les deux derniers ont reçu peu après des torpilles automobiles Whitehead.

Ces navires de 12 tonnes, mesurant 18.2m de long sur 2.3m de large et avec un tirant d’eau de 1m disposaient également d’un canon Nordenfelt. Ils sont restés en service jusqu’en 1902 quand ils ont été désarmés. Ces quatre navires formaient la Torpedo Branch of the Armed Constabulary soit en français «la branche torpilleur de la police armée». A l’usage ses membres préféraient le terme de Torpedo Corps.

En 1887,le Australasian Auxiliary Squadron est mis sur pied pour relayer l’action de la Royal Navy. Le gouvernement néo-zélandais assurant son financement à hauteur de 20000 livres, financement doublé en 1902 suite à la conférence impériale. Il est encore augmenté en 1908 à 100000 livres.

Cet escadron auxiliaire doit comprendre cinq croiseurs et deux canonnières-torpilleurs. Ces navires devaient être basés à Sydney à l’exception de deux navires qui devaient opérer dans les eaux néo-zélandaises.

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Calliope Dock à Devonport

En février 1888, la première forme de radoub néo-zélandaise est inaugurée à Calliope Point sur Devonport Shore. Ce bassin de 150m de long était le plus grand de l’hémisphère sud. En 1892, 16000 mètres carrés de terrains adjacents sont acquis pour ajouter ateliers et dépôts.

En 1907 une canonnière est acquise et transformée en navire d’entrainement sous le nom de NZS (New Zealand Ship) Amokura. Ce navires de 805 tonnes allait servir pendant 14, formant 527 hommes mais seulement 25 sélectionnèrent la marine militaire, l’écrasante majorité préférant la marine marchande.

En 1911, le gouvernement néo-zélandais décide de financer la construction d’un croiseur de bataille, le HMS New Zealand qui contrairement à son sister-ship Australia ne servira jamais dans une marine néo-zélandaise.

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Le HMS New Zealand

En 1913 lors d’une visite au pays, 360000 personnes soit un tiers de la population du pays à l’époque le visitera !

New Zealand Naval Forces et New Zealand Division of the Royal Navy

Si la Royal Navy assurait initialement la défense totale et complète de sa colonie, rapidement les autorités locales ont voulu disposer de leurs propres moyens de défense notamment pour réduire le délai de réaction en cas de menace grave.

En 1846, une canonnière est acquise et en 1863 est mise sur pied la Flottille de Waikato pour appuyer lutter contre les maoris révoltés. A la même époque, un corps d’artillerie côtière (Naval Artillery Volunteer Corps) est mis sur pied pour protéger les ports néo-zélandais contre un coup de force étranger.

Outre l’acquisition de moyens et la création d’unités, la Nouvelle-Zélande qui n’accéda au statut de dominion qu’en 1907 finançait l’entretien de moyens déployés dans la région par la marine de Sa Majesté. C’est aussi le financement d’un croiseur de bataille, le HMS New Zealand.

En 1912, le ministre de la défense néo-zélandais James Allen proposa à Londres la création d’une division néo-zélandaise de la Royal Navy (New Zealand Division of the Royal Navy) mais le premier lord de l’Amirauté, Winston Churchill s’y opposa mais le Naval Defence Act de 1913 autorisa la création des New Zealand Naval Forces à condition que cette division qui en temps de paix dépendait du gouvernement néo-zélandais passe sous le contrôle de l’Amirauté en cas de guerre.

Cette division financée par le gouvernement néo-zélandais comprend rapidement un premier navire, le HMS Philomel acheté à la Royal Navy pour servir de navire d’entrainement.

Ce statut de navire d’entrainement ne dura pas longtemps car dès le début de la première guerre mondiale, le croiseur léger servit en première ligne, assurant l’escorte des navires transportant les troupes néo-zélandaises chargés de prendre la colonie allemande des Samoa. Il allait ensuite combattre en Méditerranée, en mer Rouge et dans le Golfe Persique.

En 1921, cette force devint la New Zealand Division of the Royal Navy ce qui nous rapprochait d’une marine autonome qui allait pourtant mettre vingt-trois ans à avoir le jour après de longs débats sur son utilité, sa pertinence et même son équipement.

La division néo-zélandaise de la Royal Navy voit officiellement le jour le 1er janvier 1921. Elle succède donc aux New Zealand Naval Forces qui étaient placées si besoin est sous l’autorité de la China Station. L’augmentation des moyens fournis par la Nouvelle-Zélande rendait cette situation pour le mois étrange ce qui explique ce changement de nom et l’augmentation de son autonomie.

En octobre 1940, décision fût prise que la division soit également placée sous l’autorité du gouvernement néo-zélandais en temps de guerre. Dans les faits la marine royale néo-zélandaise venait de naitre mais il faudra attendre 1943/1944 pour que la Royal New Zealand Navy voit le jour, création symboliquement marquée par la marque HMNZS (His/her Majesty).

En octobre 1943, la New Zealand Division of the Royal Navy devient officiellement la New Zealand Navy (RNZN) qui reçoit l’imprimatur Royal le 17 juin 1944, date choisie comme date de naissance de la marine royale néo-zélandaise.

Depuis 1964, chaque année à lieu le 17 juin le New Zealand Navy Day, le jour de la marine royale néo-zélandaise qui voit l’organisation d’une parade navale à laquelle participe souvent des navires de nombreux pays mais dont sont exclus les américains depuis 1985 en raison du refus de la Nouvelle-Zélande de laisser pénétrer dans ses eaux des navires à propulsion nucléaire ou disposant d’armes nucléaires.

Une histoire de la Royal New Zealand Navy

HMS Achilles (3)

Le HMS futur HMNZS Achilles

A sa création, la marine royale néo-zélandaise dispose mine de rien de moyens importants avec cinq croiseurs, trois vieilles unités de classe Danae (Dunedin Despatch Diomède) transférées à la New Zealand Division of the Royal Navy en 1925 et deux croiseurs légers modernes de type Leander (Achilles Leander), le second participant à la bataille du Rio de La Plata contre le cuirassé de poche Admiral Graf Spee.

Aux côtés de ces navires, on trouve quelques navires de soutien, des patrouilleurs et des chalutiers armés utilisés pour la guerre des Mines.

Cette marine est donc clairement déséquilibrée. Elle manque clairement d’escorteurs, de patrouilleurs et de navires de guerre de mines.

En septembre 1948, la marine royale néo-zélandaise aligne les navires suivants :

HMS Dunedin 2.jpg

Le croiseur léger Dunedin alors sou pavillon britannique

-Trois croiseurs légers classe Danae : les Dunedin et Despatch déployés à Aden, le Diomède basé à Wellington pour patrouiller les eaux nationales contre d’éventuelles incursions des raiders allemands qu’il s’agisse de navires militaires ou de croiseurs auxiliaires.

-Deux croiseurs légers classe Leander, les Achilles et Leander qui sont maintenus dans les eaux néo-zélandaises

-Deux chalutiers armés pour le dragage de mines

-Un pétrolier

-Un cargo

Une réorganisation est nécessaire pour rendre la marine néo-zélandaise employable au combat. En clair il faut moins de croiseurs et plus de navires d’escorte sachant que les moyens humains néo-zélandais déjà sollicités par les armées de terre et de l’air n’étaient pas illimitées.

Cette réorganisation n’à pas le temps d’être totalement menée à bien avant l’entrée en guerre du Japon.

Néanmoins en mars 1950, la flotte à clairement évoluée et apparaît mieux équilibrée :

-Deux croiseurs légers de classe Leander, les HMNZS Achilles et Leander

-Un croiseur classe Danae, le HMNZS Dunedin déployé à Aden pour des missions anti-raider. Ses sister-ship ne sont plus en service, le Despatch victime d’une incendie au large de Bombay à finit par couler le 14 janvier 1950 avec heureusement des pertes humaines très limitées.

Le Diomède resté en Nouvelle-Zélande est transféré en navire-école pour former les marins nécessaires à l’armement des nouveaux navires.

Ces nouveaux navires sont essentiellement des navires de patrouille, d’escorte et de dragage de mines.

Corvette HMS Myosotis

La corvette HMS Myositis de classe Flower

Une flottille de huit corvettes classe Flower va être mise sur pied, des navires construits en Nouvelle-Zélande ou plutôt assemblés au pays du long nuage blanc. Ces navires sont mis en service entre septembre 1950 et juin 1951, opérant essentiellement dans le Pacifique.

Ces huit corvettes sont associées à six frégates de classe River construites au Canada. Ces quatorze navires vont mener des missions d’escorte, de patrouille et de lutte anti-sous-marine.

Ces navires sont associés à des patrouilleurs et des dragueurs de mines. Les premiers sont des navires construits localement, des navires plus destinés à des missions de police et de surveillance et de combat.

Les dragueurs de mines sont issus d’un modèle de chalutier produit localement en l’occurrence seize navires qui vont opérer dans le Pacifique mais aussi dans l’Océan Indien et temporairement en Méditerranée.

La RNZN va également utiliser des vedettes lance-torpilles du type Fairmile C britannique et Elco américains. Au final ce sont soixante-douze Motor Torpedo Boat qui vont être utilisés dans le milieu archipélagique du théâtre d’opération Asie-Pacifique mais aussi en Méditerranée.

A tous ces navires de combat vont s’ajouter des navires de soutien en l’occurrence quatre pétroliers (des pétroliers civils réquisitionnés), quatre cargos, un bâtiment-base de plongeurs et un navire atelier. On peut ajouter quelques navires amphibies pour participer aux opérations du même type, quatre LST et quatre LSM étant fournis par les américains.

Durant le second conflit mondial, la majorité des moyens navals néo-zélandais sont placés sous le commandement américain, intégrant les Task Force notamment les Cruiser & Destroyer Task Force chargé de défendre les lignes de communication alliées et d’attaquer celles de l’ennemi.

Les croiseurs légers Leander et Achilles sont en première ligne, apprenant à la dure que le combat antisurface de nuit ne souffrait d’aucun hasard ni d’aucune approximation.

C’est ainsi que le HMNZS Leander est sérieusement endommagé lors de la campagne de Salomons, sauvé de justesse, réparé et disponible pour la campagne des Philippines en mars 1953 après plus d’un an de réparations.

Son sister-ship HMNZS Achilles est lui aussi endommagé et à plusieurs reprises mais moins gravement que le Leander. Voilà pourquoi à la fin du conflit le Leander est rapidement désarmé contrairement à l’Achilles qui va jouer les prolongations.

Le HMNZS Dunedin reste déployé à Aden jusqu’à l’automne 1952 quand il rallie l’Inde pour opérer au large des côtes birmanes, servant davantage de navire d’appui-feu que de véritable croiseur léger. Usé, le navire est désarmé en janvier 1954 à Wellington, servant de bâtiment-base.

Le HMNZS Diomède qui à servit de navire école jusqu’en juin 1952 est remis en service comme navire de première ligne après une solide modernisation (électronique, DCA…..). Ce navire participe à l’escorte des navires amphibies et à l’appui-feu lors des opérations amphibies de la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953).

Endommagé, il est réparé pour participer à la campagne des Philippines, restant dans l’archipel jusqu’à la fin du conflit en septembre 1954. Rentré au pays, il est désarmé et démoli.

Après guerre il ne restait plus que le Achilles mais celui-ci était très usé. Il sera remplacé par deux croiseurs légers antiaériens , le HMS Black Prince et Bellona qui vont rester en service jusqu’au milieu des années soixante-dix (1975 et 1977) respectivement avant que le gouvernement néo-zélandais ne décide de passer à une composante de combat centrée autour de six frégates anti-sous-marines.

HMS Black Prince (81) Clyde 1944

Le HMS Black Prince dans la Clyde en 1944. Survivant au second conflit mondial, il allait terminer sa carrière sous pavillon néo-zélandais

Sur les quatorze navires d’escorte construits (huit corvettes type Flower et six frégates type River), cinq sont détruits, trois Flower (une par l’aviation, une par mine et une lors d’un combat de surface) et deux River (deux par l’aviation), ne laissant à la fin du conflit que cinq Flower et quatre River. Ces navires sont désarmés à la fin des années cinquante et au début des années soixante.

Douze patrouilleurs sont construits pour la marine néo-zélandaise pour couvrir les ports du pays moins contre une menace directe de la flotte japonaise que contre des raids de croiseurs auxiliaires allemands qui pouvaient attaquer au canon ou à la mine.

Ces patrouilleurs à coque en bois et propulsion par machine verticale à triple expansion ou moteurs diesels pouvaient filer à 12 nœuds avec pour armement un canon de 4 pouces (102mm), deux canons de 20mm Oerlikon, des mitrailleuses de 7.7mm, seize grenades ASM et parfois un système de dragage pour les mines à orin.

Ces navires effectuaient des patrouilles mais assuraient aussi la couverture des navires accédant aux ports néo-zélandais. Quelques navires ont combattu à proximité du front mais jamais en première ligne car jugés trop vulnérables.

Quatre de ces navires sont perdus (un par mine, un par sous-marin, un par l’aviation et un quatrième suite à une collision). Les huit navires survivants sont désarmés entre 1956 et 1960 et transformés en navires de pêche ou en petits navires de charge.

Les seize dragueurs de mines disposent d’une coque en bois similaire aux précédents sauf qu’ils étaient tous propulsés par des moteurs diesels. Filant à 15 nœuds, ils opéraient en première ligne aux côtés de minesweeper de l’US Navy.

Ils étaient armés d’un canon de 4 pouces, de quatre canons de 20mm Oerlikon, de quatre mitrailleuses de 7.7mm et d’un équipement de dragage installé sur la plage arrière.

Cette flotte subit de lourdes pertes puisque dix navires sont perdus. Deux sont coulés par des navires de surface en Méditerranée par des S-Boot, deux par des mines dans le Pacifique, deux sont coulés par l’aviation japonaise et deux sont victimes d’une collision. Les six autres sont modernisés après guerre et remplacés à la fin des années soixante par des navires plus modernes.

Les soixante-quatre vedettes lance-torpilles de la RNZN furent employées dans le Pacifique mais aussi en Méditerranée contre les allemands et les italiens.

Fairmile C 3

Fairmile C

Deux flottilles de huit navires type Fairmile C vont opérer dans la Mare Nostrum d’abord depuis le Péloponnèse de septembre 1950 à mai 1952 puis depuis Lampedusa contre le trafic maritime italien entre la Sicile et l’Italie péninsulaire.

Ces unités vont subir de lourdes pertes, tombant à seulement huit navires au printemps 1953, navires regroupés au sein d’une seule flottille basée à Bari après le débarquement en Italie péninsulaire pour opérer à nouveau en Adriatique, un cargo néo-zélandais modifié servant de bâtiment base.

En septembre 1953, huit vedettes type Elco sont livrées par les américains ce qui permet de reconstituer une deuxième flottille avec du personnel néo-zélandais mais aussi des marins américains et britanniques.

Ces deux flottilles vont opérer en Adriatique jusqu’à la fin du conflit en Europe en avril 1954. Ils rentrent au pays en juillet 1954, se préparent à être engagés contre les japonais mais la capitulation des forces du Mikado arrive avant tout engagement. Les deux flottilles sont dissoutes avant la fin de l’année.

Les six autres flottilles vont être engagées à tour de rôle dans le Pacifique sachant qu’une restait en permanence au pays pour entrainement et formation à cette forme de guerre navale particulièrement usante et exigeante.

Si quatre étaient équipées de Fairmile C britanniques, les deux dernières naviguaient sur des Elco américaines. Les performances étaient assez semblables mais il semble que les Elco encaissaient mieux les chocs que les Fairmile.

Sur les quarante-huit navires utilisés, vingt-huit ont été perdus répartis entre les combats antisurface (douze), l’aviation (huit), les batteries côtières (quatre) et les accidents (quatre autres).

A la fin du second conflit mondial, il restait au sein de la RNZN que trente-deux vedettes lance-torpilles. Douze sont maintenus en service au sein d’une unique flottille mais leur carrière s’achève dès 1960. Depuis il n’y à plus dans la marine néo-zélandaise de navires légers d’attaque.

Sur les quatre cargos réquisitionnés utilisés par la marine royale néo-zélandaise, un fût envoyé en Méditerranée comme bâtiment-base pour les vedettes lance-torpilles.

Il est légèrement endommagé par une mine au large de l’Italie lors de son transit entre Lampedusa et Bari. Réparé il reprend sa mission, participant au rapatriement des vedettes en Nouvelle-Zélande. Il est déréquisitionné en janvier 1955 et rendu à son armateur qui le fait démolir.

Les trois autres sont utilisés dans le Pacifique pour des missions classiques de transport au profit des néo-zélandais comme des alliés. Deux navires survivent au second conflit mondial mais le troisième est coulé par l’aviation japonaise dans les Salomons.

Les quatre pétroliers sont tous employés dans le Pacifique. N’étant pas équipés pour le ravitaillement à la mer, il servent uniquement à alimenter les dépôts de l’arrière ou ravitaillent les navires au mouillage. Ils survivent tous au conflit et sont rendus à leurs armateurs respectifs après guerre pour les trois réquisitionnés, l’Endeavour restant en service jusqu’en 1965.

Le bâtiment-base de plongeur HMNZS Maui va en réalité servir également de navire-atelier en liaison avec le HMNZS Aotearoa qui lui était un véritable navire-atelier. Il sert au sein des bases arrières mises en place par les alliés. Les deux navires survivent au conflit, restant en service au sein de la RNZN jusqu’à la fin des années soixante-dix.

 

Les quatre LST et les quatre LSM sont transférés à la marine néo-zélandaise à l’automne 1950, étant baptisés LST-1(NZ),LST-2(NZ),LST-3(NZ) et LST-4(NZ). Naturellement les LSM sont baptisés LSM-1(NZ),LSM-2(NZ),LSM-3(NZ) et LSM-4(NZ).

En ce qui concerne les LST, trois survivent au conflit après avoir participer aux combats dans les Salomons, en Nouvelle-Guinée, aux Philippines et en Chine mais le LST-4(NZ) est perdu dans le golfe de Lingayen suite à l’impact d’un kamikaze en février 1954.

Sur les quatre LSM, les LSM-1(NZ) et 3(NZ) survivent au conflit mais leurs confrères immatriculés LSM-2 et 4 sont perdus durant le conflit, le premier suite à une attaque aérienne japonaise dans les Salomons et le second suite à une collision avec un transport de munitions néerlandais au large de Port-Moresby («La plus belle explosion depuis le Big Bang» selon un témoin de la scène).

Les trois LST et les deux LSM sont un temps conservés par la marine néo-zélandaise qui finit par rendre les LSM aux américains et par désarmer un LST, n’en conservant que deux, ces deux navires étant transformés en transports classiques jusqu’à leur désarmement en 1975, étant remplacés par un roulier plus adapté aux opérations de projection de la petite mais dynamique armée néo-zélandaise.

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