Dominions (81) Australie (25)

La RAAF des origines au second conflit mondial

La RAAF est donc la deuxième force aérienne indépendante au monde derrière la RAF (la Regia Aeronautica n’est donc que troisième). Elle dispose à sa création de 21 officiers, 128 sous-officiers et hommes de rangs et 153 avions majoritairement issus de l’Imperial Gift.


A la tête de la RAAF nous trouvons l’Australian Air Board composé initialement de militaires et de civils dirigés par le Chief of Air Staff (CAS). Le CAS est le commandant opérationnel de la RAAF, les autres membres de l’AAB gérant le personnel, le ravitaillement, la recherche, les finances. Il s’installe à Victoria Barracks près de Melbourne.

L’AAB est initialement placé sous l’autorité de l’Air Council qui inclut des officiers de l’Armée de Terre et de la Marine. Ce conseil est dissous en 1929 ce qui permet à l’Australian Air Board d’acquérir le même statut que ces homologues de l’armée de terre et de la marine, ces trois conseils étant placé sous l’autorité directe du ministère de la Défense.

Initialement l’AAB comprend le Directeur du Renseignement et de l’Organisation, le Directeur du Personnel et de l’Entrainement, le Directeur de l’Equipement et le Directeur Financier (Finance Member).

En juillet 1921, l’AAB sélectionne un site pour implanter une première base aérienne en Nouvelle Galles du Sud. Il s’agit de la ville de Richmond situé à 50km au nord-ouest de Sydney, la base étant officiellement ouverte le 30 juin 1925.

A la même époque, on choisit un symbole propre à savoir la Croix du Sud sur la cocarde de la RAF et l’année suivante en 1922, l’armée de l’air australienne choisit le bleu foncé comme couleur d’uniforme, une façon de se distinguer du bleu gris (grey blue) de la RAF.

En octobre 1922 des restrictions budgétaires réduisent l’AAB à trois membres avec le Chief of Staff, le Chief of Administrative Staff et le Finance Member. Un quatrième membre s’y ajoute en 1929, l’Air Member of Supply chargé des questions de ravitaillement. C’est aussi la même année que la RAAF reçoit l’autorisation d’utiliser la devise de la RAF «Per Addua ad Astra» (A travers l’adversité jusqu’aux étoiles).

En septembre 1939, la RAAF aligne treize squadrons, neuf squadrons opérationnels (n°2,3,4,,8,9,10,11,12,14) et quatre squadrons de réserve appelés Citizen Air Force Squadron (n°21,22,23 et 25). On compte également deux dépôts d’avions.

Sur le plan des moyens on compte 310 officiers, 3179 sous-officiers et hommes du rang ainsi que 246 avions. Ils sont répartis entre différentes bases aériennes : Laverton (Victoria), Richmond (Nouvelle Galles du Sud),Pearce (Australie occidentale), Darwin (Territoire du Nord), Archefield (Queensland) et Rathmine (Nouvelle Galles du Sud).

Outre les missions militaires, la RAAF mène des explorations et des missions d’assistance au pouvoir civil sur la Grande Barrière de Corail, la Papouasie Nouvelle Guinée, la Nouvelle Bretagne et les Salomons.

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Fairey IIID portugais

En 1924,deux pilotes australiens, Goble et Mcintyre effectue la première circumnavigation de l’île-continent à bord d’un Fairey IIID. En 1929/30 un Gipsy Moth effectue des explorations aériennes au dessus de l’Antarctique.

Comme dans de nombreuses armées, la période qui suit la crise de 1929 est une période de vaches maigres où les budgets sont faméliques. De plus le contexte idéologique (profond pacifisme) et politique (funeste politique d’apeasment) ne vont pas dans le sens d’investissements militaires massifs.

Les investissements reprennent au milieu des années trente avec l’acquisition d’Avro Anson et de Lockheed Hudson, la fabrication de Bristol Beaufort et de CAC Wirrawaysmais quand éclate la guerre de Pologne, l’armée de l’air australienne est loin d’être apte au combat.

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CAC Wirraway

Comme les autres dominions, le gouvernement australien prend conscience des limites de ses forces armées. Un investissement «massif» est nécessaire pour rendre les forces armées australiennes les plus autonomes possibles.

Des avions modernes sont commandés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, une petite industrie aéronautique étant développée au pays pour produire sous licence des appareils étrangers et des appareils de conception nationale (des appareils d’entrainement, les avions de combat ne dépassant pas le stade du prototype pour des raisons techniques et politiques).

Le mois de juillet 1948 voir la RAAF commencer un discret processus de mobilisation de ses moyens avec le rappel de réservistes, le recrutement de jeunes pilotes et de mécaniciens, l’aménagement de nouveaux terrains, de nouveaux dépôts. Des commandes supplémentaires d’avions sont passés notamment pour réaliser des stocks d’appareils.

La RAAF dans le second conflit mondial (1) Afrique du Nord et Balkans

Bien qu’étant le dominion le plus menacé par l’ennemi, l’Australie décide d’envoyer des moyens en Afrique du Nord puis à terme en Europe sans que ce ne soit décidé à l’époque si il s’agissait de l’Europe occidentale ou des Balkans.

L’armée de terre fournit un corps d’armée à deux divisions d’infanterie plus des éléments de soutien et d’appui (1st Australian Army Corps), la marine un Australian Mediterranean Squadron (AMS) et l’armée de l’air, le 3rd Australian Tactical Wing (3rd ATW).

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Curtiss P-40 Warhawk

Cette escadre tactique comprend trois squadrons de chasse de vingt appareils, un équipé d’Hawker Hurricane et deux de P-40 (soixante chasseurs), deux squadrons de bombardement équipés pour le premier de bimoteurs Douglas DB-7 et le second de quadrimoteurs Handley-Page Halifax avec respectivement vingt et seize appareils (trente-six bombardiers), un squadron de reconnaissance équipé de vingt De Havilland Mosquito, un squadron de patrouille maritime équipé de douze Short Sunderland et un squadron de transport équipé de vingt Douglas C-47 Skytrain soit un total de 148 appareils.

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Douglas DB-7 

Cette escadre est d’abord engagée en Afrique du Nord dans le volet britannique de l’opération BAYARD (nom de code : MARLBOROUGH) avec les chasseurs engagés davantage dans des missions d’appui-feu et de chasse-bombardement que de chasse de supériorité aérienne, l’aviation italienne ayant été rapidement éliminée par les français.

Les DB-7 assuraient le bombardement tactique sur les arrières du front italien et notamment pour empêcher les italiens d’utiliser les ports pour amener renforts et ravitaillement depuis la péninsule italique.

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Handley-Page Halifax B. Mk III en vol

 

Les Halifax eux ont participé à l’offensive stratégique menée par les bombardiers français et britanniques contre l’Italie. Les Sunderland surveillaient les mouvements de la flotte italienne dans l’Adriatique et en Méditerranée.

Si les Mosquito assuraient des missions de reconnaissance tactique et stratégique, les C-47 assuraient les transports entre les bases aériennes avancées et l’arrière.

Si la campagne d’Afrique du Nord à été relativement tranquille, celle dans les Balkans va être nettement plus musclée. Comme le dira un pilote australien anonyme «Au dessus d’Athènes j’ai perdu mes dernières illusions, la guerre c’est l’enfer» et ce même pilote d’ajouter «On nous l’à bien dit en formation mais tant que vous n’y êtes pas confronté vous ne pouvez pas savoir ce que c’est».

La chasse germano-italienne est particulièrement énergique et musclée, ne laissant pas les pilotes australiens opérer à leurs aises. Les unités subissent des pertes sensibles tant sur le plan humain que sur le plan matériel. Si les avions ne manquent pas, les pilotes sont plus rares car si l’Australie à lancé de manière précoce la formation de nombreux pilotes, le temps que ces derniers arrivent en unité…… .

Les jeunes pilotes australiens apprennent cependant vite et après un temps où ils sont été moqués et sous-estimés, ils s’attirèrent le respect de leurs ennemis ou à défaut n’étaient plus considérés comme des pilotes de seconde zone.

A la fin de la campagne de Grèce (mars 1950), décision est prise de maintenir la 3ème Escadre sur le front balkanique. Une partie des pilotes voulant combattre en Asie-Pacifique demandèrent leur transfert dans d’autres unités mais il n’y eut heureusement pas l’hemorragie crainte par le haut commandement de la RAAF.

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North American P-51D de la California Air National Guard

L’équipement évolue naturellement. Les Hawker Hurricane sont remplacés par des Hawker Fury II, les Curtiss P-40 par des North American P-51. Si les Douglas DB-7 sont remplacés par des North American B-25, les Handley-Page Halifax restent en service avec néanmoins l’arrivée d’appareils neufs en versions améliorées.

Les Sunderland et les Mosquito sont encore en service dans des variantes améliorées alors que les C-47 restent en service. Il était prévu si le conflit avait duré de remplacer les Sunderland par des PBM Mariner mais la capitulation allemande à envoyé ce projet aux oubliettes.

Le 3rd ATW va opérer au dessus de la Grèce, de l’Albanie, parfois de l’Italie. Elle va aussi engager ses moyens en Yougoslavie, appuyant les maquis royalistes contre les maquis communistes, les premiers l’emportant mais pour peu de temps, la monarchie restaurée étant finalement balayée en 1958 par une révolte «national communiste» (mais ceci est une autre histoire).

Quand le conflit se termine en Europe, la 3ème Escadre Tactique Australienne se trouve en Slavonie (partie orientale de l’actuelle Croatie). Elle va se replier progressivement jusqu’en Grèce, quittant l’Europe en juillet 1954. Il était prévu de l’engager contre le Japon mais la capitulation de ce dernier va l’en empêcher.

L’escadre va être dissoute en décembre 1954, la RAAF réduisant naturellement le volume de ces forces avec le retour à la paix. Cela entraîne la suppression d’unités ayant une courte mais prestigieuse carrière et ce au grand dam des vétérans de ces unités qui ne tardent pas à se regrouper en associations d’anciens.

En mars 1961, un RAAF Memorial Act validera la décision prise par le chef de la RAAF d’attribuer les traditions d’une unité prestigieuse à un squadron opérationnel.

Cela passa par la pose des blasons des dites unités sur les avions, l’organisation de fêtes commémoratives avec la présence de vétérans.

En 1965 la RAAF ira encore plus loin en mettant sur pied un Australian Memorial Squadron regroupant des avions ayant été utilisés par l’armée de l’air australienne pour permettre l’entretien et la transmission de la mémoire.

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