Dominions (80) Australie (24)

ROYAL AUSTRALIAN AIR FORCE (RAAF)

Historique

Les prémices : l’Australian Flying Corps (AFC)

L’avion apparaît en 1903 après le premier vol des frères Orville et Wilbur Wright à Kitty Hawk (Caroline du Nord) et très vite les militaires se disent que ce drôle d’engin pourrait jouer son rôle et notamment voir de l’autre côté de la colline et dissiper ce que Clausewitz à appelé le «brouillard de guerre».

En 1911 une conférence impériale se réunit à Londres et décide de développer l’aviation au sein de l’empire britannique. Il s’agit d’utiliser cette nouvelle arme pour défendre un territoire immense avec peu de moyens, peu de troupes. Il ne s’agit pas d’affronter une armée «occidentale» mais plutôt d’assurer des missions de police coloniale.

L’Australie fraîchement auréolée de son statut de dominion joue les bons élèves en décidant de créer dès 1912 un Australian Aviation Corps. Le 22 octobre 1912 est créée la Central Flying School qui installe ses quartiers à Point Cook dans l’Etat de Victoria.

RAF B.E2.jpg

RAF B.E2c

Entre-temps le 3 juillet 1912, quatre avions sont commandés, deux RAF B.E.2 et deux Deperdussin construits sous licence en Grande-Bretagne. Un premier pilote est engagé le 6 août suivit un deuxième le 11 août.

Le 24 octobre 1912, la création d’un premier squadron est autorisée mais il faudra attendre le 14 juillet 1914 pour que soit officiellement créé le n°1 Flight Australian Flying Corps levé au sein du 3ème district qui couvre l’Etat de Victoria où se situe donc l’école de formation et d’entrainement.

En 1914 cette unité est connue sous le nom d’Australian Flying Corps. Si elle arrive trop tard pour être engagé en Nouvelle-Guinée (les avions sont encore dans leurs caisses quand les allemands capitulent !).

Il faudra attendre mai 1915 pour que des pilotes australiens combattent en l’occurrence en Irak où les pilotes du Mesopotamian Half Flight assure la couverture et l’appui des troupes indiennes qui défendent les précieux puits de pétrole irakiens, puits dont la Grande-Bretagne à un besoin vital surtout depuis que la Royal Navy à choisit la chauffe au mazout en remplacement de la chauffe au charbon.

Le Mesopotamian Half Flight dispose d’une flotte hétéroclite incluant différents modèles d’avions, des modèles français (Caudrron et Farman) et britanniques (Martinsyde). L’unité est d’abord engagée dans des missions de reconnaissance puis de bombardement léger.

Elle subit de lourdes pertes dans cette dernière mission (pour laquelle il était rattaché au squadron 30 du Royal Flying Corps) ce qui entraîne sa dissolution après une dernière mission, le ravitaillement de la garnison britannique assiégée à Kut.

En janvier 1916, le n°1 Squadron AFC/n°67 (Australian) Squadron RFC est levé à Point Cook suite à une demande britannique pour un squadron destiné à opérer au sein du RFC. Douze avions (répartis en trois flights), les pilotes et les mécaniciens prennent la mer en direction de l’Egypte.

Placé sous l’autorité de la 5ème escadre du RFC (5th Wing RFC), ce squadron va combattre contre les ottomans et leurs alliés sénoussis. La flotte est initialement hétéroclite avant d’être standardisée avec des chasseurs Bristol.

Cette unité va accumuler 29 victoires et l’un de ses pilotes, le lieutenant Franck McNamara va recevoir la Victoria Cross _seul pilote australien ayant reçu cette prestigieuse décoration_ pour avoir posé son avion derrière les lignes turcs pour récupérer un pilote, inventant sans le savoir le concept de recherche et de sauvetage au combat.

Trois nouveaux squadrons sont créés en 1916 pour combattre sur le front occidental où ils arrivent entre août et décembre 1917. Ils portent une double numérotation avec leur numéro australien et leur numéro britannique.

C’est ainsi que le n°2 Squadron AFC créé le 20 septembre 1916 est aussi connu sous le nom de n°68 (Australian) Squadron RFC. Commandé par le major Oswald Watt, un ancien de la Légion Étrangère, cette unité vole initialement sur Airco DH.5.

Opérant d’abord dans la région de Saint Quentin, le squadron australien est engagé dans la bataille de Cambrai dans des missions de chasse et de bombardement au profit de la 3ème Armée britannique. Opérant à basse altitude, l’unité est à la merci des fusils et des mitrailleuses alors utilisées pour la défense antiaérienne et subit donc de lourdes pertes.

En décembre 1917, l’unité troque ses Airco DH.5 contre des Royal Aircraft Factory S.E.5a avec lesquels elle participe notamment à l’offensive des 100 jours, les squadrons de l’AFC étant engagés au dessus d’Amiens, d’Ypres, d’Arras et de Lille.

Le n°3 Squadron AFC créé le 19 septembre 1916 est aussi connu sous la désignation de n°69 (Australian) Squadron RFC. Contrairement aux autres unités, c’est un squadron de reconnaissance volant sur RAF R.E-8, l’unité connaissant son baptême du feu lors de la bataille de Passchendaele en novembre 1917.

Le n°4 Squadron AFC créé le 16 octobre 1916 est aussi connu sous la désignation britannique de n°71 (Australian) Squadron RFC. Volant sur Sopwith Camel, elle s’illustre notamment le 29 octobre 1918 quand 15 Sopwith Snipes de l’unité tombe sur un groupe de Fokker quatre fois plus nombreux. En dépit de cette infériorité, 10 appareils sont abattus contre seulement un avion australien.

Ces quatre squadrons dépendent de wings, le n°2/n°68 dépend ainsi du 51th Wing puis à partir de 1918 du 80th Wing où il retrouve le n°4/n°71 venu lui du 11th Wing. Le n°3 initialement intégré au 23th Wing devient un squadron autonome opérant directement au profit de deux corps d’armée, le 13ème Corps d’Armée britannique (XIII British Corps) et le Corps d’Armée Canadien.

Un wing d’entrainement, le 1st Training Wing est aussi mis sur pied avec quatre squadrons d’entrainement qui ont eux aussi une double appelation.

C’est ainsi que le n°5 (Training) Squadron AFC est aussi connu et ce dès sa création survenue le 1er septembre 1917 comme le n°29 (Australian) Squadron RFC. Le N°6 (Training) Squadron AFC créé le 15 juin 1917 est aussi connu sous le nom de n°30 (Australian) Squadron RFC.

Les deux derniers squadrons, les n°7 et n°8 (Training) Squadron AFC créés respectivement les 24 et 25 octobre 1917 sont aussi connus sous le nom de N°32 et N°33 (Australian) Squadron RFC.

A noter qu’il était prévu de passer de quatre à quinze squadrons opérationnels d’ici 1921 mais tous ces projets ont été abandonnés suite à la fin du conflit.

Au 11 novembre 1918, l’AFC compte 2696 hommes (460 officiers et 2234 sous-officiers et hommes du rang) auxquels il faut ajouter 200 australiens ayant servit directement dans les rangs des deux aviations britanniques.

Les squadrons australiens ont revendiqué de nombreuses victoires aériennes en l’occurrence 464 répartis entre le squadron 1 (29), le squadron 2 (185), le squadron 3 (51) et le squadron 4 (199). Il y eut des pertes avec 175 morts, 111 blessés, 6 gazés et 40 prisonniers.

Sur le plan de l’équipement, l’AFC à utilisé des avions britanniques en majorité mais aussi quelques appareils français.

En ce qui concerne la chasse on trouve le Airco DH.5, le Bristol F.2 (utilisé également pour la reconnaissance), le Bristol Scout encore plus polyvalent puisqu’il était utilisé également pour l’entrainement, les Royal Aircraft Factory F.E.2 et S.E.5a, le Sopwith Strutter (également utilisé pour la reconnaissance), le Sopwith Camel et le Sopwith Snipe.

Sopwith Camel 9

Sopwith Camel 

Pour la reconnaissance, l’AFC à utilisé le Bristol F.2, le Bristol Scout, le Martinsyde S.1, le Martinsyde G.100, le Royal Aircraft Factory B.E 2, le Royal Aircraft Factory B.E.12, le Rotal Factory FE.2, le Sopwith Strutter et le Royal Aircraft Factory R.E.8.

Pour le bombardement, on trouve le Handley-Page 0/400, le Martinsyde G.101, le Royal Aircraft Factory B.E 12.

Pour l’entrainement une variété ainsi importante d’appareils, quasi-exclusivement des appareils déclassés comme le Airco DH.6, l’Armstrong Whitworth F.K3, l’Avro 504, le Bleriot XI, le Bristol Boxxite, le Bristol Scout, le Caudron G.3, le Curtiss JN Jenny (le seul avion américain utilisé par les australiens), le Grahame-White Type XV Boxkite, le Maurice Farman MF.7 Longhorn et le Maurice Farman MF.11, les Maurice Farman Seaplane/Landplane et le Sopwith Pup.

L’Armistice du 11 novembre 1918 ne marque pas la fin des opérations pour l’AFC. En effet certaines unités restent en Europe pour effectuer si on peut dire le «service après vente», le premier conflit mondial ayant provoqué des changements politiques et géopolitiques profonds.

C’est ainsi que le n°4 squadron participe aux opérations d’occupation de l’Allemagne au sein de la British Army of Occupation déployée dans la région de Cologne. Elle y opéra de décembre 1918 à mars 1919 avant de transférer ses avions aux britanniques et de retourner en Australie en compagnie de trois autres squadrons.

L’AFC est dissous courant 1919, remplacé par l’Australian Air Corps en janvjer 1920 et qui sera lui même supplanté par la Royal Australian Air Force (RAAF) dès mars 1921.

Une entité de transition : l’Australian Air Corps (janvier 1920-mars 1921)

L’Australian Flying Corps étant une création du temps de guerre se posa immédiatement la question de sa pérennisation une fois la paix revenue.

Comme dans tous les pays un débat opposa les partisans d’une armée de l’air autonome disposant du contrôle total de ses moyens et ceux estimant que l’avion devait dépendre des armées qu’il appuyait à savoir l’armée de terre et la marine.

Il y eut même parfois une troisième école avec un équilibre bâtard comme celui de la France à la création de l’armée de l’air.

En Australie, dès janvier 1919 la décision avait été prise de créer une armée de l’air autonome vraisemblablement en raison de l’influence britannique, la Grande Bretagne pour mettre fin aux querelles de compétences entre le RFC et le RNAS avait décidé de regrouper à titre provisoire ses deux entités en un une force aérienne royale. Comme cette RAF se révéla efficace, cette organisation fût pérennisée une fois la paix revenue.

Tout devait donc couler de source : dissolution de l’AFC et mise en place d’une armée de l’air indépendante. Il fallut pourtant bien plus de temps en raison des résistances de l’armée de terre et de la marine ainsi que les inévitables problèmes budgétaires et freins administratifs.

Finalement l’AFC est dissoute en novembre 1919 et le 1er janvier 1920 est créé l’Australian Air Corps (AAC), une entité dépendante de l’armée de terre mais avec des officiers de la marine à l’intérieur de l’état-major.

La principale mission de l’AAC est la pérennisation de l’école de l’air de Point Cook ainsi que des recherches dans des domaines liés à l’aviation comme la médecine. L’effectif original comprend neuf officiers et soixante-dix sous-officiers et hommes du rang, effectifs qui vont montrer progressivement à seize officiers et cent soixante sous-officiers et hommes du rang.

En ce qui concerne l’équipement, l’AAC dispose à l’origine de vingt Avro 504K d’entrainement et douze Sopwith Pup de chasse qui avaient livrés à la CFS en 1919, la flotte se réduisant rapidement à treize Avro et onze Sopwith.

D’autres modèles d’appareils ont été livrés à l’AAC notamment des RAF B.E2 et F.E2 sans compter le «don impérial» de mars 1920 à savoir 128 appareils plus les pièces détachées et d’autres équipements, ces dons permettant aussi aux britanniques de liquider leurs surplus. On trouvait des RAF S.E5, des Airco DH.9 et DH.9A ainsi que des Avro 504.

Avro 504 9

Un Avro 504

Le 15 mars 1921, le journal Brisbane Courier annonce que l’AAC sera dissous le 30 mars et remplacé par une nouvelle force aérienne, l’Australian Air Force officiellement créée le 31 mars, recevant le préfixe Royal le 31 août, devenant la Royal Australian Air Force (RAAF).

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