Dominions (61) Australie (5)

Une marine en guerre : la marine australienne dans le second conflit mondial

Situation en septembre 1948

Quand le monde s’embrase le 5 septembre 1948, la marine australienne est puissante, bien entraînée et bien préparée. Son effort à été important sur le plan financier, industriel, humain et tactique.

Le 7 septembre 1948, l’Australie déclare la guerre à l’Allemagne. Les réservistes sont rappelés, les navires civils  réquisitionnés pour renforcer le train d’escadre qui avait été un peu le «parent pauvre» des investissements de la période 1941/48. Des pétroliers et des cargos sont militarisés tout comme des paquebots et des ferrys pour devenir des transport de troupes ou des navires-hôpitaux.

La Royal Australian Navy (RAN) aligne alors les moyens suivants :

-Un porte-avions léger type Colossus en achèvement à flot, le HMAS Galipolli.

-Deux croiseurs lourds type County, les HMAS Australia et Canberra. Seul le premier est disponible, le second étant immobilisé par un grand carénage/modernisation (il sera à nouveau opérationnel comme navire-amiral de la RAN en novembre 1948).

HMAS Perth (4)

Le HMAS Perth ex-HMS Amphion

-Trois croiseurs légers type Modified Leander avec le HMAS Perth (en carénage le 5 septembre 1948), le HMAS Hobart (disponible pour une escorte de convoi) et le HMAS Sydney (patrouille en mer de Corail)

HMAS Arunta (I-30) 3.jpg

HMAS Arunta

-Huit destroyers classe Tribal formant la 2nd Australian Destroyer Flottilla stationnée à Sydney. Ces destroyers sont les HMAS Arunta (en carénage), HMAS Warramunga (disponible, à quai), HMAS Kurnai (disponible, exercice en mer), HMAS Anzac (disponible, exercice en mer), HMAS Stuart (entretien à quai), HMAS Ballarat (disponible à quai), HMAS Toowomba (disponible à quai) et HMAS Adelaïde (exercice en mer).

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HMAS Nestor

-Six destroyers type N formant la 1st Australian Destroyer Flottilla stationnée à Perth. On trouve le HMAS Napier (G97) (disponible à quai), le HMAS Nestor (G02) (disponible à quai), le HMAS Nizam (G38) (en carénage), le HMAS Norman (G49) (en carénage), le HMAS Norseman (G25) (disponible, entrainement à la mer) et le HMAS Nerissa (G65) (disponible, entrainement à la mer).

-Huit destroyers type Hunt de classe Lake (HMAS Lake Albina HMAS Lake Bathurst HMAS Budgerwoi Lake HMAS Lake Cootapatamba HMAS Lake Cowal HMAS Lake George HMAS Lake Illawana et HMAS Lake Macquarie) formant à Darwin la 3rd Australian Destroyer Flottilla.

-Quatre sloops classe Grimsby stationnés à Darwin (HMAS Swan, Yarra,Warrego et Parramatta)

-Huit corvettes classe Flower (HMAS Kangaroo HMAS Dingo HMAS Platypus HMAS Koala HMAS Dugong HMAS Emu HMAS Cockatoo et HMAS Cod) formant la 1st Australian Escort Flottilla à Sydney

-Huit frégates classe River : HMAS River HMAS Murray River HMAS Murrumbidgee HMAS Darling River HMAS Lachlan River HMAS Little Weir HMAS Cooper Creek et HMAS Parro River. Elles forment la 2nd Australian Escort Flottilla stationnée à Darwin.

-Deux pétroliers militaires, les HMAS Succes et Westralia

-Deux cargos militaires, les HMAS Protector et Prosecutor

Patrouilles et escortes de convois

Quand l’Australie entre en guerre contre l’Allemagne la crainte majeure de Canberra est une action concertée entre Berlin et Tokyo. Voilà pourquoi tout en envoyant des moyens au Moyen-Orient, l’Australie conserve beaucoup de moyens sur le théâtre Asie-Pacifique.

A l’époque bien entendu les alliés ignoraient que l’alliance germano-nippone était plus beaux discours et méfiance plutôt que coopération pleine et entière ce qui aurait pu permettre à la RAN d’envoyer davantage de moyens en Méditerranée. D’un autre côté si l’Australie avait engagé plus de moyens cela aurait peut être poussé le Japon à se lancer dans une véritable aventure militaire.

En attendant une éventuelle bataille majeure en mer de Corail ou en Insulinde à laquelle la RAN aurait apporté sa part, la dynamique marine australienne va devoir assurer des missions d’escorte de convois et des patrouilles anti-raiders.

Le 25 septembre 1948 un convoi quitte Sydney. A bord des paquebots Empress of Australia et Princess Ann, du cargo Wollonga se trouvait une partie des éléments 1st Australian (Infantry) Division destinée au théâtre d’opérations nord-africain, leurs canons, leurs véhicules.

Ce convoi est solidement escorté avec le croiseur léger Hobart, les destroyers type N HMAS Napier et Nerissa mais aussi deux corvettes type Flower, les HMAS Cockatoo et Platypus.

Ce convoi contourne l’Australie par le sud, se ravitaille rapidement à Perth avant de traverser l’Océan Indien sous la menace des raiders et des croiseurs auxiliaires allemands. A plusieurs reprises des alertes aux raiders sont transmises au convoi mais sans menace durable et tangible.

Le convoi arrive à Port Said le 7 octobre 1948. Les hommes, les armes et les véhicules débarquent aussitôt pendant que les navires de guerre se ravitaillent au port. Le convoi repart trois jours plus tard. Cinq autres convois vont se succéder jusqu’au début de l’année 1949 pour permettre le déploiement de deux divisions et des éléments d’un corps d’armée.

Le reste de la marine australienne ne reste pas inactif. Des groupes de chasse sont mis en place pour couvrir les atterrages immédiats de l’ile-continent.

HMAS Australia sous pont de Sydney

Le HMAS Australia à Sydney

Ils sont organisés autour d’un croiseur et de deux ou trois destroyers. L’Alpha Group stationné à Darwin opère en mer de Timor avec l’Australia et deux destroyers type Tribal (Arunta Anzac), le Bravo Group opère depuis Perth avec le Canberra, le Perth, deux destroyers type N (Norseman Norman) et deux Hunt alors que le Charlie Group opère depuis Sydney en compagnie du Sydney et de deux destroyers type Tribal (Kurnai et Ballarat).

Tous les navires de ces groupes de chasse ne sortent pas forcément tous en même temps. Outre la maintenance de ces navires, le haut commandement australien veut préserver sa ressource humaine en évitant tout stress et surtout tout ennui inutile dans de longues et fastidieuses patrouilles.

Si il y à des sorties de groupes régulières pour exercices (soit prévus soit sur alerte pour vérifier l’agilité de l’équipage), la plupart des sorties sont solitaires avec toujours un soutien aérien fourni soit par l’aéronavale (Australian Naval Aviation Force) ou par l’armée de l’air.

Ce lourd dispositif va être progressivement allégé à partir du printemps 1949 en raison de l’absence de menace crédible et de la nécessité d’envoyer les navires australiens pour d’autres missions plus concrètes.

Globalement à partir de l’automne 1949, la chasse aux raiders se fera davantage sur renseignement parfois de la part des cibles elles-mêmes quand elles parvenaient à émettre un message d’alerte mais aussi d’avions, d’hydravions, de sous-marins voir de services de renseignement.

Dès qu’un raider était repéré, avions et hydravions ralliaient si possible la zone pour le marquer et guider sur lui croiseurs et destroyers. Deux forceurs de blocus et deux croiseurs auxiliaires seront envoyés par le fond par la marine australienne.

Si les premiers (Westenfall et Parsifal) se saborderont à l’approche de navires de la RAN, les deux autres seront coulés au canon dans un combat à la loyale.

C’est ainsi que le Penguin est coulé par le croiseur Hobart le 17 octobre 1950 en mer de Timor et que l’Atlantis victime des canons du Canberra à 200 miles nautiques au sud-ouest de la Tasmanie en mars 1951.

HMS Canberra Wellington 220742

Le HMAS Canberra

L’Australian Mediterranean Squadron, un outil politique

Le théâtre d’opérations Asie-Pacifique est le théâtre prioritaire et quasi-exclusif de l’armée australienne mais c’est loin d’être le seul. Certes les intérêts géopolitiques et diplomatiques australiens sont plutôt limités hors de la zone Asie-Pacifique mais ils ne sont pas totalement inexistants.

Dans les relations parfois compliquées entre Canberra et Londres, l’Australie ne peut se contenter de défendre son pré-carré et ses approches, elle doit faire sa part du boulot tout comme l’Afrique du Sud, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

C’est une sorte d’échange de bons procédés : la Grande-Bretagne à investit de manière importante pour améliorer les défenses de la partie est-asiatique de l’Empire et l’Australie doit participer aux combats en Afrique et en Europe.

Ce combat va être terrestre, aérien et même naval avec la présence durant tout le conflit en Europe de l’Australian Mediterranean Squadron ou en France de l’Escadre Australienne en Méditerranée.

HMAS Perth 2 (2).jpg

Le HMAS Perth

Placée sous commandement britannique, cette petite escadre se compose du croiseur léger Perth, des destroyers Napier et Nestor et de deux destroyers type Hunt, les HMAS Lake Bathurst et Lake Cowal. A ces navires de combat vont s’ajouter ultérieurement huit vedettes lance-torpilles, des navires amphibies et des navires de soutien.

A noter que temporairement le porte-avions HMAS Galipolli sera rattaché à l’AMS mais uniquement pour participer à l’opération BAYARD en ASI ce qui permet au porte-avions d’arriver en novembre 1949 en Australie avec un groupe aérien entraîné et ayant l’expérience du combat.

Cette escadre opère d’abord en soutien des troupes australiennes en Afrique du Nord et dans les Balkans puis après leur départ pour le théâtre Asie-Pacifique au profit des troupes alliées, l’AMS restant déployé en Méditerranée orientale durant tout le conflit.

De violents combats opposent les Aussies aux germano-italiens. Les menaces aériennes et sous-marines vont rester importantes durant tout le conflit alors que la menace navale va vite décroître en raison de l’affaiblissement progressif mais continu de la marine italienne dans ses ports.

Si le Perth et le Nestor survivent au conflit en Méditerranée (bien qu’endommagés à plusieurs reprises), le Napier est lui coulé par un sous-marin allemand le 17 mars 1951 au large de la Crète, deux torpilles l’envoyant par le fond en seulement quelques minutes. Le Lake Bathurst sera également coulé en septembre 1953 au large de Naples par une bombe larguée par un chasseur-bombardier allemand.

Le conflit en Méditerranée plus généralement en Europe terminé (avril 1954), l’AMS reste sur zone pour effectuer le «service après vente» en s’occupant de la rédition de quelques iles italiennes et grecques où se trouvaient des garnisons allemandes certes très réduite mais il fallait les désarmer au plus vite.

L’Australian Mediterranean Squadron avec navires amphibies et de soutien va également assister les réfugiés et soutenir l’action des gouvernements italiens, grecs et yougoslaves dont d’ingrates missions de dépollution ou plus sordide dans la découverte de charniers.

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Le HMAS Nestor

Le 17 juillet 1954, le Hobart, le Nestor, deux Hunt (Le Lake Cowal et le Lake Bathurst II), trois LST, un cargo et un pétrolier (dont les équipages étaient mixtes britannico-australiens) quittent la Méditerranée pour rentrer en Australie en vue de participer à la future invasion du Japon, invasion qui comme chacun sait n’aura jamais lieu.

Feu et Sang ! La marine australienne et le théâtre d’opérations Asie-Pacifique

De l’Insulinde aux atolls du Pacifique, de la mer de Corail au détroit de Formose, le théâtre d’opérations Asie-Pacifique est absolument gigantesque, démentiel. Les distances et les conditions climatiques imposent nombre de contraintes aux opérations qui sont davantage lacunaires que front fixe.

La marine australienne va combattre son homologue japonaise en appui de l’US Navy et de la Royal Navy. Elle est parfois en première ligne mais le plus souvent assure des missions de soutien et de support comme durant la bataille de la mer de Corail où les navires australiens protègent les navires de soutien, assistant de (très) loin aux combats dont seront notamment victimes le cuirassé Missouri et le porte-avions Enterprise.

Ces combats vont être coûteux pour la marine australienne qui se retrouvera avec une note du boucher (Butcher’s Bill) particulièrement épicée.

Le 30 mars 1950 à lieu la Bataille du Golfe de Thaïlande, une version affadie de la «bataille décisive» imaginée, souhaitée, espérée par les différents belligérants. Cette bataille va se terminer par une victoire japonaise mais une victoire coûteuse pour la marine impériale.

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Le destroyer HMAS Anzac

La marine australienne n’est pas épargnée puisqu’elle perd le croiseur lourd HMAS Australia et un destroyer de classe Tribal le HMAS Anzac.

Le premier est touché dès les premières minutes par une torpille qui le désempare. Il ouvre le feu, touchant plusieurs navires japonais qui ripostent le transformant en épave fumante. Selon les sources il aurait reçu huit obus de 203 et six obus de 127mm. Le navire s’incline sur tribord et sombre en quelques minutes, ne laissant qu’une poignée de survivants récupérés par un destroyer néerlandais.

L’Anzac tente une attaque au canon et à la torpille contre des destroyers japonais. Il ouvre rapidement le feu avec ses canons de 120mm mais avant même de lancer ses torpilles il est foudroyé par une Longue Lance qui le coupe en deux.

Si l’avant coule immédiatement, l’arrière va dériver sur plusieurs miles, apparaissant et disparaissant aux yeux des combattants des deux camps. Les survivants sont récupérés par un destroyer britannique qui détruit l’épave au canon.

Lors des combats en Nouvelle-Guinée, la marine australienne subit de lourdes pertes. La défense de Port Moresby et de la Guinée australienne lui coûte au final un croiseur léger, deux destroyers et deux corvettes en l’occurrence les HMAS Kangaroo et Dugong, la première victime de l’aviation japonaise et la seconde surprise par des destroyers japonais qui ne lui laissent aucune chance.

HMAS Sydney 1935

Le HMAS Sydney

Le HMAS Sydney est coulé le 7 avril 1951 au large de la Nouvelle-Guinée, victime d’un sous-marin japonais qui lui découcha trois torpilles alors que le croiseur léger se repliait après avoir bombardé les positions japonais au nord-ouest de Port Moresby.

Une seulement fait mouche, pulvérisa l’arrière du navire jusqu’à la tourelle IV de 152mm. Le commandant du navire conscient que la situation est sans espoir ordonne l’évacuation immédiate du navire mais demande quelques volontaires pour tenter de faire remorquer le navire. Hélas une alerte sous-marine retentit rendant cette courageuse tentative inutile. Comme le veut la tradition il quitte le bord le dernier avant que le Norman ne l’achève avec trois torpilles.

Les deux destroyers coulés sont deux unités type N. le Nizam est victime de l’aviation japonaise le 21 février 1951, deux bombes sont fatales au destroyer alors que son sister-ship Norseman est torpillé par un destroyer japonais lors d’un affrontement de nuit (nuit du 25 au 26 mars 1951), le destroyer australien étant le premier à ouvrir le feu mais ce qu’il ignore c’est que les japonais l’ont déjà repéré et qu’ils ont lancé leurs torpilles. Une seule Longue Lance coupe le destroyer en deux qui sombre rapidement.

La Royal Australian Navy (RAN) engage également des moyens aériens embarqués ou non mais aussi des troupes terrestres en l’occurrence les deux bataillons d’Australian Marines. Ces deux bataillons créés respectivement le 14 octobre 1948 et le 5 janvier 1949 passent du statut d’infanterie côtière à celui d’unité de raid et de coup de main pour maintenir une grande insécurité sur les arrières de l’ennemi.

Miraculeusement, aucun navire australien n’est perdu durant la campagne des Salomons (mars-septembre 1951) en dépit de violents combats. A cela deux explications : la chance et le fait que l’US Navy à supporté le gros des opérations et donc des pertes. En revanche les deux bataillons d’Australian Marines participent aux violents combats dans la jungle des Salomons.

La chance tourne durant la deuxième campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953), campagne qui voit la perte du croiseur lourd Canberra et de deux destroyers classe Tribal, les Arunta et Adelaïde.

Le dernier croiseur lourd type County en service dans la marine australienne est coulé le 5 juillet 1952. En patrouille pour intercepter des navires japonais, le Canberra surprend un convoi de barges escorté par trois escorteurs.

Le croiseur lourd exécute le convoi qui transportant de l’essence et des munitions se transforme en une gigantesque boule de feu.

Toute à sa destruction, le croiseur lourd ne repère pas suffisamment rapidement trois destroyers japonais qui ouvrent le feu après avoir lancé leurs torpilles. Deux torpilles et une volée d’obus de 127mm frappent le croiseur qui coule lentement ce qui permet aux rescapés d’évacuer d’être récupérés.

Le destroyer Arunta coule le 8 septembre 1952 en heurtant une mine américaine qui ayant rompu son orin s’est mise à dériver en direction du destroyer.

Le Tribal de la RAN ouvre le feu avec toute son artillerie pour faire détonner la mine mais l’explosion provoque une brèche de 15m à babord. La propulsion hors service, le navire dérivé en direction de la côte, s’échouant sur un banc de sable.

Les marins blessés et ceux non nécessaires sont évacués, le commandant restant à bord avec une équipe d’urgence pour tenter une réparation d’urgence en vue d’un renflouement. Cette opération ne peut se faire en raison du mauvais temps qui disloque le navire.

Le HMAS Adelaïde est coulé le 2 janvier 1953 alors qu’il assurait l’appui-feu des troupes au sol avec ses canons de 120mm.

Le temps était nuageux, le protégeant d’un kamikaze mais une brusque éclaircie en fait une cible idéale pour un avion japonais qui largue sa bombe de 250kg qui explose au niveau de la tourelle III. L’incendie s’étend de manière très rapide et une violente explosion foudroie le destroyer qui coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Les pertes ont donc été lourdes mais entre-temps la marine royale australienne va recevoir de nouveaux navires soit des navires de seconde main ou des navires neufs construits dans les chantiers australiens.

Outre le croiseur lourd HMS Drake rebaptisé HMAS Australia, on trouve également des destroyers d’escadre comme le HMS Queenborough qui devient le HMAS Queenborough, ce navire mis en service en septembre 1949 étant transféré dans la marine australienne en novembre 1951, ralliant l’île-continent en février 1952.

D’autres transferts sont envisagés mais entre-temps l’Australie à lancé la production de destroyers inspirés des type S/T.

Ces quatre navires reprennent les noms des destroyers type V&W transférés à la RAN après le premier conflit mondial (HMAS Vampire, Vendetta,Voyager,Waterhen) et sont mis en service respectivement en janvier 1952, mars 1952, juin 1952 et novembre 1952.

Ces navires sont les unités les plus importantes à avoir rejoint la marine australienne durant le second conflit mondial. Des unités plus modestes vont également rejoindre les rangs de la RAN (cf la partie suivante) tout comme des navires amphibies mais aussi des navires de soutien.

La campagne des Philippines se passe bien pour la marine australienne qui ne perd aucune unité majeure à la différence de l’opération ZIPPER, la reconquête des colonies d’Asie du Sud-Est (Indes Néerlandaises, Singapour et Malaisie) par une force britannico-néerlando-française bien soutenue par les Etats-Unis et l’Australie.

Durant cette opération, la marine australienne perd le destroyer de classe Tribal HMAS Stuart victime le 12 novembre 1953 d’un kamikaze japonais qui s’écrase sur la tourelle II de 120mm (supérieure avant) détruisant la passerelle et toute la partie avant du navire qui sombre immédiatement. La partie arrière reste à flot suffisamment longtemps pour permettre aux marins d’évacuer et d’être récupérés par d’autres navires alliés présents sur zone.

Durant cette campagne, deux sloops de classe Grimsby (Swan et Parramatta) et une frégate de type River la Little Weir sont également coulés, le Swan étant coulé suite à une collision avec un cargo qu’il escortait (cargo victime d’une avarie de barre), le Parramatta est coulé par l’aviation (une bombe de 250kg et l’avion abattu qui s’écrase sur le navire) alors que la frégate de classe River est coulée par un canon d’une batterie côtière.

Ce sont les dernières pertes navales de la marine australienne. Si la Royal Australian Navy (RAN) participe à l’opération PHENIX avec quatre destroyers (Nerissa, Vampire,Voyager et Kurnai), ces quatre navires en ressortent indemnes à une époque où la marine japonaise était paralysée dans ses ports.

Les commandes/construction/acquisition de guerre

Au sein des dominions, l’Australie possède comme le Canada disposaient d’une industrie suffisamment puissante pour équiper une partie de leurs forces armées.

Si le Canada ne possède pas d’avions de conception et de fabrication nationale, l’Australie possède des avions conçus sur l’île-continent même si la majorité des avions utilisés par la Royal Australian Air Force (RAAF) sont britanniques et américains.

Dans le domaine de la construction navale, les australiens possédaient plusieurs chantiers navals capable de construire des navires civils et des navires militaires allant de la vedette lance-torpilles au destroyer.

Durant le conflit la Royal Australian Navy (RAN) va construire des navires mais aussi recevoir des navires de «seconde main» en l’occurence un croiseur et un destroyer ayant connu une première carrière au sein de la Royal Navy (RN).

Le croiseur est le HMS Drake, un croiseur lourd de classe Admiral, un navire de 18000 tonnes à pleine charge, filant à 34 nœuds avec pour armement principal neuf canons de 203mm en trois tourelles triples et seize canons de 102mm en huit affûts doubles.

Mis en service en mai 1948, il est affecté en Méditerranée, formant le 1st Cruiser Squadron en compagnie de ses sister-ships Hawke et Raleigh. Stationnés à Alexandrie, ces trois croiseurs lourds sont engagés dans les campagnes qui frappent la Mare Nostrum.

Il est endommagé en janvier 1950 lors de la campagne de Grèce (deux bombes allemandes) ce qui l’immobilise pendant six mois soit jusqu’en juillet 1950.

Il reprend du service toujours en Méditerranée, étant à nouveau endommagé en septembre 1951 lors de l’opération MARIGNAN au large de la Corse (une bombe italienne). Après réparations, il est envoyé à Aden pour opérer dans l’Océan Indien en escorte de convois et en patrouilles anti-raiders.

Après inspection en août 1952, l’Australie accepte la proposition britannique de transférer le Drake en remplacement du Canberra récemment perdu. Il est officiellement transféré en décembre 1952 et rebaptisé HMAS Australia.

Il arrive à Sydney en janvier 1953. Il participe à la deuxième campagne des Philippines en escorte des convois, appui-feu des troupes au sol et Défense Aérienne à la Mer (DAM). Il est endommagé à deux reprises mais jamais sérieusement.

Il est ensuite engagé dans la conquête de Formose et de la Chine continentale avec les mêmes missions que lors de la deuxième campagne des Philippines. Il est endommagé en juin 1954 suite à un échouage au large de Kaoshiung. Il est renvoyé à Cam-Ranh pour réparations, réparations achevées après la capitulation japonaise.

-Le destroyer transféré est le HMS Queenborough, un destroyer type Q mis en service dans la Royal Navy en septembre 1949. Il est transféré en novembre 1951 où il devient le HMAS Queenborough qui arrive en Australie en février 1952.

Le destroyer est engagé dans la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953) où il est endommagé dans une collision avec un LST ce qui impose des réparations de septembre à novembre 1952.

Reprenant du service actif, il est ensuite engagé dans la deuxième campagne des Philippines où il est endommagé légèrement par un kamikaze japonais en décembre 1953. Réparé, il assure des missions d’escorte et de patrouille dans l’archipel philippin et ce jusqu’à la fin du conflit, rentrant au pays en octobre.

Quatre destroyers type S/T sont construits en Australie en remplacement des transferts initialement envisagés. Ces navires sont baptisés HMAS Vampire, Vendetta,Voyager et Waterhen et mis en service respectivement en janvier, mars, juin et novembre 1952.

Formant la 4th Australian Destroyer Flottilla, ils sont engagés dans les derniers combats de la campagne de Nouvelle-Guinée (qui s’achève en janvier 1953) puis participent à la deuxième campagne des Philippines jusqu’en janvier 1954.

Si le Vampire et le Voyager en ressortent indemnes, le Vendetta est endommagé pendant la campagne de Nouvelle-Guinée, le Waterhern pendant la deuxième campagne des Philippines mais sans dégâts sérieux.

Ils participent ensuite à l’opération BOXER et notamment le volet formosan. Dans un premier temps ils couvrent le débarquement des troupes américaines et australiennes, la 1st Australian (Infantry) Division étant déployée dans la première vague, subissant des pertes assez sensibles (Elle sera d’ailleurs relevée par la 4th Australian (Infantry) Division avant de rallier la Corée pour relever les unités parachutistes de l’opération PHENIX).

Ils escortent les navires amphibies (essentiellement des LSM, des LST, des LCI/LCT), assurant l’appui-feu mais aussi émettant des écrans de fumée pour masquer les fragiles navires aux positions japonaises.

Les quatre destroyers ressortent indemnes de cette campagne. Les HMAS Vampire et Voyager participent à l’opération PHENIX (soutien naval à la plus grande opération aéroportée de l’histoire) alors que les Vendetta et Waterhern assurent la couverture de la mise à terre des troupes d’occupation australo-néozelandaises de l’ANZAC Division.

HMS Widemouth Bay (K-615).JPG

Une frégate de classe Bay de la RN

D’autres navires sont construits durant le conflit dans les chantiers australiens en l’occurence huit frégates type Bay (HMAS Avoca Lake HMAS Blue Lake HMAS Botany Bay HMAS Lake Cathie HMAS Glenbrook Lagon HMAS Menindee Lakes HMAS Narrabeen Lagoon et HMAS Tabourie Lake) pour compenser les pertes et anticiper sur les futures menaces. Ces navires sont mis en service entre septembre 1951 et décembre 1952. Ils survivent tous au conflit mais leur carrière sera brève.

De petits chantiers sont créés pour construire une série de vedettes lance-torpilles pour opérer dans les Salomons, en Nouvelle-Guinée mais aussi dans les Philippines.

La marine australienne va mettre en ligne quarante-huit vedettes inspirées des Motor Torpedo Boat (MTB) américaines avec le plus souvent pour armement un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, quatre mitrailleuses de 7.7mm et deux à quatre torpilles de 457mm.

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PT-72

Certaines vedettes seront adaptées pour d’autres missions pour des raids commandos ou du mouillage de mines. Huit d’entre-elle vont rallier la Méditerranée pour opérer au sein de l’Australian Mediterranean Squadron (AMS).

La marine australienne va aussi construire et mettre en service des navires amphibies. Au final ce sont 1580 LST, 740 LSM, 1350 LCI, 2050 LCT, 12280 LCM, 2550 LCP(L), 2750 LCP(R), 24250 LCVP et 250 LCC sont produits aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France.

L’Australie construit ses propres navires identiques aux modèles adoptés suite à l’accord interallié de janvier 1951.

La Royal Australian Navy (RAN) va construire six LST, douze LSM, seize LCI, huit LCT et quarante-huit LCM soit un total de quatre-vingt dix navires amphibies sans compter les cargos et les paquebots réquisitionnés qui étaient parfois utilisés comme «bâteaux-mères» pour transporter les embarcations amphibies à proximité de la cible.

Durant le conflit des navires de soutien sont construits pour compléter les navires de soutien disponibles en septembre 1948. Huit pétroliers type T-2 et quatre cargos type C-3 sont construits en Australie.

Les huit pétroliers type T-2 sont adaptés pour le ravitaillement à la mer notamment pour le porte-avions HMAS Gallipoli pour lui permettre de durer à la mer. Les quatre cargos type C-3 sont utilisés pour le transport entre les ports d’Australie et les zones de ravitaillement de l’avant.

Deux autres cargos type C-1 construits par les américains seront transférés en septembre 1953 à la marine australienne pour participer à des opérations amphibies aux Philippines puis en Chine.

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