Dominions (29) Canada (29)

La Royal Canadian Air Force (RCAF) au combat (2) : Méditerranée et Balkans

Avant même l’envoi de troupes terrestres sur le front méditerranéen (où le Canada devait initialement porter son effort principal), Ottawa à décidé d’envoyer rapidement des forces aériennes pour à la fois appuyer les troupes au sol mais aussi pour mener des missions de bombardement stratégique.

Une mission de la RCAF visite différents aérodromes de France, de Corse et d’Afrique du Nord pour savoir où déployer les unités canadiennes. L’Afrique du Nord est choisie et les premiers échelons canadiens arrivent en Algérie et en Tunisie en novembre 1948 pour préparer l’aménagement de nouveaux terrains ou agrandir les terrains existants.

Le principal terrain canadien est donc situé à Sidi-Ahmed près de Bizerte. Une nouvelle piste est construite ainsi que des hangars et des logements pour pilotes et mécaniciens.

Ils doivent accueillir les premières unités de la Canadian Air Force in Mediterranean (CAFM), cette dernière étant officiellement activée le 1er décembre 1948. Elle doit intégrer vingt-quatre squadrons répartis de la façon suivante :

-Deux wings de chasse à trois squadrons chacun

-Deux wings de bombardement à trois squadrons chacun

-Un wing de reconnaissance à trois squadrons

-Un wing de transport à trois squadrons

Initialement il était prévu que la CAFM, que la Force Aérienne Canadienne en Méditerranée (FACM) aligne vingt-quatre squadrons mais au final les six unités restantes vont former une Canadian Air Force In Balkans (CAFB) avec un wing de chasse à trois squadrons et un wing mixte composé d’un squadron de reconnaissance et de deux squadrons d’attaque au sol.

A la différence des unités déployées en Grande-Bretagne qui ont adopté la numérotation RAF (400 à 413), les unités CAFM/CAFB conservaient leur désignation canadienne.

Cela nous donne le schéma suivant pour les forces aériennes canadiennes en Méditerranée :

Supermarine Spitfire Mk XIV squadron 402 RCAF

Supermarine Spitfire canadien

2nd Canadian Fighter Wing (base aérienne de Sidi-Ahmed) squadron 14 (Supermarine Spitifre) squadron 16 (Supermarine Spitfire) et squadron 18 (Hawker Typhoon)

4th Canadian Fighter Wing (base aérienne de Sfax) squadron 20 (Supermarine Spitfire) squadron 22 (Supermarine Spitfire) squadron 24 (Bristol Beaufighter)

3rd Canadian Bomber Wing (base aérienne de Gafsa) squadron 15 (Avro Lancaster), squadron 17 (Avro Lancaster) squadron 19 (Bristol Bolingbroke)

avro-683-lancaster-7

Avro Lancaster

5th Canadian Bomber Wing (base aérienne de Sfax) squadron 21 (Vickers Wellington) squadron 23 (Vickers Wellington) et squadron 25 (Bristol Bolingbroke)

2nd Canadian Reconnaissance Wing (base aérienne de Gafsa) squadron 27 (De Havilland Mosquito) squadron 29 (De Havilland Mosquito) et squadron 31 (Lockheed Hudson)

1st Canadian Transport Wing (base aérienne de Sidi-Ahmed) squadron 33 (Douglas C-47) squadron 35 (Douglas C-47) et squadron 37 (Douglas C-54)

En ce qui concerne la force aérienne canadienne dans les Balkans on trouve tout d’abord le 3rd Canadian Fighter Wing créé officiellement en Egypte en juin 1949 avec trois squadrons de chasse.

Il va être accompagné du 1st Canadian Composite Wing avec un squadron de reconnaissance et deux squadrons d’attaque au sol.

En Méditerranée les avions canadiens sont engagés dans l’opération BAYARD, la conquête de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) réalisée à l’été 1949.

Faute de troupes canadiennes disponibles, les chasseurs, chasseur-bombardiers, bombardiers et autres avions de reconnaissance vont appuyer les forces françaises engagées depuis la Tunisie.

Les unités de la CAFM vont être de toutes les opérations dans le bassin occidental de la Méditerranée, attaquant des cibles en Corse et en Sardaigne mais aussi en Sicile, à Pantelleria et Lampedusa. Les Lancaster eux menèrent des raids contre l’industrie italienne.

Outre les bases tunisiennes, les squadrons canadiens ont également utilisé les anciens aérodromes italiens capturés en ASI mais aussi les aérodromes français d’Algérie.

Avec la conquête de la Sicile, la majorité des squadrons canadiens s’installent sur l’île notamment dans la région de Palerme.

Un aérodrome neuf est entièrement aménagé à l’est de la ville, aérodrome qui est aujourd’hui l’aéroport de l’ancienne capitale du royaume normand de Sicile.

Les missions des squadrons de la RCAF sont classiques : couverture aérienne des troupes au sol, appui-rapproché, reconnaissance, transport et largage. Outre le grand aérodrome de Palerme, les canadiens utilisent les aérodromes français, britanniques et américains mais aussi des pistes temporaires le temps d’une mission, le temps d’une progression.

Après le débarquement de Tarente (opération SKYLOCK), les squadrons canadiens vont se rapprocher de la péninsule italienne. Palerme devient davantage une plate-forme, un hub logistique par où transitait les avions neufs, les munitions, le carburant et les hommes plutôt qu’une base opérationnelle.

Désormais la CAFM va davantage opérer depuis Messine en attendant Tarente, Bari et même Naples qui devient en mai 1953 la base aérienne majeure de la composante aérienne canadienne en Méditerranée. Ce sera le cas jusqu’à la fin des opérations militaires en Europe.

L’équipement évolue, de nouveaux avions rentrent en service qu’il s’agisse de nouveaux modèles ou d’évolution des modèles opérationnels en septembre 1948.

hawker-fury-vr-930-2

Hawker Fury II sous les couleurs de la FAA

En ce qui concerne la chasse, les Supermarine Spitfire sont remplacés par des Hawker Fury II, les Bristol Beaufighter bimoteurs sont remplacés par des De Havilland Hornet (issu du Mosquito).

De Havilland Hornet F Mk3

De Havilland Hornet

Dans le domaine du bombardement, les Lancaster restent en service dans une nouvelle version, le projet d’acheter des Avro Lincoln ne débouchant qu’après guerre comme soudure avant l’acquisition de bombardiers à réaction. Les Vickers Wellington et les Bristol Bolingbroke sont remplacés par des North American B-25 américains.

Les De Havilland Mosquito restent en service dans des versions améliorées tout comme les C-47 et C-54 de transport.

La CAFM termine la guerre dans le nord de l’Italie opérant essentiellement dans le sud de l’Allemagne mais aussi dans le nord de la Yougoslavie en liaison avec la petite Canadian Force in Balkans. A plusieurs reprises on envisagea de fusionner les deux mais au final ces deux groupements restèrent indépendants.

La force aérienne canadienne dans les Balkans disposait donc de seulement six squadrons. Ces six squadrons étaient répartis en deux wings :

Hawker Tempest Mk V 2

Hawker Tempest

3rd Canadian Fighter Wing avec le squadron 26 (Hawker Tempest), le squadron 28 (Supermarine Spitfire) et le squadron 30 (Bristol Beaufighter)

1st Canadian Composite Wing avec le squadron 39 (Lockheed Hudson), le squadron 41 (Hawker Tempest) et le squadron 43 (Bristol Beaufighter).

Ces unités sont regroupées en Egypte à l’automne 1949 avant de passer en Crète début 1950. Ils complètent leurs forces et leur entrainement avant de rallier en mars 1950 le Péloponnèse où ils vont jouer un rôle clé dans la défense de la péninsule qui est une tête de pont pour menacer les forces germano-italiennes dans les Balkans et même pour bombarder le sud de l’Italie.

A plusieurs reprises on à envisagé son renforcement en envoyant notamment des unités présentes au Canada mais au final cela ne se fit jamais.

Le front balkanique se stabilisa jusqu’à l’automne 1952 le temps que les armées yougoslaves et grecques soient reconstituées. Une première offensive baptisée ANVIL est lancé le 21 septembre 1952, aboutissant en février 1953 à la libération d’une bonne partie de la Grèce. Athènes est ainsi reprise en décembre 1952 après de très durs combats.

Cette offensive était tout simplement limitée, les alliés manquant de moyens pour libérer toute la Grèce voir tendre vers la Yougoslavie. Il faudra attendre mai 1953 pour qu’une nouvelle offensive majeure (nom de code : SLEDGEHAMMER «marteau-pilon») soit lancée pour libérer la totalité de la Grèce et pour occuper quasiment sans combats l’Albanie.

En effet une partie des troupes italiennes se rendent sans combattre avant de rallier le nouveau gouvernement et de reprendre la lutte (après un tri sévère des SR alliés) et les allemands se replient en combattant pied à pied, rétablissant un front cohérent au nord de Durres pour la partie albanophone du front, en Macédoine avant que la frontière bulgare soit un obstacle infranchissable aux troupes alliées.

Les canadiens n’engagent pas de troupes au sol mais leurs deux wings jouent un rôle important dans la couverture et l’appui-feu des troupes au sol. De temps en temps des unités opérant en Italie apportent leur concours (notamment lors des offensives majeures ANVIL et SLEDGEHAMMER).

Au niveau de l’équipement, les Supermarine Sptifire du squadron 28 sont remplacés par des modèles plus évolués mais les Fury II promis n’arrivèrent jamais.

Les Tempest et les Beaufighter sont restés en service au contraire des Lockheed Hudson remplacés par des Bristol Beaufighter, l’unité devenant une unité de bombardement ce qui laissait la CAFB sans unité dédiée à la reconnaissance.

La guerre en Europe terminée, les six squadrons de la CAFB ont été repliés en Grèce puis en Egypte avant de rentrer au Canada au printemps 1955, certaines étant préservées mais d’autres étant dissoutes.

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