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ROYAL CANADIAN AIR FORCE (RCAF)

Historique

Les origines

Le 23 février 1909 à lieu au Canada le premier vol d’un plus lourd que l’air, six ans après celui des frères Wright à Kitty Hawk en Caroline du Nord. Quelques officiers de la Milice s’y intéressent mais après plusieurs accidents, le soutien et l’intérêt officiel disparaît.

Quand le premier conflit mondial éclate, le Canada ne dispose d’aucune force aérienne et ne peut donc répondre à la demande du gouvernement britannique de fournir au Royal Flying Corps (RFC) six pilotes entrainés.

Le 16 septembre 1914, une petite unité d’aviation est mise sur pied, le Canadian Aviation Corps avec deux officiers, un mécanicien et un budget de 5000 $ pour achter un avion. L’avion est livré le 1er octobre 1914 mais mal stocké il ne volera jamais. En mai 1915, le CAC n’existe plus en pratique.

Bishop Nieuport 17

Billy Bishop, as aux 72 victoires devant son Nieuport 17

Parallèlement plus de 20000 canadiens se portent volontaires pour le RFC et le RNAS (Royal Naval Air Service) , plusieurs pilotes deviennent des as (Billy Bishop 72 victoires au sein du RFC, Raymond Collishaw 61 victoires au sein du RNAS). En 1917, un camp d’entrainement est mis sur pied par le RFC au Canada pour former les pilotes canadiens.

Au printemps 1918, le gouvernement canadien propose la création d’un wing de huit squadrons mais le ministère de l’Air britannique (British Air Ministry) décide de créer un squadron de chasse et un squadron de bombardement, deux unités qui sont placés sous le commandement à partir du 19 septembre 1918 d’un Canadian Aviation Corps in Europe.

Cette petite unité aérienne n’aura pas le temps de s’illustrer, n’ayant même mené aucune opération aérienne avant l’armistice du 11 novembre 1918.

En juin 1919, les fonds britanniques qui finançaient le Corps d’Aviation Canadien en Europe sont coupés ce qui entraîne sa disparition en février 1920, Ottawa ayant annoncé dès le 30 mai 1919 qu’il n’était pas intéressé par le maintien d’une aviation militaire permanente. Ce scepticisme ne va cependant pas durer longtemps.

Une force aérienne pour le Canada (1920-1939)

Le conflit terminé, les surplus militaires sont absolument gigantesque entre le matériel ayant appartenu aux alliés et le matériel ennemi qui doit être détruit. Le Canada reçoit ainsi 100 avions ex-britanniques pour des missions civiles comme le sauvetage en mer, la surveillance des forêts…. .

Un organisme gouvernemental est créé baptisé Air Board. Six stations aériennes (Air Stations) sont ainsi aménagées pour ces missions. Une Canadian Air Force est créée en juillet 1920 et participe à un programme de formation de nouveaux pilotes jusqu’en mars 1922.

En 1922 le Département de la Défense Nationale est créé (Department of National Defence) par regroupement du Department of Milice & Defence, du Department of Naval Services et de l’Air Board. La CAF gère aussi bien l’aviation civile et l’aviation militaire.

En août 1921, l’Australian Air Force devient la Royal Australian Air Force (RAAF) et le 15 février 1923, la Canadian Air Force reçoit du roi George V le titre de Royal mais il faudra attendre le 1er avril 1924 pour que le gouvernement canadien reconnaisse ce titre. La Royal Canadian Air Force est donc née.

Tout comme les forces terrestres, la RCAF est organisée en une force permanente (Permanent Force) et une force non-permanente (Non Permanente Auxiliary Air Force) mais cette force permanente ne verra pas effectivement le jour avant 1932.

En 1927, la RCAF se recentre sur les opérations militaires. Un organisme civil est ainsi mis sur pied sous le nom de Civil Government Air Operations mais en attendant que le Département des Transports dispose de ses propres moyens de transport, la RCAF va continuer à soutenir des opérations civiles.

Comme de nombreuses armées, la RCAF connait de sérieux problèmes budgétaires, les budgets fondent comme neige au soleil. En 1932 les coupes sont telles que le Canada est obligé de mettre sur pied la Non Permanente Auxiliary Air Force.

Six squadrons auxiliaires sont ainsi mis sur pied entre 1932 et 1938. Néanmoins à la fin des années trente, la RCAF qui est enfin devenue une pure force militaire dispose de peu de moyens, de peu de pilotes.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, les forces aériennes royales canadiennes sont dans la totale incapacité de mener de véritables opérations militaires. Elles ne disposent que de 29 chasseurs et bombardiers.

Huit des onze squadrons sont ainsi opérationnels, le nombre passant à quinze en octobre 1939, douze étant prévus pour la défense du territoire national et trois pour l’outre-mer. Néanmoins quand la guerre de trois mois (Three Months War) s’achève aucune unité canadienne n’est passée en Europe.

Alors que la Pax Armada fait rage _si l’on peut dire_ se pose la question de l’avenir de la RCAF. Va-t-elle connaître un nouveau déclin ou va-t-elle se pérenniser.

Sous l’impulsion du premier ministre William Lyon Mackenzie King, les investissements sont importants. Les avions sont quasiment tous britanniques et après les premières commandes, la production est poursuivie au Canada.

Les structures sont réorganisées avec un état-major général, deux commandements géographiques (Western et Eastern Command) et un commandement expéditionnaire pour préparer un envoi de forces outre-mer.

Chaque commandement géographique dispose de wings regroupant des squadrons de chasse, de bombardement, de reconnaissance et de transport.

Ultérieurement un commandement de la formation et de l’entrainement est mis sur pied, anticipant sur la mise sur pied d’un plan commun d’entrainement et de formation à l’échelle du Commonwealth.

La Royal Canadian Air Force (RCAF) dans la Pax Armada

Le Canadian Air Ministry est chargé de réorganiser la RCAF pour l’adapter aux nouvelles menaces et aux futures missions. Une Military Air Board est créé en septembre 1942 pour rechercher les meilleures structures d’une armée de l’air moderne.

Un appel à projet est lancé auprès de nombreux officiers, de journalistes mais aussi de simples citoyens. Les nombreuses contributions sont étudiées pour aboutir à un projet validé par le ministère en mars 1945. La RCAF est alors organisée de la façon suivante :

-Un état-major général

-Un commandement occidental (Western Command)

-Un commandement oriental (Eastern Command)

-Un commandement expéditionnaire (Expeditionnary Command)

-Un commandement de l’entrainement et de la formation (Training and Air School Command) créé en mars 1946.

Chaque commandement dispose de wings regroupant plusieurs squadrons. Les forces sont majoritairement stationnées dans la partie orientale car la menace allemande est jugée plus importante que la menace japonaise.

Cela changerait un peu après l’attaque de Pearl Harbor en mars 1950 avec l’envoi sur la côte ouest d’unités supplémentaires pour couvrir la liaison en direction de l’Alaska et en cas d’attaque japonaise dans le Pacifique Nord ce qui ne se produira pas.

Le commandement occidental dont le quartier général est implanté à Vancouver dispose de deux wings de chasse (huit squadrons), d’un wing de bombardement (trois squadrons), un wing de reconnaissance et de coopération (deux squadrons de reconnaissance et un squadron de coopération) et un wing de transport (trois squadrons) soit un total de dix-sept squadrons.

Le commandement oriental dont le quartier général est implanté à Québec dispose de trois wings de chasse (douze squadrons), deux wings de bombardement (six squadrons), un wing de reconnaissance et de coopération (deux squadrons de reconnaissance et un squadron de coopération) et un wing de transport (trois squadrons) soit un total de vingt-quatre squadrons.

Le commandement de l’entrainement et de la formation dispose de six squadrons d’entrainement, quatre sur monomoteur, un sur bimoteur et un destiné à l’entrainement au bombardement.

A cette force d’active s’ajoute donc une force de réserve, une Non-Permanent Auxiliary Air Force rebaptisée en septembre 1947 Royal Canadian Air Force (Reserve) qui dispose un an plus tard de quinze squadrons indépendants répartis sur tout le territoire canadien avec six squadrons de chasse, quatre squadrons de bombardement, deux squadrons de reconnaissance et de coopération, deux squadrons de transport et de liaison et un squadron d’entrainement.

Avant la mobilisation de septembre/octobre 1948 la RCAF dispose donc 62 squadrons. Le nombre va passer avec la mobilisation à 95 squadrons répartis entre la défense nationale (24), l’outre-mer (61) et l’entrainement (10). Les squadrons d’active et de réserve sont regroupés sous un même commandement.

La Royal Canadian Air Force (RCAF) dans le second conflit mondial

Mobilisation

Le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948 quand les allemands envahissent la Norvège et le Danemark (opération WESERÜBUNG). Les alliés déclarent immédiatement la guerre à l’Allemagne.

Le Canada déclare officiellement la guerre à l’Allemagne deux jours plus tard mais dès le 5 septembre, Ottawa affirme sa solidarité vis à vis de son ancienne métropole coloniale.

Le processus de mobilisation est lancé dès la fin du mois d’août. On rappelle les réservistes, on fait appel aux volontaires, on réquisitionne le matériel, on ouvre ou on rouvre des terrains d’aviation.

Les unités commencent à patrouiller pour sécuriser les côtes en coopération avec les unités basées à terre de l’aéronavale canadienne.

Avant le 5 septembre 1948, le RCAF disposait donc de 62 squadrons. Ce nombre va passer progressivement à 95 répartis entre la défense nationale (24), l’outre-mer (61) et l’entrainement (10).

Dès la mi-septembre les premiers navires amènent en France, en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord les avions démontés (les bombardiers traversaient l’Atlantique en plusieurs étapes), les échelons roulants et bien entendu les pilotes.

Le processus est rapidement rodé. Cela n’empêche pas les pertes, des sous-marins allemands prélevant leur tribu sur les moyens de la RCAF.

La Royal Canadian Air Force (RCAF) au combat (1) : Europe du Nord

Le 15 septembre 1948 est activée sur la base aérienne de Leuchars en Ecosse la Canadian Air Army in Great Britain (CAA[GB]), une escadre temporaire chargée de défendre le territoire britannique en attendant un engagement en Norvège qui ne se produira pas faute de temps.

Elle se compose d’un wing de chasse (1st Canadian Fighter Wing quatre squadrons), un wing de bombardement (1st Canadian Bomber Wing avec trois squadrons d’Halifax), un wing de reconnaissance (1st Canadian Reconnaissance Wing trois squadrons) et un wing de patrouille maritime (1st Canadian Maritime Patrol Wing trois squadrons) soit un total de treize unités.

Cette armée aérienne canadienne en Grande-Bretagne assure d’abord la défense aérienne du pays contre les bombardiers allemands qui depuis la Norvège (en attendant les bases des Pays-Bas, de Belgique et du nord de la France) s’attaquaient aux îles britanniques.

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Supermarine Spitfire du squadron 401

Les chasseurs canadiens (Supermarine Spitfire pour les squadrons 401, 403 et 405, Bristol Beaufighter pour le quatrième squadron, le squadron 407) protègent l’Ecosse notamment ce qu’on appelle «L’Ecosse utile» à savoir la conurbation Glasgow-Edimbourg, ses industries, ses ports et ses chantiers navals.

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Bristol Beaufighter du squadron 407 au dessus d’un paysage champêtre

Avec la réduction de la menace aérienne allemande sur l’Ecosse, le wing canadien va détacher régulièrement un squadron pour opérer plus au sud. Il faudra néanmoins attendre l’automne 1952 pour voir le wing rallier le Continent pour couvrir et appuyer avec ses Fury II l’avancée canadienne dans le nord-ouest de l’Europe.

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Handley-Page Halifax B Mk II

 

Le wing de bombardement lui est équipé de Handley-Page Halifax (squadrons 402, 404 et 406) qui sont stationnés dans le Yorkshire. Ces bombardiers lourds quadrimoteurs sont initialement engagés dans le bombardement des ports allemands pour tenter de stopper le ravitaillement des troupes ennemies en Scandinavie.

Les premiers raids de jour sont aussi coûteux que relativement inefficaces et comme le Bomber Command, le 1st Canadian Bomber Wing passe au bombardement de nuit sur l’Allemagne puis sur les Pays-Bas, la Belgique et même le nord de la France après l’offensive allemande du printemps 1949.

Les opérations sont d’ordre stratégique (stratégie anti-cités, attaques contre l’industrie) mais à plusieurs reprises les Halifax canadiens vont mener des bombardements tactiques pour tenter de freiner l’avancée allemande.

Après la stabilisation du front sur la Seine, les trois squadrons sont mis au repos et pour permettre l’intégration des remplaçants. Une fois les trois squadrons de nouveau sur pied, ils vont reprendre leurs opérations, étant désormais engagés contre des cibles allemandes en Norvège.

Outre les missions classiques de bombardement, les Halifax déployés en Ecosse vont mener des opérations de mouillage de mines mais aussi de ravitaillement au profit notamment de la résistance norvégienne.

Après l’opération BOREALIS (octobre 1953), les trois squadrons vont réorienter leurs missions de bombardement en direction de l’Allemagne, opérant depuis des aérodromes du sud de l’Angleterre puis du continent en compagnie de bombardiers lourds britanniques, américains et français.

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De Havilland Mosquito

Le wing de reconnaissance est équipé de De Havilland Mosquito. Initialement le Canada avait choisit la petite merveille de De Havilland pour la chasse mais au final elle à choisit le Beaufighter, utilisant ses Mosquito pour des missions de reconnaissance sur le front occidental. Ces trois squadrons étaient numéros squadron 409, 411 et 413.

L’unité va opérer au dessus de la Norvège puis au dessus du continent qu’il s’agisse des Pays-Bas, de la Belgique ou du Luxembourg en attendant d’opérer au dessus de la Nord de la France.

L’unité va mener des missions de reconnaissance stratégique, des missions de reconnaissance photographique. Il y avait aussi le marquage des cibles pour les bombardiers (Pathfinder).

Le wing de patrouille maritime disposait lui aussi de trois squadrons numérotés 408,410 et 412 . Si les deux premiers étaient équipés de Vickers Wellington, le troisième était équipé de Consolidated Privateer, une adaptation du Giant pour la patrouille maritime (dérive unique, moteurs sans compresseurs).

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Consolidated Privateer

Basé dans les Shetlands et les Orcades, ce wing opérait en mer du Nord pour couvrir les convois alliés ravitaillant l’URSS, attaquer la navigation allemande mais aussi mouiller des mines ou participer à des opérations de sauvetage en mer.

Après la conquête de la Norvège, le wing s’est installé en Scandinavie pour continuer à couvrir les convois alliés mais surtout pour porter le feu de Wotan en mer Baltique où l’accueil de la chasse allemande était musclé.

A la fin du conflit le wing était déployé dans le nord de l’Allemagne officiellement pour participer à la surveillance des déminages des côtes mais officieusement pour surveiller les mouvements d’une flotte soviétique qui prenait ses aises jusque sur les côtes polonaises.

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