Dominions (15) Canada (15)

Destroyers type Q

HMS Lighting (G-55) 2.jpg

Un destroyer type Q

 

Après la commande des type O et P, la Royal Navy décida de faire une pause pour la construction de ces destroyers, histoire de savoir quel était le meilleur modèle de navire pour remplacer les type D.


Plusieurs modèles furent étudiés, un destroyer à propulsion diesel, des torpilleurs plus légers construits en plus grand nombre, une reprise des Tribal.

Ces trois projets ne furent pas menés à terme pour des raisons différentes. Le premier projet fût jugé non mature quoi qu’intéressant à moyen ou long terme, le second donnait des navires militairement intéressant mais leur taille était jugée insuffisante pour combattre en mer du Nord et dans l’Océan Atlantique. Enfin le troisième modèle était jugé trop gros et trop coûteux.

Finalement, au printemps 1947, huit destroyer type Q furent commandés. Il s’agit de navires très semblables aux type P, les modifications sont mineures au point que certains ouvrages regroupent dans une même classe les destroyers type P et type Q.

Aucun n’est en service en septembre 1948, quatre sont en achèvement à flot et quatre encore sur cale.

Quand le second conflit mondial éclate, huit navires supplémentaires sont commandés suivis de huit autres. Les huit premiers restent des type Q avec des canons de 120mm mais les huit autres sont armés de canons de 114mm, ils deviennent donc des type R pour éviter toute confusion.

Les huit premiers type Q sont mis en service entre septembre 1949 et mai 1951. Trois d’entre-eux vont servir sous un autre pavillon, le Queenborough sous pavillon australien, le Quadrant et le Quilliam sous pavillon canadien.

-Le HMS Quadrant (G-11) est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company de Hebburn le 7 septembre 1947 lancé le 1er août 1948 et mis en service le 5 septembre 1949 avec plusieurs semaines de retard suite à un bombardement allemand sur son chantier constructeur.

Il opère en Méditerranée au sein de la Mediterranean Fleet pour attaquer les lignes de communication italiennes et escorter des convois.

Il participe à la campagne de Grèce qui se termine en mars 1950 par la bataille du Golfe de Zanthe, bataille qui voit les alliés conserver la Crète et le Péloponnèse. Il est endommagé à plusieurs reprises.

Durant l’année 1951, il participe à l’opération MARIGNAN, la libération de la Corse, assurant l’escorte de la force d’assaut et son appui-feu, les canons de 120mm du destroyer lançant un duel contre les batteries côtières italiennes défendant les approches d’Ajaccio. Il est légèrement endommagé mais parvient à museler les canons italiens.

Après un carénage à Gibraltar de septembre 1951 à février 1952, le destroyer retourne dans les îles britanniques pour des escortes de convois notamment ceux reliant Liverpool et Gibraltar. Il participe à six missions de ce type.

Le 5 juin 1952, le pavillon de la Royal Navy est abaissé. Immédiatement le pavillon de la Royal Canadian Navy est hissé. Le nom de Quadrant est remplacé par Assiniboine en mémoire du destroyer perdu en mars 1949.

En compagnie du HMCS Fraser (ex-Quilliam), le HMCS Assiniboine opère dans l’Atlantique et en mer du Nord, étant endommagés à plusieurs reprises mais ils survivent au conflit. Entre septembre 1958 et juin 1960 ils sont transformés en frégates ASM. Le Assiniboine est désarmé le é4 septembre 1969 et démoli.

HMS Laforey (G-99) 2.jpg

Le Quilliam 

 

 

-Le HMS Quilliam est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter & Wigham Richardson de Wallsend le 5 août 1948 lancé le 21 juin 1949 et mis en service le 7 mai 1951.

Déployé en Méditerranée, il assure des missions de patrouille pour sécuriser le détroit de Gibraltar contre l’entrée éventuelle de sous-marins allemands en Méditerranée.

Cette mission l’occupe entre mai et décembre 1951. En janvier 1952, le Quilliam rallie Malte pour mener des raids contre les lignes de communication italiennes notamment celles reliant la Sicile et la péninsule italique.

En mai 1952 il est de retour en Grande-Bretagne pour remise en état et transfert à la marine canadienne. Le transfert est officiel le 15 juin 1952, dix jours après celui du Quadrant.

Opérant avec l’Assiniboine (ex-Quadrant), le Fraser (ex-Quilliam) combat dans l’Atlantique et en mer du Nord pour escortes de convois, le soutien à des opérations spéciales mais aussi à l’opération BOREALIS, le grand débarquement allié en Norvège.

Sorti intact du conflit, le Fraser est transformé en frégate anti-sous-marine entre 1958 et 1960, effectuant une courte carrière sous cette nouvelle configuration puisqu’il est désarmé le 14 janvier 1969 puis démoli.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1964 tonnes pleine charge 2730 tonnes

Dimensions : longueur 111.9m largeur 11.78m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par deux chaudières Amirauté développant 48000ch et entraînant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : un Asdic, un radar de conduite de tir antiaérienne type 285 et un radar de veille aérienne type 286M un radar de veille surface type 271

Armement : six canons de 120mm en trois affûts doubles (deux avant un arrière) ), deux affûts quadruples de 40mm Bofors, six canons de 20mm Oerlikon en affûts simples. Deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm, cinquante grenades ASM avec deux grenadeurs et deux projecteurs.

En configuration frégate ASM, les type Q disposaient d’un canon de 76mm à l’avant, deux canons de 40mm Bofors, un mortier ASM et deux plate-formes triples lance-torpilles ASM

Equipage : 190 officiers et marins

Destroyers type Cr

HMS Crispin (R-68).jpg

Le HMS Crispin (R-68)

 

Quand la Grande-Bretagne rentre en guerre en septembre 1948, huit destroyers de type Q sont à différents stades d’achèvement. Immédiatement une commande de seize unités supplémentaires mais devant la pénurie de canons de 120mm, on choisit d’équiper huit d’entre-eux de canons de 114mm ce qui entraîne un changement de désignation, les type Q à canon de 114mm devenant des type R.

Les commandes s’enchaînent alors avec seize destroyers type S et T (huit de chaque), seize destroyers U et V (huit de chaque), seize destroyers W et Z (huit de chaque) soit trente-deux destroyers.

Et ce n’est pas fini puisque pas moins de quarante autres destroyers du type C vont être commandés répartis en cinq sous-séries baptisées Ca,Ch,Co,Cr et Ce.

Au total ce sont quatre-vingt huit destroyers qui vont être commandés par la Royal Navy. Si la deuxième série type Q, les type R, les type S, les type T, les type U, les type V, les type W et les type Z sont tous achevés, en ce qui concerne la série Ca/Ch/Co/Cr et Ce ce ne sera pas le cas.

Six Ca, Huit Ch, Quatre Co, Huit Cr et quatre Ce sont achevés soit un total de trente navires achevés sur quarante commandés.

Même ceux achevés ne seront pas tous utilisés par la marine britannique. Parmi les navires concernés on trouve les deux premiers Cr qui seront transférés dès leur achèvement à la marine canadienne. Deux autres navires seront construits au Canada mais la commande de six autres sera abandonnée au printemps 1954 quand il devint évident que la fin de la guerre était proche.

-Le HMS Crescent (R-16) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 12 avril 1951 lancé le 9 mars 1952 et mis en service le 8 avril 1953.

Dès le lendemain, le HMS Crescent (R-16) devient le HMCS Crescent (R-16) et rallie immédiatement Halifax pour participer à des escortes de convois en direction des ports français et britanniques. En septembre 1953 il rallie la mer du Nord pour participer aux préparatifs de l’opération BOREALIS déclenchée le 11 octobre 1953.

Endommagé par une bombe au large de Narvik il est immobilisé pour réparations d’octobre 1953 à janvier 1954 avant de reprendre les opérations au large du Danemark mais aussi de l’Allemagne.

Le second conflit mondial terminé en Europe, il rallie le Pacifique après un petit carénage en avril/mai 1954. Sur zone en juin, il opère au large des côtes chinoises mais aussi au large d’Okinawa, assurant l’appui-feu des marines et des G.I, permettant la relève des destroyers américains.

Après avoir couvert la mise à terre des troupes canadiennes engagées dans l’occupation du Japon, le destroyer rallie Vancouver au mois de décembre 1954. Il subit un grand carénage de janvier à mai 1955 puis reste en service sur la côte Pacifique jusqu’à son désarmement en juin 1970. Il est démoli en 1971.

-Le HMS Crusader (R-20) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 15 mai 1951 lancé le 27 avril 1952 et mis en service le 8 mai 1953.

Dès le lendemain le Crusader est transféré à la marine canadienne devenant le HMCS Crusader. Il est envoyé en mer du Nord pour couvrir des convois en direction de l’URSS.

Il opère également dans les eaux norvégiennes pour couper les lignes de communication ennemies mais aussi pour préparer puis appuyer l’opération BOREALIS, le débarquement américano-anglo-franco-norvégien en Norvège.

Endommagé à plusieurs reprises, il ne rentre au Canada qu’en juillet 1954. Il est mis au bassin pour carénage en vue d’un envoi dans le Pacifique mais quand les travaux sont achevés fin novembre le Japon à déjà capitulé.

Le navire est maintenu en service, stationné à Vancouver. Entre mars 1959 et janvier 1961, il est transformé en frégate ASM avec un canon de 76mm en tourelle simple à l’avant, deux canons de 40mm Bofors, deux affûts triples lance-torpilles ASM et un mortier ASM. Redéployé à Halifax, manœuvrant régulièrement en Europe, la frégate anciennement destroyer est désarmée en juin 1971.

-Le HMCS Iroquois est mis sur cale le 30 septembre 1951 lancé le 21 août 1952 et mis en service le 5 septembre 1953.

Envoyé en mer du Nord, le destroyer participe à l’opération BOREALIS au cours de laquelle il est endommagé par une batterie côtière au large de Bergen. Réparé, il continue à opérer en mer du Nord, effectuant une incursion en Baltique pour empêcher les restes de la Kriegsmarine d’opérer à leur aise.

Le conflit terminé en Europe (avril 1954), le destroyer assure le «service après vente» jusqu’en juillet quand il rentre au Canada. Il est mis au bassin à Halifax pour remise en état complète avant envoi dans le Pacifique mais les combats sont terminés quand l’Iroquois est de nouveau opérationnel.

Maintenu en service, l’Iroquois est transformé en frégate ASM entre 1959 et 1961. Sous sa nouvelle forme, le HMCS Iroquois reste en service jusqu’au 17 mars 1972 date à laquelle la frégate ex-destroyer est désarmée puis démolie.

-Le HMCS Athabaskan est mis sur cale sous le nom de Qu’Appelle le 12 septembre 1951 lancé le 8 octobre 1952 sous le nom d’Iroquois et mis en service le 5 octobre 1953.

Envoyé en mer du Nord, il arrive trop tard pour participer aux phases initiales de l’opération BOREALIS. Il participe à l’appui-feu des troupes au sol, couvrant les convois de ravitaillement contre la «poussière navale» allemande qui mena une véritable guérilla, un combat d’arrière garde qui épuisait les alliés à défaut de pouvoir les battre vraiment.

Après avoir subit un petit carénage de janvier à mars 1954 (en profitant d’avaries suite à des coups à toucher), le destroyer est envoyé dans le Pacifique, opérant essentiellement au large d’Okinawa.

Il couvre la mise à terre des soldats canadiens occupant quelques secteurs du Japon, une occupation symbolique puisque dès le moins de mars 1955 tous les canadiens sont rentrés au pays y compris l’Athabaskan qui servait de stationnaire.

Mis en réserve en juin 1955, il est réarmé en septembre 1957, modernisé entre septembre 1957 et février 1958 avant de reprendre sa carrière opérationnelle jusqu’à son désarmement survenu le 14 septembre 1973. Il était initialement prévu de le préserver mais les fonds manquant, il est finalement démoli en 1974.

Caractéristiques Techniques des destroyers type Cr

Déplacement : standard 1930 tonnes pleine charge 2576 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 110.57m longueur entre perpendiculaires 103.48m largeur 10.90m tirant d’eau 3.20m

Propulsion : deux groupes de turbines Parsons alimentées en vapeur par deux chaudières trois tubes Amirauté développant 40000ch (30MW) et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds (32 nœuds à pleine charge) distance franchissable 4675 miles nautiques à 20 nœuds 1400 miles nautiques à 32 nœuds

Electronique : un Asdic, un radar de conduite de tir antiaérienne type 285 et un radar de veille aérienne type 286M un radar de veille surface type 271

Armement : quatre canons de 114mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), un affût double et quatre affûts simples de 40mm Bofors, quatre canons de 20mm Oerlikon, deux plate-formes quadruples de 533mm, deux grenadeurs de sillage avec quatre-vingt charges

Equipage : 186 officiers et marins (222 en cas d’embarquement d’un état-major)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s