Dominions (13) Canada (13)

Croiseurs et Destroyers

Croiseurs légers classe Minotaur

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Le HMS futur HMCS Aurora

En 1922 le HMCS Aurora est désarmé. C’était le dernier croiseur léger utilisé par la marine canadienne. Cette parenthèse va durer plus de trente ans jusqu’au second conflit mondial quand deux croiseurs légers de classe Minotaur sont cédés par la marine britannique à la jeune marine canadienne (44 ans à la fin du second conflit mondial).


Cela aurait pu se terminer plus tôt car au début des années quarante un débat opposa au sein de la marine canadienne les partisans du croiseur léger et ceux du porte-avions. Comme nous le savons ce sont les seconds qui l’emportèrent.

A la suite des dix croiseurs légers de classe Town, les britanniques construisent onze croiseurs légers de classe Crown Colony, des navires armés de douze (ou neuf pour le Ceylon Newfoundland Uganda) canons sur une coque plus courte.

Les architectes navals britanniques se rendirent compte qu’ils avaient atteint les limites, les huit premiers navires de classe “colonie royale” avaient la plus petite coque pouvant recevoir douze canons de six pouces.

Résultat les trois derniers en embarquèrent seulement neuf et les survivants des premières opérations perdirent la tourelle X et leurs installations d’hydraviation pour recevoir une DCA supplémentaire et améliorer leur stabilité.

L’expansion de la flotte de croiseurs légers continue avec la commande en septembre 1943 de huit croiseurs légers de classe Minotaur.

HMS Minotaur 2.jpg

Le HMS Minotaur

Ils marquent un retour à la coque des Town soit 183.50m (en réalité une coque dont la longueur est situé à mi-chemin entre les huit premiers Town et les deux derniers) avec seulement trois tourelles triples mais douze canons de 102mm en six affûts doubles sont embarqués. La DCA légère est fournie et après une hésitation, une catapulte est embarquée, l’hydravion étant jugé irremplaçable en dépit des difficultés de récupération et de la présence de radars.

En dépit d’une commande passée cinq ans plus tôt, seulement quatre navires sont en service en septembre 1948, les quatre derniers étant en achèvement à flot avec une mise en service prévue pour le courant de 1949.

-Le HMS Eagle (ex-Mars) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 17 mars 1946 lancé le 14 octobre 1947 et admis au service actif le 21 juin 1949.

Affecté à la Home Fleet, il opère d’abord dans l’Atlantique pour la couverture de convoi et jusqu’en septembre 1950 quand il est endommagé lors d’une collision avec cargo du convoi qu’il protégeait, cargo victime d’une avarie de barre.

Réparé, il est redéployé en Méditerranée où il va opérer jusqu’en mars 1952 quand il rallie Devonport pour un grand carénage. Durant ce déploiement dans la Mare Nostrum (janvier 1951-mars 1952), il participe à l’opération MARIGNAN (libération de la Corse août 1951), protégeant les convois de débarquement mais aussi assurant l’appui-feu et la couverture antiaérienne de la tête de pont.

Il enchaîne par des opérations de recherche et de destruction en mer Tyrréhienne, étant stationné à Bastia. Il est d’ailleurs endommagé par un bombardement aérien italo-allemand en décembre 1951.

Après avoir participé à l’opération ACOLADE (débarquement à Lampedusa et Pantelleria en mars 1952), le croiseur léger rallie Devonport pour un grand carénage et une modernisation en vue de son transfert à la marine canadienne.

Les travaux vont durer d’avril à juillet 1952. Après essais et modifications diverses, l’équipage canadien commence à prendre le relais de l’équipage britannique. Le 7 septembre 1952 le transfert est officiel. Adieu Eagle et bonjour Ontario.

HMCS Ontario

Le HMCS Ontario

Le 21 septembre 1952, il quitte le sud de l’Angleterre en escorte d’un convoi à destination des forces alliées opérant en Sicile (opération HUSKY déclenchée le 15 juillet 1952). Le convoi fait relâche à Gibraltar où il retrouve son sister-ship, le HMCS Québec ex-Tiger.

Les deux navires vont rallier le port de Syracuse où ils couvrent le débarquement des navires de charge. Si le Quebec rallie Bizerte avec les transports vides, l’Ontario appuie les troupes au sol avec son feu puissant et précis. La moindre contre-attaque germano-italienne est impitoyablement châtiée par l’aviation et l’artillerie de marine.

Après avoir participé à l’opération SKYLOCK (débarquement à Tarente en janvier 1953), l’Ontario subit un petit carénage entre février et avril 1953 à l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Il retourne ensuite au combat, opérant en Adriatique et en mer Egée dans des missions d’attaque des lignes de communication ennemies, de protection de convois, d’appui-feu, de défense antiaérienne à la mer.

Endommagé à plusieurs reprises mais jamais gravement, le HMCS Ontario termine la guerre à Trieste dans le nord de l’Italie. Il quitte l’Adriatique en mai 1954 pour rallier Halifax où il doit être remis en état en vue de combattre dans le Pacifique. La capitulation japonaise le surprend au bassin.

Si le HMCS Quebec est désarmé, le HMCS Ontario reste en service, étant déployé à Vancouver sur la côte Pacifique.

Navire-amiral de la RCN, il est transformé en croiseur lance-missiles entre juin 1962 et septembre 1964. Ces travaux menés au Canada voit le maintien de la tourelle I de 152mm mais le remplacement de la tourelle II (supérieure avant) par une tourelle double automatique de 76mm, la tourelle III (arrière) étant remplacée par un affût double pour quarante-deux missiles surface-air Terrier et un lanceur octuple de missiles anti-sous-marins Asroc. Le reste de l’armement est remplacé par quatre canons de 76mm automatiques en affûts simples. Une plate-forme hélicoptère mais sans hangar est installée à la poupe.

Redéployé dans l’Atlantique en 1970, il est désarmé en décembre 1977. Un temps menacé d’être démoli, le HMCS Ontario est finalement préservé comme navire musée à Vancouver sur la côte Pacifique où il constitue une attraction de choix pour la ville de Colombie Britannique. Ouvert depuis 1980, il à accueillit en trente-huit ans près de 4 millions de visiteurs.

HMS Superb (2).jpg

Le HMS Tiger

-Le HMS Tiger est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 4 novembre 1946 lancé le 4 mai 1948 et mis en service le 8 décembre 1949.

Affecté au sein de la Home Fleet, il opère d’abord en mer du Nord depuis la base navale de Rosyth puis depuis Harwich, effectuant plusieurs missions de bombardement des ports néerlandais et belges occupés par les allemands.

Endommagé par une mine le 14 mars 1950, il est immobilisé pour réparations jusqu’en juin avant de mener des escortes de convois dans l’Atlantique jusqu’en janvier 1951 quand il subit un grand carénage à Devonport.

A nouveau opérationnel en juin 1951, il couvre des convois entre Liverpool et Freetown, faisant régulièrement escale à Casablanca et à Dakar. En février 1952 il entre à l’Arsenal de Devonport pour un grand carénage pour une remise en état complète en vue de son transfert à la marine canadienne.

Les travaux sont terminés en mai 1952 et après les essais, un équipage canadien va progressivement relevé les officiers, officiers mariniers et matelots britanniques. Le transfert est officiialisé le 4 août 1952.

Il quitte la Grande-Bretagne pour gagner la Méditeranée. Il appareille le 15 août 1952 en escorte d’un convoi de ravitaillement à destination de Syracuse. Ce convoi se compose de quarante-deux navires protégés par six escorteurs (deux River, deux Hunt et deux Flower), deux destroyers type Cr et donc le croiseur léger Quebec.

Le convoi arrive à Gibraltar le 25 août après avoir perdu six navires sous les coups des sous-marins allemands.

Après ravitaillement, le convoi reprend la route, longeant les côtes nord-africaines, la 4ème Escadre stationnée à Mers-El-Kébir apportant son concours pour renforcer la protection d’un convoi transportant des troupes, des véhicules, des munitions, des pièces détachées, des fournitures médicales, de la nourriture et même des avions démontés pour la RCAF et la RAF.

Le convoi arrive à Syracuse le 4 septembre 1952. Le croiseur léger accompagné par deux destroyers type Ca, les HMS Cavalier et Carysfort retourne à Gibraltar pour couvrir les colonnes d’Hercules en liaison avec la marine française.

Le 1er octobre 1952 il retrouve son sister-ship Ontario qui assurait lui aussi une escorte de convois à destination de Syracuse. Les deux croiseurs vont naviguer ensemble jusqu’en Sicile avant que le HMCS Quebec ne rallie Bizerte avec les transports (trente navires sur les trente-huit du départ).

Le croiseur léger et les six escorteurs quittent la Tunisie pour raccompagner les transports en Grande-Bretagne. Ils font escale à Mers-El-Kébir, à Gibraltar, relâchent dans l’estuaire de la Gironde pour échapper au mauvais temps, bénéficient d’une couverture de la part de la 3ème Escadre Légère avant de rallier Portsmouth.

C’est la fin d’un long périple de près de quinze jours (départ de Bizerte le 7 octobre arrivé à Portsmouth le 20 octobre 1952)

Le croiseur léger quitte seul le sud de la Grande-Bretagne le 23, se ravitaille à Gibraltar le 27 avant de pénétrer en Méditerranée et de rallier Syracuse pour appuyer les troupes alliées déployées en Sicile.

Il participe ensuite à l’opération SKYLOCK puis appui la longue et lente remontée de la péninsule italique. Après un petit carénage de juin à septembre 1953, le croiseur léger canadien va opérer en mer Egée et en mer Adriatique, terminant le conflit à Venise où sa compagnie de débarquement défile sur la place Saint Marc.

 

Rentré au Canada en mai 1954, il aurait du être envoyé dans le Pacifique mais la capitulation japonaise le surprend alors qu’il était au bassin pour remise en état complète et modernisation (radars, systèmes de contre-mesures, systèmes de communication).

A nouveau opérationnel en octobre 1954, il opère dans l’Atlantique jusqu’au 27 septembre 1955 date à laquelle il est mis en réserve à Halifax. Rayé des registres le 7 janvier 1965, il est vendu à la démolition et démantelé.

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Caractéristiques Techniques des croiseurs légers classe Minotaur

Déplacement : standard environ 8900 tonnes pleine charge 11125 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 183.50m largeur 19.80m tirant d’eau 5.083m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté à trois tubes développant 85000ch et entraînant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable : 10500 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture de 3.25 inch (82.6mm) au niveau des machines et de 3.5inch (89mm) au niveau des soutes à munitions ponts blindés 2inch (51mm) tourelles 1 ou 2 inch (25 à 51mm) bulkheads 1.5 à 2 inch (38 à 51mm)

Electronique : Les croiseurs légers type Minotaur disposent d’un radar de veille aérienne type 279, d’un radar de veille combinée type 290, d’un radar d’acquisition de cibles type 273, d’un radar de conduite de tir type 285 (artillerie secondaire), un radar de conduite de tir type 282 pour l’artillerie légère et d’un radar de conduite de tir type 284 pour l’artillerie principale.

Armement d’origine : 9 canons de 152mm (6 pouces) Mak XXIII en trois tourelles triples XXIII* (deux avant et une arrière en position «A» «B» et «Y»), 12 canons de 102mm QF Mark XVI en six affûts doubles installés latéralement, 16 canons de 40mm Bofors (deux affûts quadruples et huit affûts doubles) et 24 canons de 20mm Oerlikon en douze affûts doubles, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples.

L’Ontario en configuration lance-missiles disposait de trois canons de 152mm (tourelle triple XXIII avant inférieure), de six canons de 76mm (une tourelle double avant surplombant la tourelle triple de 152mm et quatre affûts simples latéraux), un affût double lance-missiles pour quarante-deux missiles Terrier, un lanceur octuple pour missiles anti-sous-marins Asroc

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Supermarine Walrus sur un croiseur léger australien

Aviation : une catapulte axiale entre les deux cheminées et deux hydravions Supermarine Walrus, installations débarquées en 1955 sur les deux croiseurs. Une plate-forme hélicoptère à la poupe pour l’Ontario.

Equipage : 730 officiers et marins

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2 réflexions sur “Dominions (13) Canada (13)

  1. fripounet dit :

    à part les dates qui sont fausses en 1945 même les japs avaient baissé pavillon en 1953 la corse était libérée des allemands mais pas des corses ils occupent toujours les plages dans des paillotes

    • clausmaster dit :

      Bonjour cher monsieur, mon site comme c’est indiqué sur la page d’accueil est UNE P….. D’UCHRONIE, un essai d’histoire alternative ! (Je commence à en avoir ras la caisse de devoir me justifier à chaque fois à bon entendeur……)

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