Dominions (5) Canada (5)

Le XIXème Siècle Canadien (1867-1914)

Dominion Canada

Dominion et expansion : «la frontière» canadienne

En 1861, l’Amérique du Nord Britannique compte 3.2 millions d’habitants. L’idée d’autonomie fait son chemin alors que l’idée d’une nation canadienne émerge peu à peu peut être en raison de la guerre de Sécession qui vient d’éclater aux Etats-Unis.

De plus bien qu’il y eut un accord en 1849 entre Washington et Londres, les canadiens craignent que les pionniers américains ne se sentent pousser des ailes au point de vouloir englober toute l’Amérique du Nord sous une même autorité.

Deux conférences sont organisées à Charlottetown sur l’Ile du Prince-Edouard (septembre et octobre 1864 respectivement). De ces réunions émergent les Résolutions de Québec qui sont discutées à Londres en 1866 (Jusqu’en 1982 toute modification législative canadienne devait être approuvée par Londres).

L’ancienne métropole coloniale approuve l’idée d’un gouvernement responsable devant un parlement fédéral avec un fédéralisme tempéré par un gouvernement central fort.

Le British North American Act du 29 mars 1867 fait du Canada un dominion, le premier du genre. La constitution est mise en place officiellement le 1er juillet 1867 (ce jour est connu sous le nom de «fête du Canada»). Le BNAA remplace le Canada Act de 1840.

A l’époque le dominion canadien se compose de quatre provinces : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, l’Ontario et le Québec (ces deux dernières étant l’ancien Haut-Canada et l’ancien Bas-Canada).

Tout comme son voisin sudiste, le Canada connait son front pionnier, ses aventuriers, ses explorateurs, son «Far West» même si il est bien moins célèbre que son homologue américain. A l’instar de Washington, Ottawa veut s’étendre jusqu’à la côte Pacifique.

En 1869 les territoires de la Compagnie de la Baie d’Hudson sont acquis suivis l’année suivante du Manitoba (ancienne colonie de la rivière Rouge). Cette expansion ne se fait pas sans tensions et sans conflits notamment entre canadiens anglophones (souvent des paysans écossais chassés de leurs terres par les clôtures) et les métis dirigés par Louis-David Riel.

En 1871 la Colombie Britannique (colonie de Vancouver créée en 1852 et la colonie des îles de la Reine-Charlotte en 1852 mise en place d’une colonie de Colombie Britannique en 1858, l’île de Vancouver y étant intégrée en 1866) intègre la confédération suivit en 1873 de la colonie de l’île du Prince Edouard, colonie qui renforce son unité par le Transcontinental inauguré en 1885.

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Carte de l’expansion du Canada

La même année les troubles dans la région de l’Alberta et du Saskatchewan sont réprimés, Louis-David Riel (1844-1895), chef des métis étant arrêté, jugé et exécuté. Un deuxième transcontinental est inauguré en 1896 et neuf ans plus tard, deux nouvelles provinces intègrent la Confédération, l’Alberta et le Saskatchewan (1905). Il faudra attendre ensuite 1947 pour qu’une nouvelle province intègre la confédération en l’occurrence Terre-Neuve.

 

La mise en place des institutions

Naturellement les institutions de la Confédération sont très inspirées des institutions de l’ancienne puissance coloniale britannique. Une cour suprême est mise en place en 1875 mais il faut attendre le 20ème siècle pour qu’elle devienne la cour de l’ultime recours pour les affaires criminelles et pour les affaires juridiques (jusqu’ici on pouvait faire appel au Comité judiciaire du Conseil privé à Londres)

le roi d’Angleterre reste le souverain du Canada mais comme il ne peut être présent en permanence, un gouverneur général le représente sur place.

Le parlement est bicaméral avec une Chambre des communes élective au suffrage censitaire uninominal et un Sénat composé de membres nommés à vie par le gouverneur général. Le Sénat est un vrai contrepoids car il représente les provinces même si les nominations sont souvent politiques sans forcément prendre en compte la compétence.

Chaque province à une assemblée provinciale, un gouverneur et un lieutenant gouverneur représentant le Gouverneur Général.

Le Gouverneur Général dispose d’un Veto suspensif d’un an aux lois provinciales anticonstitutionnelles ou attentatoires aux minorités surtout les anglais au Québec.

Les domaines de responsabilité sont répartis entre les provinces et le pouvoir fédéral. Si les provinces contrôlent la propriété, le droit civil, la santé et la charité, l’éducation, les municipalités et les travaux d’utilité locaux, le pouvoir fédéral gère les communes, la banque, la défense et la gestion des autochtones. L’Agriculture, la pêche, l’immigration et les transports sont des domaines de compétences partagées.

Culture britannique oblige, le bipartisme s’impose de lui même avec un parti Conservateur qui alterne au pouvoir avec un parti Libéral. Si les conservateurs sont au pouvoir de 1867 à 1873 et de 1878 à 1896, les libéraux sont aux commandes de 1873 à 1878 et de 1896 à 1911.

En ce qui concerne les rapports avec la métropole, les anglophones sont très attachés à l’empire et aux relations avec Londres alors que les francophones y sont beaucoup moins favorables. Cela oblige Ottawa à des compromis acrobatiques pour éviter l’implosion de la confédération notamment lors de la deuxième guerre anglo-boers.

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Le symbole de cet attachement c’est tout simplement le drapeau. L’Union Jack est le drapeau du Canada jusqu’en 1965 quand est adopté le célèbre drapeau rouge et blanc avec la feuille d’érable rouge sur fond blanc.

Quand commence le XXème siècle, le Canada est une jeune nation plein de vigueur et plein d’avenir. La première guerre mondiale va comme pour l’Australie servir de révélateur des fractures comme des motifs d’unité.

Le XXème Siècle canadien : de Vimy à Berlin

Le Canada dans le premier conflit mondial

Entre 1899 et 1902 une guerre avait opposé les anglais aux colons néerlandophones de l’Afrique du Sud, les boers. Ce conflit vit l’engagement de troupes venant des dominions notamment des canadiens (7400 hommes).

Cette guerre resta très impopulaire au pays, divisant les partis. Les canadiens français étaient particulièrement remontés car s’identifiant aux Boers.

Plus généralement les premières années du 20ème siècle sont marquées par un débat virulent sur la part que le Canada doit prendre dans la défense de la Grande-Bretagne et de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si c’est en 1910 que la marine canadienne voit le jour.

En 1913, Ottawa envisage même de financer la construction de trois cuirassés de classe Queen Elizabeth mais ce projet ne voit pas le jour.

En août 1914 le conflit tant espéré et tant redouté éclate. La Grande-Bretagne entre en guerre contre l’Allemagne le 4 août suite à la violation de la neutralité belge dont elle était garante depuis le traité de Londres de 1839 (on peut cependant sincèrement douter que Londres soit resté en dehors du conflit si par exemple l’Allemagne avait attaqué la France par sa frontière orientale).

Le Canada va prend sa part du fardeau. Surtout pour la première fois les canucks ne vont pas opérer sous commandement britannique mais vont combattre sous commandement national.

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Le mémorial de Vimy

Ils vont s’illustrer sur les champs de bataille de la Somme, de l’Artois et des Flandres, les noms de Vimy et de Passchendaele marquent au fer rouge la mémoire canadienne. Sur les 619636 engagés, 67000 soldats canadiens ne reverront pas leur pays sans compter 173000 blessés et tous les traumatisés sans blessures physique apparente.

Cet apport permet au Canada d’avoir sa propre délégation au traité de Versailles en 1919, d’intégrer la SDN en 1919 et d’obtenir une souveraineté législative totale (hors questions constitutionnelles) au traité de Westminster en 1931 (qui est l’acte de naissance du Commonwealth).

Le 5 août 1914, le gouverneur général du Canada déclare le Canada en état de guerre avec l’Allemagne. Une séance extraordinaire du parlement fédéral réunie le 18 août 1914 débloque 50 millions de dollars jusqu’au 31 mars 1915 date espérée de la fin du conflit. D’autres lois seront votées au cours du conflit pour des motifs de sécurité.

A l’époque l’armée régulière canadienne est chétive avec 3110 hommes. Avant d’envoyer des unités en Europe il faut recruter et entraîner les nombreux volontaires qui se sont présentés. La base de Valcartier est créé au nord de Québec pour entraîner les 32000 hommes qui se sont rapidement présentés aux bureaux de recrutement.

Le 3 octobre 1914 un premier contingent quitte le Canada, traverse l’Atlantique pour rallier la Grande-Bretagne. 30000 canadiens dont 6000 francophones vont être engagés sur le front français.

Au total cinq divisions canadiennes seront mises sur pied (1st Canadian Division 2nd Canadian Division 3rd Canadian Division 4th Canadian Division 5th Canadian Division) en ne faisant appel qu’au volontariat.

Devant l’étendue des pertes, il faudra mettre en place en 1917 la conscription, une mesure globalement acceptée au Canada anglophone mais particulièrement impopulaire au Québec d’autant que les officiers anglophones n’hésitaient pas à mépriser, houspiller leurs soldats francophones.

Néanmoins en 1920 geste symbolique qui n’en est peut être par un, le Royal 22ème Régiment héritier du 22ème bataillon, une unité francophone reçoit la garde de la citadelle de Québec. C’est la première fois qu’une unité francophone reçoit la garde de cette citadelle depuis la guerre de Sept Ans.

Aux soldats s’ajoutent 3000 canadiennes qui servent comme infirmières. En ce qui concerne les minorités, il faudra attendre 1916 pour que les Noirs soient autorisés à s’engager, les amérindiens pouvant le faire dès 1915.

Le baptême du feu des troupes canadiennes à lieu lors de la bataille de Neuve-Chapelle où ils doivent couvrir l’avancée de la 1ère Armée britannique mais cette dernière peine à percer.

Les troupes canadiennes comprennent très vite qu’un bombardement d’artillerie aussi massif et prolongé soit-il ne peut pas forcément venir à bout d’un réseau de tranchées et de barbelées. Les assauts frontaux vont être aussi coûteux qu’inefficaces mais avant l’apparition du char y-avait-il une réelle alternative ?

En avril 1915, la 1ère division canadienne est envoyée en renfort en Belgique sur le saillant d’Ypres et à son corps défendant va être témoin de la première utilisation avérée des gaz de combat.

Le 22 avril 1915 après la préparation d’artillerie, 160 tonnes de dichlore sont lâchées sur les lignes alliées, entraînant un mouvement de panique, péniblement contenue. Le 24 avril 1915 les canadiens sont clairement visés subissant des pertes épouvantablement lourdes avec 6000 hommes hors de combat dont 2000 morts. Les canucks par leur résistance acharnée vont acquérir une réputation de durs à cuir.

Le pire était cependant à venir avec les combats sur la Somme. Les alliés avaient prévu d’attaquer sur tous les fronts. L’attaque allemande sur Verdun lancée le 21 février 1916 bouscule les plans alliés et l’offensive britannique n’est lancée que le 1er juillet 1916.

Les français espèrent que cette attaque va soulager la pression allemande à Verdun mais lors du premier jour de l’offensive, 57550 hommes sont mis hors de combat. Le régiment royal de Terre-Neuve (qui à l’époque n’appartenait pas à la confédération canadienne) fût anéanti dès les premières heures de l’offensive (801 soldats tués et blessés _respectivement 255 morts 386 blessés et 91 disparus_sur 865).

Du 3 septembre au 18 novembre 1916, le 22ème régiment d’infanterie (composé de canadiens francophones) intégré à la 4ème division canadienne est engagé, s’emparant du village de Courcellete qu’il conserve en dépit de violentes contre-attaques allemandes. Quand s’achève la bataille de la Somme, 24029 soldats canadiens ont été tués et blessés.

En 1917 les français décident d’attaquer dans l’Aisne dans la région du Chemin des Dames. Pour attirer ailleurs les réserves allemandes, les britanniques doivent lancer une attaque de diversion dans la région d’Arras.

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Carte de la bataille de Vimy

Le Corps Canadien doit s’emparer d’une crête dont le nom est devenu dans la mythologie militaire canadienne l’égal de la Marne ou de Verdun pour nous : Vimy. L’attaque commence le 9 avril 1917 après une minutieuse préparation.

Au barrage massif et indistinct qui à vite montré ses limites les canadiens préfèrent un barrage roulant qui avance au rythme des troupes pour protéger leur progression. De plus chaque soldat apprend la composition de son secteur pour éviter les mauvaises surprises. Les quatre divisions s’emparent de la crête en fin de journée non sans pertes (3598 tués, 10602 blessés sur 30000 hommes engagés).

La même année un autre lieu fait son entrée dans la mythologie et la martyrologie canadienne, un village des Flandres belges appelé Passchendaele. Appelée officiellement troisième bataille d’Ypres, elle à lieu de juillet à novembre 1917.

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le maréchal Douglas Haig surnommé « Butcher Haig » (Haig le boucher) 

C’est la conséquence de la bataille de Vimy. Le maréchal Haig souhaite couper les lignes de chemin de fer allemandes et détruire les bases sous-marines allemandes implantées sur la côte belge. Le 30 octobre, le Corps canadien relève le corps d’armée australo-néo zélandais qui avait subit de lourdes pertes.

Le général Currie proteste estimant qu’une attaque dans un secteur aussi boueux est une folie et n’aura que pour conséquence que des pertes abominablement lourdes mais Butcher Haig n’y entend rien. Le général Currie doit s’incliner mais prévient que les canadiens vont subir des pertes très lourdes soit 16000 hommes. Il aura tort puisqu’il n’y aura que 15654 soldats mis hors de combat.

Le barrage d’artillerie massif met non seulement la puce à l’oreille des allemands mais en plus les cratères d’obus se remplissent d’eau. Les canadiens toujours appuyés par les australiens et les néo-zélandais subissent de lourdes pertes pour une avancée dérisoire avec 100000 hommes hors de combat toutes unités confondues ! Le village de Passchendaele est finalement pris le 6 novembre 1917 après l’envoi de nombreux renforts.

L’armée canadienne participe également à l’offensive des 100 jours au printemps et à l’été 1918, une succession d’attaques sur l’ensemble du front, une version archaïque de l’art opératif. Au lieu d’une seule attaque massive on multiplie les attaques pour fragiliser le front, pour empêcher l’ennemi de déplacer ses réserves jusqu’à aboutir à la percée que l’on recherche depuis la fin de 1914.

Les canadiens attaquent la région d’Amiens en compagnie de troupes françaises, britanniques et australiennes le 8 août 1918, le fameux «jour noir de l’armée allemande» selon Ludendorff. Après une puissante préparation d’artillerie et l’assaut de 420 chars, les fantassins montent à l’assaut, 10000 canucks faisant partie des troupes d’assaut.

Le premier jour les unités canadiennes engagées entre Hougues et Villers-Bretonneux ont avancé de 13 kilomètres contre 11 pour les australiens, 8 pour les français et 3 pour les britanniques. Côté allemand, 27000 hommes ont été tués, blessés et faits prisonniers, 400 canons, des centaines de mortiers et de mitrailleuses sont capturés. A lui seul le Corps canadien à fait 5033 prisonniers mais pour la perte de 4000 hommes.

Une fois la percée à Amiens acquise, les troupes canadiennes sont de retour dans la région d’Arras avec pour objectif de percer la ligne Hindenburg. Entre le 26 août et le 2 septembre, le Corps Canadien multiplie les attaques vers le canal du Nord. La percée ne sera acquise que le 27 septembre et le 11 octobre les canadiens remportent un succès décisif lors de la bataille de Cambrai.

Les troupes canadiennes marchent vers Mons, une avancée qui n’est pas un chemin pavé de roses avec la perte de 46000 hommes. Le dernier soldat canadien tombé au champ d’honneur George Lawrence Price est tué seulement deux minutes avant l’entrée en vigueur de l’armistice de Rethondes qui devient effectif le 11 novembre 1918 à 11h.

L’Entre-Deux-Guerres

En 1919, le Canada adhère de son propre chef à la Société des Nations (SDN), un organisme permanent censé éviter un nouveau conflit majeur en Europe et dans le monde mais qui est d’emblée affaiblie par l’absence des Etats-Unis.

En 1931 est adopté le Statut de Westminster qui transforme l’empire britannique en Commonwealth. En ce qui concerne le Canada, ce statut augmente encore l’autonomie législative du pays. Si George V est toujours roi du Canada, les lois votés au parlement britannique n’ont plus aucune validité au sein de la Confédération sans l’accord du parlement d’Ottawa. Comme nous l’avons vu seules les questions constitutionnelles doivent encore passées par Londres.

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William Lyon Mackenzie King

L’entre-deux-guerres est dominé par la personnalité écrasante du chef du Parti Libéral William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada à trois reprises (décembre 1921 à juin 1926, septembre 1926 à août 1930 et octobre 1935 à novembre 1948), «Mackenzie King» quittant le pouvoir au tout début du second conflit mondial comme un symbole……. .

Brillant étudiant (cinq diplômes), William Lyon Mackenzie King est né en 1875. Elu pour la première fois en 1908, il est battu en 1911 et gagne les Etats-Unis. Il revient à la politique en 1917 mais il est à nouveau battu, étant opposé à la conscription alors qu’une majorité de canadiens anglophones y est favorable.

Il faut finalement attendre l’après guerre pour qu’il accède aux plus hautes responsabilités. Élu chef du parti libéral (il le sera jusqu’en 1948), il devient premier ministre en 1921.

Durant ce premier règne, le parti Progressiste est le principal opposant au parti Libéral notamment sur la question des tarifs douaniers. De nouvelles élections ont lieu en 1925 mais aboutissent à un résultat qui ne satisfait personne.

En effet les conservateurs qui ont remporté les élections n’ont pas de majorité pour pouvoir former un gouvernement pleinement soutenu par le parlement. King peut donc rester au pouvoir en s’alliant avec les progressistes.

Alors que le mandat débute à peine, un scandale de pots de vin entache la mandature du premier ministre libéral. Il demande au gouverneur général Lord Byng de dissoudre la Chambre des Communes mais ce dernier refuse, King démissionnant dans la foulée.

Les conservateurs reprennent les commandes mais faute de majorité ne peuvent se maintenir durablement aux commandes du Canada. De nouvelles élections ont lieu en 1926, élections marquées par la victoire des libéraux qui mettent en place le premier système de pensions de retraite.

En 1930 les conservateurs battent les libéraux alors que le Canada est frappé comme le reste du monde par la Grande Dépression. Mackenzie King part pour cinq années dans l’opposition, ne retrouvant le pouvoir qu’en 1935 pour ne plus le lâcher jusqu’à sa démission pour raisons de santé en novembre 1948.

A l’époque le plus gros de la crise est passée ce qui permet aux libéraux de mettre en place les premières mesures d’un welfare-state, un état providence. C’est durant ce mandat qu’est créé Radio Canada (1936) mais aussi Trans-Canada Airlines (futur Air Canada) en 1937.

Sur le plan de la politique étrangère, Mackenzie King est clairement partisan d’une plus grande autonomie du Canada. C’est sous son impulsion que la Grande-Bretagne va transformer sa relation avec ses dominions (conférence impériale de 1926, Statut de Westminster 1931).

Cela ne l’empêche pas d’appuyer la funeste politique d’apeasment des élites britanniques face aux rodomontades et aux agressions d’Hitler en espérant sauver la paix. Il refuse même l’asile aux juifs d’Europe persécutés.

Le Canada va participer à la guerre de Pologne mais Ottawa ne déclare la guerre que le 10 septembre 1939. Des unités de la marine canadienne vont participer au conflit dans l’Atlantique et les Caraïbes, quelques unités vont rejoindre la Grande-Bretagne et la France mais comme le conflit s’achève rapidement, l’engagement des canucks est loin de valoir celui de leurs aïeux durant le premier conflit mondial. Ce n’était que partie remise.

En promettant (si le conflit s’était prolongé) de ne pas mettre en place la conscription, Mckenzie King remporte les élections de 1940. Il est réélu en 1944 et en 1948 même si depuis un petit moment des doutes sur sa capacité à diriger le pays se font jour.

La guerre de Pologne ou la Three Months War sert d’électrochoc. Le premier ministre canadien reconnaît que la politique d’apeasment à été une erreur. Surtout la courte guerre à montré les faiblesses et les lacunes de l’armée canadienne.

L’investissement militaire devient très important et ce dans tous les domaines. Cette politique fait consensus car la modernisation des forces armées canadiennes favorise celle de l’économie puisqu’Ottawa essaye dans la mesure du possible de produire au pays le matériel nécessaire.

L’armée de terre reçoit des armes plus modernes, l’entrainement est amélioré, les soldes augmentées. L’armée de l’air reçoit des avions plus modernes de conception britannique mais souvent de fabrication nationale, la marine modernisant ses moyens, modernisation symbolisée par l’acquisition de deux porte-avions légers (mais seulement un en service en septembre 1948, le deuxième est encore en construction).

Cette politique pragmatique menée par William Lyon Mackenzie King remonte sa cote auprès des militaires canadiens.

A partir de 1945 quand les tensions deviennent de plus en plus prégnantes en Europe, le Canada doit se positionner. Rester neutre comme les Etats-Unis ou un soutien plein et entier vis à vis de l’ancienne métropole coloniale ?

Les hésitations d’Ottawa et de Mackenzie King sont nombreuses. Les facteurs sont nombreux avec des dissensions linguistiques (anglophones très favorables à l’engagement, francophones très réservés voir hostiles), des relations personnelles compliquées entre le libéral Mackenzie King et le conservateur Churchill, la tentation à une alliance neutraliste avec les Etats-Unis……. .

Finalement à la mi-août, la chambre des Communes autorise en cas de conflit l’engagement de volontaires en soutien de la Grande-Bretagne en cas d’agression allemande, italienne ou japonaise.

C’est ainsi que dès la mi-septembre les éléments précurseurs de la 1st Canadian Division sont envoyés en France, débarquant à Saint-Nazaire puis ralliant le nord de la France sous commandement britannique, la 1ère division canadienne étant placée sous le commandement du 1st British Corps tout comme la 1st Infantry Division et la 44th «Home Counties» Division.

La 2nd Canadian Division elle va rallier directement la Grande-Bretagne pour intégrer la réserve stratégique pour intervenir aussi bien sur le continent qu’en Norvège.

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