Dominions (4) Canada (4)

Du traité de Paris au Dominion (1763-1867)

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Premières années d’un Canada anglophone : Province of Quebec et Quebec Act

Le traité de Paris signé, les britanniques ne perdent pas de temps pour réorganiser leur nouvelle conquête. Par une proclamation royale de 1763, George III fait du Canada la province de Québec (Province of Quebec). Un gouverneur général la dirige, gouverneur qui dépend du Colonial Office.

Le territoire s’étend peu à peu, l’Acadie étant tout entière absorbée par la Nouvelle-Ecosse, les colonies de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’Île du Cap-Breton seront créées, et l’on verra s’agrandir les frontières avec l’intégration de la Terre de Rupert (région centrale et nordique du Canada au tour de la baie d’Hudson).

Ce n’est pas pour autant le retour de la paix avec la rébellion de Pontiac de 1763 à 1766 et surtout le mécontentement de la minorité francophone dont toutes les institutions sont abolies. De plus le Test Act (offices publics réservés aux anglicans) exclu d’office les francophones qui sont catholiques. A cela s’ajoute le remplacement de la Coutume de Paris par la Common Law britannique.

En 1774 le Quebec Act apaise la situation, tentant de mettre fin aux mécontentements venant aussi bien des britanniques que des canadiens francophones.

Un certain nombre de droits et de privilèges sont garantis notamment aux francophones (conservation du régime seigneurial, droit de pratiquer la religion catholique, utilisation de la Coutume de Paris pour régime le commerce et les rapports civils, abolition du serment du test mais droit criminel et pénal britannique, interdiction de liens avec la France), ce texte élargit également les frontières de la colonie qui absorbe l’actuel de la territoire de l’Ontario et la vallée de l’Ohio.

Un an plus tard en 1775 commence la guerre d’indépendance américaine. Les insurgents américains espèrent trouver un soutien chez les canadiens français contre la Grande-Bretagne mais sans réel succès parce que la minorité francophone est très encadrée par le clergé catholique qui se méfie de ses révolutionnaires. A cela s’ajoute le fait que ces insurgés étaient probablement du côté des hommes ayant conquis la Nouvelle-France.

Si Montréal et les forts de la vallée de Richelieu sont pris, Québec reste aux mains des canadiens, d’autres offensives sont lancées mais elles échouent. Si la guerre sur terre s’arrête là, les corsaires français et américains ravagent le trafic commercial britannique.

Le conflit terminé, plus de 40000 loyalistes de feu les treize colonies émigrent dans la province de Québec, accentuant le caractère britannique de la colonie.

En 1784, la Nouvelle-Ecosse se scinde en deux avec la création de la colonie de Nouveau-Brunswick, la partie occidentale de la Nouvelle-Ecosse accueillant les loyalistes pas vraiment les bienvenus. Tout comme aux Etats-Unis un front pionnier émerge à l’ouest.

En 1791, une assemblée législative et une constitution parlementaire sont mises en place, la Province of Quebec est divisée en deux colonies distinctes, le Haut-Canada et le Bas-Canada.

Le premier correspond à l’Ontario actuel et le second au Québec actuel, le premier étant majoritairement peuplé d’anglophones (dont les loyalistes américains) et le second de francophones appelés Canadiens français. Chaque province est dirigée par un lieutenant-gouverneur nommé par le Gouverneur général.

La capitale du Haut-Canada était initialement installée à Newark mais s’installe ensuite à York (Toronto) alors que la capitale du Bas-Canada se confond avec celle de l’Amérique du Nord britannique à savoir Québec.

 

De la guerre de 1812 au Canada Act (1812-1840)

Jeune nation, les Etats-Unis apprennent à gérer les querelles politiciennes sur l’avenir du pays tout en gérant des querelles extérieures comme la Quasi-Guerre avec la France (1797-1801) ou plus grave la guerre de 1812 (18 juin 1812-18 février 1815) contre la Grande-Bretagne, ce conflit méconnu en France étant souvent considéré comme une deuxième guerre d’indépendance.

En dépit d’un conflit armé, les relations entre Washington et Londres se normalisèrent rapidement en raison d’une communauté culturelle entre les deux nations et les maladresses de la France révolutionnaire qui débouchèrent sur la Quasi-Guerre, un conflit non déclaré entre 1799 et 1802.

Cela n’empêcha pas les pommes de discorde entre les deux pays notamment la question frontalière entre les Etats-Unis et la colonie britannique du Canada, la gêne au commerce américain entraîné par les guerres napoléoniennes et l’enrôlement forcé de marins américains dans la Royal Navy.

Ce conflit se déroula sur mer avec un affrontement acharné entre corsaires recrutés par les deux camps, dans la région des Grands Lacs et dans le sud des Etats-Unis dans ce qui fût jadis la Louisiane Française.

Ce conflit se termina par le traité de Gand signé en 1815 qui marqua la fin des tentatives américaines d’annexer les colonies britanniques du Canada et une meilleure délimitation de la frontière entre les Etats-Unis et ce qui n’est pas encore le Commonwealth du Canada.

Le rôle clé joué par les miliciens francophones dans la défense de Montréal en particulier et du Canada en général favorise un sentiment national et une meilleure acceptation de la minorité francophone par la majorité anglophone.

En 1822 un projet d’union législative des deux Canadas est soumis au Parlement de Londres ce qui aurait pour conséquence de renforcer le statut minoritaire des Canadiens français. Le projet est abandonné en 1823 en raison de l’opposition massive du Bas-Canada.

En 1828, le Parti Patriote (parti des canadiens français) déposent des pétitions à la Chambre des Communes pour protester contre les actes illégaux commis par le gouverneur général George Ramsay qui sera démis de cette fonction. Cela ne change pas complètement la situation et les canadiens français menés par Louis-Joseph Papineau vont adresser pas moins de 92 résolutions à Londres en 1834.

Les canadiens français réclament plus d’autonomie et plus de démocratie mais Londres freine des quatre fers.

En 1837 éclate la Rébellion des Patriotes suivie en 1838 par une déclaration d’indépendance du Bas-Canada mais cette volonté d’autodétermination se heurte à une répression farouche des britanniques. Au Haut-Canada la rébellion est plus courte avec une déclaration d’indépendance (République du Canada) mais les combats et la répression sont nettement moins fortes. A cela s’ajoute en 1838/39 un conflit frontalier entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis dans la région du Maine.

Après la répression les britanniques décident de procéder à une étude détaillée de la situation pour aboutir à un train de réforme. Un conseil supérieur pour administrer le Bas-Canada est mis en place en 1839 avec à sa tête John Lambton, lord Durham.

Le rapport Durham préconise la réunification des deux Canadas qui est mise en place par le Canada Act en 1840. C’est l’acte de naissance de la province du Canada (appelée également Canada-Uni) qui abroge une partie des droits accordés aux canadiens français par le Quebec Act de 1774.

Désormais l’assemblée législative (une assemblée élue de 42 membres et un conseil nommé) de la province du Canada devient en théorie l’organe directeur de la colonie, l’assemblée siégeant à Kingston, Montréal, Toronto et Québec avant de s’installer définitivement à Ottawa en 1866. Deux premiers ministres conseillent le gouverneur général (un pour le Haut-Canada et un pour le Bas-Canada).

Un gouvernement responsable en attendant le Dominion

En 1848 un gouvernement responsable est mis en place. Ce gouvernement est dominé par les anglophones. Les francophones ne se laissent pas faire, veillant à préserver leur culture et pour éviter d’être submergé par l’immigration anglophone, l’Eglise catholique qui possède un poids politique considérable encourage la natalité, l’influence de la hiérarchie catholique perdurant jusqu’au début des années soixante et ce qu’on à appelé la Révolution tranquille.

Une vie politique se met en place avec un parti Rouge qui reprend l’idéologie du parti patriote et qui est l’ancêtre du Parti Libéral du Québec. Il va s’opposer au parti Bleu qui est l’ancêtre du Parti Conservateur Québecois. Côté anglophone, les canadiens britanniques singent la vie politique de la mère patrie avec un parti libéral et un parti conservateur.

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James Bruce, 8ème lord Elgin

Le gouvernement responsable est certe introduit en 1841 mais il faut attendre Lord Elgin, gouverneur de 1847 à 1854 pour que le gouvernement responsable de facto devienne un gouvernement de jure.

Un travail intensif est ainsi mené en matière législative : fondation d’universités dont celle Toronto et Laval à Québec; organisation municipale et judiciaire, loi ferroviaire, loi d’amnistie pour les événements des années 1837/38. La langue française reconnue dans les débats parlementaires.

En 1846, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s’entendent sur le 49° parallèle nord comme frontière séparant les Etats-Unis de l’Amérique du Nord britannique, un accord de libre-échange est signé en 1854.

La fin de cet accord en 1866 mettra fin à l’embellie économique du Canada. 1854 c’est également l’année de l’introduction du dollar canadien comme monnaie nationale.

Au début de la décennie 1860, le Canada est au bord de la guerre civile. C’est pourtant aux Etats-Unis qu’éclate un conflit qui manque de faire disparaître la jeune nation américaine. Cette American Civil War appelée en Europe Guerre de Sécession à naturellement de sérieuses répercussions sur son petit voisin du Nord. C’est ce qui va mener jusqu’à la formation de la Confédération et l’obtention du statut de dominion.

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