URSS (77) Armée de Terre (25)

T-38

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Le T-38 serait-il un char anglais ? 

Le char léger soviétique T-38 est une évolution du précédent. Cette évolution se révéla in fine décevante et très rapidement, la RKKA passa au T-40.

Les essais préliminaires révélèrent de nombreux problèmes avec une autonomie insuffisante, des problèmes pour le franchissement des cours d’eau et une tendance à perdre ses chenilles en tout terrain.

Les travaux commencent en T-38 et le prototype prêt en juin 1935. Extérieurement le T-38 est très semblable au T-37 mais la position du conducteur et du commandant sont inversées. Le véhicule est également moins large et moins haut.

Si le prototype disposait d’une mitrailleuse de 7.62mm en tourelle et d’un canon de 20mm ShVAK sur la position du conducteur, ce dernier à été abandonné car il rendait la manœuvre du véhicule difficile pour le conducteur.

Comme les autres véhicules de sa catégorie et de sa génération, le T-38 était destiné à la reconnaissance, à l’observation et à l’appui de l’infanterie. Si chaque bataillon d’infanterie devait disposer de trente-huit véhicules, les bataillons aéroportés devaient en disposer de cinquante.

C’est ainsi qu’aux manœuvres menées en 1936 dans la région de Kiev, des T-38 furent aérotransportés par des bombardiers Tupolev TB-3 spécialement modifiés pour ce rôle.

Faiblement protégé et faiblement armé, le T-38 à été vite déclassé par les progrès dans le domaine des véhicules de reconnaissance qui alignaient pour la plupart à la fin des années trente un canon à tir automatique et une mitrailleuse.

Même si un armement trop fort pouvait pousser l’équipage au combat plutôt qu’au renseignement, il fallait un minimum en cas de mauvaise rencontre pour gagner les quelques secondes nécessaires à un repli en bonne et due forme.

Au final ce sont 1350 véhicules qui ont été produits, 1228 en 1936/37 et 112 en 1939. Il à été engagé dans la guerre d’Hiver contre les finlandais où les faiblesses déjà détectées en temps de paix furent confirmés par le retour d’expérience du combat.

Remplacé peu à peu par le T-40, le T-38 quitte le service au milieu des années quarante. Des véhicules encore en état sont utilisés pour l’instruction et le maintien de l’ordre.

Quand les allemands déclenchent l’opération BARBAROSSA en juin 1950, le T-38 n’est plus un char léger. Les véhicules encore en service sont utilisées pour le dépannage ou le remorquage de pièces d’artillerie.

Ce sont dans cette configuration que des véhicules ont été capturés mais selon des sources concordantes ni les allemands ni les roumains ne les ont réutilisés signe que les faiblesses techniques n’étaient pas une vue de l’esprit.

Le T-38 aurait pu donner naissance à différentes variantes mais aucune n’à été produite en série qu’il s’agisse du T-38RT qui disposait d’une radio et d’un canon de 20mm en tourelle (à ne pas confondre avec le prototype décrit plus haut), l’OT-38 (lance-flammes), les T-38M1 et M2 (versions modifiées de la variante de base, production abandonnée car trop complexe), le T-38TU de commandement et de contrôle, le SU-45 un canon automoteur (antichar ?) de 45mm et enfin le T-38TT, un char commandé et contrôlé à distance.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 3.3 tonnes

Dimensions : longueur 3.78m largeur 3.33m hauteur 1.63m

Motorisation : un moteur à essence GAZ-AA de 40ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h distance opérationnelle franchissable 170km

Blindage : 3 à 9mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT en tourelle monoplace

T-40

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Comme nous venons de le voir, le T-38 à été un échec et une déception pour la RKKA qui ne tarda pas à développer un nouveau char léger de reconnaissance. Détail important, il disposait de solides capacités amphibies pour franchit les nombreuses rivières d’un pays aux dimensions gigantesques et sous équipé en matière d’infrastructures de franchissement.

Ce T-40 donna naissance à une version «terrestre» baptisée T-40S qui finit non seulement par devenir le T-60 et à supplanter le T-40. Produit de 1940 à 1943, le T-40 n’à été construit qu’à 412 exemplaires.

Seulement 150 étaient encore en service en juin 1950 quand les allemands envahissent l’URSS ce qui explique la capture de quelques T-40 par les allemands et les finlandais dans la région de Leningrad. Les premiers les ont réutilisés essentiellement pour des missions de sécurité à l’arrière du front (après réarmement avec des mitrailleuses allemandes) alors que les seconds l’ont utilisé sur le front sans modifications.

Au printemps 1951 le nombre de T-40 est assez faible probablement moins de 100 en service. Une douzaine à été modifiée pour servir de lance-roquettes multiples en recevant un lanceur pour vingt-quatre roquettes de 82mm. Ces véhicules ont été utilisés jusqu’à la fin du conflit.

A la fin du conflit les T-40 encore en service sont utilisés uniquement pour l’instruction. Ils servent dans ce rôle jusqu’à la fin des années cinquante.

En raison d’une production limitée il n’y eut pas de variantes. Deux prototypes armés d’un canon de 20mm et baptisés T-30A et T-30B n’ont pas dépassé le stade des essais.
Caractéristiques Techniques

Type : char léger amphibie biplace

Poids : 5.9 tonnes

Dimensions : longueur 4.10m largeur 2.33m hauteur 1.90m

Motorisation : un moteur GAZ-202 de 85ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h distance opérationnelle franchissable 450km

Blindage : 4-13mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm DshK et une mitrailleuse de 7.62mm DT

T-60

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Le char léger T-60 est une variante du T-40 sans les capacités amphibies de ce dernier. Ce véhicule est ainsi initialement désigné T-40S, le S signifiant «sukhoputniy» que l’ont peut traduire littéralement comme version «pays-sec» ou plus efficacement «version terrestre».

Le cheminement menant au T-60 à cependant été un poil plus complexe. En effet le prototype d’origine du T-40S était jugé trop lourd et trop complexe pour être produit en série. La RKKA repartit du T-30B qui partageait le même châssis mais était plus simple à produire et possédait chose importante un blindage plus épais.

Le prototype initialement armé d’une mitrailleuse de 12.7mm reçoit finalement un canon de 20mm TNSh. Après des essais convaincants, la production du T-40S est lancée à l’automne 1942.

Après la production de 250 exemplaires, le T-40S est rebaptisé T-60 quand il devint évident que le nouveau véhicule s’éloignait de son aîné. La production va continuer jusqu’en 1948 quand le T-70 mieux armé le remplace. Au final ce sont 4750 exemplaires qui sont sortis des chaines de montage, l’immense majorité était encore en service quand les allemands envahissent l’URSS

Au printemps 1949 on étudia la possibilité de réarmer le T-60 avec un canon plus puissant. On étudia l’installation du canon de 37mm ZiS-19 puis d’un canon de 45mm mais aucun de ces projets ne vit le jour. Le premier se heurta aux stocks insuffisants de munitions alors que le second nécessitait la mise au point d’une nouvelle tourelle.

Comme le T-70 était déjà en production, l’état-major soucieux de rationaliser la production mit un temps au projet.

Utilisé pour la reconnaissance, l’observation et l’appui de l’infanterie, le T-60 connu de lourdes pertes avec des véhicules détruits par l’ennemi, des véhicules abandonnés faute d’essence ou par panne mécanique.

D’autres furent capturés par les allemands et réutilisés d’abord sans grandes modifications puis avec l’embarquement d’armes allemandes une fois les munitions russes épuisées. Des T-60 capturés par les roumains connurent un sort bien différent avec une transformation en chasseur de char.

Les T-60 perdirent leur tourelle d’origine remplacée par une superstructure ouverte à l’arrière et au dessus, superstructure abritant un canon de 76.2mm lui aussi d’origine soviétique. Ces véhicules furent utilisés contre les soviétiques puis contre les allemands après la défection roumaine à l’été 1953.

Satisfaits de cette transformation les roumains voulurent aller plus loin en dessinant un chasseur de char dont le châssis s’inspirait du T-60 avec un canon de 75mm roumain et un moteur d’origine française mais les deux prototypes furent capturés par les soviétiques qui interdirent aux roumains de développer leurs propres véhicules de combat.

De leur côté les russes utilisèrent le châssis du T-60 pour différents usages expérimentaux avec un prototype de char antiaérien, le T-90 ou une adaptation pour son emploi comme planeur mais ses deux projets ne dépassèrent pas le stade du prototype.

Le T-60 était toujours en service à la fin du conflit même si le T-70 prenait de plus en plus de place. Les derniers T-60 quittent le service en 1958. Des véhicules de ce type ont été livrés aux armées des «démocraties populaires» et à la Chine.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 5.8 tonnes

Dimensions : longueur 4.10m largeur 2.30m hauteur 1.75m

Motorisation : un moteur six cylindres GAZ-202 de 70ch

Performances : vitesse maximale 44 km/h distance opérationnelle franchissable 450km

Blindage : 7-20mm

Armement : un canon de 20mm TNSh approvisionné à 750 coups associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

T-50

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Le T-50 n’est pas un char léger amphibie ni même un char léger de reconnaissance mais un char léger d’infanterie à une époque où se concept était encore en vogue.

Initialement destiné à remplacer le T-26, le T-50 nait des leçons de la guerre d’Espagne. Si les plans d’origine avaient été respectés, le T-50 aurait du être le principal char soviétique aux côtés de la prolifique famille des BT avant de progressivement le remplacer.

Comme nous le verrons ce ne sera pas le cas. Non seulement la famille BT donna naissance à un ultime rejeton (le BT-9) mais en plus un nouveau char moyen allait être produit, le très efficace et très célèbres T-34.

Le développement à commencé en 1939 mais fût perturbé par la fin des grandes purges. Deux prototypes sont testés en mai 1940, acceptés en janvier 1941.

La production aurait du être lancée au printemps suivant mais suite à des problèmes techniques il fallut attendre près d’un an pour que la production soit lancée mais cette production s’arrêta en juin 1945 après la sortie du 380ème et dernier exemplaire.

Outre des difficultés à le produire, l’arrêt de la production s’explique aussi par un changement de philosophie, la RKKA préférant équiper ses divisions de fusiliers de canons d’assaut.

Le T-50 disposait d’une suspension à barres de torsion, d’un diesel, d’un blindage laminé-soudé, de vrais innovations qui furent partagées avec de nouveaux chars. Le T-50 disposait également d’une coupole de commandement, un élément dont furent privés les nouveaux chars.

Ce char se distinguait également par un équipage de quatre hommes dont trois en tourelle et surtout la présence d’une radio. Il était cependant handicapé par un moteur spécifique à la différence de tous les autres chars qui possédaient des moteurs de camions ou dérivés de.

Sur les 380 véhicules produits, 250 sont encore en service en juin 1950. Une douzaine d’exemplaires est capturée par les finlandais, quarante-quatre par les allemands et huit par les roumains. Leur réutilisation est incertaine. Les soviétiques eux ont peu à peu remplacé leurs T-50 au cours du conflit. Au printemps 1954 quand la guerre s’arrête aucun T-50 n’est encore en service, les véhicules encore opérationnels étant utilisés pour l’entrainement et l’information.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger d’infanterie

Poids : 14 tonnes

Dimensions : longueur 5.20m largeur 2.47m hauteur 2.16m

Motorisation : un moteur diesel V-4 de 300ch

Performances : vitesse maximale 60 km/h distance franchissable opérationnelle 220km

Blindage : 12 à 37mm

Armement : un canon de 45mm modèle 1932/38 (20-K) alimenté à 150 coups associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : 4 hommes

T-70

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Le T-70 est le dernier char léger développé pour la RKKA avant le second conflit mondial. Il était destiné à remplacer à la fois le char de reconnaissance T-60 et le char léger d’infanterie T-50. De ce char devait sortir le T-80 et le canon automoteur antiaérien T-90 mais le premier fût produit en très petit nombre alors que le dernier est resté au stade du prototype.

En 1941 l’URSS récupéra des informations sur des projets de chars légers allemands armés de canons de 50mm. Pour y faire face, la RKKA étudia le renforcement de l’armement des T-60 mais les idées envisagées (canon de 37mm, canon de 45mm) ne débouchèrent pas sur la production en série, les soviétiques préférant travailler sur un nouveau char léger.

Deux prototypes sont commandés au printemps 1943 et livrés pour évaluation à la fin de l’année, évaluation positive moins quelques modifications qui permirent le lancement de la production à l’automne 1944 parallèlement aux T-60.

En septembre 1948, 990 véhicules ont déjà été produits. En juin 1950, le nombre est passé à 1850 exemplaires à une époque où la production du T-60 avait cessée. La production ne cesse d’augmenter avec 3300 exemplaires produits fin 1951, 4950 en décembre 1952, 6500 en novembre 1953 et enfin 7450 quand le second conflit mondial se termine en septembre 1954.

Tout en produisant le T-70, l’URSS étudia le T-80, une version mieux armée et mieux protégée mais après la sortie de seulement 120 exemplaires, la production cessa. Le canon automoteur antiaérien T-90 armé de deux mitrailleuses de 12.7mm ne dépassa pas le stade du projet, la RKKA préférant développer un canon automoteur de 37mm qui combinait deux canons de 37mm sur le châssis du SU-76.

A la fin du conflit un nouveau char léger armé d’un canon de 76mm était en développement. Mis en service en 1959, le PT-76 va remplacer définitivement le T-70 au début des années soixante.

Au cours du conflit le T-70 fût utilisé pour la reconnaissance, l’observation, l’appui de l’infanterie. Il à été utilisé également par l’ennemi, l’Allemagne, la Finlande, la Hongrie et la Roumanie capturant des exemplaires qui vont être retournés contre leurs anciens protecteurs pour des missions similaires voir pour des missions de sécurisation à l’arrière du front.

Entre 1954 et 1961, les armées du Pacte du Varsovie ont reçu des T-70 pour former ou reformer leurs unités de char en attendant la livraison de chars plus lourd et/ou plus modernes.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 9.2 tonnes

Dimensions : longueur 4.29m largeur 2.32m hauteur 2.04m

Motorisation : deux moteurs diesels GAZ-202 de 70ch chacun

Performances : vitesse maximale 45 km/h distance franchissable opérationnelle 360km

Blindage : 10-60mm (tourelle 60mm pour la face avant 35mm pour les côtés et l’arrière, caisse 45mm plancher et toit 10mm)

Armement : un canon de 45mm modèle 1932/38 (20-K) avec 45 coups associé à une mitrailleuse de 7.62mm DT

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