URSS (73) Armée de Terre (21)

Les armes de l’Armée Rouge (4) : Artillerie lourde

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Obusier de 203mm M1931 (Br-4)

Avant-propos

Les premiers canons étaient lourds et encombrants ce qui en faisaient les dignes successeurs des engins de siège. C’était d’ailleurs le rôle premier des couleuvrines et autres bombardes à savoir la démolition des fortifications, remplaçant les châteaux forts par des forteresses résistante à l’artillerie.

Avec le temps des pièces plus légères purent accompagner l’infanterie et la cavalerie. Il y avait toujours des pièces de siège, des pièces lourdes, encombrantes mais très efficaces.

Avec la naissance du vingtième siècle on trouvait des pièces de campagne mais aussi des pièces lourdes, des pièces de siège, certaines si encombrantes qu’on devait les démonter pour les transporter sur une distance à moins qu’on préférait les déplacer d’un bloc sur voie ferrée.

La moto-mécanisation des armées soviétiques ne changeait pas forcément les choses. Il fallait toujours des pièces lourdes pour éliminer les fortifications voir comme on le verra au cours du conflit pour neutraliser des bâtiments dont certains vont se montrer particulièrement résistants aux projectiles.

Cette artillerie dépendait des corps d’armée, de divisions d’artillerie voir d’une réserve générale dans lequel le haut-commandement puisait les moyens nécessaires pour une opération précise.

On trouvait néanmoins des obusiers de 152mm au niveau divisionnaire, des pièces compactes et puissantes même si certains trouvaient ces pièces trop lourdes pour ce niveau hiérarchique. Il semble qu’un temps les soviétiques ont envisagé l’abandon de ce calibre pour les divisions de fusiliers mais on finalement renoncé probablement pour ne pas réduire de manière excessive la puissance de feu.

NdA pour des raisons de commodité je vais aborder toutes les pièces de 152mm dans cette partie

Sur le plan de l’équipement on trouvait des canons et des obusiers de 152mm, des canons de 203, de 210, des mortiers de 280mm et d’obusiers de 305mm dont certains étaient montés sur un affût chenillé qui rendait leur déplacement plus facile.

Obusiers de 152mm modèle 1909/30

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L’obusier de 152mm modèle 1909/30 est comme son nom l’indique un obusier de l’époque tsariste modernisé par le régime bolchevique. C’est une pièce de conception française (établissements Schneider) qui à été produite à plus de 2500 exemplaires pour la Russie et l’Union Soviétique.

Cette modernisation voyait les obusiers posséder une chambre plus longue, les mécanismes de pointage et de visée sont modernisées, certaines pièces remplaçant les roues en bois adaptées à la traction hippomobile par des roues en acier munies de pneumatiques pour permettre la traction automobile.

Cet obusier était utilisé par l’artillerie divisionnaire. Selon l’organisation des divisions de fusiliers adoptée en 1939, chaque division disposait de deux régiments d’artillerie, un régiment léger (un bataillon de canons de 76mm et deux bataillons mixtes avec une batterie de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm) et un régiment d’obusiers (un bataillon d’obusiers de 122mm et un bataillon d’obusiers de 152mm).

En mars 1942, les divisions de fusiliers virent leur composante artillerie totalement réorganisée avec deux régiments mixtes.

Le premier régiment disposait d’un bataillon de 76mm (trois batteries de quatre pièces) et de deux bataillons mixtes (une batterie de quatre canons de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm).

Le deuxième régiment était lui équipé de trois bataillons de trois batteries de quatre pièces, deux batteries de quatre canons de 107mm et une batterie de quatre obusiers de 152mm.

Comme souvent en temps de guerre cette organisation et cet équipement pouvait varier en fonction des disponibilités du moment.

Certains de ces obusiers étaient aussi utilisés depuis la réserve d’artillerie voir certains régiments de corps d’armée.

Le M1909/30 à été utilisé lors des incidents de frontière contre les japonais, lors de la guerre d’Hiver et durant le second conflit mondial. Peu à peu des pièces plus modernes vont remplacer le M1909/30. Très peu de canons sont encore en service à la fin du conflit, ils ont été largement remplacés par des obusiers de 152mm M-10 voir le D-1.

Quelques canons de ce type ont été capturés par les allemands qui réutilisèrent suffisamment de pièces pour s’autoriser à produire les munitions nécessaires à la différences des finlandais qui devaient souvent se contenter des munitions capturées. Ils passèrent bien des commandes aux allemands mais les livraisons ne furent jamais à la hauteur des besoins.

Caractéristiques Techniques

Type : obusier d’artillerie divisionnaire

Calibre : 152mm (réel 151.4mm)

Poids en ordre de combat 2810kg en configuration de route 3270kg

Longueur : 5.84m longueur du tube : 2.16m (14 calibres) largeur 1.89m hauteur 1.92m

Champ de tir vertical : 0° à +41° Champ de tir horizontal 2°50′

Portée maximale effective 8850m Cadence de tir 5 à 6 coups par minute

Equipe de pièce : 8 hommes

Obusier de 152mm modèle 1910/37

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Obusier de 152mm M1910

Aux côtés du M1909/30, l’obusier M1910/37 est le deuxième obusier divisionnaire utilisé pour appuyer l’infanterie soviétique. Comme sa désignation l’indique il s’agissait d’une pièce initialement mise au point par la firme française Schneider pour l’armée tsariste puis modernisée pour être utilisée par la RKKA.

348 pièces furent livrées entre 1911 et 1927. Neuf ans plus tard en 1936, l’armée rouge possède encore 101 obusiers M1910 plus cinq pièces destinées à l’instruction.

Toujours en 1936, les travaux de modernisation sont lancés avec une chambre plus longue, un tube allongé, des roues en bois remplacées par des roues métalliques munies de pneumatiques. Les obusiers modernisés sont officiellement désignés obusier de 152mm modèle 1910/37.

Progressivement tous les M1910 seront portés à ce nouveau standard, les travaux étant terminés courant 1941.

L’obusier en question est d’une configuration classique pour un obusier avec un canon court (12 calibres), un bouclier et des roues en bois.

L’affût est unique ce qui limite son pointage en site et en azimut. Il était tracté par huit hommes, trois chevaux tractant les caissons à munitions, chaque caisson disposant de 22 obus et de 24 charges, l’obus étant du type séparé.

L’obusier de 152mm est utilisé contre les japonais lors de différents incidents de frontière et contre les finlandais durant la guerre d’Hiver.

A partir de 1945, il commence à être remplacé par le M-10 mais en juin 1950 quelques pièces sont en service souvent dans des zones secondaires mais aussi en Russie d’Europe puisque quelques canons sont capturés par les allemands. On ignore si les troupes allemandes les ont utilisés.

Caractéristiques Techniques

Type : obusier divisionnaire

Calibre : 152mm (réel 152.4mm)

Poids en ordre de combat 2725kg en route 3050kg projectile 8kg

Longueur du tube 1.83m (12 calibres) hauteur 1.91m

Champ de tir vertical : 0° à +41° Champ de tir horizontal 6°

Portée maximale pratique 8000m

Cadence de tir : 6 coups par minute

Equipe de pièce : 8 hommes

Obusier de 152mm M1938 (M-10)

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Comme nous le savons la modernisation d’une pièce d’artillerie à ses limites. Cela peut permettre de gagner du temps mais guère plus. Le développement d’un nouvel obusier divisionnaire commence en 1937/38.

Tout en travaillant sur la modernisation des pièces existantes, les soviétiques commencèrent à plancher sur un nouvel obusier.

Les recherches commencèrent en liaison avec les allemands qui trouvaient les moyens de continuer à travailler en contournant les limitations du traité du Versailles.

Cette coopération ne donna pas grand chose, les projets proposés par les allemands étant trop lourds et trop compliqués à fabriquer pour l’industrie soviétique de l’époque.

Les travaux pour un nouvel obusier commence en 1937, un obusier désigné M-10. Le projet est soumis à la direction générale de l’artillerie le 1er août 1937, le prototype complété le 2 novembre de la même année.

Les essais sont menés entre le 19 et 25 octobre 1938, un obusier avec un tube de 25 calibres et un autre avec un tube de 20 calibres.

Le second se montre supérieur mais des défauts sont repérés imposant des modifications qui justifient de nouveaux tests du 22 décembre 1939 au 10 janvier 1940 même si le canon est adopté avant même la fin des tests, signe de la confiance des autorités soviétiques.

La production commence fin 1939 avec la sortie de seulement quatre pièces. 685 sont produits en 1940, 975 en 1941 à cela s’ajoute 340 tubes pour les chars KV-2.

La production est un temps suspendue mais reprend en 1943 avec la sortie de 750 pièces, de 550 en 1944, en 600 en 1945, de 350 en 1946 et enfin de 500 en 1947. Cela nous donne 4414 M-10, la production cessant au profit du D-10 (appelé également M1943).

L’affût était moderne permettant un champ de battage plus important, l’affût était suspendu pour permettre un remorquage par tracteur à une plus grande vitesse, le tracteur en question étant le plus souvent des camions ZiS-5.

Le tube était plus long et muni d’une culasse fermée par une vis ininterrompue. Le recul était lui compensé par un système hydraulique mais le bouclier n’offrait aux servants qu’une protection fort limitée. Il ne possédait en revanche pas de frein de bouche.

Cet obusier était utilisé par l’artillerie divisionnaire. Selon l’organisation des divisions de fusiliers adoptée en 1939, chaque division disposait de deux régiments d’artillerie, un régiment léger (un bataillon de canons de 76mm et deux bataillons mixtes avec une batterie de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm) et un régiment d’obusiers (un bataillon d’obusiers de 122mm et un bataillon d’obusiers de 152mm).

En mars 1942, les divisions de fusiliers virent leur composante artillerie totalement réorganisée avec deux régiments mixtes.

Le premier régiment disposait d’un bataillon de 76mm (trois batteries de quatre pièces) et de deux bataillons mixtes (une batterie de quatre canons de 76mm et deux batteries d’obusiers de 122mm), le deuxième était équipé de trois bataillons de trois batteries de quatre pièces, deux batteries de quatre canons de 107mm et une batterie de quatre obusiers de 152mm.

Des obusiers de ce modèle ont été récupérés par les allemands et les finlandais et promptement retournés contre leurs anciens propriétaires. Cet obusier comme nous l’avons vu à aussi armé le KV-2, un char lourd aux performances limitées qui sera remplacé sans regrets par la série des IS (Iosef Stalin).

Cet obusier à servit au sein de l’artillerie rouge jusqu’au milieu des années soixante quand des pièces plus modernes l’ont relevé.

Caractéristiques Techniques

Type : obusier divisionnaire

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids en ordre de combat 4150kg poids en configuration de route 4550kg obus (type séparé) 51.5kg

Longueur : 3.7m (24.3 calibres)

Champ de tir vertical -1° à +65° Champ de tir horizontal 50°

Cadence de tir : 3 à 4 coups par minute Portée maximale effective 12400m

Equipe de pièce : 10 hommes

Obusier de 152mm M1943 (D-1)

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Aux côtés du M1938 se trouvait l’obusier de 152mm M1943 appelé également D-1. Son développement commence en 1942/43 et bien qu’adopté à la fin de 1943 il n’est mis en service qu’à la fin des années quarante.

Il combinait l’affût de l’obusier de 122mm M1938 (M-30) avec le tube de l’obusier de 152mm M1938 (M-10). Comme l’affût était plus léger, le nouvel obusier avait reçut un frein de bouche et les mécanismes d’absorption du recul avaient été améliorés.

La production du nouvel obusier commence en 1948 mais les débuts sont poussifs avec la production de seulement 72 pièces en 1948, 120 en 1949 et 48 jusqu’en juin 1950 quand la production est interrompue en raison du déménagement des usines au delà de l’Oural pour être à l’abri des bombardements allemands (la Luftwafe possédait certes des Heinkel He-179 mais elle ne lança jamais une offensive methodique contre l’industrie soviétique).

La production reprend en 1951 avec la sortie cette année là de 500 pièces suivies en 1952 de 480 obusiers, de 600 en 1953 et enfin de 690 jusqu’à la fin du second conflit mondial soit un total de 2000 obusiers.

La production va se poursuivre jusqu’en 1960 permettant la production de 3960 obusiers de 152mm D-1. Sa carrière va se poursuivre jusqu’en 1975 signe de la qualité de cette pièce. Outre l’équipement des divisions de fusiliers, cet obusier équipait des unités d’artillerie conservées en réserve par le haut-commandement et déployées en fonction des besoins du moment.

Outre l’URSS, cet obusier va équiper les armées du pacte de Varsovie, l’Afghanistan, la Chine, Cuba,l’Irak, le Mozambique et la Syrie. Quelques pièces ont été capturées par les allemands et leurs alliés durant le second conflit mondial.

Il y eu plusieurs projets de canons d’assaut et de chasseurs de chars combinant soit le châssis du T-34 ou du char KV avec l’obusier mais aucun ne dépassa le stade du projet initial (il semble qu’aucun prototype n’à été commandé).

Caractéristiques Techniques

Type : obusier d’artillerie divisionnaire

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids : 3600kg Poids du projectile (type séparé) 40kg

Longueur totale : 6.7m longueur du tube : 3.117m (24.6 calibres) largeur 1.9m hauteur 1.8m

Champ de tir vertical -3° à 63.5° Champ de tir horizontal 17.5° de part et d’autre de l’axe

Portée maximale effective 12400m Cadence de tir : 3 à 4 coups par minute

Equipe de pièce : 8 hommes

Canon de siège de 152mm modèle 1910/30

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Le canon de 152mm modèle 1910 modifié 1930 est la version modernisée d’une pièce de siège de l’armée tsariste.

Elle était encore en service en septembre 1948 mais peu de pièces étaient encore en première ligne quand les allemands déclenchent l’opération BARBARROSSA. Des pièces ont été mises en ligne au cours des premières semaines mais à une époque où le moindre canon était mis en ligne pour freiner l’avancée allemande.

Le M1910/30 est une puissante pièce d’artillerie avec un tube long et une élévation particulièrement importante (+40°) soit proche d’un obusier. La culasse est fermée par une culasse à vis, le recul digéré par un frein hydraulique et par récupérateur pneumatique.

L’affût est en revanche un affût simple ce qui limite le champ de tir horizontal. Les roues sont en métal avec des pneumatiques. Un bouclier de 7mm protège les servants. Comme la pièce est lourde et massive, on peut séparer l’affût et le tube pour faciliter le transport. L’assemblage prend 10 à 15 minutes et le démontage 23 minutes.

Le canon de 152mm modèle 1910 à pour origine une pièce de la firme française Schneider. La modernisation voit l’agrandissement de la culasse, l’installation d’un frein de bouche, un nouveau frein destiné à réduire le recul, les tourrions de pointage déplacés vers l’avant. Le canon est officiellement adopté en 1930 d’où la désignation. Outre la modernisation de pièces existantes, des pièces neuves sont produites.

Cette modernisation n’est pas parfaite notamment au niveau de la mobilité. Aussi les soviétiques mettront au point le canon de 152mm M1910/34. Voilà pourquoi dès 1935, la production du M1910/30 est stoppée.

Lourds et encombrants ces canons sont employés au niveau du corps d’armée ou depuis les unités de réserve de l’état-major, les régiments lourds de la «Réserve Générale russe» comprenant généralement vingt-quatre pièces chacun.

En septembre 1948, l’armée rouge dispose de 120 canons de 152mm M1910/30 mais seulement 72 dix-huit mois plus tard lors du déclenchement de l’opération BARBARROSSA. Voilà pourquoi quelques canons sont capturés par les finlandais (quatre) et par les allemands (trente-deux), canons souvent utilisées pour la défense côtière ou sur une position fixe.

Caractéristiques Techniques

Type : canon lourd de corps d’armée et de réserve générale

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids en ordre de combat 2580kg en configuration de route 3230kg Poids du projectile 43.6kg

Longgueur du tube : 4.3m (29 calibres) (sans frein de bouche)

Champ de tir vertical -6° à +39° Champ de tir horizontal 4°

Portée maximale effective 9850m Cadence de tir 2 à 4 coups par minute

Canon de siège de 152mm modèle 1910/34

Le canon de siège de 152mm modèle 1910/34 est une autre modernisation du canon de 152mm modèle 1910. Il combinait le canon du M1910/30 avec l’affût du canon de 122mm M1931. Comme nous l’avons vu plus haut, le canon modèle 1910/34 était destiné à améliorer la mobilité et le champ de tir horizontal.

Un prototype effectue ses essais du 16 mai au 16 janvier 1935 date à laquelle il est réceptionné par l’armée. Les essais sont positifs et le canon adopté. Par rapport au modèle 1910/30, son angle de pointage à été porté à 45° ce qui fait qu’il est parfois considéré comme un obusier.

Le canon de siège de 152mm modèle 1910/34 est produit de 1934 à 1937 avec 275 pièces produites (NdA j’ignore si il s’agit de pièces neuves ou de la modernisation de pièces modèle 1910).

Treize ans plus tard, 112 pièces sont encore en service au sein de l’artillerie de corps d’armée et au sein de la réserve générale du haut commandement.

Voilà pourquoi certaines pièces ont été capturées par les allemands, les finlandais et les hongrois respectivement 24, 8 et 12 soit 44 pièces sur 112. Les canons encore aux mains des soviétiques ont été remplacées au cours du conflit par des pièces plus modernes notamment le canon-obusier de 152mm M1937. Un nombre infime de pièces était encore en service à la fin de la guerre et de toute façon promptement ferrailléées car d’aucune utilité militaire même pour des unités de réserve.

Caractéristiques Techniques

Type : canon d’artillerie de corps d’armée

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids en ordre de combat 7100kg poids en configuration de route 7820kg Poids du projectile 48.8kg (perforant) 43.6kg (explosif)

Longgueur 8.10m longueur du tube 4.24m (27.9 calibres) largeur 2.34m hauteur 1.99m

Champ de tir vertical -4° à +45° Champ de tir horizontal 56°

Portée maximale 17265m Cadence de tir 3 à 4 coups par minute

Equipe de pièce : neuf hommes

Canon de 152mm M1935 (Br-2)

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Le canon de 152mm M1935 (Br-2) est un canon de conception et de fabrication soviétique. Produit en petite quantité il se distingue par l’utilisation d’un chassis chenillé ce qui permettait un déplacement plus facile en terrain difficile du moins en théorie car en pratique ce n’était pas toujours ça.

Une variante améliorée mise au point au cours du second conflit mondial avec un affût à voues, le Br-2M va rester en service jusqu’en 1975. l’autre faiblesse majeure était la courte durée de vie du tube qui s’usait donc très vite.

Les travaux commencèrent en 1929 sur un projet baptisé B-10. Un premier tube est usiné en avril 1932, tube envoyé en essais sans son affût chenillé qui n’était pas encore prêt.

Les tests et les essais vont continuer jusqu’en 1935, montrant une série de problèmes qui explique la non-adoption de ce modèle qui se réduisit à deux prototypes. La marine soviétique étudia une version adaptée à la défense côtière mais le projet ne se concrétisa pas.

Début 1930, la direction de l’artillerie ordonna le développement de trois pièces d’artillerie lourde utilisant le même châssis chenillé en l’occurrence un canon de 152mm, un obusier de203mm et un mortier dee 280mm.

En ce qui concerne le canon de 152mm, deux modèles furent mis au point, le B-30 et le Br-2. C’est ce dernier modèle qui va être choisit non sans nombreuses discussions, le B-30 étant semble-t-il supérieur.

Tout n’était pas réglé pour autant puisque le tube souffrait d’une usure rapide, problème qui resta longtemps irrésolu jusqu’à ce qu’une version du tube à plus profondes rayures soit adopté mais les progrès furent semble-t-il décevants.

Une variante avec un affût à roue fût imaginé mais les essais furent longs et compliqués en raison notamment de problèmes techniques mais aussi de la surcharge des bureaux d’étude qui à cette époque ne manquaient pas de travail.

Voilà pourquoi cette variante baptisée Br2M ne fût mise en service qu’au cours du second conflit mondial en petit nombre mais elle se montra suffisamment efficace pour rester en service jusqu’en 1975.

Aux 37 Br-2 s’ajoutèrent 64 Br-2M soit un total de 101 pièces produites. Il y eut également quelques modèles expérimentaux notamment pour tirer des obus sous-calibrés avec visiblement des résultats décevants.

Les Br-2 dépendaient d’un régiment d’artillerie lourde placée sous le contrôle du haut-commandement, régiment comprenant quatre bataillon de trois batteries à deux pièces soit 24 canons en ligne. Cela s’ajoute deux batteries indépendantes à deux canons soit un total général de vingt-huit pièces en service, les autres servant aux tests et à l’instruction.

Toujours en service en septembre 1948 et donc en juin 1950, ce canon fût réparti en six batteries indépendantes de quatre canons, batteries indépendantes regroupées ensuite en deux régiments à trois bataillons.

Ce puissant canon participa à la guerre d’hiver contre les finlandais (un canon perdu) puis au second conflit mondial d’abord comme pièce de défense côtière notamment dans les régions d’Arkangelsk et Mourmansk puis pour attaquer les villes à reconquérir, villes transformées en festung (forteresses) par les allemands.

A la fin du second conflit mondial, il restait encore 32 Br.2 et 54 Br.2M en service. Si les premiers ont été rapidement retirés du service en raison d’une usure prononcée, les autres sont restés en service jusqu’en 1975. Quelques pièces sont aujourd’hui exposées dans les musées russes.

Caractéristiques Techniques

Type : canon de siège

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids en ordre de combat 18200kg en configuration de route 19500kg

Longueur du tube : 7m (45.9 calibres) longueur hors tout 7.17m

Champ de tir vertical : 0° à +60° Champ de tir horizontal 8°

Portée maximale effective 24740m Cadence de tir : 0.5 coups par minute

Equipe de pièce : 15 hommes

Canon-obusier de 152mm M1937 (ML-20)

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Le canon-obusier de 152mm modèle 1937 (ML-20) est considéré comme le meilleur canon soviétique du conflit. Il à été mis au point par le même bureau d’étude qui à procédé à la modernisation de l’obusier M1910 qui devint à cette occasion, le M1910/34.

Sa production lancée en 1937 s’est poursuivie jusqu’en 1957 avec parfois des interruptions. Sa qualité n’échappa ni aux allemands, ni aux finlandais, ni aux hongrois ni aux roumains qui s’empressèrent de les retourner contre leurs anciens propriétaires. Aux pièces tractées s’ajoutent l’armement de canons d’assauts et autres chasseurs de chars.

La dénomination de canon-obusier correspond à l’emprunt aux deux types d’arme de leurs meilleurs caractéristiques. C’est ainsi que le ML-20 disposait du long tube d’un canon mais d’un angle de pointage et d’instruments de visée qui en aurait fait un excellent obusier.

Le tube était selon les versions monobloc ou en deux parties, un frein de bouche permettait d’atténuer le recul qui était absorbé par un frein hydraulique et un récupérateur hydropneumatiques.

L’affût était bi-flèches avec un bouclier pour protéger les servants, des pneumatiques permettant la traction automobile. En configuration de transport, le tube était rétracté sur son affût mais pour des courtes distances et à une vitesse limitée (4 à 5 km/h contre 20 km/h), on pouvait le remorquer avec le canon en position de tir. Il fallait 8 à 10 minutes pour mettre le canon-obusier en position de tir. A noter que cet affut était également utilisé pour le canon de 122mm modèle 1931/37 (A-19).

Le développement de cette remarquable pièce d’artillerie commença en 1935/36 quand il devint évident que la modernisation des canons de siège hérités du tsar ne suffirait pas (mais qui pouvait sérieusement en douter ?).

Deux modèles furent proposés au directorat général de l’artillerie, le ML-15 et le ML-20. Le premier modèle fût testé en avril 1936, le second en décembre. C’est le second modèle qui fût sélectionné. Il est officiellement adopté le 22 septembre 1937.

Les raisons de ce choix ne vont pas clairs car le ML-15 était plus léger et plus mobile mais il semble que le ML-20 était plus proche du M1910/34 donc nécessitant moins de modifications des chaines de fabrication.

La production commença en 1937, prenant sa vitesse de croisière courant 1939. Elle s’interrompu brièvement entre juin et décembre 1950 en raison du déménagement des usines pour échapper à l’invasion allemande. Elle reprend début 1951 pour ne s’achever qu’en mars 1957.

Outre la sortie de 10450 ML-20 complet s’ajoutent environ 5200 ML-20S, des canons destinés à armer à la fois les canons d’assaut SU-152 et les canons automoteurs ISU-152.

Au sein de l’armée soviétique il à été remplacé par le D-20 dont les performances étaient semblables mais l’affût plus moderne avec notamment un petit moteur électrique pour faciliter les déplacements sur de très courtes distances.

Sur le plan de l’organisation, le canon-obusier M1937 était une pièce de corps d’armée et de la réserve générale.

Chaque corps d’armée disposant de deux régiments, des régiments homogènes ou mixtes selon les besoins et les disponibilités du moment. On trouvait aussi des régiments de réserve générale et des divisions de rupture qui concentraient une redoutable puissance de feu.

Le canon-obusier de 152mm M1937 connait son baptême du feu lors de la bataille de Khalkhin Gol contre les japonais avant d’être engagé contre la ligne Mannerheim lors de la guerre d’Hiver contre les finlandais.

Ce canon-obusier à donc été également utilisé durant le second conflit mondial par les allemands, les finlandais, les hongrois et les roumains.

Les chiffres exacts des pièces capturées sont incertaines mais selon des sources concordantes, les allemands auraient capturé 150 ML-20, les finlandais 48, les hongrois 16 et les roumains 8.

Le second conflit mondial terminé, le canon-obusier M1937 (ML-20) fût largement exporté pour équiper les armées des «démocraties populaires» mais aussi différents pays du tiers-monde.

Le canon-obusier s’est donc retrouvé en Afghanistan, en Algérie (après son indépendance), en Chine, à Cuba, en Egypte, en Irak, en Libye, en Mongolie, en Namibie, en Somalie et en Syrie.

Naturellement les républiques indépendantes ayant émergé après l’implosion de l’URSS ont continué à utiliser cette puissance pièce, le D-20 ne l’ayant pas totalement remplacé. Le ML-20 est encore en service dans certains pays.

Caractéristiques Techniques

Type : canon-obusier de corps d’armée

Calibre : 152mm (réel : 152.4mm)

Poids en ordre de combat 7270kg en configuration 7930kg

Longueur (canon rétracté) 8.18m longueur du tube : 4.24m (27.9 calibres) largeur 2.35m hauteur 2.27m

Champ de tir vertical -2° à +65° Champ de tir horizontal 58°

Portée maximale effective 17230m Cadence de tir 3 à 4 coups par minute

Obusier de 203mm M1931 (B-4)

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L’obusier de 203mm M1931 (B-4) est une puissante pièce d’artillerie mise au point en même temps que le canon de 152mm Br.2, partageant avec le canon de six pouces le même châssis chenillé.

Dépendant de la réserve générale, cette pièce fût utilisé contre les fortifications allemandes et même en combat urbain où les obus de huit pouces ne laissaient aucune chance aux constructions même les plus solides. Il reçut d’ailleurs des soldats allemands le surnom de «marteau-pilon de Staline».

A la fin du conflit on expérimenta une version automotrice baptisée S-51 mais après un tir le châssis du char KV-1 utilisé hors service et l’équipage commotionné. Le projet est immédiatement abandonné. Les obusiers de 203mm restèrent en service jusqu’en 1977 remplacés par de nouvelles pièces de même calibre capable de mettre en œuvre des obus nucléaires. 964 pièces ont été produites mais aucune exportée.

Caractéristiques Techniques

Type : obusier lourd

Calibre : 203mm

Poids en ordre de combat 17700kg en configuration de route 19000kg Poids du projectile 100kg

Longueur totale en configuration de route 11.15m Longueur du tube 4.894m (24.1 calibres) largeur en configuration de route 2.7m hauteur en configuration de route 2.5m

Champ de tir vertical 0° à +60° Champ de tir horizontal 8°

Portée maximale effective 18000m cadence de tir : 1 coup par minute

Equipe de pièce : 15 hommes

Canon de 210mm M1939 (Br-17)

Obusier de 210mm Br17.JPG

Ce canon de 210mm M1939 (Br-17) est à l’origine une pièce de siège mise au point par la firme tchécoslovaque Skoda qu’il n’ait plus nécessaire de présenter. En mars 1939 les allemands occupèrent la Tchécoslovaquie et récupérèrent tous les prototypes et les projets alors en cours de mise au point dont un canon de 210mm et un obusier de 305mm.

En vertu du pacte germano-soviétique (officiellement pacte Molotov-Ribbentrop), les deux projets furent vendus à l’URSS. Le Br.17 peut être démonté en trois chargements pour le transport, le canon de 210mm partageant la plate-forme de tir et le mécanisme de contrôle avec l’obusier de 305mm M1939 (Br-18).

12 pièces ont été produites jusqu’en 1944, pièces utilisées au sein de deux régiments à trois batteries de deux pièces. Ce canon fût construit pour le tir d’artillerie à longue portée voir pour la destruction de cibles urbaines durcies.

A la fin du conflit, il ne restait plus que sept pièces opérationnelles. Leur carrière après guerre à été courte mais leur date de retraite est incertaine.

Caractéristiques Techniques

Type : canon de siège

Calibre : 210mm

Poids : 43.218kg Poids du projectile 134.8kg

Longueur du tube 10.058m

Champ de tir vertical -6° à +50° Champ de tir horizontal 22°

Portée maximale effective 29360m Cadence de tir : 1 coup toutes les trois minutes

Mortier de 280mm M1939 (Br-5)

Obusier de 305mm M1939 2.JPG

Le mortier de 280mm M1939 (Br.5) est la plus grosse pièce de l’artillerie sol-sol soviétique de conception nationale puisque le canon de 305mm comme nous le verrons est un projet tchécoslovaque transmis dans des circonstances particulières par les allemands.

D’un calibre réel de 279.4mm, le Br-5 était un mortier tracté, mortier de 14.2 calibres (longueur du tube : 4.331m) monté sur le même châssis chenillé que le canon de 152mm M1935 (Br-2) et l’obusier de 203mm M1931 (B-4).

En théorie le châssis chenillé permet une meilleure mobilité. En pratique c’est plus compliqué puisque les déplacements se faisait à faible allure sur très courte distances. Pour des déplacements plus longs, il fallait démonter le tube, des tracteurs d’artillerie se chargeant de transport tube et support jusqu’au lieu où ils étaient à nouveau remontés.

Le développement de nouvelles pièces d’artillerie lourde par l’URSS commence au début des années trente. A l’époque les plus grosses pièces d’artillerie de l’Armée Rouge son des pièces héritées de la période tsariste, le mortier de 280mm Schneider modèle 1914/15 et l’obusier de 305mm M1915.

C’est un mortier de 280mm qui est sélectionné en raison de la présence de munitions de ce calibre ce qui facilite les choses. Comme un canon de 152mm et un obusier de 203mm étaient également à l’étude, décision à été prise de leur faire partager le même châssis chenillé pour gagner du temps, faciliter la production, l’instruction et les opérations.

Deux usines proposèrent leurs projets, l’usine Bolchevik de Saint-Pétersbourg proposa son B-33 et l’usine Barricade de Stalingrad son Br-5. Les tests sont menés en 1936, une compétition à lieu en 1937. Bien que le B-33 ait montré de meilleurs performances sur des points clés, c’est le Br-5 qui est choisit.

Une première commande de huit pièces est passée en mai 1937 mais rapidement réduite de moitié en raison de problèmes de mise au point. Le développement se poursuit en 1938/39. Les problèmes sont résolus ce qui permet la production de 54 pièces. Ils vont équiper six bataillons de trois batteries de trois pièces même si tous les canons étant rarement mis en ligne.

Il connait son baptême du feu lors de la guerre d’Hiver contre la Finlande, attaque la ligne Mannerheim (bien plus redoutable dans la propagande soviétique que dans le réel). Ils vont participer à la seconde guerre mondiale essentiellement dans les phases offensives, attaquant les festung allemandes censées bloquer l’avancée de l’Armée Rouge.

Le mortier de 280mm est conservé en service après guerre, les pièces survivants (entre 24 et 36 selon les sources) remplaçant leur châssis chenillé (qui se révéla in fine une fausse bonne idée) par un châssis à roues, devenant des Br-5M. Les dernières pièces sont retirées du service dans les années 1970.

Caractéristiques Techniques

Type : mortier de siège super lourd

Calibre : 280mm (réel : 279.4mm)

Poids en ordre de combat 18400kg poids en configuration de route 19700kg Poids de l’obus 246kg

Longueur du tube : 4.431m

Champ de tir vertical : 0 à +60° Champ de tir horizontal 8°

Portée maximale : 10410m Cadence de tir : un coup toutes les quatre minutes

Equipe de pièce : 15 hommes

Obusier de 305mm M1939 (Br-18)

Obusier de 305mm M1939 2.JPG

L’obusier de 305mm M1939 (Br-18) est comme nous l’avons vu à propos du canon de 210mm un obusier de siège d’origine tchèque. C’est la plus grosse pièce d’artillerie de l’arsenal terrestre soviétique.

C’est contrainte et forcée que la Tchécoslovaquie céda ce projet à l’URSS suite au pacte Molotov-Ribbentrop d’août 1939. Si le projet de canon de 210mm était connu sous le nom de code de Skoda VX, l’obusier de 305mm était connu sous le nom de Skoda XV.

On ne sait pas exactement si l’URSS à récupéré des obusiers de 305mm complets ou simplement les «bleus» à savoir les plans détaillés indispensables pour la fabrication. Peu de pièces de ce type ont été produites à savoir six.

Ces six obusiers formaient un régiment indépendant de la Réserve Générale, régiment organisé en trois batteries de deux pièces même si en pratique seulement deux batteries étaient armées, la troisième regroupant deux pièces de réserve.

Comme pour les canons de 210mm, leur carrière d’après guerre à été fort courte. La date exacte est incertaine mais on ne trouve aucune trace de ces puissants obusiers après 1962.

Caractéristiques Techniques

Type : obusier de siège superlourd

Calibre : 305mm

Poids : 45.7 tonnes

Longueur du tube : 6.705m

Elevation verticale maximale 70° Champ de tir horizontal 90°

Portée maximale effective : 16580m Cadence de tir : 1 coup toutes les trois minutes

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