URSS (62) Armée de Terre (10)

Divisions de Cavalerie

En guise d’introduction

Si dans les armées occidentales, la cavalerie à largement disparu des ordres de bataille quand éclate le second conflit mondial ce n’est pas le cas pour la RKKA qui aligne de nombreuses unités montées.

Trois raisons expliquent ce choix : l’immensité et la difficulté du théâtre d’opérations potentiel, l’influence de la guerre civile russe dans la pensée militaire soviétique et celle des anciens généraux de la première armée de cavalerie, la fameuse Konarmia, les généraux Boudienny et Vorochilov.

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Boudienny

La première raison c’est que les distances du futur front russe sont absolument colossales et qu’une unité montée à largement sa place pour rayonner sur un territoire particulièrement vaste et si la steppe est indissociable à l’image du paysage russe, on trouve également notamment en Russie d’Europe des forêts, des tourbières, des marais où un blindé peut s’enliser.

La seconde raison c’est l’influence majeure de la guerre civile russe dans la pensée militaire soviétique, une empreinte profonde qui fait triompher la manœuvre sur le choc. D’où l’utilité de disposer d’unités capables de tourner le dispositif ennemi et de mener des raids dans la profondeur, raids qui ont un impact tout autant militaire que politique.

La troisième raison c’est l’influence de la clique des cavaliers, des Boudienny et Vorochilov proches de Staline, jamais inquiétés durant les Grandes Purges car ne représentant aucune menace pour le Vjod.

Les divisions de cavalerie dans la guerre civile russe

En juin 1918, le Conseil Militaire Révolutionnaire décide de lever trois divisions de cavalerie. Le 3 août, le commissariat du peuple aux affaires militaires dresse des tables d’organisation et d’équipement avec 7653 hommes et 8469 chevaux, chaque division disposant de trois brigades de cavalerie à deux régiments de quatre escadrons (soit un total de vingt-quatre escadrons par division) et un bataillon d’artillerie hippomobile à quatre batteries.

A la fin de 1918 seule la division de Cavalerie de Moscou à été formée, les éléments des autres divisions étant dispersées entre les différentes armées bolcheviques. Le 26 décembre 1918 la nouvelle mouture de la division de cavalerie devait aligner 8346 hommes et 9226 chevaux, un détachement politique étant intégré.

Le 4 janvier 1919, un squadron technique (transmissions, sapeurs, motocyclistes et automobiles) est intégré à la division. En 1919 et 1920, des corps de cavalerie à deux divisions sont formés et plus tard des armées de cavalerie avec plusieurs corps. Quand la guerre civile russe se termine, l’Armée Rouge disposait de 27 divisions de cavalerie soit 88192 personnels.

Dans l’entre-deux-guerre

A la fin de la guerre civile la RKKA démobilise massivement réduisant le nombre de divisions de cavalerie à onze fin 1921. Le 10 juin 1922, un nouvel organigramme est validé avec 5598 hommes et 5340 chevaux, la division de cavalerie disposant de trois brigades à deux régiments, un escadron de transmissions, un escadron de sapeurs, un bataillon d’artillerie hippomobile, des unités de soutien et de quartier général.

En novembre 1922, le manque de montures entraîne la suppression du quatrième escadron de chaque régiment. La situation semble s’améliorer car en 1925 trois divisions de cavalerie territoriales sont créées portant le nombre de divisions de cavalerie à quatorze.

En juin 1926, un plan de trois ans pour la cavalerie prévoit de supprimer l’échelon brigade et réorganiser la force vive de la divisions en quatre régiments à quatre escadrons de cavalerie soit seize escadrons.

La nouvelle division disposait également de deux escadrons de réserve, un escadron de mitrailleuses, une artillerie divisionnaire. Les divisions territoriales sont organisées de manière similaires mais avec six régiments et pas d’escadrons de réserve.

En 1931 dans la période de mécanisation et de motorisation que connait la RKKA, les divisions de cavalerie sont partiellement ou totalement réorganisées avec quatre régiments de cavalerie, un régiment d’artillerie hippomobile et un régiment mécanisé avec des chars et des autos blindées sans compter les unités de transmissions et de sapeurs.

En 1932, cinq brigades de cavalerie «nationales» sont transformées en divisions, conservant initialement leur numéro d’origine avant qu’en 1936 elles ne reçoivent les numéros 17 à 21, leur désignation «nationale» disparaissant courant 1941.

La RKKA disposait alors vingt divisions de cavalerie réparties entre seize divisions d’active (dont cinq dites de montagne), trois divisions territoriales et une division kolkhozienne.

En mars 1935 un plan fût présenté pour créée neuf nouvelles divisions de cavalerie numérotées 23 à 31 et faire passer les divisions territoriales au même niveau que les divisions d’active.

En août 1935, un nouvel organigramme est officialisé avec pour les division d’active 6600 hommes répartis entre deux régiments de cavalerie, un régiment mécanisé et un régiment d’artillerie hippomobile sans oublier les unités de sapeur et de transmissions. On totalisait 97 canons, 74 chars et 212 autos blindées. En somme des divisions «pétrole-picotin» à la mode russe.

En avril 1936, cinq divisions cosaques sont formées à partir d’autres divisions de cavalerie, renouant avec la tradition des unités cosaques qui jouaient un rôle majeur au sein de l’armée tsariste.

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Place Rouge 1937 défilé d’une unité de Cosaque du Kouban

En 1936, la RKKA disposait de trente-deux divisions de cavalerie réparties entre vingt régulières avec 6600 hommes, quatre divisions renforcées avec 7600 hommes, trois divisions territoriales avec 3500 hommes et cinq divisions de cavalerie de montagne avec 2600 hommes chacune (certaines sources donnent 36 divisions de cavalerie).

Une nouvelle réorganisation à lieu en mars 1938 avec le remplacement du régiment mécanisé par un régiment de char, le régiment d’artillerie hippomobile est réduit au niveau du bataillon. La division de cavalerie renforcée déployée en Extrême-Orient conserve elle le régiment mécanisé et le régiment d’artillerie hippomobile alors que les divisions de cavalerie de montagne dispose de trois régiments de cavalerie et un régiment d’artillerie hippomobile de théâtre.

Face au char, face à la mécanisation et à la motorisation, le poids de la cavalerie ne pouvait que diminuer. Le nombre de divisions de cavalerie en 1939 tombe à vingt-six et à treize au printemps 1940.

La cavalerie soviétique dans le second conflit mondial

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Unité de cavalerie soviétique pendant le second conflit mondial, date et lieu inconnu

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la RKKA ne dispose plus que de douze divisions de cavalerie, deux sont déployées en Extrême-Orient, deux en Asie centrale et huit en Russie d’Europe et donc capables de combattre les allemands et les alliés.

L’organisation de la division n’à pas évolué depuis 1941 avec quatre régiments de cavalerie, un bataillon d’artillerie hippomobile (huit canons de 76.2mm et huit obusiers de 122mm), un régiment de chars équipé de soixante-quatre chars rapides type BT, un bataillon d’artillerie antiaérienne (huit canons de 76.2mm et deux batteries de mitrailleuses contre-avions), un escadron de transmissions, un escadron de sapeurs et des services.

Le régiment de cavalerie est organisé en quatre escadrons de combat, un escadron d’armes lourdes (16 mitrailleuses lourdes et 4 mortiers de 82mm), une batterie d’artillerie (quatre canons de 76mm et quatre de 45mm) et une batterie antiaérienne (trois canons de 37mm et trois affûts quadruples de mitrailleuses Maxim).

Cela nous donne une division disposant de 8968 hommes et 7625 chevaux, le régiment de cavalerie disposant de 1428 hommes et 1506 chevaux.

Face aux Panzerkorps, les divisions de cavalerie étaient incapables de stopper une offensive blindée ennemie. Elles pouvaient représenter une menace pour les arrières et les flancs du dispositif ennemi.

Sur les huit divisions de cavalerie présentes en juin 1950 sur le front russe, quatre sont détruites à la fin de l’année, ne laissant que quatre divisions de cavalerie repliées en réserve d’armée au delà de la Volga.

Avec le renfort d’une division d’Asie centrale et d’une division d’Extrême-Orient, les six divisions de cavalerie disponibles sur le front russe sont regroupés en trois corps de cavalerie. Comme pour les divisions de fusiliers, les effectifs vont diminuer mais la puissance de feu va être renforcée.

La division de cavalerie modèle 1951 est organisée en un état-major, des services, un escadron de transmissions, un escadron de sapeurs, un bataillon d’artillerie hippomobile, deux régiments montés _trois escadrons et un escadron d’armes lourdes_ et un régiment de chars.

Au niveau du corps on trouve de l’artillerie, du génie, des chars et des canons d’assaut ce qui permettait aux corps de cavalerie de jouer sur certains fronts le rôle des corps blindés pour l’exploitation de la percée.

Face aux pertes abominables des corps blindés-mécanisés soviétiques, de nouvelles unités vont être créées à partir de l’automne 1950 pour permettre à la RKKA de continuer à disposer de forces mobiles pour user les troupes allemandes.

Neuf nouvelles divisions de cavalerie type 1951 sont mises sur pied et opérationnelles au sein de trois nouveaux corps de cavalerie. Un corps resté déployé avec une division indépendante en Extrême-Orient, un corps dans le Caucase et un corps en Russie d’Europe.

Cela porte le total à quinze divisions de cavalerie à l’automne 1952, le nombre passant à vingt-quatre à l’automne 1953 et enfin à trente-deux à la fin du conflit.

Dès la fin du conflit, le nombre va sérieusement se réduire avec la démobilisation de la RKKA. Le nombre de division de cavalerie retombe à douze à l’automne 1956.

Ces divisions disposent de trois régiments de cavalerie, un régiment de chars, un bataillon d’artillerie, un bataillon d’artillerie antiaérienne, un bataillon d’artillerie antichar, une compagnie de reconnaissance, une compagnie de sapeurs, une compagnie de transmissions, un escadron de guerre chimique ainsi que des services.

Au printemps 1957, quatre divisions de cavalerie sont dissoutes et à l’automne décision est prise de transformer quatre autres en divisions mécanisées, ne laissant plus que quatre divisions de cavalerie.

Le temps est compté pour les unités montées de l’Armée Rouge clairement inaptes à la guerre nucléaire. Une division est dissoute en mars 1958, un deuxième en septembre 1959, les deux dernières disparaissant de l’ordre de bataille de la nouvelle armée soviétique respectivement en septembre 1960 et mars 1961.

Divisions Blindées

Le char et la Russie

Comme vous le savez chers lecteurs, le char apparaît au combat en 1916. Ce monstre qui semblait pour les premiers fantassins allemands tout droit issu de la préhistoire devait mettre fin à l’incapacité de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie à percer ce front et à revenir à la guerre de mouvement, à la guerre en terrain libre.

La Russie n’à pas le temps de mettre en œuvre des chars de combat mais va utiliser des autos blindées notamment un corps belge dont l’aventure va ressembler à une véritable épopée.

Renault FT

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

Quand la guerre civile russe éclate en 1918, aucun des deux camps n’aligne des chars de combat, les alliés livrent quelques blindés (Renault FT, Mark, Whippet) aux armées blanches. Certains de ces véhicules tombent aux mains des armées bolcheviques qui vont les réutiliser avec des autos blindées de l’ancienne armée tsariste.

Il n’y à aucune offensive blindée majeure durant la guerre civile russe mais ces quelques engins blindés en plus ou moins bon état associés à la cavalerie permettent aux futurs généraux de la RKKA d’expérimenter leur art opératif, montrant l’intérêt sur un espace opérationnel aussi gigantesque l’intérêt de la manœuvre.

Les débats une fois la paix revenue sont laborieux. En 1927 la RKKA n’aligne qu’un régiment de chars équipés d’une petite centaine de chars KS (des Renault FT reconditionnés) et de différents engins étrangers. A cet unique régiment s’ajoute six groupes d’automitrailleuses.

L’avenir s’annonce cependant prometteur avec un bouillonnement intellectuel, une recherche tous azimuts pour théoriser la bataille dans la profondeur. L’utilisation des chars, de l’artillerie et de l’aviation doit aboutir à la percée du dispositif en profondeur, son démantèlement et l’impossibilité pour l’ennemi de pouvoir se rétablir.

Contrairement à d’autres pays, les penseurs soviétiques peuvent bénéficier d’une livraison rapide du matériel militaire demandé, le pays entamant une formidable industrialisation, la priorité étant donnée à l’industrie lourde et à l’industrie mécanique, indispensables pour bâtir l’armée blindée-mécanisée dont rêve les Toukhatchevski, Svietchine, Issersson et Triantafilos.

BT-7M

BT-7M

Ces chars mis à par les chars rapides BT pouvant rouler sur roues et sur chenilles ne se distinguent pas vraiment de leurs homologues étrangers, l’URSS s’engageant également dans des voies sans issue comme celle du char lourd multi-tourelles.

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Le T-35 un monstre aussi impressionnant qu’inefficace

En 1930, Toukhatchevski devenu commissaire du peuple adjoint à la Défense ordonne la création d’une brigade mécanisée expérimentale. La Brigade Kalinovsky comprends un régiment de chars MS-1, un régiment d’infanterie motorisée, un groupe d’artillerie et un bataillon de reconnaissance soit 60 chars, 32 chenillettes, 17 automitrailleuses, 264 voitures et camions et 12 tracteurs.

Les premiers essais sont suffisamment prometteurs pour permettre un accroissement des moyens et des effectifs qui passent à 4700 hommes, 119 chars, 100 chenillettes, 15 automitrailleuses, 32 canons automoteurs de 76mm, 16 obusiers de 122mm, 270 voitures et camions ainsi que 100 tracteurs. La DCA comprends 63 mitrailleuses, 12 canons de 76mm et 32 de 37mm.

Plus intéressant que l’augmentation des moyens c’est leur articulation en un groupement de reconnaissance (un bataillon de chenillettes, un groupe d’automitrailleuses, un bataillon motorisé de mitrailleuses et un groupe d’artillerie), un groupement de choc composé de deux bataillons de chars et deux groupes de canons automoteurs et un groupement d’artillerie (deux groupes de 76 et un groupe de 122mm). Des éléments du génie sont prévus mais les archives ne précise pas le contours.

Les différents éléments doivent coopérer en utilisant leurs points forts pour percer le front et exploiter. La vitesse est l’élément cardinal pour ne pas laisser le temps à l’ennemi de se rétablir, la première guerre mondiale ayant vu à plusieurs reprises les alliés obtenir la percée mais la non-exploitation immédiate à permis aux allemands de reconstituer une véritable ligne de défense.

En phase défensive, les soviétiques comme tout le monde à l’époque préconise de solides fortifications de campagne s’appuyant sur les difficultés du terrain. Les chars regroupés en arrière du front doivent contre-attaquer en cas de percée ennemie pour le rejeter hors du dispositif ami.

Les corps mécanisés

En 1932, l’Armée Rouge aligne quatre régiments chars, trois bataillons blindés indépendants territoriaux et la cavalerie est partiellement motorisée. Le 9 mars il est préconisé que des corps mécanisés et des brigades de tanks indépendantes soient créées.

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T-26B

Les deux premiers corps mécanisés sont organisés en deux brigades mécanisées (une équipée de T-26 et une autre de chars rapides BT), une brigade d’infanterie, un régiment d’artillerie et des troupes de corps.

Les brigades mécanisées disposent de trois puis de quatre bataillons de chars, un bataillon de fusiliers et de mitrailleurs, un groupe d’artillerie, un bataillon du génie et une compagnie de mitrailleuses antiaériennes.

Les troupes de corps comprennent un bataillon du génie, un bataillon de reconnaissance, un bataillon de lance-flammes, un groupe de défense antiaérienne, une compagnie du contrôle routier, une base d’appui technique et un petit détachement d’aviation.

On peut voir que les brigades mécanisées peuvent opérer en autonome et que les troupes de corps bénéficient d’un réservoirs de moyens trop lourds pour être utilisés au niveau de la brigade mais particulièrement utiles pour obtenir la percée d’un front fortifié ennemi avec du génie et des lance-flammes par exemple.

La présence d’un détachement d’aviation et d’une compagnie du contrôle routier prouve si il en était encore besoin que la vitesse est primordiale.

Deux nouveaux corps mécanisés sont créés en 1934 mais à l’usage leur utilisation se heurte à un manque de personnel qualifié et surtout à un manque de radios qui empêche une coordination parfaite.

Lors des Grandes Purges qui prive la RKKA de ses généraux les plus convaincus de l’armée blindée, l’Armée Rouge aligne quatre corps mécanisés et 21 brigades indépendantes de tank.

Les corps mécanisés deviennent des corps de tanks, les brigades équipées de chars BT et de T-26 deviennent des brigades de tanks légers, les brigades équipées de T-28 et de T-35 deviennent des brigades de tanks lourds.

La brigade de tanks légers aligne quatre bataillons de chars à trois compagnies (BT ou T-26), un bataillon d’infanterie motorisée (trois compagnies de combat, une compagnie antichar, un peloton antiaérien et un peloton d’automitrailleuses légères), un bataillon de reconnaissance (deux compagnies d’autos blindées et une compagnie de fusiliers et de mitrailleurs) ainsi que de petites unités d’appui.

En 1937 est créée en Transbaïkalie une première brigade blindée motorisée composée d’un bataillon de reconnaissance, un bataillon d’infanterie et un bataillon à trois compagnies d’autos blindées. Deux autres unités identiques sont créées dans la foulée.

Comme si les Grandes Purges ne suffisaient pas, les partisans des grandes unités blindées subissent un nouveau revers. Suite à une mauvaise analyse des combats de la guerre d’Espagne, Staline supprime les corps de tanks en novembre 1939.

C’est cependant un revers temporaire car les exploits du général Joukhov contre les japonais associés à la mise en service imminente des chars KV-1 et T-34 relance l’intérêt pour les grandes formations blindées.

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KV-1

 

De la guerre de Pologne à BARBAROSSA la longue marche des unités blindées-mécanisées

Si Georgui Konstantinovitch Joukhov s’illustre à Khalkin-Gol en Extrême-Orient, tout n’est pas rose pour les unités blindée-mécanisées soviétiques notamment celles employées en Europe en Pologne comme en Finlande.

Le 17 septembre 1939 conformément au pacte germano-soviétique, la RKKA attaque à l’est faisant passer la situation des troupes polonaises de difficile à désespérée. Deux brigades mécanisées sont engagées mais c’est un chemin de croix entre le manque d’entrainement des équipages, l’inexpérience d’officiers placés là pour remplacer des officiers purgés, le manque d’entretien, de pièces détachées.

L’impact des mécas soviétiques est pour le moins limité sur le déroulement des combats. L’image laissée aux allemands est désastreuse et ne fait que renforcer le stéréotype de militaires russes inaptes à la guerre moderne. Le réveil sera rude…… .

En Finlande 3000 chars sont engagés par les soviétiques mais sans imagination ce qui ne pardonne pas face à un adversaire mordant, manœuvrier et connaissant le terrain comme sa poche.

Si vous ajoutez à cela des conditions météorologiques apocalyptiques, vous comprenez la déroute des unités moto-mécaniques de la RKKA, 167 chars étant capturés par les finlandais qui manquant de matériel s’empressent de les retourner contre leurs anciens propriétaires.

Au printemps 1940, une commission présidée par le maréchal Vorochilov reçoit pour mission de plancher sur le futur des divisions moto-mécaniques de la RKKA. Cavalier plutôt fermé à la guerre moderne, le compère de Boudienny (ce sont les deux seuls maréchaux de l’URSS sur les cinq nommés en 1935 à avoir survécu aux purges) ne semble pas être l’homme idoine.

En même temps les Grandes Purges ont fait disparaître nombre de théoriciens de l’arme blindée et les rares qui ont survécu ne sont pas désireux de se faire connaître.

À l’automne 1940 pourtant Vorochilov préconise la reconstitution de corps mécanisés disposant de deux divisions de chars et d’une division motorisée. Staline donne son feu vert peu après. Un premier corps mécanisé est recréé en Ukraine suivit d’un deuxième et d’un troisième en Biélorussie, d’un quatrième dans la région de Leningrad.

Ces quatre Corps Mécanisés disposent d’un état-major, d’unités de corps (soutien logistique et appui-feu essentiellement), de deux divisions de chars et d’une division motorisée.

Chaque division de tanks aligne deux régiments de tanks, un régiment d’infanterie motorisée et un régiment d’artillerie lui aussi motorisé. La division motorisée comprend elle deux régiments d’infanterie, un régiment de chars et un régiment d’artillerie motorisé.

A ces grandes unités s’ajoutent des unités d’appui avec un bataillon de canons d’assaut, un bataillon de chasseurs de chars, un bataillon antichar tracté, un bataillon antiaérien et un bataillon mixte de reconnaissance.

On trouve également des moyens de soutien avec un bataillon du génie, un bataillon de transmissions et des services.

Les premières manœuvres ne sont guère encourageantes, les structures sont trop lourdes, les véhicules trop nombreux et le manque de radios toujours aussi criant. Il semble que c’est la raison principal du report de la création d’autres corps mécanisés le temps que des solutions soient trouvées.

En juin 1944, quatre nouveaux corps mécanisés sont créés portant leur nombre à huit ce qui permet à la RKKA d’aligner à cet instant seize divisions blindées et huit divisions motorisées qui deviennent en juin 1945 des divisions mécanisées.

Cela nous donne 24 divisions moto-mécaniques auxquelles il faut ajouter des brigades blindées indépendantes. Disposant de trois ou quatre bataillons de chars, ce sont davantage des réservoirs de moyens au profit des divisions d’infanterie que de véritables brigades, l’infanterie, l’artillerie et le génie étaient insuffisantes pour en faire de véritables unités interarmes.

En septembre 1948, les huit corps mécanisés soviétiques sont répartis entre la région de Leningrad (un), les pays baltes (un), la Bielorussie (un), l’Ukraine (deux), la région de Moscou (deux) et l’Extrême-Orient (un). Les brigade blindées indépendantes sont au nombre de quarante-huit (quarante en Europe, huit en Extrême-Orient).

Il y à un projet de créer seize nouvelles brigades blindées indépendantes et deux corps mécanisés mais ce projet ne voit pas le jour avant l’attaque allemande de juin 1950.

En dépit de progrès constants, les corps mécanisés soviétiques se heurtent à forte partie face aux Panzerkorps allemands qui ont eu l’expérience du combat que ce soit à l’ouest ou dans les Balkans.

Les pertes sont lourdes, les jeunes équipages qui remplacent les hommes les plus expérimentés (mais l’expérience des manœuvres de temps de paix n’à strictement rien à voir avec l’expérience du combat) n’ont pas le temps d’acquérir de l’expérience.

Néanmoins force est de constater que ces corps mécanisés et dans une moindre mesure les brigades blindées indépendantes ont évité un effondrement total du front russe, la prise de Leningrad et de Moscou qui aurait durablement hypothéqué les chances alliées de gagner la guerre.

Fin 1950 quand la situation se stabilise un peu, les corps mécanisés soviétiques ne sont plus que quatre. Deux ont été anéantis (corps mécanisé de Bielorussie et un corps mécanisé en Ukraine), deux autres dissous pour «remplumer» les autres. Quant aux brigades blindées indépendantes leur nombre est tombé à vingt-quatre (seize anéanties, huit dissoutes pour recompléter les survivantes).

Comme le temps ne semble pas encore aux offensives massives, les corps mécanisés sont dissous, les divisions blindées confiées au niveau des fronts. Les brigades blindées indépendantes sont elles aussi démantelées, les bataillons intégrés aux divisions d’infanterie.

Ces deux décisions sont cependant des fausses bonnes idées et dès le printemps 1952 des corps blindés à deux divisions blindées sont remis sur pied. Huit puis douze d’entre-eux seront mis sur pied.

Des brigades blindées indépendantes sont recrées non pas pour appuyer les divisions d’infanterie mais davantage pour percer, laissant aux divisions blindées l’exploitation.

Ces brigades disposent de chars moyens, de canons d’assaut, de pièces d’artillerie, d’infanterie et d’unités du génie doivent casser le dispositif ennemi en bénéficiant de l’appui de l’artillerie et de l’aviation.

Aux vingt-quatre divisions blindées (les divisions mécanisées deviennent des divisions d’infanterie pour ainsi dire standard) vont s’ajouter soixante-quatre brigades blindées.

Le poids des chars va augmenter à la fin du conflit du fait du manque d’infanterie. Les unités moto-mécaniques soviétiques vont même être utilisées là où l’infanterie serait plus utile ce qui va générer des pertes qui auraient pu être en théorie évitées.

A la fin du conflit, la voilure est réduite tout en essayant de préserver les acquis du conflit. Le nombre de divisions blindées passe de vingt-quatre à seize, les brigades blindées passant de soixante-quatre à trente-deux. Une partie des unités est déployée dans les nouvelles «démocraties populaires» (Pologne, Bulgarie, Roumanie, Hongrie,Tchécoslovaquie).

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Le T-34 à canon de 76mm était l’un des meilleurs chars du monde au début des années quarante mais en 1950 il était clairement déclassé

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