URSS (61) Armée de Terre (9)

Organisation

Structures générales

L’organisation de la RKKA est classique avec un un état-major organisé en cinq sections (opérations, organisation-mobilisation, communications, renseignements, préparation au combat et règlement de combat _cette dernière section correspondant aux inspections dans d’autres armées_).

Cet état-major est assisté par un conseil supérieur militaire, une instance consultative composée de généraux, de membres du parti officiellement chargé de conseiller l’état-major de l’armée rouge mais tout aussi utilisé pour le surveiller et lui montrer les limites de son pouvoir.

L’action de l’état-major est relayé par un certain nombre de directions (direction générale, direction politique, direction de la planification militaire, direction de la gestion, direction du service de santé et direction du service vétérinaire).

Cette action s’appuie sur les districts militaires qui en temps de paix assure le soutien des divisions qui y sont stationnées et qui en temps de guerre doivent lever des corps d’armée qui forment des armées.

Après l’invasion allemande, un état-major général aux pouvoirs étendus la Stavka est créé, un organisme de commandement et de coordination tout autant politique que militaire et qui va supplanter l’état-major décrit plus haut.

Initialement l’armée était l’échelon le plus élevé de l’organisation militaire mais à l’automne 1950 un certain nombre de «fronts» correspondant grosso modo aux groupes d’armées occidentaux sont mis sur pied.

Ils ne sont désignés ni par des lettres ni par des numéros mais par des expressions géographiques ce qui explique que leur nombre et leur désignation va évoluer. Ces fronts disposent de plusieurs armées et disposent d’une large autonomie même si pour assurer une meilleure coordination des postes d’envoyés de la Stavka sont créés.

Initialement on trouve ainsi un Front Nord (Finlande), un Front Nord-Ouest (Baltique), un Front Ouest (Biélorussie), un Front Sud-Ouest (sud de la Biélorussie et nord de l’Ukraine) et un Front Sud (Ukraine).

Après la stabilisation du front à la fin de 1950, la désignation et l’organisation des fronts change avec les 1er et 2ème Front du Nord pour remplacer l’ancien Front Nord, le 1er s’occupant de la région arctique, le second du reste de l’interminable frontière russo-finlandaise, des fronts (très) secondaires où les combats sont rares.

Le front Nord-Ouest donne naissance à deux fronts de la Baltique, le front Ouest donne naissance à deux fronts de Biélorussie, les Fronts Sud-Ouest et Sud donnant naissance respectivement aux 1er, 2ème,3ème et 4ème fronts d’Ukraine.

Suite à l’opération FRIEDRICH, un front du Caucase et un front de la Volga sont créés pendant que certains des fronts cités plus haut sont temporairement (ou non) mis en sommeil.

La contre-offensive soviétique entraîne une nouvelle réorganisation des fronts. Avec le basculement de la Finlande, les fronts de Finlande n’ont plus d’objet.

Les 1er et 2ème fronts de Baltique sont chargés de surveiller la poche de Courlande, les 3ème et 4ème fronts ont des taches plus offensives sur la partie nord du front.

La partie centrale du front sont gérés par pas moins de quatre fronts de Bielorussie (1er, 2ème, 3ème et 4ème) alors que la partie méridionale du front est sous l’autorité de quatre fronts d’Ukraine.

Une fois en Pologne, en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie, les fronts ne changent pas de disposition mais le nombre se réduit. C’est ainsi qu’en avril 1954 quand l’Allemagne capitule on trouve le 1er front de Baltique surveillant ce qui reste de la poche de Courlande, les 2ème et 3ème fronts de Baltique en Pologne, les 1er et 2ème front de Biélorussie en Hongrie, les 1er, 2ème et 3ème fronts d’Ukraine en Roumanie, le 4ème front en Bulgarie.

Divisions d’infanterie

Armée Rouge 23.JPG

Mannequin représentant un fantassin de la RKKA armé d’un fusil mitrailleur Degtyarev DP-27

Les divisions d’infanterie de la guerre civile russe

Durant la guerre civile russe pas moins de quarante-sept divisions d’infanterie sont mises sur pied par la RKKA, des divisions d’infanterie devenues divisions de fusiliers le 11 octobre 1918.

Les divisions 1 à 11 sont maintenus en réserve stratégique, le Front Nord dispose des divisions n°18 et n°19, le Front Oriental dispose de onze divisions numérotées 20 à 22 et 24 à 31, le front Caspienne-Caucase dispose de cinq divisions numérotées 32 à 36, le Front méridional dispose de douze divisions (12 à 16, 23, 37 à 42) et le Front occidental deux divisions, la 17ème composée de lituaniens et la division des fusiliers de l’Ouest.

Le quartier général de Pétrograd dispose de deux divisions lettones, une division ukrainienne étant en réserve de quartier général à Kiev.

A ces quarante-sept divisions de fusiliers s’ajoutent des divisions à l’existence plus ou moins éphémère.

On trouve ainsi la 1ère division de fusiliers du Don formée et dissoute en 1920, la 1ère division de fusiliers communistes créée en 1918 et dissoute en 1919 (hommes intégrés à la 4ème division de fusiliers), la 1ère division des fusiliers rouges de l’Oural fondée en 1919 et reformée en brigade spéciale de la 1ère armée révolutionnaire du travail, la 1ère division d’infanterie de Novgorod créée en avril 1918 et dissoute en septembre de la même année.

La 1ère division d’infanterie d’Orel est créée et est dissoute en 1918, absorbée par les divisions d’infanterie de Novouzensk et de l’Oural. Quant à la 1ère division d’infanterie de Ryazansk elle est formée en avril 1918 et dissoute en septembre 1918, ses effectifs intégrant la 2ème division.

La 1ère division des fusiliers de Sibérie créée le 22 octobre 1920 est dissoute le 13 juin 1921, ses moyens intégrant les 6ème et 35ème divisions de fusiliers.

La 1ère division de fusiliers «Simbirsk» devient la 24ème division de fusiliers en 1922. La 1ère division d’infanterie de Pétrograd créée en mai 1918 disparaît à une date inconnue.

La 1ère division de fusiliers de Vitebsk à elle aussi une existence éphémère puisqu’elle est absorbée par la 17ème division de fusiliers le 23 octobre 1918.

La 2ème division de fusiliers de Smolensk est absorbée le 23 octobre 1918 par la 17ème division de fusiliers alors que la 2ème division de fusiliers de Tula créée en août 1918 est dissoute deux mois plus tard, personnel et équipement ralliant la 8ème division de fusiliers.

La 33ème division de fusiliers est formée le 8 décembre 1920 mais absorbée par la 14ème division le 9 mai 1921 alors que la 57ème division de fusiliers créée en juillet 1919 est dissoute en novembre 1920. La division de fusiliers du Trans-Dniepr créée en février 1919 disparaît en mai 1919.

Initialement elles étaient organisées en deux ou trois brigades à deux régiments d’infanterie soit quatre à six régiments d’infanterie), une brigade d’artillerie, un régiment de cavalerie, un bataillon de transmissions, une compagnie de reconnaissance, un bataillon du génie, un détachement d’aérostats, un groupe d’avions et des services. Cela donne en théorie 26972 hommes et 10048 chevaux.

A la fin de 1918, les régiments passent de deux à trois par brigades, le quartier-général de la brigade d’artillerie est supprimé, les neuf bataillons d’artillerie et le bataillon hippomobile sont cédées aux brigades de fusiliers. Un détachement d’autos blindées s’y ajoute.

En 1921, les divisions d’infanterie n’ont plus que deux brigades fusiliers, les effectifs tombant à 15876 hommes. L’artillerie est réduite à deux bataillons d’artillerie et une batterie hippomobile, le régiment d’artillerie passant de quatre à trois escadrons.

Le 10 juin 1922, la brigade est remplacée par le régiment avec trois régiments d’infanterie par division. Les effectifs tombent à 8705 hommes pour les divisions frontalières et 6725 hommes pour les divisions intérieures. On ne compte plus qu’un escadron d’infanterie. Le nombre de divisions passe à 49.

L’évolution des divisions de fusiliers jusqu’au début du second conflit mondial

Comme nous l’avons vu l’URSS est dans un état économique catastrophique à la fin de la guerre civile russe. Les dépenses militaires sont en baisse, la RKKA doit donc réduire la voilure, réduire ses moyens et ses effectifs.

Le 8 août 1923 un système territorial est adopté. Toutes les divisions sont réduites à 1437 cadres permanents et 8084 conscrits. Ces divisions sont d’abord baptisées Divisions de fusiliers de la Milice puis Divisions de la Milice Territoriale.

Le nombre de divisions est multiplié par quatre à l’été 1928, le nombre de divisions d’infanterie passant donc à 77. Les désignations changent à nouveau pour mieux coller avec le système territorial avec notamment une division biélorusse, quatre divisions ukrainiennes, deux divisions géorgiennes, une division arménienne et une division azéri.

En 1928, les 1ère et 3ème divisions du Turkestan et une division azérie sont transformées en divisions de fusiliers de montagne. En 1929 on compte 41 divisions territoriales sur 70 divisions.

Dans les années trente, les divisions voient leurs effectifs augmenter, leurs structures modifiées avec en temps de paix l’organisation suivante :

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon mixte de chars

-Un bataillon de reconnaissance composé d’une compagnie de chars légers, d’un escadron de cavalerie et d’une batterie de canons autoportés

-Une compagnie de mitrailleuses antiaériennes

-Une compagnie de sapeurs

-Un détachement d’aviation

-Un bataillon de transmissions

-Des services

A l’automne 1937 les divisions de fusiliers sont de quatre types différents avec une division type «district d’Extrême-Orient» avec 10000 hommes, des «divisions cadres» de 6950 hommes, des «divisions cadres de montagne» de 4000 hommes et enfin des «divisions cadres territoriales» de 6000 hommes.

En 1938, des plans prévoyaient d’augmenter le nombre de divisions de fusiliers de 98 à 173 avec dix-sept divisions à 14000 hommes, une division à 12000 hommes, trente-trois divisions à 8900 hommes, soixante-seize divisions à 6000 hommes, trente-trois divisions à 3000 hommes et treize divisions de montagne à 4000 hommes, chaque division devant disposer de deux régiments d’artillerie.

Ce plan ne sera pas complètement mené à bien en raison non seulement de la fin prématurée de la guerre de Pologne mais aussi en raison du manque de personnel qualifié, le remplacement du personnel victime des Grandes Purges n’étant aussi facile qu’espéré.

C’est ainsi qu’en septembre 1948 quand le second conflit mondial éclate dans les eaux froides de la Norvège, la RKKA aligne 180 divisions de fusiliers qui ne sont pas toutes organisées de la même façon.

On trouve ainsi 96 divisions organisées selon un modèle adopté en septembre 1945, 48 divisions appliquant encore le modèle précédent et 36 divisions spécialisées qui se répartissent entre douze divisions de fusiliers de montagne et vingt-quatre divisions territoriales aux capacités limitées. A ces divisions s’ajoutent également cinq brigades aéroportées qui ne vont pas tarder à être transformées en divisions aéroportées.

La division de fusiliers modèle 1945 est le modèle que les divisions de fusiliers doivent en théorie toutes adopter en temps de guerre. Elle se compose d’un état-major, de services, d’une compagnie de sapeurs, d’un bataillon de transmissions, de trois régiments d’infanterie, de deux régiments d’artillerie,un bataillon antichar et antiaérien, d’un bataillon mixte de chars et d’un bataillon de reconnaissance mixte.

Les 48 divisions qui suivent le modèle précédent sont donc organisées en un état-major, des services, un bataillon de transmissions, une compagnie de sapeur, trois régiments d’infanterie, un régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne, une compagnie antichar, un bataillon mixte de chars et un bataillon de reconnaissance.

Les 12 divisions de montagne sont organisées selon un modèle allégé avec un état-major, deux régiments d’infanterie, un régiment d’artillerie, une compagnie de reconnaissance, une compagnie de chars légers, une compagnie antiaérienne, une compagnie de sapeurs, un bataillon de transmissions, des services.

Les 24 divisions territoriales sont davantage des divisions cadres que de véritables divisions opérationnelles. Leur rôle est d’ailleurs d’abord de sécurité intérieure en liaison avec les troupes du NKVD.

Elles sont organisées en un état-major, deux régiments d’infanterie (dont un seul est à effectifs complets, le deuxième disposant simplement de ses cadres pour encadrer des conscrits), un régiment d’artillerie, des services, une compagnie de sapeurs, une compagnie de transmissions. Le bataillon mixte de chars et le bataillon de reconnaissance n’existent que sur le papier.

Evolution générale durant le conflit

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Cavalier et Sergent d’infanterie

Suite au déclenchement de l’opération WESERUBUNG (invasion allemande du Danemark et de la Norvège) le 5 septembre 1948, la RKKA décide d’augmenter les capacités de ces divisions de fusiliers.

C’est ainsi que les divisions encore organisées selon le modèle antérieur au modèle 1945 commence à passer au dit modèle. Seulement les cadres et le matériel manquent toujours ce qui fait qu’au moment du déclenchement de l’opération BARBAROSSA le 21 juin 1950, la situation des divisions de fusiliers est la suivante :

-108 divisions de fusiliers type 1945

-36 divisions de fusiliers type 1940

-24 divisions territoriales

-12 divisions de montagne

Les divisions territoriales se sont un peu étoffées tout comme les divisions de montagne. Des divisions «nationales» ont également été levées avec quatre divisions arméniennes (deux opérationnelles en juin 1950, une en cours de formation, une division n’existant encore que sur le papier), deux divisions azéri (une opérationnelle en juin 1950, une à créer) et six divisions géorgiennes (deux opérationnelles, deux en cours de formation et deux à l’existence toute théorique).

Quand les allemands attaquent on trouve donc cent-quatre vingt cinq divisions de fusiliers plus plusieurs en formation.

Dès le début de l’attaque de nouvelles divisions sont mises sur pied. Si on suit le strict plan des numéros on trouve quatre-cent cinquante divisions de fusiliers mais comme des divisions ont été détruites et recrées plusieurs fois on approche des 2000 divisions !

Les divisions territoriales vont être utilisées comme des divisions de première ligne (alors qu’elles ne possédaient pas toujours la compétence pour cela), les divisions nationales vues parfois avec suspicion vont avoir pour certaines un comportement dignes des meilleures divisions de fusiliers même si aucune de ces divisions nationales ne recevra le titre prestigieux de «division de la Garde» ce qui provoquera un certain ressentiment parmi leurs vétérans.

Comme chez tous les belligérants, les divisions de 15 à 20000 hommes du début de la guerre deviennent de plus en plus rares pour ne pas dire inexistantes. Les effectifs des divisions de fusiliers soviétiques tombent très rapidement à 7/8000 hommes et même à la fin de la guerre à seulement 3 à 5000 hommes.

Pour compenser cette perte en hommes, cette perte en poitrines, il n’à qu’une solution : augmenter la puissance de feu. Le fusil demeure l’arme de base du frontovik mais on multiplie les dotations en fusils mitrailleurs, en pistolets mitrailleurs, en armes d’appui qu’il s’agisse de mortiers ou de canons d’assaut.

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SU-76 conservé comme mémorial

A la fin du conflit la division d’infanterie soviétique est donc réduite à moins de 5000 hommes mais sa puissance de feu n’à rien à voir celle de juin 1950. Outre son artillerie divisionnaire, elle dispose de canons d’assaut qui remplacent avantageusement les chars initialement présents car mieux adaptés à sa mission première qui est d’obtenir la percée. Sa motorisation s’est largement améliorée notamment par la livraison de nombreux camions et véhicules légers par les alliés.

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Le Studebaker 6×6 fût livré en grand nombre pour améliorer la motorisation de la RKKA

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