URSS (55) Armée de Terre (3)

De Pierre le Grand à la Grande Catherine, un panorama des guerres russes

Entre 1725 et 1762, un certain nombre d’empereurs et d’impératrices se succèdent. Si certains se montrent à la hauteur, nombre d’entre-eux sont des nains par rapport aux géants que sont Pierre 1er et Catherine II.

Plusieurs guerres voit l’engagement de l’armée de terre russe. Entre 1735 et 1739, la Russie et l’empire ottoman sont à nouveau en guerre.

C’est une conséquence de la guerre de Succession de Pologne et des raids menés par les tatars de Crimée sur le territoire russe. C’est aussi une nouvelle tentative de la Russie d’accéder à de si convoitées «mers chaudes».

Le casus belli sont les raids des Tatars de Crimée et une campagne du khan de Crimée dans le Caucase. Le commandement russe prépare la prise d’Azov et de la Crimée. Pour ne pas avoir un deuxième front, la Russie signe un accord avec avec la Perse, rendant les territoires conquis au cours de la guerre russo-persane de 1722/23.

Le 20 mai 1736, les 62000 hommes de l’armée du Dniepr s’emparent de la forteresse de Perekop, occupent Bakhtchissaraï mais devant une épidémie et un manque de ravitaillement, l’armée russe doit se replier sur l’Ukraine.

Le 19 juin 1736 l’armée russe du Don (28000 hommes) appuyée par la flottille du Don s’empare de la forteresse d’Azov. Un an plus tard l’armée du Dniepr s’empare d’Otchakov. L’armée du Don se dirige vers la Crimée mais après plusieurs victoires, les armées faute de ravitaillement sont obligées de se replier.

Après une intervention de l’Autriche, les trois pays concernés entament des négociations qui aboutissent en 1739 au traité de Belgrade. Si l’Autriche cède la Valachie occidentale, le nord de la Serbie et Belgrade, la Russie n’obtient aucun territoire, signant une paix blanche en raison de la menace d’une attaque suédoise.

Deux ans plus tard, une nouvelle guerre éclate entre Saint-Pétersbourg et Stockholm. C’est pour ainsi dire une conséquence de la Grande Guerre du Nord, une partie de l’opinion suédoise n’ayant pas digéré la défaite. Ce «parti des chapeaux» est manipulé par la diplomatie française pour occuper la Russie et empêcher une aide russe à l’Autriche.

Elisabeth 1ère (1740-1762) 33.jpg

Elizabeth 1ère, impératrice de Russie de 1741 à 1762

La Suède déclare la guerre le 4 août 1741 et envahit la Russie. C’est un coup de pression de Stockholm qui espère un changement de politique mais le coup d’état qui à lieu en décembre porte au pouvoir Elizabeth Petrovna qui loin de rendre les provinces baltes intensifie la contre-offensive.

Sur le plan militaire, l’armée suédoise est vite battue. 20000 russes battent les suédois à Villmanstrand (3 septembre 1741) et en juin 1742 la ville d’Hamina défendue par 17000 suédois est prise par une armée russe deux fois plus nombreuse.

Les suédois se replient sur Helsinki, les russes capturent Porvoo et Savonlinna, la future capitale finlandaise étant prise le 4 septembre 1742 (A l’époque c’était Turku). Des négociations commencent dès la prise de Turku.

Les négociations sont particulièrement longues, des escarmouches entre les deux belligérants se multiplient. Un débarquement russe est imminent quand est signé le traité d’Abo le 18 août 1743.

La Suède cède une nouvelle bande de terre en Finlande, rattachés aux territoires acquis en 1720, le tout devant former la vieille Finlande. En 1812 toute la Finlande deviendra russe.

Si la participation russe à la guerre de succession d’Autriche est de l’ordre du symbolique, en revanche le poids de Saint-Pétersbourg dans la guerre de Sept Ans (1756-1763) est particulièrement important.

Ce conflit considéré comme le premier conflit mondial de l’histoire (puisqu’au continent européen s’ajoute des affrontements en Inde et au Canada) est le premier conflit post-renversement des alliances. En effet en 1755, la France et l’Autriche ont enterré plus de deux siècles de guerre, Bourbons et Habsbourgs faisant alliance avec la Russie.

Frédéric II de Prusse (1740-1786) 21.jpg

Frederic II de Prusse (mais ai-je vraiment besoin de le préciser ?)

Cette nouvelle alliance poétiquement surnommée par Fréderic le Grand «l’alliance des trois putes» (Elizabeth 1ère, Marie Thérèse et la marquise de Pompadour) débouche sur ce conflit qui en réalité commence en 1754 en Amérique du Nord entre français et britanniques aidés par les indiens.

La guerre de Sept Ans proprement dit débute le 29 août 1756 et s’achève en 1763 par le traité de Paris oppose d’un côté la Prusse, la Grande Bretagne, le Portugal, le Hanovre (dont l’électeur est aussi roi de Grande Bretagne), le Hesse-Cassel et le Brunswick-Lunenbourg face à une autre coalition composée de l’Autriche, du Saint-Empire, de la France, de la Russie, de la Suède, de l’Espagne, de la Saxe, de la Pologne-Lituanie, du Wurtemberg et du royaume de Naples.

Le conflit commence le 29 août 1756 quand la Prusse envahit la Saxe, un royaume riche à l’armée faible. Cette offensive est une anticipation sur l’attaque autrichienne prévue pour reconquérir la riche province de Silésie (capturée durant la guerre de succession d’Autriche).

La Prusse va s’affirmer comme une puissance majeure en Europe, l’Autriche renonce à reconquérir la Silésie alors que la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie) ne cesse de s’affaiblir au point de bientôt devenir une proie rêvée pour ses puissants voisins qu’il s’agisse de la Prusse, de l’Autriche ou encore de la Russie.

Pour la première fois de l’histoire, la patrie des Romanov est un arbitre des opérations diplomatiques et militaires en Europe.

Les combats les plus violents opposent les autrichiens et les prussiens. Frédéric II l’emporte à plusieurs reprises sur les armées hasbourgeoises mais ne peut écraser son ennemi car au nord et à l’est il est menacé par les armées suédoises et russes. Le 30 août 1757, l’armée russe l’emporte sur les prussiens à Gross-Jägersdorf.

L’armée impériale russe affronte ainsi son homologue prussienne à Zorndorf le 25 août 1758 ce qui empêche la jonction entre troupes autrichiennes et russes. L’armée russe subit un nouvel échec lors d’un premier siège de la ville de Kolberg.

Le 23 juillet 1759, les russes battent les prussiens à la bataille de Kay suivie le 12 août par une victoire russo-autrichienne à Kumersdord. La mauvaise entente des généraux des deux pays offre un répit à Fréderic II. Le 9 octobre Berlin est brièvement occupée par les russes qui subissent un nouvel échec devant Kolberg.

En 1761 la Prusse est partout sur la défensive. La situation est telle que le grand frédéric songe au suicide. Le 16 décembre 1761 la ville de Kolberg est prise par les russes et l’année 1762 doit être la fin du royaume de Prusse.

C’est alors que se produit ce que l’histoire à appelé le «miracle de la maison de Brandebourg» à savoir la mort de l’impératrice Elisabeth et l’arrivée au pouvoir de Pierre III.

Prussophile, groupie de Frédéric II il s’empresse non seulement de retirer la Russie de la guerre (après avoir transmis par le passé les plans de guerre russe à l’ennemi !), de rendre toutes ses conquêtes et de signer un traité d’alliance en juin 1762. Autant de pièces à charge qui conduiront au coup d’état de juillet 1762 et à son assassinat.

Les guerres de la Grande Catherine

En matière de politique extérieure, Catherine II marche dans les pas de son aïeul Pierre le Grand même si ses premières opérations concernent surtout l’empire ottoman.

Une nouvelle guerre oppose les deux pays entre 1768 et 1774, guerre provoquée par la présence de troupes russes en Pologne, présence qui généra des troubles et une révolte «nationaliste». Des ukrainiens alliés aux russes ayant brûlé un village sur le territoire ottoman, la Sublime Porte déclare la guerre à la Russie le 6 octobre 1768.

Cette guerre voit la marine russe commandée par le comte Alexis Orlov battre la flotte turque en juillet 1770 mais le franchissement des détroits est impossible. Catherine II jette alors son dévolu sur la forteresse de Kerch qui commande le passage entre la mer d’Azov et la mer Noire. Elle souhaite également contrôler les principautés danubiennes ce qui inquiète aussi bien la Prusse et l’Autriche au point que tout le monde craint une nouvelle guerre européenne, sept ans à peine après la fin de la guerre de Sept Ans.

En 1771 la Crimée est occupée par la Russie qui fait du khanat une principauté vassale. Pour éviter une nouvelle guerre, Berlin, Vienne et Saint-Pétersbourg s’entendent sur le premier partage de la Pologne.

En août 1772 les négociations sont lancées entre la Russie et l’empire ottoman. La Sublime Porte traine des pieds ce qui pousse le maréchal Roumantsiev à franchir le Danube et à pénétrer en Bulgarie.

Le traité de Kücük-Kaynarca est signé le 21 juillet 1774. Si la Russie renonce aux principautés danubiennes, elle obtient les ports d’Azov et de Kinburn, la Crimée officiellement indépendante devient un vrai protectorat russe. La Russie obtient également des privilèges commerciaux et une coquette indemnité de guerre. Le 4 mai 1775 un traité voit la cession de la Bucovine à l’Autriche.

Une nouvelle guerre oppose Saint-Pétersbourg et la Sublime Porte entre 1787 et 1792, guerre provoquée par l’annexion russe de la Crimée et par le protectorat de la Géorgie sans compter la présence d’une flotte russe en mer Noire.

Ce conflit auquel participe temporairement l’Autriche (qui se retire pour se rapprocher de la Prusse alliée de la Sublime Porte pour faire à la contagion des «idées nouvelles») aboutit au traité de Iassy du 9 janvier 1792, traité qui voit la Russie s’emparer de la forteresse d’Otchakov, le Yédisan, reconnaît l’annexion de la Crimée et impose l’évacuation des principautés danubiennes.

A la même époque à lieu une autre guerre impliquant la Russie et l’armée russe, une guerre entre la Russie et la Suède, une guerre de revanche par rapport à la guerre des chapeaux de 1741 à 1743. Ce conflit qui à lieu de juin 1788 à août 1790 est en quelque sorte un conflit pour rien puisque la paix de Varala rétablit le statut quo ante bellum. Ce sera la dernière guerre de Catherine II qui décède en 1796, Gustave III étant assassiné quatre ans plus tôt en 1792.

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