URSS (53) Armée de Terre (1)

ARMEE DE TERRE (ARMEE ROUGE)

Avant-propos

Si l’Armée Rouge à acquis un statut mythique lié en partie à une propagande habile, l’histoire militaire russe n’à pas commencé en 1917.

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Icone représentant Aleksandr Nevski 

Elle est bien plus ancienne et bien plus riche qu’il s’agisse des exploits d’Alexandre Nevski contre les chevaliers teutoniques, des conquêtes d’Ivan le Terrible, des guerres de Pierre le Grand contre Charles XII, des conquêtes de la Grande Catherine, du rôle crucial de la Russie dans la défaite de Napoléon 1er («le général Hiver»), de la guerre de Crimée, des guerres balkaniques en attendant bien entendu les deux guerres mondiales.

Les soldats russes de tout temps vont montrer un caractère, une ténacité, un courage qui sera souvent salué par leurs alliés voir par leurs ennemis. Cela ne garantit pas toujours la victoire mais les défaites étaient davantage lié à un sous-équipement, de mauvaises tactiques ou d’un corps d’officiers incompétent (Ces lacunes n’étaient pas une spécificité russe).

En 1914 avec ses quinze millions d’hommes mobilisable, la Russie fait figure de colosse mais ce colosse à des pieds d’argile, l’industrie russe en plein développement étant bien incapable de fournir les quantité absolument démentielles d’armes, de munitions et d’équipement rendus nécessaires par la guerre industrielle.

L’Allemagne le comprends parfaitement et avant la conclusion de l’alliance franco-russe espère s’attirer les bonnes grâces de Saint-Pétersbourg. C’est un échec en partie en raison des rivalités entre Saint-Pétersbourg et Vienne à propos des Balkans.

Le plan Schlieffen joue ainsi sur une idée dangereuse : battre la France en six semaines comme en 1870 et se retourner en direction de la Russie plus lente à mobiliser. On connait la suite……… .

La Russie passe à l’offensive sur le front oriental mais subit une défaite terrible aux lacs Mazures et à Tannenberg, une défaite dont la Russie des Romanov ne se remettra jamais totalement.

Peu à peu la Russie usée par des forces centrifuges se délite, le soutien allié par des livraisons d’armes et de matériel (notamment dans un terminal qui allait donner naissance à la ville de Mourmansk) ne parvenant pas à suivre les besoins des troupes russes et de toute façon si les alliés avaient livré suffisamment d’armes et de munitions qu’es-ce que cela aurait changé alors les unités se mutinaient, se délitaient, des hommes désertant en masse.

Deux révolutions foudroient la Russie en février et en novembre 1917. De cette dernière révolution naît une guerre civile, un conflit abominable qui fit plusieurs centaines de milliers de morts. C’était une guerre totale où tous les coups étaient permis.

Leon Trotsky (1872-1940) 30

Trotsky, le créateur de l’Armée Rouge

Durant le conflit, Trotsky créé l’Armée Rouge. Initialement il s’agissait d’une armée politique composée uniquement de gardes rouges soit des militants politiques dévoués. Très rapidement face à des Blancs pour l’essentiel issus de la noblesse, de la marine ou de l’armée de terre, il faut faire appel à des professionnels, des experts.

On assiste à un amalgame entre militants politiques et militaires de carrière, soldats, sous-officiers et officiers de carrière, ces derniers surveillés par les commissaires politiques (politruk).

48000 anciens officiers, 214000 sous-officiers et 10000 personnels administratifs de l’ancienne armée impériale vont intégrer la nouvelle armée rouge.

Cette guerre civile est l’occasion d’inaugurer de nouvelles tactiques, de nouvelles méthodes de combat. Exit le front continu et place au combat lacunaire où l’important est de contrôler les lignes de communication et non le territoire en lui même.

C’est un combat total, un combat qui montre la résilience des systèmes politico-militaires qui ne peuvent plus être battus par une unique «bataille décisive». Cette leçon ne sera pas oubliée par les penseurs militaires soviétiques comme Toukatchevisky, Svietchine, Triantafilos, Issersson qui imaginent l’art opératif.

L’art opératif est le chaînon manquant entre la stratégique et la tactique. Les soviétiques voient l’ennemi comme un système qu’il faut fragmenter et démanteler. On perçait le front, on filait en direction des arrières pour frapper là où ça faisait mal.

Il ne s’agissait pas d’écraser les troupes de première ligne mais de vaincre l’ennemi en l’empêchant de se rétablir sur un front, de rendre impossible la poursuite du conflit.

Tout comme le reste du pays, l’Armée Rouge est frappée par les Grandes Purges. C’est d’ailleurs au sein de l’armée que commence cette funeste période. Craignant une dérive bonapartiste, un pronumciamento, Staline décapite l’armée la privant de maréchaux, de généraux, d’officiers talentueux et surtout terrorisant les survivants qui n’osaient plus prendre la moindre initiative.

Les résultats ne se font pas attendre notamment durant la guerre d’Hiver. En dépit d’effectifs nettement supérieurs, Moscou va mettre cinq mois à vaincre Helsinki.

Durant la décennie quarante, on assiste à une forme de détente. Rassuré par son emprise, le Vjod relâche le contrôle mais le compromis est clair : les généraux ne doivent pas se mêler de politique au risque de finir au Goulag.

Sans aller jusqu’aux années glorieuses, l’armée Rouge renoue avec l’art opératif. On assiste à la mécanisation et à la motorisation de l’armée de terre, des canons automoteurs, des canons d’assaut, des chars modernes sont mis en service.

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Le T-34 model 76 l’un des meilleurs chars de la RKKA en septembre 1948. 

Les lacunes ne sont pas toutes comblées néanmoins. L’industrialisation est récente, le manque de spécialiste est criant, la majorité des frontovik étant d’origine paysanne, paysannerie où le stalinisme n’était pas forcément populaire. A cela s’ajoute la question des nationalités, les communistes rechaussant les chaussons des Romanov et leur politique «Grand Russe».

Outre le manque d’enthousiasme pour la cause et pour le régime, ces recrues sont parfois en mauvaise santé, manquent d’instruction pour mettre en œuvre des systèmes d’armes modernes.

On manque de sous-officiers qualifiés et compétents ainsi que des officiers qui quand ils étaient compétents étaient tétanisés à l’idée de prendre une initiative qui pourrait déplaire en haut lieu.

Si la guerre avait éclaté en 1940/41, cela aurait pu être dramatique tant l’armée Rouge était en pleine réorganisation, en pleine digestion des Grandes Purges.

Dix ans plus tard la situation est plus positive mais le rêve de voir l’URSS repousser une offensive allemande sur la frontière et combattre chez l’ennemi s’effondrera dès les premières heures du 21 juin 1950.

Le territoire soviétique est largement envahit, Leningrad assiégée (relié à l’arrière pays avec un fragile cordon ombilical), Moscou menacé (avancée allemande maximale à 50km de la capitale), les pays baltes,la Biélorussie, l’Ukraine conquises, le Caucase et la Volga menacées.

Après l’échec devant la capitale soviétique, les allemands comprennent qu’ils ne pourront vaincre rapidement une puissance d’une «race inférieure». Il faudra deux ans et demi de violents combats pour que fin 1953 la totalité du territoire soviétique soit libéré à l’exception de la poche de Courlande qui tiendra jusqu’à la fin du conflit.

Les soviétiques espèrent atteindre l’Allemagne, combattre sur le vol du Vaterland mais les alliés occidentaux déjà méfiants vis à vis des projets staliniens de l’après guerre ont franchit l’Elbe et on même atteint l’Oder et la Neisse, future frontière germano-polonaise et futur Rideau de Fer.

Le conflit terminé l’Armée Rouge est donc auréolée d’un prestige mondial, étant considérée comme le principal fossoyeur des ambitions nazies ce qui fit hurler nombre d’anciens combattants français, britanniques et dans une moindre mesure américains.

Pays épuisé, l’URSS maintient des forces militaires importantes sur le territoire national mais aussi dans un glacis protecteur où des forces armées fidèles complètent le dispositif militaire soviétique dans ce qui ne constitue pas encore le Pacte de Varsovie.

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